Inuktitut

langue eskimo-aléoute

Inuktitut
ᐃᓄᒃᑎᑐᑦ
Pays Canada
Région Nunavut, Nunavik, Labrador
Nombre de locuteurs 39 770 (2016)[1]
Typologie SOV, polysynthétique, ergative
Écriture Syllabaire inuktitut, alphabet latin, syllabaire autochtone canadien et alphabet esquimau (d)
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau du Nunavut Nunavut (Canada)
Drapeau des Territoires du Nord-Ouest Territoires du Nord-Ouest (Canada)
Régions autonomes :
Flag of Nunavik (Thomassie Mangiok).svg Nunavik (QC, Canada)
Flag of Nunatsiavut.svg Nunatsiavut (TNL, Canada)
Régi par Inuit Tapiriit Kanatami
Codes de langue
ISO 639-1 iu
ISO 639-2 iku
ISO 639-3 iku
IETF iu
Linguasphere 60-ABB
WALS iql – inuktitut (Québec, Labrador)
ins – inuktitut (Salluit)
Glottolog east2534
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme, en inuktitut du Nunavut (texte en français) :

ᐃᓚᖓ 1.
ᐃᓅᔪᓕᒫᑦ ᐊᓂᖅᑎᕆᔪᓕᒫᑦ ᐃᓅᓚᐅᕐᒪᑕ ᐃᓱᒪᕐᓱᕐᖢᑎᒃ ᐊᒻᒪᓗ ᐊᔾᔨᐅᖃᑎᒌᒃᖢᑎᒃ ᓂᕐᓱᐊᖑᓂᒃᑯᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᐱᔪᓐᓇᐅᑎᑎᒍᑦ. ᐃᓱᖃᖅᑐᖁᑎᖃᕐᑎᑕᐅᕙᓕᕐᐳᑦ ᐱᔾᔪᑎᖃᕐᓂᒃᑯᑦ ᐊᒻᒪᓗ ᐃᓱᒪᒋᓯᒪᓂᒃᑯᑦ ᖃᓄᐃᓕᔾᔪᑎᖃᕆᐊᖃᓕᕐᑐᑦ ᐃᒻᒥᖕᓅᖃᑎᒌᒡᓗᑎᒃ ᐅᒃᐱᕐᓂᒃᑯᑦ ᖃᑕᖖᒍᑎᒌᑦᑎᐊᕆᐊᖃᕐᓂᒃᑯᓪᓗ.


Ilanga 1.
Inuujulimaat aniqtirijulimaat inuulaurmata isumarsurɫutik ammalu ajjiuqatigiikɫutik nirsuangunikkut ammalu pijunnautitigut. Isuqaqtuqutiqartitauvalirput pijjutiqarnikkut ammalu isumagisimanikkut qanuilijjutiqariaqalirtut immingnuuqatigiiglutik ukpirnikkut qatanngutigiittiariaqarnikkullu.

L’inuktitut (en syllabaire inuktitut : ᐃᓄᒃᑎᑐᑦ, /i.nuk.ti.ˈtut/), aussi appelé inuktitut de l'Est canadien, est une des principales langues inuites du Canada. Elle est parlée dans toutes les zones au nord de la limite des arbres, y compris dans des zones de Terre-Neuve-et-Labrador, du Québec, des Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut[2]. C’est une des langues écrites à l’aide du syllabaire autochtone canadien[2].

Il s’agit d’un des quatre grands ensembles dialectaux des langues inuites, les trois autres ensembles étant l’inupiaq, parlé en Alaska, l’inuvialuktun, parlé dans le Nord-Ouest canadien, et le groenlandais, parlé au Groenland.

En 2016, Statistique Canada recense 39 770 locuteurs[1], ce qui fait de l’inuktitut la deuxième langue autochtone la plus parlée du Canada[2].

L’inuktitut est une des quatre langues officielles du Nunavut[3], où il est la principale langue maternelle[4]. C’est aussi une des onze langues officielles des Territoires du Nord-Ouest[5],[6].

PhonologieModifier

VoyellesModifier

L'inuktitut a trois voyelles de base : /a/, /i/ et /u/, qui peuvent être courtes ou longues. Le système phonologique comprend donc six phonèmes vocaliques.

ÉcritureModifier

 
Signalisation routière bilingue en inuktitut et anglais à Iqaluit, capitale du Nunavut (juillet 2004). Le mot inuktitut est nuqqarit.

D’abord traditionnellement orale, cette langue a la particularité d’avoir été transcrite à partir du XIXe siècle dans un système de notation syllabique, contrairement aux autres langues traditionnellement orales qui sont généralement transcrites en caractères latins.

Des missionnaires venus d’Europe incitèrent les peuples de l’Arctique à adopter un système d’écriture afin de les initier au christianisme et à la Bible. Les Inuits de l’Arctique canadien utilisent soit l’alphabet latin (qaliujaaqpait) soit les caractères syllabiques (qaniujaaqpait). Le premier système d’écriture utilisé parmi les Inuits utilisait l’alphabet latin, au Groenland, au cours des années 1760.

Il s’agit d'une adaptation, dans les années 1880, de l’écriture mise au point pour le cri par le révérend Evans vers la fin des années 1830. Cette écriture n’est donc pas propre à l’inuktitut : elle note aussi d’autres langues amérindiennes, comme le naskapi, mais en revanche elle ne note pas tous les parlers eskimos ; en pratique, l’usage de ce syllabaire est limité à l’inuktitut. Le groenlandais, le dialecte le plus important avec près de 50 000 locuteurs et le plus solidement implanté, a adopté une orthographe normée en caractères latins.

Les Yupiks et les Inupiat de l’Alaska et les Yupik de la Sibérie employaient également les caractères latins. Par contre, les Netsilik de Pelly Bay et l’île de Baffin ont adopté l’écriture syllabique au cours des années 1920 quand ils sont devenus les derniers peuples nordiques à rencontrer les missionnaires[7].

Ce système de notation est également exceptionnel en ce qu’il présente des séries de correspondances terme à terme entre la configuration du signe graphique et la forme du signe phonétique (le signe graphique est systématiquement orienté dans une direction précise en fonction de la nature de la voyelle centrale de la syllabe). Pour être plus précis, le graphème pour une syllabe contenant u pivote de 90° à droite ou de 180° par rapport au graphème représentant la syllabe contenant i, et pour a le graphème est le symétrique du graphème u. La partie en haut à gauche du graphème, – pour les quelques graphèmes composés à consonne initiale q, ng –, reste toujours invariable.

Ce syllabaire fait maintenant partie intégrante de la société inuit, qui y voit une marque de son identité. Les Inuits le considèrent même comme un don de Dieu, par allusion au fait que c’est un missionnaire qui le leur a transmis.

 
L’écriture inuktitut (version de 1976).
Un point sur un graphème permet de doubler la voyelle qui le compose.

DialectesModifier

 
Carte des dialectes inuit.
  • Aivilingmiutut
  • Kivallirmiutut
  • Qikiqtaaluk uannangani
  • Qikiqtaaluk nigiani
  • Nunavimmiutitut
  • Nunatsiavummiutut
  • Avanersuaq

Au Canada, il y a six dialectes de l'inuktitut :

Un dialecte est parlé au nord du Groenland :

Prénoms inuktitutsModifier

Les prénoms prennent souvent ancrage dans la nature qui les entoure, dans les forces surnaturelles qu’ils perçoivent, dans les qualités des personnes, ou bien dans d’autres événements de la vie, souvent liés à la naissance. Tout comme les prénoms des peuples nord-amérindiens dont l’étymologie est similaire.

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Les langues autochtones des Premières Nations, des Métis et des Inuits », sur statcan.gc.ca, Statistique Canada (consulté le ).
  2. a b et c Richard Compton, « Inuktitut » dans L'Encyclopédie canadienne, Historica Canada, 1985–. Publié le 13 décembre 2016. (consulté le ).
  3. « Loi sur les langues officielles, LNun 2008, c 10 », sur canlii.ca (consulté le ).
  4. « Proportion de la population selon la langue maternelle déclarée, pour différentes régions au Canada, Recensement de 2016 », sur statcan.gc.ca, Statistique Canada (consulté le ).
  5. Bureau du commissaire aux langues – TNO, « Survol des langues », sur olc-nt.ca (consulté le ).
  6. Jacques Leclerc, « Les langues officielles des Territoires du Nord-Ouest », sur axl.cefan.ulaval.ca, Université Laval (consulté le ).
  7. Bibliothèques et Archives Canada, « La langue inuktitut Inuktitut : à la manière des Inuits », sur collectionscanada.ca (consulté le ).

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • Ronald Lowe, Analyse linguistique et ethnocentrisme : essai sur la structure du mot en inuktitut, Ottawa, Presses de l'Université d'Ottawa, , 126 p. (ISBN 9782760324060).
  • (en) Mary D. Swift, Time in Child Inuktikut : A Developmental Study of an Eskimo-Aleut Language, Berlin, Mouton de Gruyter, coll. « Studies on Language Acquisition » (no 24), , XII-315 p. (ISBN 978-3-11-018120-3, DOI 10.1515/9783110197419).
  • (en) Nunavik terminology data base : English-Inuttitut, Inukjuak, Avataq Cultural Institute, .

Articles connexesModifier

Liens externesModifier