Souverainisme au Québec

movement political et social et philosophie visant à l’indépendance du Québec

Le souverainisme au Québec ou l'indépendantisme au Québec est un courant politique qui revendique que le Québec devienne un pays souverain. Le Québec est actuellement l'une des dix provinces canadiennes. Selon le souverainisme, la province devrait quitter la fédération et devenir un État souverain entièrement indépendant du Canada.

L'idéologie souverainiste se fonde sur l'idée que les Québécois forment une nation et ont donc droit à l'autodétermination. Cela s'appuie sur un certain nombre de particularités historiques, culturelles et linguistiques de la province par rapport au reste du Canada. Il s'appuie aussi sur une vision de la fédération canadienne selon laquelle 1) les Québécois forment une « société distincte » du reste du Canada sous plusieurs aspects, notamment sociologiques, 2) les intérêts (économiques et culturels) des Québécois sont souvent incompatibles avec ceux de l'ensemble du Canada, 3) la fédération canadienne a généralement nui au développement des Québécois, soit par malveillance soit par son simple poids démographique lui donnant une écrasante majorité au Parlement fédéral.

Le Québec est différent des autres provinces du Canada du fait qu'il est essentiellement francophone, alors que les autres provinces sont essentiellement anglophones. Il en découle plusieurs différences culturelles.

Au Québec, le souverainisme s'oppose :

  • au fédéralisme, dont les tenants souhaitent que le Québec reste au sein du Canada, avec ou sans révision de la répartition des pouvoirs entre le fédéral et les provinces;
  • à l'autonomisme, dont les tenants souhaitent une décentralisation des pouvoirs, reconnue ou non dans la Constitution, mais sans sécession. À noter que plusieurs Québécois oscillent entre souverainisme et autonomisme.

VocabulaireModifier

 
Localisation, en bleu foncé, du Québec au sein de l'Amérique du Nord.

En pratique, les termes « indépendantisme », « souverainisme » et « séparatisme » sont utilisés pour qualifier l'idéologie et le mouvement social souverainiste. La différence entre les appellations peut signifier une certaine différence idéologique. L'utilisation du terme « indépendantisme » est souvent employé pour désigner la volonté d'un pays pleinement indépendant, alors que le « souverainisme » inclut aussi des projets d'indépendance partielle à condition qu'ils viennent avec une indépendance légale, c'est-à-dire un droit de retrait illimité. Toutefois, cette distinction est de moins en moins faite, et n'a jamais été reconnue par le camp des opposants. Le terme « souverainisme » est le terme le plus employé de 1968 à nos jours.

Toutefois, l'utilisation du terme « séparatisme » est parfois perçu comme péjoratif au Québec. De plus, la plupart des discours politiques du premier ministre du Canada utilisent le terme « séparatisme », afin d'accentuer la dimension négative du projet[réf. à confirmer][1].

Le terme « sécession »/« sécessionniste » est beaucoup plus rare, voire absent, du vocabulaire québécois et canadien[2].

Contrairement au vocabulaire en vigueur dans d'autres pays, le terme « autonomie »/« autonomiste » ne désigne presque jamais une forme de souveraineté du Québec, puisqu'il réfère traditionnellement à des mouvements de réforme de la fédération ou d'affirmation institutionnelle de la province (relations diplomatiques hors-Canada, création du rapport d'impôt québécois et de la Caisse de dépôt, etc). Il est donc associé à l'autonomisme québécois.

HistoriqueModifier

OriginesModifier

Les origines du souverainisme québécois remontent au XIXe siècle.

 
bataille des plaines d'Abraham, bataille montrant le commencement de la présence britannique au Canada

Conquête britannique(1759-1776)

En effet, depuis la conquête britannique, les canadiens (colons français de l’ancienne Nouvelle-France) possédaient déjà une certaine crainte quant à l’avenir de leur culture, de leur langue et de leur religion, à la suite de cette conquête. En ajout à ce changement radical, les Britanniques (son gouvernement) étaient très connus pour leurs grandes techniques d’assimilation. Toutefois, l’Église catholique de l'ancienne colonie française résista aux nombreuses tentatives d’assimilation de la couronne.

Ainsi, dans cette optique culturelle et politique, l'idée de se libérer de l’empire britannique débuta rapidement depuis qu'un changement géopolitique d'envergure international bouleversa les idées des canadiens... C'est la fameuse révolution américaine. Durant cette révolte, les Canadiens ont vécu, pour la première fois, une séparation d’un point de vue politique. En effet, les Canadiens devaient choisir entre l’allégeance britannique ou devenir rebelles de l’armée américaine. Même si certains ont rejoints les "Rangers", la majorité des canadiens décidèrent de maintenir leur allégeance dû à l'acte de Québec et à l'immense propagande venant de l'Église.

Les loyalistes et la rébellion des patriotes (1783-1840)

 
Le Haut-Canada et le Bas-Canada, après l'acte constitutionnel

Après la révolution, un nouveau défi commença pour les Canadiens français de la colonie britannique. Pour être précis, nombreux colons des treize colonies trouvèrent refuge dans la province of Quebec. La majorité d’entre eux s'installa, dans la région du lac Ontario pour créer ce qui allait devenir l’actuelle province d'Ontario (dans la culture folklorique du Québec, l'Ontario a toujours été une province rivale). Ces loyalistes demandaient la création d’une chambre d’assemblée dans la colonie. Toutefois, les nouveaux habitants de la colonie avaient plusieurs demandes ralentissant le progrès politique et culturel des francophones de la province of Quebec, dont celle d'avoir l’anglais et la religion anglicane comme langue et religion officielles. Cette tension entre Canadiens et loyalistes débuta à devenir une épreuve difficile pour le maintien de la paix dans cette colonie. Pour régler cette situation, la couronne créa deux colonies distincts : le Haut-Canada (Britanniques et loyalistes) et le Bas-Canada (Canadiens) par l’Acte constitutionnel. Même si le nom peut paraître péjoratif, le nom des colonies ont été donnés aux noms géographiques des régions des basses terres et hautes terres du fleuve St-Laurent.

 
Organisation politique du Bas-Canada

Avec la création de ces deux colonies et de ces deux assemblées, Canadiens et loyalistes ne se préoccupèrent plus les uns des autres. Cependant, ce qui était une revendication des nouvelles chambres d'assemblés, la couronne ne permet pas encore aux chambres d’avoir des gouvernements responsables. De plus, le gouverneur général (qui est choisi par le parlement britannique) possède encore le droit de veto. Ainsi, plusieurs lois favorisant les Canadiens seront rejetées par celui-ci. En ajout, le gouverneur sera publiquement en accord avec les lois et projets améliorant les situations des anglophones de la colonie (les anglophones possèdent la quasi-totalité des entreprises et des commerces du Bas-Canada). Dans cette situation, la tension entre Canadiens et Britanniques du Bas-Canada sera amplifiée. Plusieurs partis politiques, clubs et journaux seront créés pour montrer leur colère face à l’injustice politique de la colonie. Cette situation mettra le parti patriote au pouvoir. Par peur insurrection politique dans la colonie, le gouverneur sanctionna la chambre d’assemblée et le parti patriote, interdira les rassemblements politiques et augmenta les patrouilles dans les grandes villes du Bas-Canada (Montréal et Québec). Le choc est extrêmement puissant pour la communauté politique progressiste de la colonie. À cet instant, plusieurs réunions et conseils parlèrent de prendre les armes contre le joug de la couronne. C’est dans cette période que l’idée souverainiste des Canadiens français et plus tard québécois sera créée. La rébellion des patriotes sera un épisode sanglant dans l’histoire du Canada et une terrible défaite pour le peuple français et irlandais. Celle-ci aura de terribles conséquences pour le peuple catholiques. En effet, durant cette rébellion, l’armée britannique ne sera pas seulement composée de soldats, mais aussi de Britanniques souhaitant joindre l’armée et infliger de dures pertes aux Canadiens français considérés comme concurrents économiquement. De plus, la pensée de l’assimilation et de la supériorité des Britanniques face à la race « inférieure » fera surface dans les idées de contrôle de la population francophone de la colonie britannique.

 
Bataille de St-Eustache durant la rébellion des patriotes

Après cette terrible défaite, les Canadiens français s'éloignèrent de l’idée d’indépendance. Cela ammènera un énorme ralentissement au mouvement progressiste des francophones. Ajouter à un dur combat politique et de résistance pour le peuple francophone de l’Amérique septentrional face à plusieurs tentatives d’assimilation et d'idées politiques « anti-français ». Cette période de l'histoire du peuple français de l'Amérique du Nord seront un énormes défis pour ceux-ci. Toutefois, l’Église catholique et la fierté culturelle de ce peuple maintinrent une identités linguistique et culturelle unique dans le monde. Ainsi, c'est après plusieurs années de jonglages politiques et de persévérance qu'ils obtinrent certains privilèges telles que le gouvernement responsable ou la protection de la langue française dans cet océan anglophone.

Les débuts du retour (1939-1960)

Il faudra attendre la révolution tranquille pour que l’idée d’indépendance revienne en force et qu’elle soit encore aujourd’hui au centre d'un énorme débat au Québec. Avec l’arrivée du Parti libéral du Québec et de l’Union nationale qui prônait l’autonomie du Québec dans le Canada, l’idée de l’autonomie pour certains ne suffisait pas.

Essor (années 1960)Modifier

Avant cette époque, ni les nationalistes traditionnels de l'Union nationale ni ceux du Parti libéral du Québec ne sont partisans de l'indépendance. Malgré des slogans électoraux tels Maîtres chez nous chez les libéraux, et Égalité ou indépendance chez les unionistes, aucun des deux principaux partis n'articule de politique qui va au-delà de simples demandes de réformes constitutionnelles. Toutefois, pour certains, même si ces partis proposèrent des idées autonomistes pour le Québec, le Québec devait devenir un pays afin que son identité et son projet collectif soient accomplis. C’est dans cette optique que le Parti québécois est créé avec comme raison d'être la souveraineté du Québec.

Transformation post-référendaire (1980)Modifier

 
Logo du NON, lors du référendum du Québec, en 1980

Avec un monté fulgurante du nationalisme québécois, le Parti québécois (PQ) créé par René Lévesque démontrait très solidement son idéologie de souveraineté association. En effet, l’idée principale du PQ (Même si certains membres n’était pas d’accord avec cela comme Jacques Parizeau) était de permettre aux Québécois d’avoir une autonomie sur les relations extérieures, sur sa politique et sur l’organisation d'un futur pays, tout en maintenant de fortes relations économiques et politiques avec le Canada. Ainsi,dans le contexte nationaliste existant au Québec à l'époque, la souveraineté-association fut l’enjeu du premier référendum sur la souveraineté du Québec. Cependant, les Québécois et Québécoises refusèrent catégoriquement ce projet par un écart de presque que 20 % (Oui=40 %, Non=60 %). Après ce vote très expressif, Ottawa entama des négociations avec les provinces afin de trouver un consensus à ces tensions (cela fut une promesse durant la campagne référendaire). Le but de ces négociations constitutionnelles fut rapatrier la Constitution du Canada, jusque-là modifiable par le Parlement britannique . Cependant les négociations n’aboutissent à rien et les provinces canadiennes ne trouvèrent aucune entente d’un point de vue constitutionnelle . Cette nouvelle constitution apporta plusieurs changement telle que l’ajout d’une charte des droits et libertés et un écartement d’un point de vue politique face à la mère patrie, le Royaume-Unis. Néanmoins, le parlement britannique et la couronne britannique demanda à ce qu'il est une consultation avec les provinces afin qu'ils adhèrent le changement constitutionnel. Ce qui amènera, des négociations en . Cependant, le Québec n’accepte pas cette constitution et demanda plus de privilèges et de reconnaissance ce que les autres provinces réclameront aussi. Cela apportera un événement qui pour les Québécois est considéré comme une quasi-trahison. Durant la nuit du 4 novembre 1981, le premier ministre du Canada et les premiers ministres des provinces hormis celui du Québec en vinrent à une entente sans prévenir ce dernier. Le lendemain, René Lévesque tiendra un discours et quittera les négociations en considérant que les actions de cette fameuse nuit était « anti-démocratique et ennemies du Québec ». La nouvelle constitution est quand même signée et acceptée par le parlement britannique et la couronne. Toutefois, la signature du Québec n’étant pas sur la constitution signifie que le Québec n'est pas dans cette constitution. Ainsi, techniquement le Québec n’est pas dans le Canada actuel mais dans le Canada du XIXe siècle. Cet événement a marqué énormément les Québécois. En effet, les sentiments de trahison et de rejet furent très ressentis par de nombreux québécois, ainsi parallèlement le sentiment souverainiste prit un souffle. Mais, le PQ répliqua que pour maintenir un nouveau référendum, il faudrait un ouragan de souverainisme.

Négociations avec le reste du Canada et retour du souverainisme

 
Lucien Bouchard, fondateur et premier chef du Bloc québécois et principal négociateur, représentant du OUI lors du référendum de 1995

En 1985, Les Québécois décidèrent d’élire un gouvernement libéral afin d’essayer de trouver un consensus avec le Canada. De plus,en 1984, le nouveau gouvernement fédéral conservateur de Brian Mulroney promit de tenir des négociations avec les provinces et en finir avec la question constitutionnelle canadienne. Telle que promis, le premier ministre canadien réussit à trouver un accord à Charlottetown. L’accord apporta toutefois plusieurs points et divergences au sein des provinces. C'est pourquoi, l'accord de Charlottetown est adopté, mais il doit être accepté par la population canadienne en référendum, en 1992. Toutefois, les Québécois et les Canadiens considèrent que cet accord est vain et ne souhaite plus retomber dans les négociations constitutionnelles. L’accord est rejeté à 55 %. Aussi comme tentative constitutionnelle, Lucien Bouchard organisa des négociations, en 1990, avec les provinces sur l’avenir du Québec dans la constitution et de l’acceptation du Québec en tant que société distincte, au lac Meech. Néanmoins, peu de temps avant la signature de l’accord mettant fin au houleux débat sur la reconnaissance du peuple québécois, les négociations échouent. Complètement dépassé par la politique fédéral Canadienne, Le premier ministre du Québec Robert Bourassa demanda un rapport sur l’avenir du Québec, sa solution et ses options. Le rapport Allaire démontra que le seul moyen était de tenir un référendum sur la souveraineté et l’avenir du Québec ou sur le retour des négociations mais cette fois Québec-Canada et non en accord mutuelle avec les provinces Canadienne. Le soutien de la souveraineté était à 68 %-69 % certains analystes démontrait des pourcentages allant à 72 %. Cependant, le gouvernement libéral refusèrent de tenir un référendum même si Robert Bourassa avait tenu un discours nationaliste et que certains députés libéraux avait mentionné la possibilité d'un référendum sur l'indépendance du Québec.

Quant à Lucien Bouchard, il quitta le gouvernement conservateur à la suite du scandale de l’accord du lac meech et crée un parti fédéral qui représente les Québécois dans la Chambre des communes : le Bloc québécois. Ce dernier deviendra l’opposition officielle en 1993. Cela à ainsi prouver au Canada que l’idée souverainiste était encore présente et remontait en force.

 
Résultats du référendum,en 1995.

Deuxième référendum

Selon certains analystes, le fait de mettre un parti souverainiste au pouvoir avec une majorité politique pouvait envoyer un message claire à la fédération si instable du Canada. Cependant, Jacques Parizeau promit aux Québécois de tenir un référendum sur la souveraineté complète du Québec et non une souveraineté-association durant sa campagne électoral. Ce qui pour plusieurs qui considéraient que seulement des négociations suffirait pour parvenir à une attente avec Ottawa, fut déçu. Ce qui amènera au Parti québécois d’obtenir que 45 % aux élections provinciales. En 1994, les électeurs québécois, par une mince majorité, mettent le Parti Québécois menés par Jacques Parizeau au pouvoir pour en finir avec la question de la place du Québec au Canada. De plus, dès son entrée au pouvoir, le premier ministre du Québec demanda aux Québécois leur avis sur la souveraineté. Seulement 40 % souhaitèrent l’indépendance. Néanmoins, il soutient le fait qu’il y aura un référendum sous son mandat. La campagne référendaire commençait mal pour le camp du OUI. Au contraire du NON qui avait le vent dans les voiles. Cependant, avec la venue de l’Action démocratique du Québec et le soutien du Bloc québécois de Lucien Bouchard (la coalition du OUI), le camp souverainiste repart dans la course avec, pour la première fois, des sondages démontrant une victoire pour le OUI (jamais l'idée souverainiste réussit à avoir une mojorité dans des sondages). De plus, le soutien de la France et des pays francophones a rassuré quelques Québécois indécis sur les relations extérieures. Toutefois, l’entrée du premier ministre canadien Jean Chrétien dans la campagne a aidé le camp du NON. De plus, les États-Unis ont déclaré publiquement leur intérêt au maintien d'un Canada uni, même si techniquement leur position, d'un point de vue internationale, est neutre. Ainsi, le , lors du référendum, tout indiquait que le OUI l’emporte sur une courte majorité. Mais, pour les derniers 40–30 minutes de cette soirée, le vent tourna au camp du NON avec surtout Montréal et l’Outaouais comme vague fédéraliste. La soirée se finit, donc par une très mince victoire du NON avec 50,58 % contre 49,42 % pour le OUI (un écart d’environ 58 000 voix *la plus petites majorités de vote dans un référendum ayant plus de 2 millions de vote*). Le fameux discours de Jacques Parizeau amena de grandes controverses au sein du Parti québécois et de son acceptation aux minorités ethniques du Québec. Puisque durant son discours, Jacques Parizeau déclara que la défaite a été causée « par l’argent et des votes ethniques ». Le Parti québécois ne s'est encore jamais remis de cette soirée. Il démissionna le lendemain du référendum laissant une très grande empreinte au Québec moderne tout en meurtrissant le mouvement souverainiste. Pour le camp du NON, leur fragilité est maintenant connue de tous et leur demande d'aide face au Canada ont démontré pour certains leur incapacité de gérer une campagne référendaire sans l’aide du Canada. Jamais le camp fédéraliste fut aussi proche de la défaite. Depuis cette événement, le camp fédéral (le parti libéral pour être plus précis) fut pointé du doigt par plusieurs par des allégations de fraudes monétaires et d'immigration durant le référendum. Ce qui pour certains souverainiste dû à la petite majorité démocratique du référendum que le camp du OUI devait l'emporter et qu'ils se sont " fait voler le référendum".

Époque contemporaineModifier

L'idée de la souveraineté du Québec est toujours défendue par une portion importante de la population québécoise. Depuis le début des années 2010 jusqu'à nos jours, l'appui à la souveraineté recueille entre 35 % et 40 % d'appui[3]. Bien que le clivage entre l'idéologie fédéraliste et le souverainisme soit important, le débat entre la gauche et la droite prend aussi une place importante. Les Organisations unies pour l’indépendance (OUI Québec) ont succédé le au Conseil de la souveraineté du Québec (CSQ).

IdéologieModifier

Principes générauxModifier

Le but de l'idéologie et du mouvement souverainiste est de faire en sorte que le Québec devienne un pays en se séparant du Canada. Cependant, plusieurs souverainistes proposent d'établir divers partenariats futurs avec le Canada.

L'idée de la souveraineté du Québec est fondée sur une vision et interprétation nationalistes des faits historiques et réalités sociologiques du Québec, qui attestent l'existence d'un peuple et d'une nation québécoise[N 1].

Les souverainistes croient que l'aboutissement normal de l'aventure collective des Québécois est l'atteinte de l'indépendance politique, chose qu'ils entrevoient comme possible uniquement si le Québec devient un État souverain et si ses habitants se gouvernent eux-mêmes par le biais d'institutions politiques démocratiques indépendantes, et s'ils sont libres d'établir des relations extérieures sur la base de traités.

Par le biais du fédéralisme canadien, les Québécois exercent actuellement un certain contrôle sur l'État québécois, cependant au sein du Canada tel qu'il est actuellement constitué, le Québec n'a pas tous les pouvoirs constitutionnels lui permettant d'agir en tant que pays souverain.

Bien que ce soit avant tout un courant d'ordre politique, des préoccupations d'ordre culturel et social sont également à la base du désir d'émancipation par la voie indépendantiste d'une partie de la population québécoise, lesquelles sont beaucoup plus anciennes que le mouvement souverainiste et se réfèrent proprement à la question de l'identité nationale de chaque Québécois, toutes tendances politiques confondues. L'argument culturel principal des souverainistes soutient que seule une citoyenneté nationale québécoise permettrait de résoudre le problème de l'identité culturelle québécoise dans le contexte nord-américain. En assoyant la future nationalité québécoise sur des assises juridiques, les souverainistes croient que l'identité culturelle des Québécois et ainsi leur mémoire collective, telle que définie par leurs élites intellectuelles, sera adéquatement protégée, notamment contre les récupérations par d'autres nations, tel l'hymne national du Canada, à l'origine un chant patriotique canadien-français. Une citoyenneté nationale viendrait résoudre de manière adéquate et définitive la délicate question de la langue française au Québec, langue de la majorité québécoise, cependant langue d'une minorité culturelle au sein du Canada.

Souverainisme de gaucheModifier

L'idéologie et le mouvement souverainiste québécois sont grandement associés à la social-démocratie et la sécularisation, notamment parce que le souverainisme s'est développé durant la révolution tranquille, un processus de sécularisation et de création de l'État providence québécois. Les partis politiques et les groupes qui ont fait la promotion de la souveraineté ont souvent été perçus, à tort ou à raison, comme des groupes politiquement de gauche.[réf. nécessaire] Il s'est donc développé au Québec un nationalisme de gauche qui associe les idées sociales-démocrates et séculières avec le nationalisme.

Souverainisme de droiteModifier

Il existe aussi des souverainistes québécois associés à des idées plus à droite. Il est à noter que l'expression « souverainisme de droite » recouvre un très large spectre politique : elle peut être utilisée autant pour identifier des souverainistes dotés d'une pensée économique libérale ou néolibérale, que des personnalités indépendantistes culturellement ou moralement conservatrices. Pourtant, outre d'être tous en faveur de la souveraineté du Québec, ces différentes catégories peuvent avoir peu de points en commun en matière politique, culturelle et économique.

Des penseurs comme Lionel Groulx ont souhaité créer un Québec indépendant pour y faire fleurir la langue française et la religion catholique[réf. nécessaire].

Des hommes politiques tels que Lucien Bouchard, Rodrigue Biron et François Legault sont ou furent souverainistes et étaient décrits comme ayant des idées de centre-droite ou de droite.

Plus récemment, le chroniqueur Mathieu Bock-Côté prône une idéologie souverainiste ancrée dans un nationaliste-conservateur[réf. nécessaire].

La rupture des liens avec le CanadaModifier

 
Enseigne de bienvenue située à la frontière entre le Québec et les États-Unis.

L'idéologie et le mouvement souverainistes visent la constitution d'un pays souverain pour le Québec. Toutefois, l'idéologie regroupe plusieurs franges qui acceptent ou non la poursuite de certains liens avec le Canada. Ainsi, durant les années 1980, le Parti québécois prônait un projet de souveraineté-association qui comprenait certains liens avec le Canada.

De même, certains militants du Parti libéral du Québec au début des années 1990 souhaitaient une forme de souveraineté québécoise à condition qu'il subsiste un Parlement unissant le Québec et le Canada.

D'autres franges, plus majoritaires, réclament la constitution d'un pays souverain qui négocierait par la suite avec le Canada pour certaines ententes commerciales et territoriales (ex. : monnaie commune, libre circulation, partenariat économique, etc.).

CritiquesModifier

Les fédéralistes québécois critiquent le projet souverainiste, puisqu'il implique le retrait du Québec de la Confédération canadienne. Ils estiment que l'indépendance du Québec aurait des conséquences néfastes pour la Belle Province, tant politiques qu'économiques.

À leurs yeux, l'accession à l'indépendance mènerait à une série de « chicanes » politiques, notamment pendant la nécessaire période de transfert de pouvoirs - forces armées, aéroports, partage des eaux, définition des frontières, partage de la dette fédérale, etc. - entre Ottawa et Québec.

Les fédéralistes québécois estiment par ailleurs que l'accession à la souveraineté aurait un coût économique et financier pour le Québec, le nouvel État indépendant devant notamment se priver de la péréquation canadienne et possiblement réadhérer formellement à des traités de libre-échange tels que l'ALÉNA. Les opposants au projet souverainiste croient aussi que la possible instabilité politique suivant un vote en faveur du « Oui » pourrait effrayer les investisseurs et inciter des entreprises installées au Québec à déménager leurs sièges sociaux à l'étranger.

Opinion publiqueModifier

Attention : les résultats suivants ne sont pas tous en réponse à la même question. Il faut distinguer principalement trois questions : celle de 1980 (utilisée en 1979-1980), celle de 1995 (utilisée en 1995-2004), et la question de la simple indépendance, utilisée surtout avant 1968 et après 2004. On trouve aussi d'autres questions similaires. Enfin, les résultats sont parfois représentés en ne comptant pas les indécis (référendums) ou en les comptant séparément (sondages « avant répartition »).

Hors de cette table, on peut aussi trouver d'autres versions des résultats de sondage, comme la répartition proportionnelle (considérant que les indécis ne comptent pas) et d'autres formules de répartition (répartition CROP de 1995).

Sondages d'opinion depuis 1976
OUI NON Firme
12,0 % 66,0 % Maurice Pinard
16,0 % 66,0 % Sorecom
14,0 % 79,0 % INCI
30,0 % 56,0 % CROP
Référendum de 1980 40,4 % 59,6 %
34,7 % 40,1 % CROP
41,0 % 48,0 % CROP
38,0 % 57,0 % CROP
32,0 % 59,0 % CROP
34,0 % 51,0 % Sorecom
31,5 % 58,8 % CROP
33,0 % 57,0 % Gallup
42,0 % 45,0 % Gallup
48,0 % 43,0 % CROP
47,2 % 41,2 % CROP
46,0 % 47,0 % CROP
41,0 % 50,0 % CROP
Référendum de 1995 49,4 % 50,6 %
47,2 % 32,5 % Léger
48,6 % 43,7 % Léger
40,3 % 51,2 % Léger
43,9 % 50,2 % Léger
33,5 % 47,9 % CROP
39,5 % 48,6 % Léger
33,0 % 61,0 % Léger
41,3 % 49,1 % CROP
41,6 % 49,5 % CROP
43,0 % 50,0 % CROP
54,0 % 46,0 % Léger
44,6 % 49,0 % CROP
41,0 % 53,0 % Léger
37,0 % 59,0 % Léger
37,0 % 57,0 % CROP
34,0 % 54,0 % Angus Reid
39,9 % 52,8 % Léger
37,0 % 49,0 % Léger
38,0 % 62,0 % Crop
37,0 % 50,0 % Léger
28,0 % 62,0 % CROP
34,0 % 66,0 % CROP
33,0 % 57,0 % Léger
37,0 % 50,0 % Léger
40,0 % 60,0 % Léger
36,0 % 64,0 % CROP
36,0 % 64,0 % CROP
34,0 % 66,0 % CROP
35,0 % 65,0 % Léger
37,0 % 63,0 % Crop
41,0 % 59,0 % Léger
31,0 % 69,0 % Ipsos
37,0 % 63,0 % Léger
23,0 % 23,0 % Environics

N. B. : Les sondages de 1976 à 1985 utilisaient souvent le terme souveraineté-association plutôt que celui d'indépendance dans leurs questions. Lorsqu'il était question d'indépendance, l'appui populaire était largement inférieur aux chiffres présentés.

On voit que l'option souverainiste a dépassé l'option contraire trois fois au cours de cette histoire :

  • La première, de la mi-1990 à la mi-1992, en réaction au rejet de l'accord du Lac Meech. Les libéraux (fédéralistes) étaient au pouvoir à ce moment. Le 22 juin, alors qu'il était acquis que le projet ne serait pas ratifié à la date limite du 23 juin, le premier ministre Robert Bourassa a fait une déclaration ambiguë qui a laissé croire à la population qu'il envisageait éventuellement un référendum à la suite de cet échec, mais il n'en avait pas vraiment l'intention.
  • La deuxième, en 1996-1997, juste après le référendum perdu de justesse en 1995. À cette époque, le conseiller du nouveau premier ministre péquiste Lucien Bouchard, Jean-François Lisée, a vivement conseillé à celui-ci de profiter du « momentum », mais Bouchard n'a pas choisi cette voie[4].
  • La troisième, en réaction du scandale des commandites[4] en 2005, mais de nouveau le gouvernement alors au pouvoir était libéral et fédéraliste (Jean Charest, depuis 2003).

Mise en œuvreModifier

Le projet de souverainetéModifier

Le souverainisme québécois implique l'atteinte de la souveraineté du Québec. Ce projet vise la mise sur pied d'un pays souverain.

Mode d'accession à la souverainetéModifier

Au sein de l'idéologie souverainiste, il existe différentes visions de la mise en œuvre du projet.

L'étapisme est une doctrine qui vise à consulter les Québécois par le biais d'un référendum avant d'accéder à la souveraineté. Elle a été élaborée par l'ancien ministre péquiste Claude Morin. Il s'agit présentement de la doctrine majoritaire au sein du mouvement souverainiste. Elle a été adoptée par le Parti québécois, de même que Québec solidaire. À deux reprises, le Parti québécois a mis en œuvre la doctrine de l'étapisme en consultant les Québécois sur le projet de souveraineté. Les Québécois ont rejeté le projet, quoique par une très faible marque lors du référendum de 1995 (49,42 % en faveur contre 50,58 % en défaveur).

À l'opposé, certaines souverainistes prônent la doctrine de l'élection référendaire. Selon ces derniers, un parti politique élu à l'Assemblée nationale du Québec et ayant pour mandat de faire la souveraineté du Québec pourrait déclarer unilatéralement la souveraineté. Cette doctrine a soulevé plusieurs critiques puisqu'un parti peut être élu majoritairement à l'Assemblée nationale sans recueillir la majorité de voix parmi la population[N 2].

Organisations souverainistesModifier

Partis politiquesModifier

 
Le Parti québécois est le principal parti politique défendant l'idée de l'indépendance du Québec depuis 1968.

En 2011, parmi les partis politiques provinciaux actifs, six s'identifient à l'idéologie souverainiste. Le plus important d'entre eux est sans aucun doute le Parti québécois. Fondé en 1968, le Parti québécois visait à unir l'ensemble des souverainistes québécois. Il fut au pouvoir durant près d'une vingtaine d'années (de 1976 à 1985, de 1994 à 2003 et de 2012 à 2014). En 1980 et en 1995, le Parti a tenu deux référendums sur la souveraineté du Québec. Le premier a été rejeté par 59,6 % des Québécois, et le second a été rejeté par 50,4 % des Québécois.

Les partis Québec solidaire et Option nationale sont aussi deux partis souverainistes au Québec. Tous deux sociaux-démocrates, les partis se distinguent toutefois sur la priorité à accorder au projet de souveraineté. Le premier, Québec solidaire, souhaite l'accession du Québec à la souveraineté afin de mettre en œuvre un projet social progressiste. Option nationale quant à lui place la souveraineté comme priorité. En 2017, Option Nationale intègre Québec Solidaire en tant que collectif en son sein.

D'autres partis québécois sont également souverainistes, comme le Parti indépendantiste, le Parti communiste du Québec et le Parti marxiste-léniniste du Québec

Groupes et organisationsModifier

Il existe au Québec un grand nombre de groupes de pression et d'organisations souverainistes. Les Organisations unies pour l'indépendance du Québec (ex-Conseil de la souveraineté du Québec) est une organisation visant à faire la promotion du souverainisme. Le Mouvement national des Québécoises et Québécois regroupe quant à lui des organisations nationalistes qui visent à promouvoir le souverainisme et la défense de la langue française.

Des groupes de pressions plus radicaux existent aussi comme le Réseau de Résistance du Québécois qui organise régulièrement des manifestations pour promouvoir la souveraineté du Québec.

Le souverainisme a aussi été adopté par le Front de libération du Québec, une organisation dont certaines cellules sont responsables des actes terroristes.

Positions extérieuresModifier

FranceModifier

 
Le Québec possède déjà de nombreuses représentations diplomatiques un peu partout au monde. Ici, la Délégation générale du Québec à Londres.

L'indépendantisme québécois a bénéficié du soutien ou des encouragements extérieurs. L'un des plus connus est celui du général Charles de Gaulle, auteur de la déclaration : « Vive le Québec libre ! » Cette déclaration est cohérente avec la pensée du général de Gaulle, attaché à l'idée de l'indépendance des nations et sensible à l'impact historique de la perte du Canada par la France.

Ainsi, le général de Gaulle déclara à Alain Peyrefitte en septembre 1965 : « L'avenir du Canada français, c'est l'indépendance. Il y aura une République française du Canada ». Selon Alain Peyrefitte, « sans préjuger de la forme que la souveraineté québécoise devait revêtir, de Gaulle, avec ce sens historique qui valut à la France son salut, s'en vint donc à Montréal, en , exhorter les Canadiens français à préserver leur identité française dont, sous Louis XV, l'indifférence des élites françaises avait fait si légèrement bon marché. « Vive le Québec libre » ne fut pas plus improvisé que l'appel du . L'appel à la liberté, lancé le , n'eut rien de fortuit[5]. »

De même, à la proposition de l'ambassadeur français à Ottawa qui suggère d’associer la France au centenaire du Canada, De Gaulle répondit par une apostille en date du  : « Il n’est pas question que j’adresse un message au Canada pour célébrer son ‘‘centenaire’’. Nous pouvons avoir de bonnes relations avec l’ensemble de l’actuel Canada. Nous devons en avoir d’excellentes avec le Canada français. Mais nous n’avons à féliciter ni les Canadiens ni nous-mêmes de la création d’un ‘‘État’’ fondé sur notre défaite d’autrefois et sur l’intégration d’une partie du peuple français dans un ensemble britannique. Au demeurant, cet ensemble est devenu bien précaire[6]… »

États-UnisModifier

Les États-Unis ont officiellement toujours observé une attitude neutre vis-à-vis de l'indépendance du Québec. Cependant, puisque la relation entre le Canada et les États-Unis est privilégiée à différents niveaux, le statu quo est souhaité. En cas d'une victoire de l'option indépendantiste lors du référendum de 1995, Washington aurait affirmé que « puisque les Canadiens doivent encore élaborer leurs futurs accords constitutionnels, il est prématuré de considérer la question de la reconnaissance du Québec »[7]. Ainsi, les États-Unis attendraient donc une reconnaissance de l'État québécois par le Canada lui-même.

Les souverainistes des années 1960 et 1970, René Lévesque en tête, croyaient obtenir facilement la sympathie des Américains pour leur cause, car ils assimilaient l'accession à l'indépendance du Québec à celle que les États-Unis avaient eux-même conquis sur la Grande-Bretagne en 1776. Or, pour les Américains du XXe siècle, l'idée de séparation du Québec renvoyait plutôt à l'épisode le plus douloureux de leur histoire, la Guerre de sécession. De plus, le mythe fondateur du melting pot américain les rendait réfractaires à toute idée de nationalisme intra-étatique. « Melting-pot, guerre civile. Deux murs idéologiques qui séparent les nationalistes québécois de la société américaine, même de gauche, même intellectuelle[8]. »

John F. Kennedy serait le seul politicien d'influence américain à avoir été ouvert sur cette perspective. C'est par le curé de Lowell, au Massachusetts, Armand Morissette, qu'il aurait appris dans les années 1950 l'existence d'un courant indépendantiste au Québec. Pour accéder au Sénat, Kennedy voulait gagner les votes de l'importante communauté canadienne française du Massachusetts et a donc eu des contacts avec le curé Morissette, par ailleurs indépendantiste convaincu. Kennedy faisait un parallèle non pas avec l'indépendance américaine, mais avec l'indépendance irlandaise, encore assez récente (1922), étant lui-même d'ascendance irlandaise. Il faut ajouter que la famille Kennedy était francophile et que le futur président militait pour l'autodétermination des peuples en général. Pendant son cours mandat de président (1960-1963), toutefois, Kennedy n'a jamais abordé publiquement cette question[9].

BibliographieModifier

  • Lucille Beaudry, François Fournier et Daniel Villeneuve, Le souverainisme politique au Québec : le Parti Québécois et les courants indépendantistes, 1960-1980 : recueil bibliographique, Montréal, Université du Québec à Montréal, Département de science politique, , 103 p. (OCLC 427261465).
  • Sylvie Lacombe, « La perception du souverainisme québécois dans le Globe and Mail dix ans après le référendum de 1995 : du syndrome post-traumatique au repli légaliste », Canadian Journal of Media Studies,, Uqam, nos 2/1,‎ (lire en ligne)
  • Sandrel ARBOIX, « Le Parti Québécois et l’idée nationale », Publication de travaux de recherche en histoire politique contemporaine, Université Montpellier III Paul Valéry, Université Laval de Québec, 2002.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le , la Chambre des communes du Canada a adopté, à 266 voix contre 16, une motion reconnaissant que « les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni ». Le 30 novembre, l'Assemblée nationale du Québec adoptait à l'unanimité une motion reconnaissant « le caractère positif » de la motion adoptée par Ottawa et proclamant que ladite motion ne diminuait pas « les droits inaliénables, les pouvoirs constitutionnels et les privilèges de l'Assemblée nationale et de la nation québécoise ».
  2. Ce phénomène est possible en raison du mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour. Les résultats étant compilés circonscription par circonscription, un parti peut faire élire une majorité de député sans recueillir la majorité des voix dans l'ensemble du Québec. C'est d'ailleurs ce qui arrive fréquemment lors des élections générales québécoises.

RéférencesModifier

  1. Vincent Marissal, « Situation désespérée, stratégie du désespoir », La Presse,‎ (lire en ligne).
  2. Voir cependant le Renvoi relatif à la sécession du Québec, une décision de la Cour suprême du Canada.
  3. Claire Durand, « L’appui à la souveraineté du Québec: Où en sommes-nous? », (consulté le 25 novembre 2014)
  4. a et b Jean-François Lisée, Qui veut la peau du Parti Québécois?, Carte blanche, , 229 p. (ISBN 978-2-89590-365-9), pages 78-79.
  5. Alain Peyrefitte, « De Gaulle : Il y aura une République française du Canada ». Les cahiers d'histoire du Québec au XXe siècle, no 7, (printemps 1997), p. 13-22.
  6. Charles de Gaulle, Lettres, notes et carnets, mai 1969-novembre 1970 ; Compléments 1908-1968, éd. Plon, 1988.
  7. Washington n'aurait pas reconnu immédiatement un Québec indépendant en 1995
  8. Jean-François Lisée, La tentation québécoise de John F. Kennedy, éditions Carte blanche/La boîte à Lisée, 2020, p. 28.
  9. Jean-François Lisée, La tentation québécoise de John F. Kennedy, éditions Carte blanche/La boîte à Lisée, 2020.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Sur le débat constitutionnel en général
Sur le souverainisme québécois

Documents et liens externesModifier

  • La guerre secrète contre l'indépendance du Québec, Gilles Desjardins. 2001, 45 min. Épisode 2 de la série documentaire Missions secrètes. Diffusé le au Canal D. Produit par Sophie Deschênes, Sovimage. Avec Gilbert Albert, directeur, section spéciale E GRC, années 1970; Richard Cléroux, journaliste et auteur : Pleins feux sur les services secrets canadiens; Robert Comeau, professeur, département d'histoire UQAM; Me Jean F. Keable, président de la Commission Keable; Loraine Lagacé, chef de la Délégation du Québec à Ottawa, 1978-82; Jean Larin, journaliste - Gilles Paquin, journaliste; Peter Russel, directeur de la recherche, Commission MacDonald; Reg Whitaker, politicologue, Université York.