Empire timouride

Empire timouride
(fa) تیموریان
(tr) Teymouriān

13701507

Drapeau
Devise راستى رستى
Rāstī rastī
"Dans la rectitude réside le salut"[1]
Description de cette image, également commentée ci-après
L'Empire à la mort de Tamerlan.
Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Samarcande (1370 - 1405)
Hérat (1405 - 1507)
Langue(s) Persan (langue officielle et de la cour, faisant office de lingua franca)
Tchaghataï
Religion Islam sunnite (jurisprudence hanafite)
Monnaie Dinar
Superficie
Superficie (1405) 4 400 000 km2[2],[3]
Histoire et événements
1363 Lancement des conquêtes à partir de Kesh
Tamerlan est proclamé souverain à Balkh
Bataille d'Ankara
1405 Extension maximale de l'empire de Tamerlan à sa mort
1469 Les Moutons Blancs s'emparent de l'Ouest du territoire
1507 Les Chaybanides renversent les Timourides
Grands émirs
(1er) 1370-1405 Tamerlan
(Der) 1506-1507 Badi az-Zaman

Les Timurides ou Timourides (en persan : تیموریان, Teymouriān en turc Timurlular) sont les descendants de Tamerlan (ou Timur Leng, Timur le boiteux) qui, malgré des luttes intestines et extérieures, gouvernèrent l'Empire timouride de 1405 à 1507, date à laquelle il tomba aux mains des Ouzbeks de la dynastie des Chaybanides, descendants de Gengis Khan. Comme leur ancêtre, ils portaient le titre de grand émir.

HistoireModifier

TamerlanModifier

Tamerlan est connu pour une série de raids et de conquêtes qui le mit à la tête d'un immense territoire comprenant la plus grande partie de l'Asie centrale et de l'Iran actuel. Parmi les raids et les conquêtes de Tamerlan, on peut mentionner le pillage de Delhi en 1398, alors siège du puissant et prospère sultanat de Delhi, ainsi que la victoire sur l'Empire ottoman en 1402.

Les quatre fils de Tamerlan furent : Djahangir (mort en 1376), Omar Cheikh Ier (mort en 1391), Miran Shah (devenu fou, mort en 1408) et Shahrokh.

L'empire fondé par Tamerlan ne survécut que peu de temps à la mort de son fondateur. Ses successeurs durent faire face à de nombreuses révoltes dans les territoires conquis. Ils peuvent néanmoins faire figure de souverains éclairés, dont l'intérêt pour les sciences et les arts conduisirent à une brève éclosion culturelle au cours du XVe siècle, la Renaissance timouride.

Renaissance timourideModifier

Ils initièrent une ère artistique et culturelle brillante appelée Renaissance timouride, dont les deux phares furent Hérat et Samarcande. Trois personnalités remarquables furent :

Un déclin rapideModifier

L'empire timouride, rapidement menacé par les invasions répétées des Ouzbeks, doit leur céder beaucoup de territoires. De plus, à la mort d'Ulugh Beg, le dernier véritable émir timouride, ses successeurs se partagent le territoire et réclament tour à tour l'empire, mettant un terme à son unité et à sa puissance. L'empire ne survit pas à cette guerre civile et s'efface devant les Séfévides comme puissance dominante dans la région.

Liste des souverains de la dynastie timourideModifier

Les Timourides de Transoxiane (Samarcande)Modifier

Liste des souverains timourides de Samarcande[4]
Portrait Nom Règne Remarques
  Tamerlan
(9 avril 1336 – 17/19 février 1405)
1370 – 1405 Éponyme et fondateur de la dynastie.
Pir Muhammad
(vers 1374 – 22 février 1407)
1405 – 1407 Fils de Djahangir (mort en 1376), le fils aîné de Tamerlan, qui le choisit pour successeur[5]. Il meurt assassiné.
  Khalil Sultan
(1384 – 4 novembre 1411)
1405 – 1409 Fils de Miran Shah, le troisième fils de Tamerlan. À la mort de son grand-père, il prend le contrôle de Samarcande où il règne jusqu'à sa déposition par Chahrokh. Celui-ci le nomme gouverneur de Ray, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort.
  Chahrokh
(21 juillet 1377 – 13 mars 1447)
1405 – 1447 Quatrième fils de Tamerlan. À la mort de son père, il prend le contrôle du Khorassan, puis évince progressivement les autres prétendants au trône et garde Hérat pour capitale.
  Ulugh Beg
(22 mars 1394 – 27 octobre 1449)
1447 – 1449 Fils de Chahrokh, il ramène sa capitale à Samarcande. Il meurt assassiné sur l'ordre de son fils Abd ul-Latif.
Abd ul-Latif
(1420 – 9 mai 1450)
1449 – 1450 Fils d'Ulugh Beg. Arrivé au pouvoir en faisant tuer son père, il est à son tour assassiné quelques mois plus tard.
Abd Allah
(après 1410 – juin 1451)
1450 – 1451 Fils d'Ibrahim Sultan et petit-fils de Chahrokh.
  Abou Saïd
(1424 – 8 février 1469)
1451 – 1469 Fils de Muhammad Mirza et petit-fils de Miran Shah. Il reprend le contrôle du Khorassan en 1459.
Sultan Ahmed
(1451 – 1494)
1469 – 1494 Fils d'Abou Saïd.
Sultan Mahmud
(1453 – 1495)
1494 – 1495 Fils d'Abou Saïd.
Massud, Baysunghur et Ali 1495 – 1500 Fils de Mahmud, ces trois frères se disputent la Transoxiane jusqu'à sa conquête par le khan ouzbek Mohammad Chaybani.

Les Timourides du Khorassan (Herat)Modifier

Liste des souverains timourides de Herat[4]
Portrait Nom Règne Remarques
Babur
(1422 – 1457)
1449 – 1457 Fils de Baysunghur et petit-fils de Chahrokh, il prend le contrôle du Khorassan à la mort d'Ulugh Beg.
Shah Mahmud
(vers 1446 – ?)
1457 Fils de Babur, il est chassé du pouvoir par son cousin Ibrahim Mirza.
Ibrahim
(1440 – 1459)
1457 – 1459 Fils d'Ala al-Dawla Mirza et petit-fils de Baysunghur, il s'empare de Herat au détriment de son cousin Shah Mahmud. Il est vaincu et chassé à son tour par Abou Saïd, le Timouride de Samarcande.
  Abou Saïd
(1424 – 8 février 1469)
1459 – 1469 Fils de Muhammad Mirza et petit-fils de Miran Shah, il règne à Samarcande depuis 1451.
  Husayn Bayqara
(1438 – 1506)
1469 – 1506 Fils de Mansur Mirza et petit-fils d'Omar Cheikh, le deuxième fils de Tamerlan.
Yadgar Muhammad 1470 Fils de Sultan Muhammad et petit-fils de Baysunghur, il est proclamé sultan par Ouzoun Hassan de la confédération Aq Qoyunlu, mais il est incapable de s'imposer et finit exécuté.
Badi az-Zaman et Muzaffar Hussein 1506 – 1507 Fils de Husayn Bayqara, ces deux frères règnent ensemble sur le Khorassan jusqu'à sa conquête par Mohammad Chaybani. Badi az-Zaman meurt en exil en 1517.

Arbre généalogiqueModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) Maria E. Subtelny, Timurids in transition : Turko-Persian politics and acculturation in medieval Iran, Leiden, Brill, , 411 p. (ISBN 978-90-04-16031-6, lire en ligne sur Google Livres), p. 260
  2. Peter Turchin, Jonathan M. Adams et Thomas D Hall, « East-West Orientation of Historical Empires », Journal of World-systems Research, vol. 12, no 2,‎ , p. 222 (ISSN 1076-156X, lire en ligne, consulté le )
  3. Rein Taagepera, « Expansion and Contraction Patterns of Large Polities: Context for Russia », International Studies Quarterly, vol. 41, no 3,‎ , p. 500 (DOI 10.1111/0020-8833.00053, JSTOR 2600793)
  4. a et b Bosworth 2012, no 144.
  5. René Grousset, L'empire des steppes. (lire en ligne), « La succession de Tamerlan. Règne de Châh Rokh. », p. 569

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • (en) Clifford Edmund Bosworth, The New Islamic Dynasties : A Chronological and Genealogical Manual, Edinburgh University Press, (1re éd. 1996) (ISBN 9780748696482)
    Traduction française : C. E. Bosworth, Les dynasties musulmanes, trad. Y. Thoraval, Éditions Actes Sud, coll. « Sinbad », 1996 (ISBN 2-7427-0713-1).
  • René Grousset, Histoire de l'Asie, Paris, Les Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 1941 et 1944, 128 p. (présentation en ligne, lire en ligne)
  • René Grousset, L'empire des steppes. Attila, Gengis-khan, Tamerlan, Paris, Payot, (1re éd. 1938), 620 p. (présentation en ligne, lire en ligne)
  • (en) Peter Jackson et Laurence Lockhart (dir.), The Cambridge History of Iran : Volume 6 The Timurid and Safavid Periods, Cambridge, Cambridge University Press, .
  • (en) Beatrice Manz, Power, Politics and Religion in Timurid Iran, Cambridge, Cambridge University Press,
  • (en) Maria E. Subtelny, Timurids in Transition : Turko-Persian Politics and Acculturation in Medieval Iran, Leyde, Brill,