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Bateau de pêche d'Alaska avec morue et flétan
L'Amadeus, un ancien morutier construit en 1910 aux Pays-Bas, ici à Sète en 2015

Un morutier est un bateau équipé pour la pêche à la morue.

Sommaire

HistoireModifier

Les grands chalutiers-congélateurs modernes ont remplacé les voiliers terre-neuviers et leur flottille de doris.

  • En France

Avant le XIXe siècle, la pêche de la morue se pratiquait à l'aide de divers navires, d'un genre variant presque d'un port d'armement à l'autre[1]. Au XVIe siècle, lors de l'essor de cette pêche, les ports adaptèrent les navires destinés au long cours. Pour le XVIIe siècle, Jouve recense des flûtes (proches des flibots), des pinasses et des sortes de frégates, bien plus élancées que les flûtes et pinasses aux lourdes formes arrondies. La plupart des bâtiments armés en France étaient des trois-mâts carrés (tonnages importants), le reste étant des gondoles, senaus ou dogres, à deux mâts.

Au XVIIIe siècle, les trois-mâts, proches de ceux utilisés au XVIe siècle (deux châteaux avec deux étages de voiles), deviennent le navire courant pour la pêche de la morue, mais voient apparaître à leurs côtés le brigantin et la goélette à partir de 1720.

Sur cette période, le tonnage des navires a augmenté pour se fixer autour de cent tonneaux (avec une quille de 52 pieds), au moins en ce qui concerne la « morue verte », la pêche de la « morue sèche » autorisant des tonnages jusqu'à 250 tonneaux ou plus. À Saint-Malo en 1675, le navire le plus important (350 tonneaux), avait 76 pieds de long, 18 pieds de large et 10 pieds de creux. Une des qualités recherchées de ces bateaux étaient leur résistance aux échouages, vue l'absence de port ; leurs varangues devaient, pour cette raison, être plates, ce qui permettait également d'embarquer de grandes quantités de poisson. S'il était malmené par ces échouages, le navire pouvait ne pas dépasser dix ans avant d'être hors d'usage.

Aux XVIe et XVIIe siècles, le « bourgeois » voulant faire construire passait un contrat avec un charpentier, et fournissait l'essentiel des matériaux ; au XVIIIe siècle, des constructeurs, essentiellement charpentiers, se chargent de toutes les opérations. Le coût d'un navire de cent tonneaux était de l'ordre de 10 000 livres jusqu'à la fin du XVIIe siècle, mais ce montant doubla au siècle suivant, suite à la hausse des matériaux consécutive à la guerre de la Ligue d'Augsbourg.

Avant chaque campagne, les cales du navire étaient emplies de sel, l'essentiel de son avitaillement, en volume tout au moins. Lors de la pêche, une fois le sel transformé en un bloc par le tassement, le poisson était entreposé en même temps que salé, dans des excavations en forme de grotte, ouvertes successivement l'une à côté de l'autre.

Notes et référencesModifier

  1. Charles de La Morandière, Histoire de la pêche française de la morue dans l'Amérique septentrionale, Maisonneuve et Larose, Paris, 1957, T. 1. p. 36.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Dictionnaire Gruss de Marine, Éditions Maritimes & d'Outre-Mer
  • Dictionnaire encyclopédique Larousse

Articles connexesModifier