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BlackRock

plus grosse société multinationale de gestion de placements basée aux États-Unis
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Blackrock.

BlackRock
logo de BlackRock
illustration de BlackRock
Siège à Midtown (Manhattan), New-York

Création 1988
Fondateurs Robert S. Kapito (en) et Laurence D. FinkVoir et modifier les données sur Wikidata
Personnages clés Larry Fink
Forme juridique Société anonyme avec appel public à l'épargneVoir et modifier les données sur Wikidata
Action New York Stock Exchange (BLK) et S&P 500Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social New York
Drapeau des États-Unis États-Unis
Direction Laurence D. Fink (depuis )[1],[2]Voir et modifier les données sur Wikidata
Actionnaires PNC Financial ServicesVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité Société d'investissement
Produits Gestion d'actifsVoir et modifier les données sur Wikidata
Effectif 14 900 fin 2018
Site web www.blackrock.com

Capitalisation 66 457 M$ (octobre 2019)
Chiffre d'affaires 14 198 M$ (2018) en augmentation[3]
Actifs sous gestion 6 840 milliards USD (2018)[4]
Résultat net 4 305 M$ (2018) en diminution

BlackRock est une société multinationale spécialisée dans la gestion d'actifs, dont le siège est situé à New York. Fondée en 1988, elle est devenue le plus important gestionnaire d'actifs au monde, avec près de 6 960 milliards USD fin septembre 2019[5]. Les principaux clients de l'entreprise sont des investisseurs institutionnels[6].

La société emploie 14500 personnes et possède 70 bureaux à travers 30 pays pour une clientèle répartie dans plus de 100 pays[7].

HistoireModifier

BlackRock démarre en 1988 sous l'impulsion d'anciens salariés de l'entreprise First Boston, dont Larry Fink, Robert S. Kapito et Susan Wagner[8]. L'entreprise veut alors fournir aux investisseurs institutionnels des services de gestion d'actifs et des risques[8]. Son nom initial est Blackstone Term Trust et le fonds, qui a levé 1 milliard pour se lancer, opère au sein de la banque Blackstone sous la filiale Blackstone Financial Management (BFM). En 1992, le fonds est renommé BlackRock[9],[10]. La même année, BlackRock cumule 17 milliards de dollars en actifs sous gestion, puis 53 milliards en 1994. BlackRock développe un outil de gestion global d'actifs, Aladdin, qui pose la base de la plateforme de gestion de la société[11].

BlackRock se détache de PNC Financial sous forme de filiale en 1995[11].

En 1999, la société est introduite en bourse. En 2004, elle rachète la société State Street Research - Management, puis reprend en 2006 la branche gestion d'actifs de la banque Merrill Lynch. En 2007, le co-fondateur, vice-président et directeur des investissements Keith Anderson annonce son départ du groupe pour l'année suivante. Il est remplacé par Scott Amero[12].

Lors de la crise bancaire et financière de 2008, la société maintient sa santé financière ; alors que la faillite touche plusieurs sociétés d’investissement, BlackRock profite de la crise financière et acquiert son pouvoir actuel. « Avec la chute de Lehman Brothers, Wall Street est en pleine perdition : plus personne ne sait ce que recèlent les milliers de portefeuilles financiers, ce qui se cache derrière les dérivés, ce qui est toxique ou non, dangereux ou non. BlackRock comprend vite tout le parti qu’il peut tirer de cette situation. Depuis sa création, la firme a développé en interne son propre outil de gestion des risques, Aladdin, "capable d’analyser les risques d’investissement dans n’importe quelle action, de mettre en évidence où il faut vendre des obligations pour en tirer le meilleur prix, de suivre toutes les transactions, de combiner toutes les données pour trouver les informations essentielles pour les investisseurs", explique le Financial Times. »[13] En 2009, au plus bas du marché, la société double sa taille en s'offrant, pour 13,5 milliards de dollars, la société Barclays Global Investors[8]. En 2010, l’entreprise annonce la création de sa propre bourse interne[14].

En 2015, le régulateur allemand des marchés inflige à la société une amende de 3,25 millions d'euros pour des déclarations erronées ou tardives des droits de vote réellement détenus[15]. En novembre 2015, BlackRock acquiert à Bank of America la gestion de 87 milliards de fonds monétaires[16].

En décembre 2018, le cumul d'actifs sous gestion de BlackRock dépasse les 5 980 milliards de dollars[17]. En octobre 2017, BlackRock et BlackStone annoncent leur intention d'ouvrir des bureaux en Arabie saoudite pour contribuer à la diversification économique et financière du pays[18].

En mars 2019 BlackRock a racheté l'éditeur français en solutions de gestion financière eFront pour 1,3 milliard de dollars[19].

ActionnairesModifier

Liste des principaux actionnaires au 3 octobre 2019[20].

PNC Bank 22,0%
The Vanguard Group 5,67%
Capital Research & Management 5,27%
Mizuho Financial Group 3,97%
SSgA Funds Management 3,34%
Wellington Management 2,95%
China Investment Corp 1,99%
BlackRock Fund Advisors 1,84%
Norges Bank Investment Management 1,80%
Merrill Lynch, Pierce, Fenner & Smith 1,51%

ActivitésModifier

La structure de BlackRock est très diversifiée. Les caisses de pension et autres institutions représentent 66 % de ses affaires, les investisseurs privés 12 % et les iShares 22 %. Sur le plan géographique, les États-Unis représentent 61 % du total des investissements, l’Europe 31 % et l’Asie 8 %. En termes de produits, 55 % sont liés aux actions, 34 % aux obligations, 8 % aux fonds mixtes et 3 % aux produits alternatifs. En 2012, elle a exercé ses droits de vote au sein de 14 872 assemblées générales d’actionnaires, dont 3 800 aux États-Unis. L'entreprise est le premier actionnaire d’une société américaine sur cinq. Elle possède aussi au moins 5 % du capital de quatre sociétés américaines cotées en bourse sur dix, comme JP Morgan, Chevron ou Walmart[9].

En Europe, BlackRock a investi dans la société Atos dont elle possède plus de 5% du capital[21]. En 2016, BlackRock était actionnaire au sein de 18 sociétés du CAC 40 (Atos, BNP Paribas, Vinci, Saint-Gobain, Société Générale, Sanofi, Michelin, Safran, Teleperformance, Total ...)[22]. BlackRock détient aussi 5% du groupe bancaire espagnol Santander[23].

Les data center de BlackRock se situent (comme ceux de Microsoft, Yahoo...) dans la ville de Wenatchee où l'électricité est bon marché, grâce notamment au barrage de Rocky Reach[24]. Ses serveurs informatiques sont situés dans des grands hangars sécurisés, au milieu des vergers de pommes de la ville.

BlackRock a dépensé en 2018 plus de 1 250 000 €[25] en lobbying auprès des institutions de l'Union européenne et organise des dizaines de rendez-vous avec les responsables de la Commission. BlackRock entend en particulier influer sur les questions de taxation et de régulation financière[26].

Cette société s'appuie sur une intelligence artificielle qu'elle a créée elle-même, Aladdin. Celle-ci évalue les risques et aide BlackRock a investir ou à s'abstenir de le faire. Par voie de conséquence, Aladdin gère 18 000 milliards de $ chaque jour.[27]

D'après Mediapart, Blackrock « murmure désormais à l’oreille des États européens » et entend notamment « contrer toute régulation financière et imposer la retraite par capitalisation pour tous[28]. »

ControversesModifier

Pour la professeure de macroéconomie à l’Université de l’ouest de l’Angleterre (UWE) à Bristol, Daniela Gabor, « la Banque centrale européenne, qui sollicite BlackRock pour auditer les banques, n’a aucun pouvoir sur cette société. L’argument de BlackRock est simple : nous ne faisons pas de leverage, nous n’agissons pas comme les banques donc nous n’avons pas besoin d’être régulés comme une institution systémique. De fait, BlackRock passe sous tous les radars. »[29] En janvier 2017, BlackRock recrute le membre du parti conservateur britannique George Osborne qui rejoint le think tank de la société, la BlackRock Investment Institute[30].

En novembre 2018, la police allemande perquisitionne les bureaux de BlackRock. Le fonds est soupçonné d’être impliqué dans la gigantesque fraude CumEx, système pratiqué par des fonds de placement et des banques consistant à se faire rembourser des impôts non payés sur les dividendes des actionnaires[26].

Vers la fin d'année 2019, l'entreprise BlackRock est au cœur d'une polémique quant à sa potentielle influence vis-à-vis du gouvernement français, au sujet de la réforme des retraites voulue par le gouvernement (dite "retraite universelle")[31].

Notes et référencesModifier

  1. « http://www.blackrock.com/corporate/en-fr/about-us/leadership »
  2. « https://www.reuters.com/finance/stocks/officer-profile/BLK/138342 »
  3. zonebourse
  4. (en) BlackRock Financials, (lire en ligne).
  5. Marie Bordet, « Etat-major : BlackRock France », sur Le Point, (consulté le 3 décembre 2019)
  6. « Pourquoi c’est peut-être le bon moment pour postuler chez BlackRock », Efinancial careers,‎ (lire en ligne, consulté le 17 février 2016).
  7. « BlackRock ready to spread its web across Europe | Financial Times », sur www.ft.com (consulté le 3 décembre 2019)
  8. a b et c Hélène Vissière, « Le fonds d'investissement qui a la puissance d'un État », Le Point,‎ (lire en ligne).
  9. a et b « Le pouvoir de BlackRock », sur letemps.ch.
  10. (en) « BlackStone Financial Management changes name to BlackRock Financial Management », sur Thefreelibrary.com, .
  11. a et b (en) « Our history », sur Blackrock.com.
  12. (en) Andrew Gunter, « Fund Times: Big Changes at the Top for BlackRock », sur Morningstar.com, .
  13. BlackRock: ce Léviathan de la finance qui pèse sur les choix européens, Mediapart du 8 mai 2018 [1]
  14. BlackRock va se doter de sa propre bourse - La Tribune, 29 décembre 2010.
  15. « BlackRock sanctionné en Allemagne ».
  16. BlackRock to buy Bank of America's $87 billion money-market fund business, Trevor Hunnicutt, Reuters, 3 novembre 2015.
  17. (en) BlackRock, Inc., « Annual report pursuant to section 13 or 15(d° of the securities exchange act of 1934 », sur blackrock.com, .
  18. (en) Samia Nakhoul et Stephen Kalin, « BlackRock, Blackstone to open offices in Saudi Arabia: Crown Prince », sur Reuters.com, .
  19. « eFront racheté par BlackRock pour 1,15 Md€ - Le Monde Informatique », sur LeMondeInformatique (consulté le 16 novembre 2019)
  20. Zone Bourse, « Blackrock : Actionnaires + Dirigeants », sur www.zonebourse.com (consulté le 4 octobre 2019)
  21. « Atos: BlackRock dépasse les 5% du capital. », sur votreargent.lexpress.fr (consulté le 19 octobre 2015).
  22. « BlackRock, le fonds de pension américain patron du Cac 40 », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 24 octobre 2016).
  23. Sophie Rolland, « Banco Popular : le curieux désengagement de BlackRock une semaine avant le sauvetage », sur Lesechos.fr, .
  24. « Ces financiers qui dirigent le monde - BlackRock | ARTE » (consulté en novembre)
  25. « Registre des représentants d'intérêts - Rechercher dans le registre », sur ec.europa.eu (consulté le 19 septembre 2019)
  26. a et b Rachel Knaebel, « L’un des dirigeants du plus gros fonds d'investissement du monde pourrait prendre la suite d'Angela Merkel », sur Basta, .
  27. « Ces financiers qui dirigent le monde - BlackRock | ARTE », sur https://www.arte.tv/fr/, (consulté en )
  28. « BlackRock: ce Léviathan de la finance qui pèse sur les choix européens », sur Mediapart, .
  29. BlackRock: ce Léviathan de la finance qui pèse sur les choix européens, Mediapart du 8 mai 2018 [2].
  30. Anne Bodescot, « BlackRock recrute l'ancien ministre des Finances britannique », sur Lefigaro.fr, .
  31. Céline Delbecque, « Retraites: quatre questions sur BlackRock, la société accusée d'avoir influencé la réforme », sur LExpress.fr, (consulté le 13 décembre 2019)


Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier

FilmographieModifier