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Jean Lecanuet

politicien français

Jean Lecanuet, né le à Rouen (Seine-Inférieure) et mort le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un homme politique français.

Jean Lecanuet
Jean Lecanuet en 1959.
Jean Lecanuet en 1959.
Fonctions
Député français

(5 mois et 26 jours)
Élection 16 mars 1986
Circonscription Seine-Maritime
Législature VIIIe
Groupe politique UDF
Prédécesseur Scrutin uninominal
Successeur Roger Fossé
Député européen

(9 ans, 2 mois et 22 jours)
Élection 10 juin 1979
Réélection 17 juin 1984
Législature 1re et 2e
Groupe politique PPE
Président de l'Union pour la démocratie française

(10 ans, 4 mois et 29 jours)
Prédécesseur Création du parti
Successeur Valéry Giscard d'Estaing
Président du Centre des démocrates sociaux

(6 ans)
Prédécesseur Lui-même (Centre démocrate)
Successeur Pierre Méhaignerie
Ministre d'État chargé du Plan et de l'Aménagement du territoire

(7 mois et 2 jours)
Président Valéry Giscard d'Estaing
Premier ministre Raymond Barre
Gouvernement Barre I
Prédécesseur Olivier Guichard
Successeur Jean-Pierre Fourcade
Garde des Sceaux, ministre de la Justice
(Ministre d’État à partir du )
9e ministre de la Justice de la Ve République

(2 ans, 2 mois et 28 jours)
Président Valéry Giscard d'Estaing
Premier ministre Jacques Chirac
Gouvernement Chirac I
Prédécesseur Jean Taittinger
Successeur Olivier Guichard
Président du Conseil général de
Seine-Maritime

(19 ans)
Prédécesseur André Marie
Successeur André Martin
Député français

(1 an, 2 mois et 27 jours)
Élection 11 mars 1973
Circonscription 1re de la Seine-Maritime
Législature Ve
Groupe politique RDS
Prédécesseur Roger Dusseaulx
Successeur Pierre Damamme
Maire de Rouen

(24 ans, 10 mois et 18 jours)
Élection 14 mars 1971
Réélection 13 mars 1977
6 mars 1983
12 mars 1989
Prédécesseur Bernard Tissot
Successeur François Gautier
Président du Centre démocrate

(11 ans)
Prédécesseur Lui-même (MRP)
Successeur Lui-même (Centre des
démocrates sociaux
)
Président du MRP

(2 ans)
Prédécesseur André Colin
Successeur Lui-même (Centre démocrate)
Sénateur français
Circonscription Seine-Maritime
Circonscription Seine-Maritime
Circonscription Seine-Maritime
Député français

(4 ans, 4 mois et 26 jours)
Élection 17 juin 1951
Circonscription Seine-Inférieure
Législature IIe
Groupe politique MRP
Biographie
Nom de naissance Jean Adrien François
Lecanuet
Date de naissance
Lieu de naissance Rouen
Date de décès (à 72 ans)
Lieu de décès Neuilly-sur-Seine
Nature du décès Cancer
Sépulture Abbaye Saint-Georges de
Boscherville
Nationalité Drapeau de la France française
Parti politique MRP (jusqu'en 1965)
CD (1966-1976)
UDF (1978-1993)
Profession Maître des requêtes au
Conseil d'État

Jean Lecanuet
Maires de Rouen

Agrégé de philosophie, il s'enrôle dans la Résistance avant de travailler, après la Libération, comme fonctionnaire au sein de plusieurs cabinets ministériels. Centriste convaincu, il devient président du Mouvement républicain populaire (MRP).

Candidat à la première élection présidentielle française convoquée au suffrage universel direct, il mène une campagne dynamique grâce à laquelle il finit troisième à l'issue du premier tour de l'élection, concourant à la mise en ballottage du général de Gaulle. Trois ans plus tard, en 1968, il est élu maire de Rouen, fonction qu'il détient jusqu'à sa mort.

Sommaire

BiographieModifier

Jean Adrien François Lecanuet naît dans un milieu très modeste. Après des études à l'école Bellefonds, au pensionnat Jean-Baptiste-de-La-Salle et au lycée Corneille à Rouen, il s'oriente vers des études littéraires au lycée Henri-IV à Paris.

Seconde Guerre mondialeModifier

Il est diplômé d'études supérieures de lettres et, à 22 ans, devient le plus jeune agrégé de France (agrégation de philosophie en 1942[1]). Il enseigne en tant que professeur de philosophie à Douai et à Lille.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, tout en continuant à enseigner le jour, en 1943, il participe à la Résistance et entre dans la clandestinité. Son action inclut la participation à des réseaux de sauvetage des Juifs persécutés qui l'ont fait reconnaître comme un Juste parmi les nations. En août 1944, il est arrêté avec le commando qui venait de faire sauter la voie ferrée Lille-Bruxelles, et parvient à s'échapper avec la complicité d'un Polonais incorporé de force dans l'armée allemande.

À la Libération, Jean Lecanuet devient inspecteur général au ministère de l'Information. Puis, sous la IVe République, il est plusieurs fois directeur de cabinet de ministres MRP (Mouvement républicain populaire) de l'Information, de la Marine marchande, de l'Économie nationale, de l'Intérieur, des Finances, etc. (11 postes en 10 ans).

Années 1960Modifier

Il est président du MRP entre 1963 et 1965, qu'il entreprend d'adapter à une donne électorale défavorable. En 1965, Jean Lecanuet est candidat à l'élection présidentielle, soutenu entre autres par Paul Reynaud. Démocrate-chrétien, Jean Lecanuet est le représentant d'un courant atlantiste qui bénéficie du soutien financier américain contre la volonté d'indépendance nationale incarnée par le général de Gaulle[2].

Sa candidature contribue à la mise en ballottage de de Gaulle : il obtient 3 777 119 voix, soit 15,57 % des suffrages exprimés. Il ne donne pas de consigne de vote pour le second tour ; il affirme, par la suite, regretter de ne pas avoir appelé à voter en faveur du général de Gaulle[3].

En 1966, il fonde le Centre démocrate, voie difficile lorsque le mode de scrutin favorise la bipolarisation. C'est ainsi qu'en 1972, il fonde avec Jean-Jacques Servan-Schreiber le Mouvement réformateur. Il négocie avec Pierre Messmer les désistements qui permettent le succès de la majorité de droite et de centre-droit aux élections législatives de 1973.

Années 1970Modifier

Jean Lecanuet participe activement à la campagne électorale de 1974 en faveur de Valéry Giscard d'Estaing et préside ensuite l'Union pour la démocratie française (UDF), créée par celui-ci, de 1978 à 1988. Il contribue aux succès électoraux du parti centriste, européen et revendiquant une politique libérale modérée.

Il est ministre de la Justice au moment de l'affaire Ranucci. Il exprime après l'exécution du condamné son soutien à la décision du président de la République. Il s'était positionné en faveur de la peine capitale et de son maintien pour les enlèvements d'enfants suivis de meurtre, en octobre 1975. Il souligne l'effet dissuasif de cette peine et déclare le 30 juillet 1976 : « Personnellement, j'espère que cet acte sera exemplaire et que ceux qui croyaient pouvoir commettre des crimes si odieux et pouvoir échapper au plus grand des châtiments mesureront maintenant le risque qu'ils encourent. »[4].

Ministre de la Justice, il ne souhaite pas, pour des raisons d'éthique personnelle, défendre la loi sur l'IVG devant le Parlement[5].

Années 1980Modifier

En 1986, Jacques Chirac souhaite nommer Jean Lecanuet ministre des Affaires étrangères, mais le président de la République, François Mitterrand, s'oppose à cette nomination[6]. Dès lors, Plantu le représente dans les pages du Monde avec un cactus sous le bras[7],[8].

Il termine sa carrière politique comme maire emblématique de sa ville natale, Rouen, qu'il dirige pendant un quart de siècle, s'employant à valoriser son patrimoine historique. Son nom a été donné à l'ancienne rue Thiers, une artère du centre-ville, qui fait face à l'hôtel de ville.

En vue des élections sénatoriales de 1992, il est pressenti pour devenir président du Sénat, mais, malade, il renonce à se présenter, laissant la voie libre à René Monory[9].

Le 22 février 1993, il meurt des suites d'un cancer généralisé[10].

Conformément à ses volontés, Jean Lecanuet est inhumé dans l'abbaye Saint-Georges de Boscherville, un lieu qu'il prisait. Les arrêtés préfectoraux autorisant son inhumation ainsi que celle, plus tard, de son épouse Jacqueline dans un bâtiment public font l'objet de vives critiques de la part des défenseurs du patrimoine.

Détail des mandats et fonctionsModifier

HommagesModifier

  • Un collège de la ville de Rouen porte son nom.
  • Une des rues principales de Rouen a également reçu le nom de rue Jean Lecanuet : c'est l'ancienne rue Thiers, initialement nommée rue de l'Hôtel-de-Ville en 1860)[11], large rue menant symboliquement à l'hôtel de ville.

Notes et référencesModifier

  1. André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 », sur Ressources numériques en histoire de l'éducation, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes, (consulté le 11 mars 2015)
  2. Gaël Moullec, « De l'Atlantique à l'Oural : de Gaulle et l'Union soviétique », Nouvelle Revue d'Histoire, no 82 de janvier-février 2016, p. 54-57
  3. Georges Valance, VGE - Une vie, Flammarion, 2011, p. 394.
  4. LECANUET=peine de mort RANUCCI Sur le site ina.fr
  5. [Interview de V. Giscard d'Estaing, février 2016 http://www.lcp.fr/emissions/270917-sans-rancune-et-sans-retenue-premiere-partie
  6. (en) « Mitterrand Vetoes 4 Choices by Chirac for New French Cabinet », Los Angeles Times, 20 mars 1986.
  7. Inspiré d'après le dessinateur par Michel Aumont qui dans Un chapeau de paille d'Italie de Labiche, portait un myrte en pot sous le bras ("Le petit théâtre de Plantu", Libération, 31 mai 2003, consulté le 4 janvier 2013).
  8. Pour Annie Duprat, il s'agit d'une référence à un discours de Lecanuet destiné au président de la République Valéry Giscard d'Estaing : « Nous serons le cactus de la majorité » (in "Iconologie de la caricature politique en France (du XVIe au XXe siècle)", Hermès, no 29, CNRS Éditions, Paris, 2001).
  9. http://www.ina.fr/video/CAC93067038/deces-de-jean-lecanuet-video.html
  10. https://www.humanite.fr/node/50449
  11. Nicétas Periaux, Dictionnaire indicateur et historique des rues et places de Rouen, Rouen, 1870, p. 311

AnnexesModifier

BiographiesModifier

FilmModifier

Liens externesModifier

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