Odanak (réserve indienne)

réserve amérindienne (autochtone) au Québec (Canada)

Odanak
Odanak (réserve indienne)
Église Saint-François-de-Sales
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Région Centre-du-Québec
Statut municipal Premières nations
Chef Richard O'Bomsawin
2013 - ...
Démographie
Gentilé Abénakis
Population 449 hab. ()
Densité 80 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 04′ 18″ nord, 72° 49′ 15″ ouest
Superficie 564 ha = 5,64 km2
Divers
Code géographique pas
Localisation
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Odanak
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Odanak, dont le nom officiel est Odanak 12, (qui signifie: « au village ») est une réserve amérindienne abénaquise du Québec (Canada) située sur la rive est de la rivière Saint-François, à 32 km à l'est de Sorel, dans la municipalité régionale de comté de Nicolet-Yamaska dans la région administrative du Centre-du-Québec appartenant à la Première Nation d'Odanak[1],[2].

GéographieModifier

Dans la MRC : Nicolet-Yamaska.

Municipalités limitrophesModifier

ToponymieModifier

Le village, qui a été fondé vers 1670 par les Abénaquis vivant dans la vallée du Connecticut, était appelé à l'origine Arsikantegouk, qui signifie « rivière à la cabane vide », qui est le nom de la rivière Saint-François dans cette langue. Quand la mission abénaquise située sur la rivière Chaudière se déplaça à Odanak, le village et la rivière prirent le nom de cette dernière, « Saint-François ». L’habitude d’appeler le village « Odanak », qui signifie « au village », s'est implantée au début du XXe siècle. En 1916, le bureau de poste prit ce nom[3].

DonnéesModifier

  • Circonscription fédérale: Bas-Richelieu - Nicolet - Bécancour
  • Circonscription provinciale: Nicolet-Bécancour
  • Superficie: 561 hectares
  • Langues parlées: abénaquis, français, anglais

Lieu-ditModifier

  • Adalômkamek[4]

GouvernanceModifier

 
Drapeau de la Première nation d'Odanak (Abénaquis)

La communauté d'Odanak possède son propre Conseil, comme toutes les communautés des Premières Nations du Québec, mais partage aussi quelques-unes de ses responsabilités avec le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki qu'elle a en commun avec la communauté sœur de Wôlinak.

Les responsabilités du Grand Conseil Waban-Aki, situé à Wolinak sont les infrastructures, les immobilisations, l'urbanisme, l'inspection des bâtiments, les revendications territoriales, les consultations territoriales et les services sociaux.

HistoireModifier

 
Village des Abénaquis, Pierreville, vers 1910
 
Centre communautaire d'Odanak

Au début de l'an 1000 ap. J.-C., un peuple parlant la langue iroquoise s'est installé le long du fleuve Saint-Laurent, où il pratiquait l'agriculture avec la chasse et la pêche. Des recherches archéologiques ont révélé que vers 1300, ils ont construit des villages fortifiés identifiables comme similaires à ceux observés et décrits par l'explorateur français Jacques Cartier dans le milieu du XVIe siècle, quand il visita Hochelaga et Stadaconé.

En 1600, cependant, les villages et les populations étaient partis. Depuis les années 1950, les historiens et les anthropologues ont trouvé des preuves archéologiques et linguistiques pour développer un consensus selon lequel les gens formaient un groupe distinct, qu'ils ont appelé Iroquoiens du Saint-Laurent. Ils parlaient le laurentien et ils étaient séparés de la puissante confédération des nations iroquoises qui s'est développée dans l'actuel État de New York. Ils ont été chassés de leurs demeures dans l'État du Maine en 1690, durant la guerre du Roi Philip. Ils ont été relocalisés à Saint-François-du-Lac.

Guerre de la ConquêteModifier

Le village sera détruit le 4 octobre 1759 par les troupes Rangers du major Robert Rogers. La population fut en partie décimée. Les Rangers étaient partis de la baie Missisquoi. Le 2 novembre, Bourlamaque, basée sur l'île aux Noix et surveillant la frontière du lac Champlain, y envoie des Amérindiens, suivis de réguliers et de miliciens. Jean-Daniel Dumas, accompagné par un groupe de miliciens et d'Amérindiens était parti de Trois-Rivières le lendemain de l'attaque à la poursuite des ennemis qui avaient détruit Odanak[5]. Huit jours après avoir attaqué le village, poursuivis de près par les franco-indiens, les rangers atteignent le lac Memphrémagog, se séparent en petits groupes et repartent vers le sud, en direction des colonies britanniques où ils seront en sécurité. Beaucoup de rangers furent capturés et tués, car ils avaient détruit le village en massacrant une trentaine d'Abénaquis, dont beaucoup de femmes et d'enfants. Ils avaient de plus capturé deux garçons et trois filles. « Deux des prisonniers, un petit garçon et une jeune femme, connaîtront une expérience vraiment horrible.Les deux Abénaquis sont conduits par un groupe de cinq hommes vers la baie Missisquoi, où Rogers a caché plusieurs baleinières en se rendant à Odanak. Pendant le trajet, les rangers sont à court de vivres; ils tuent le petit garçon et commencent à le manger, puis deux d'entre eux se divisent le reste pour le manger plus tard. »[6] Robert Roger, épuisé et affamé, réussit à se rendre en radeau au Fort no 4 (aujourd'hui Charlestown, New Hampshire) sur la rive du fleuve Connecticut. L'attaque des Anglais a été perpétrée pour se venger des raids que les Abénaquis avaient effectué avec leurs alliés français en Nouvelle-Angleterre. Cependant, c'est surtout parce que les Abénaquis d'Odanak avaient refusé les offres de Johnson, le 22 août 1759, de rester neutre dans cette guerre que les Anglo-américains décidèrent de détruire le village.

Révolution américaineModifier

Durant la Révolution américaine, les résidents d'Odanak essaient de rester neutres mais sont surveillés par une quarantaine de soldats britanniques qui occupent Odanak sur ordre des dirigeants Guy Carleton et son successeur Frederick Haldimand. Il est interdit aux Abénaquis de traverser la frontière vers le sud pour aller vers leurs lieux de chasse ancestraux mais plusieurs familles quittent le village : environ 45 familles s'installent temporairement près du lac Memphrémagog et sont autorisées par le colonel américain Timothy Bedel et son supérieur Philip Schuyler à aller vers le sud et s'installer à Coös (Place des pins blancs), aujourd'hui Newbury (Vermont) et Haverhill (New Hampshire) sur les rives de la Vallée du haut fleuve Connecticut . La voie entre Coos et Odanak devient un passage ou de nombreux Abénaquis circulent presque librement, au grand désappointement des Britanniques[7].

Réserve satellitesModifier

En 1805, pour ne pas avoir pris les armes contre le Canada Britannique, une réserve de 8000 acres (32.3 km²) fut concédée pour des réfugiés indiens dans le canton de Durham, près de l'actuel village de L'Avenir (Québec). Plus tard une autre réserve de 2722 acres (11 km²) fut concédée en 1853 au bord du Petit Lac Saint-François dans le canton de Coleraine.

Culture et tourismeModifier

 
Institution Kiuna
  • On retrouve à Odanak le musée des Abénakis. Fondé en 1962, il est le plus vieux musée consacré à la culture autochtone au Québec[8].
  • L'église catholique actuelle qui a été construite en 1826
  • Boutiques d'artisanat local

OrganismesModifier

Le l'Institution Kiuna, le premier cégep consacré à l'éducation des autochtones du Québec depuis la fermeture du collège Manitou ouvre ses portes à Odanak. Il offre des cours pour une soixantaine d'étudiants[9] tant dans le programme Sciences humaines - Premières nations, Social Sciences - First nation[10]s que dans des attestations d'études collégiales. Dès 2017, Kiuna offrira également un programme de journalisme en collaboration avec le cégep de Jonquière[11].

DémographieModifier

PopulationModifier

2 466[12]

Évolution démographique
1991 1996 2001 2006 2011 2016
333392425469457449
Langue maternelle (2006)[13]
Langue Population Pct (%)
Français seulement 410 88,17 %
Anglais seulement 55 11,83 %
Français et anglais 0 0,00 %
Autres langues 0 0,00 %

PersonnalitésModifier

CulturellesModifier

  • Jean-Paul Nolet (1924-2000), ancien animateur de radio et de télévision a grandi sur la réserve d'Odanak.
  • Alanis Obomsawin, née à Lebanon, au New Hampshire. Alanis est très malade à l'âge de six mois sur la réserve d'Odanak et est envoyée vivre chez sa tante . Sa mère et son père la retrouvent plus tard où ils vécurent 9 ans.[14],[15],[16],[17],[18]
  • Christine Sioui-Wawanoloath, a grandi à Odanak et y est de retour depuis 2008.

PolitiquesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Première Nation d'Odanak
  2. Gouvernement du Québec, « Répertoire des municipalités : Odanak », sur Ministère des Affaires municipales, Régions et Occupation du territoire (consulté le 19 janvier 2011)
  3. « Odanak », Banque des noms de lieux du Québec, sur Commission de Toponymie (consulté le 4 janvier 2012)
  4. Commission de toponymie du Québec : Adalômkamek
  5. http://www.erudit.org/revue/haf/1959/v13/n3/301985ar.html?vue=resume
  6. Les Iroquois et la guerre de Sept Ans, p. 177
  7. The American Revolution in Indian Country Crisis and Diversity in Native American Communities. Author: Colin G. Calloway: p-72-73
  8. « Musée des Abénakis : premier musée amérindien au Québec, ouvert depuis 1962 », sur Conseil des Abénakis d'Odanak (consulté le 27 février 2013)
  9. Jean-Philippe Brière, « Premiers cours conçus pour les Premières Nations », sur TVA Nouvelles (consulté le 27 août 2011)
  10. (en-US) « KIUNA », sur kiuna-college.com (consulté le 4 décembre 2017)
  11. Zone Société - ICI.Radio-Canada.ca, « Un programme collégial en journalisme destiné aux Autochtones », sur Radio-Canada.ca (consulté le 4 décembre 2017)
  12. « Odanak : population inscrite », sur Affaires autochtones et du Nord Canada (consulté le 26 février 2017).
  13. Recensement 2006
  14. « Alanis Obomsawin | l'Encyclopédie Canadienne », sur www.thecanadianencyclopedia.ca (consulté le 24 novembre 2019)
  15. [http://www.collectionscanada.gc.ca/femmes/030001-1259-f.html « ARCHIV�E - Alanis Obomsawin - Thèmes - Cinéma - Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations - Bibliothèque et Archives Canada »], sur www.collectionscanada.gc.ca (consulté le 24 novembre 2019)
  16. (en-US) « Alanis Obomsawin », sur Indspire, (consulté le 24 novembre 2019)
  17. « Alanis Obomsawin: What drives me - Macleans.ca », sur www.macleans.ca (consulté le 24 novembre 2019)
  18. « Native Leaders of Canada - Alanis Obomsawin », sur www.newfederation.org (consulté le 24 novembre 2019)

Étienne Dubois, Le Nouvelliste, Cahier Arts et Spectacles, le 6 août 2013

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Charland, Thomas, Les Abénakis d'Odanak, Les Éditions du Lévrier, Montréal, 1964
  • D. Peter MacLeod, Les Iroquois et la guerre de Sept Ans, vlb éditeur, 2000, (ISBN 2-89005-713-5)
  • Historic Highways of America (Vol. 7) Portage Paths - The Keys of the Continent ; Archer Butler Hulbert (Author)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier