Villeneuve-Loubet

commune française du département des Alpes-Maritimes

Villeneuve-Loubet
Villeneuve-Loubet
Le village surplombé par le château de Villeneuve.
Blason de Villeneuve-Loubet
Blason
Villeneuve-Loubet
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Grasse
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Sophia Antipolis
Maire
Mandat
Lionnel Luca
2020-2026
Code postal 06270
Code commune 06161
Démographie
Gentilé Villeneuvois
Population
municipale
16 285 hab. (2019 en augmentation de 13,52 % par rapport à 2013)
Densité 831 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 39′ 32″ nord, 7° 07′ 20″ est
Altitude 20 m
Min. 0 m
Max. 213 m
Superficie 19,60 km2
Unité urbaine Nice
(banlieue)
Aire d'attraction Nice
(commune du pôle principal)
Élections
Départementales Canton de Villeneuve-Loubet
(bureau centralisateur)
Législatives Sixième circonscription
Localisation
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Villeneuve-Loubet
Liens
Site web villeneuveloubet.fr

Villeneuve-Loubet [vilnœv lube] (Vilanòva Lobet en provençal dans la norme classique et Vilonovo-Loubet dans la norme mistralienne) est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle est membre de la C.A.S.A. (Communauté d'agglomération Sophia Antipolis).

Ses habitants sont appelés les Villeneuvois.

GéographieModifier

LocalisationModifier

Villeneuve-Loubet se situe sur le littoral de la Côte d'Azur, entre Cagnes-sur-Mer et Antibes, près de Nice (15 km à l'est).

Représentations cartographiques de la commune
Carte OpenStreetMap
Carte topographique

Communes limitrophesModifier

Géologie et reliefModifier

 
Plage des Bouches du Loup

La commune de Villeneuve-Loubet est constituée par la réunion de trois anciens territoires[1] : à l'est, celui de Villeneuve, à l'intérieur des terres, qui inclut la colline sur laquelle est perché le vieux village ainsi que les quartiers résidentiels et les plaines alentours irriguées par le Loup ; le Loubet (désormais mieux connu sous l'appellation de Villeneuve-Loubet-plage), sur les rives de la Méditerranée, à l'ouest de l'embouchure du Loup (duquel il tire probablement son nom)[2], fortement urbanisé depuis la seconde moitié du XXe siècle ; et enfin La Garde, territoire de collines culminant à 213 m. près du lieu-dit La Vanade[3] et traversé par la route de Grasse.

Le village et la plaine du Loup, noyau historique de la commune, ainsi que le littoral, qui s'étend sur 3 km et dont le développement urbain est plus récent, confèrent une dimension bicéphale à l'agglomération villeneuvoise.

La topographie singulière de Villeneuve-Loubet a néanmoins limité son extension urbaine sur certaines portions de la plaine du Loup et sur le massif andésitique composant son arrière-pays vallonné, où l'urbanisation est beaucoup plus ponctuelle. Villeneuve-Loubet, qui dispose de 1 960 hectares dont 1 125 sont occupés par des espaces naturels, forme ainsi l'une des seules communes littorales des Alpes-Maritimes dont l'urbanisation n'est que partielle[4].

HydrographieModifier

Le territoire communal villeneuvois est entièrement situé dans le bassin hydrographique du Loup, à l'exception du Parc naturel de Vaugrenier, aux confins sud-ouest de la commune, dont les divers ruisseaux et l'étang naturel sont drainés par la Brague, autre fleuve côtier dont l'embouchure est située à Antibes[4].

Elle est traversée par un fleuve côtier et l'un de ses principaux affluents, ainsi que par divers autres cours d'eau et vallons mineurs :

  • Le Loup (49,3 km), descendu des Préalpes de Grasse, qui entre dans la commune par le nord après avoir franchi de basses gorges sur le territoire de la commune de La Colle-sur-Loup, passe près du village et, peu après, matérialise la limite entre les territoires communaux de Villeneuve-Loubet et de Cagnes-sur-Mer jusqu'à son embouchure, juste à l'ouest de l'hippodrome de la Côte d'Azur. Un parc naturel départemental (qui s'étend également sur les deux communes voisines précitées) a été créé afin de protéger la faune et la flore de ses berges, dont la majeure partie sont toujours boisées[5].
  • Le vallon du Mardaric, affluent droit qui conflue avec le Loup près du village et dont la vallée forme une plaine facilitant le passage vers le pays grassois, sur un site au relief assez marqué.
  • Vallons de Grimou, de la Glacière, des Fabregouriers, du Pied de Digue, de Colle Longue, de la Pierre à Tambour.

Voies de communication et transportsModifier

Transports routiersModifier

  • RD 6007 (ancienne Route Nationale 7).
  • Autoroute A8.
  • Sorties et échangeurs :
    •   46 Bouches du Loup : Bouches du Loup / Villeneuve-Loubet-Plage
    •   47 Villeneuve-Loubet : Villeneuve-Loubet Centre, Vence, Cagnes-sur-Mer

Transports publicsModifier

Villeneuve-Loubet est desservie par le réseau de transport en commun Envibus, qui dessert la Communauté d'agglomération Sophia Antipolis, et se situe sur l'itinéraire des lignes 200 (Nice-Cannes), 217 (Nice-Villeneuve-Loubet), 400 (Nice-Vence) et 500 (Nice-Grasse) du réseau Lignes d'Azur, desservant l'agglomération niçoise.

Lignes SNCFModifier

La commune est desservie par la gare de Villeneuve-Loubet-plage des TER Provence-Alpes-Côte d'Azur.

HistoireModifier

AntiquitéModifier

Les plus anciennes traces d'occupation sur la commune remontent à la protohistoire avec un habitat dispersé sur plusieurs sites, mais les restes d'occupation les plus importants à l'heure actuelle remontent à l'âge du fer et surtout à la période romaine.

Saint-AndrieuModifier

Situé sur une colline surplombant la mer près de la limite avec la commune de Cagnes-sur-Mer, le site de Saint-Andrieu, fouillé dans les années 1970 par Georges Rogers, a livré les traces d'un habitat de hauteur indigène, probablement des Ligures Décéates. Une tradition fondée sur la surinterprétation des sources veut que Saint-Andrieu soit Aegytna, capitale des Décéates détruite en -154 av. J.-C. par le consul romain Quintus Opimius[6]. Les découvertes archéologiques contredisent cette hypothèse. Les fouilles ont livré du mobilier qui montre des échanges intenses avec les Grecs de Marseille, par l'intermédiaire d'Antibes et une occupation continue depuis le Ve siècle av. J.-C. jusqu'à l'époque d'Auguste. Les céramiques importées (amphores de Marseille, amphores italiques, céramique grise monochrome, céramiques campaniennes, céramique sigillée italiques...) sont associées à des céramiques modelées indigènes[7]. Sous l'Empire, le site est restructuré. Une exploitation agricole avec un pressoir pour produire de l'huile ou du vin remplace l'habitat indigène. Des niveaux du IIIe siècle, riches en céramiques importées (sigillées claires gauloises, sigillées claires africaines, lampes à huile...) ont été identifiés. Les couches les plus superficielles du site ont encore fourni des céramiques de l'Antiquité tardive (sigillées claires provenant d'Afrique du Nord) et du Moyen Âge (pégau) antérieures au XIIIe siècle. Ces céramiques témoignent d'une continuité d'occupation entre l'Antiquité et le Moyen Âge classique.
Les céramiques médiévales sont associées à des structures de stockage enterrées (silos) et des restes de murs passablement arasés. Il peut s'agir des ultimes traces d'une agglomération antérieure à la création de Villeneuve-Loubet, dont la chapelle Saint-Andrieu devait être le centre spirituel[8].

Le CloteirolModifier

Le site du Cloteirol n'a jamais été étudié profondément. Des parallèles peuvent toutefois être établies avec de nombreux sites archéologiques des Alpes-Maritimes[9]. Il s'agit d'un habitat de hauteur protégé par une enceinte en pierres sèches. Il est souvent considéré comme un oppidum des anciennes populations ligures[10]. Le mobilier, mis au jour lors de prospections et conservé au Musée d'Art et d'Histoire de Provence, à Grasse, montre une occupation depuis l'extrême fin de l'âge du fer, une transformation du site en petite agglomération agricole au Haut-Empire et un abandon durant l'Antiquité tardive. On doit encore noter la découverte sur le site d'une stèle funéraire datée du IIe siècle[11].

Les sites archéologiques du parc de VaugrenierModifier

Un sanctuaire grecModifier

Le parc de Vaugrenier recèle un grand nombre de sites archéologiques antiques. Le plus ancien se trouve sur les pentes de la colline au centre du parc, en contrebas d'une petite ferme datée du Ier siècle qualifiée à tort de maison gréco-ligure par les fouilleurs des années 1960[12]. Il s'agit d'un sanctuaire de plein air. Des céramiques portant des inscriptions dédicatoires en langue grecque étaient fracassées et ainsi sacrifiées. On connaît d'autres sanctuaires similaires dans l'aire culturelle des Grecs de Marseille, notamment l'Acapte à Giens, tout près de lakatoikia d’Olbia sur le territoire de la commune de Hyères. Le sanctuaire semble avoir fonctionné entre le IIe siècle av. J.-C. et le début de l'époque d'Auguste[13].

Une agglomération romaine du Ier siècle[12],[13],[14],[15]Modifier

Les fouilles archéologiques effectuées depuis les années 1960 au sud-est du parc, face au littoral, ont permis la mise au jour d'une petite agglomération d'époque romaine. Elle s'organise de part et d'autre d'un tronçon de la via Julia Augusta fondée sous le règne d'Auguste qui traverse le parc et l'étang de Vaugrenier en direction d'Antibes, parallèlement à l'ex Nationale 7. Le monument le plus spectaculaire est un temple de tradition italique, dont la construction est contemporaine du tracée de la voie. Les autres constructions sont des boutiques aux fonctions artisanales alignées.

L'agglomération semble avoir été fondée à l'époque d'Auguste probablement par l'attribution de terres à des soldats vétérans de la légion romaine dans le but de mettre en valeur ou d'assainir le littoral marécageux de la périphérie d'Antipolis et d'assurer le contrôle de la région. Elle périclite dans la seconde moitié du Ier siècle, probablement en 69 à la suite des luttes entre les partisans d'Othon, de Vitellius et de Vespasien.

Autres traces d'occupationModifier

Si l'agglomération disparaît en tant que telle dans la seconde moitié du Ier siècle, le site de Vaugrenier reste occupé. En témoignent :

  • de nombreuses sépultures datées du Ier siècle à l'Antiquité tardive mises au jour dans le parc au plus près de la nationale 7[16] ;
  • la construction d'un bâtiment à vocation agricole daté du IIIe siècle empiétant sur la voie près du temple[13] ;
  • des fosses destinées à la récupération des pierres ayant servi à la construction de l'agglomération, datant du Ve siècle[17].

Par ailleurs, au sommet de la colline, au centre du parc, des prospections de surface ont permis d'identifier les traces de plusieurs exploitations agricoles datant du Haut-Empire.

Le "Trophée" de la BragueModifier

Une série de blocs de pierres ornées de motifs militaires antiques (casques et boucliers gaulois, glaives, enseignes militaires…) ont été découverts au début du XXe siècle au quartier de la Brague ou des Groules en limite de la commune d'Antibes aujourd'hui conservé au Musée d'Archéologie d'Antibes[18]. Ils ont été interprétés, à tort, comme faisant partie d'un trophée commémorant la victoire du consul Quintus Opimius sur les Décéates et les Oxybiens en -154[19]. Il semble plutôt s'agir d'un mausolée édifiée entre au milieu du Ier siècle av. J.-C. par des vétérans installés dans les environs de Vaugrenier[20].

Moyen Âge et origines de Villeneuve-LoubetModifier

La commune a été constituée à partir de plusieurs fiefs anciennement occupés au haut Moyen Âge :

  • le Gaudelet dont le château est décrit comme étant détruit au milieu du XIIIe siècle mais qui semble remonter au plus tard au XIe siècle ;
  • Saint-Andrieu dont l'origine a été évoquée plus haut et qui ne semble plus occupé au-delà du XIIIe siècle, à l'exception de la chapelle Saint-Andrieu fréquentée par les habitants de Villeneuve-Loubet jusqu'à la Révolution française. Cette dernière appartient encore à la commune ;
  • le Loubet, connu dès le XIe siècle, pourvu d'un habitat fortifié et d'une église au XIIe siècle ;
 
Tour de la Madone (ou Tour de la Garde)
  • la Garde dont la première mention date du début du XIIe siècle et qui est décrit comme un habitat fortifié possédant deux églises au XIIe siècle. Le village est détruit au début du XIIIe siècle, puis reconstruit au lieu-dit Tour de la Madone, avant de disparaître à la fin du XIVe siècle ;
  • Villeneuve fondée vers 1234 par Romée de Villanova d'une famille catalane, au service des comtes de Provence de la Maison de Barcelone qui cherchent à asseoir leur pouvoir en Provence orientale. Il fait ériger un château à l'emplacement de l'actuel château de Villeneuve-Loubet. Un village et une église sont attestés au début du XIVe siècle[21] .

L'une des particularités de la seigneurie fondée par Romée de Villanova au XIIIe siècle est qu'elle réunit des territoires relevant à la fois de l'évêché de Vence (nouveau village de Villeneuve) et de l'évêché de Grasse (le Loubet et la Garde, alors dépeuplés), séparés par le cours du Loup du Ve siècle jusqu'à la Révolution française[22].

À la mort de Romée (v. 1250), la seigneurie de Villeneuve est rachetée par Charles Ier d'Anjou, comte de Provence[23].

Villeneuve-Loubet, comme l'ensemble du comté de Provence, est durement éprouvée par la peste noire et la guerre civile consécutive à l'assassinat de la reine Jeanne avant d'être réunie à la France en 1487.

RenaissanceModifier

Au XVIe siècle, la seigneurie de Villeneuve-Loubet, passée aux mains des Lascaris, est repeuplée et son village reconstruit par des populations venues du val d'Oneille, en Ligurie.

Le village, situé à quelques kilomètres seulement de la frontière séparant la Provence française du comté de Nice, fief impérial, est envahi à deux reprises par les armées de Charles Quint en 1524 et 1536.

En 1538, François Ier choisit le château de Villeneuve-Loubet comme base et y séjourne plusieurs jours, le temps que soit négociée la trêve de Nice dans le but de mettre un terme aux différends opposant le roi de France à l'empereur Charles Quint dans le cadre des guerres d'Italie[24]. Cet événement est commémoré et célébré tous les ans, en été, à l'occasion des soirées Renaissance.

Villeneuve-Loubet du XIXe siècle à la Seconde Guerre mondialeModifier

À la Belle Époque, Villeneuve-Loubet avoisine le millier d'habitants. C'est une petite bourgade essentiellement agricole qui vit de ses cultures maraîchères (choux, haricots, courgettes, carottes...), de l'olivier, du blé, du tabac et des des cultures florales (rose de mai, menthe poivrée, géranium...) destinées aux parfumeries grassoises[25].

C'est à cette époque que naissent les prémices de la vocation touristique du site de Villeneuve-Loubet, non pas prisé alors pour son littoral, mais pour ses rives du Loup, classées en 1899 « destination champêtre de prédilection pour les familles azuréennes » par la Une du Petit Niçois[26]. Des hôtels-restaurants et des guinguettes s'installent sur les berges de la rivière, fréquentées par les bourgeois de Nice et de Grasse[24].

En 1906, le village de Villeneuve-Loubet est desservi par les lignes du T.A.M. (tramways des Alpes-Maritimes) Cagnes-Grasse, Cagnes-Antibes et Cagnes-Vence, permettant à ses habitants d'exporter plus facilement leurs productions vers les grands centres marchands d'Antibes, de Grasse (notamment les plantes à parfum) et de Nice, via Cagnes. Le tramway entre dans Villeneuve-Loubet par le tunnel (aujourd'hui routier) construit pour l'occasion et traverse l'actuelle avenue de la Libération jusqu'au poste de police municipale, dont le bâtiment était à l'origine la halte routière de la commune (c'est par ailleurs au même endroit que le village est actuellement desservi par le réseau de bus des Lignes d'Azur).

L'ouvrage le plus remarquable de cette époque est néanmoins le viaduc des Vignes, qui enjambe un ravin d'une vingtaine de mètres de profondeur entre Villeneuve-Loubet et Roquefort (ligne Cagnes-Grasse), et où s'est produit un terrible accident dans la soirée du mercredi 17 septembre 1913. Les attaches du tramway se rompent et la première voiture bute contre le parapet pendant que les trois autres vont s'abîmer en miettes dans le vallon. Le bilan final fait état de 17 morts (dont 12 soldats) et 33 blessés[27], qui sont évacués et conduits vers l'hôpital Saint-Roch de Nice. Cet incident majeur sera l'une des raisons évoquées pour le démantèlement du réseau des T.A.M. dans les années 1930[28]. Quant au viaduc des Vignes, il est toujours sur place mais son accès est demeuré strictement interdit.

Durant l'entre-deux-guerres, Villeneuve-Loubet est fréquentée par Philippe Pétain, qui y fait l'acquisition d'un domaine et d'une villa au lieu-dit les Ginestières[29].

Le 26 août 1944, Villeneuve-Loubet est le théâtre d'une bataille opposant des soldats allemands au 1er détachement du service spécial, composée d'une armée américano-canadienne faisant marche pour la libération de Nice. La tour du château médiéval est endommagée par un obus de l'US Navy qui fait des dommages collatéraux. En 2006, un étudiant découvre la présence des corps de quatorze soldats allemands tués au cours de cette bataille dans une fosse commune[30].

Villeneuve-Loubet depuis 1945Modifier

Dans les premières années suivant la guerre, alors que la plupart du rivage méditerranéen de la Côte d'Azur est déjà fortement urbanisé et soumis au tourisme de masse, le littoral villeneuvois ne présente encore que de vastes exploitations d'oliviers traversées par la route nationale et le chemin de fer. Il s'adapte donc dans un premier temps à cette situation géographique et sociale par la transformation progressive de ses nombreuses parcelles agricoles en terrains de campings. En 1957, 29 des 128 campings du département sont situés à Villeneuve-Loubet[31].

Néanmoins, ce modèle de tourisme naturel ne va pas tarder à céder à la pression immobilière et à la densification urbaine (accentuées par la construction du tronçon Estérel Côte d'Azur de l'autoroute A8 en 1955-1957) à laquelle Villeneuve-Loubet n'échappera pas durant les Trente Glorieuses. Les hôtels et les restaurants, moins spacieux et laissant une plus grande place aux infrastructures balnéaires, remplacent les campings.

Une zone d'activités industrielle et commerciale s'implante le long de la route nationale 7 tandis que quelques parcelles agricoles aux alentours du village sont toujours en activité, le concours ultra-local de Miss Carotte est même célébré dans les années 1960[32].

Près du village comme sur la côte, divers programmes immobiliers d'envergure voient le jour tels que les Hameaux du Soleil, le domaine Saint-Andrieu (sur le site de l'ancien village éponyme, dont il ne subsiste que la chapelle), ou les Hauts de Vaugrenier, domaine de 130 hectares loti de plus de 1000 unités d'habitations en 1973, sur les premiers contreforts des collines qui surplombent le littoral et la forêt de Vaugrenier (dont le déboisement partiel au profit d'un centre touristique haut de gamme comprenant notamment un parcours de golf, des courts de tennis et une piscine resta à l'état de projet après avoir rencontré l'opposition du conseil municipal)[33].

Le plus ambitieux et emblématique de ces projets résidentiels est celui de Marina-Baie des Anges, dont la construction s'est étalée de 1969 à 1992 suite à divers imprévus et à une longue pause laissant le chantier inachevé pendant près d'une décennie[34]. Cet ensemble constitué de quatre grands immeubles en forme de vagues et d'un port de plaisance est aujourd'hui l'un des plus emblématiques du littoral azuréen et est classé patrimoine architectural du XXe siècle.

HéraldiqueModifier

  Blason
D'or à deux cocons de ver à soie de sable posés en sautoir.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Le blason de Villeneuve-Loubet évoque la pratique de la sériciculture, activité autrefois très développée en France, notamment dans le quart sud-est où le climat était plus favorable. À la suite de l'édit de Louis XIV de novembre 1692, la commune se vit imposer d'office par les commis de Charles d'Hozier le blason « d'or aux deux cocons de ver à soie de sable en sautoir ». Au XXe siècle, la commune portait « de gueules à deux cocons de ver à soie d'argent ; au chef cousu d'azur, chargé de trois lys d'or ». Le blason actuellement utilisé est celui de 1692.

L'élevage des cocons de vers à soie, à destination de l'industrie lyonnaise, est adopté par des agriculteurs villeneuvois à la fin du XVIe siècle afin d'améliorer leurs revenus. Les vers à soie furent victimes d'une épidémie en 1855 et cette activité ne tarda pas à péricliter. Les nombreux mûriers bordant les allées du parc de Vaugrenier, dont les feuilles servaient de nourriture aux vers, sont les derniers vestiges de cette industrie qui contribua à la prospérité de Villeneuve-Loubet pendant plus de trois siècles.

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2014 Richard Camou RPF  
30 mars 2014 En cours Lionnel Luca UMP-LR Ancien Député
Les données manquantes sont à compléter.

Une élection municipale partielle eût lieu en 1979, à la suite du décès d'Anthony Fabre.

Lors des élections de mars 2008, Richard Camou a été réélu au premier tour avec 76 % des voix contre 23 % des voix pour la liste menée par Robert Chignoli. Le taux d'abstention étant de 42,82 %.

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[35],[Note 1].

En 2019, la commune comptait 16 285 habitants[Note 2], en augmentation de 13,52 % par rapport à 2013 (Alpes-Maritimes : +1,25 %, France hors Mayotte : +2,17 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
455307534653618791779722743
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
685766735730734830942890793
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
8788439679121 2661 2361 5201 4021 914
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
2 7693 8656 0018 08311 53912 93514 10414 99514 672
2019 - - - - - - - -
16 285--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[36] puis Insee à partir de 2006[37].)
Histogramme de l'évolution démographique

ÉconomieModifier

Villeneuve-Loubet est une une station balnéaire à l'économie largement tertiarisée où le tourisme occupe une place de premier rang tandis qu'une zone d'activités et de nombreux commerces sont implantés le long de l'ancienne nationale 7 (Pôle Marina-7). Le centre commercial Polygone Riviera, situé tout près du village sur la commune de Cagnes-sur-Mer, ainsi que la proximité de ville de Nice et de la technopole de Sophia Antipolis représentent d'importantes sources d'emploi pour la commune.

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Villeneuve-Loubet est une commune urbaine[Note 3],[38]. Elle fait en effet partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[39],[40]. Elle appartient à l'unité urbaine de Nice, une agglomération intra-départementale regroupant 51 communes[41] et 942 886 habitants en 2017, dont elle est une commune de la banlieue. L'agglomération de Nice est la septième plus importante de la France en termes de population, derrière celles de Paris, Lyon, Marseille-Aix-en-Provence, Lille (partie française), Toulouse et Bordeaux[42],[43].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Nice, dont elle est une commune du pôle principal[Note 4]. Cette aire, qui regroupe 100 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[44],[45].

La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[46]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, comme le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit[47],[48].

Occupation des solsModifier

 
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (49,9 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (55,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (28,1 %), forêts (26 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (23,9 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (7,9 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (6,4 %), prairies (2,9 %), mines, décharges et chantiers (2,8 %), zones agricoles hétérogènes (1,8 %), eaux maritimes (0,2 %)[49].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[50].

ProjetsModifier

Un projet de RFF vise à couvrir sur 301 mètres de long la voie ferrée qui va de Cannes-Antibes à Nice avec le rétablissement de la voirie de surface (RFF serait maître d'ouvrage), avec des aménagements de voiries et de parkings en surface (sous maîtrise d'ouvrage communale), de manière aussi à diminuer les nuisances sonores et à améliorer la qualité de vie des riverains, tout en répondant à un projet de construction d'une 3e voie entre Cannes-Antibes et Nice.

Lieux et monumentsModifier

Le village RenaissanceModifier

Le vieux village de Villeneuve-Loubet, implanté sur les pentes d'un éperon rocheux, domine la vallée du Loup et bénéficie d'une vue qui s'étend jusqu'à la mer.

Le bâti s'organise autour du château tandis que les rues suivent les différentes courbes de niveaux et ont généré la construction de maisons par étages. Le village médiéval, qui occupait vraisemblablement les pentes de la même colline, a totalement disparu. Il ne subsiste, comme témoin du XIIIe siècle, que le château.

 
Vue du village et de l'église Saint-Marc depuis l'avenue de la Libération

Reconstruit au XVIe siècle sous l'impulsion des Lascaris de Tende, après les grandes épidémies qui avaient causé son déclin, le village offre aujourd'hui quelques belles portes de style Renaissance, des calades fleuries et de riantes ruelles qui conduisent à l'église Saint-Marc ou au musée de l'Art culinaire aménagé dans la maison natale d'Auguste Escoffier. On peut également y remarquer deux lavoirs plutôt récents (1948, l'eau courante étant arrivée tardivement dans le village)[51].

L'église Saint-MarcModifier

À l’origine, cet édifice religieux est construit à la fin du XVe siècle, sur l’initiative des Lascaris, comtes de Tende et seigneurs de Villeneuve. L’église est consacrée d’abord à Notre-Dame du Gaudelet, puis dédiée définitivement à Saint-Marc au XIXe siècle, saint patron de Villeneuve déjà depuis plusieurs siècles.

Une nef de trois travées se prolonge par un chœur de même largeur. De part et d’autre de la troisième travée, deux chapelles latérales forment un plan cruciforme. Celle de droite sert de tombeau aux marquis de Panisse-Passis ; elle porte la date de 1842. Le chœur est couvert d’une croisée d’ogives de section carrée. Les trois travées de la nef sont couvertes d’un berceau plein cintre à pénétrations. Les deux chapelles latérales sont couvertes d’un berceau plein cintre. L’intérieur est richement décoré par des revêtements de couleurs, des fresques et des toiles. La façade principale de l’église comporte une porte d’entrée en bois peinte, encadrée de pierres de taille et, une ouverture en plein cintre, décorée de vitraux, qui permet d’éclairer la nef dans sa longueur. Le clocher, qui remplace un autre clocher-tour mentionné au XVIIe siècle, est une tour de pierre dressée datée de 1854. L’entrée est accessible par un pallier, qui est surélevé de quelques marches.

Située en contrebas du château, elle offre un panorama qui s’étend de la vallée du Loup jusqu’à la mer

Le château de Villeneuve-LoubetModifier

 
Château de Villeneuve, dessin à la plume et encre brune

Fondé au XIIIe siècle par Romée de Villeneuve, il est composé de quatre bâtiments autour d'une cour intérieure trapézoïdale et d'un donjon de forme pentagonale. Aux quatre angles se dresse une tour. Protégé par deux enceintes munies de créneaux et de meurtrières, le château a gardé l'allure austère d'une forteresse médiévale. Claude de Savoie y accueillit son cousin germain, François Ier. C'est au château que le roi de France signa la trêve de Nice, le 18 juin 1538. Le château, confié ensuite à des intendants, se dégrada petit à petit, jusqu'au jour où Auguste de Thomas l'acheta en 1679 et le fit restaurer. En 1742, il entra par héritage dans la famille de Panisse Passis.

Le Musée Escoffier de l'Art culinaireModifier

Niché au cœur du village, le musée, créé en 1966, est installé dans la maison natale d’Auguste Escoffier, père de la cuisine moderne et premier ambassadeur de la gastronomie française à l’étranger. Pour le grand public, il est le créateur de la célèbre Pêche Melba. Pour tous les grands chefs d’aujourd’hui, il reste une référence incontournable et son fameux Guide culinaire est pour eux une véritable bible. Offrir la meilleure visibilité de l’œuvre d’Auguste Escoffier et préserver sa mémoire, tel est l’esprit de ce musée. Actuellement, sept espaces présentent les souvenirs du Maître : objets, vaisselle et ustensiles d’époque, une riche documentation, ou de savoureux menus. Mon succès, déclara Auguste Escoffier, « vient de ce que mes meilleurs plats ont été créés pour les dames ». La Pêche créée en l’honneur de la cantatrice Nellie Melba est devenue célèbre dans le monde entier.

Le musée d'Histoire et d'Art (ex musée militaire)Modifier

Proposée sur quatre niveaux, la visite présente un espace voué aux expositions temporaires et thématiques au 1er étage. Le second et le troisième étage abritent une collection inédite retraçant l'histoire de l'armée française au XXe siècle. Intéressant musée consacré aux grands conflits du XXe siècle dans lequel la France a été engagée : les deux guerres mondiales (1914-1918, 1939-1945), la guerre d'Indochine (1945-1954), celle d'Algérie (1954-1962), les interventions au Tchad et au Zaïre (1969-1984), au Liban (1982-1987) et la guerre du Golfe (1991).

La chapelle Notre-Dame d'EspéranceModifier

Dite aussi Notre-Dame des Roches, elle était autrefois dédiée à Notre-Dame des Sept douleurs. Elle fut probablement remaniée en 1860. Les premières mentions en sont faites au XVIIe siècle : elle reçoit la visite pastorale de l’évêque en 1699. Elle se dresse sur un éperon rocheux, en contrebas du château. C’est un petit édifice de plan carré, couvert d’un berceau plein cintre. La façade est percée d’un jour semi-circulaire au-dessus de la porte et de deux jours rectangulaires, des « fenestrons », de part et d’autre de celle-ci.

La tour de la MadoneModifier

À environ quatre kilomètres à l'ouest du village, au lieu-dit du Jas de Madame, sur un plateau rocailleux, se dresse la tour de la Madone, datant du XIIIe siècle, surmontée d'une statue de la Vierge ajoutée au XIXe siècle. Ce donjon carré haut de 14 m est le dernier vestige subsistant de l'ancien château de La Garde. Celui-ci était entouré d'un village bâti en enfilade dont il subsiste des escaliers, une plateforme qui portait une basse-cour, des pans de murs ainsi que les ruines d'une chapelle rurale (où les villeneuvois ont participé à des messes annuelles jusqu'au début du XXe siècle), le tout en pierres karstiques (dolines, avens, lapiaz) du pays.

Les conditions tragiques de la disparition de ce village font l'objet de diverses légendes locales, dont l'historicité semble plus ou moins fantasmée. Les événements sont relatés ainsi dans les archives de Saint-Paul-de-Vence : « Féraud de Cabris, moine et prieur de Rochefort, ayant rassemblé un grand nombre de gens d'armes dans les châteaux de Rochefort et de La Garde, faisant des grandes vilenies contre les voisins et passants, et, ayant grossi ses troupes, fait assiéger le château de Draguignan, où il mit le feu et brûla ceux qui étaient dedans, et continua ses violences dans toute la Provence. Le Roi Robert donna commission à la communauté de Grasse de s'en saisir ou s'en défaire; lesquels étants allés à Rochefort pour exécuter l'ordre du Roy furent repoussés et maltraités, ce que le Roy ayant appris, donna la commission à la communauté de Saint-Paul lesquels ayant expié le temps que son temps était allé à la petite guerre et que lui restait avec peu de gens, tous les habitants de Saint-Paul, hommes, femmes et enfants y furent envestir le château de tous caustés et, s'étants mis en défense, ne peut pas empêcher qu'ils ne missent le feu au château, et qu'ils ne fussent brûlés avec touts ceux qui étaient dedans, comme il avait fait à Draguignan ».

Ce château serait donc jumeau de celui de Roquefort, qui semble avoir disparu à la même époque.

Marina-Baie des AngesModifier

 
Marina Baie des Anges et le massif du Mercantour-Argentera en hiver.

L’essor des vacances d’été et la politique d’aménagement du territoire des années 1960 suscitent le développement touristique de la Côte d’Azur, déjà urbanisée, où aucune opération de grande envergure n’est programmée excepté les infrastructures. Cette pièce urbaine unique souleva une violente polémique due à son gigantisme et à son effet de barrière visuelle en bord de mer. Œuvre au design d’un effet plastique indéniable, évoquant d’immenses vagues blanches, l’ensemble de l’édifice en gradins s’enroulant sur lui-même est le résultat d’une lente maturation défiant les normes de la réglementation. Sur un site relativement plat de 16 ha entre le rivage et la voie ferrée, 1 300 logements s’organisent autour d’un amphithéâtre constitué d’un port de plaisance et d’un parc. Autour du port, les équipements comprennent des commerces, une piscine et un centre de thalassothérapie. L’ensemble culmine à 70 m. Le souci du concepteur se situe dans l’innovation formelle des pyramides aux lignes pures, dont le style relève du design, faisant référence au Musée Guggenheim de F. L. Wright. La réalisation s’échelonne sur plus de 20 ans dès janvier 1969, sous l’égide du Groupe Marina détenu par Jean Marchand. André Minangoy en est l’architecte. Le premier bâtiment (Amiral) est livré en 1970, le second (Commodore) en 1972. Après l’achèvement du troisième, IGH de 22 étages (Ducal) en 1976, le rythme ralentit et le dernier immeuble (Baronnet), commencé cette année-là, n’est terminé qu’en 1993, en même temps que le centre de thalassothérapie.

L’explosion de l’expressivité architecturale, attisée par le relatif échec du mouvement moderne et la grande liberté qui se développe dans l’art, à l’époque de sa conception, ont favorisé l’édification de cette grandiose cité futuriste, véritable coup d’éclat de la société des loisirs. Le Minitère de la Culture a labellisé Marina-Baie des Anges le 28/11/2000 en tant que « Patrimoine du XXe siècle ».

Le château des BaumettesModifier

Après la Seconde Guerre mondiale, le château perd sa vocation résidentielle. Il est acheté en 1964 par la Caisse d'allocations familiales des Basses-Alpes. Un centre culturel y est construit en 1996.

Le château de VaugrenierModifier

 
Le château de Vaugrenier

Le château de Vaugrenier est une demeure construite à la fin du XVIe siècle par le célèbre architecte Palladio, originaire de Vicence (Italie). Le château se singularise, à l’étage noble, par une imposante pièce centrale, typique des constructions palladiennes, et un petit oratoire chargé de stucs. Dans les étages et surtout au rez-de-chaussée, on trouve de magnifiques pièces voûtées. Vers 1750, il fut acquis par la famille de l’actuelle propriétaire. À l’origine, le château et ses annexes constituaient un vaste domaine agricole, s’étendant sur 15 ha, constitué de prairies, pâturages à vaches et à moutons, bois et étang, terres de cultures, plantations de mûriers… Ces terres, à l’exception de 3 ha et demi, furent expropriées par le Département en 1960 et 1963, pour constituer le Parc Départemental. Un imposant bâtiment composé d’étables, de granges et d’écuries voûtées est adossé au château. Sur la hauteur du domaine se trouve une ancienne bergerie, restaurée et transformée en salle de réceptions avec fresques. Les travaux de restauration ont permis de découvrir les traces d’une briqueterie et d’une magnanerie (pour l’élevage des vers à soie.) L’expropriation de la majorité du domaine a contraint les exploitants à cesser leurs activités.

Édifices religieuxModifier

  • Église Saint-Marc, avenue de Bellevue (XVe siècle). Les vitraux ont été réalisés par l'artiste peintre Pier Lecolas en 2006.
  • Église Saint-Christophe, dans une ancienne usine de fabrication de bouchons, chemin de l'église Saint-Christophe (XXe siècle).
  • Chapelle Saint-Andrieu, chemin de la Chapelle, intégrée dans le lotissement homonyme depuis les années 1970 (XVIe siècle).
  • Chapelle des Roches, corniche Notre-Dame (1850), de son vrai nom Notre-Dame d'Espérance.
  • Ancienne église de la Sainte-Trinité, dite église de La Garde, ou ancienne église Saint-Martin de La Garde (XIIe siècle).
  • Chapelle Notre-Dame, à l'intérieur du château (XIVe siècle).

Manifestations culturelles et activitésModifier

La programmation culturelle et festive de Villeneuve-Loubet se compose notamment de :

  • Les Fêtes gourmandes, dates variables, s'étalent sur deux nuits d'été et rendent hommage au chef Auguste Escoffier. De nombreuses dégustations gastronomiques, et notamment de pêches Melba, ainsi que des concerts de variétés italiennes sont proposés.
  • Les Soirées Renaissance, dates variables, s'étalent sur deux nuits d'été avec scénographie, cortège royal, musiques, bal. Commémoration du séjour du roi François Ier au château de Villeneuve pendant la Renaissance.
  • Les marchés : au village, près de l'hôtel de ville, sont organisés tous les mercredis le marché provençal hebdomadaire, le marché italien les derniers dimanches du mois, des marchés nocturnes hebdomadaires l'été, et le marché de Noël en décembre.

En plus des festivités communes au reste de la France telles que Noël, le nouvel an, la fête nationale, fête de la musique...

Personnalités liées à la communeModifier

Villeneuve-Loubet est la patrie du grand cuisinier provençal du XIXe siècle, Auguste Escoffier (1846 - 1935), l'auteur du Guide culinaire et inventeur de la pêche Melba qu'il créa pour une cantatrice d'opéra australienne du même nom : Nellie Melba. Petit cuisinier provençal à ses débuts, il est devenu la coqueluche de la « jet set » de la Belle Époque et consacré « Roi des cuisiniers et cuisinier des Rois ». Sa maison natale, dans le vieux village, est transformée en Musée d'art culinaire.

Entre les deux guerres, le maréchal Philippe Pétain y vécut dans son domaine de l'Ermitage[52].

L'haltérophile vice-champion olympique en 2008, champion du monde en 2006, champion d'Europe 2007, multiple champion de France Vencelas Dabaya est également Villeneuvois.

La légende des GranouïeModifier

Selon la légende, les berges du Loup attiraient autrefois les grenouilles en quantité. Excédés par le bruit incessant des coassements la nuit, les villageois décidèrent de les éliminer armés de fourches et de bâtons. Depuis ce jour, ils sont surnommés « Lei Granouïe » en référence au nom provençal de l'animal.

« Lei Granouïe » est actuellement le nom d'une association regroupant les anciens du village. Depuis quelques années, la grenouille est utilisée sous forme d'emblème, dans diverses publications éditées par la ville.

FootballModifier

La saison 2005/2006 fut très belle pour l'équipe fanion de l'Étoile Sportive de Villeneuve-Loubet. Après un joli parcours en coupe de France (3e tour) et en coupe Côte d’Azur (quart de finaliste, les joueurs de Philippe Penalba ont remporté le titre de Promotion 1re Division. Cette saison, ils ont continué sur leur lancée en se qualifiant pour le 3e tour de la coupe de France version 2006/2007, après une victoire en prolongations face à la formation varoise de Ramatuelle (PHB). Aujourd'hui, l'équipe est en PHB.

Aire de planche à roulettesModifier

La commune de Villeneuve-Loubet propose une aire de planche à roulettes publique ouvert aux pratiquants de skateboard, de roller et de BMX. Malgré l'interdiction, cet endroit est le plus souvent fréquenté par de jeunes pratiquants de trottinette ; le skatepark étant situé en face du collège Romée-de-Villeneuve. Le skatepark a été construit par l'entreprise Vendetta et comprend 2 quarter-pipes, 1 half-pipe et une plateforme (funbox). Le site est actuellement ouvert.

AssociationsModifier

ADEV - Association Défense Environnement Villeneuve est une association loi 1901 agréée pour la protection de la nature et la défense de l'Environnement sur l'ensemble du territoire du département des Alpes Maritimes. L'association participe aux grands sujets de défense de l'environnement du département : gestion des déchets, protection des nappes phréatiques, protection de l'air, des transports... mais aussi la qualité de vie des populations. L'ADEV a joué un rôle très actif et prépondérant dans la fermeture de la décharge de la Glacière. Depuis 2009, elle se bat contre le gigantesque projet de stockage de déchets inertes situé sur l'ancienne carrière de la Roque à Roquefort Les Pins[53].

En 2013, un documentaire de Martin Esposito intitulé Super Trash met en lumière la situation de la décharge de la Glacière[54].

Music HopModifier

Association loi de 1901 créée par Fabienne Hary en 1992. Cette association villeneuvoise intervient auprès des enfants malades, via la musique, pour leur apporter la vie et la poésie.

Association François Ier à Villeneuve-LoubetModifier

JumelagesModifier

  Forlimpopoli (Italie)

La procédure d'intégration à l'unification européenne, à la paix et à la coopération parmi les peuples a amené Villeneuve-Loubet, patrie du grand chef Auguste Escoffier, et Forlimpopoli, patrie de Pellegrino Artusi, à se retrouver autour de la gastronomie. Jumelage célébré en l'an 2000.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2022, millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2021, date de référence statistique : 1er janvier 2019.
  3. Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  4. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en celle d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.

RéférencesModifier

  1. Département des Alpes-Maritimes, « Villeneuve-Loubet », sur Département des Alpes-Maritimes (consulté le )
  2. Eugène (1817-1881) Auteur du texte Tisserand, Histoire de Vence, cité, évêché, baronnie, de son canton et de l'ancienne viguerie de Saint-Paul du Var / par l'abbé E. Tisserand,..., (lire en ligne)
  3. « Villeneuve-Loubet à visiter (06) | Provence 7 », (consulté le )
  4. a et b Plan local d'urbanisme de Villeneuve-Loubet
  5. Département des Alpes-Maritimes, « Parc des Rives du Loup », sur Département des Alpes-Maritimes (consulté le )
  6. P. Cosson, Aegitna - Présentation du site de Saint-Andrieu, MIPAAM, Tome XXXIII, 1991, p. 95-107
  7. Emmanuel Pellegrino, « Le mobilier de Saint-Andrieu (Villeneuve-Loubet) et de Saint-Cassien (Cannes), deux sites protohistoriques côtiers des Alpes-Maritimes », Bulletin archéologique de Provence, 31-32, 2002-2003
  8. Emmanuel Pellegrino, Isabelle Rodet-Belarbi, « Occupation sur le long terme d'un site de hauteur du littoral méditerranéen : Saint-Andrieu à Villeneuve-Loubet (06) », MIPAAM, tome XLVIII, 2006, p. 51-82.
  9. M. Gazenbeek (dir.), Enceintes et habitats perchés des Alpes Maritimes, catalogue de l’exposition, Antibes, 2004.
  10. A. Villecroze, R. Cheneveau, « Enceinte anhistorique de Cloteirol à Villeneuve-Loubet (A.-M.) », MIPAAM, Tome XIII, 1971, p. 43-55.
  11. André Chastagnol, Inscriptions latines de Narbonnaise (I.L.N.), II : Antibes, Riez, Digne, Paris, éd. du CNRS, 1992. - 302 p. (Gallia : suppl., (ISSN 0072-0119) ; 44)</
  12. a et b Henry Clergues, Les fouilles de la plaine d'Antibes : Vaugrenier, Rivista di Studi Liguri, XXXV, 1969, p. 171
  13. a b et c Pascal Arnaud, « Une agglomération de plaine : Vaugrenier (Villeneuve-Loubet) », HABITAT RURAL ANTIQUE DANS LES ALPES-MARITIMES, Actes de la table ronde du 22 mars 1999, Valbonne, Sous la direction de P. Arnaud, M. Gazenbeek, Antibes, 2001, p. 75-98
  14. Albéric Olivier, George Rogers, « Le monument de Vaugrenier », Revue archéologique de Narbonnaise, 12, 1979, p. 143-193.
  15. Pascal Arnaud, « Vaugrenier : bilan provisoire des campagnes de fouilles 1994-1996 », Archéam, 5, 1997/98, p. 7-21.
  16. Emmanuel Pellegrino, « Nouvelle étude du mobilier issu des tombes de Vaugrenier à Villeneuve-Loubet (06) », MIPAAM, tome XLVII, 2005, p. 157-164.
  17. Emmanuel Pellegrino, « Vaugrenier (Villeneuve-Loubet, Alpes-Maritimes). Un ensemble de céramiques du Ier siècle apr. J.-C. sur une agglomération secondaire en bordure de voie de la périphérie d’Antibes (secteur du temple et des boutiques) », Actes du Congrès de la SFECAG de Vallauris, 2004, Marseille, 2004
  18. Émile Esperendieu, Recueil général des bas-reliefs de la Gaule romaine, T.1, Alpes-Maritimes, Alpes Cotiennes, Corse, Narbonnaise, Paris, 1907
  19. Jean-Édouard Dugand, De l'Aegitna de Polybe au trophée de la Brague : recherches relatives au contexte historique, archéologique et topographique, de la première opération de conquête des Romains en Provence [-154], dans les parages de Nice et d'Antibes, Paris, 1971. - 407 p. (Méditerranée antique et moderne; 2)
  20. Pascal Arnaud, « Antipolis à l'époque romaine : Multiculturalité et romanisation », Cahiers de l’URMIS, no 6, 2000
  21. Villeneuve-Loubet
  22. Diocèse de Grasse
  23. Histoire de Nice
  24. a et b « Histoires de Villeneuve-Loubet - Côte d'Azur France - Côte d'Azur France », sur www.villeneuve-tourisme.com (consulté le )
  25. Les territoires agricoles : du mélèze au palmier
  26. Le Petit Niçois, Accessible depuis le site des archives départementales des Alpes-Maritimes
  27. « 1913 - Déraillement du tramway Cagnes-Grasse », revue scientifique,‎ (lire en ligne)
  28. chrisde, « Le tragique accident du Pont des Vignes », sur Sports et loisirs sur la Côte d'Azur, (consulté le )
  29. La rédaction, « Découvert à Villeneuve-Loubet, un manuscrit du Maréchal Pétain au cœur d’une bataille judiciaire », sur Nice-Matin, (consulté le )
  30. (en) Jean-Loup Gassend, Autopsy of a Battle: the Allied Liberation of the French Riviera August-September 1944,
  31. Hélène Cavalié, Trois siècles de tourisme dans les Alpes-Maritimes
  32. « Les terres agricoles à Villeneuve-Loubet - Côte d'Azur France - Côte d'Azur France », sur www.villeneuve-tourisme.com (consulté le )
  33. Archives municipales de Villeneuve-Loubet, registre des délibérations de la commune (1957-1963)
  34. Marc Boriosi, QUAND LE TOURISME TRANSFORME LE PAYSAGE : L’EXEMPLE DE VILLENEUVE-LOUBET PENDANT LES TRENTE GLORIEUSES
  35. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  36. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  37. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019.
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  44. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  45. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
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  48. « Loi relative à l’amenagement, la protection et la mise en valeur du littoral », sur www.cohesion-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  49. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  50. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  51. « Villeneuve-Loubet, un village provençal » (consulté le )
  52. (en) Richard Griffiths, Marshal Petain, London, U.K., Constable & Company, , 379 p. (ISBN 978-0-09-473810-2, OCLC 832329867), p. 91

    « On 14 September 1920, he got married, at the age of sixty-four. He and his future wife had already been house-hunting, and had found a country house in the South of France, 'L'Ermitage' at Villeneuve-Loubet in the department of Alpes-Maritimes. »

  53. adev06.org
  54. « "Super Trash" ou la décharge de la Glacière filmée de l'intérieur », sur archives.nicematin.com (consulté le )

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • collectif (dir.), Le patrimoine des communes des Alpes-Maritimes en deux volumes, vol. I : Cantons de Carros à Levens, Paris, Flohic Éditions, coll. « Le Patrimoine des Communes de France », , 504 p. (ISBN 2-84234-071-X)
    Canton de Cagnes-sur-Mer - Saint-Laurent-du-Var : Villeneuve-Louvet, pp. 212 à 219

Articles connexesModifier

Liens externesModifier