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Bataille du Grand-Couronné

bataille de la Première Guerre mondiale
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Bataille du Grand-Couronné
Description de cette image, également commentée ci-après
Le 5e bataillon du 314e RI du capitaine Montlebert défend la colline Sainte-Geneviève.
Informations générales
Date du 4 au
Lieu Meurthe-et-Moselle, France
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de la France FranceDrapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau de la France Édouard de CastelnauDrapeau de l'Allemagne Rupprecht de Bavière
Forces en présence
IIe armée
(225 000 hommes)
VIe armée
(350 000 hommes)

Première Guerre mondiale

Batailles

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Bataille de l'Atlantique

Coordonnées 48° 40′ nord, 6° 10′ est

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Bataille du Grand-Couronné

La bataille du Grand-Couronné est un épisode de la bataille des Frontières, au début de la Première Guerre mondiale, qui oppose du 4 au 13 septembre 1914, la VIe armée allemande commandée par le prince Rupprecht de Bavière à la IIe armée française d'Édouard de Castelnau.

ContexteModifier

 
Nancy, le Grand-Couronné et la trouée de Charmes.

L'échec de la bataille de Morhange, le 20 août 1914, a entraîné un recul de la 2e armée commandée par le général de Castelnau sur la Meurthe. L'armée française a établi une ligne de défense qui va du Grand-Couronné (une série de hauteurs à l'est de Nancy), et un arc Pont-à-Mousson, Champenoux, Lunéville, Dombasle. Le général Foch qui commande alors le 20e corps estime le 21 août qu'il lui faut 24 heures pour remettre de l'ordre dans son corps d'armée. Le fort de Manonviller est isolé et encerclé, il se rend le 27 août. Le général de Castelnau envisage d'abandonner le Grand Couronné et la forêt de Haye où avaient été construites des positions de batteries pour la défense de Nancy. Le préfet de Meurthe-et-Moselle Léon Mirman envisage le 21 août d'évacuer Nancy. La panique gagne la ville. Le général Léon Durand qui commande au Grand-Couronné fait paraître à Nancy une proclamation pour assurer de la défense de la ville. Finalement, le 23 août, le général de Castelnau donne l'ordre de tenir le Grand-Couronné.

Le 22 août, la 6e armée allemande abandonne l'attaque sur Nancy et se dirige vers le sud prêtant son flanc à une attaque par l'armée française au nord de la Meurthe. L'aviation française signale que l'armée allemande se dirige vers la trouée de Charmes. La bataille de la trouée de Charmes s'engage alors. Le général de Castelnau donne le 24 août l'ordre au 20e corps d'attaquer vers l'est et d'atteindre la route d'Arracourt à Lunéville. Le 25 août, l'attaque commence obligeant les troupes bavaroises à se replier à l'est de la route Einville-Lunéville. Les troupes françaises très éprouvées arrêtent leur attaque le 26 août.

Pendant ce temps, à l'ouest, l'armée allemande avance, atteint l'Aisne, puis la Marne, obligeant le Grand quartier général français à prélever des troupes dans les 1re armée et de la 2e armée françaises pour renforcer la IIIe armée rendant toute offensive française impossible.

DéroulementModifier

L'armée allemande décide de profiter de cet avantage en reprenant l'offensive le 30 août. La 6e armée allemande, appuyée par la 7e armée allemande placée à sa gauche attaque entre Toul et Épinal et doit rejoindre la 5e armée allemande qui, à l'ouest, avance ver Bar-le-Duc et Saint-Dizier. Pour ne pas reproduire l'erreur qui s'était produite quelques jours plutôt, le Kronprinz de Bavière décide d'attaquer simultanément Saint-Dié dans la bataille de la Haute Meurthe et Nancy lors de la bataille du Grand-Couronné. La prise de Nancy serait pour les Allemands une importante victoire psychologique, et Guillaume II vient en personne superviser l'offensive.

L'armée allemande profite de l'artillerie qui a été rendue disponible par la reddition du fort de Manonviller, le 27. Face à cette artillerie, celle disponible au Grand-Couronné était inférieure en quantité, en qualité et en puissance. Le général de Castelnau avait déjà établi un plan de repli de l'armée. Une première attaque allemande a eu lieu dans la nuit du 3 au 4 septembre, mais elle doit reculer. La véritable attaque commence dans la nuit du 5 au 6 septembre. De nombreux villages du secteur sont détruits par l'artillerie allemande. Les troupes françaises cèdent du terrain. Le général de Castelnau donne l'ordre de résister le 6 septembre. Le Mont d'Amance et la côte Sainte-Geneviève[1] sont soumis à un violent bombardement. Les troupes françaises continuent à céder et le général de Castelnau envisage un repli général en protégeant le flanc droit de l'armée française mais en abandonnant le Grand-Couronné. Cette proposition est soumise au général Joffre. L'exécution de cet ordre allait entraîner soit à l'isolement de la 1re armée française commandée par le général Dubail, soit, si elle suivait le mouvement de la 2e armée, à l'abandon de la Franche-Comté. Avant de transmettre cet ordre, le général Anthoine, chef d'état-major de la 2e armée a téléphoné au Grand quartier général pour lui en faire part. Le général Joffre donne l'ordre au général de Castelnau de ne pas abandonner le Grand-Couronné. L'avance des troupes allemandes continue le 7 et le 8. Les troupes françaises épuisées n'arrivent pas à attaquer.

Le recul allemand sur la Marne oblige le Haut commandement allemand à donner l'ordre à la 6e armée allemande d'arrêter son attaque car il fallait prélever des troupes dans l'aile gauche de l'armée pour renforcer l'aile droite. Le Kronprinz de Bavière essaie de faire retirer cet ordre, mais le Haut commandement lui fait remarquer qu'il n'a pas réussi à percer. Le 8 septembre, dans l'après-midi, l'ordre est donné par le chef d'état-major de la 6e armée d'interrompre les attaques.

Les 9 et 10, Nancy est bombardée par les Allemands avec leur artillerie de longue portée.

Le 12, les Allemands entament une retraite sous la protection de leur artillerie. Le 13, Pont-à-Mousson et Lunéville sont repris par les Français sans combat.

Les forces françaises continueront d'avancer jusqu'à la Seille où le front se stabilisera jusqu'en 1918.

ConclusionModifier

Le Grand-Couronné et la bataille de la Haute Meurthe contribuent à la réussite alliée de la 1re bataille de la Marne en fixant un nombre important de troupes allemandes en Lorraine.

Le 18 septembre 1914, Castelnau est promu grand officier de la Légion d'honneur.

Notes et référencesModifier

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Paul Denis, « Qui a sauvé Nancy en 1914 ? », dans Le Pays lorrain, 54e année, 1973, p. 33-37 (lire en ligne)
  • Nancy et le Grand Couronné, Michelin et Cie, Clermont-Ferrand, 1919, p. 3-16 (lire en ligne)
  • Abbé Ch. Rolin, « La bataille qui sauva Nancy : Champenoux 24 août-12 septembre 1914 », Le Pays lorrain, 1928 p. 385-401, p. 440-455

Liens externesModifier