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Les Suppliantes (Eschyle)

tragédie grecque d'Eschyle

Genèse et histoireModifier

GenèseModifier

Censure de la pièce au XXIe siècleModifier

Cette pièce devait être représentée dans l'amphithéâtre Richelieu, à la Sorbonne, le lundi 25 mars 2019, dans une mise en scène de Philippe Brunet, professeur de grec ancien à l'université de Rouen et directeur de la compagnie de théâtre Démodocos. Sa représentation a été empêchée par des associations étudiantes [1],[2]. L’accès des spectateurs à la salle a été bloqué,et une partie de la troupe a été séquestrée. Le motif en était que les acteurs, conformément à la grande tradition du théâtre antique, portaient des masques, pour symboliser leur personnage. Ici des masques dorés pour signifier les Argiens (des Grecs) et des masques sombres pour signifier les filles de Danaos (les Danaïdes de la légende, venues d'Égypte). Cela est apparu comme apparenté à la pratique racialiste du blackface à ces associations étudiantes, parmi lesquelles la Ligue de défense noire africaine (LDNA), la Brigade anti-négrophobie, et le Conseil représentatif des associations noires (CRAN). La présidence de l'université a dénoncé cette censure, déclarant : « Empêcher, par la force et l'injure, la représentation d'une pièce de théâtre est une atteinte très grave et totalement injustifiée, à la liberté de création… Les accusations de racisme ou de racialisme sont révélatrices d'une incompréhension totale ». Par ailleurs Philippe Brunet s’est expliqué sur sa page facebook. « Désolé d'avoir heurté ou blessé quelqu'un si je l'ai fait. (…) En mettant en scène la pièce des Suppliantes d'Eschyle, avec son texte, et rien que son texte, je dois mettre en place une opposition entre des Grecs d'Argos, supposés plus ou moins blancs, et les Danaïdes, venues d'Egypte, à la peau noire et au costume bariolé. ». Cette censure a suscité un vif émoi dans la presse[3].

RésuméModifier

PlanModifier

  • Prologue-parodos
  • Premier épisode : Danaos, le chœur ; le Roi
  • Intermède choral
  • Deuxième épisode, intermède choral et troisième épisode enchaînés : Danaos, le chœur
  • Intermède choral
  • Exodos : scène avec le héraut ; le roi, le héraut ; Danaos ; chœur final (dédoublé).

ArgumentModifier

AnalyseModifier

L'ouverture de la tragédie par la parodos chorale au lieu d'un prologue dialogué n'est plus une trace d'archaïsme ; elle correspond à une intention dramatique délibérée. Dans Les Perses, l'introduction chorale crée l'atmosphère. Dans Les Suppliantes le chœur est le personnage principal : il est formé des Danaïdes, héroïnes légendaires dont l'image s'est modifiée au cours des siècles et des œuvres, et recouvre sans doute des symboles fort divers : nymphes hydrophores ou guerrières intrépides ; bienfaisantes, puis épouses criminelles. Ce caractère composite se trahit peut-être dans la tragédie où elles font tantôt figure d'Amazones farouches, tantôt de « colombes timides poursuivies par un épervier cruel ».

La légende telle que l'a mise en scène Eschyle se rattache à celle d'Io, reprise dans le Prométhée du même auteur : Danaos est le descendant à la troisième génération d'Épaphos, fils d'Io, né en Égypte après que sa mère a repris forme humaine. Danaos, selon la tradition, régnait en Libye, son frère Égyptos sur l'Égypte. Égyptos avait cinquante fils qui devaient épouser les filles de Danaos mais celles-ci, redoutant ce mariage, s'enfuirent avec leur père. Au moment où s'ouvre la tragédie des Suppliantes, elles abordent au pays d'Argos, berceau de leur race, et demandent l'hospitalité et la protection du roi du pays, qu'Eschyle nomme Pélasge, contre les Égyptiades qui les poursuivent. Le roi, après avoir consulté son peuple, y consent et repousse la demande d'extradition brutalement présentée par un héraut égyptien. La tragédie s'achève sur l'hymne de reconnaissance des Danaïdes, malgré la menace de guerre qui plane sur le pays. L'histoire se poursuit dans Les Égyptiens, Les Danaïdes puis le drame satyrique d'Amymone.

Adaptations et mises en scène notablesModifier

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier