Olivier Py

acteur, metteur en scène et auteur français
Olivier Py
Description de cette image, également commentée ci-après
Olivier Py lors d'une rencontre sur le théâtre jeune public à la Maison Jean-Vilar en avril 2014.

Naissance (55 ans)
Grasse, Alpes-Maritimes, France
Activité principale Metteur en scène, dramaturge, comédien
Style
Années d'activité 1988-aujourd'hui

Olivier Py est un dramaturge et metteur en scène français né le à Grasse. Il est également comédien et réalisateur. Il est directeur du festival d'Avignon depuis 2013.

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Né en France d'une famille pied-noir, comme il le raconte dans son court-métrage Méditerranées, documentaire autobiographique réalisé à partir de vieux films de super 8 qu'il a retrouvés et fait restaurer, il vit une enfance heureuse[1]. Après des études à l'Institut Stanislas de Cannes (baccalauréat C) et une préparation en hypokhâgne et khâgne au lycée Fénelon, il entre à l'École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre puis en 1987, au Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Olivier Py a également étudié la philosophie et la théologie[2].

CarrièreModifier

Il fait ses débuts sur scène dans L'Écume des jours au Festival Avignon Off. En 1988, sa première pièce, Des oranges et des ongles, est créée au Théâtre Essaïon. La même année, il fonde sa propre compagnie « L'Inconvénient des boutures » et assure la mise en scène de ses textes. En 1995, il est révélé au grand public au Festival d'Avignon (In) par une pièce de vingt-quatre heures, La Servante, avant de revenir deux ans plus tard dans la Cour du Palais des Papes avec Le Visage d'Orphée. Il y reviendra en 2005, pour son spectacle Les Vainqueurs.

L'auteurModifier

Son œuvre publiée se situe sous l'influence de Paul Claudel et Jean Genet. Son style embrasse toutes les formes de la création théâtrale : comédie, poème épique, tragédie, théâtre pour enfants. La prose laisse de temps à autre la place aux vers ou à des chansons. Son écriture, volontiers lyrique laisse aussi une grande part à la dérision et à la farce. Il ose des formats hors-normes où s'enchaînent plusieurs pièces [3].

Le théâtre d’Olivier Py est un théâtre de l’excès, un excès lyrique et revendiqué comme tel, de sorte qu’il suscite souvent de vives réactions. L’auteur crée son théâtre servi par la complicité d'acteurs qui le suivent fidèlement depuis des années, notamment Michel Fau, Philippe Girard, Olivier Balazuc, Samuel Churin, Élizabeth Mazev, Bruno Sermonne, Mireille Herbstmeyer[4].

Il est également l'auteur d'un roman, Paradis de tristesse, et d'ouvrages théoriques comme Les Mille-et-une définitions du théâtre.

En 2016, il publie Les Parisiens. Le critique littéraire Jérôme Garcin note qu'il s'agit d'un roman « illisible et infantile »[5] alors que le magazine culturel Transfuge parle d'un « roman total » et « un des grands livres de la rentrée »[6]. En , il est reconduit à la direction du festival d'Avignon jusqu'en 2021[7].

Le directeurModifier

Prenant la suite de Stéphane Braunschweig en 1998, il est nommé en 1997 directeur du Centre dramatique national d'Orléans où il crée un grand nombre de spectacles marquants : L'Apocalypse joyeuse, Requiem pour Srebrenica, Les Vainqueurs...

Il est de mars 2007 jusqu'à [8] directeur du Théâtre national de l’Odéon où il crée plusieurs de ses œuvres dont La Vraie Fiancée et Les Enfants de Saturne ainsi que l'intégrale du théâtre d'Eschyle.

Proposé par le ministre de la culture Frédéric Mitterrand et Marie-Josée Roig, maire d'Avignon, il se voit confier la direction du Festival d'Avignon à partir de [9]. Sa nomination est validée par le conseil d'administration du Festival, les représentants du conseil général et du conseil régional, ayant néanmoins voté contre sa candidature « pour protester contre des pratiques qu'ils jugent délétères »[10]. Il y présente, entre autres, en 2014, sa pièce Orlando ou l'impatience[11] et, en 2015, en ouverture dans la cour d'honneur, une mise en scène de sa propre traduction du Roi Lear de Shakespeare qui divise le public[12]. La critique est sévère décrivant la pièce comme « un désastre » et jugeant la mise en scène « paresseuse » et « boursouflée »[13],[14]. La pièce est retransmise sur France 2 et réalise « l'une des pires audiences de la chaîne »[15]. En 2015 sort le film documentaire Hôtel La Louisiane réalisé par Michel La Veaux[16]; Olivier Py y est longuement interviewé, il y parle de ses séjours consacrés à l'écriture.

Le metteur en scèneModifier

Il mène parallèlement une carrière internationale de metteur en scène d'opéra. L'Avant-scène opéra lui consacre un numéro spécial qui fait la rétrospective d'une quinzaine de ses productions, parmi lesquelles un Tristan und Isolde et la création à l'Opéra de Paris de Mathis der Maler. L'ensemble de ses créations au théâtre et à l'opéra - soit plus de quarante spectacles - est l'œuvre de la complicité qu'il entretient avec son scénographe et costumier Pierre-André Weitz.

Salué pour son intégrale du Soulier de Satin de Paul Claudel (avec Jeanne Balibar et Sissi Duparc) et ses mises en scène à l'opéra, il est lauréat de la Fondation Beaumarchais, Prix Nouveau Talent Théâtre SACD en 1996 et Prix Jeune Théâtre de l'Académie française[17].

Miss Knife, un doubleModifier

Sous le pseudonyme de « Miss Knife », Olivier Py, travesti en chanteuse désabusée, donne des spectacles de chansons, entre cabaret et jazz : dans ces chansons dont il a écrit les paroles, il dit, avec un faux détachement plein de mélancolie et d'humour grave, la difficulté d'être au monde. Miss Knife égrène des romances douloureuses, exaltant tous les espoirs déçus, les amours détraquées, les rêves piétinés et les jouissances troubles[réf. nécessaire].

Prises de position publiquesModifier

En 1995, révolté par la passivité des chancelleries occidentales devant le drame bosniaque, il entame avec Ariane Mnouchkine et François Tanguy une grève de la faim pendant vingt-huit jours[18].

Son engagement politique se poursuit sur plusieurs fronts, il n'hésite pas à prendre la plume dans une trentaine d'éditoriaux publiés dans la presse française. Il s'exprime en faveur des immigrés clandestins. Il analyse fréquemment la politique culturelle. Quatre de ses articles sont publiés chez Actes Sud dans Cultivez votre tempête. Il questionne le devenir de l'Église catholique.

Le , dans le cadre du débat sur le mariage homosexuel en France, Olivier Py, « qui a toujours revendiqué son homosexualité »[8], publie, dans le quotidien Le Monde, une tribune intitulée « Intolérable intolérance sexuelle de l'Église », dans laquelle il rejette la position officielle de l'Église catholique[19], en se déclarant lui-même chrétien convaincu.

En , à l'issue du premier tour des élections municipales donnant le Front national majoritaire à Avignon, il déclare : « Je n’envisage que deux solutions possibles : soit je démissionne et on nomme un nouveau directeur, soit on délocalise le festival dans une autre ville[20] », déclaration qui suscite divers commentaires critiques dans la presse[21],[22].

En , plusieurs dizaines d'artistes publient dans Libération une tribune de soutien à Théo Luhaka, rédigée par un conseiller municipal de Brétigny-sur-Orge, Steevy Gustave, ex-responsable événementiel pour SOS Racisme, se permettant de formuler des pistes de réflexion pour améliorer l'exercice des forces de l'ordre. On compte parmi ceux-ci Patrick Bruel, Hugues Aufray, les comédiens Josiane Balasko, Jean Benguigui et Mathilda May, le réalisateur Nils Tavernier et Olivier Py.

SpectaclesModifier

ComédienModifier

Œuvres écrites et mises en scèneModifier

Mises en scène d'autres auteursModifier

 
Conférence de presse du Festival d'Avignon

Mises en scène d'opérasModifier

Œuvres publiéesModifier

Tout le théâtre d'Olivier Py est édité chez Actes Sud-Papiers.

  • 1995 : La Jeune Fille, le diable et le moulin, L'École des loisirs (collection « Théâtre »)
  • 1995 : La Servante, Actes Sud-Papiers
  • 1998 : Théâtres, Solitaires Intempestifs
  • 2000 : Le Visage d’Orphée, Actes Sud-Papiers
  • 2000 : Epître aux jeunes acteurs pour que soit rendue la Parole à la Parole, Actes Sud-Papiers (collection « Apprendre »)
  • 2001 : L’Exaltation du Labyrinthe, Actes Sud-Papiers
  • 2002 : Paradis de tristesse, Actes Sud
  • 2003 : L’Inachevé, Bayard (collection « Qui donc est Dieu »)
  • 2003 : Jeunesse, Actes Sud-Papiers
  • 2004 : Le Vase de parfums, Actes Sud-Papiers
  • 2005 : Les Vainqueurs, Actes Sud-Papiers
  • 2006 : Illusions comiques, Actes Sud-Papiers
  • 2007 : Les Enfants de Saturne, Actes Sud-Papiers
  • 2007 : Discours du nouveau directeur de l'Odéon, Actes Sud
  • 2008 : L'Orestie d'Eschyle, texte français d'Olivier Py, Actes Sud-Papiers
  • 2009 : La Vraie Fiancée, Actes Sud-Papiers (collection Heyoka jeunesse)
  • 2011 : Adagio (Mitterrand, le secret et la mort), Actes Sud-Papiers
  • 2011 : Le Soleil, Actes Sud-Papiers (collection « Apprendre »)
  • 2011 : Roméo et Juliette, Shakespeare, traduction Olivier Py Actes Sud-Papiers
  • 2012 : Cultivez votre tempête, Actes Sud-Papiers (collection « Apprendre »)
  • 2013 : Les 1001 définitions du Théâtre, Actes Sud-Théâtre (collection « Le temps du théâtre »)
  • 2013 : Siegfried, nocturne, Actes Sud (collection « Un Endroit où aller »)
  • 2014 : Excelsior, Actes Sud (collection « Domaine français »)
  • 2014 : Orlando ou l'impatience, Actes Sud-Papiers
  • 2015 : Le Roi Lear, Shakespeare, traduction Olivier Py, Actes-Sud Papiers
  • 2015 : Le Cahier noir, roman illustré, Actes-Sud
  • 2016 : Les Parisiens, roman, Actes-Sud

FilmographieModifier

ComédienModifier

CinémaModifier

Courts métragesModifier

TélévisionModifier

RéalisateurModifier

Prix et récompensesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Méditerranées - Court métrage 2011 d'Olivier Py - Sélection de Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand 2012.
  2. Dossier de presse du Soulier de satin [PDF].
  3. La Servante créée à Avignon, en 1995, est une pièce conçue pour durer 24 heures. Les Vainqueurs créée à Orléans en 2005 est une suite de trois pièces.
  4. « Olivier », sur Théâtre de la ville de Paris (consulté le 3 avril 2020)
  5. Jérôme Garcin, « “Les Parisiens” : Olivier Py signe un roman illisible et infantile », nouvelobs.com, 26 septembre 2016.
  6. Avec Les Parisiens, Olivier Py signe un roman total. Un des grands livres de la rentrée. Transfuge, n°101 septembre 2016.
  7. lefigaro.fr, « Festival d'Avignon: Olivier Py renouvelé », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 26 avril 2017)
  8. a et b Travesti en "Miss Knife", Olivier Py quitte l'Odéon en chansons, lepoint.fr, 13 mars 2012
  9. « Olivier Py - Festival d'Avignon », sur www.festival-avignon.com (consulté le 3 avril 2020)
  10. Olivier Py nommé à Avignon, 750 000 euros pour Bondy à l'Odéon, lemonde.fr, 3 décembre 2011
  11. « Olivier Py met un peu de tout et beaucoup de lui dans “Orlando ou l'impatience” », Télérama,‎ (lire en ligne, consulté le 26 avril 2017)
  12. Olivier Py sur son Roi Lear : « Je ne lis pas les critiques », lemonde.fr, 5 juillet 2015
  13. Un Roi Lear sur la lande du désastre, lemonde.fr, 6 juillet 2015
  14. Festival d'Avignon : une première journée entre sifflets et ovations, franceinfo.fr, 5 juillet 2015
  15. Audience catastrophique pour le Roi Lear sur France 2: "Acteurs qui braillent et nudité", la pièce éreintée sur le web, jeanmarcmorandini.com, 9 juillet 2015
  16. « Hôtel La Louisiane - K-Films Amérique », sur kfilmsamerique.com (consulté le 20 octobre 2019)
  17. « Olivier Py - Biographie - Ôlyrix », sur Olyrix.com (consulté le 3 avril 2020)
  18. Olivier Py – Le cas Py, lesinrocks.com, 17 janvier 1996
  19. Olivier Py, « Intolérable intolérance sexuelle de l'Eglise », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  20. Olivier Py : «Travailler avec le Front national, c'est le cautionner», lefigaro.fr, 27 mars 2014.
  21. Festival d'Avignon et FN : Olivier Py ferait mieux de se taire, lepoint.fr, 25 mars 2014.
  22. Festival d'Avignon : « Olivier Py a fait gagner cinq points au FN », lefigaro.fr, 26 mars 2014.
  23. « Toutes les mises en scène - Nous, les héros (version sans le père) », sur lagarce.net
  24. Le Monde, 1er janvier 2009.
  25. A LYON, OLIVIER PY RABAISSE CARMEN, resmusica.com, 4 juillet 2012.
  26. Aida fait son retour à l'Opéra de Paris sous les huées, Emmanuel Dupuy, diapasonmag.fr, 14 octobre 2013.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Franck Mallet (interview par), « Olivier Py, le lyrisme, l'excès et la folie », Classica, no 155,‎ , p. 76 (ISSN 1287-4329)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier