Dialogues des carmélites

opéra de Francis Poulenc

Dialogues des carmélites est un opéra français en trois actes de Francis Poulenc. Le livret du compositeur reprend (avec quelques coupures) un scénario posthume de Georges Bernanos inspiré de la nouvelle de Gertrud von Le Fort La Dernière à l'échafaud (Die letzte am Schafott), et adapté à la scène par Jacques Hébertot en 1952.

L'opéra fut créé le à la Scala de Milan dans une version italienne de Flavio Testi. La première de la version française eut lieu à l'Opéra de Paris le de la même année.

ArgumentModifier

L'action débute en . Blanche de la Force, une jeune aristocrate parisienne mais particulièrement craintive, annonce à son père son intention d'entrer au Carmel de Compiègne. La mère supérieure du couvent la reçoit et lui demande d'exposer les raisons qui la poussent à rejoindre cet ordre religieux. Devenue novice, Blanche va vivre les derniers jours de la congrégation mise à mal par la Révolution française. La troupe envahit le couvent, mais Blanche réussit à s'échapper. Les ordres religieux sont dissous et les religieuses condamnées à mort. Elles montent à l'échafaud en chantant le Salve Regina. Après bien des hésitations, des doutes et le triomphe apparent de sa peur, sur sa raison d'être, Blanche les rejoint.

PersonnagesModifier

 
Elin Rombo dans le rôle de sœur Blanche (2011, production de l'opéra royal de Stockholm).

GenèseModifier

La nouvelle de Gertrud von Le Fort, parue en 1931, avait donné l'idée d'un scénario aux cinéastes Philippe Agostini et Raymond Leopold Bruckberger. Georges Bernanos en conçut les dialogues juste avant sa mort en 1948, mais le projet fut finalement abandonné[1]. Jacques Hébertot décide néanmoins de porter à la scène le travail de Bernanos et crée Dialogues des carmélites le au théâtre Hébertot.

En 1953, le directeur des éditions Ricordi commande à Francis Poulenc un ballet sur sainte Marguerite de Cortone pour la Scala de Milan. Poulenc décline l'offre, mais s'arrête sur le livret que Flavio Testi a tiré de la pièce représentée par Hébertot l'année précédente. Malgré des problèmes de droits (ceux-ci ayant été entre-temps rachetés par le dramaturge américain Emmet Lavery qui avait réalisé sa propre adaptation théâtrale) et de santé, Poulenc se lance à corps perdu dans un sujet qui ne tarde pas à l'obséder, les angoisses de Blanche face à la mort faisant écho aux siennes, confronté à la longue agonie de son compagnon, Lucien Roubert[2]. Il adapte lui-même le texte de Bernanos pour une version française et achève sa partition en .

Comme prévu par contrat, l'œuvre est créée en italien à la Scala de Milan[3] le avec Virginia Zeani (Blanche), Gianna Pederzini (Mme de Croissy), Leyla Gencer (Mme Lidoine), Gigliola Frazzoni (Mère Marie) et Eugenia Ratti (Sœur Constance) sous la direction de Nino Sanzogno. La version française originale est donnée, cinq mois plus tard, à l'Opéra de Paris avec Denise Duval (Blanche), Denise Scharley (Mme de Croissy), Régine Crespin (Mme Lidoine), Rita Gorr (Mère Marie) et Liliane Berton (Sœur Constance) sous la direction de Pierre Dervaux. La première américaine a lieu en septembre de la même année au San Francisco Opera avec Leontyne Price, qui fait sa première apparition sur une grande scène d’opéra dans le rôle de Mme Lidoine.

Autres adaptationsModifier

Le texte de Bernanos a été adapté plusieurs fois au cinéma et à la télévision. On peut citer :

Phonographie sélectiveModifier

La date indiquée en tête de chaque notice correspond à celle de l'enregistrement concerné.

  • 01/1957 : Gianna Pederzini (Mme de Croissy), Virginia Zeani (Blanche), Leyla Gencer (Mme Lidoine), Gigliola Frazzoni (Mère Marie), Eugenia Ratti (Sœur Constance), Scipio Colombo (Marquis de La Force), chœur & orchestre de la Scala de Milan sous la dir. de Nino Sanzogno – Cantus (2008) [enregistrement public de la création mondiale en italien]
  • 01/1958 : Denise Scharley (Mme de Croissy), Denise Duval (Blanche), Régine Crespin (Mme Lidoine), Rita Gorr (Mère Marie), Liliane Berton (Sœur Constance), Xavier Depraz (Marquis de La Force), chœur & orchestre du Théâtre national de l'Opéra de Paris sous la dir. de Pierre Dervaux – EMI (1958) [distribution de la création française]
  • 04/1980 : Régine Crespin (Mme de Croissy), Felicity Lott (Blanche), Geneviève Barrial (Mère Marie), Anne-Marie Rode (Sœur Constance), Pierre d'Hollander (Marquis de La Force), maîtrise, chœurs de Radio-France & Orchestre national de France, sous la dir. de Jean-Pierre Marty – INA Mémoire Vive (2000) [enregistrement d'un concert public]
  • 06/1990 : Rita Gorr (Mme de Croissy), Catherine Dubosc (Blanche), Rachel Yakar (Mme Lidoine), Martine Dupuy (Mère Marie), Brigitte Fournier (Sœur Constance), José Van Dam (Marquis de La Force), chœur & orchestre de l'Opéra de Lyon sous la dir. de Kent Nagano – Virgin Classics (1992)
  • 2008-2011 : Deborah Polaski (Mme de Croissy), Sally Matthews (Blanche), Heidi Brunner (Mme Lidoine), Michelle Breedt (Mère Marie), Hendrickje van Kerckhove (Sœur Constance), Jean-Philippe Lafont (Marquis de la Force), Chœur Arnold Schönberg & Orchestre radio-symphonique de l'ORF sous la dir. de Bertrand de Billy – Oehms Classics (2011) [enregistrement de deux représentations données à Vienne en et ]

Notes et référencesModifier

  1. Agostini et Bruckberger tourneront finalement le film en 1960.
  2. James Harding, livret de Dialogues des carmélites, Pierre Dervaux (dir.), EMI, rééd. 1999 (CD).
  3. « Dialogues des Carmélites (Œuvre - Francis Poulenc/Francis Poulenc) | Opera Online - Le site des amateurs d'art lyrique », sur www.opera-online.com (consulté le 25 mars 2019)

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier