Histoire de l'Amérique

L'histoire de l'Amérique commence avec les premières migrations de peuplades venues d'Asie durant la Préhistoire. Ces peuples connus sous le nom d'Amérindiens vivent isolés du « Vieux Monde » jusqu'à l'arrivée de Christophe Colomb en 1492 au compte du roi d'Espagne. À partir de cette date, les peuples amérindiens sont progressivement éliminés au profit des Européens. Les puissances européennes fondent des empires coloniaux qui gagneront leur indépendance entre le XVIIIe siècle et le XXe siècle (à l'exception de certains actuels territoires d'outre-mer).

Avant 1492 : histoire précolombienneModifier

PréhistoireModifier

 
Pétroglyphes amérindiens (vers 2000 av. J.-C.), Valley of Fire, États-Unis.

Le peuplement de l'Amérique s'est probablement effectué par migration depuis l'Asie : on imagine que pendant la période glaciaire, des peuples ont traversé le détroit de Béring, et ont progressivement occupé tout le continent, depuis l'Alaska jusqu'à la Terre de Feu.

Les archéologues Dennis Stanford et Bruce Bradley (en) soutiennent l’hypothèse d’un peuplement solutréen de l’Amérique, c’est-à-dire que les premiers habitants seraient venus de l’Est[1].

La théorie admise par la majorité de la communauté scientifique situe l'arrivée en Amérique des premiers humains autour d'il y a 14 000 ans, comme pour le site de Triquet Island. Cependant, des ossements et des outils retrouvées dans des cavernes de la rivière Bluefish, dans le nord du Yukon, indiquent la présence d'humains il y a 24 000 ans dans cette région. Ils seraient restés piégés dans la région pendant près de 8 000 ans, jusqu'à la fonte des glaciers qui recouvraient la majeure partie du continent nord-américain[2].

Les plus anciennes industries lithiques d'Amérique remontent à 20 000 ans av. J.-C., soit avant l'époque dite de Clovis, comme l'attestent les sites de Cactus Hill, Meadowcroft, Sandia, voire 50 000 ans comme pour les sites de Topper et de la Caverne de Pendejo. Tous ces sites pré-Clovis sont donc plus anciens que ceux de Clovis, Folsom et Scottsbluff.

À la suite de la découverte d'outils vieux de plus de 13 000 ans av. J.-C., Dennis Stanford et Bruce Bradley ont émis l'hypothèse d'une première vague de colonisation depuis l'Europe il y a environ 20 000 ans. Les migrants auraient longé la calotte polaire qui descendait au niveau de la France lors de la dernière glaciation et seraient des Solutréens qui vivaient dans le nord de l'Espagne. Le rapprochement se base notamment sur la similarité des outils retrouvés dans les deux régions et ne fait toutefois pas l'unanimité au sein de la communauté scientifique. Elle est par ailleurs contredite par les données génétiques[3].

Civilisations précolombiennesModifier

Les premières civilisations qui émergent en Amérique sont en Mésoamérique les Olmèques (de -1200 à -500, et dans les Andes la civilisation de Caral, qui émergea dans les environs de -2600 sur la côte péruvienne.

Cependant, les trois principales et plus puissantes civilisations précolombiennes (ou amérindiennes) sont les Mayas, les Incas et les Aztèques.

D’autres civilisations ont existé : la civilisation du Mississippi, les Anasazi, les Pueblos, les Hohokam, les Mogollon, les Toltèques, les Tépanèques, etc.

Présence VikingModifier

Les Vikings sont la première civilisation de l'« ancien monde » à joindre l'Amérique. Vers l'an 1000, Leif Erikson navigue depuis le Groenland jusqu'à l'île de Terre-Neuve, qu'il appelle Vinland, et installe un village à L'Anse aux Meadows, ce qui fait de lui le découvreur européen de l'Amérique.

Après 1492 : époque moderneModifier

Exploration du continentModifier

Les capitulations de Santa Fe ayant été ratifiées par les rois catholiques en 1492, Christophe Colomb débarqua incidemment à l’île San Salvador quelques mois plus tard, alors en quête d’une nouvelle route des Indes, conséquence inéluctable de la chute de Constantinople de 1453. Dès cette découverte et exploration, celui-ci fonda La Navidad sur l’île Hispaniola avant que ne soit entamée la colonisation espagnole de la terre ferme d'Amérique, en 1510.

Les premières expéditions arrivent à Cuba, d'où se fait l'exploration. En 1520, le Mexique est découvert par Hernán Cortés. Les expéditions entraînent la disparition par des pandémies et l'extermination des deux principaux peuples vivant sur le continent, les Aztèques (du Mexique au Guatemala) et les Incas, au Nord de l'Amérique du Sud.

Au XVIe siècle, les Européens désignent l'Amérique par le terme de "Nouveau Monde". Le continent est finalement appelé "Amérique" en l'honneur de l'explorateur Amerigo Vespucci.

Colonisation européenneModifier

Suivant le traité de Tordesillas de 1494, les terres du Nouveau Monde étaient alors partagées entre Isabelle Ire de Castille, Ferdinand II d'Aragon et Jean II de Portugal. Ainsi, dès 1500, le Royaume de Portugal implante les capitaineries du Brésil sur les côtes de l’Atlantique Sud. En 1531, à la suite de la chute des Incas face à Francisco Pizarro, s'établit l'Empire espagnol, organisé en vice-royautés (Nouvelle-Espagne, Nouvelle-Grenade, Pérou et Río de la Plata), sur les côtes de l'océan Pacifique. Cependant, une guerre civile opposant les Espagnols et leurs alliés aux membres survivants de la famille royale déchire les populations andines jusqu'en 1572.

À partir de 1534, le Royaume de France établit ses colonies principalement au nord-est et centre de l’Amérique du Nord jusqu’au golfe du Mexique, ainsi que dans les Antilles et sur le plateau des Guyanes et d'Haiti. Le Royaume d’Angleterre s’établit sur les côtes de l’Atlantique Nord et dans la mer des Caraïbes, les Provinces-Unies conquièrent des îles caribéennes (Aruba, Curaçao et Saint-Martin), le Royaume du Danemark et de Norvège s’installa au Groenland et l’Empire russe conquiert la région de l’Alaska.

L'arrivée des colons a pour conséquence l’introduction d’une série de nouvelles maladies au sein des civilisations précolombiennes, telles que la variole, causant ainsi – de façon similaire à la peste noire en Europe médiévale – le déclin démographique de près de 93 % de la population autochtone.

Les Jésuites et coureurs des bois contribuent à l’expansion du vice-royaume de Nouvelle-France en Amérique du Nord, grâce à la traite des fourrures, l’évangélisation et l’établissement de relations avec les peuples autochtones. De plus, des missions catholiques sont envoyées au pays des Hurons et, dans les empires espagnol et portugais, chez les Guaranis.

Au nord, les guerres franco-iroquoises et intercoloniales sont directement liées aux affrontements entre les colonies des empires français et britannique. Au Sud, les Conquistadors mènent une série d’invasions, telles que la conquête des empires aztèque et inca. Les peuples autochtones les repoussent en diverses régions[Où ?], et plusieurs réussissent à maintenir leur domination sur leurs terres jusqu’à la fin du XIXe siècle. Par exemple, le Royaume d’Araucanie et de Patagonie, la Pampa, le Mato Grosso et l’Amazonie demeurent sous la domination de peuples comme les Mapuches, les Het, les Ranquel, les Wichís, les Tobas, les Amazoniens ou les Comanches.

En Amérique du Sud furent aussi créées par marronnage des mocambos et quilombos (comme le Palmares), dont les habitants, d’origine africaine, avaient réussi à fuir l’état d’esclavage auquel ils étaient réduits par l’effet du commerce triangulaire.

De 1754 à 1763, la guerre de la Conquête, dont l'enjeu est la domination de l'Amérique du Nord, oppose les Français et les Britanniques. Au cours de cette quatrième guerre intercoloniale, les forces armées britanniques s’emparent de la Nouvelle-France, assiègent Québec en 1759 et organisent la déportation des Acadiens.

 
Débarquement de Christophe Colomb à l'île San Salvador en 1492 et prise de possession au nom des rois catholiques.

DécolonisationModifier

Histoire post-décolonisationModifier

Voir l'article correspondant à l'Histoire de chaque pays d'Amérique.

Notes et référencesModifier

  1. (en) Denis J. Stanford et Bruce A. Bradley, Across atlantic ice : The Origin of America’s Clovis Culture, Berkeley, Los Angeles, London, University of California press, 319 p.
  2. Pauline Gravel, « Des humains en Amérique du Nord il y a 24 000 ans », Le Devoir,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. (en) David Reich, Nick Patterson, Desmond Campbell et Arti Tandon, « Reconstructing Native American population history », Nature, vol. 488, no 7411,‎ , p. 370–374 (ISSN 0028-0836 et 1476-4687, PMID 22801491, PMCID PMC3615710, DOI 10.1038/nature11258, lire en ligne, consulté le )

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier