Ouvrir le menu principal

Dynastie Yuan

dynastie mongole fondé par Khubilai Khan et gouvernant la Chine au XIIIe et XIVe siècles

Idéogrammes chinois Cette page contient des caractères chinois. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.
Dynastie Yuan
元朝 (zh)
Их Юань улс (Их Юань улс.PNG Dai Ön Ulus) (mn)

1234/1279-1368

Drapeau
Description de cette image, également commentée ci-après
Le territoire de la dynastie Yuan vers 1294
Description de cette image, également commentée ci-après
Les provinces de la dynastie Yuan en 1330
Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Dadu(Pékin)
Shangdu (capitale d'été)
Langue Mongol (Moyen mongol (en)), chinois
Religion Bouddhisme (le Bouddhisme tibétain est de facto la Religion d'État), Tengrisme Mongol/Bureaucratie céleste Chinoise, Chamanisme, Taoïsme, Confucianisme, Religion traditionnelle chinoise, Nestorianisme, Catholicisme, Judaïsme, Manichéisme, Islam, Légisme
Monnaie Usage prédominant des Billet de banque (Chao (en)), associé a un usage plus restreint des pièces de monnaie (Sapèque)
Démographie
Population 1290 77 000 000 hab
1293 79 816 000 hab
1330[1] 83 873 000 hab
1350 87 147 000 hab
Superficie
Superficie 1310[2] 11,000,000 km2
1330[1] 13,720,000 km2
Histoire et événements
1234 Conquête de la Chine du Nord par Ögedeï
1260 Début du règne de Kubilai Khan
1271 Proclamation de la dynastie Yuan par Kubilaï Khan[3]
1279 Chute de la dynastie Song (Chine du Sud)
13511368 Révolte des Turbans rouges
1368 Togoontomor s'enfuit de Khanbaliq pour se réfugier en Mongolie ou il fonde la Dynastie Yuan du Nord.
Zhu Yuanzhang prend le pouvoir en Chine début de la dynastie Ming
Empereurs
(1er) 12711294 Kubilai Khan
(2e) 12941307 Témur Khan
(3e) 13071311 Külüg Khan
(4e) 13111320 Buyantu Khan (en)
(5e) 13201323 Gegeen Khan
(6e) 13231328 Yisüntemür
(7e) oct. 1328 — nov. 1328 Razibaγ
(8e) 1329 — avr. 1329 Tövtömör Khan
(9e) fév. 1329 — aoû. 1329 küsele Qayan (Khutagt Khaan)
(10e) sep. 1329 — sep. 1332 Tövtömör Khan
(Der) 13331368 Togoontomor

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La dynastie Yuan (chinois :  ; pinyin : Yuán Cháo), officiellement le Grand Yuan[4] (chinois :  ; pinyin : Dà Yuán; Moyen mongol (en): ᠳᠠᠢ
ᠦᠨ
ᠦᠯᠦᠰ
, Dai Ön Ulus, littéralement "Grand État Yuan[5])", est une dynastie mongole fondée par Kubilai Khan, le chef du clan des Bordjiguines, qui règne sur la Chine de 1279 à 1368. Elle vient à la suite de la dynastie Song, qui avait régné sur la Chine entre 960 et 1127, puis sur la Chine du Sud entre 1127 et 1279, et précède la dynastie Ming. Bien que les Mongols aient régné pendant des décennies sur des territoires incluant la Chine du Nord, ce n'est qu'en 1271 que Kubilai Khan proclame officiellement la fondation de sa dynastie dans en suivant la tradition chinoise[6], et la conquête de la totalité Chine n'est achevée qu'en 1279. Son royaume est, à ce moment-là, isolé des autres Khanats et contrôle la plus grande partie de la Chine moderne et de ses environs, y compris le territoire qui correspond actuellement à la Mongolie[7]. C'est la première dynastie non-chinoise à gouverner toute la Chine et elle dure jusqu'en 1368, date à laquelle la nouvellement fondée dynastie Ming chasse les empereurs Mongols de Chine, ce qui oblige les Gengiskhanides à se replier dans leur patrie mongole, ou ils fondent la dynastie Yuan du Nord[8]. Si certains empereurs Mongols Yuan maîtrisent la langue chinoise, d'autres n'utilisaient que leur langue maternelle, le mongol, et l'Écriture phagpa[9].

Même si la dynastie Yuan est avant tout le khanat fondé et dirigé par les successeurs de Möngke Khan après la division de l'Empire mongol, dans l'histoire officielle chinoise elle est considérée comme étant une dynastie ayant reçue le Mandat du Ciel. Même si elle a été établie par Kubilai Khan, ce dernier a inscrit son grand-père Gengis Khan sur les documents impériaux en tant que fondateur officiel de la dynastie, sous le nom posthume "Taizu".[10]. Dans son Édit pour Établir le Nom de l'État[3], Kubilaï a annoncé que le nom de la nouvelle dynastie était "Grand Yuan" et c'est posé en successeur des anciennes dynasties chinoise depuis l'époque des Trois augustes et cinq empereurs jusqu’à la dynastie Tang[3].

En plus de celui d'empereur de Chine, Kubilai Khan revendique également le titre de Khagan, ce qui lui donne théoriquement la suprêmatie sur les autres Khanats ayant succédé à l'Empire mongol, à savoir le Khanat de Djaghataï, la Horde d'or et l'Ilkhanat. En tant que tel, le Yuan est aussi parfois appelé l'Empire du Grand Khan. Cependant, si les prétentions à la suprématie des empereurs Yuans sont parfois reconnue par les khan occidentaux, leur soumission est purement nominale et chacun poursuit son propre chemin[11],[12].

Sommaire

Datation du début de la dynastie YuanModifier

 
Wang Mian, 1287 1359. Branche de prunier en fleur. Rouleau vertical, encre sur papier, 1 355,68 × 26 cm, Musée de Shanghai

Bien que la date de 1271 soit celle de la proclamation par Kubilaï Khan du début de la dynastie, on trouve des documents chinois datés des « années de Yuan Shizu » (元世祖, Kubilaï) antérieures à 1271.

Plusieurs autres dates sont donc proposées pour le commencement de la dynastie :

  • 1206, année où, avant de partir à la conquête de la Chine, Temüdjin est élu grand khan des Mongols sous le nom de Gengis Khan.
  • 1234, année où Ögödei Khan, fils de Gengis Khan, conquiert l'empire Jin qui dirige le nord de la Chine.
  • 1260, année du début du règne de Kubilai Khan successeur de Möngke.
  • 1276, année de la réunification de la Chine par la reddition de l'impératrice Song dans sa capitale Hangzhou, et date de la remise à Kubilai du Grand Sceau d'empire.
  • Certains choisissent même 1279, date de la reddition des derniers Song et de l'achèvement de la conquête de la Chine du sud par Kubilai.

NomModifier

En 1271, Kubilai Khan impose le nom Grand Yuan (chinois : 大元 ; pinyin : Dà Yuán ; Wade : Ta-Yüan), fondant ainsi la dynastie Yuan[4]. "Dà Yuán" (大元) vient de la clause "大哉乾元" (pinyin : dà zāi Qián Yuán ; littéralement : « Grand est Qián, le Primordial ») dans la section Commentaires (en) du Classique des changements[13], sur le premier hexagramme Qián ()[3]. Le pendant en langue mongole est Dai Ön Ulus, également rendu en Ikh Yuan Üls ou Yekhe Yuan Ulus. En Mongol, Dai Ön (translittération en Moyen mongol (en) du Chinois "Dà Yuán") est souvent utilisé en conjonction avec Yeke Mongghul Ulus (lit. "Grand État Mongol"), ce qui donne ᠳᠠᠢ
ᠦᠨ
ᠶᠡᠬᠡ
ᠮᠣᠩᠭᠣᠯ
ᠦᠯᠦᠰ
(Dai Ön Yeqe Mongɣul Ulus)[14], soit "Grand Yuan Grand État Mongol".

La dynastie Yuan est également connue par les occidentaux comme étant la "dynastie Mongole[15] " ou la "Dynastie Mongole de la Chine[16]", tout comme la dynastie Qing est aussi appelé en occident la "Dynastie Mandchoue[17]" ou la "Dynastie Mandchoue de la Chine[18]". Le Yuan est parfois aussi connu sous le nom d'"Empire du Grand Khan" ou de "Khanat du Grand Khan[19]" qui est présent sur certaines cartes Yuan, puisque les Empereurs Yuan portent le titre de Khagan (Grand Khan), même s'il est purement nominal. Néanmoins, les deux termes peuvent aussi se référer au Khanat de l'époque de l'Empire mongol directement gouverné par les Grands Khans avant l'établissement effectif de la dynastie Yuan par Kubilai Khan en 1271.

HistoireModifier

Sources historiquesModifier

Le Yuan Shi est un ouvrage composé des annales de la Dynastie Yuan écrit en 1370 sous la direction de Song Lian (宋濂). Il est une des bases de référence historique sur la dynastie. Le voyage de Marco Polo en Chine s'est également déroulé sous cette dynastie, donnant une vision plus européenne de celle-ci. Les invasions mongoles du Japon sont également le fait de cette dynastie, cela a permis de conserver différents objets de cette période au Japon, moins dépendant des querelles internes de la Chine et d'obtenir une vision japonaise de cette dynastie.

Les Mongols et la Chine avant Kubilai KhanModifier

Gengis Khan (1206 - 1227)Modifier

Article détaillé : Gengis Khan.

Temüjin, un chef de clan Mongol, réussit à unifier sous son commandement toutes les tribus Mongoles. En 1206, un Qurultay[20], lui décerne le titre de Khagan, soit "Grand Khan" ou "Khan des Khan", reconnaissant ainsi sa suprématie sur les autres chefs Mongols[21]. Il prend alors le titre de Gengis Khan[21], et entreprend la conquête des royaumes voisin, marquant ainsi le début de l'expansion de l'Empire mongol.

Entre 1203 et 1209, soit avant même la fin de l'unification du peuple Mongol, il lance ses trois premières campagnes contre les Xia occidentaux, des Tangoutes qui contrôlent le nord-ouest de la Chine. Vaincu, l'empereur des Xia devient le vassal des Mongols et promet d'associer ses troupes à celles du Khan en cas de besoin[22].

Cette occasion arrive vite, car quelques années plus tard, Gengis Khan s'attaque aux Jürchens de la Dynastie Jin, qui contrôlent le nord et le nord-̈est de la Chine. La première bataille importante entre les Mongols et les Jürchen est la bataille de Yehuling, qui a lieu en 1211. De cette date à 1215, les Mongols ravagent la Chine du Nord et s'emparent de la Mandchourie, la terre natale des Jurchens. Au final, les Jin perdent la moitié nord de leur empire et se retrouvent coincé entre deux ennemis ː les Mongols au nord et la dynastie chinoise des Song au sud.

Entre 1216 et 1221, les Jin bénéficient d'un répit relatif, Gengis Khan étant occupé à l'ouest par la conquête des Kara-Khitans et de l'empire Khorezmien. Quand il revient en Chine, c'est pour attaquer à nouveau les Xia occidentaux, qui se sont révolté contre les Mongols. Il meurt le 18 août 1227 pendant le siège de Xingqing, la capitale des Xia.

Ögedeï (1228 — 1241)Modifier

Article détaillé : Ögedeï.

C'est Ögedeï, le troisième fils de Gengis Khan, qui succède à son père et devient Grand Khan. Son premier acte et d'achever la campagne contre les Xia lancée par son père ː leur capitale tombe et le royaume Tangoute est rayé de la carte avant la fin de l'année.

En 1231, les Mongols envahissent le royaume de Goryeo, le roi signe sa reddition en 1232 et un général représentant l'empereur mongol s'installe à Kaesong, la capitale. Le chef du gouvernement Choe U (en) fuit sur l'île de Kanghwa la même année et demande à la population de résister. Lorsque le général mongol meurt, une seconde invasion est déclenchée.

Toujours en 1231, Ögedeï relance la guerre contre la Dynastie Jin qui, entre temps, a usée ses dernières forces dans une guerre inutile contre la dynastie Song. Le conflit s’arrête en 1234, avec la chute de Kaifeng, la dernière capitale des Jin et la disparition de la dynastie Jurchen[23]. Pendant la guerre, Ögedei offre à son neveu Kubilai un poste à Xingzhou, au Hebei. Kubilai ne sait pas lire le chinois, mais sa mère Sorghaghtani lui a attache les services de plusieurs professeurs Han dès son plus jeune âge. À son nouveau poste, il demande l'avis de conseillers bouddhistes et confucéens chinois[24].

Kubilai n'est pas le seul a s'entourer de conseillers chinois, car de nombreux chinois et Khitan ont fait défection au profit des Mongols pour combattre les Jin depuis le début de la guerre. Ainsi, deux chefs chinois, Shi Tianze et Liu Heima (劉黑馬, alias Liu Ni)[25],[26],[27],[28], et le chef Khitan Xiao Zhala (蕭札剌) font défection et reçoivent le commandement de 3 Tümens dans l'armée Mongole[29],[30],[31],[32], et ce, pendant le règne d'Ogedei[33]. Il y a en tout 4 Tümens Han (chinois) et 3 Tümens Khitan au sein de l'armée mongole, chaque Tümen étant une division forte de 10 000 soldats. À l'époque d'Ögedei, Les Tümens Khitan sont sous les ordres des généraux Shimobeidier (石抹孛迭兒), Tabuyir (塔不已兒), et Zhongxi, le fils de Xiaozhacizhizi (蕭札刺之子重喜). Pour ce qui est des Tümens Han, ils sont commandé par les généraux Zhang Rou, Yan Shi, Shi Tianze et Liu Heima[34].

Pendant son règne, le second Kaghan lance également la troisième invasion du royaume de Goryeo, ainsi que le début de l'invasion de la Chine du Sud de la Dynastie Song. En dehors de la Chine, il organise également des expéditions militaires vers le Moyen-Orient et l'Europe.

Ögedeï meurt subitement le 11 décembre 1241, pendant une partie de chasse. Sa veuve Töregene assume la régence de 1241 à 1246, date de l'élection de leur fils Güyük, qui règne pendant deux ans. C'est ensuite au tour de Möngke, un autre petit-fils de Gengis Khan de prendre les rênes du pouvoir.

Möngke (1251 — 1259) et sa successionModifier

Article détaillé : Möngke.

Möngke succède a Güyük en 1251[35]. Une fois au pouvoir, il confie à son frère Kubilai la gestion des territoires Mongols en Chine[36]. Ce dernier fait construire des écoles pour former des érudits confucéens, émet des billets de banque, relancé les rituels chinois et approuvé des politiques qui stimulent la croissance agricole et commerciale[37]. Kubilai choisit comme capitale la ville de Kaiping en Mongolie intérieure, qui sera renommée plus tard Shangdu[38]. Il confie la rénovation de sa nouvelle capitale à Liu Binzhong, un ancien moine Chan aux talents d'ingénieur.

Pour ce qui est de sa politique extérieure, Möngke poursuit la politique d'expansion territoriale de ses prédécesseurs. Ainsi, en 1253, les Mongols prennent le contrôle du Tibet[39] et en 1254, une quatrième invasion de la Corée est lancée. Mais cela ne suffit pas pour mater le Goryeo et Möngke doit lancer une cinquième et une sixième campagne avant que le roi de Goryeo ne finisse par se rendre aux Mongols en 1258.

Le quatrième Kaghan poursuit la guerre contre la dynastie Song initiée par Ögedeï[40], au prix d'un déploiement de forces considérable ː l'armée mongole qui envahit le sud de la Chine est beaucoup plus importante que celle envoyé pour envahir le Moyen-Orient en 1256[41]. Lorsqu'il part aider Kubilai dans la guerre contre les Song, Möngke charge son jeune frère Ariq Boqa d'administrer le centre de l'empire et Karakorum. Aussi, lorsque Möngke meurt au Sichuan en 1259, sans avoir désigné de successeur[42], Ariq convoque un Qurultay a Karakoroum, qui le désigne Kaghan[43][44]. Mais Kubilai, qui vise également le trône, convoque également un Qurultay, à Kaiping, sa capitale personnelle, qui le désigne également Kaghan[45]. C'est le début d'une guerre civile qui vas embraser l'empire Mongol[44].

Pour arriver a vaincre son frère et rival, Kubilai doit obtenir la coopération de ses sujets chinois pour assurer l'approvisionnement de son armée, qui a des besoins énormes en ressources diverses. Il renforce sa popularité auprès de ses sujets en modelant son gouvernement sur la bureaucratie des dynasties chinoises traditionnelles et en adoptant le nom d’ère Zhongtong, qui signifie "règne modéré"[46]. Si Ariq a pour lui de contrôler de plus vaste territoires que Kubilai et d’être le maître de la Mongolie, la terre natale des Mongols; il est entravé par un manque chronique d'approvisionnement pour ses soldats. Après quatre ans de combats, il se rend en 1264[47]. Mais même si Kubilai est vainqueur, il n'est pas pour autant le maître de tout l'empire Mongol. En effet, les trois khanats occidentaux (la Horde d'or, le Khanat de Djaghataï et l'Ilkhanat) agissent tous de manière autonomes, les Ilkhans étant même les seuls a reconnaître Kubilai comme Kaghan[48][49]. Pire, l'Ilkhanat et la Horde d'Or continuent de s'affronter dans leur propre guerre, sans que le nouveau Kaghan puisse y faire quoi que ce soit. Bref, les troubles liés à la guerre civile ont définitivement divisé l'empire mongol[50].

Kubilai KhanModifier

Début du règneModifier

 
Transport de matériaux sous le règne de Kubilaï pour les constructions qu'il entreprit dans l'enceinte du palais impérial de Pékin. Vue sur le pont Marco Polo construit sous les Song

Même s'il est proclamé Kaghan en 1260 par un Qurultay, Kubilai doit donc attendre sa victoire sur Ariq en 1264, pour accéder réellement au khanat[51], en ayant presque conquis l'intégralité de la Chine. L'instabilité trouble les premières années de son règne. En effet, Kaidu, le petit-fils d'Ögedei, refuse de se soumettre et menace la frontière occidentale du domaine de Kubilai[52][53], tandis que la dynastie hostile mais affaiblie des Song reste un obstacle dans le sud[52]. Kubilai commence par sécuriser sa frontière nord-est en 1259 en installant le prince Wonjong, qui était son otage, sur le trône du Goryeo, qui devient un État vassal, versant un tribut aux Mongol[54][52]. Il assure également son emprise du le Tibet en établissant en 1264 à Khanbalik une Commission de contrôle nommée en chinois 总制院 / 總制院, zǒngzhìyuàn puis 宣政院, xuānzhèngyuàn, chargée des affaires bouddhiques de l’empire et du contrôle administratif et militaire du Tibet. Il nomme Drogön Chögyal Phagpa à la tête de cette commission, ce qui permet à ce dernier, et à l’école Sakyapa dont il est le chef, de devenir le pouvoir politique prééminent au Tibet. Selon les Mongols actuels, Phagpa fut le premier à « inaugurer la théologie politique de la relation entre l'État et la religion dans le monde bouddhiste tibéto-mongol »[55],[56].

Mais Kubilai est aussi menacé par des troubles internes. Li Tan, le gendre d'un puissant fonctionnaire, déclenche une révolte contre le régime mongol en 1262. Après avoir réussi à réprimer ladite révolte, Kubilai réduit l'influence des conseillers Han au sein de sa cour[57], car il craint que sa dépendance à l'égard des autorités chinoises ne le rende vulnérable a de futures révoltes et défections au profit des Song[58].

Après 1262, le gouvernement de Kubilai est un compromis entre la préservation des intérêts mongols en Chine et la satisfaction des exigences de ses sujets chinois[59]. Il institue les réformes proposées par ses conseillers chinois en centralisant la bureaucratie, étendant la circulation des billets de banque et en maintenant les monopoles traditionnels du sel et du fer[60]. Il recrée le Secrétariat impérial et conserve telle quelle la structure administrative locale héritée des anciennes dynasties chinoises[61]. Cependant, Kubilai rejete les propositions visant à relancer les examens impériaux confucéens et divise la société yuan en trois, puis quatre classes, les Han occupant le rang inférieur. Au final, les conseillers chinois de Kubilai détiennent toujours un pouvoir important au sein du gouvernement, mais leur rang officiel est plus que flou[60].

Fondation de la dynastieModifier

 
Kubilai Khan, fondateur de la dynastie Yuan

Dés 1264, Kubilai prépare le déménagement de la capitale mongole de Karakorum en Mongolie à Khanbalik[62], en faisant construire une nouvelle ville près de Zhongdu, l'ancienne capitale des Jurchen, (actuellement Pékin) à partir de 1266[63]. Il fait entreprendre de grands travaux dans sa nouvelle capitale particulièrement dans la zone du palais, où sont créés des jardins avec lacs artificiels et ponts. Comme il l'avais déjà fait à Kaiping, il confie l'organisation et la supervision des travaux à Liu Binzhong. Quand la capitale est transférée à Khanbalik, Kaipingfu devint Shangdu (« ancienne capitale » ou « capitale du Nord », plus connue sous la dénomination de Xanadu), qui lui sert un temps de résidence d'été.

En 1271, Kubilai revendique formellement le Mandat du Ciel et déclare que 1272 est la première année du Grand Yuan (chinois : 大元) dans le plus pur style des anciennes dynasties chinoise[64]. Le nom de la dynastie provient du Yi Jing et décrit l'"origine de l'univers" ou une "force primaire"[65]. Kubilai proclame Khanbalik "Daidu" (chinois : 大都 ; pinyin : Dàdū ; littéralement : « Grande Capitale ») de la dynastie[66]. Le nom d’ère est changé en Zhiyuan pour annoncer une nouvelle ère de l'histoire chinoise[67]. L'adoption d'un nom dynastique légitime le régime mongol en l'intégrant dans la succession de dynasties qui marque la politique traditionnelle chinoise[68]. Khubilai travaille son image publique d'empereur sage en suivant les rituels de la bienséance confucéenne et de la vénération des ancêtres[69], tout en conservant ses racines de maître des peuples des steppes[68].

 
Divisions administrative de la Dynastie Yuan en 1294

Kubilai Khan favorise la croissance commerciale, scientifique et culturelle. Il soutient les marchands du réseau commercial de la Route de la soie en protégeant le système postal mongol, en construisant des infrastructures, en accordant des prêts pour financer les caravanes commerciales et en encourageant la circulation des billets de banque (chinois traditionnel :  ; pinyin : Chāo). Au début de la dynastie Yuan, les Mongols continent à émettre des pièces de monnaie, mais pendant le règne de Külüg Khan les pièces de monnaie sont complètement remplacées par du papier-monnaie. Ce n'est que pendant le règne de Togoontomor que le gouvernement de la dynastie Yuan tente de remettre en circulation des pièces de cuivre[70],[71],[72]. La Pax Mongolica, la "paix mongole", permet la diffusion des technologies, des marchandises et de la culture entre la Chine et l'Occident[73]. Kubilai fait agrandir le Grand Canal du sud de la Chine, jusqu'à Daidu/Kanbalik au nord. La domination mongole a un visage cosmopolite sous Kubilai Khan[74], qui accueille à sa cour des visiteurs étrangers, comme le marchand vénitien Marco Polo, qui rédigera ensuite son Devisement du monde ou Livre des merveilles, soit le récit européen le plus connu sur la Chine des Yuan[75]. Les voyages de Marco Polo inspireront plus tard beaucoup d'autres voyageurs, comme Christophe Colomb, qui essayerons de trouver un passage vers l'Extrême-Orient à la recherche de ses richesses légendaires[76].

Campagnes militaires et conquêtesModifier

Après avoir renforcé son gouvernement dans le nord de la Chine, Kubilai poursuit une politique expansionniste conforme à la tradition des impérialismes mongol et chinois. Dans le Sud, il lance une nouvelle offensive massive contre la dynastie Song[77]. Poursuivant la politique d'assimilation militaire commencée dés l'époque de Gengis Khan, la dynastie Yuan créé une "Armée Han" ((zh)) à partir des troupes de la défunte dynastie Jin et une "Armée nouvellement soumise" ((zh)), à partir des troupes des Song qui font défection[78]. Kubilai assiége Xiangyang entre 1268 et 1273[79], une ville fortifiée qui est le dernier obstacle l’empêchant de s'emparer du riche bassin du fleuve Yangzi[62]. En parallèle, il lance en 1274 une expédition navale infructueuse contre le Japon[80]. SI le Japon reste hors de sa portée, il avance en Chine du sud. En 1276, Kubilaï attaque et prend Lin'an (Hangzhou)[81], qui est à la fois la capitale des Song et la ville la plus riche de la Chine[82]. S'il réussit à capturer l'impératrice et le prince héritier, la cour parvient à s'enfuit vers le sud et intronise un jeune enfant, le frére de l'empereur déchu, qui devient l'empereur Song Bing. Les loyaliste Song sont vaincu définitivement par les Mongols lors de la bataille de Yamen en 1279. Le dernier empereur Song meurt noyé à la fin des combats, mettant fin à la dynastie Song[83]. La conquête des territoires des Song permet la réunification totale du nord et du sud de la Chine pour la première fois en trois cents ans[84].

Le gouvernement de Kubilai fait face à des difficultés financières après 1279, les guerres et les projets de construction ayant vidé le trésor mongol[85]. De plus, la corruption et les scandales politiques entravent les efforts de collecte et de recouvrement des recettes fiscales[86]. Des expéditions militaires mal gérées font suite aux problèmes financiers[85]. La deuxième invasion du Japon par Kubilai en 1281 échoue à cause d'un typhon imprévu[80] et les expéditions que le Kaghan organise contre le Đại Việt, le Champa et Java, échouent toute les une après les autres[87]. Toutefois, il remporte une victoire à la Pyrrhus contre la Birmanie[88]. Ces expéditions sont entravées par la maladie, un climat inhospitalier et un terrain tropical inadapté à la guerre de cavalerie des Mongols[87][80]. La dynastie Trần qui régne sur le Đại Việt vainc les Mongols à la bataille du Bạch Đằng. Ceci étant, même s'ils ne sont pas vaincu, le Đại Việt, la Birmanie et le Champa reconnaissent l'hégémonie mongole et établissent des relations tributaires avec la dynastie Yuan[89].

Dans le même temps, des conflits internes menacent Kubilai au sein de son empire et il est obligé de réprimer des rébellions contestant son pouvoir au Tibet et dans le nord-est[90]. Sa femme préférée meurt en 1281 et son héritier en 1285. Kubilai se décourage et néglige ses fonctions d'empereur. Il tombe malade en 1293 et décède le [91], ses descendants reprenant le titre de khagan de la Dynastie Yuan.

Les successeurs de KubilaiModifier

Temür KhanModifier

 
Divisions de l'Empire mongol vers 1300 :
Jaune : Horde d'or
Gris : Khanat de Djaghataï
Vert : Dynastie Yuan
Violet : Empire ilkhanide

Après la conquête du royaume de Dali en 1253, les membres de l'ancienne dynastie régnante, les Duan, reçoivent le titre de Maharajah[92]. Les chefs locaux sont nommésTusi, ce qui fait d'eux des officiels impériaux chargé d'appliquer les décisions du gouvernement. Ce systéme mis en place par les Yuan sera repris au cours des siécles par les dynasties Ming et Qing, principalement dans la province du Yunnan, avant d'être aboli au XXéme siécle. La succession au trône de la dynastie Yuan vas rapidement s'avérer être un problème insoluble, provoquant au fil des années et des règnes beaucoup de conflits et de luttes internes. Cela commence la fin du règne de Kubilai. Ce dernier avait nommé son fils aîné, Zhenjin, prince héritier, mais le fils meurt avant le pére, en 1285[93]. Faute de successeur désigné, c'est le troisième fils de Zhenjin qui monte sur le trône, avec le soutien de sa mère Kökejin et du ministre Bayan, et règne sous le nom de Temür Khan, ou empereur Chengzong, de 1294 à 1307. Temür Khan décide de conserver et de poursuivre une grande partie de ce que son grand-père a mis en place. Il fait également la paix avec les khanats mongols occidentaux ainsi qu'avec les pays voisins comme le Vietnam[94], qui reconnaissent nominalement sa suzeraineté et versent un tribu aux Yuan pendant quelques décennies. Cependant, la corruption qui avait commencé à se répandre a la fin du règne de Kubilai commence à prendre de l'ampleur pendant le règne de Temür Khan.

Külüg KhanModifier

 
Illustration représentant une Jonque du XIVéme siècle, sous la dynastie Yuan

Külüg Khan (Empereur Wuzong) monte sur le trône après la mort de Temür Khan. Contrairement à son prédécesseur, il ne porusuit pas les politiques de Kubilai, rejetant largement ses objectifs. Plus important encore, il introduit une politique axée sur les réformes monétaires. Durant son court règne (1307-11), le gouvernement sombre dans des difficultés financières, en partie à cause des mauvaises décisions prises par Külüg. Au moment de sa mort, la Chine est lourdement endettée et la Cour Yuan doit faire face à un mécontentement populaire[95].

Ayurbarwada Buyantu KhanModifier

Buyantu Khan (Ayurbarwada), le quatrième empereur Yuan, est un empereur compétent. Il est le premier empereur Yuan depuis Kubilai à soutenir activement et adopter la culture chinoise dominante, ce qui provoque le mécontentement d'une partie de l'élite mongole[96]. Il a comme mentor Li Meng, un universitaire confucéen. Il procède à de nombreuses réformes, dont la liquidation du Département des affaires d'État (chinois traditionnel : 尚書省), qui aboutit à l'exécution de cinq des plus hauts fonctionnaires de l'administration[96]. À partir de 1313, les examens impériaux traditionnels sont réintroduits pour les futurs fonctionnaires, testant leurs connaissances sur des œuvres historiques importantes. De plus, il codifie une grande partie du droit et fait publié ou traduire un certain nombre de livres et d'ouvrages Chinois.

Gegeen Khan et Yesün Temür KhanModifier

L'empereur Gegeen Khan, le fils et successeur d'Ayurbarwada, ne règne que deux ans, de 1321 à 1323. Il poursuivi la politique de son père visant à réformer le gouvernement sur la base des principes confucéens, avec l'aide de son nouveau grand chancelier Baiju. Pendant son règne il promulgue officiellement, le Da Yuan Tong Zhi (chinois : 《大元通制》 ; littéralement : « 'Institutions globales du Grand Yuan' »), un vaste ensemble de codes et de règlements de la dynastie Yuan dont la rédaction a commencé pendant le règne de son père. Gegeen est assassiné lors d'un coup d'État impliquant cinq princes d'une faction rivale, peut-être l'élite des steppes opposée aux réformes confucéennes. Ils placent Yesün Temür Khan (ou Taidingdi) sur le trône mais, après une tentative infructueuse de calmer les princes, ce dernier est également victime d'un régicide.

Jusqu'au règne de Yesün Temür, la Chine avait été relativement épargnée par les rébellions populaires et ce depuis la fin du règne de Kubilai. Cependant la dynastie Yuan commence alors à perdre le contrôle des régions habitées par des minorités ethniques. L'apparition de ces révoltes et la répression qui s'en suivit aggravent les difficultés financières du gouvernement Yuan, qui doit adopter des mesures pour augmenter les recettes, comme la vente de certains postes officiels, et réduire ses dépenses pour certains postes budgétaires[97].

Jayaatu Khan Tugh Temür et ses successeursModifier

 
La Pagode du temple Bailin ( Xian de Zhao, Hebei), construite en 1330, pendant la dynastie Yuan.

Lorsque Yesün Temür meurt à Shangdu en 1328,Tugh Temür est rappelé à Khanbalik par le commandant Qipchaq, El Temür. Il monte sur le trône sous le nom de Tövtömör Khan (empereur Wenzong) à Khanbalik, tandis que le fils de Yesün Temür, Ragibagh Khan, monte lui aussi sur le trône à Shangdu avec le soutien de Dawlat Shah, le serviteur préféré de Yesün Temür. Obtenant le soutien de princes et d'officiers du nord de la Chine et d'autres régions de l'empire Yuan, Tugh Temür, basé à Khanbalik, déclenche et remporte une guerre civile contre Ragibagh, connue sous le nom de Guerre des deux capitales. Par la suite, Tugh Temür abdique en faveur de son frère Kusala, soutenu par Eljigidey, le Khan du Khanat de Djaghataï, et annoncé son intention de l'accueillir à Khanbalik. Cependant, Kusala meurt subitement quatre jours seulement après un banquet avec Tugh Temür, peut-être après avoir été empoisonné par El Temür. Ce qui est sûr, c'est qu'au final Tugh Temür remonte sur le trône et envois des délégués dans les Khanats mongols occidentaux (la Horde d'or, le Khanat de Djaghataï et l'Ilkhanat) pour être accepté comme suzerain du monde mongol[98]. Cependant, ces messages ne peuvent pas masquer le fait qu'il est surtout une marionnette du puissant El Temür pendant ses trois dernières années de règne. Ce dernier purge les fonctionnaires pro-Kusala et donne le pouvoir aux seigneurs de guerre, dont le règne despotique marque clairement le déclin de la dynastie.

Comme la bureaucratie est dominée par El Temür, Tugh Temür est surtout connu pour sa contribution culturelle à l'héritage des Yuan. Il adopte de nombreuses mesures pour honorer le confucianisme et promouvoir les valeurs culturelles chinoises. Son effort le plus concret de patronage de l'enseignement chinois est la fondation de l'Académie du Pavillon de l'Étoile de la littérature (chinois traditionnel : 奎章閣學士院), fondée au printemps 1329 et destinée à entreprendre "un certain nombre de tâches relatives à la transmission de la haute culture confucéenne à l'établissement impérial mongol". L'académie est responsable de la compilation et de la publication d'un certain nombre de livres, mais sa réalisation la plus importante est la compilation d'un vaste compendium institutionnel nommé Jingshi Dadian (chinois traditionnel : 《經世大典》). Tugh Temür soutient le Néoconfucianisme de Zhu Xi et se consacre également au bouddhisme.

TogoontomorModifier

Après la mort de Tugh Temür en 1332 et la mort subséquente de Rinchinbal (empereur Ningzong) la même année, Togoontomor (empereur Huizong), alors âgé de 13 ans, est rappelé du Guangxi et monte sur le trône. Il est le neuvième et dernier successeur de Kubilai Khan sur le trône de Chine. Après la mort d'El Temür, Bayan devient un fonctionnaire aussi puissant qu'El Temür l'avais été au début de son long règne. En grandisssant, Togoontomor fini par désapprouver le régime autocratique du Bayan. En 1340, il s'allie avecToqto'a, un neveu de Bayan en désaccord avec son oncle, et banni le trops puissant fonctionnaire après un coup d'État. Avec la destitution de Bayan, les Toqto'a prennent le pouvoir au sein de la Cour. Sa première administration fait clairement souffler un vent de nouveauté au sein de la Cour Yuan et donne les premiers signes d'une orientation nouvelle et positive au sein du gouvernement central. L'un de ses projets réussis est d'achever les histoires officielles des dynasties Liao, Jin et Song, qui sont achevées en 1345. Pourtant, Toqto'a démissionne de son poste, avec l'approbation de Togoontomor, marquant ainsi la fin de sa première administration. Il n'est pas rappelé au gouvernement avant 1349.

Déclin de l'empireModifier

 
Plaque de ceinture en jade de la dynastie Yuan avec des motifs sculptés en forme de dragon.

Les dernières années de la dynastie Yuan sonnt marquées par les conflits, la famine et l'amertume de la population. Avec le temps, les successeurs de Kubilai Khan ont perdu toute influence sur les autres terres mongoles d'Asie, tandis que les Mongols vivant en dehors de l'Empire du Milieu les considèrent comme étant trop chinois. Peu à peu, ils perdent également de l'influence en Chine. Les règnes des derniers empereurs Yuan sont courts et marqués par des intrigues et des rivalités. Ne s'intéressant pas à l'administration, ils se coupent à la fois de l'armée et de la population, tandis que la Chine est déchirée par les dissensions et les troubles. Les hors-la-loi ravagent le pays sans avoir à craindre l'intervention des armées Yuan, qui s'affaiblissent.

À partir de la fin des années 1340, les populations rurales souffrent de fréquentes catastrophes naturelles telles que les sécheresses, les inondations et les famines qui en résultent. L'absence de politique efficace de la part du gouvernement pour palier à ces catastrophes entraîne une perte du soutien populaire. En 1351, c'est le début de la rébellion des Turbans rouges,dont une des branches provenait de la Secte du lotus blanc, qui se transforme en soulèvement national. La tradition chinoise prétend que le signal de l'insurrection anti-mongole fut donné le soir de la Fête de la mi-automne par des messages dissimulés dans les gâteau de lune, consommés par les seuls Hans. En 1354, lorsque Toghtogha prend le commandement d'une grande armée pour écraser les Turbans Rouges, Togoontomor le congédie soudainement par peur d'être trahi. Il en résulte, d'une part, le rétablissement du pouvoir de Togoontomor et, d'autre part, un affaiblissement rapide de l'administration centrale. Il n'a pas d'autre choix que de s'en remettre au pouvoir militaire des seigneurs de guerre locaux et perd progressivement tout intérêt pour la politique. Il finit par cesser d'intervenir dans les luttes politiques. Le coup de grâce est donné par Zhu Yuanzhang, le fondateur de la dynastie Ming, qui a étudié les techniques militaires mongoles et prend la tête du mouvement des Turbans Rouges. Alors que les rebelles approchent de Khanbalik, Togoontomor s'enfuit à Shangdu en 1368. Il tente de reprendre Khanbalik,mais en vain. Il meurt à Yingchang (cette ville se situait dans l'actuelle Mongolie intérieure) deux ans plus tard, en 1370. Les armées chinoises commencent à attaquer la Mongolie en 1380 et la capitale, Karakorum, tombe en 1388.

Le prince de Liang, Basalawarmi, établi une poche séparée de résistance aux Ming dans le Yunnan et le Guizhou, mais ses forces sont vaincues par les Ming en 1381. En 1387, les forces Yuan restantes en Mandchourie et commandée par Naghachu se rendent à leur tour à la dynastie Ming. Ce qu'il reste des Yuan ne règne plus que sur la Mongolie et, même si nom de Grand Yuan (大元) est officiellement conservé, à partir de cette date ils sont connu sous le nom de dynastie Yuan du Nord[8].

À l'heure actuelle (2019), certains membres de la famille royale Yuan vivent encore aujourd'hui dans le Henan[99].

La Chine sous les YuanModifier

Fonctionnement de l'EmpireModifier

 
Plat à bordue à huit feuilles. Porcelaine à fond peint vernissé et décor appliqué bleu, melons, bambous et raisins, Jingdezhen, Yuan tardif, Shanghai Museum
 
Porte du Collège impérial (Guozijian) à Pékin. Le Guozijian date de la Dynastie Yuan.

Les souverains mongols ne réussirent jamais à trouver leur marques, partagés depuis Kubilaï entre le désir d'affirmer leur supériorité de caste dirigeante et celui d'être de vrais empereurs de Chine maîtrisant le fonctionnement du pays. Kubilaï mit en place un système qui consistait à utiliser les réseaux déjà existants (administration, structures religieuses etc.) tout en gardant au maximum le contrôle grâce à une concentration accrue des pouvoirs dans des services administratifs centralisés ou entre les mains de personnes de confiance, et en imposant des restrictions à la participation des Han à l'administration.

La population était en effet divisée en quatre castes ethniques bien distinctes. Les Mongols constituaient la première, et les autres peuples dits « aux yeux colorés », d'Asie centrale ou même d'Europe, la seconde. Les Chinois (Han), Jurchens et Mandchous de l'ancien territoire Jin, dits « du Nord », faisaient partie de la troisième caste, les Chinois et ethnies habitant l'ancien territoire des Song du Sud constituaient la dernière caste.

Tous les postes importants étaient réservés aux Mongols. Les mariages entre les Mongols et les autres castes étaient interdits, ce qui entretint la séparation ethnique et conserva sa nature étrangère à la famille et à la noblesse impériales. Sur la partie du territoire en majorité Han, les Yuan choisirent dans la mesure du possible des non-Han comme employés de l'administration, dont des étrangers, européens parfois. Les fonctionnaires Han étaient souvent envoyés en poste aux confins de l'empire.

Ce régime fut par la suite partiellement assoupli, par exemple par Renzong qui ré-instaura en 1313 les examens d'accès à la fonction publique, entamant l'exclusivité mongole sur certaines fonctions.

Jamais réellement chinois, les empereurs Yuan eurent néanmoins des tuteurs et conseillers chinois qui les influencèrent. Chengzong (成宗) et Renzong (仁宗)en particulier, avaient à cœur de développer leur nouveau domaine. Ce dernier, éduqué par Li Meng (李孟) un néo-confucianiste, était aussi influencé par les taoïstes qui avaient réussi à le persuader que, né le jour anniversaire du dieu Zhenwu, il en était l'incarnation. Il fit faire de grand travaux sur le mont Wudang en son honneur. Mais de manière générale, les empereurs Yuan furent jugés trop sinisés par les nobles mongols et encore trop mongols par les Chinois.

Une grande tolérance était observée de la part des Mongols vis-a-vis des religions autochtones.

 
Huang Gongwang, 1269 1354. Maison dans les monts Fuchun. Détail. encre sur papier, h 33 cm, l totale 640 cm. National Palace Museum, Taipei
 
Ni Zan (1301 — 1374), Six gentilshommes, Rouleau mural, encre sur papier, 1345, 61,9 x 33 cm. Musée de Shanghai

Développements culturelsModifier

Pendant la dynastie Yuan de nombreuses influences enrichirent la culture et les connaissances.

  • Des connaissances scientifiques et techniques étrangères pénétrèrent en Chine. La cartographie et la géographie progressèrent. Les mathématiciens Zhu Shijie et Guo Shoujing poursuivirent les efforts entamés sous les Song. Ce dernier est également le concepteur du premier système d'irrigation de pâturages tenté dans la région de Shangdu (Kaiping). L'astronomie progressa avec la création d'une clepsydre très perfectionnée et d'observatoires à Dadu et sur le mont Song. Jamal al-Din, astronome d'origine persane, conçut le calendrier de la dynastie. De nouveaux instruments scientifiques furent inventés, dont la sphère armillaire.
  • Le théâtre connut un grand essor. Les empereurs entretenaient des troupes au palais, et c'est à cette époque que fut introduit l'accompagnement instrumental. Parmi les pièces marquantes de la période : l'Histoire du pavillon d'Occident (Xixiang ji) de Wang Shifu. La littérature en langue vernaculaire, le roman et la littérature de voyage se développèrent.
  • C'est aussi à cette période que les premiers explorateurs européens arrivèrent en Chine. Parmi eux Marco Polo, qui restera de 1275 à 1291 en Chine et dont l'ouvrage, le Livre des merveilles du monde, est à l'origine de la fascination que la Chine exerce sur les Européens. C'est sous les Yuan que pourront voyager la poudre explosive, l'imprimerie, les techniques d'ingénierie et les pratiques médicales.
  • Le bouddhisme Chan, représenté par Zhongfeng Mingben (中峰明本, 1263–1323) originaire de Hangzhou, eut un moment les faveurs du Khan, mais le bouddhisme tibétain finit par l'emporter lorsque Kubilaï accorda en 1269 le contrôle de l'ensemble des bouddhistes au chef de la lignée Sakyapa.
  • Les mélanges de population aux confins occidentaux de l'empire s'accompagnèrent d'une expansion de l'Islam. Des communautés musulmanes et ouïgoures commencent à se constituer au Xinjiang, au Gansu et au Yunnan.
  • Les régions de politique chinoise des Hans, centrées sur la préfecture de Jinhua (金华府/金華府) aurant par contre une certaine continuité Des Song aux Mings[100]

La réponse faite par Möngke Khan à Guillaume de Rubrouck venu le convertir exprime clairement la politique de liberté religieuse des Mongols. Tout en ayant adopté le bouddhisme tibétain, les empereurs et la noblesse conservèrent beaucoup de leurs traditions, comme les cérémonies au dieu du Ciel Tenggeri accompagnées de libations d'alcool à base de lait de jument (kumiz) avant les batailles. Kubilaï entretenait des shamans à la cour. Les empereurs déléguèrent le contrôle de l'ensemble du taoïsme à deux écoles, Quanzhen Dao au nord du Chang Jiang et Zhengyi Dao au sud, entrainant le regroupement de nombreux mouvements sous leur bannière. De nos jours encore, ces deux dénominations recouvrent la majorité des écoles taoïstes.

Bien que le système des examens ait été aboli et les lettrés supplantés par la noblesse mongole ou des étrangers, les empereurs Yuan manifestèrent du respect pour le temple de Confucius qu'ils firent rénover. Lorsque le régime des examens fut restauré en 1315, ils imposèrent la version standardisée de Zhu Xi, plus simple, confirmant la position dominante du néo-confucianisme dans l'ensemble confucéen. Cette disposition sera reprise par les Ming.

Peu avant la fondation de la dynastie, alertés par les incursions mongoles en Europe, Saint Louis et le Pape avaient envoyé des ambassadeurs franciscains au Khan, Guillaume de Rubrouck et Jean de Plan Carpin, pour sonder ses intentions et tenter (en vain) de le convertir.

Écriture de la dynastie YuanModifier

 
Billet de banque de 1287 et sa matrice, comportant écriture phagspa et hanzi.
 
édit de la dynastie Yuan comprenant de l'écriture phagspa et des sceaux en chinois style grand sceau

Kubilaï avait l'ambition de créer une nouvelle écriture pour unifier l'écriture multilingue de l'Empire mongol. Il confia cette tâche à Drogön Chögyal Phagpa (1235 - 1280), un lama tibétain de l'école sakyapa du bouddhisme tibétain. En réponse, Chögyal Phagpa a modifié l'écriture tibétaine traditionnelle et a créé une nouvelle série de caractères appelée l'écriture Phagspa qui a été finalisée en 1268. Kubilai Khan décida d'utiliser l'écriture Phagspa comme écriture officielle de l'empire, y compris lorsqu'il est devenu empereur de Chine en 1271, à la place des idéogrammes chinois[55]. L'écriture Phagspa fut utilisée pendant 110 ans et l'on pense qu'elle a influencé le développement de l'écriture coréenne moderne. L'écriture Phagspa est tombée en désuétude après l'effondrement de la dynastie Yuan en 1368[55],[56]. De nombreux édits et règlements tentèrent de populariser l'écriture Phagspa. On la trouve sur des documents officiels de l'époque : bons monétaires, passeports, sceaux officiels (ils continuerons d'être utilisés par les moines jusqu'au XXe siècle) et certaines porcelaines, ce qui peut permettre d'aider à dater ces objets. Cette écriture est toujours utilisée, avec le mongol bitchig (également appelée alphabet ouïghour) et le mongol cyrillique sur les billets de Mongolie.

Langues de la dynastie YuanModifier

L'administration de l'Empire des Yuans considère trois langues officielles, le mongol, le chinois et le persan[101]

Arts visuelsModifier

 
Guan Daosheng, 1262 — 1319, Bambou et rocher, encre sur papier, 87,1 × 28,7 cm, Musée national du palais, Taipei
  • La suprématie des Mongols sur une immense partie du continent eurasiatique, la sécurité apportée sur les routes commerciales, tout ceci favorisa l'établissement de contacts entre la culture chinoise et des cultures très éloignées. Ainsi le cobalt « mahométan » (selon les textes)[102], peut être importé massivement, à la fin de la dynastie Yuan, vers le site de Jingdezhen, et appliqué à la fabrication des porcelaines en introduisant dans le même temps des motifs floraux et ornementaux inspirés de décors perses[103] et peints rapidement afin de destiner ces produits à l'exportation (comme nous pouvons le constater dans les motifs qui ornent le plat reproduit dans Art chinois : Dynastie Yuan). Cette pratique artistique qui effectue, dans l'univers mongol, la synthèse de plusieurs cultures établira Jingdezhen comme le centre mondial de production de la porcelaine pour les siècles suivants : du XVe au XVIIIe.
Article détaillé : Céramiques chinoise Yuan.
  • Du côté des lettrés, exclus des rouages de l'administration centrale, le retrait obligé ou choisi loin de la cour et loin des grandes villes les amena vers des formes nouvelles d'expression et de nouveaux sujets. Ceux que l'on appelle aujourd'hui les quatre maîtres de la dynastie Yuan : Huang Gongwang, Wu Zhen, Ni Zan et Wang Meng furent les animateurs de la résistance au souverain Yuan. Dans ces conditions, la disparition de l'académie, qui imposait les règles depuis la cour des Song, leur offrit l'occasion de la liberté et de « l’individualisme ». Dans le choix des sujets, des sujets évoquant l'inflexibilité, le renouveau, la pureté et le retrait donnèrent tous leurs sens cachés aux peintures des « quatre nobles » : bambou, fleurs de prunier, orchidée et chrysanthème, ou aux pins et au lotus. Les relations, au sein d'une composition entre ses constituants se chargea encore plus de signification : relation entre des arbres perçus comme s'ils incarnaient des gentilshommes (lettrés)[104], relation entre bambou et rocher (l'un plie, l'autre résiste), entre espace vide et sujets soumis aux aléas des éléments, relation entre l'échelle minuscule d'un lettré retiré dans une humble chaumière ou un simple abri et la nature immense, montagne ou bord de mer. Un semblable esprit contestataire se manifesta dans les poèmes accompagnant les peintures « fleurs et oiseaux » ou « herbes et insectes » de Qian Xuan (voir ci-dessous : Galerie de peintures)[105].

Autre trait spécifique à la période Yuan : l'archaïsme que l’on peut constater chez Zhao Mengfu (1254–1322) lui permet d'affirmer, comme dans cette page avec « Rochers et forêts », où rochers et troncs d'arbres sont évoqués d’un trait sec et rapide qui provient du tracé « blanc évanescent » de la calligraphie[106]. Dans le groupe d'un gentilhomme toungouse et de son cheval il utilise un autre registre expressif, en style d'esquisse il sait évoquer le vent de tempête, combiné avec un pinceau précis, pour les vêtements en particulier. L'archaïsme qui lui fait se référer à des artistes comme Dong Yuan, ou plus anciens, des Ve et VIe siècles (consultables dans la collection impériale de Pékin), signifie pour lui simplicité dans les formes d'expression et économie de moyens dans la représentation de l'essence des choses, prises dans le temps et le changement perpétuel. Il resta un modèle pour de nombreuses générations. Il est aussi l'un des premiers à calligraphier sur le même support une composition littéraire personnelle[107]. Et en tant que peintre de cour, on peut remarquer que ses peintures de chevaux étaient appréciées de ces souverains qui avaient conquis leur empire à dos de cheval.

Galeries de peinturesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b (zh-Hant) Yan (岩) Song (宋), 《中国历史上几个朝代的疆域面积估算》 (litːEstimation des territoires de plusieurs dynasties dans l'histoire chinoise), Beijing, Chinese Academy of Social Sciences,‎ , p. 150
  2. Rein Taagepera, « Expansion and Contraction Patterns of Large Polities: Context for Russia », International Studies Quarterly, vol. 41, no 3,‎ , p. 499 (DOI 10.1111/0020-8833.00053, JSTOR 2600793, lire en ligne)
  3. a b c et d (zh-Hant) Kubilai Khan, 《建國號詔》 (litː Edit pour Établir le Nom de l'État), coll. « 《元典章》(Statuts du Yuan) »,‎ (lire en ligne)
  4. a et b Civil Society in China: The Legal Framework from Ancient Times to the 'New Reform Era', p. 39, note 69.
  5. La forme en langue mongole moderne qui est couramment utilisée par les universitaires mongols et chinois actuels est : ᠶᠡᠬᠡ
    ᠶᠤᠸᠠᠨ
    ᠦᠯᠦᠰ
    , Yehe Yuan Ulus ou Ikh Yuan Üls/Yekhe Yuan Ulus; Их Юань улс en Mongol cyrillique.
  6. Mote 1994, p. 624.
  7. Christopher Pratt Atwood, Encyclopedia of Mongolia and the Mongol Empire, Facts On File, [détail de l’édition] (ISBN 978-0-8160-4671-3, lire en ligne)
  8. a et b The History of China (lire en ligne)
  9. Herbert Franke, Could the Mongol emperors read and write Chinese?
  10. Avant que Kubilai Khan proclame le nom dynastique de "Grand Yuan" en 1271, les Khagans de l'Empire mongol (Ikh Mongol Uls) avaient déjà commencé à utiliser le titre chinois d'Empereur de Chine (chinois : 皇帝 ; pinyin : Huángdì), pratiquement en langue chinoise, ce depuis Gengis Khan.
  11. J. J. Saunders, The History of Mongol Conquests
  12. René Grousset, L'empire des steppes: Attila, Gengis-Khan, Tamerlan,
  13. 《易傳》 (lit ː Commentaires (en) du Classique des changements), « 周易·乾卦·彖傳 » :

    « 《彖》曰:大哉乾元,萬物資始,乃統天。 »

  14. The Early Mongols: Language, Culture and History par Volker Rybatzki & Igor de Rachewiltz, p. 116.
  15. Asian Nationalism, par Michael Leifer, Professor of International Relations Michael Leifer, p. 23.
  16. A Military History of Japan: From the Age of the Samurai to the 21st Century: From the Age of the Samurai to the 21st Century, John T. Kuehn Ph.D., p. 61.
  17. Voyages in World History, by Valerie Hansen, Ken Curtis, p. 53.
  18. The Military Engineer, Volume 40, p. 580.
  19. Focus On World History: The Era Of Expanding Global Connections - 1000-1500 C.E.: Grades 7-9, by Kathy Sammis, p. 46.
  20. Assemblée des chefs mongols réunie pour prendre une décision concernant l'ensemble de l'Empire.
  21. a et b Ebrey 2010, p. 169.
  22. Chapitre 1 : « Gengis Khan » dans Gengis Khan et l'Empire mongol de Jean-Paul Roux, Découvertes Gallimard, 2002.
  23. Ebrey 2010, p. 169–170.
  24. Rossabi 1994, p. 415.
  25. Collectif, « Revue bibliographique de sinologie, n° 19/2001 - Collectif », sur Books.google.com, (consulté le 27 mai 2016)
  26. « "萬戶路"、"千戶州" ——蒙古千戶百戶制度與華北路府州郡體制 - 新疆哲學社會科學 » [archive du ], sur Big5.xjass.com,‎ (consulté le 27 mai 2016)
  27. « 白话元史-刘伯林传(附刘黑马传) », sur Wenxue100.com (consulté le 27 mai 2016)
  28. « "万户路"、"千户州"——蒙古千户百户制度与华北路府州郡体制 - 中国人民大学清史研究所 », sur Iqh.net.cn,‎ (consulté le 27 mai 2016)
  29. Timothy Michael May, « The Mechanics of Conquest and Governance: The Rise and Expansion of the ... », sur Books.google.com, (consulté le 27 mai 2016)
  30. « 您的访问出错了。 »
  31. « ¹ú¼ÊÈåѧÈËÎïÐÅϢƽ̨ », 121.199.12.114:99, (consulté le 27 mai 2016)
  32. (zh) 【doc】-兼论金元之际的汉地七万户 - 豆丁网, Docin.org,‎ (lire en ligne)
  33. Stuart Reynolds Schram, Foundations and Limits of State Power in China, (ISBN 9780728601390, lire en ligne)
  34. (zh-Hant) Xiaopeng (小鹏) Hu (胡), « 窝阔台汗己丑年汉军万户萧札剌考辨——兼论金元之际的汉地七万户 (litːUne étude de XIAO Zha-la,le commandant de l'armée Han de 10 000 familles en 1229 pendant la période du Khan (O)gedei) », sur D.wanfangdata.com.cn (consulté le 27 mai 2016)(langue non reconnue : cite + langue non reconnue : web) Xiaopeng (小鹏) Hu (胡), « 国家哲学社会科学学术期刊数据库 », sur Nssd.org (consulté le 27 mai 2016)
  35. Allsen 1994, p. 392.
  36. Allsen 1994, p. 394.
  37. Rossabi 1994, p. 418.
  38. Rossabi 2012, p. 65.
  39. H.-J. de Dianous, « Le Tibet et ses relations avec la Chine »,
  40. Allsen 1994, p. 410.
  41. John Masson Smith, Jr., « Review: Nomads on Ponies vs. Slaves on Horses Reviewed Work: Mongols and Mamluks: The Mamluk-Īlkhānid War, 1260-1281 by Reuven Amitai-Preiss », Journal of the American Oriental Society, vol. 118, no 1,‎ , p. 54–62 (JSTOR 606298)
  42. Allsen 1994, p. 411.
  43. Rossabi 1994, p. 422.
  44. a et b Rossabi 1988, p. 53.
  45. Rossabi 1988, p. 51.
  46. Rossabi 1994, p. 423–424.
  47. Morgan 2007, p. 104.
  48. Rossabi 1988, p. 62.
  49. Allsen 1994, p. 413.
  50. Allsen 2001, p. 24.
  51. Voir page xxxvii (introduction) in Genghis Khan and Mongol Rule, George Lane, Greenwood, 2004
  52. a b et c Rossabi 1988, p. 77.
  53. Morgan 2007, p. 105.
  54. Rossabi 1994, p. 436–437.
  55. a b et c Une histoire du Tibet : Conversations avec le Dalaï Lama, de Thomas Laird, Dalaï-Lama, Christophe Mercier, Plon, 2007, (ISBN 2259198910)
  56. a et b F. W. Mote. Imperial China 900-1800. Harvard University Press, 1999. p. 501
  57. Rossabi 1994, p. 426.
  58. Rossabi 1988, p. 66.
  59. Rossabi 1994, p. 427.
  60. a et b Rossabi 1988, p. 70–71.
  61. Rossabi 2012, p. 70.
  62. a et b Ebrey 2010, p. 172.
  63. Rossabi 1988, p. 132.
  64. Mote 1994, p. 616.
  65. Rossabi 1988, p. 136.
  66. Mote 1999, p. 460.
  67. Mote 1999, p. 458.
  68. a et b Mote 1999, p. 616.
  69. Rossabi 1994, p. 458.
  70. David Miles et Andrew Scott, Macroeconomics: Understanding the Wealth of Nations, John Wiley & Sons, (ISBN 978-0-470-01243-7), p. 273
  71. « CoinWeek Ancient Coin Series: Coinage of the Mongols », Mike Markowitz (CoinWeek), (consulté le 14 juin 2017)
  72. Hartill, David (22 September 2005). Cast Chinese Coins. Trafford, Royaume-Uni. (ISBN 1412054664)
  73. Rossabi 2012, p. 72.
  74. Rossabi 2012, p. 62.
  75. Rossabi 1994, p. 463.
  76. Allsen 2001, p. 61.
  77. Rossabi 1994, p. 429.
  78. Charles O. Hucker, ä¸ĺ ˝ĺ ¤äťŁĺŽ ĺ čž ĺ ¸, (ISBN 9780804711937, lire en ligne), p. 66
  79. Rossabi 2012, p. 77.
  80. a b et c Morgan 2007, p. 107.
  81. Morgan 2007, p. 106.
  82. Rossabi 1994, p. 430.
  83. Rossabi 2012, p. 77–78.
  84. Morgan 2007, p. 113.
  85. a et b Rossabi 1994, p. 473.
  86. Rossabi 2012, p. 111.
  87. a et b Rossabi 2012, p. 113.
  88. Rossabi 1988, p. 218.
  89. Rossabi 1988, p. 218–219.
  90. Rossabi 1988, p. 487–488.
  91. Rossabi 1994, p. 488.
  92. Zofia Stone, Genghis Khan : a Biography, New Delhi, Vij Books India Private Limited, (ISBN 9789386367112, OCLC 975222159, lire en ligne)
  93. Thomas J. Craughwell, The rise and fall of the second largest empire in history : how Genghis Khan's Mongols almost conquered the world, Beverly, MA, Fair Winds Press, (ISBN 9781616738518, OCLC 777020257, lire en ligne), p. 251
  94. Michael C. Howard, Transnationalism in ancient and medieval societies : the role of cross-border trade and travel, Jefferson, NC, McFarland, (ISBN 9780786490332, OCLC 779849477, lire en ligne), p. 84
  95. Tan Koon San, Dynastic China : an elementary history, Kuala Lumpur, The Other Press, (ISBN 9789839541885, OCLC 898313910, lire en ligne), p. 323
  96. a et b John Powers et David Templeman, Historical dictionary of Tibet, Lanham, MD, Scarecrow Press, (ISBN 0810879840, OCLC 801440529, lire en ligne), p. 742
  97. Hsiao 1994, p. 551.
  98. Hsiao 1994, p. 550.
  99. « 成吉思汗直系后裔现身河南 巨幅家谱为证(组图)_新民网 », sur News.xinmin.cn,‎ (consulté le 27 mai 2016)
  100. (en) John D. Langlois, JR., China Under Mongol Rule, coll. « Princeton Legacy Library », , 137-185 p. (ISBN 978-1-4008-5409-7, présentation en ligne), chap. III.1 (« Political Thought in Chin-hua under Mongol Rule »)
  101. (Kellner 2006, p. 4) « Le fait que le persan soit considéré dans l’administration des Yuan comme une des trois langues officielles, à côté du chinois et du mongol, démontre l’importance du rôle des persanophones en Chine pendant cette période. »
  102. Cécile et Michel Beurdeley 1974, p. 162
  103. Gabriele Fahr-Becker 1999, p. 188
  104. Yang Xin, Richard M. Barnhart, Nie Chonghzeng, James Cahill, Lang Shaojun, Wu Hung 2003, p. 169
  105. Yang Xin, Richard M. Barnhart, Nie Chonghzeng, James Cahill, Lang Shaojun, Wu Hung 2003, p. 141-144
  106. Yang Xin,Richard M. Barnhart,Nie Chonghzeng,James Cahill,Lang Shaojun,Wu Hung 2003, p. 188
  107. Gabriele Fahr-Becker 1999, p. 182

BibliographieModifier

Histoire de la ChineModifier

  • (en) Patricia Buckley Ebrey, The Cambridge Illustrated History of China, Cambridge University Press, (1re éd. 1996) [détail de l’édition] (ISBN 978-0-521-12433-1)
  • (en) Frederick W. Mote, Imperial China: 900–1800, Harvard University Press, [détail de l’édition] (ISBN 978-0-674-01212-7)
  • Jacques Gernet, Le Monde chinois. Tome 2, L'époque moderne Xe-XIXe siècle, Paris, Armand Colin. Pocket, Agora, , 378 p. (ISBN 2266161334).
  • John K. Fairbank, Merle D. Goldman, Histoire de la Chine - Des origines à nos jours, Paris, Tallandier, , 749 p. (ISBN 9782847346268) Titre original : China, A New History, 1992, 1996, 2006 Harvard College.

Empire mongol et dynastie YuanModifier

  • (en) David Morgan, « Who Ran the Mongol Empire? », The Journal of the Royal Asiatic Society of Great Britain and Ireland, vol. 114, no 1,‎ , p. 124–136 (DOI 10.1017/S0035869X00159179)
  • (en) David Morgan, The Mongols, Wiley-Blackwell, [détail de l’édition] (ISBN 978-1-4051-3539-9)
  • (en) Thomas Allsen, « The rise of the Mongolian empire and Mongolian rule in north China », dans Denis C. Twitchett et Herbert Franke (dir.), The Cambridge History of China: Volume 6, Alien Regimes and Border States, 710–1368, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-24331-5), p. 321–413
  • (en) Morris Rossabi, Khubilai Khan: His Life and Times, Los Angeles, University of California Press, [détail de l’édition] (ISBN 978-0-520-06740-0)
  • Morris Rossabi (trad. Martine Leroy-Battistelli), Kubilaï Khan : empereur de Chine, Paris, Perrin, (ISBN 2-262-00704-7)
    traduction française du précédent.
  • (en) Morris Rossabi, The Mongols: A Very Short Introduction, Oxford University Press, [détail de l’édition] (ISBN 978-0-19-984089-2)
  • (en) Morris Rossabi, « The reign of Khubilai Khan », dans Denis C. Twitchett et Herbert Franke (dir.), The Cambridge History of China: Volume 6, Alien Regimes and Border States, 710–1368, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-24331-5), p. 414–489
  • (en) Ch'i-Ch'ing Hsiao, « Mid-Yuan Politics », dans Denis C. Twitchett et Herbert Franke (dir.), The Cambridge History of China: Volume 6, Alien Regimes and Border States, 710–1368, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-24331-5), p. 490–560
  • (en) John Dardess, « Shun-ti and the end of Yuan rule in China », dans Denis C. Twitchett et Herbert Franke (dir.), The Cambridge History of China: Volume 6, Alien Regimes and Border States, 710–1368, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-24331-5), p. 561–586
  • (en) Elizabeth Endicott-West, « The Yuan government and society », dans Denis C. Twitchett et Herbert Franke (dir.), The Cambridge History of China: Volume 6, Alien Regimes and Border States, 710–1368, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-24331-5), p. 587–615
  • (en) Frederick W. Mote, « Chinese society under Mongol rule, 1215-1368 », dans Denis C. Twitchett, Herbert Franke et John King Fairbank (dir.), The Cambridge History of China: Volume 6, Alien Regimes and Border States, 710–1368, Cambridge University Press, , 616–664 p. [détail de l’édition] (ISBN 978-0-521-24331-5)
  • (en) George Lane, Daily Life in the Mongol Empire, Greenwood Publishing, [détail de l’édition] (ISBN 978-0-313-33226-5)
  • (en) Thomas Allsen, Culture and Conquest in Mongol Eurasia, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-80335-9)
  • Timothy Brook (trad. Odile Demange), Sous l’œil des dragons : La Chine des dynasties Yuan et Ming, Paris, Payot, (ISBN 978-2-228-90804-7).
  • Henri Cordier, Histoire générale de la Chine : et de ses relations avec les pays étrangers : depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie Mandchoue, vol. II Depuis Les Cinq Dynasties (907) jusqu’à la chute des Mongols (1368), Paris, P. Geuthner, 1920-1921 (notice BnF no FRBNF37453441) disponible sur Gallica
  • Thierry Kellner, « Le 'Dragon' et le 'Simorgh' : une alliance en formation ? », Which Energy, What Security for Iran and its Neighbours, Genève, Geneva International Peace Research Institute (GIPRI) / Université Libre de Bruxelles,‎ (lire en ligne)
  • Delphine Weulersse, « La Chine sous la dynastie mongole des Yuan, 1279-1368 », dans Jean Favier (dir.), XIVe et XVe siècles : crises et genèses, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Peuples et civilisations », , p. 755-783

Histoire de l'artModifier

  • Danielle Elisseeff, Histoire de l'art : De la Chine des Song (960) à la fin de l'Empire (1912), Paris, École du Louvre, Éditions de la Réunion des Musées Nationaux (Manuels de l'École du Louvre), , 381 p. (ISBN 978-2-7118-5520-9) Ouvrage de référence, bibliographie et Sites Internet.
  • He Li, La Céramique chinoise, Paris, Éditions de l'amateur / L'aventurine, , 352 p. (ISBN 2859172467).
  • Cécile et Michel Beurdeley, La Céramique chinoise - Le Guide du connaisseur, Paris, Office du livre, Fribourg - Éditions Vilo, (réédition Charles Moreau 2005)
  • Gabriele Fahr-Becker (sous la direction de), Les Arts de l'Asie orientale. Tome 1, Cologne, Könemann, , 406 p. (ISBN 3-8290-1743-X).
  • Gilles Béguin, L'art bouddhique, Paris, CNRS (éditions), , 415 p. (ISBN 978-2-271-06812-5).
  • Zheng Xinmiao (dir) et : Zhang Hongxing, Guo Guang, Christian Vair(Traducteur), Peinture chinoise, France, Citadelles et Mazenod, , 400 p. (ISBN 978-2-85088-129-9), (rel. sous emboitage).
  • Yang Xin, Richard M. Barnhart, Nie Chonghzeng, James Cahill, Lang Shaojun, Wu Hung, Trois mille ans de peinture chinoise, Arles, Philippe Piquier, , 402 p. (ISBN 2877306674).
  • Emmanuelle Lesbre, Liu Jianlong, La Peinture chinoise, Paris, Hazan, , 480 p. (ISBN 2-85025-922-5).

Pour approfondirModifier

  • Bettine Birge, « Levirate marriage and the revival of widow chastity in Yüan China », Asia Major, vol. 8, no 2,‎ , p. 107–146 (JSTOR 41645519)
  • « "Ta Chin" (Great Golden): The Origin and Changing Interpretations of the Jurchen State Name », T'oung Pao, vol. 77,‎ , p. 253–299 (JSTOR 4528536)
  • Yuan Thought: Chinese Thought and Religion Under the Mongols, New York, NY, Columbia University Press, (ISBN 978-0-231-05324-2)
  • Arthur Cotterell, The Imperial Capitals of China - An Inside View of the Celestial Empire, London, England, Pimlico, (ISBN 9781845950095)
  • Gregory G. Guzman, « Were the Barbarians a Negative or Positive Factor in Ancient and Medieval History? », The Historian, vol. 50, no 4,‎ , p. 558–571 (DOI 10.1111/j.1540-6563.1988.tb00759.x)
  • Peng Yoke Ho, Li, Qi and Shu: An Introduction to Science and Civilization in China, Hong Kong University Press, [détail de l’édition] (ISBN 978-0-486-41445-4)
  • Joseph Dauben, The Mathematics of Egypt, Mesopotamia, China, India, and Islam: A Sourcebook, Princeton University Press, [détail de l’édition] (ISBN 978-0-691-11485-9), « Chinese Mathematics »
  • Patricia Buckley Ebrey, Chinese Civilization: A Sourcebook, Simon and Schuster, (ISBN 978-1-4391-8839-2)
  • Elizabeth Endicott-West, « Imperial governance in Yüan times », Harvard Journal of Asiatic Studies, vol. 46, no 2,‎ , p. 523–549 (DOI 10.2307/2719142, JSTOR 2719142)
  • Elizabeth Endicott-West, The Cambridge History of China: Volume 6, Alien Regimes and Border States, 710–1368, Cambridge University Press, , 587–615 p. (ISBN 978-0-521-24331-5), « The Yuan government and society »
  • John D. Langlois, China Under Mongol Rule, Princeton, Princeton University Press, (ISBN 978-0-691-10110-1)
  • John D. Langlois, « Report on the research conference: The Impact of Mongol Domination on Chinese Civilization », Sung Studies Newsletter, vol. 13,‎ , p. 82–90 (JSTOR 23497251)
  • Ann Paludan, Chronicle of the China Emperors, London, England, Thames & Hudson, (ISBN 978-0-500-05090-3)
  • John Joseph Saunders, The History of the Mongol Conquests, University of Pennsylvania Press, (1re éd. 1971) (ISBN 978-0-812-21766-7)
  • Owen, Stephen, "The Yuan and Ming Dynasties," in Stephen Owen, ed. An Anthology of Chinese Literature: Beginnings to 1911. New York: W. W. Norton & Company, 1997. p. 723-743. (Archive).
  • “Directory of Scholars Working in Sung, Liao, Chin and Yüan”. 1987. “Directory of Scholars Working in Sung, Liao, Chin and Yüan”. Bulletin of Sung and Yüan Studies, no. 19. Society for Song, Yuan, and Conquest Dynasty Studies: 224–54. JSTOR:23497542.
  • John Masson Smith, Jr., « Review: Nomads on Ponies vs. Slaves on Horses », Journal of the American Oriental Society, vol. 118, no 1,‎ jan–mar 1998, p. 54–62 (DOI 10.2307/606298, JSTOR 606298)
  • K. T. Wu, « Chinese Printing under Four Alien Dynasties: (916-1368 A. D.) », Harvard Journal of Asiatic Studies, vol. 13, nos 3/4,‎ , p. 447–523 (ISSN 0073-0548, DOI 10.2307/2718064, JSTOR 2718064)
  • Gang Zhao, « Reinventing China: Imperial Qing Ideology and the Rise of Modern Chinese National Identity in the Early Twentieth Century », Modern China, vol. 32, no Number 1,‎ , p. 3–30 (DOI 10.1177/0097700405282349, JSTOR 20062627, lire en ligne[archive du ])

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

  • National Palace Museum : collections nationales d'art chinois : Peinture de Huang Gongwang (1269-1354), Habiter dans les monts Fuchun[1]Rouleau horizontal, (détail) , encre sur papier, 33 × 639,9 cm.
  • National Palace Museum : collections nationales d'art chinois : Peinture de Ni Zan (1301-1374)[2], Rouleau vertical, encre sur papier, 74,7 × 35,5 cm.