Ouvrir le menu principal

Maison d'Amboise
Image illustrative de l’article Maison d'Amboise
Armes

Blasonnement Palé d'or et de gueules de six pièces.
Période XIe siècle - 1656
Pays ou province d’origine Anjou
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Demeures Château d'Amboise, château de Chaumont-sur-Loire, château de Montrichard, château de Thouars, Château de Talmont,château de Ravel, château de Gaillon, château de Meillant, château de Sagonne, château de Bussy, château de Mauléon, château de Charenton-du-Cheretc.
Fonctions militaires chevaliers croisés, Amiral de France, Maréchal de France, sénéchaux, maréchaux de camp, gouverneurs de province, colonels de régiment.
Fonctions ecclésiastiques Cardinaux, Évêques, Archidiacres, Abbesse.

La maison d’Amboise était une des plus anciennes familles de la noblesse française dont la filiation suivie remontait au début du XIIe siècle. Elle tirait son nom de la ville d'Amboise en Touraine, dont elle a possédé la seigneurie.

Elle forma les branches de Thouars (éteinte en 1469 dans la maison de La Trémoille) et de Chaumont (éteinte en 1524), qui donna les rameaux de Bussy, (éteint le 12 mai 1627) et d’Aubijoux (éteint en 1656).

Elle s'éteignit en 1656 avec François-Jacques d'Amboise, mort dernier de son nom et de sa maison[1].

Sommaire

OrigineModifier

La maison d’Amboise que l’on trouve dès le XIe siècle a pour origine Lisois, gentilhomme du Maine, qui fut nommé capitaine du château d’Amboise par Foulques III Nerra, comte d'Anjou.

Geoffroy II Martel comte d'Anjou pour récompenser Lisois lui donna des terres à Amboise. Lisois devint seigneur d’Amboise. Il mourut vers 1061. Son petit-fils Hugues Ier d'Amboise devint en 1107 seul seigneur d’Amboise[2].

Sa descendance forma les branches de Thouars et de Chaumont[3].

Branche de Thouars (aînée)Modifier

 
Françoise d'Amboise
.

Cette branche a pour auteur Pierre II d'Amboise, qui succéda à la vicomté de Thouars en 1397 après la mort de Perronelle de Thouars, sa tante maternelle. Il avait pour mère Isabeau de Thouars, comtesse de Dreux, fille de Louis vicomte de Thouars et de Jeanne comtesse de Dreux. Cette branche aînée s'éteignit le 28 février 1470 par la mort de Louis d'Amboise, sans descendance mâle[3].

Personnalités[3]:

  • Louis d'Amboise, vicomte de Thouars, prince de Talmont, comte de Guînes, de Benon, etc. Il épousa Marie de Rieux, fille de Jean III de Rieux (fils du maréchal de France Jean II de Rieux) et de Béatrice de (Rohan-)Montauban. Il prit le parti des Anglais et le roi Charles VII le fit prisonnier et saisit ses terres qui lui furent rendues quelques années après, à l’exception de la seigneurie d’Amboise qui fut confisquée. Il servit le roi au siège de Pontoise et au recouvrement de la Guyenne. Il fit don au roi de la vicomté de Thouars en 1461 et mourut en 1469.
Il eut trois filles :
- Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne par son mariage avec Pierre II de Bretagne ;
- Péronnelle d’Amboise, mariée à Guillaume d'Harcourt comte de Tancarville, sans postérité ;
- Marguerite d’Amboise, femme de Louis de La Trémoille. Elle apporta la vicomté de Thouars dans la maison de La Trémoille.

Branche de Chaumont (cadette)Modifier

 
Cardinal Georges d'Amboise
.
 
Charles II d'Amboise
.

Cette branche a pour auteur Hugues Ier d’Amboise, seigneur de Chaumont, marié en 1304 à Jeanne de Saint-Vérain. Il passa une transaction en 1307 avec ses frères et fit hommage en 1315 de la terre de Saint-Vérain[3]. Il mourut avec son fils Jean né en 1325, à la Bataille de Crécy, en 1346.

Elle s'éteignit en 1524 dans la Maison de Clermont-Gallerande (dans la Sarthe, aux confins de l'Anjou et du Maine), formant les Clermont d'Amboise.

Personnalités[3]:

  • Hugues II d’Amboise, seigneur de Chaumont-sur-Loire et de Saint-Verain, chevalier et chambellan du roi, mort à la bataille d'Azincourt en 1415.
  • Pierre d'Amboise, seigneur de Chaumont, chevalier, conseiller et chambellan des rois Charles VII et Louis XI, ambassadeur à Rome avec le cardinal d’Arras en 1462. Sur ordre du roi Louis XI, la place de Chaumont sur Loire qui appartenait à Pierre d’Amboise fut brûlée et rasée en 1465. Il meurt en son château de Meillant en 1473.
  • Jean III d'Amboise, évêque et duc de Langres, pair de France.
  • Emery d'Amboise, grand prieur de France, élu grand maître de Rhodes le 10 juillet 1503 où il meurt en 1512.
  • Louis Ier d'Amboise, évêque d’Albi, lieutenant-général pour le roi en Bourgogne en 1480 et en Languedoc et Roussillon. Mort en 1505.
  • Pierre III d'Amboise, évêque de Poitiers, abbé de Saint-Jouin et de Liré, mort à Blois en 1505.
  • Jacques d'Amboise, abbé de Jumièges, de Cluny et de Saint-Alyre de Clermont, évêque de Clermont-Ferrand, mort en 1516.
  • Georges d'Amboise (1460-1510), évêque de Montauban en 1484, archevêque de Narbonne et de Rouen en 1493, cardinal en 1498, légat en France.
  • Charles Ier d'Amboise, seigneur de Chaumont, de Sagonne, de Meillant, de Charenton, etc., gouverneur de l'Île-de-France, de Champagne, et de Bourgogne, conseiller, chambellan et chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, Il meurt en 1480.
  • Louis d’Amboise, évêque d’Autun puis d’Albi. Cardinal en 1506. Il meurt en 1517.
  • Guy d’Amboise, seigneur de Ravel, capitaine des cent gentilshommes de la maison du roi, bailli de Montferrand, conseiller et chambellan du roi. Il meurt en 1508.
  • Charles II d'Amboise de Chaumont, seigneur de Chaumont, Sagonne, Meillan, Charenton, etc. Chevalier de l’Ordre du Roi, successivement grand maître, maréchal et amiral de France en 1502 et 1504. Gouverneur de la ville de Paris, du duché de Milan, de la seigneurie de Gennes/Gênes et de la province de Normandie. II fut fait lieutenant-général en Lombardie. II commanda l’avant-garde de l’armée du roi à la bataille d’Aignadel en 1509, prit plusieurs places sur les Vénitiens la même année et la suivante, et mourut de maladie à Corregio en Lombardie en 1511, âgé de trente-huit ans. Son corps fut porté à Amboise et enterré dans la chapelle de Saint-Jean de l’église des cordeliers. Il eut un fils naturel Michel d'Amboise, (né à Naples vers1505[4]/1506[5] qui fut amené en France tout enfant, devint poète, fit de la prison et finit par mourir dans la misère sans laisser de postérité[6].

Rameau de Bussy (des Clermont (-Gallerande) d'Amboise)Modifier

Personnalités[3]:

Rameau d’AubijouxModifier

 
Hugues d'Amboise relevé pour Gaignières.

Personnalités[3]:

  • Hugues d’Amboise, seigneur d’Aubijoux à Marcenat, chevalier de l’ordre du Roi, capitaine de la compagnie des cent gentilshommes de sa maison, sénéchal de Roussillon &de Cerdagne, lieutenant-général en Toscane en 1496, capitaine d’Aigues-Mortes et sénéchal de Beaucaire en 1501. Il meurt à la bataille de Marignan en 1515.
  • Louis d'Amboise d'Aubijoux, comte d'Aubijoux, baron de Castelnau et Bonnefons/Bonnafous, de Graulhet, de Sauveterre, etc. Né posthume en 1536, élevé enfant d’honneur du Roi. Lieutenant de la compagnie de trente lances du comte de Ventadour, colonel des légionnaires de Languedoc, capitaine de cinquante hommes d’armes, gouverneur des diocèses d’Albi, Castres, Lavaur, comté de Pézenas, sénéchal d’Albi, chevalier des Ordres du Roi. Il meurt en 1614 âgé de 78 ans.
  • François d’Amboise, reçu dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1582[7], comte d'Aubijoux après le décès de son frère. Colonel des légionnaires de Languedoc.
  • François-Jacques d'Amboise, comte d'Aubijoux, baron de Castelnau, de Bonnefons, de Graulhet, de Sauveterre, de Casaubon, etc. Il fut Chambellan de Gaston duc d’Orléans, lieutenant-général en Languedoc, gouverneur de la ville & citadelle de Montpellier en 1645. Il ne se maria pas et mourut le dernier de son nom & de sa maison dans son château de Graulhet le 9 novembre 1656[3].

Extinction de la maison d'Amboise en 1656Modifier

La plupart des généalogistes (Louis Moréri, le père Anselme, Charles d'Hozier, La Chenaye-Desbois, Gustave Chaix d'Est-Ange, etc.) indiquent que la maison d'Amboise s'éteignit définitivement en 1656 avec François-Jacques d'Amboise, comte d’Aubijoux qui mourut dernier de son nom et de sa maison le 9 novembre 1656[1].

Il existe cependant une famille du nom d'Amboise, issue du chirurgien Jean d'Amboise, (né vers 1514 à Douai et mort en 1584 à « au moins soixante-dix ans »)[8] qui est donné ar André Borel d'Hauterive[9] et d'autres auteurs du XIXe siècle comme un fils du poète Michel d'Amboise (né à Naples vers 1505[4]/1506[5], fils naturel du maréchal d'Amboise).

Charles d'Hozier conteste cette filiation et écrit :
On suppose dans un petit livre intitulé "Index funereus Chirurgorum Parisiensium ab anno 1315 ad annum 1714" imprimé à Trévoux chez Estienne Ganeau en 1714 que François, Adrien, et Jacques d’Amboise, fils de Jean étaient sortis de l’illustre maison d’Amboise et c’est sur cette fausse supposition que celui qui reste aujourd’hui le seul de la postérité de François d’Amboise usurpe les armes pleines de cette puissante maison. Lorsque feu M. Bayle commença à travailler son "Dictionnaire Historique", s’il m’avait consulté, il aurait traité plus exactement et plus sûrement qu’il ne l’a fait beaucoup de faits généalogiques qu’il a avancés dans son ouvrage et qu’on n’a pas rectifiés depuis et qui resteront contre la vérité dans toutes les éditions que l’on fera de cet excellent livre[10].

En 1903 Le généalogiste Gustave Chaix d'Est-Ange écrit à ce sujet:
On considère généralement comme ayant été fils naturel du maréchal d’Amboise un certain Michel d’Amboise né à Naples qui fut amené en France tout enfant en 1524, devint un poète fort distingué et finit par mourir dans la misère sans laisser de postérité. L’ancienne maison d’Amboise est donc complètement éteinte. La famille d’Amboise aujourd’hui existante descend de Jean d’Amboise né à Douai en Flandre dont on a voulu plus tard faire un fils de Michel d’Amboise Ce personnage fut chirurgien du roi...Charles Jules d’Amboise fut maintenu dans sa noblesse en 1668 par jugement de Voisin de la Noiraye intendant de Tours. Dès cette époque cette famille d’Amboise avait cherché à se greffer sur celle des anciens seigneurs d’Amboise et en avait adopté les armoiries.[6].

Poursuite de la maison d'AmboiseModifier

Pendant plus de deux siècles aucun historien ne rattache Michel d’Amboise à l’ancienne famille d’Amboise, et à plus forte raison, son fils, Jean d’Amboise chirurgien. Il a fallu attendre 1744 pour apprendre dans l’ouvrage de l’abbé Claude Pierre Gouget, Bibliothèque française- Tome 2, p.47, que Michel d’Amboise était, en fait un fils naturel du maréchal de France Charles II d’Amboise. Avant cette date, en 1696, même le grand Pierre Bayle dans son Dictionnaire historique, consacrait des articles séparés à Michel, et Jean d’Amboise chirurgien, mais ne rattachait, ni l’un, ni l’autre à l’ancienne famille d’Amboise. Il écrivait cependant au sujet de l’un des fils du chirurgien Jean d’Amboise, à la page 228 de son Dictionnaire : Il me vient une pensée que je donnerai pour ce qu’elle me coûte, c’est que peut-être ses prédécesseurs ayant dérogés, il obtint la réhabilitation de sa famille. Que sait-on même, si du côté gauche, il ne descendait pas de l’illustre maison d’Amboise ? C’est ce qui paraît le plus probable . D’ailleurs l’abbé Claude Pierre Gouget qui, le premier, rattacha Michel à l’ancienne famille d’Amboise écrivit quelques années plus tard à propos du troisième enfant du chirurgien Jean d’Amboise : Jacques d’Amboise était le 3eme des fils de Jean d’Amboise, chirurgien au châtelet, de l’illustre famille des d’Amboise . (Réf : Mémoires historiques et littéraires sur le collège royal de France - Deuxième partie, Sixième classe, p. 26). A peu près à la même époque, NFJ Eloy, écrivait à propos du fils de Michel : Jean d’Amboise, personnage issu de l’illustre famille de ce nom, eut trois fils. Peut-être seraient-ils demeurés dans l’obscurité si la naissance ne leur avait donné d’illustres protecteurs qui animèrent leurs talents . Nous rappelons que le connétable de France, Anne de Montmorency, avait déjà eu Michel d’Amboise à son service comme secrétaire, puis comme écuyer à la bataille de Pavie. (Réf : Bibliothèque française Tome VII -Paris 1744). Quoi de plus naturel qu’après ses études de chirurgie, Jean d’Amboise, fils de Michel, soit engagé en 1545, par le connétable, qui le proposera ensuite aux rois de France? Contrairement à ce qu’affirment plusieurs auteurs du paragraphe précédent Jean d’Amboise chirurgien, et ses enfants, avaient de très bonnes relations à la cour avec plusieurs membres de l’ancienne maison d’Amboise. Nous trouvons aujourd’hui au CARAN, plusieurs actes notariés qui attestent de ces bonnes relations, et de leurs échanges (Achats, et ventes de rentes, prêt d’argent, etc.). Si quelques historiens réfutent le fait que Michel d’Amboise soit le père de Jean d’Amboise, chirurgien, beaucoup d’autres, après avoir pris connaissance, en 1744, que Michel était bien de l’ancienne famille d’Amboise, confirment que Jean d’Amboise était bien le fils de Michel . Nous citons, ci-dessous, quelques uns d’entre eux. Index funerous chirurgorum parisiensum, ab anno 1315 ad annum 1714 , par Jean Devaux, imprimé à Trévoux en 1714, chez Etienne Gaveau, Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest - 4eme trim. Poitiers. Tome. XIII- Mécénat de la famille d’Amboise par G. Souchal, L'épitaphier du vieux Paris, No S 2244 à 2599 par H. Verlet. Bulletin héraldique de France, par Louis de La Roque-1888- Nobiliaire et armorial de Bretagne par de Pol Louis de Courcy, publié en 1890. Dictionnaire des familles de Touraine, par Luc Boisnard, (1992). Archives royales de Chenonceaux . Pièces historiques relatives à la chastellenie ...Publié en 1864 par J. Techener. Mémoires de la société nationale des antiquaires . (Volume 21). Le Parlement de Bretagne (1554-1791) de F. Saulnier. (Vol.1). De virginatisnotis gravactate et Partis, par Séverin Pineau (1579). Amboise, le Château ..., par Bosseboeuf. Portefeuille de portraits du Cabinet des estampes de la Bibliothèque Nationale, Sup. N°2 par Gaignières. Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France , (1852), Troisième série, tome 1er. La Loire historique, par Touchard-Lafosse, t. IV. Mémoires de la Société archéologique de Touraine. (1866). Histoire du Clos Lucé près d’Amboise, par M. Coleman (1937). Mémoire historique et littéraire sur le collège royal de France, et Histoire de l'origine et des progrès de la chirurgie en France par François Quesnay, Tome premier. Le château d’Amboise et ses environs, par Boileau, 1860. Neuillé-le-Lierre, par G. Troupeau. (2005). Château de Chaumont, par l’abbé Bosseboeuf». Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers…. Tome 9, (Deuxième partie) -1890. Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne, par N. F. J. Eloy, Année 1778, Armorial général de Touraine, Tome 18, par Carré de Busserolle (1856), etc.

AlliancesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, tome VII, page 129.
  2. Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest 1842, pages 226 et 227
  3. a b c d e f g et h Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, tome VII, pages 119 à 129 : Généalogie de la maison d’Amboise.
  4. a et b Enea Henri Balmas, Il tema della fortuna nella letteratura francese e italiana del Rinascimento, L.S. Olschki, 1990, page 107.
  5. a et b Jean-Pierre Niceron, Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres dans la république des lettres, Tome 33, 1736, pages 328-339.
  6. a et b Gustave Chaix d'Est-Ange "Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle" Volume 1, 1903, page 167: Famille d'Amboise
  7. de La Roque, col.7
  8. Encyclopédie méthodique : Médecine, Panckoucke, 1790, page 11 : « On voit que Jean d'Amboise doit avoir fourni une assez longue carrière ; car lors même qu'il n'aurait été mis au nombre des chirurgiens de François Ier qu'en 1544 [avant mars 1547, année de décès du roi], il aurait exercé cette fonction à la cour durant quarante ans; il avait donc au moins soixante-dix ans à sa mort, en 1584. »
  9. A-F-J Borel d’Hauterive "Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines" 1856, page 173.
  10. Pierre Bayle "Dictionnaire historique et critique", 11e édition 1820, page 492.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier