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Le Malade imaginaire

comédie-ballet de Molière-Marc-Antoine Charpentier-Beauchamp

Le Malade imaginaire
Le Malade imaginaire, vu par Honoré Daumier.
Le Malade imaginaire, vu par Honoré Daumier.

Auteur Molière
Genre Comédie
Nb. d'actes 3
Musique de scène Marc-Antoine Charpentier
Date de création en français
Lieu de création en français Théâtre du Palais-Royal
Frontispice de l'édition de 1682.

Le Malade imaginaire, dernière œuvre dramatique écrite par Molière, est une comédie-ballet en trois actes et en prose, créée le par la Troupe du Roi sur la scène du Palais-Royal à Paris, avec une musique de scène composée par Marc-Antoine Charpentier et des ballets réglés par Pierre Beauchamp.

Sommaire

PersonnagesModifier

 
Argan : « Ah ! chienne ! ah ! carogne ! »
Toinette (faisant semblant de s'être cogné la tête) : « Diantre soit fait de votre impatience ! Vous pressez si fort les personnes, que je me suis donné un grand coup de la tête contre la carne d'un volet ».
(Le Malade imaginaire, gravure de Moreau le jeune)
  • Argan, le malade imaginaire (hypocondriaque)
  • Toinette, servante de Monsieur Argan
  • Béline, seconde femme d'Argan
  • Béralde, frère d'Argan
  • Angélique, fille aînée d'Argan et amante de Cléante
  • Louison, fille cadette d'Argan et sœur d'Angélique
  • Cléante, amant d'Angélique
  • Monsieur Purgon, médecin d'Argan
  • Monsieur Diafoirus, médecin
  • Thomas Diafoirus, fils de Monsieur Diafoirus et choisi par Argan pour se marier avec Angélique
  • Monsieur Bonnefoy, notaire
  • Monsieur Fleurant, apothicaire.

RésuméModifier

La pièce tourne autour d'Argan, le « malade imaginaire », éponyme. Veuf, il a épousé Béline qui simule des soins attentionnés, mais n'attend en réalité que la mort de son mari pour hériter. Il se fait faire des saignées et des purges et absorbe toutes sortes de remèdes, prescrits par des médecins pédants, plus soucieux de complaire à leur patient que de concourir à améliorer sa santé. Pour les berner, Toinette, sa servante, se déguise en médecin et lui dispense de nombreux conseils ironiques et moqueurs pour la profession.

Angélique, sa fille, aime Cléante, ce qui contrarie Argan, qui préférerait la voir épouser Thomas Diafoirus, lui-même médecin. Pour les tirer d'affaire, Toinette recommande à Argan de faire le mort. Sa femme, appelée par Toinette, manifeste, devant celui qu'elle croit trépassé, sa joie d'en être débarrassée. Angélique, appelée ensuite par Toinette, manifeste un chagrin sincère à la mort de son père, qui arrête aussitôt son jeu et accepte l'union avec Cléante, à la condition que celui-ci devienne médecin. Béralde, frère d'Argan, conseille à ce dernier de devenir médecin à son tour, menant à une fin burlesque de la pièce, à savoir la cérémonie bouffonne de l'intronisation de notre « malade imaginaire » à la médecine.

La dernière comédie de MolièreModifier

 
Fauteuil utilisé par Molière lors de sa dernière représentation du Malade imaginaire exposé à la salle Richelieu de la Comédie-Française.

À la quatrième représentation, Molière qui joue le rôle d'Argan devient réellement malade, mais s'efforce de cacher sa douleur. Ses comédiens comprenant que leur chef est vraiment mal en point, ferment les rideaux, tandis que Molière s'évanouit. Les médecins l'emmènent chez lui et, pendant des heures, sa femme reste à son chevet jusqu'à ce qu'il décède et « pleur[e] sa mort pendant des jours », ainsi que l'assure sa servante dans une lettre à sa mère.

Analyse de la pièceModifier

Satire des médecinsModifier

La satire de notre peur de la mort apparaît dans la critique des médecins. Or la thématique des médecins est déjà présente dans le théâtre français du Moyen Âge et se retrouve tout aussi bien dans les pièces de la commedia dell'arte que dans le théâtre français du XVIIe siècle. Molière reprend ce thème pour la première fois dans Le Médecin volant, une de ses premières farces, peu connue. Dans Dom Juan ou le Festin de pierre (1665) les thèmes de la maladie, des médecins et de la médecine resurgissent. Il suffit ici que Sganarelle (un domestique) s'habille en médecin pour passer pour un grand érudit et pour oser parler comme tel. Deux thématiques voient alors le jour : celle du jargon attribué aux médecins et celle du vêtement qui à lui seul suffit à transformer son porteur.

La critique de la médecine universelle est fréquente en Europe occidentale lors de la révolution scientifique des XVIe et XVIIIe siècles.

Rire de la mortModifier

Une des thématiques importantes du Malade imaginaire est le rire sur la mort, qui est récurrente : Argan a peur de mourir, les amants Angélique et Cléante songent au suicide si jamais ils sont séparés, la plus jeune fille d'Argan fait semblant de mourir, pour échapper à la correction. Et, point d'orgue, Argan feint la mort afin de connaître les vrais sentiments de sa femme et de sa fille aînée.

La musique dans la pièceModifier

La comédie de Molière était donnée initialement avec des intermèdes musicaux à la fin de chaque acte, y compris l'intronisation finale d'Argan à la médecine. Cléante et Angélique chantent une courte pièce au début du deuxième acte.

Marc-Antoine Charpentier avait composé ces pièces musicales, dont les partitions portent les numéros H.495, H.495a et H.495b dans le catalogue de ses œuvres. Le jeune compositeur avait succédé à Jean-Baptiste Lully auprès de Molière dans cette fonction. Mais il rencontrait des difficultés et dut remanier par deux fois sa partition, ce qui explique l'existence de plusieurs versions. Certains éléments manquants de la musique ont été retrouvés dans les années 1980 seulement dans les archives de la Comédie-Française par le musicologue américain John S. Powel qui a complété l'édition de H. W. Hitchcock, musicologue spécialiste de Marc-Antoine Charpentier. Le , au Théâtre du Châtelet, la pièce est montée pour la première fois depuis sa création dans son intégralité, accompagnée de toute la partie musicale de Marc-Antoine Charpentier (première version H.495, qui dure plus d'une heure); la mise en scène était celle de Jean-Marie Villégier, la chorégraphie de Francine Lancelot, et la musique était jouée par Les Arts Florissants sous la direction de William Christie.

D'autres compositeurs s'essayèrent dans l'illustration musicale de la pièce. On peut citer Jacques Offenbach en 1851, André Jolivet et Georges Auric.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

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Article connexeModifier