Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'ensemble des plantes terrestres correspondant à la classe Equisetopsida dans la classification phylogénétique APG III (2009). Pour la classe Equisetopsida de la nomenclature botanique correspondant aux prêles, voir Equisetidae.

Les Embryophytes, ou super-division des Embryophyta, aussi dénommées Cormophytes (« plantes à tige », du latin cormus : tige ; du grec kormos, tronc) ou Archégoniates (végétaux dont le gamétange femelle est un archégone), rassemblent ce qu'on appelle les plantes terrestres. Elles forment un groupe monophylétique, qui s'est développé parmi les chlorobiontes durant l'ère du Paléozoïque et s'est adapté avec succès à la vie sur la terre ferme, qu'elles ont progressivement colonisée, la sortie des eaux étant d'abord le fait des bryophytes avec leur gamétophyte aérien et durable. Ce terme de plantes terrestres n'interdit pas que certaines d'entre elles se soient par la suite adaptées aux milieux aquatiques (à la manière des cétacés chez les animaux) ou que leur fécondation reste en milieu aquatique[1].

Avec les algues vertes, ou chlorophytes lato sensu (groupe paraphylétique), elles constituent le règne des plantes vertes et le clade des chlorobiontes caractérisé par l'association des chlorophylles a et b et l'amidon stocké dans les plastes[2].

Les embryophytes sont définies par la présence d'un embryon végétal, structure qui se développe après la fécondation à partir du zygote et qui contient un pied ou suçoir, un suspenseur et une tête. Ce zygote ou œuf dont le développement est polarisé, au moins des premiers stades, dépend des réserves d'origine maternelle. De même, l'embryon dépend au moins pour les premiers stades de développement de réserves d'origine maternelle. C'est la tête de l'embryon qui se développe en sporophyte avec racine, tige et feuille : le port plus ou moins érigé dans l'air doit en effet vaincre le poids et la verticalité sépare les territoires éclairés des zones d'ancrage et d'absorption. Ainsi, la conquête des terres implique la différenciation en organes et tissu spécialisés, parfois renforcés par de la lignine et recouverts de cuticule, revêtement hydrophobe[3].

Dans la classification phénétique classique, elles se subdivisaient en

Mais les deux premiers groupes (les mousses et les fougères) sont paraphylétiques, seul le troisième (les plantes à graines) figure encore dans les classifications phylogénétiques.

Les données phylogénétiques indiquent que les embryophytes partagent un ancêtre commun avec un groupe d'algues vertes, les charophytes, et plus particulièrement les coleochaetales[4].

SynapomorphiesModifier

Les principales synapomorphies ou caractères dérivés propres à ce groupe sont :

  • La présence de stomates qui sont des orifices présents sur les feuilles et permettant de faciliter les échanges gazeux[5] (sauf chez les Marchantiophytes qui les auraient perdus secondairement au profit de pores aériens)
  • La présence d'une cuticule recouvrant l'épiderme[5]
  • Les organes sexuels femelle sont des archégones[5]

Évolution dans le temps et développement des EmbryophytesModifier

De manière classique, on classe les Embryophytes en trois groupes :

Cependant cette classification, toujours valide pour les évolutionnistes, n'est pas acceptée par les cladistes puisque mousses et fougères forment des ensembles paraphylétiques[6].

Le groupe des Bryophytes forme un groupe paraphylétique. Ce sont les premiers à avoir émergés de l’eau. Les premières plantes terrestres apparaissent à 480 millions d’années, lors de l’Ordovicien, grâce à un gamétophyte dominant colonisateur avec un sporophyte dressé pour la dispersion. A cette période, la couche d’ozone est bien installée. La filtration des UV est suffisante et elle permet la vie hors de l’eau. Il y a donc une corrélation entre la composition de la couche d’ozone et la colonisation des plantes vertes sur Terre (Embryophytes). L’ancêtre commun des Embryophytes est donc apparu il y a 480 millions d’années (il y a ensuite une recolonisation des eaux douces par certains Embryophytes au fil du temps).

Pour pouvoir survivre en milieu terrestre de nombreuses adaptations des plantes ont été réalisées au niveau de l'appareil végétatif et reproducteur, visant essentiellement à faire face à l'absence d'eau et à croître dans le milieu aérien en luttant contre l'attraction terrestre. Chez les plantes terrestres, on remarque que le sporophyte pousse verticalement pour maximiser la dispersion en milieu aérien (plus haut plus loin) : le thalle s'est progressivement transformé en cormus possédant des tissus spécialisés et bien différenciés. La forme cylindrique de ces axes dressés permet de diminuer la surface du végétal en contact avec l'atmosphère terrestre desséchante. Afin de permettre la croissance de végétaux de plus en plus hauts la mise en place d'un système racinaire efficace et d'un système de double circulation (xylème (sève brute) et phloème (sève élaborée)) permettant d'irriguer toutes les parties de la plante est nécessaire pour assurer des apports d'eau suffisants. Les axes se sont ensuite différenciés pour former différents organes végétatifs : tiges, feuilles, racines mais également reproducteurs à enveloppe pluricellulaire. On trouve ainsi les sporanges et gamétanges qui protègent les cellules reproductrices (les spores et gamètes). Il existe également plusieurs autres structures de protection afin de lutter contre les conditions hostiles du milieu terrestre : les spores disséminées par le vent sont protégées de la dessiccation par une épaisse paroi imprégnée de sporopollénine, le zygote, issu de la fécondation reste enfermé et protégé au début de son développement dans le gamétange femelle (ou archégone) où se développera le jeune embryon[7].

Aux alentours de 420-430 jusqu’à 400 millions d’années, on observe l’apparition d’organismes avec polysporangie. Les polysporangiés produisent plusieurs sporanges par sporophyte. Le sporophyte devient donc génération dominante avec la présence d’axes rampants et d’axes dressés : c’est l’apparition des Ptéridophytes au Silurien. Les Ptéridophytes sont des plantes vasculaires (Trachéophytes). Cependant, les premiers Ptéridophytes n’étaient pas vascularisés. Aglaophyton est un Ptéridophyte avec des hyphes de champignons, ce sont les premières plantes mycorhizées qui permettent une meilleure colonisation terrestre.

Les Trachéophytes ont des tissus conducteurs. Les plus vieux sont les Lycopodes, apparus à la fin du Silurien, avec des formes herbacées (axes rampants et axes dressés) et des formes arborescentes au carbonifère. Les plantes vasculaires à spores libres se diversifient au Dévonien. Au Dévonien, on trouve l’apparition des plantes à ovules aux alentours de 360 millions d’années. Ces Angiospermes sont issues des Progymnospermes qui se reproduisaient par des spores libres et avaient un tronc avec du bois. Le tronc est apparu avant l’ovule. Archaeopteris forme les premières grandes forêts de la fin du Dévonien. Les plantes à ovules apparaissent dans les sous bois des forêts.

Les plantes vascularisées produisent des spores qui germent pour donner un gamétophyte bisexué qui après fécondation conduira à la formation d’un embryon. Les Progymnospermes hétérosporés et hétérosporangie donnent les spermatozoïdes. Le microsporange, c’est-à-dire le sac pollinique, produit le grain de pollen et le mégasporange produit 4 spores. Dans le sporange, il y a un mégaprothalle (nucelle) dont la périphérie constitue le tégument.

Les Euphyllophytes possèdent de vraies feuilles, que l’on appelle des mégaphylles (= rameaux latéraux transformés avec du limbe). On y trouve les fougères, les prêles et les plantes à ovules. Les fougères et les plantes à ovules sont apparues à peu près au même moment mais de manière séparée. Les plantes à ovules viennent des Progymnospermes. Les Angiospermes arrivent au crétacé. Les Gymnospermes sont paraphylétiques[8].

Les Trachéophytes sont tous polysporangiophytes. Quant aux Mousses et Hépatiques, ce sont des unisporangiés. Les Euphyllophytes, les fougères et les prèles, sont des monilophytes. Les Gymnospermes sont paraphylétiques et les Angiospermes sont monophylétiques. Les Cycas sont les Gymnospermes les plus vieux (Carbonifères), puis sont apparus les Ginkgos (Permien secondaire), les Géophytes et les Angiospermes[9] (Mésozoïque).

ClassificationModifier

Liste des divisions selon ITIS (25 juin 2018)[10] :

Liste des sous-classes selon la classification phylogénétique APG III (2009) :

Selon Paleobiology Database (25 juin 2018)[11] :

Notes et référencesModifier

  1. Michel Godron, Écologie et évolution du monde vivant. Volume 1, L'Harmattan, , p. 170
  2. (en) Michael G. Simpson, Plant Systematics, Academic Press, , p. 5
  3. Jean-Claude Roland, Hayat El Maarouf Bouteau, François Bouteau, Atlas de biologie végétale, Dunod, , p. 122.
  4. (en) Douglas E. Soltis, Pamela Soltis, J.J. Doyle, Molecular Systematics of Plants II : DNA Sequencing, Springer, , p. 530
  5. a b et c Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader, Classification phylogénétique du vivant, t. 1, 4e éd., Belin (ISBN 978-2-7011-8294-0)
  6. Futura, « Embryophyte », sur Futura (consulté le 12 mars 2019)
  7. « Évolution et caractéristiques-Origine et adaptation au milieu terrestre », sur uel.unisciel.fr (consulté le 12 mars 2019)
  8. Gerard Cusset, Botanique - Les Embryophytes, Elsevier Masson, , 512 p.
  9. « Classification des végétaux — Site des ressources d'ACCES pour enseigner la Science de la Vie et de la Terre », sur acces.ens-lyon.fr (consulté le 12 mars 2019)
  10. ITIS, consulté le 25 juin 2018
  11. Fossilworks Paleobiology Database, consulté le 25 juin 2018

Références taxinomiquesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Voir aussiModifier