Tamerlan

guerrier turco-mongol du XIVe siècle qui régna sur la Perse.

Tamerlan
Illustration.
Reconstruction du visage de Tamerlan à partir de son crâne, par Mikhaïl Mikhaïlovitch Guerassimov.
Titre
Beg, khan et émir

(35 ans)
Prédécesseur Amir Husayn
Successeur Khalil Sultan
Biographie
Dynastie Timourides
Date de naissance
Lieu de naissance Kech (Khanat de Transoxiane)
Date de décès (à 68 ans)
Lieu de décès Otrar (Empire timouride)
Père Taragaï
Mère Tekina Mohbegim
Conjoint Bibi Khanoum
Plus d'une vingtaine d'autres femmes
Enfants Djahangir
Omar Cheikh
Miran Shah ()
Shah Rukh ()
Trois autres fils et neuf filles
Religion Islam

Timour, plus connu sous le nom de Tamerlan (du persan تيمور لنگ, Timur(-i) Lang, qui signifie littéralement « Timour le Boiteux »), né le [1] à Kech, près de Chakhrisabz, dans l'actuel Ouzbékistan, et mort le à Otrar dans l'actuel Kazakhstan, est un guerrier turco-mongol[2] du XIVe siècle. Conquérant à partir de 1360 d'une grande partie de l'Asie centrale et occidentale, il fonda la dynastie des Timourides, qui dura jusqu'en 1507.

Devenu émir de Transoxiane, Tamerlan se révéla être un redoutable chef de guerre, bâtissant un immense empire reposant sur la puissance militaire et sur la terreur. Les historiens parlent souvent de « catastrophe timouride » tant ses destructions et massacres ont été spectaculaires ; les estimations sur le nombre de morts de ses campagnes militaires vont de 1 million[3] à 17 millions de personnes (soit environ 5 % de la population mondiale de l'époque)[4]. Lors de ses conquêtes, il n'hésitait pas à massacrer la totalité de la population des villes qui lui avaient résisté, à l'exception des artisans qu'il déportait à Samarcande, sa capitale, car il se montrait aussi protecteur des arts et des lettres et il fit la grandeur de Samarcande.

Après la mort de Tamerlan en 1405, son empire fut gouverné par ses descendants (les Timourides), mais fut peu à peu réduit par les puissances voisines, jusqu'à l'assaut final des Ouzbeks de la dynastie des Chaybanides en 1507.

Noms de TamerlanModifier

 
Reconstitution du drapeau de Tamerlan d'après l'atlas catalan contemporain.
Les trois besants sont des symboles de paix.

TimourModifier

Le nom de naissance de Tamerlan est Timour. La légende veut que, s'en allant montrer son fils au cheikh, son père l'aurait interrompu, durant la lecture du Coran, sur le mot tamarrou (« ébranlement »). Ce mot arabe est modifié pour donner timur, « métal », fer ou acier en turco-mongol (cf. mongol tömör Төмөр ou Temür Тэмүр, « métal » ou « acier ») ou (cf. turc demir, « fer »). Ce nom de Timour peut être rapproché du nom de naissance de Gengis Khan, Temüdjin.

Timour Lang / TamerlanModifier

Timour Lang signifie Timour le Boiteux (lang : du verbe persan لنگیدن, langidān laŋidan, boiter). Ce nom a également été traduit en mongol Dogolon Tömör (Доголон Төмөр, Tömör le boiteux).

« Tamerlan » est une transcription de Timour Lang, qu'on retrouve telle quelle en allemand (mais l'on emploie plus souvent le nom de Tamerlan), en espagnol et en russe (où l'on emploie le nom de Tamerlan comme celui de Timour indifféremment), légèrement modifiée en italien (Tamerlano), en anglais (Tamerlane, avec une variante littéraire Tamburlaine, mais aussi Timur).

Le suédois a une transcription plus proche de l'original : Timur Lenk.

Amir TemurModifier

En Ouzbékistan, Tamerlan est appelé Amir Temur, forme qui inclut le titre d'origine arabe amir (émir).

BiographieModifier

Naissance et jeunesseModifier

 
Vestiges d'Ak Saray (1380), « le palais blanc », à Chakhrisabz, ville natale de Tamerlan.

Tamerlan naquit le , à Kech, près de Chakhrisabz, dans l'actuel Ouzbékistan[1]. Un destin d'exception lui aurait été attribué bien avant sa naissance. En effet, son père, Taragay, chef mongol, fervent musulman, à la tête du clan Barlas, qui attendait un héritier, aurait eu un rêve prémonitoire. Un ange, sous les traits d'un beau jeune homme, lui apparut, lui tendant une épée. Ce rêve fut interprété par les docteurs musulmans comme l'annonce que son fils allait « conquérir le monde à la pointe de son épée et convertir tous les hommes à l'islam[5] ». Il est également raconté que l'enfant naquit « les mains pleines de sang[6] », rappelant ainsi la naissance de Gengis Khan, telle qu'elle est contée dans l'Histoire secrète des Mongols.

Son père, Taragay, était à la tête de la tribu Barlas. Il était l'arrière-petit-fils de Karachar Noyan (en) et se distingua parmi les autres membres de son clan comme étant le premier à se convertir à l'islam[7]. Taragay aurait pu assumer les hauts rangs militaires qui lui étaient dus par héritage, mais comme son père Burkul, il préféra mener une vie retirée[7].

Sous la gouverne paternelle, l'éducation du jeune Tamerlan fit de lui à la fois un adepte des exercices virils en extérieur et un lecteur assidu du Coran[7]. Il était passionné par le jeu d'échecs, la chasse et l'équitation[8], et parlait trois langues : le turc, l'arabe et le persan[9]. À cette période, si on se fie à ses Mémoires (Malfu'at), il était d'une nature tendre et sensible[7].

Chef de guerre en TransoxianeModifier

 
Expansion maximale de l'Empire timouride, représenté en gris sur cette carte.

À seize ans, Tamerlan se mit au service de Kazgan, un émir turc qui avait assassiné le dernier khan de Djaghataï, Qazan. Montant vite en grade, il devint chef militaire sous ses ordres. Toutefois, l'assassinat de Kazgan en 1357 fit sombrer la Transoxiane dans l'anarchie et retarda ses rêves d'ascension. Réagissant à la mort de l'émir, le khan du Mogholistan, Tughlugh Timur (en) envahit la Transoxiane en 1360 et restaura temporairement l'unité du khanat. Tamerlan se déclara son vassal et se vit confier le gouvernement de Kech[10]. Il fut également nommé conseiller du nouveau gouverneur, Ilyas Khodja (en), fils du khan, en 1361[11].

Tamerlan rompit avec Tughlugh Timur en 1363 et quitta Samarcande pour rejoindre son beau-frère Husayn, roi de Balkh et petit-fils de Kazgan. Ils servirent tous les deux comme mercenaires en Perse, puis pénétrèrent en Transoxiane avec une armée et vainquirent le prince Ilyas Khodja (en) près de Samarcande. Tughlugh Timur mourut la même année et Ilyas ne parvint pas à récupérer le khanat. De fait, les Mongols étaient définitivement évincés de la Transoxiane[12].

Accession au pouvoirModifier

 
Couronnement de Tamerlan à Balkh en 1370.

Tamerlan et Husayn placèrent à la tête du khanat un souverain fantoche de la dynastie djaghataïde[12]. Associés dans un premier temps, les deux hommes rompirent leur alliance et devinrent des rivaux. Moins puissant que son rival, Tamerlan dut se réfugier quelque temps dans le Khorassan[12]. Il parvint néanmoins à retourner la situation et envahit la Bactriane avec une armée. Il assiégea la ville de Balkh, la capitale de son rival, et força ce dernier à capituler. À la fin de 1369, Husayn fut assassiné et Tamerlan, proclamé officiellement souverain à Balkh le [13], monta sur le trône à Samarcande, la capitale de ses possessions.

Tamerlan ne se décerna jamais le titre de khan, se dénommant lui-même « amir al-kabir » (« grand prince » en arabe). Il plaça sur le trône de Transoxiane un « khan fainéant »[14], Soyurgatmich, descendant de Gengis Khan, afin d'aller en conformité avec la loi mongole. Enfin, il prit pour épouse une veuve de Husayn, Saray Mulk Khanum, à qui il dédiera plus tard une mosquée. Cette veuve était la fille du khan gengiskhanide Qazan. Par conséquent, Timur devint « gendre royal », güregen en mongol ou kurgen en turc, et put se réclamer de la lignée de Gengis Khan[15].

Conquête de la PerseModifier

 
Le siège d'Ourguentch en 1379.

De 1371 à 1379, Tamerlan mena plusieurs campagnes dans le Khwarezm, qu'il soumit définitivement après le siège d'Ourguentch en 1379[16]. En 1381, il prit Herat, dans l'actuel Afghanistan, et fit abattre ses murailles[17]. Il mena ensuite une expédition dans le Khorassan oriental et dévasta le Sistan[18]. Il s'empara de Kandahar en 1383, puis d'Asterabad, dont il massacra tous les habitants, en 1384[19].

Entre 1386 et 1388, Tamerlan combattit en Perse occidentale et dans le Caucase. Il prit Tabriz en 1386, où il passa l'été, puis marcha sur la Géorgie chrétienne[20]. Il détruisit la ville de Kars, s'empara de Tbilissi, et fit prisonnier le roi Bagrat V. Après avoir hiverné dans le Qarabagh, Tamerlan fut soudainement attaqué au début de l'année 1387 par Tokhtamych, son ancien protégé[21]. Le combat, livré au nord du fleuve Koura, fut à l'avantage de Tamerlan. Contrairement à ses habitudes, Tamerlan épargna les prisonniers et accorda son pardon au khan de la Horde d'or[22]. D'après le Zafarnameh, il aurait adressé un message à Tokhtamych déclarant qu'il continuait à la « regarder comme son fils[23] ». Tamerlan poursuivit sa campagne en Arménie, dont il prit Erzurum et Van[22].

Tamerlan se dirigea ensuite sur Ispahan, se fit remettre les clés par le gouverneur mozaffaride, et campa devant la ville. La nuit suivante, un soulèvement se produisit et les précepteurs timourides furent massacrés, provoquant le courroux de Tamerlan. La population fut exterminée et la ville fut remplie de pyramides de têtes coupées[24]. La ville de Chiraz se soumit peu après, terrorisée par le sort d'Ispahan, et ses artisans furent déportés à Samarcande[25].

Tamerlan fit à nouveau campagne en Perse à partir de 1392. Il reprit Chiraz en 1393 et élimina les derniers descendants de la dynastie mozaffaride[26]. Il s'empara de Bagdad la même année, poussant le sultan mongol Ahmed Djelaïr (en) à l'exil en Égypte[27]. Il poursuivit son offensive en 1394 en Arménie occidentale et au Kurdistan. Son deuxième fils Omar Cheikh Ier (en) fut tué pendant cette campagne[28].

Guerre contre TokhtamychModifier

Tamerlan lutta pendant une dizaine d'années contre Tokhtamych qui, après avoir été un réfugié à la cour de Tamerlan, devint le chef de la Horde d'or et disputa à Tamerlan la possession du Khwarezm. Tamerlan soutint Tokhtamych lorsqu'il envahit la Russie et prit Moscou en 1382 mais, plus tard, Tokhtamych se retourna contre lui et envahit l'Azerbaïdjan en 1385. Les deux hommes s'affrontèrent à plusieurs reprises. Tokhtamych fut battu en 1389, puis en 1391 près de la rivière Kondourtcha[29]. En 1395, Tamerlan dirigea une grande expédition contre Tokhtamych et mit ses troupes en déroute le à la bataille du fleuve Térek[30]. Toutes les grandes villes du khanat furent détruites[31]. Tokhtamych s'enfuit en Sibérie, où il fut assassiné sur ordre de Shadi Beg (en) en 1406[31]. La victoire de Tamerlan mit fin à l'hégémonie de la Horde d'or en Russie[31] et profita à la principauté de Moscou[32].

Conquête de l'IndeModifier

 
Victoire contre le sultanat de Delhi en 1398.

La conquête de l'Inde par Tamerlan avait pour objectif, selon René Grousset, de mener une fructueuse expédition de pillage « dans une des terres les plus riches du monde[33] ». Le sultanat de Delhi, tombé en décadence, était alors politiquement morcelé. Ses provinces les plus riches avaient fait sécession au cours des dernières décennies[34]. La raison officielle donnée par Tamerlan fut cependant de châtier un sultanat ayant fait preuve d'une trop grande complaisance envers ses sujets non musulmans[35].

Il envoya dans un premier temps son petit-fils Pir Muhammad qui s'empara de la ville de Multan dans le Pendjab[34]. Tamerlan franchit l'Indus le , fit jonction avec les troupes de son petit-fils, et marcha en direction de Delhi. Après avoir installé son quartier général à Loni, au nord de Delhi, il fit exécuter 100 000 prisonniers[36]. Le , il remporta une victoire décisive contre l'armée du sultan Mahmûd II et entra dans Delhi. Tamerlan donna l'ordre d'épargner la population, mais celle-ci se rebella contre les réquisitions des soldats timourides. En conséquence, ces derniers pillèrent et saccagèrent la ville. Comme à l'accoutumée, des pyramides de têtes coupées furent érigées, et les artisans qualifiés furent déportés à Samarcande[37].

Dernières campagnesModifier

 
L'empire de Tamerlan.

En , trois mois après avoir quitté la capitale de Mahmûd II, Tamerlan fut de retour dans sa capitale au-delà l'Oxus (Amou-Daria). La corruption diminua drastiquement. Selon Ruy Gonzáles de Clavijo, l'ambassadeur de Castille venu à la cour de Tamerlan en 1404, quatre-vingt-dix éléphants furent employés pour transporter les pierres depuis des carrières pour lui permettre d'ériger une mosquée à Samarcande.

 
Lettre de Tamerlan à Charles VI, roi de France, pour l'engager à envoyer des marchands en Orient. Original en langue persane daté du . Archives nationales de France.

En 1400, Tamerlan porta ses efforts contre les Mamelouks en Syrie. Après avoir saccagé Alep, Homs et Baalbek, il défit le sultan Faraj devant Damas[38]. Il reconquit Bagdad en . Après la prise de la ville, vingt mille citadins furent massacrés. Tamerlan ordonna que chaque soldat revînt avec au moins deux têtes humaines à montrer. En 1402, Tamerlan envahit l'Anatolie et défit le sultan ottoman Bayezid Ier à la bataille d'Ankara[39]. L'histoire raconte que lorsque Bayezid fut amené enchainé dans la tente de Tamerlan, celui-ci éclata de rire. « Tu as tort de te moquer de moi, regarde ce qui m'est arrivé, cela pourrait aussi bien t'arriver ! » Ce à quoi Tamerlan répondit « Je ne me moque pas de toi mais de l'ironie d'Allah qui a partagé le destin du monde entre un borgne et un boiteux[40] ! »

Après que le sultan ait tenté de s'évader, Tamerlan aurait fait voyager Bayezid Ier dans une litière grillée[39],[41]. Sa femme et ses filles furent transférées dans le harem de Tamerlan. Bayezid mourut plus tard en captivité, probablement en se suicidant par empoisonnement. Selon René Grousset, « cette victoire assura à l’empire byzantin une survie inespérée d’un demi-siècle », en abattant les forces turques qui projetaient alors la prise de Constantinople[42]. Après avoir conquis Ayasoluk (Éphèse) à l'automne 1402, Tamerlan prit également Smyrne aux Hospitaliers de Rhodes et massacra ses habitants[42]. En 1403, il dévasta la Géorgie, détruisant 700 bourgs, massacrant les populations et abattant toutes les églises de Tbilissi[43].

En , Tamerlan entreprit une expédition militaire contre la Chine, mais le vieux guerrier fut attaqué par une pneumonie[44] alors qu'il campait sur les rives du Syr-Daria et mourut à Otrar à la mi-[7].

Markham, dans son introduction aux récits de l'ambassade de Clavijo, raconte que son corps « fut embaumé à l'aide de musc et d'eau de rose, entouré dans du linge, couché dans un cercueil d'ébène et envoyé à Samarcande où il fut enterré[7] ». Il repose au Gour Emir à Samarcande, dans l'actuel Ouzbékistan.

Conquérant, qui transporta ses armées victorieuses, d'un côté de l'Irtych et de la Volga jusqu'au golfe Persique et de l'autre côté de l'Hellespont (donc des Dardanelles à l'Est de l'Asie mineure) jusqu'au Gange, Tamerlan fut d'une dureté extrême. Selon René Grousset, « il représente la synthèse — qui manquait sans doute à l'histoire — de la barbarie mongole et du fanatisme musulman, et cette étape supérieure du besoin ancestral de meurtre qu'est le meurtre perpétré au service d'une idéologie abstraite, par devoir et mission sacrée[43]. »

Selon Gabriel Martinez-Gros, « son souci est d'éviter la naissance de formes impériales rivales » et pour cela il pratique « une sorte d'extermination préventive » dans les territoires qu'il juge non-tenables[45].

SuccessionModifier

L'immense empire de Tamerlan ne lui survécut guère. En effet, il ne se soucia jamais d'efficacité politique dans les territoires qu'il conquit et ne créa jamais d'administration. Il désigna son petit-fils Pir Muhammad, fils de Djahangir, comme successeur. Il avait prévu d'attribuer à chacun de ses descendants un fief sous l'autorité suprême de Pir Muhammad, mais cela aboutit à un morcellement de l'empire[46] :

Mariages et descendanceModifier

Tamerlan eut 18 épouses et de nombreuses concubines. Les fils de Tamerlan sont Djahangir (en) (mort en 1376), Omar Cheikh Ier (en) (mort en 1394), Miran Shah (devenu fou, mort en 1408) et Shahrokh. Trois autres fils sont morts en bas âge.

ÉpousesModifier

  1. Turmush Agha, mère de deux fils et une fille :
    • premier fils : Djahangir, (1356 - 1376)
    • première fille : Aka Biki Taghay Shah, morte en 1381 épouse Muhammad Beg Taychiyut, mère de
      • Sultan Husayn, (1380 - 1405); marié à Qutluq Sultan, fille de Miran Shah et de Urun sultan
    • cinquième fils : Jahanshah, (1367 - mort jeune)
  2. Uljay Tarkan Agha, (morte en 1366) ; fille de Amir Musla Qaraunas ; mère de deux filles :
    • seconde fille : Sultan Bakht Agha, (morte en 1430) ; épouse Muhammad Mirke Arpadi puis Sulayman Shah Dughlat
    • troisième fille : Saadat Sultan, morte jeune
  3. Saray Malik Khanum, mariée 1370/1371 morte après 1405, fille de Qazan Sultan Khan Chaghatay
  4. Ulus Agha, fille de Buyan Sulduz, mariée en 1370/1371
  5. Islam Agha, fille de Khizr Yasavuri, mariée en 1370/1371
  6. Dil Shad Agha, mariée en 1375, morte en 1383, fille de Shams al Din Dughlat ; mère de deux filles :
    • quatrième fille : Saadat Sultan
    • cinquième fille : morte jeune
  7. Tuman Agha, fille de Musa Taychiyut, mariée en 1378 (puis au Djalayir Shaykh Nur al Din)
  8. Tukal Khanum, fille de Khizr Khwaja Khan Chaghatay, mariée en 1397
  9. Tughdi Bega, fille de Aq Sufi Qunqirat
  10. Daulat Tarkhan Agha
  11. Burhan Agha
  12. Sultan Agha, mère d'un fils :
    • sixième fils : mort à 40 jours
  13. Janibeg Agha
  14. Munduz Agha
  15. Chulpan Malik Agha : fille de haji Beg Arkanut
  16. Bakht Sultan Agha
  17. Sultan Ara Agha Nukuz
  18. Nuruz Agha

ConcubinesModifier

  1. Tulun Agha, mère de
    • deuxième fils : Omar Cheikh Ier
  2. Minglijak Khatun, fille de Hayut Jauni Qurbani, mère de
    • troisième fils : Miran Shah
    • sixième fils : Bikijan, mort à 1 an
  3. Taghay Tarkhan Agha Qarakhitay, mère de
    • quatrième fils : Shahrokh
    • septième fille : Qutlugh Sultan Agha
  4. Khan Malik Tuqmaq, mère de
    • septième fils : Ibrahim, (1384 - 1385)
  5. Qatughan, mère de
    • huitième fille : morte jeune
  6. X, mère de
    • neuvième fille

PostéritéModifier

 
Statue équestre de Tamerlan à Tachkent, en Ouzbékistan.

Familièrement, en français, un tamerlan est un homme aux allures guerrières ou conquérantes[48].

Contribution aux artsModifier

Tamerlan est connu comme un protecteur des arts. La plus grande partie de l'architecture qu'il a commissionnée est encore visible à Samarcande. Selon la légende, Omar Aqta, le calligraphe de la cour de Tamerlan, transcrivit le coran avec des lettres si petites que le texte entier du livre tenait sur un sceau. Il est également dit qu'Omar avait créé un Coran tellement grand qu'une brouette était nécessaire pour le transporter. Des feuilles de ce qui était probablement ce grand Coran ont été trouvées, écrites avec des lettres d'or sur des pages énormes.

HistoriographieModifier

Au cœur de Tachkent, le musée d'État sur l'histoire des Timourides (appelé couramment musée Amir Temur) a été inauguré en 1996 à l'occasion du 660e anniversaire de la naissance de Tamerlan. Le musée, établi dans un nouveau bâtiment de style architectural ouzbèke, présente une collection permanente de 1 700 pièces, bijoux, armes, équipement militaires, instruments musicaux ainsi que des effets personnels de Tamerlan, de Babur et d'Ulugh Beg. Les expositions, centrées sur l'esprit timouride, contiennent aussi de nombreuses informations sur la société et la culture au Moyen Âge en Asie centrale.

Tamerlan dans les arts et la cultureModifier

 
Une minature de Behzad (XVe siècle).
 
La cage de Tamerlan.

1.f3+ gxf3 (coup forcé) 2.exd3+ cxd3 (2ème coup forcé) 3.Ff5+ exf5 (3ème coup forcé) 4.Te6+ dxe6 (4ème coup forcé) 5.Td4+ cxd4 (5ème coup forcé) 6.a8=D+ Fd5 (6ème coup forcé) 7.Daxd5+ exd5 (7ème coup forcé) 8.Cf6+ gxf6 (8ème coup forcé) 9.De5+ fxe5 (9ème coup forcé) 10.Cd6#

MonumentsModifier

En Ouzbékistan, trois statues monumentales représentant Tamerlan sont érigées dans des lieux publics :

  • à Chakhrisabz, statufié en pied devant les ruines de son palais ;
  • à Tachkent, au square Amir Timur, à cheval ;
  • à Samarcande, il est représenté assis sur son trône.

Exhumation et malédiction supposéeModifier

 
Mausolée Gour Emir à Samarcande abritant la tombe de Tamerlan.

Le corps de Tamerlan a été exhumé en 1941 par le médecin légiste russe Mikhaïl Guerassimov. Le scientifique trouva que les caractéristiques faciales de Tamerlan étaient conformes à des traits mongols, appuyant l'idée qu'il était un descendant de Gengis Khan. Guerassimov a été capable de reconstituer l'apparence de Tamerlan à partir de son crâne. Il mesurait 1,72 mètre, ce qui est grand pour son époque. L'étude a également confirmé qu'il boitait.

Selon la légende, une malédiction pèse sur le tombeau de Tamerlan ; une inscription gravée avertit « Lorsque je reviendrai à la lumière du jour, le monde tremblera ». Il se trouve que deux jours après l'exhumation du corps de Tamerlan par Guerassimov, Hitler lança l'opération Barbarossa contre l'URSS[49]. Mikhail Guerassimov est ainsi considéré par plusieurs habitants des États d'Asie centrale de l'URSS comme étant le responsable du déclenchement de la Grande Guerre patriotique pour avoir ouvert le tombeau du chef mongol[50][source insuffisante], cependant les proches de Guerassimov prétendent que cette histoire est une fabrication. Le corps de Tamerlan a été à nouveau déposé dans sa tombe au Gour Emir, en suivant les rites islamiques, en , juste avant la victoire soviétique à Stalingrad.

BibliographieModifier

SourcesModifier

Sources orientales
 
La conquête de Bagdad. Illustration du Zafarnameh (XVe siècle).

Les biographes généralement reconnus de Tamerlan sont :

  • Sharaf ad-Din Ali Yazdi (c'est-à-dire Sharafaddin de Yazd), auteur en persan du Zafarnameh, traduit pour la première fois en français en 1722 par Pétis de la Croix, et du français à l'anglais par J. Darby l'année suivante.
  • Ahmed ibis Mohammed ibn Abdallah al-Dimashici al-Ajrani, communément appelé Ahmed Ibn Arabshah (« arab shah » signifie « empereur des Arabes ») auteur en arabe de Afaibu al-Makhlnkat, traduit par l'orientaliste danois Colitis en 1636.

Dans le travail du premier, « le conquérant tartare est représenté comme étant libéral, bienveillant et un prince illustre », comme le remarque Sir William Jones ; alors que, dans le travail du second, il est « déformé et impie, d'une basse extraction et de principes détestables ». Mais la version favorable a été écrite sous la supervision personnelle du petit-fils de Tamerlan, Ibrahim, alors que l'autre version a été la production de son pire ennemi.

Ibn Khaldoun a également tenu des chroniques sur Tamerlan, établies cependant sur ordre de ce dernier et sous sa supervision directe[51],[52]. Il a rencontré Tamerlan pendant le siège de Damas et a négocié la reddition de la ville ()[53].

Le Zafarnameh de Nizam Shami est la biographie la plus ancienne connue de Tamerlan, et la seule écrite de son vivant. Continuée par Hafiz-i Abru, elle fut une inspiration majeure du Zafarnameh de Sharaf ad-Din Ali Yazdi[54]. Un manuscrit perse de 1495, la biographie prétendue de Tamerlan, le Tuzuk-i Temur, est une fabrication plus tardive, bien que la plupart des faits historiques soient justes.

Sources occidentales
  • Ruy Gonzáles de Clavijo (trad. Lucien Kehren), La route de Samarkand au temps de Tamerlan, Relation du voyage de l'ambassade de Castille à la cour de Timour Beg par Ruy Gonzalez De Clavijo (1403-1406), Paris, Imprimerie nationale,
  • Jean de Soltanieh (trad. Texte traduit en français moderne, présenté et annoté par Jean-François Kosta-Théfaine), La Vie et la cour de Tamerlan. Recit de son ambassadeur auprès de Charles VI en 1403, Cartouche,

Ouvrages modernesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Grousset 1965, p. 486.
  2. Tamerlan est un Turc qui revendique une ascendance mongole. Dans l'Histoire secrète des Mongols, sa tribu, les Barlas est présentée comme lointainement apparentée à Gengis Khan.
  3. Jean-Paul Roux, Tamerlan, Fayard, , 386 p., « En s'en tenant aux estimations les plus basses, les guerres timourides auraient fait plus d'un million de victimes. ».
  4. (en) « The Rehabilitation Of Tamerlane », Chicago Tribune,‎ (lire en ligne)

    « Des savants indépendants pointent […] un nombre de morts allant jusqu'à 17 millions. »

  5. Léomy 1996, p. 15.
  6. Champdor 1942, p. 17.
  7. a b c d e et f (en) « Timūr », Encyclopædia Britannica, 1911.
  8. Champdor 1942, p. 24.
  9. Alphonse de Lamartine, Les grands hommes de l'Orient, Paris, 1865, p. 181.
  10. Grousset 1965, p. 487.
  11. Grousset 1965, p. 488.
  12. a b et c Grousset 1965, p. 489.
  13. Grousset 1965, p. 493.
  14. Alfred de Montesquiou, La Route de la Soie, Paris, Le Chêne/Hachette Livre, , 318 p. (ISBN 978-2-8123-1690-6), page 160
  15. Blin 2021, p. 601.
  16. Grousset 1965, p. 498-499.
  17. Grousset 1965, p. 505.
  18. Grousset 1965, p. 506-507.
  19. Grousset 1965, p. 507-508.
  20. Grousset 1965, p. 508.
  21. Michel Heller : Histoire de la Russie et de son Empire, chap.III, 2015, Éd. Tempus Perrin, (ISBN 978-2262051631)
  22. a et b Grousset 1965, p. 509.
  23. Grousset 1965, p. 517.
  24. Grousset 1965, p. 510.
  25. Grousset 1965, p. 511.
  26. Grousset 1965, p. 511-512.
  27. Blin 2021, p. 616.
  28. Grousset 1965, p. 512.
  29. Blin 2021, p. 613-615.
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  53. Ibn Khaldoun (trad. Abdesselam Cheddadi), Le livre des exemples, vol. I, Gallimard, , « Autobiographie / Rencontre avec Tamerlan, sultan des Mongols et des Tatars », p. 232-241.
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