Gable (architecture)

élément d'architecture

Le gable (ou gâble, d'un mot pré-latin signifiant fourche) est à l'origine la figure triangulaire formée par les arbalétriers d'une lucarne. Terme de charpenterie, le gâble est originairement la réunion, à leur sommet, de deux pièces de bois inclinées.

Illustration d'un gable par Viollet-le-Duc.

Par extension, il désigne également un élément architectural consistant en un couronnement de forme triangulaire souvent ajouré et orné, qui coiffe l'arc d'une voûte ou d'une baie. Les gables sont fréquents sur les portails et les maisons gothiques.

Servant à l'origine à protéger les constructions dont la voûte n'était pas terminée, les gâbles en vinrent à servir d'élément décoratif. Pendant la seconde moitié du XIIIe siècle, les gâbles de pierre devinrent ainsi un motif de décoration souvent employé. Par exemple, les portails nord et sud du transept de la cathédrale de Paris, dont la construction date de 1257, sont surmontés de gâbles qui ne remplissent aucune fonction utile, mais qui terminent les archivoltes par de grands triangles en partie ajourés, rompant la monotonie des lignes horizontales de ces immenses pignons.

Au XVe siècle, les rampants (versants) des gâbles deviennent plus aigus encore, plus épais, plus chargés de moulures, et les découpures intérieures plus ajourées et plus maigres[1].

ExemplesModifier

 
Gable central de l'église Saint-André de Niort.
  • Le baptistère de Pise dans les étages gothiques de l'édifice.
  • Le Duomo d'Orvieto dans les gables duquel sont insérées des mosaïques monumentales.
  • La maison Biebuyck, à Ypres, qui présente un gable caractéristique, au parement décoré d'arcatures hérité de la maison en charpente.

Notes et référencesModifier

  1. « Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle/Gâble - Wikisource », sur fr.wikisource.org (consulté le )
  2. Gable inférieur composé de trilobes et quadrilobes ajourés inscrits dans un cercle ; gable supérieur dont les soufflets sont caractéristiques du gothique flamboyant.
  3. Ornant les contreforts, les gables de l'étage supérieur sont décorés d'un trilobe redressé, non cadré et non ajouré. Au niveau médian, le gable est pourvu d'un quadrilobe redressé non ajouré, inscrit dans un cercle. Le gable de l'étage inférieur est décoré de remplages encore aveugles, constitués du même quadrilobe redressé et cadré, animés en outre d'une scène figurative en relief. Ce motif central est enrichi de trois soufflets partant des écoinçons vers le centre. Le gable surmontant le portail reprend les mêmes motifs mais triplés. Au milieu, trois quadrilobes cadrés sont regroupés dans un triangle curviligne, alors que les grands soufflets des écoinçons renferment trois soufflets plus petits, couronnés par un quadrilobe. Trois des quadrilobes — au lieu d'un seul — reçoivent des scènes figurées, alors que la partie supérieure du gable se détache du mur de fond et que les remplages sont entièrement ajourés. Les écoinçons subsistant entre ces composantes des remplages sont garnis de trèfles cadrés. Cf. Markus Schlicht, La Cathédrale de Rouen vers 1300. Portail des libraires, portail de la Calende, chapelle de la Vierge, Société des antiquaires de Normandie, , p. 96.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier