Ouvrir le menu principal

Humulus lupulus • Houblon grimpant

Le houblon ou houblon grimpant (Humulus lupulus) est une plante herbacée vivace grimpante de la famille des Cannabaceae. Elle a parfois pour noms vernaculaires couleuvrée septentrionale, bois du diable, salsepareille indigène ou vigne du Nord[1].

Les Romains, croyant que le houblon suçait la sève des arbres sur lesquels il grimpait, l'appelèrent lupulus (littéralement « petit loup »). Ce nom latin du houblon a donné luppolo en italien, lúpulo en espagnol, portugais et galicien, ou encore llúpol en catalan.

DescriptionModifier

C'est une liane herbacée, vivace, à grosse racine charnue de laquelle partent de longues tiges herbacées à section quadrangulaire qui s'enroulent à vive allure autour de leur support. Elle développe des tiges allongées (jusqu'à plus de 10 m) volubiles aux feuilles opposées, à 3 ou 5 lobes. Le houblon est une plante dioïque. Les plants femelles produisent des chatons qui, à floraison, deviennent des cônes ovoïdes couverts d'une résine odorante et pulvérulente, la lupuline. Les fruits, contenant des graines, sont des akènes globuleux et gris. Les plants mâles portent des fleurs en panicules larges.

CaractéristiquesModifier

 
Cônes
  • Organes reproducteurs :
    • Type d'inflorescence : cône
    • répartition des sexes : dioïque
    • Type de pollinisation : anémogame
    • Période de floraison : juin à septembre
  • Graine :
  • Habitat et répartition :
    • Habitat type : mégaphorbiaies planitiaires-collinéennes, eutrophiles[Quoi ?], médioeuropéennes
    • Aire de répartition : eurasiatique méridionale

ComposantsModifier

Myrcène, humulène, myrcénol, caryophyllène, farnésène, géraniol, linalol, tanins et résine.

Histoire, usages du houblonModifier

 
Feuilles et cônes

Le houblon sauvage semble avoir eu autrefois une certaine importance pour les forestiers. Les archives conservent en effet des témoignages d'amendes données à des personnes ayant coupé du houblon en forêt sans « licence » (sans autorisation), par exemple en 1413, en forêt de Mormal : « De Gilles escuyer demorant au Jolimes (Jolimetz) pour avoir copper pels en le foriest et ceuilliet houblon sans license sen fu pour les lois exploitiet par le dite ville LX sous tournois »[2]

Aromatisation de la bièreModifier

Article détaillé : houblonnage.

Les inflorescences femelles, les cônes, sont utilisées pour aromatiser la bière depuis le XIIe siècle lorsque Hildegarde de Bingen (1099-1179) découvrit les vertus aseptisantes et conservatrices du houblon (ainsi que son amertume). Il permettait ainsi à la bière de se conserver mieux et plus longtemps. Auparavant, un mélange d'herbes et d'épices, nommé gruit, était utilisé pour fabriquer ce que l'on appelait alors la cervoise.

PharmacopéeModifier

 
Lupuli flos : Inflorescence femelle du Houblon, séché
  • Partie utilisée : inflorescence femelle, le lupulin.
  • Propriétés : sédatif, facilite la digestion, fébrifuge, soigne l'irritabilité, il est aussi connu pour avoir un effet régulateur sur le système pileux, il réduit la chute de cheveux et il diminue l'excès de pilosité.
    C'est une plante tonique et stomachique à essence sédative.
    Le lupulin, administré sous forme de poudre, a une action galactogène du fait de la présence d'hormone (phytoœstrogène).

Des études récentes ont montré que le composé au pouvoir œstrogénique était un flavonoïde : hopéine ou 8PN (pour (±)-8-prénylnaringinine)[3]. Les grands buveurs de bière subissent parfois cet effet féminisant : apparition d'une gynécomastie (augmentation du volume de la glande mammaire) avec parfois baisse de la libido[réf. nécessaire]. Le lupulin présent dans les cônes de houblon mûr contient des acides (alpha et beta) responsables de son amertume. Les acides alpha (humulone (35 à 70 %), cohumulone (20 à 65 %) et adhumulone (10 à 15 %)) sont importants en brasserie car ils contribuent à la stabilité de la mousse de la bière et servent aussi comme agents conservateurs. Ces composés amers facilitent par ailleurs la digestion et participent avec l'huile essentielle présente dans les cônes au pouvoir sédatif du houblon[4].

Autres usagesModifier

On peut également consommer les jeunes pousses cuites comme des asperges. Le houblon est planté comme plante grimpante décorative dans les jardins d'ornement. Le houblon servirait aussi à protéger contre certains types d'allergies.[réf. nécessaire] Il est considéré comme anaphrodisiaque[5].

Il peut être également consommé en tisane, car il faciliterait le sommeil.

Les longues tiges de houblon récoltées de septembre à novembre peuvent être utilisées pour la vannerie sauvage[6].

ProductionModifier

En France, le houblon est cultivé dans le Nord et l'Est sur des fils de fer attachés à un réseau de câbles maintenu par des perches de bois à 7 mètres du sol[7].
En Belgique, il est cultivé sur environ 180 ha dans la région de Poperinge qui produit environ 363 tonnes par an (début des années 2000). Dans la région d’Alost (Aalst), quelques hectares de houblons aromatiques sont également cultivés[8].

 
Le houblon est une liane qui pousse naturellement en milieu frais (clairières, lisières), humide ou en bord d'eau (dans les ripisylves).
 
Le houblon a souvent été mis en culture sur des sols plus riches, mais où il est plus sensible aux pucerons et à certains pathogènes. La plantation de haies périphériques est un des moyens de lutte intégrée.

Production en tonnes. Chiffres 2007
Données de FAOSTAT (FAO)

  Allemagne 28 600 24,89 %
  États-Unis 27 330 23,79 %
  Éthiopie 25 000 21,76 %
  Chine 10 000 8,70 %
  République tchèque 5 600 4,87 %
  Pologne 3 100 2,70 %
  Slovénie 2 157 1,88 %
  Corée du Sud 1 900 1,65 %
Autres pays 11 199 9,75 %
Total 114 886 100 %

Espèces-hôtesModifier

Les papillons de nuit (hétérocères) suivants se nourrissent de houblon :

Voir aussiModifier

Dans le calendrier républicain, le Houblon était le nom donné au 23e jour du mois de fructidor[9].

Notes et référencesModifier

  1. Jean-Claude Rameau, Gérard Dumé, Flore forestière française: Plaines et collines, Forêt privée française, , p. 1203
  2. source : Marie Delcourte, d'après Archives départementales du nord ; ADN, B 10655
  3. [Phytomedicine. 2006 January; 13(1-2): 119–131. Published online 2005 July 1. doi: 10.1016/j.phymed.2004.07.006. PMCID: PMC1852439 NIHMSID: NIHMS14946 The pharmacognosy of Humulus lupulus L. (hops) with an emphasis on estrogenic properties L. R. Chadwick, G. F. Pauli, and N. R. Farnsworth];
  4. fiche Houblon dans phytomania , plantes et médecine
  5. Passeport Santé - Houblon;
  6. Bernard Bertrand, La vannerie sauvage, initiation, édition de Terran, , 216 p. (ISBN 9782913288843), « Houblon »
  7. Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, arts et métiers
  8. Le houblon belge
  9. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 30.

AnnexesModifier

Article connexeModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externesModifier