Autochtones du Québec

peuples autochtones au Québec
Autochtones du Québec
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Carte des communautés autochtones au Québec

Populations significatives par région
Premières Nations 92 504
Autres autochtones (Inuits) 12 129
Population totale 104 633 (2016)[1]
Autres
Langues abénaqui, algonquin, anglais, atikamekw, cri, français, innu-aimun, inuktitut, malécite, micmac, mohawk, naskapi, wendat
Religions christianisme, animisme, chamanisme
Ethnies liées Autres peuples autochtones du Canada, Amérindiens aux États-Unis et Groenlandais

Les autochtones du Québec constituent l’ensemble des peuples établis sur le territoire du Québec préalablement à la colonisation française de l’Amérique. Ils comprennent les Abénaquis, les Iroquoiens, les Anishinabeg, les Atikamekw Nehirowisiw, les Cris, les Hurons-Wendats, les Innus, les Inuits, les Malécites, les Mi'gmaq et les Mohawks et les Naskapis[1],[2],[3],[4]. Ces onze nations autochtones sont réparties sur l'ensemble du territoire québécois au sein de 55 communautés[5].

D'un point de vue constitutionnel, les autochtones du Québec sont divisés en deux groupes : les Inuits et les Premières nations, ces dernières incluent toutes les nations autochtones du Québec à l'exception des Inuits.

Les autochtones reconnus au Québec sont politiquement et collectivement représentés par l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL)[6] et la Société Makivik.

DémographieModifier

Les populations autochtones ont connu une forte régression démographique entre la colonisation européenne des Amériques à partir de la fin du XVe siècle et le milieu du XXe siècle. Cependant, depuis le milieu des années 1950, leur population ne cesse de s'accroître[7]. Dans les années 2000 et 2010, ils composent 1 % de la population québécoise[2]. Selon le recensement de Statistique Canada de 2006, 48 % de la population autochtone du Québec est âgée de moins de 30 ans[2].

Croissance démographique des autochtones du Québec
Année Population
Milieu des années 1950 18 000
Fin des années 1970 37 000
1997 72 000
2001 79 400[8]
2012 98 731[1]
Population autochtone du Québec en 2012[1]
Nations Total Résidents Non-résidents
Abénaquis 2 577 411 2 166
Algonquins 11 026 6 090 4 936
Attikameks 7 032 5 877 1 155
Cris 17 483 15 281 1 281
Hurons-Wendats 3 845 1 494 2 351
Innus 18 820 12 152 6 668
Malécites 1 102 0 1 102
Micmacs 5 727 2 758 2 326
Mohawks 18 185 14 551 3 634
Innus 1 170 857 313
Inuits 11 640 10 429 735
Total 98 731 69 900 26 667

NationsModifier

AbénaquisModifier

Les W8banakiak ou Abénaquis (selon leur exonyme) constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond à l'est de l'actuelle Montérégie, à l'actuel Centre-du-Québec et à l'actuelle Estrie. Eux-mêmes dénomment leur territoire Ndakinna. Ils sont établis dans deux réserves, soit celle d'Odanak et celle de Wôlinak dans la région du Centre-du-Québec[9].

Leur population est estimée à environ 2 780 personnes en 2015[1]. Leur langue est l'abénaqui, parlée un faible nombre de personnes en 2015, la connaissance du français demeure cependant répandue[9].

AlgonquinsModifier

Les Anishinaabeg ou Algonquins (selon leur exonyme) constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond aux actuelles régions de l'Abitibi-Témiscamingue et de l'Outaouais. Eux-mêmes dénomment leur territoire Nitakinan[10]. Les Algonquins du Québec sont répartis dans neuf réserves et établissements indiens, dont sept en Abitibi-Témiscamingue et deux en Outaouais[11].

Leur population est estimée à environ 11 748 personnes en 2015[1]. Leur langue est l'algonquin, parlée par environ 1 185 personnes en 2015, la connaissance de l'anglais et du français est également très répandue[11].

AttikameksModifier

Les Atikamekw ou Attikameks constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond à l'actuelle Mauricie et au nord de l'actuelle Lanaudière. Eux-mêmes dénomment leur territoire Nitaskinan. Ils sont établis dans trois réserves, soit celle de Manawan, celle d'Obedjiwan et celle de Wemotaci[12].

Leur population est estimée à environ 7 608 personnes en 2015[1]. Leur langue est l'atikamekw, parlée par la quasi-totalité de la population en 2015, mais la connaissance du français est très répandue[12].

CrisModifier

Les Eeyou et Eenou ou Cris (selon leur exonyme) constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond à l'actuelle région d'Eeyou Istchee Baie-James. Eux-mêmes dénomment leur territoire Eeyou Istchee, nom également reconnu par l'État québécois. Les Cris du Québec sont répartis dans neuf villages cris, dont cinq situés sur les rives de la baie James et de la baie d'Hudson et quatre à l'intérieur des terres[13].

Leur population est estimée à environ 18 535 personnes en 2015[1]. Leur langue est le cri, parlée par la quasi-totalité de la population en 2015, mais la connaissance de l'anglais particulièrement et du français est très répandue[13].

Hurons-WendatsModifier

Les Hurons-Wendats sont un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond à l'actuelle région de la Capitale-Nationale et l'actuelle Chaudière-Appalaches. Eux-mêmes dénomment leur territoire Nionwentsïo. Ils sont établis dans une seule réserve, Wendake, qui se trouve enclavée dans la ville de Québec[14].

Leur population est estimée à environ 4 001 personnes en 2015[1]. Leur langue historique est le wendat, dont le nombre de locuteurs est inconnu ou probablement nul, l'usage du français s'y est substitué[14].

InnusModifier

Les Innus, anciennement appelés Montagnais, constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond à l'actuelle Côte-Nord et à l'actuel Saguenay–Lac-Saint-Jean. Eux-mêmes dénomment leur territoire Nitassinan. Ils sont établis dans neuf réserves, dont sept situées sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, une située près de Schefferville et une dernière située en bordure du lac Saint-Jean[15].

Leur population est estimée à environ 19 955 personnes en 2015[1]. Leur langue est l'innu-aimun, parlée par environ 8 715 personnes en 2015, la connaissance du français est également répandue.

InuitsModifier

Les Inuits sont un peuple autochtone dont le territoire approximatif correspond à l'actuel Nord-du-Québec au nord du 55e parallèle. Eux-mêmes dénomment leur territoire Nunavik, nom également reconnu par l'État québécois. Le Nunavik constitue la partie située au Québec de l'Inuit Nunangat, le grand territoire des nations inuites. Les Inuits du Québec sont répartis dans 14 villages nordiques formant le Kativik, situés le long des côtes du Nunavik. Ils sont divisés en trois groupes principaux :

Leur population est estimée à environ 12 129 personnes en 2015[1]. Leur langue est le nunavimmiutitut, un dialecte de l'inuktitut, parlé par 11 895 personnes en 2015[16].

MalécitesModifier

Les Wolastoqiyik ou Malécites (selon leur exonyme) constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif correspond à l'actuel Bas-Saint-Laurent[17]. Ils bénéficient de deux réserves, soit celle de Cacouna et celle de Whitworth, situées près de Rivière-du-Loup[18].

Leur population est estimée à environ 1 171 personnes en 2015[1]. Leur langue historique est le malécite, bien qu'au Québec, le français et l'anglais soient largement plus répandus.

Les Malécites sont reconnus formellement par l'État québécois en 1989, ce qui fait d'eux la dernière nation autochtone à être reconnue comme telle par le gouvernement, cette reconnaissance a notamment pour but de reconnaître les droits ancestraux et issus de traités dont bénéficient les peuples autochtones[19].

MicmacsModifier

Les Mi'gmaq ou Micmacs sont un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond à l'actuelle péninsule gaspésienne et à la région de la Baie-des-Chaleurs. Eux-mêmes dénomment leur territoire Mi'kma'ki. Ils sont établis dans deux réserves, soit celle de Gesgapegiag et celle de Listuguj, une importante bande est également présente à Gaspé[20].

Leur population est estimée à environ 6 226 personnes en 2015[1]. Leur langue est le micmac, parlée par environ 485 personnes en 2015, mais la connaissance de l'anglais particulièrement et du français est très répandue[20].

MohawksModifier

Les Kanien'kehá:ka ou Mohawks (selon leur exonyme) constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond au sud-ouest de l'actuelle Montérégie, à l'actuelle région de Montréal et au sud des actuelles Laurentides[21]. Ils bénéficient de trois réserves et un établissement indien au Québec, soit Akwesasne et Kahnawake en Montérégie ainsi que Doncaster et Kanesatake dans les Laurentides.

Leur population est estimée à environ 19 026 personnes en 2015[1]. Leur langue historique est le mohawk, parlée par environ 365 personnes en 2015, mais la connaissance de l'anglais demeure bien plus répandue[21].

NaskapisModifier

Les Naskapis constituent un peuple autochtone dont le territoire approximatif au Québec correspond au nord de l'actuelle Côte-Nord et au centre-est de l'actuel Nord-du-Québec[22]. Eux-mêmes dénomment leur territoire Nuchimiiyu-chhiiy. Ils bénéficient d'un seul village naskapi, le seul qui existe et dont le statut est légiféré par la Loi sur les villages cris et le village naskapi, soit Kawawachikamach près de Schefferville.

Leur population est estimée à environ 1 321 personnes en 2015[1]. Leur langue est l'iyuw-iyimuun, une variante de l'innu-aimun[23], parlée par environ 590 personnes en 2015, la connaissance de l'anglais est également répandue[22]. Ils présentent plusieurs caractéristiques culturelles et ethniques communes avec les Innus.

HistoireModifier

Préhistoire et protohistoireModifier

À l'époque de la Nouvelle-FranceModifier

Après les quelques contacts intermittents entre les Innus et les Micmacs du Québec et les morutiers-baleiniers basques, ce n'est qu'au début du XVIIe siècle que de véritables échanges s'organisent autour de la traite des fourrures. Un premier poste de traite est ouvert à Tadoussac[24] en 1600 et un deuxième à Québec[25] en 1608. C'est à partir de cette époque que se développent de vastes réseaux commerciaux avec les Innus (Montagnais) de Tadoussac pour les territoires nordiques et les Algonquins, puis les Hurons-Wendats pour la région des Grands Lacs. En plus des échanges entre Autochtones et Français, la traite des fourrures permet donc d'élargir les relations commerciales entre les Premières Nations de tout le continent. Selon la tradition royale française, les peuples qui se trouvent placés sous la couronne de France sont tous libres, le roi jure de défendre et de protéger leurs libertés, en sorte que tous les autochtones reçoivent la naturalisation et la citoyenneté française, dès lors qu'ils sont baptisés, formalité pouvant se faire collectivement[26]. Il est de ce fait impossible de les soumettre à l'esclavage, condition qui n'est tolérée que dans les Îles françaises à partir de la promulgation en 1685 de l' Ordonnance ou Édit du roi sur les esclaves des îles d'Amériques, où d'ailleurs les indiens caraïbes ont toujours été libres. Les libertés de ces peuples que les rois de France s'engagent à défendre, résident dans leurs coutumes juridiques, dans leurs langues, dans leurs institutions, dans leurs propriétés, et plus généralement dans toutes leurs traditions particulières. Comme pour les autres régions françaises, des juristes sont missionnés par le pouvoir royal auprès des différentes nations indiennes pour les identifier, recueillir leurs coutumes juridiques et leurs traditions.

D'un autre côté, la participation à ces commerces longues distances favorise la propagation rapide des microbes et virus de l'Ancien-Monde ce qui provoque des conséquences dévastatrices sur la démographie des peuples autochtones. Un malheur ne venant pas sans l'autre, la traite des fourrures et la baisse démographique de plusieurs tribus provoquent des guerres interminables entre les nations. Pour profiter de cette manne[27] en provenance de l'Europe, chaque peuple essaye de trouver la meilleure place dans cet échiquier commercial en scellant des traités d'amitiés et d'alliances avec les Français. À titre d'exemple, Champlain accompagne à trois reprises[28] ses alliés Innus, Algonquins et Hurons contre les Iroquois. Pour ces derniers, armés par les Néerlandais de la Nouvelle-Néerlande, en plus des raisons habituelles de faire la guerre, ils veulent aussi faire des prisonniers pour remplacer les victimes des épidémies. Toutes ces guerres inter-tribales prennent fin avec la Grande Paix de Montréal, en 1701[29]. Les rivalités entre Français et Britanniques pour le contrôle du commerce des fourrures se terminent finalement avec la Conquête[30] de 1760. Pourtant, l'arrivée des Britanniques ne met pas fin aux diverses alliances adoptées durant le Régime français. Au contraire, la Conquête place les Amérindiens en position de force devant le nouvel occupant. Peu de temps avant la Capitulation de Montréal[31], ils ont même négocié, comme les Français d'ailleurs, une garantie qui leur permettait de garder leurs territoires, leurs cultures et le libre exercice de la religion catholique. C'est ce que nous retrouvons dans le texte de la Proclamation royale du qui définit pour la première fois cette relation impériale tripartite, tout à fait unique.

Acte pour encourager la civilisation graduelleModifier

Quelques années plus tard, en 1857, est adoptée une loi visant ouvertement l'assimilation des Indigènes. Au cœur de cette loi se trouve le concept d'émancipation. En renonçant à son patrimoine, un membre d'une tribu amérindienne de sexe masculin répondant à certaines conditions peut devenir un citoyen à part entière. Un Indien âgé de 21 ans, parlant français ou anglais, ayant reçu une éducation élémentaire, réputé de bonne moralité et sans dettes, peut être déclaré émancipé ou cessé d'être considéré comme un Indien. Ce faisant, il devient un citoyen au même titre que les autres. Pour favoriser cette pratique, on accorde aux Indiens émancipés un titre de propriété absolu sur une terre de 20 hectares dans une réserve, plus leur part d'annuités versées auparavant à la bande. Dans la réalité, l'obtention de ce titre de propriété par un Indien émancipé permet l'éclatement des communautés par l'intérieur. Non seulement les collectivités perdront des membres les uns après les autres, mais elles perdront des espaces territoriaux sur des terres réservées déjà extrêmement exiguës. Les gouvernements tribaux viennent de perdre le contrôle exclusif sur les terres des réserves.

Paix des BravesModifier

La Paix des Braves permet d’envisager avec confiance le développement économique du territoire de la Baie-James pour un avenir commun de prospérité et de coopération et les Cris sont les principaux acteurs.

Fin définitive du mode de vie traditionnelModifier

Dès les premières décennies du XXe siècle, au moment où les compagnies forestières s'enfoncent plus profondément dans la forêt boréale, le développement de l'hydroélectricité s'installe sur les principaux affluents du Saint-Laurent. Cette abondance d'énergie nouvelle permet la création de l'industrie de l'aluminium et le développement accéléré du secteur des pâtes et papiers. Tous ces changements bouleversent de façon irrémédiable les activités de chasse, de pêche et de piégeage des Autochtones du Québec. Après la crise économique de 1929, l'industrie minière qui est restée passablement tranquille jusqu'alors, commence un important développement dans le Moyen-Nord québécois. Des routes, des chemins de fer, de nouvelles installations hydroélectriques deviennent alors nécessaires ce qui perturbe considérablement les écosystèmes dont dépendent les Amérindiens pour leur survie. La dépendance envers les aides gouvernementales s'accentue alors, ce qui favorise un peu plus le phénomène de sédentarisation et la perte d'autonomie. À partir de 1950, plusieurs nouvelles réserves s'ajoutent aux 24 déjà existantes au Québec. De plus, la scolarisation obligatoire des jeunes membres des tribus autochtones finit de bloquer totalement la transmission du savoir traditionnel d'une génération à l'autre. La perte de l'identité culturelle autochtone est alors poussée à son paroxysme. Le rapport Hawthorn[32] sur les conditions de vie des Indiens du Canada, publié au milieu des années 1960, souligne que, jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, les « réserves indiennes constituaient, au milieu des territoires relevant des gouvernements provinciaux, des splendeurs solitaires ou vivaient des groupes isolés soumis à la juridiction du gouvernement fédéral ». « La splendeur solitaire de leur isolement était à la fois géographique, économique, politique et culturelle, et le régime juridique particulier procédant de la Loi sur les Indiens renforçait cet isolement ». En 1969, le gouvernement fédéral[33] nouvellement élu souhaite, comme d'ailleurs bien d'autres canadiens à l'époque, éliminer les obstacles qui semblent empêcher les Indiens de participer pleinement à la prospérité du Canada. Il publie un livre blanc sur la politique relative aux Indiens, à la suppression progressive de la responsabilité du gouvernement à l'égard des Indiens et de la protection des terres de réserve, à l'abrogation de la Loi sur les Indiens et à l'extinction des traités. Le mot d'ordre du gouvernement est l'égalité et son but apparent est, « la participation entière, libre et égale, non discriminatoire de l'Indien à la vie sociale de notre pays » à condition « qu'à l'état de dépendance dans laquelle il se trouve actuellement soit désormais substituée une situation d'égalité ». L'assimilation demeure toujours l'objectif à atteindre, mais celle-ci est reformulée dans des termes plus heureux de citoyenneté et d'égalité[34]. Surpris par l'ampleur et l'ardeur de l'opposition à ce programme, le gouvernement doit retirer sa proposition en 1970. Ainsi, la Loi sur les Indiens, essentiellement inchangée, demeure encore en vigueur aujourd'hui.

« Il reste que la plupart des observateurs non-autochtones s'accordent pour dire qu'il est impossible, dans le cadre de la Loi sur les Indiens, de réaliser des progrès en matière d'autonomie gouvernementale et de développement économique et d'éliminer les problèmes sociaux qui frappent de nombreuses collectivités indiennes. Bien qu'ils en soient les critiques les plus sévères, les Indiens sont souvent forts réticents à voir la loi abrogée ou même modifiée. Beaucoup évoquent le caractère quasi sacré des droits et protections qu'elle établit, bien qu'assortis d'autres dispositions paternalistes et contraignantes qui empêchent les Indiens d'assumer leur pleine destinée. Il s'agit là du premier et du plus important paradoxe qu'il faut comprendre si l'on veut renouveler le partenariat entre les Premières nations et les autres Canadiens »

— Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones[35]

Nouveaux rapports avec les autochtonesModifier

En décembre 2012, le mouvement pancanadien Idle No More, initié au Québec par Widia Larivière et Melissa Mollen Dupuis, attire l'attention des médias grand public sur de nombreux problèmes vécus par les autochtones du Québec.

En 2015, le gouvernement du Québec reconnaît officiellement que les autochtones de son territoire ont été victimes d'un génocide culturel[36], notamment mis en œuvre avec le régime des pensionnats.

En 2016, la tenue de la Commission Écoute, réconciliation et progrès est annoncée par le gouvernement du Québec, pour faire la lumière sur le racisme systémique[37] des membres du pouvoir exécutif à l'encontre des autochtones.

Histoire géographiqueModifier

Extension territoriale de 1898Modifier

En 1763, la Nouvelle-France est cédée à l'Angleterre qui crée, par la Proclamation royale, la province de Québec. Entre la Terre de Rupert[38] et la province nouvellement créée, s'insère un domaine indien. Avec l'Acte de Québec en 1774, le domaine indien est aboli et la limite sud de la Terre de Rupert devient la limite nord de la province. Après 1774, les lois subséquentes de 1791 et de 1867 ne modifient pas la frontière septentrionale de la province. Avec la cession de la Terre de Rupert au Dominion du Canada en 1870, ce territoire est annexé aux Territoires du Nord-Ouest. En 1875, une loi est adoptée prévoyant la division des TNO[39] en districts provisoires. C'est en vertu de cette loi que le district de l'Ungava est créé. En 1898, le Québec entreprend des démarches pour étendre son territoire plus au nord. Cet acte de 1898, concernant la délimitation des frontières de la province, est adopté et sa frontière nordique s'étend maintenant jusqu'à la rivière Eastmain[40]. Les bandes Cries de la baie James se retrouvaient alors sous deux juridictions territoriales. Les bandes les plus nordiques demeuraient sous la tutelle territoriale (TNO) et celles plus au sud devenaient subitement, des citoyens de la province de Québec.

Extension territoriale de 1912Modifier

En 1907, une requête du Québec adressée au gouvernement fédéral demande que soit annexé à la province ce qui correspond au district de l'Ungava tel que défini par la loi de 1898, en y incluant les îles côtières. En 1912, la Loi d'extension des frontières du Québec confère ce territoire à la province sans toutefois inclure les îles qui demeurent sous la juridiction des Territoires du Nord-Ouest. Le fédéral invoque leur difficile inventaire et l'importance stratégique pour la navigation, le commerce et la défense. Déjà à cette époque, le projet d'exporter du blé de l'Ouest canadien par un port de la baie d'Hudson ou de James était sur les planches à dessin[41]. C'est donc au tour des Inuits du Québec de changer de juridiction territoriale à l'exception des îles côtières où ils chassaient depuis des millénaires. Dans les années 1960, la commission d'étude sur l'intégrité du territoire québécois s'est penchée sur la question de ces îles périphériques. Cette étude met en évidence, que pour une raison purement géographique, les îles auraient dû être intégrées à la province. Les arguments de 1912 ne résistent pas à l'analyse si l'on prend en considération que le fédéral n'a jamais établi aucune installation à la navigation et n'a jamais empêché le Québec de le faire. Le rapport des commissaires dit que le rattachement aux Territoires du Nord-Ouest des îles littorales et périphériques ne se justifie ni par la géographie, ni par l'histoire, ni par la praticabilité administrative, ni par les motifs invoqués en 1912 lors de l'extension des frontières. De plus, cette frontière est définie comme étant le rivage. Or, le rivage, ou plus précisément l'estran où s'exerce l'action des marées, n'est pas une limite territoriale fixe et arrêtée. Ce n'est qu'avec la Convention de la baie James et du Nord québécois et des lois qui en dérivent, notamment la Loi sur le régime des eaux de 1978, que cette frontière est définitivement fixée comme étant la ligne des basses eaux. Par ailleurs, des négociations étaient toujours en cours au sujet des droits d'exploitation de ces îles entre les divers niveaux de gouvernement, le Grand Conseil des Cris et la Société Makivik et un modèle de frontière partagée entre le Québec et le Nunavut ferait partie des discussions.

Frontière Québec-Labrador de 1927Modifier

En 1902, la Grand River Pulp and Lumber Company reçoit un permis de coupe de bois octroyé par Terre-Neuve qui lui permet d'étendre ses activités de part et d'autre de la rivière Hamilton à partir du lac Melville. Le Québec soutient alors que le territoire au sud du cours d'eau lui appartient et adresse une protestation au président de la compagnie. L'affaire se retrouve entre les mains du lieutenant-gouverneur du Québec qui transmet à Ottawa un mémoire le priant de prendre les mesures nécessaires pour que soit respectée l'intégrité territoriale du Québec. Après de nombreuses démarches, l'affaire est portée au Conseil privé de Londres qui entend la cause en 1926. L'année suivante, le rapport est approuvé et la dernière frontière externe du Québec est alors établie. Le Québec n'a jamais acquiescé à ce jugement ou statué sur la question de cette frontière interprovinciale. Cette fois, ce sont une partie des Innus du Labrador qui se retrouvent citoyens de la colonie britannique de Terre-Neuve[42], donc juridiquement séparée des bandes du Québec et automatiquement exclus de la Loi sur les Indiens de Canada.

Art chez les autochtonesModifier

Les peuples autochtones du Québec ont exprimé leurs sentiments, leurs sensations et leurs aspirations à travers une multitude de formes d’art.

Ces traditions artistiques sont les plus diversifiées et anciennes retrouvées au Canada.

Cette grande variété comprend la sculpture sur bois, les ouvrages en piquant de porc-épic, les peintures sur peau et plusieurs autres.

L’art autochtone ne s’inspire pas seulement du monde tangible, mais aussi grandement du monde spirituel. Ces grands peuples avaient une conception particulière de l’harmonie qui régnait dans l’univers et à laquelle il fallait s’intégrer.

Les autochtones utilisent les éléments de la nature afin de concocter leurs couleurs qu’ils obtenaient à partir de plantes et de fleurs.

Lorsque l’art autochtone fut découvert par les Européens, il causa un véritable émoi. Ces chefs-d’œuvre furent très rapidement admirés pour leur audace, leur ingéniosité et l’habileté technique des artistes autochtones.

Les Européens qui furent de prime abord impressionnés par ces œuvres ne furent pas en mesure d’apprécier leur valeur, l’art autochtone étant trop différent du leur.

C’est vers les années 1920, que l'art autochtone s’est épanoui auprès des américains. Chaque peuple autochtone, de la période préhistorique, avait sa propre forme d’art.

Les Inuits étaient connus pour leurs sculptures, les Cris célèbres pour leurs piquants de porc-épic ou encore les Anichinabés admirés pour leurs sculptures sur bois[43],[44].

Art chez les Cris et les NaskapisModifier

Les Cris situés au nord du Québec tout près de la baie James ont exprimé leurs arts à travers une multitude d’objets pratiques et esthétiques.

Ils utilisaient les piquants de porc-épic peints de plusieurs couleurs afin de décorer leurs ceintures, leurs chemises, leurs robes et leurs mocassins.

Les Cris et les Innus peignaient les peaux qu’ils utilisaient pour leurs couvertures, leurs sacs, leurs jambières, etc. Ils les ornaient très souvent de motifs géométriques en utilisant les couleurs qu’ils étaient capables de créer tel que le jaune, le rouge, le bleu-vert et parfois du noir.

L’esprit des animaux était au sein des valeurs spirituelles de ce peuple, les Cris gravaient des images représentants des animaux sur leurs outils fabriqués à partir d’os d’animaux[45],[46].

Art chez les AnichinabésModifier

Les Anichinabés (peuple algonquien vivant au sud du Québec) avaient des traditions artistiques différentes de celles de leurs compatriotes nordiques.

Les animaux étant d’une importance fondamentale, ils respectaient la loutre et le rat musqué qui étaient sacrés pour eux. À l’aide de la peau de ces derniers, les Anichinabés confectionnaient des sacs-médecine qui servaient à conserver le tabac. Ces Algonquiens ornaient leurs sacs de délicats motifs répétés, ayant chacun leur signification religieuse distincte.

Les Anichinabés sont notamment reconnus pour leurs immenses talents pour la sculpture sur bois, ils confectionnaient des poupées et d’autres petits objets nécessitant une minutie hors du commun. Ils adoptèrent par la suite la tradition de mâts totémiques, qu’ils sculptaient s’inspirant de leur propre mythologie[47],[48].

Art chez les InuitsModifier

Les Inuits sont un peuple autochtone situé dans l’extrême nord du Québec. Ils sont notamment connus internationalement pour leurs sculptures. Ce peuple nordique a exprimé son art à travers les matériaux qu’ils trouvaient dans leurs régions comme l’ivoire, l’os, le cuir ou la pierre. Les Inuits sont de merveilleux sculpteur capable de transformer n’importe quel objet utilitaire en une magnifique statuette représentant un animal ou un humain, cependant ces autochtones étaient plus soucieux de représenter des animaux dans leurs œuvres que des êtres humains. Dans les croyances inuites, l’animal est essentiel à la vie, ainsi de nombreuses œuvres représentent des animaux. Les Inuits utilisaient notamment comme modèle les animaux les plus importants pour leur survie, c’est-à-dire l’ours, le caribou, la baleine et le phoque. La forme d’art la plus connue chez les Inuits est la sculpture de la pierre, l’ingéniosité dont ils font preuve est parfois surprenante. Lors de rituels religieux, les Inuits confectionnaient des masques qu’ils agrémentaient de gravures représentant des séries d’animaux et de phénomènes naturels[49].

Habitudes alimentaires des autochtonesModifier

Les Québécois d’aujourd’hui ont beaucoup d’habitudes alimentaires qui proviennent des autochtones. En effet, dans les années 1700, les autochtones et les Européens ont fait beaucoup d’échanges commerciaux et culturels.

Chasse et pêche pour les peuples algonquiensModifier

Les Algonquins, les Attikameks, les Cris, les Innus, les Micmacs et les Malécites, sont tous des peuples autochtones qui vivaient dans la forêt boréale et la forêt transitionnelle du Québec. Les chasseurs de ces peuples sont reconnus pour être habiles.

Ces hommes et femmes étaient à la fois chasseurs, trappeurs et pêcheurs. Pour s’assurer de faire leur travail efficacement, ceux-ci parcouraient les cours d’eau en canot pendant l’été et durant la saison froide, ils pêchent sous la glace. Ils chassaient plus précisément l’orignal, le caribou, le chevreuil, l’ours, l’oie et le canard.

Pour combler leurs besoins alimentaires, ils avaient également recours au trappage. Les animaux qui étaient le plus souvent trappés par ces peuples autochtones étaient le rat musqué, le castor et le lièvre[50].

Alimentation traditionnelleModifier

Les peuples autochtones consommaient également des tisanes. Ces tisanes étaient faites de feuilles, d’écorce, de tiges et de fruits d’arbustes. Elles étaient même utilisées comme des traitements médicaux. De nos jours, nous consommons encore beaucoup de ces tisanes traditionnelles que les autochtones préparaient[style à revoir][50].

Les Iroquois, contrairement aux autres peuples, mangent beaucoup moins de viande que les autres peuples. La viande telle que le poisson et le petit gibier étaient utilisés comme complément aux plats de maïs, de haricots, courges, de graines de courges et de tournesols[50].

La graisse du castor ou de l’ours était parfois bouillie avec des bleuets, faisant de celle-ci un bon repas pour les enfants. Le pemmican était un mets qu’on l’on préparait en mélangeant de la viande séchée et broyée avec de la graisse d’ours. Les autochtones consommaient également des œufs de canards. Il était également capable de faire bouillir de la sève de bouleau pour en faire du sirop. Dans les périodes plus difficiles, les autochtones avaient recours à certaines racines pour se nourrir, ceux-ci pouvaient également manger certaines parties de l’écorce des peupliers et des bouleaux[51].

Cuisson et conservation de la nourritureModifier

Afin de préserver leur nourriture durant les longs hivers froids, les Béothuks, les Micmacs, les Malécites, les Montagnais et les Naskapis, les Saulteux, les Algonquins et les Cris font assécher la viande, le poisson et les fruits. Les autochtones étaient reconnus pour faire fumer leurs viandes, en choisissant bien l’espèce de bois et le temps de cuisson afin que leur viande ait le meilleur goût possible. Les méthodes de cuissons des aliments varient beaucoup selon la région et les aliments disponibles. Faire cuire la nourriture sur des brochettes était très répandu. De plus, le peuple des Montagnais avait la particularité de faire cuire leur poisson en les recouvrant d’argile afin de pouvoir les faire cuire dans le sable. Il était très fréquent que les autochtones fassent baigner leurs morceaux de viande dans une soupe assaisonnée avec diverses épices afin de rehausser le goût de leur nourriture[50].

Échanges culturels entre autochtones et européensModifier

Vers le milieu des années 1700, les autochtones ont montré aux Européens à faire pousser un peu plus de 29 espèces de légumes qui leur étaient inconnus. Ils leur ont montré entre autres la tomate, la pomme de terre, la courge, le concombre, et les haricots. Le maïs est un autre aliment qui était inconnu des Européens avant leur arrivée en Amérique, les autochtones avaient nommé ce plant ozisy. Les Européens ont également montré certains aliments aux Autochtones lors de leur arrivée au Canada. Ce sont les Européens qui ont montré le sucre, le lard salé, le thé, la farine de blé et d’avoine, le porc, le bœuf, le lait et le saindoux aux autochtones[50],[52],[53].

Pour conclure, les québécois d’aujourd’hui et les Européens des années 1700 ont beaucoup appris des coutumes alimentaires des autochtones traditionnelles et vice-versa.

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l m n et o « La population autochtone au Québec », sur www.autochtones.gouv.qc.ca
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  3. Marie-Ève Cotton, « Maître chez nous ? Racisme envers les peuples autochtones au Québec et au Canada », L'Autre, vol. 9, no 3,‎ , p. 361-371 (DOI 10.3917/lautr.027.0361).
  4. Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics, Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics : écoute, réconciliation et progrès, (lire en ligne).
  5. « Les Autochtones du Québec | ICI.Radio-Canada.ca », sur Radio-Canada (consulté le 17 mai 2019)
  6. Historique sur le site de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, page consultée le 16 mai 2013
  7. Serge Bouchard, Sylvie Vincent et Josée Mailhot, Peuples autochtones de l'Amérique du Nord: de la réduction à la coexistence, Saiente-Foy, Télé-Université, 1989, p. 367; Gouvernement du Québec, Secrétariat aux Affaires autochtones, Les Amérindiens et les Inuits du Québec. Onze nations contemporaines, Québec, Gouvernement du Québec, 1997, p. 8
  8. Statistique Canada 2002. Profils de la population autochtone du recensement de 2001. Diffusé le 17 juin 2003. Date de modification 2005-11-30 No. 94F0043XIF
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  11. a et b Secrétariat aux affaires autochtones, Amérindiens et Inuits - Portrait des nations autochtones du Québec - 2e édition, Québec, , 59 p. (ISBN 978-2-550-62492-9, lire en ligne), p. 18-19
  12. a et b Secrétariat aux affaires autochtones, Amérindiens et Inuits - Portrait des nations autochtones du Québec - 2e édition, Québec, , 59 p. (ISBN 978-2-550-62492-9, lire en ligne), p. 20-21
  13. a et b Secrétariat aux affaires autochtones, Amérindiens et Inuits - Portrait des nations autochtones du Québec - 2e édition, Québec, , 59 p. (ISBN 978-2-550-62492-9, lire en ligne), p. 22-23
  14. a et b Secrétariat aux affaires autochtones, Amérindiens et Inuits - Portrait des nations autochtones du Québec - 2e édition, Québec, , 59 p. (ISBN 978-2-550-62492-9, lire en ligne), p. 24-25
  15. Secrétariat aux affaires autochtones, Amérindiens et Inuits - Portrait des nations autochtones du Québec - 2e édition, Québec, , 59 p. (ISBN 978-2-550-62492-9, lire en ligne), p. 26-27
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  23. L'encyclopédie canadienne, « Innu (Montagnais-Naskapi) », sur thecanadianencyclopedia.ca (consulté le 12 février 2021)
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  53. Roger Larivière (2012) (Inédit)

NotesModifier

Droits acquisModifier

AnnexesModifier

BibliographieModifier

OuvragesModifier

  • Alain Beaulieu, Les Autochtones du Québec : des premières alliances aux revendications contemporaines, Québec, Musée de la civilisation et Édition Fides, , 124 p. (ISBN 978-2-7621-2221-3).
  • Denys Lamontagne, Le Québec autochtone : 11 nations, 54 communautés, Wendake, Les Éditions La griffe de l'Aigle, , 288 p. (ISBN 978-2-9805111-0-3).
  • Jean-Pierre Sawaya, Alliance et dépendance : Comment la Couronne britannique a obtenu la collaboration des Indiens de la vallée de Saint-Laurent entre 1760 et 1774, Sillery (Québec), Septentrion, , 203 p. (ISBN 978-2-89448-333-6, présentation en ligne).
  • Keith Crowe, Histoire des autochtones du Nord canadien, Montréal, Hurtubuise HMH, .
  • Michel Noël, Amérindiens et Inuits : Guide culturel du Québec, Saint-Laurent, Éditions du Trécarré, .
  • Michel Noël, Le Québec amérindien et inuit, S. Harvey, , 58 p. (ISBN 978-2-921703-06-2).

Articles scientifiquesModifier

  • « Les nations indiennes au Québec », Histoire, monde et cultures religieuses, vol. 3, no 27,‎ , p. 17-18 (DOI 10.3917/hmc.027.0017, lire en ligne).
  • Jean Morisset, « Québec, Baie-James et Premières Nations : ou la décolonisation assujettie », Nouveaux Cahiers du socialisme, no 18,‎ , p. 79-89 (lire en ligne).
  • Martin Simard, « Le Nord québécois : un plan, trois régions, neuf défis », Recherches sociographiques, vol. 58, no 2,‎ , p. 263-295 (lire en ligne).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier