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Ne doit pas être confondu avec Québécois, Canadiens francophones ou Le Canada français.
Canadiens français
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Populations significatives par région
Drapeau des États-Unis États-Unis 2 109 242 (2017)[1]
Autres
Régions d’origine Nouvelle-France, France
Langues Français canadien
Religions Catholicisme
Ethnies liées Québécois
Canadiens francophones
Diaspora québécoise
Franco-Américains, Acadiens, Brayons, Cadiens

Le terme Canadien français ou Canadien-français (French Canadian) désigne les Canadiens d'origine française. Ils forment un groupe ethnique dont la plupart des ancêtres sont des colons qui sont arrivés dans la colonie de Nouvelle-France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Avec les Acadiens, Brayons, Cadiens, Créoles louisianais et Métis, ils composent ainsi le groupe intégral dont les origines remontent à l'Amérique française[2],[3],[4],[5]. Ils font partie des communautés fondatrices du Canada et forment l'un des plus grands groupes ethniques du pays avec les Anglo-Canadiens, les Scotto-Canadiens (en), les Irlando-Canadiens et les Germano-Canadiens[6]. Les Canadiens-français forment l'ethnie majoritaire au Québec.

L'expression « Canadien français » fait son apparition après la conquête de la Nouvelle-France par les Britanniques. Auparavant, ce peuple, essentiellement localisé au Québec, mais aussi dans l'Ouest canadien et dans les maritimes, se nommait lui-même « canadien » (en français et sans ajout). Les Acadiens et les Métis ont aussi été associés au terme « Canadien français » dans le sens originel de French Canadian.

Le terme concerne principalement les habitants francophones du Québec jusqu'à la révolution tranquille. Ensuite, le terme Québécois prend sa place, dans un contexte de montée du nationalisme québécois et du mouvement pour l'indépendance du Québec.

Sommaire

ÉtymologieModifier

Les Canadiens français sont traditionnellement désignés sous la dénomination « Canadiens » (ou, familièrement, « Pure Laine », par métonymie), en ce qu'elle signifie l'appartenance collective à leur groupe ethnique[7][source insuffisante], plutôt qu'à la société politique actuelle du Canada.

Les critères anthropologiques de la collectivité canadienne-française consistent, de façon centrale, en premier lieu dans l'élément fondateur : la Nouvelle-France, le Québec, la colonisation française des Amériques, la langue française, l'Église catholique, la famille, la Conquête de 1759–1760 ; puis enfin, dans la tradition. Cependant, en conséquence de l'évolution historique de la collectivité, quelques individus composant le groupe des Canadiens français ont par ailleurs adopté des attributs qui, parfois, divergent des critères collectifs mentionnés précédemment ; le critère essentiel consiste toutefois en la filiation et donc, en la lignée généalogique[Quoi ?].

Enfin, dans la seconde moitié des années 1960, les États généraux du Canada français déterminèrent l'avenir collectif du peuple canadien-français, en circonscrivant son milieu politique à celui de la société québécoise et son territoire national à celui de l'État québécois ; l'expression « Québécois de souche »[Quoi ?] désigne en conséquence les Canadiens français de la province du Québec[réf. nécessaire]. Ce peuple s'est approprié ainsi l'appareil étatique de la province de Québec, afin d'y reconstituer ses éléments culturels sous une nouvelle identité nationale de forme civique : l'identité québécoise[réf. souhaitée].

HistoireModifier

Employé pour la première fois dans les journaux de Toronto à la fin du XIXe siècle, le terme anglais « French Canadian » fut utilisé pour identifier les Métis de l'Ouest canadien revendiquant, avec Louis Riel, leurs droits sur des territoires qu'ils habitaient, désormais convoités par la migration britannique venant du Haut-Canada. Ainsi, depuis l'immigration britannique qui a suivi l'Acte d'Union de 1840 dans la Province du Canada, le terme anglais « French Canadian » s'est développé dans la langue anglaise, afin d'identifier l'ensemble des Canadiens francophones, quelle que soit leur origine ou région d'appartenance historique au sein de la Nouvelle-France[réf. souhaitée].

Progressivement, dans la foulée de l'accroissement des populations de langue anglaise au Canada depuis 1840 et, notamment, à compter de la pendaison de Louis Riel (16 novembre 1885), l'expression « Canadiens français » se substitua à « Canadiens » dans la langue française, pour désigner l'identité nationale de la collectivité canadienne originaire de Nouvelle-France ayant survécu au traité de Paris de 1763. Ainsi, ils se distinguaient des Canadiens anglais et autres Franco-Canadiens qui, dès 1867, année de naissance de la Confédération, faisaient leur l'identité canadienne dans la désignation de leur citoyenneté et lieu de résidence. Par conséquent, identifier la population descendante du Canada de la Nouvelle-France comme étant canadienne-française avant la fin du XIXe siècle, est un anachronisme, puisque seule celle-ci comprenait les véritables Canadiens avant cette période — voir l'œuvre de Philippe Aubert de Gaspé : Les Anciens Canadiens.

Chez les francophones hors Québec, le terme « Canadiens français » est parfois utilisé, dans un contexte contemporain, pour faire référence à tous les Canadiens francophones, se confondant ainsi avec l'expression « Franco-Canadiens »[réf. nécessaire]. Au Québec, depuis que s'est développée l'identité québécoise avec la montée du nationalisme québécois dans les années 1960, les termes « Canadiens français » et « Québécois » se complètent, notamment dans les documents officiels de l'État, afin de distinguer précisément l'ethnicité canadienne-française de la citoyenneté québécoise[réf. nécessaire]. Dans la langue anglaise, toutefois, les vocables « Canadiens » et « Québécois » désignent proprement l'origine française selon qu'il est question de l'ensemble des Canadiens francophones ou, précisément, de ceux du Québec — par opposition à « Canadians » et « Quebeckers » qui désignent respectivement l'ensemble des citoyens du Canada et du Québec.

Par extension, les Franco-Américains sont des habitants des États-Unis d'ascendance française ou, simplement, de langue française. Cependant, en Nouvelle-Angleterre, le terme « Franco-Américains » réfère précisément aux Canadiens français et à leurs descendants. En 2008, le Connecticut déclara la date du 24 juin, journée franco-américaine, pour reconnaître la culture et l'influence des Canadiens français dans cet État. Puis, les États du Maine, New Hampshire, et Vermont emboîtèrent le pas[8].

Les Acadiens des Provinces maritimes et les Métis sont des Canadiens français dans le sens original du terme de French Canadian employé par les Canadians pour décrire les Métis de l'Ouest, par opposition à Canadians, les anglophones d'ascendance irlandaise, écossaise et britannique. Mais ils forment des communautés francophones distinctes. À l'origine, les termes Canadien et Acadien référaient aux habitants de ce qui était les « provinces » françaises du Canada et d'Acadie en Nouvelle-France. Après la Conquête, la « province » française du Canada est appelée Province of Québec, plus tard appelé Bas-Canada, puis Canada-Uni, puis Québec. L'Acadie était l'une des trois régions de la Nouvelle-France. Une partie de l'Acadie a été rattachée aux 13 colonies anglaises à compter de 1713.

Le traité d'Utrecht est signé en 1713. L'article 12 rend définitivement l'Acadie au Royaume-Uni, de même que la Terre de Rupert et Terre-Neuve[27]. La France conserve tout de même l'île Saint-Jean (île du Prince-Édouard) et l'île Royale (île du Cap-Breton). De plus, la France considère que toute l'Acadie (l'actuel Nouveau-Brunswick ainsi que l'est du Maine et la Gaspésie) lui appartient toujours.

Après la Conquête de 1759-1760, la Grande-Bretagne obtient de la France ses possessions en Nouvelle-France, à savoir, l'Île Royale, l'Isle Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard), une partie de l'Acadie appartenant toujours à la France, et sa « province » de Nouvelle-France appelée le Canada, y compris le bassin des Grands Lacs et la rive gauche du Mississippi, une partie de la « province » de Nouvelle-France appelée Louisiane.

Néanmoins, depuis ce temps (où le terme « Canada » ne désigne plus uniquement les basses-terres du Saint-Laurent, appelées Province of Québec après la Conquête, mais bien l'ensemble des provinces appartenant à la Confédération), les Acadiens sont évidemment considérés comme des Canadiens de langue française.

Les États-Unis comptent également une communauté franco-américaine. Présente surtout en Nouvelle-Angleterre, mais également au Michigan et dans les autres États du Midwest, elle est principalement issue des Canadiens de Nouvelle-France, mais parfois aussi des Acadiens, surtout près de la frontière entre le Maine et le Nouveau-Brunswick. Les Cadiens de Louisiane descendent essentiellement de la population de la Nouvelle-France, dont de nombreux Acadiens déportés de Nouvelle-Écosse dans les années 1750, peu avant la Conquête, mais aussi provenant des possessions françaises de Saint-Domingue (Haïti), de l'Alabama ou directement de la France. Dans L'Avenir du français aux États-Unis, Calvin Veltman constate que la langue française a été délaissée si massivement qu'aujourd'hui le terme « Canadien français » fait davantage référence à l'ascendance française qu'à l'usage de la langue française.

La conquête britanniqueModifier

Les Britanniques, qui avaient obtenu l'Acadie par le traité d'Utrecht en 1713, avaient déporté 75 % des Acadiens vers d'autres colonies britanniques en 1755. Ailleurs en Nouvelle-France les habitants échappèrent à ce sort en partie grâce aux articles de la capitulation, qui firent d'eux des sujets britanniques. En 1763, la signature le 10 février 1763 du Traité de Paris par George III mettant fin à la Guerre de Sept Ans « cède » la Nouvelle-France à la Couronne d'Angleterre à l'exclusion de la Louisiane (L'Espagne reçoit l'ouest du Mississippi, donc la Louisiane, et le delta et la Nouvelle-Orléans (Nouvelle-France). Cette même année 1763 la Proclamation royale signée par George III du Royaume-Uni crée la Province of Quebec par Proclamation royale du 7 octobre 1763 (« Indian Bill of Rights » ou « Magna Carta for Indian affairs »). Puis, l'Acte de Québec de 1774, toujours sous George III, fait le de la Province of Quebec (1763–1791), un vaste territoire s’étendant du Labrador jusqu’aux confins des Grands-Lacs jusqu’en Haute-Louisiane et permet d'utiliser à nouveau le code civil français dans cette Province of Quebec. Après la signature du Traité de Paris le 3 septembre 1783 par le même Georges III qui reconnaissait la nouvelle indépendance des États-Unis fait perdre à la Province of Quebec sa partie sud près des Grands-Lacs. L’Acte constitutionneldu 10 juin 1791 adopté par le Parlement britannique et signé toujours par Georges III scinde la Province of Quebec en créant le Haut-Canada et le Bas-Canada pour satisfaire les demandes des sujets loyalistes ayant quitté les États-Unis à la faveur de la guerre d’indépendance américaine de 1775-1783 et instaure le parlementarisme de type britannique, accordant à certains mâles, propriétaires terriens, le privilège de participer à l’élection des membres de l’Assemblée législative dont les lois devaient être d’abord entérinées par un conseil législatif nommé par le gouverneur ; de même que le système des comtés. Les Bas-Canadiens firent connaissance avec le système parlementaire britannique à partir de 1791, avec la création d’une assemblée législative composée de députés élus.

Cette assemblée législative n'ayant pas de pouvoirs réels, cette situation aboutit à la révolte des Patriotes de 1837–1838, qui fut plus virulente dans le Bas-Canada que dans le Haut-Canada et à l'issue de laquelle les deux provinces furent unifiées. Cette union avait notamment pour but de restreindre les pouvoirs politiques des Canadiens d'origine française. En 1840 (sous la jeune reine Victoria, qui a régné du 20 juin 1837 au 22 janvier 1901 (63 ans, 7 mois et 2 jours), l’Acte d’Union des Haut-Canada et Bas-Canada est adopté par le Parlement du Royaume-Uni en juillet 1840 pour donner suite au Rapport Durham (John George Lambton) commandé après l’écrasement des rébellions des Patriotes de 1837-1838 et prônant l’assimilation de sujets britanniques originaires de Nouvelle-France vivant dans les Haut et Bas-Canada et imposant l’unilinguisme anglais dans les institutions législatives (Article 41) ; article finalement abrogé le 18 janvier 1849 grâce notamment à l’action de Louis-Hippolyte La Fontaine (premier chef de gouvernement démocratiquement désigné à travers l’ensemble du monde colonial, tous empires confondus). Au cours des années 1850, après plusieurs décennies d'immigration britannique, les Canadiens d'origine française devinrent minoritaires au Canada-Uni. Cette immigration majoritairement irlandaise et écossaise commença à se nommer « Canadian » et non plus britannique.

Distinction et stigmatisation des Canadiens d'origine françaiseModifier

Pour se distinguer des « Canadiens » d'origine française, l'appellation French Canadian a commencé à être utilisée dans les journaux de Toronto pour stigmatiser les Métis de l'Ouest qui voulaient protéger leurs territoires et pour susciter l'appui des « Canadians » (l'immigration d'origine écossaise, irlandaise et britannique). Au début du siècle dernier, l'appellation « French Canadian » avait toujours ce caractère dénigrant, comme le démontrent les films tournés à Hollywood à cette époque quand ils avaient trait à l'histoire du Canada. Les vilains étaient des French Canadians.

« En 1975, le journaliste et historien populaire Pierre Berton publie Hollywood’s Canada, the Americanisation of Our National Image. Cette magistrale étude recense 575 productions hollywoodiennes se déroulant au Canada depuis 1907 et elle révèle les caractéristiques thématiques, presque constantes, dans l'ensemble des films : le rôle négatif, le « vilain », est attribué à des Canadiens français frustrés, laids, barbus, puants, gros bras sans intelligence, retors, souvent violeurs, alors que l'agent de la « Police montée » « qui attrape toujours son homme », bel homme, propre, intelligent, séducteur, a toujours un nom anglais. L'héroïne, la jeune fille toujours séduisante et tentation pour le héros, parfois très pure, mais souvent un peu putain, est généralement une Canadienne française. Quant aux Métis, toujours engendrés par des francophones, ils sont doublement dangereux puisqu'ils allient la sauvagerie des Indiens et de celle des Canadiens français »

— Dictionnaire de la Censure : littérature et cinéma[9]

L'expression dénigrante a choqué les Canadiens d'origine française, mais pour se montrer solidaires des Métis et de Louis Riel, ils endossèrent progressivement cette appellation après la pendaison de Louis Riel le , et ce, jusque dans les années 1960, soit plus ou moins pendant 75 ans.

La contribution des Canadiens d'origine française fut essentielle pour assurer l'établissement d'un « gouvernement responsable » et la mise en place de la Confédération canadienne en 1867. Cependant, vers la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, le mécontentement des Canadiens d'origine française s'accentue au sujet de leur rôle au sein du Canada.

Durant cette période, environ un million de Canadiens d'origine française quittèrent le Québec pour s'établir aux États-Unis, principalement en Nouvelle-Angleterre. Les raisons de cet exode furent principalement économiques, mais également politiques. Le Premier ministre Wilfrid Laurier avait nommé comme ministre de l'Immigration Clifford Sifton, qui voyait d'un mauvais œil l'immigration de francophones dans les provinces de l'Ouest. Il préférait recruter les immigrants anglais, allemands, ukrainiens et américains pour défricher les terres des provinces de l'Ouest. Le coût du transport étant deux fois plus élevé que pour les immigrants venant de l'Angleterre, les Canadiens français ont préféré se rendre en Nouvelle-Angleterre pour travailler dans l'industrie du textile, les entreprises assumant le coût du transport[10].

Schéma histographiqueModifier

Ci-dessous, un schéma historiographique relatif au terme "canadien-français", de son apparition à sa disparition

De la Conquête à aujourd'hui (élément traditionnel)Modifier

GénéalogieModifier

Outre les archives diocésaines et nationales, divers organismes et ouvrages généalogiques permettent à d'aucuns de retracer l'origine françaises depuis l'époque de la colonie française. Parmi les documents écrits se trouvent, certes, les actes de baptême, mariage et sépulture, mais aussi les recensements entre autres choses. Mais, si tous les canadiens d'origine française, comme les Acadiens, peuvent aujourd'hui produire leur arbre généalogique en remontant jusqu'aux premiers temps de la colonie, c'est grâce à l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539, qui oblige les paroisses et les diocèses du royaume de France, y compris, en l'occurrence, du vice-royaume de Nouvelle-France, à tenir un registre des baptêmes. En 1579, l’ordonnance de Blois étendit cette obligation aux mariages et sépultures. Quant au Code Louis de 1667, celui-ci exigea la tenue des registres en double exemplaire.

En moyenne, une douzaine de générations se sont succédé depuis l'installation de la colonie française jusqu'au début du XXIe siècle. En général, l'endogamie est de rigueur, mais l'on retrouve parfois des ascendances communes, cousinages et fraternités avec les Acadiens. Aussi l'île d'Orléans est-elle surnommée le « berceau de l'Amérique française » et « microcosme traditionnel du Canada français » : située dans la région immédiate de la « vieille capitale » de toute la Nouvelle-France, l'île est un des premiers endroits où s'établirent les colons venus d'Europe ; elle abrita dans les premiers temps de la colonie les ancêtres d'une large part de Canadiens français[style à revoir].

OrganismesModifier

Ci-dessous une liste des principaux organismes permettant à d'aucuns de retracer l'origine française des familles canadiennes :

OuvragesModifier

Ci-dessous une liste des principaux ouvrages généalogiques retraçant l'origine française des familles canadiennes :

  1. Charbonneau, Hubert et Jacques Legaré. 1980. Répertoire des actes de baptême, mariage et sépulture et des recensements du Québec ancien, vol. I-XLVII. Montréal : Les Presses de l'Université de Montréal. (ISBN 2-7606-0471-3).
  2. Jetté, René et collab. 1983. Dictionnaire généalogique des familles du Québec. Des origines à 1730. Montréal : Les Presses de l'Université de Montréal. (ISBN 9782891058155).
  3. Montgomery Elliot, Noël. 1992. Les Canadiens français 1600-1900, vol. I-III. Toronto : 1re éd., La Bibliothèque de recherche généalogique. (ISBN 0-919941-20-6).
  4. Tanguay, Cyprien. 1871-1890. Dictionnaire généalogique des familles canadiennes. Depuis la fondation de la colonie jusqu'à nos jours, vol. I-VII. Nouvelle édition, 1975, Montréal : Éditions Élysée. (ISBN 0-88545-009-4).

EthnologieModifier

 
Le vieux Québec et ses maisons coloniales, cœur historique de la nation canadienne-française et « vieille capitale » de toute la Nouvelle-France.
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Affirmation nationaleModifier

Bien que le terme canadien-français fasse référence à une ascendance française, depuis la Révolution tranquille des années 1960, l'affirmation canadienne-française[réf. nécessaire] tend à se différencier de l'affirmation québécoise depuis 1982, puisque cette dernière revêt un caractère strictement civique contrairement à la première qui est d'ordre culturel et linguistique. Autrement dit, l'affirmation canadienne-française dépend uniquement de la communauté historique établie sur les terres du Québec[réf. nécessaire]. À l'opposé, dans la dynamique multiculturelle imposée en 1982 par la Charte canadienne des droits et libertés, l'affirmation québécoise, proprement dite, dépend de la confrontation entre Canadiens français et minorités ethniques dont les effets de l'immigration se développent de plus en plus depuis les dernières années[réf. nécessaire].

Au cours des derniers siècles, de générations en générations, se développèrent diverses formes d'action nationale qui, notamment, sous Honoré Mercier, Henri Bourassa, Lionel Groulx et Maurice Duplessis, assurèrent la cohésion et le rapport de force du peuple canadien-français, dans une volonté collective de sauvegarder la culture de langue française en Amérique, malgré l'isolement et la faible condition économique des Canadiens français devant la forte immigration britannique[style à revoir].

Canada françaisModifier

 
Aire territoriale des « Canadiens » (en rouge) et des « Français » (en bleu) au Canada, selon le recensement de 2006.
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Aire territoriale des Canadiens français et Franco-Américains aux États-Unis (voir les teintes de rouge), selon le recensement de 2000.

Le Canada français désigne l'espace géographique formé des lieux qui, tout en ayant constitué le territoire du Canada de la Nouvelle-France au moment de la Conquête de 1759-1760[réf. nécessaire]. Il est toutefois distinct du territoire des Canadiens français, qui, bien qu'en en étant composé, est susceptible d'expansion au-delà des anciennes frontières coloniales comme pour l'Acadie.

La dénomination des Canadiens francophones varie en fonction de leur province d'origine :

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Un nombre significatif de Canadiens d'origine française est recensé :

  • Ottawa, Ontario
  • Cornwall, Ontario
  • Hawkesbury, Ontario
  • Sudbury, Ontario
  • Hearst, Ontario
  • Windsor, Ontario
  • Winnipeg, Manitoba
  • Gravelbourg, Saskatchewan
  • Prince Albert, Saskatchewan
  • Regina, Saskatchewan
  • Falher, Alberta
  • Peace River/St-Isidore/Marie-Reine, Alberta

Sont également recensées des communautés francophones importantes dans les localités suivantes, mais il ne s'agit pas de Canadiens français[pourquoi ?] :

  • Péninsule de Port-au-Port, Terre-Neuve-et-Labrador (Franco-terre-neuvien)
  • Grand-Sault, Nouveau-Brunswick (Cadiens)
  • Edmundston, Nouveau-Brunswick (Acadiens)
  • Moncton, Nouveau-Brunswick (Acadiens)

Organisation socialeModifier

Associations généralesModifier

Associations liées à la francophonie au CanadaModifier

 
Centre-ville du Grand Sudbury, foyer culturel principal des Franco-Ontariens.

Au QuébecModifier

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Article connexe : Québécois (peuple).
 
Symbole des Québécois.

Au Québec, le terme « Canadien français » a été de plus en plus massivement renié depuis la Révolution tranquille des années 1960. À un point tel que depuis lors toutes les institutions publiques de la province de Québec ont adopté le terme « Québécois » pour désigner les habitants du Québec. Le gouvernement fédéral a aussi adopté ce terme pour parler des gens du Québec[23].

ReligionModifier

Article détaillé : Église catholique au Québec.
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Cour intérieure du Séminaire de Québec, fondé en 1663 par Mgr François de Montmorency-Laval.

L'Église catholique a longtemps exercé l'autorité morale dans la vie sociale et politique des Canadiens d'origine française, selon la doctrine ultramontaine. L'omniprésence et la distinction du clergé catholique était telle que l'on reconnaissait l'organisation de la société d'ordres. Cependant, si la religion chrétienne de confession catholique imprime foncièrement sa spécificité dans le cœur de la collectivité, c'est grâce à l’édit de Fontainebleau de 1685, qui interdit à tous non-catholiques de s’établir dans la colonie de Nouvelle-France.

Sans le clergé, l'assimilation culturelle des Canadiens d'origine française aurait probablement été une réalité plus importante qu'elle ne l'a été réellement. Malgré la Grande Hémorragie entre 1840 et 1930, les Canadiens d'origine française aux États-Unis continuèrent à concrétiser leur profond attachement à la religion catholique. Comme au Canada, ils construisirent des écoles primaires, secondaires et post-secondaires à vocation catholique, ainsi que des hôpitaux appelés Hôtel-Dieu, pour les amérindiens et eux.

Durant les années 1960, au Québec, l'État québécois prend forme et remplace dès lors l'Église dans ses fonctions civiques; notamment, en matière de culture, d'éducation, de langue et de santé. Cependant, dans les autres provinces canadiennes et aux États-Unis, l'Église catholique continua à exercer son rôle de protecteur de la langue et de la culture d'origine française, mais à un degré moindre qu'auparavant, bien que toutefois important, puisque l'Église s'était déjà adaptée au milieu anglophone, là où la séparation des pouvoirs temporel et spirituel existait depuis longtemps[réf. nécessaire].

Par conséquent, au Québec, depuis la Révolution tranquille, la sécularisation a été très rapide.

CultureModifier

 
La place d'Armes de Montréal, lieu historique de rassemblement public des Canadiens français.

La fête nationale des Canadiens d'origine française correspond traditionnellement à la fête de la Saint-Jean, le 24 juin de chaque année, qui est aussi Fête nationale du Québec.

Le Carillon Sacré-Cœur est un drapeau conçu vers 1902 par l’abbé Elphège-Prime Filiatrault dans le but de doter les Canadiens français d’un drapeau national[24]. Drapeau ethnique à l'instar du tricolore étoilé, il coexiste depuis la seconde moitié du XXe siècle avec le fleurdelisé et les autres drapeaux civiques des Canadiens francophones.

LittératureModifier

Article détaillé : Littérature québécoise.

La littérature patriotique comprend, notamment :

Journaux et revues :
Romans :

Bonheur d'occasion (roman) de Gabrielle Roy, 1945

Romans du terroir :

MusiqueModifier

Article détaillé : Musique du Québec.
Chants patriotiquesModifier
Chanson populaireModifier
InterprètesModifier

FolkloreModifier

Article détaillé : Folklore québécois.

Personnalités notoiresModifier

  • Divers
    • Quintuplées Dionne (Franco-Ontariennes), les jumelles Dionne
    • Henri Bergeron (Franco-Manitobain), présentateur de télévision
    • Louise Arbour, Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, juge à la Cour suprême du Canada, procureur en chef du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et du Tribunal pénal international pour le Rwanda à La Haye
  • Reines de beauté
    • Alice Ste-Marie, Miss Canada 1945
    • Dominique Dufour, Miss Canada 1981, Miss Univers 1981-1st runner-up
    • Dorothy Moreau, Miss Canada 1956
    • Leanne Marie Cecile, Miss Universe Canada 2003

Conceptions françaises des rapports entre la France et les Canadiens d'origine françaiseModifier

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La perte de la qualité du français par les Canadiens français a été remise en cause implicitement par l'État français après 1763[25]. Plusieurs auteurs, parmi lesquels Tocqueville, affirment le maintien de la qualité de leur français malgré la subjugation par les Britanniques. Après 1870, l'abbé Raboisson, auteur nationaliste français, assimile leur cas à celui des Alsaciens-Lorrains, c'est-à-dire des Français arrachés de force à leur nation.

Ces conceptions, réactualisées dans le contexte de la montée de l'indépendantisme québécois, furent à l'origine de la politique française d'émancipation des Canadiens-français[Quoi ?] menée par Charles de Gaulle à partir de 1967 et de son fameux discours à Montréal[réf. nécessaire]. Elle se formalisa dans l'affirmation du slogan Français du Canada, qui visa à affirmer les devoirs de la France envers ce peuple du Canada. L'année 1967 vit ainsi la rédaction d'un avant-projet de loi du retour, réaffirmant la nationalité française rémanente des Canadiens d'origine française[26]. Ce projet fut laissé en déshérence à la suite du départ de De Gaulle de la présidence en 1969. Cette vision d'une communauté nationale française comprenant les Français et les Canadiens-français trouve des échos chez Louis-Joseph Papineau, Georges-Antoine Belcourt, Laurent-Olivier David et Henri Bourassa[27].


DrapeauxModifier

De Nouvelle-FranceModifier

Après la ConquêteModifier

Des établissements civiques canadiens-françaisModifier

Des groupes francophones situés en terre d'origineModifier
Des groupes francophones formés de l'émigration canadienne-françaiseModifier

Des autres peuples issus de la colonisation de Nouvelle-FranceModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) « PEOPLE REPORTING ANCESTRY », sur factfinder.census.gov (consulté le 25 janvier 2019).
  2. François-Xavier Garneau, Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours, 1845.
  3. La Société généalogique canadienne-française.
  4. Musées de la civilisation et de l'Amérique française.
  5. Le Québec : une histoire de famille.
  6. « Top 25 Ethnic Origins in Canada (1), Showing Single and Multiple Responses, 1996 Census (20% Sample Data) Canada ''Statistics Canada'' », Statcan.gc.ca, (consulté le 28 janvier 2011).
  7. Statistiques Canada : Enquête nationale auprès des ménages — Question sur l'ethnicité.
  8. Edmonton Sun, 21 avril, 2009.
  9. Dictionnaire de la Censure : littérature et cinéma - Fides Par Pierre Hébert, Kenneth Landry, Yves Lever, pages 603-604 (ISBN 978-2-7621-2636-5).
  10. Voir page 492 Canada-Québec Synthèse Historique.
  11. Fédération culturelle canadienne-française.
  12. « Fédération de la jeunesse canadienne-française »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 6 février 2015).
  13. Assemblée communautaire fransaskoise.
  14. « Association des francophones du Nunavut »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 6 février 2015).
  15. Association franco-yukonnaise.
  16. Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse.
  17. Fédération des francophones de la Colombie-Britannique.
  18. Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador.
  19. Fédération franco-ténoise.
  20. Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick.
  21. Société franco-manitobaine.
  22. Société Saint-Thomas-d'Aquin.
  23. Exemple : Le premier ministre a présenté aux Communes sa propre motion reconnaissant que les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni.
  24. Ministère de la Culture et des Communications, « Communiqués », sur mcc.gouv.qc.ca, (consulté le 27 février 2019).
  25. Baraton Edouard, De Gaulle ou l'hypothèque française sur le Canada, Harmattan, 218 p. (ISBN 978-2-343-01884-3), p. 71-77.
  26. Baraton Edouard, De gaulle ou l'hypothèque française sur le Canada, Harmattan, (ISBN 978-2-343-01884-3), p. 171-174, 215.
  27. Baraton Edouard, De Gaulle ou l'hypothèque française sur le Canada, Harmattan, , 218 p. (ISBN 978-2-343-01884-3), p. 81-85.

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