Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bueil.

Famille de Bueil
Image illustrative de l’article Famille de Bueil
D'azur au croissant d'argent accompagné de six croisettes recroisetées au pied fiché d'or, trois rangées en chef et trois rangées en pointe.

Devise Cri : Notre Dame de Bueil
Pays ou province d’origine Touraine
Demeures Château de Vaujours, Manoir de Champmarin château de la roche racan

La famille de Bueil est une famille noble française originaire de Touraine[1],[2]. Au début du XVe siècle elle hérite du Comté de Sancerre[3] (Jean IV de Bueil, † en 1415 à Azincourt, ayant épousé en 1404 l'héritière de Sancerre, Marguerite-Dauphine d'Auvergne). Le membre le plus connu de la Maison de Bueil est Jean V de Bueil (~1406-† 1477/1478), premier comte de Sancerre de la Maison de Bueil en 1451, qui participa aux côtés de Jeanne d'Arc à la levée du siège d'Orléans (1428-1429) et écrivit bien plus tard Le Jouvencel vers 1461-1466.

La branche aînée se maintient pendant six générations à la tête du Comté de Sancerre. René de Bueil, dernier comte héréditaire de Sancerre, le vend à Henri II De Bourbon, prince de Condé (en 1637/1640). En 1665 cette branche comtale disparaît dans les mâles avec son fils Jean VIII de Bueil ; mais postérité des trois sœurs de ce dernier, Anne (dont le fils, Jean de Perrien marquis de Crenan, relève le nom de Bueil), Françoise et Renée de Bueil.

La famille de Bueil a donné un archevêque de Bourges, un évêque d'Angers, un gouverneur du Mans, un Maître des Arbalétriers de France, quatre Grand bouteillers de France et un amiral de France.

OriginesModifier

Plusieurs origines sont avancées pour la Maison de Bueil.

Origine mythiqueModifier

Les Bueil sont dits d'origine italo-provençale, rameau des Grimaldi de Beuil eux-mêmes prétendument issus des Guiscard/Hauteville de Naples-Sicile, en jouant sur la confusion Beuil/Bueil. Le plus célèbre des Bueil — avec l'amiral Jean V — le poète Racan (1589-1670), semblait croire à cette fable des plus légendaires[4].

Origine traditionnelleModifier

Originaire de Touraine, la famille de Bueil fut l'une des plus considérables de cette région. Elle serait une branche cadette des seigneurs de L'Isle-Bouchard et de Cinq-Mars. En effet, le premier Bueil connu serait le Chevalier Barthélemy III de L'Ile-Bouchard, dit de Bueil (né vers 1231-† vers 1300 ; fils de Bouchard VII de L'Ile-Bouchard, mari d'Eustachie de Doué dame de Gençay et Thouarcé, et père de Bouchard VIII). Les Bueil apparaissent au début du XIVe siècle comme Seigneurs de Bueil-en-Touraine (avec Jean Ier, aussi seigneur de Cinq-Mars, écuyer de Charles IV, que le site Racines&Histoire[5][6] donne comme fils cadet de Barthélemy III et d'Eustache de Doué, et frère puîné de Bouchard VIII de L'Ile-Bouchard).

Nouvelles perspectivesModifier

S'appuyant sur les archives et donc les sources authentiques, R. C. Famiglietti[7] a complètement renouvelé le dossier des premiers Bueil. Il montre notamment que l'origine bouchardaise, erronée selon lui, est due à une confusion : un certain chevalier Bathélemy du Plessis possédait à Bueil un fief dont il tirait son nom, Le Plessis-Barbe, avec la métairie de la Souderie/la Soudinière ; maître Pierre de Bueil (sans doute le propriétaire immédiat) avait donnée cette métairie à l'abbaye St-Julien de Tours et au prieuré de Bueil qui dépendait d'elle, et Barthélemy ratifia cette offre en février 1252 ; de plus, la donation fut entérinée en mars 1255, alors que Barthélemy du Plessis était déjà décédé, par Barthélemy sire de L'Isle-Bouchard et son frère cadet Olivier de L'Isle-Bouchard sire de Rivarennes, dont Barthélemy était le vassal pour ledit fief du Plessis. Aucune parenté n'est mentionnée dans les actes entre les frères L'Isle-Bouchard, Barthélemy du Plessis et Pierre de Bueil : l'extrapolation qui fait des Bueil et des L'Isle-Bouchard des membres de la même famille, et qui décore Barthélemy de L'Isle-Bouchard et son frère Olivier de Rivarennes du nom de Bueil, est donc fautive[8].

En revanche, l'acte de 1252 nous apprend qu'il y avait déjà à Bueil une famille de Bueil, dont maître Pierre était un représentant. En fait d'autres documents bien plus anciens nous renseignent davantage[9] : en 1108, Bueil est mentionné pour la première fois dans un acte citant son ancien seigneur, Hugues de Vaux, alors décédé, qui avait fait donation de l'église St-Pierre de Bueil à St-Julien de Tours ; au XIIe siècle, Geoffroy de Bueil dit Esperon, finit moine à St-Julien de Tours et gratifie cette abbaye en 1158-1160 : le chevalier Bos/Boz de Bueil, seigneur dudit Geoffroy Esperon, et Henri de Bueil, prêtre, sont témoins de la donation faite par Geoffroy. Ces gens sont-ils parents, et sont-ils des ancêtres des Bueil du XIVe siècle ? Cela est tentant. En tout cas une origine locale des Bueil paraît plausible...

Duché de La VallièreModifier

Le duché de La Vallière, ou de Vaujours, érigé en mai 1667 par Louis XIV pour sa favorite Louise de La Vallière, s'assoit sur les terres de Châteaux-en-Anjou et de Saint-Christophe (Touraine). À l'origine ces terres composaient des baronnies appartenant à la Famille de Bueil, de 1398 au moins à 1666[10] : depuis la seconde moitié du XIIIe siècle elles avaient patiemment été achetées par les Bueil ou leurs ancêtres Trousseau sur leurs anciens seigneurs, les d'Alluyes, alliés aux Rotrou de Montfort et poursuivis dans les Parthenay-L'Archevêque (cf. l'article Perche-Gouet/Seigneurs/Guillaume Gouët) ; vente en 1666 à Louis XIV par Renée de Bueil et son mari François de Mesgrigny.

Branches et filiationModifier

Nous donnons pour les premiers Bueil les deux versions traditionnelle et rénovée.

Généalogie traditionnelleModifier

Généalogie rénovéeModifier

À partir de Jean V, comte de Sancerre et amiral de FranceModifier

Jean V de Bueil (Jean (VI) dans la généalogie rénovée), né ~1404/1406-† 1478, Comte de Sancerre en 1451, vicomte de Carentan, seigneur de Montrésor, Châteaux en Anjou, Vaujours/Vaujoyeux, Courcillon, Château-Fromont (qu'il échange avec Yolande d'Aragon contre Mirebeau en août 1431), Vailly, St-Christophe, aussi de Saint-Calais et d'Ussé, amiral de France ; ∞ 1° Jeanne de Montjean, fille de Jean Ier de Montjean et probablement héritière d'Ussé ; ∞ 2° 1456 Martine, fille d'Antoine Turpin, seigneur de Crissé, chambellan de Charles VI et Charles VII, et de Jeanne de La Grésille

Armes[14].Modifier

  Blasonnement :
Bueil : d'azur au croissant d'argent accompagné de six croisettes recroisetées au pied fiché d'or.
Commentaires : Armes reprises par la commune de Bueil-en-Touraine.Cimier: une tête et col de cygne, Supports: deux léopards
  Blasonnement :
Pierre de Bueil : Écartelé, de Bueil et Avoir, à la bordure d'or.
Commentaires : Arme brisée d'une bordure de Pierre de Bueil, frère puiné de Jean IV de Bueil
  Blasonnement :
Guillaume de Bueil : Écartelé, de Bueil et Avoir, à la bordure engreslée d'or.
Commentaires : Arme brisée d'une bordure engreslée de Guillaume de Bueil, frère puiné de Jean IV de Bueil
  Blasonnement :
Jean III de Bueil : Écartelé, aux 1 et 4 d'azur au croissant d'argent accompagné de six croisettes recroisetées au pied fiché d'or, qui est Bueil, aux 2 et 3 de gueules à la croix ancrée d'or, qui est Avoir.
Commentaires : Variante à partir de Jean III de Bueil, alliance Avoir, Cimier : deux têtes et cols de cygne, Supports : deux anges.
  Blasonnement :
Jean V de Bueil :écartelé, aux 1 et 4 d'azur au croissant d'argent accompagné de six croisettes recroisettées au pied fiché d'or (Bueil), aux 2 et 3 de gueules à la croix ancrée d'or (Avoir) ; sur le tout, un écusson écartelé aux 1 et 4 d'or au dauphin pâmé d'azur (Dauphiné d'Auvergne), aux 2 et 3 d'azur à la bande d'argent accolée de doubles cotices potencées et contre-potencées d'or (Champagne-Sancerre).
  Blasonnement :
Louis III de Bueil : écartelé, de Bueil et d'Avoir brisé d'un lambel; sur le tout, un écusson écartelé (Auvergne-Sancerre).
Commentaires : Arme brisé d'un lambel, de Louis III de Bueil, frère de l'Amiral Jean V de Bueil
  Blasonnement :
Branche Bueil-Fontaine : écartelé, au 1 et 4 contre-écartelé de Bueil et d'Avoir, sur le tout, écusson du Dauphiné; au 2 et 3 d'azur à l'aigle d'or qui est de Fontaines.
Commentaires : Clause du contrat de mariage de Jacques de Bueil avec Louise de Fontaines[15].
  Blasonnement :
Écartelé au 1 de Bueil, au 2 de Fontaines, au 3 à trois chevrons de gueules à la fasce d'azur, au 4 d'azur semé de fleur de lys d'or au lion de même.
Commentaires : Blason de Louis de Bueil, Sr de Racan, Chevalier du Saint-Esprit, reçu le 15 janvier 1597.

Armes des Bueil dans les blasons de communeModifier

  Blasonnement :
Vailly-sur-Sauldre : Écartelé : au premier et au quatrième de gueules au lion d'argent, au deuxième et au troisième au croissant d'argent accompagné de six croisettes recroisetées au pied fiché d'or, trois rangées en chef et trois rangées en pointe qui est de Bueil[16].
  Blasonnement :
Marans : D'azur semé de croisettes recroisetées au pied fiché d'or, au croissant d'argent brochant sur le tout.
  Blasonnement :
Saint-Laurent-de-Lin : Écartelé: au 1er d'or à la coquille renversée de gueules, au 2e de sinople à l'écusson écartelé au I et IV d'azur au croissant d'argent accompagné de six croisettes recroisetées au pied fiché d'or qui est de Bueil, aux II et II de gueules à la croix ancrée d'or et sur le tout, écartelé aux 1 et 4 d'or au dauphin d'azur, lorré et peautré de gueules, aux 2 et 3 d'azur à la bande d'argent côtoyée de deux doubles cotices potencées et contre-potencées d'or, au 3e de sinople à la tête de femme posée de dos et de trois-quarts, cousue de gueules, colletée de sable, à la coiffe de dentelle d'argent ajourée de sable, au 4e d'or au fer à cheval de sable, percé du champ, l'espace entre les lames rempli d'argent et chargé d'une machine agricole ancienne d'or.
  Blasonnement :
Saint-Paterne-Racan : D'azur au croissant d'argent accompagné de six croisettes potencées au pied fiché d'or ordonnées 3 et 3[17].
  Blasonnement :
Aubigne-Racan : D'azur au croissant d'argent accompagné de six croisettes potencées au pied fiché d'or, trois rangées en chef et trois rangées en pointe.
  Blasonnement :
Dissay : Écartelé : au 1) et au 4) palé d’or et de gueules, au 2) d’azur au croissant d’argent accompagné de six croisettes recroisetées au pied fiché du même, trois rangées en chef et trois rangées en pointe, qui est de Bueil au 3) d’azur à la bande d’argent côtoyée de deux double cotices potencées et contre potencées d’or ; sur le tout d’or au dauphin d’azur crêté, barbé, loré, peautré et oreillé de gueules ; le tout sommé d’un comble d’azur chargé de l’inscription DISSAY en lettres capitales d’argent[18].
  Blasonnement :
Fontaine-Guérin : Écartelé : aux 1er et 4e de gueules à l’aigle d’or, aux 2e d’azur au croissant d’argent accompagné de six croisettes tréflées du même, trois rangées en chef et trois rangées en pointe, qui est de Bueil au 3e d’azur à la croisette latine ancrée d’or.

Titres et PossessionsModifier

Liste non exhaustives des possessions tenues en nom propres ou en fief de la famille de Bueil :

PersonnalitésModifier

RéférencesModifier

  1. « Seigneurs de Bueil », sur MedLands
  2. « Comtes de Sancerre », sur MedLands
  3. « comtes de Sancerre », sur Racines & Histoire
  4. R. C. Famiglietti, 2018, p. 13-16
  5. « Bueil », sur Racines & Histoire
  6. « L'Isle-Bouchard, p. 4 et 5 », sur Racines & Histoire
  7. R. C. Famiglietti : « Recherches sur la Maison de Bueil », Picardy Press à Providence (Rhode Island, USA), 2018
  8. R. C. Famiglietti, 2018, p. 9-12
  9. R. C. Famiglietti, 2018, p. 15
  10. Duché-Pairie de La Vallière, Siège de Château-la-Vallière, 1534-1791, Isabelle Girard, 2003
  11. « Tour de Marmande : historique », sur Association Tour de Marmande, Vellèches (Vienne)
  12. « Brosse », sur Denis Jeanson : toponymie
  13. Nicolas Du Bout, Histoire de l'abbaye d'Orbais, Paris, A. Picard, , 706 p. (lire en ligne).
  14. Monuments funéraires épigraphiques, sigillographiques etc, de la famille de Bueil / par Eugène Hucher, Auteur : Hucher, Eugène (1814-1889), Éditeur : A. Aubry (Paris), Éditeur : P. Bouserez (Tours), Éditeur : Monnoyer (Le Mans), Format : 30 p. : ill. ; in-fol., Identifiant : ark:/12148/bpt6k5759211b, Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, FOL-LM3-1845, Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34210057f, Provenance : bnf.fr, Date de mise en ligne : 08/02/2010
  15. Racan (1589-1670) Historie Anecdotique Ert Critique de Sa Vie Et de Ses Ceuvres (1970), Collectif, Slatkine
  16. Le blason de la commune sur Gaso. Consultation : février 2009.
  17. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées BanqueDuBlason
  18. Gaso.fr
  19. attesté en 1368, 1377 et 1386.
  20. Généalogie de la famille du Boisjourdan, Amaury de la Pinsonnais
  21. Il ne fut point marquis de Racan. L'Académie française, semble-t-il faute de vérification, s'est trompée dans son dictionnaire.

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier