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Bernard Arnault

homme d'affaires français
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Bernard Arnault
Bernard Arnault (3) - 2017 (cropped).jpg
Bernard Arnault en 2017.
Fonctions
PDG de LVMH
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (70 ans)
RoubaixVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Bernard Jean Étienne Arnault
Nationalité
Formation
Activités
Conjoints
Hélène Mercier-Arnault
Anne Dewavrin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Autres informations
Domaine
Distinction

Bernard Arnault, né le à Roubaix, est un homme d'affaires français, propriétaire du groupe de luxe LVMH, dont il est le président-directeur général. Il est aussi à la tête, entre autres, du groupe familial Arnault, du Groupe Arnault et de la holding Christian Dior.

Avec des actifs évalués à 77 milliards d'euros en avril 2019, Bernard Arnault est la première fortune de France et d'Europe, ainsi que la 3e fortune mondiale en 2019 selon le magazine Forbes.

Sommaire

BiographieModifier

Origine et formationModifier

Bernard Jean Étienne Arnault naît à Roubaix, dans le département du Nord, le . Il est le fils de Jean Arnault, ingénieur de l’École centrale, descendant d’une lignée de militaires alsaciens, et de Marie-Josèphe Savinel, auvergnate, fille du fondateur de Ferret-Savinel, une société de travaux publics créée en 1926. Les futurs époux se rencontrent alors que Jean Arnault est ingénieur dans cette entreprise ; ils se marient le [1]. En 1950, Étienne Savinel, père de Marie-Josèphe, confie à son gendre la direction de son entreprise[2]. Le couple a aussi une fille, Dominique, née en 1950, mariée à Marc Watine ; après une carrière de commissaire-priseur, elle dirige Fred Joaillier[1].

Bernard Arnault serait devenu un pianiste émérite grâce à sa mère, tandis que sa grand-mère — qui l'a en partie élevé — lui aurait appris à être économe[2],[3].

Bernard Arnault effectue ses études secondaires au lycée Maxence-Van-der-Meersch de Roubaix, puis étudie en classes préparatoires au lycée Faidherbe de Lille[4]. Il est déclaré admissible à l'École polytechnique en 1968, mais il ne peut pas se présenter aux épreuves physiques à cause d'un bras cassé[5]. Bien qu'admis à l'École des mines, il choisit de repasser les concours l'année suivante[6] ; il intègre alors Polytechnique en 1969[7]. Il est diplômé en 1971. À sa sortie de Polytechnique, il décide de rejoindre l'entreprise familiale de travaux publics Ferret-Savinel[8].

Vie privéeModifier

Le , Bernard Arnault épouse en premières noces Anne Dewavrin (née en 1950, qui épousera en secondes noces en 2001 le gestionnaire de patrimoines Patrice de Maistre), dont il a deux enfants : Delphine (née en 1975), administratrice du groupe LVMH depuis 2004, et Antoine (né en 1977), directeur général de Berluti.

Il divorce en 1990 et se remarie le avec Hélène Mercier (née en 1960), pianiste canadienne, dont il a trois fils : Alexandre (né en 1992), Frédéric (né en 1995) et Jean (né en 1998)[1].

Depuis 2010, Bernard Arnault est le beau-père de Xavier Niel, fondateur et vice-président d'Iliad, qui a épousé sa fille Delphine et avec qui il a eu une fille[9].

Férinel Inc.Modifier

En 1971, il rejoint l'entreprise familiale et convainc son père de vendre les activités BTP de l'entreprise pour 40 millions de francs, puis de reconvertir la société dans la promotion immobilière. Sous le nom commercial de Férinel, la nouvelle société se spécialise dans les appartements de tourisme avec un slogan « Férinel, propriétaire à la mer ». Nommé directeur de la construction de l'entreprise en 1974, il en devient le directeur général en 1977 avant de succéder à son père à la tête de la société en 1978.

Après l'élection de François Mitterrand en 1981, il s'expatrie aux États-Unis et fonde Férinel Inc. Férinel est racheté en 1995 par la Générale des eaux et renommé Nexity[10].

Christian DiorModifier

Article détaillé : Christian Dior (entreprise).

En 1984, Bernard Arnault investit 90 millions de francs, soit l'essentiel de sa fortune familiale, et rachète la Financière Agache (Société fiduciaire et financière Agache Willot) avec l'appui de la Banque Lazard en la personne d'Antoine Bernheim. Il en devient le PDG et prend ainsi les rênes du groupe Boussac qui possède aussi Christian Dior (sauf les parfums séparés dans les années 1970), le grand magasin Le Bon Marché, l'enseigne de distribution Conforama ou encore le fabricant de couches Peaudouce[11].

Depuis les années 1970, le groupe (racheté en par les frères Willot) faisait face comme l'ensemble de la filière textile européenne à de grandes difficultés économiques[12]. Cette situation économique précaire dissuadait les investisseurs. Les gouvernements français successifs souhaitant trouver une solution industrielle à cette impasse et connaissant l'importance des enjeux en termes d'emploi avaient accordé 999,9 millions de francs d'aides et subventions entre 1982 et 1985 au groupe Boussac[13]. En 1987, la Commission européenne estime que les aides accordées par l’État français ont faussé le jeu de la concurrence au sein des États membres et exige du groupe de Bernard Arnault le remboursement de 338,56 millions de francs[14].

Bernard Arnault restructure les activités du Groupe, notamment le textile revendu au groupe Prouvost et Conforama à son rival PPR. Avec un investissement personnel de quarante millions de francs, Bernard Arnault a ainsi pris le contrôle du groupe Boussac qui vaut en 1987 huit milliards en bourse, ce qui en fait un des hommes les plus riches de France et lui permet de prendre le contrôle du groupe de luxe LVMH[15].

Bernard Arnault devient PDG de Christian Dior en 1985 et réunit en 1989 les parfums et la couture au sein du holding Christian Dior SA : ce holding a pour filiales[16] Christian Dior Couture, et LVMH qui possède la marque Parfums Christian Dior, anciennement propriété de Moët-Hennessy. Avec les Parfums Christian Dior le Groupe conçoit le parfum J'adore, parfum féminin le plus vendu en France en 2013 et le second parfum le plus vendu en 2014 puis 2015[17].

LVMHModifier

Années 1980Modifier

À la suite du krach d'octobre 1987, Bernard Arnault fait l'acquisition d'actions LVMH, le tout nouveau groupe de luxe issu de la fusion le de deux groupes français Moët Hennessy (Champagne Moët & Chandon, Champagne Ruinart, Champagne Mercier, Champagne Canard-Duchêne, cognac Hennessy) d'une part, et du groupe Louis Vuitton (Louis Vuitton Malletier, Givenchy, Champagne Veuve Clicquot Ponsardin) d'autre part. L'année suivante, en 1988, le groupe est à la recherche d'investisseurs. Le PDG de Louis Vuitton Henry Racamier et les actionnaires demandent à Bernard Arnault de prendre une participation plus importante dans la société. Avec plus de 25 % des actions, Bernard Arnault devient un des actionnaires principaux du groupe.

À la même période, la direction du groupe connaît de fortes difficultés : outre la mésentente entre les familles, les deux coprésidents issus de la fusion (Henry Racamier pour Vuitton et Alain Chevalier pour les vins et spiritueux) divergent quant aux choix stratégiques du groupe paralysant ainsi le développement de LVMH. Alain Chevalier souhaitait revendre les activités vins et spiritueux à d'autres groupes, tandis qu'Henry Racamier devenu minoritaire dans le nouveau groupe voulait retrouver l'indépendance de Louis Vuitton. Dans ce contexte, Bernard Arnault considère que le groupe doit retrouver une direction unique et cherche à prendre la tête du groupe. Bernard Arnault profite des dissensions entre les deux hommes et s'affirme comme l'actionnaire pivot pour l'avenir du groupe (il passe des alliances successives avec les deux parties en présence).

Pour prendre le contrôle définitif du groupe, Bernard Arnault lance une OPA. Profitant de la pagaille boursière et actionnariale, il devient en premier actionnaire de LVMH et actionnaire majoritaire le , avec l'aide de la banque Lazard et du Crédit lyonnais. Bernard Arnault évince alors Alain Chevalier. Le , Bernard Arnault est élu président du directoire de LVMH à l'unanimité. Henry Racamier cherche par tous les moyens à annuler l'OPA de Bernard Arnault[18]. Mais le , la Commission des opérations de bourse considère qu'aucune irrégularité n'a été commise. L'OPA est de facto validée, et Bernard Arnault est confirmé à la tête du groupe. La structure financière du groupe LVMH fait de lui un manager actionnaire. Il dirige opérationnellement le groupe tout en étant son actionnaire de contrôle[19].

Bernard Arnault conduit depuis un plan de développement du groupe, faisant de LVMH le premier groupe de luxe au monde. En onze ans, la valeur du groupe a été multipliée par quinze, tandis que le chiffre d'affaires et le bénéfice ont progressé de 500 %. Bernard Arnault s'appuie sur plusieurs règles de gouvernance[20] :

  • Il favorise la décentralisation des prises de décision concernant les marques du groupe. Bernard Arnault considère que la gestion de marques de luxe ne peut fonctionner que dans le cadre d'une organisation décentralisée. Les marques sont considérées comme des maisons à l'histoire familiale. La valeur de chaque marque est en lien étroit avec cette indépendance de pilotage. Chaque entreprise fonctionne indépendamment des autres.
  • Une stratégie d'acquisition tournée autour de marques challengers ou émergentes. Bernard Arnault pense le groupe LVMH autour du principe des « avantages partagés » : les marques les plus solides du groupe permettent de financer celles qui sont en croissance. L'intérêt pour Bernard Arnault est de disposer d'un premier portefeuille de grandes marques issues du domaine du luxe, dont la stabilité est suffisamment garantie. Cette solidité permet d'atténuer les à-coups de la conjoncture et de se concentrer sur de nouvelles acquisitions et le développement du groupe. C'est fort de ce principe qu'il permet par exemple à Christian Lacroix d'ouvrir sa propre maison de couture.

En , Bernard Arnault rachète Céline.

Années 1990Modifier

En 1993, LVMH rachète Berluti et Kenzo. Cette même année, Bernard Arnault rachète le quotidien économique La Tribune sans parvenir à redresser ses ventes malgré des investissements qui s'élèvent à près de 150 millions d'euros[21]. Il décide en novembre 2007 de revendre le titre pour acquérir l'autre quotidien économique français, Les Échos, pour 240 millions d’euros[22].

Les acquisitions s'enchaînent. En 1994, LVMH rachète la maison de parfum Guerlain. En 1996, Arnault rachète Loewe, puis Marc Jacobs et Sephora en 1997, Thomas Pink et Make Up For Ever en 1999, Emilio Pucci en 2000, Fendi, DKNY et La Samaritaine en 2001…

À la fin des années 1990, Bernard Arnault fait de l'art le pilier de la stratégie de communication de son groupe en achetant Phillips, le numéro trois mondial de la vente aux enchères pour 125 millions d'euros[23], et le premier français de ce même secteur Tajan[24].

En 1996, le groupe LVMH de Bernard Arnault acquiert 38 % du capital de Château d'Yquem grand cru classé de Sauternes dans le vignoble bordelais. En 1998, il devint majoritaire avec 64 % des actions. Bernard Arnault mariera d'ailleurs sa fille au château d'Yquem.

Entre 1998 et 2001, il se passionne pour la nouvelle économie et investit notamment dans boo.com, Liberty Surf et Zebank au travers de son holding spécialisé Europ@web. Le krach des valeurs Internet à partir de et plus encore les attentats du 11 septembre 2001 le convainquent d'accélérer sa sortie de ce secteur par cession au groupe Suez. Liberty Surf est vendue à Telecom Italia alors que Zebank est vendue à Egg plc. Bernard Arnault investit également dans Betfair[25] et Netflix dont il est le premier investisseur[26].

Pour symboliser la croissance et la force du groupe LVMH aux États-Unis, Bernard Arnault décide dans les années 1990 de regrouper ses activités au sein d'une même tour à New York, la LVMH Tower (en). Il choisit Christian de Portzamparc pour réaliser ce projet[27], dans lequel il s’implique personnellement[28]. Le 8 décembre 1999, la tour LVMH est inaugurée en présence de Hillary Clinton[29].

Années 2000Modifier

En 2001, il trouve un accord avec François Pinault dans la bataille qui les opposait pour la maison de couture Gucci, en vendant les 20 % de titres Gucci détenus par LVMH pour 2,13 milliards d'euros[30].

En association avec Colony Capital, Groupe Arnault entre dans le capital de Carrefour le , et siège donc au conseil d'administration du groupe français de grande distribution.

En 2008, il se lance sur le marché du yacht en s'offrant le constructeur britannique Princess Yachts (en) pour un total de 253 millions d'euros puis en prenant le contrôle de Royal van Lent pour un montant quasiment équivalent[31]. En 2012, le Groupe acquiert Bulgari puis Loro Piana en 2013.

Années 2010Modifier

En septembre 2012, à la suite des révélations au sujet de sa demande de nationalité belge, le président de LVMH se voit consacrer la « une » du quotidien Libération, avec ce titre : « Casse-toi riche con ! », et soulève une polémique[32] (clin d'oeil au très médiatisé « Casse-toi pauvre con ! » de Nicolas Sarkozy prononcé quelques temps plus tôt à un quidam qui avait refusé de lui serrer la main). Cette demande est, selon plusieurs experts en droit fiscal[33], probablement liée à la création par Bernard Arnault de « Protectinvest », une fondation de droit privé, en Belgique en 2008, pour éviter la dislocation du groupe LVMH lors de son décès en cas de mésentente entre ses héritiers. Une fondation belge permet de remplir trois objectifs pérennes : l'interdiction pendant dix ans de la vente des titres transmis, l'obligation de vote « indissociable », et le choix de l'héritier prenant la tête des affaires parmi les sept héritiers envisagés[34] (cinq enfants et deux neveux). L'hypothèse d'organiser un montage fiscal évitant des droits de succession français sensiblement plus élevés qu'en Belgique[35] semble caduc, le pacte Dutreil mis en place par la France permettant déjà de faire chuter les droits de successions à un niveau proche de celui de la Belgique[34]. En janvier 2013, la quasi-totalité de ses actifs du Groupe Arnault et du Groupe familial Arnault ont été transférés en Belgique[36],[37], et Thierry Breton est à la présidence de cette fondation Protectinvest[34]. À la suite de la parution du numéro de Libération, les différentes sociétés dépendant du groupe LVMH retirent leurs publicités prévues d'ici à la fin de l'année entraînant un manque à gagner de 150 000 euros pour le quotidien[38].

En 2012 toujours, Bernard Arnault, victime d'un chantage, fait officieusement appel via Bernard Squarcini aux services de la DCRI (Direction générale de la Sécurité intérieure), qui met à disposition aux frais de l'État français un important dispositif d'espionnage, aboutissant au licenciement d'un employé de LVMH[39]. À son arrivée au pouvoir, François Hollande ne reconduit pas dans ses fonctions Bernard Squarcini que Nicolas Sarkozy avait nommé à la tête de la DCRI. Il est alors embauché chez LVMH[40].

Le , dans un entretien au Monde, Bernard Arnault annonce qu'il retire sa demande de nationalité belge et réaffirme son « attachement à la France »[41]. Il a ajouté qu'il aurait continué à résider en France et n'avait pas souhaité échapper à l'impôt. Mais en avril 2014, les journalistes de l'émission de France 2 Complément d'enquête ont retrouvé des documents prouvant que Bernard Arnault avait bien rempli une déclaration fiscale belge en 2012 et qu'il avait commencé à y payer ses impôts (13 000 euros) avant de revenir en arrière[42].

Le , le jury des BFM Awards a décerné le prix du Manager BFM 2013, meilleur manager français de l'année, à Bernard Arnault[43],[44].

En avril 2015, l’étude bisannuelle du cabinet VcomV positionne Bernard Arnault à la 9e place de son classement des patrons du CAC 40[45]. En février 2016, selon un sondage réalisé par l'Institut d'études de marché et d'opinion BVA, Bernard Arnault arrive en tête du classement des entrepreneurs préférés des Français[46].

En 2016, alors que LVMH fait de l'origine française de ses produits un argument commercial[47], le documentaire satirique Merci Patron ! réalisé par François Ruffin critique la gestion sociale de LVMH, révélant que de très nombreux produits sont en réalité confectionnés en Pologne, à Madagascar ou en Asie, pendant que les usines françaises ferment[47]. Face au scandale, Bernard Arnault tente de faire pression sur les médias dépendant de son groupe pour essayer d'étouffer l'affaire, provoquant l'indignation des journalistes ainsi censurés[48].

En , la Harvard Business Review classe Bernard Arnault septième dans le classement général des patrons les plus performants au monde et premier en France[49], grâce à la solidité des performances financières (20e dans le classement financier, 257e dans le classement Sustainalytics, 236e dans le classement CSRHub)[50].

Le , Bernard Arnault finalise l'acquisition de la société Christian Dior Couture, filiale à 100 % de la holding Christian Dior SA. Cette simplification de la structure permet notamment d'unifier la marque Christian Dior au sein de LVMH[51],[52],[53].

En , la Harvard Business Review classe Bernard Arnault 5e dans le classement général des patrons les plus performants au monde[54],[55].

PatrimoineModifier

Fortune et revenusModifier

 
Le Symphony, yacht de Bernard Arnault.

En 2005, il devient l'homme le plus riche de France, devançant la famille Bettencourt qui occupait cette place depuis plusieurs années[56].

Bernard Arnault est le propriétaire du yacht de luxe Symphony (en), long de 101,5 m et immatriculé aux îles Caïmans[57], d'une valeur de 130 millions d'euros et dessiné par le cabinet Zuretti[58]. Le milliardaire possédait auparavant l'Amadeus, long de 69 m[57].

En 2016, Bernard Arnault est rémunéré 7,8 millions d'euros pour ses fonctions de PDG du groupe LVMH[59].

En , le magazine Forbes estime sa fortune à 77,2 milliards d'euros, ce qui en fait la première fortune de France et d'Europe, ainsi que la 3e fortune mondiale[60].

MécénatModifier

Mécénat artistiqueModifier

Bernard Arnault, amateur et collectionneur d’art, a entrepris de nombreuses actions de mécénat pour valoriser l’image du groupe LVMH et lui donner une dimension plus institutionnelle. Pour développer ses actions de mécénat, Bernard Arnault a fait appel à Jean-Paul Claverie, ancien conseiller de Jack Lang au ministère de la Culture. Sous leur impulsion, le groupe LVMH est devenu un acteur important du mécénat en France[61].

Le groupe a apporté son soutien à plus d’une dizaine d’expositions, parmi lesquelles Le grand monde d’Andy Warhol[62], Picasso et les maîtres au Grand Palais[63], L’Atelier d’Alberto Giacometti, ou encore Yves Klein au centre Georges-Pompidou.

Par ailleurs, la fondation LVMH a créé le « prix LVMH des jeunes créateurs », un concours international ouvert aux étudiants des écoles des Beaux-Arts en France et dans le monde[64]. Tous les ans, six bourses d’études sont attribuées aux lauréats.

Le groupe met également à la disposition de jeunes musiciens des violons confectionnés par Stradivarius à Crémone. Maxim Vengerov et Laurent Korcia ont bénéficié de ce prêt d’instrument.

Fondation Louis-VuittonModifier

En 2006, Bernard Arnault se lance dans le projet de construction de la Fondation Louis-Vuitton pour la création et l'art contemporain[65]. Le bâtiment a été conçu par l’architecte Frank Gehry, à qui l’on doit notamment le musée Guggenheim de Bilbao. Ce projet a été interrompu en janvier 2011 à la suite d’une plainte déposée par les riverains du bois de Boulogne[66]. Après la reprise des travaux en juin 2011, la dernière pierre du musée a été posée le en présence de Bernard Arnault et de plus de 400 ouvriers. L'inauguration a eu lieu le au Jardin d’acclimatation de Paris[67], à la lisière du bois de Boulogne.

La collection d'art de la Fondation met en valeur des artistes contemporains, à travers ses 11 galeries, dont Gerhard Richter, Bertrand Lavier, Christian Boltanski, Olafur Eliasson, Thomas Schütte et Pierre Huyghe[68]. Pour Bernard Arnault, cette Fondation est « un espace nouveau qui ouvre le dialogue avec un large public et offre aux artistes et intellectuels une plateforme de débats et de réflexion »[69].

Le , Bernard Arnault reçoit le prix David Rockefeller, décerné par le Musée d'art moderne de New York (Museum of Modern Art), qui honore « une personne du monde des affaires, qui est un exemple de générosité éclairée et de promotion des efforts en matière de culture et de civisme »[70]. Bernard Arnault est le premier non-Américain à recevoir ce prix[71].

En , Bernard Arnault réunit la collection de Sergueï Chtchoukine à la Fondation Louis-Vuitton, projet personnel qu'il définit comme « un bonheur rare », alors que « réunir la collection Chtchoukine était dit impossible »[72].

Reconstruction de Notre-DameModifier

Suite à l'incendie de Notre-Dame de Paris le , la famille Arnault et le groupe LVMH sont les seconds, après la famille Pinault, a annoncé un important don — 200 millions d'euros — pour la reconstruction de « cette extraordinaire cathédrale, symbole de la France, de son patrimoine et de son unité »[73].

Relations avec le pouvoir politiqueModifier

En 1996, Bernard Arnault est, avec Martin Bouygues, un des témoins du mariage de Nicolas Sarkozy avec Cécilia Sarkozy[74].

Il fait partie des invités au Fouquet's le soir de l'élection présidentielle de 2007[75].

Le président de la République, François Hollande, a inauguré la Fondation Louis-Vuitton pour la création le [76].

Dans le cadre du développement du pôle de compétitivité Cosmetic Valley, Bernard Arnault a inauguré « La Ruche », la nouvelle usine de Guerlain à Chartres le , en présence du Premier ministre, Manuel Valls[77].

Au second tour de l'élection présidentielle française de 2017, il soutient Emmanuel Macron, jugeant son programme « raisonnable et courageux »[78]. Ses deux derniers fils, Frédéric et Jean, connaissent Brigitte Macron, qui a été leur professeur de français lorsqu'ils étaient scolarisés au lycée Saint-Louis-de-Gonzague, dans le 16e arrondissement de Paris[79].

DécorationsModifier

ControversesModifier

Optimisation fiscaleModifier

En novembre 2017, dans le cadre de l'enquête des Paradise Papers, Le Monde et le Consortium international des journalistes d'investigation révèlent que Bernard Arnault a placé des actifs (deux yachts, une maison de 4 300 m2 et des fonds d'investissement) dans six paradis fiscaux (Malte, l'île de Jersey, le Luxembourg, les îles Vierges, l'île de Man, îles Caïmans) à l'aide de huit cabinets de conseil différents. Selon Le Monde, ces pratiques sont révélatrices, « chez la plupart des grandes fortunes mondiales », de « l’obsession de la discrétion et la volonté d’optimiser au maximum leur imposition, jusqu’aux frontières de la légalité »[84]. Bernard Arnault précise qu'il ne les dépasse pas et que « tous les actifs évoqués dans cet article ont été constitués de manière parfaitement légale et sont naturellement connus des autorités fiscales »[85].

Le Canard enchaîné rapporte qu'à la suite de ces révélations, Bernard Arnault a fait retirer les publicités de son groupe LVMH des pages du Monde, grévant de 600 000 euros les recettes du quotidien ; LVMH dément toutefois un retrait total des publicités[86].

En 2014, le groupe LVMH compte 202 filiales dans des paradis fiscaux[87].

Rôle dans la presseModifier

Selon le journaliste Laurent Mauduit, beaucoup de directeurs de la rédaction de La Tribune l'avouent en privé : « Bernard Arnault n'hésitait pas à décrocher son téléphone pour que son journal soit plus docile dans le traitement de l'actualité qui concerne son propre groupe. »[88].

Plusieurs signataires de la pétition — qui s'offusquent sur le fait que le principal quotidien économique français Les Échos soit acheté par un actionnaire dont la presse n'est pas le métier — ont été appelés par Nicolas Bazire ou par un des collaborateurs de Bernard Arnault « leur enjoignant de retirer leur signature, sauf à risquer de ne plus jamais travailler avec LVMH »[89].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Jacques Lafitte, Stephen Taylor, Who's Who in France, J. Lafitte, , p. 33
  2. a et b Airy Routier, L'ange exterminateur : la vraie vie de Bernard Arnault, Albin Michel, , p. 24
  3. Sophie Boutillier, Dimitri Uzunidis, L'aventure des entrepreneurs, Studyrama, , p. 88
  4. Airy Routier, L'ange exterminateur : la vraie vie de Bernard Arnault, Albin Michel, , p. 33
  5. Romain Treffel, 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire, Sonorilon, (ISBN 979-1095199007), p. 13
  6. Aude Kersulec, « Bernard Arnault, une des premières fortunes mondiales, a construit son empire du luxe en une génération », Atlantico.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 14 mai 2018)
  7. AX, « Association des Anciens Elèves de l'École Polytechnique », sur kx.polytechniciens.com (consulté le 9 février 2018)
  8. « Bernard Arnault - Actualité, vidéos et photos - MYTF1News », sur MYTF1NEWS (consulté le 21 janvier 2016)
  9. Telestar.fr, « Qui est Delphine Arnault, la femme de Xavier Niel ? - Télé Star », sur www.telestar.fr, (consulté le 17 décembre 2018)
  10. « Le Roubaisien Jean Arnault, père de Bernard Arnault, est mort »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur Nord Éclair,
  11. Bernard Arnault, la passion créative, entretiens avec Yves Messarovitch, Plon, Paris, 2000 (ISBN 225919432X), p. 57
  12. [PDF] Comment sont tombés les Willot, Nouvel Obs, 1er août 1981
  13. Décision de la Commission du 15 juillet 1987 relative aux aides accordées par le gouvernement français à un fabricant de textiles, d'habillement et de produits à base de papier Boussac Saint Frères (Le texte en langue française est le seul faisant foi), Europa.eu, 15 décembre 1987
  14. Arnault et Pinault, deux réussites hors normes, Les Échos, 10 juin 1996
  15. Gabriel Milési, Les dynasties du pouvoir de l'argent, Michel de Maule, , p. 123
  16. « La Bourse adore Christian Dior » Valeurs actuelles, 21 avril 2010
  17. The Perfect Paradox of Star Brands: An Interview with Bernard Arnault of LVMH, Harvard Business Review, octobre 2001
  18. Disparition d'Henry Racamier, l'un des fondateurs de LVMH, Les Échos, no 18878 du 1er avril 2003
  19. L'accès à la puissance économique de Bernard Arnault (1974-1989), Magazine Gérer et Comprendre, juin 2004, no 76, p. 67
  20. Bernard Arnault, la passion créative, entretiens avec Yves Messarovitch, Plon, Paris, 2000 (ISBN 225919432X)
  21. Jusqu'où ira Bernard Arnault, Magazine Challenges, 20 mars 2008
  22. Les Échos : Arnault emporte le morceau mais s'attire les foudres des salariés, L'Expansion.com, 6 novembre 2007
  23. « LVMH offrirait de 70 à 80 millions de livres pour acquérir Phillips » , sur Les Échos du 15 novembre 1999
  24. Aymeric Mantoux, Voyage au pays des ultra-riches, Éditions Flammarion Capital, 2010 (ISBN 978-2-8104-0287-8), page 85
  25. Bernard Arnault, un succès presque parfait, La Tribune, 27 juillet 2011
  26. Netflix arrive, la France a peur, Aurélie Filippetti veille, Atlantico, 26 mars 2014
  27. Vidéo d'une conférence donnée par Christian de Portzamparc, Pavillon de l'Arsenal, 29 février 2000
  28. Tour de France a New York. Signé Portzamparc, le nouveau siège américain de LVMH marque le retour dans la « Grosse Pomme » d'une architecture audacieuse, Libération.fr, 13 décembre 1999
  29. (en) Designing The Nouveau Building On the Block, The New-York Times, le 15 décembre 1999
  30. « Gucci: Arnault s'offre une revanche de luxe », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 12 mars 2018)
  31. Aymeric Mantoux, Voyage au pays des ultra-riches, Éditions Flammarion, Capital, 2010 (ISBN 978-2-8104-0287-8), page 45
  32. Gil Durand, « Libé à Arnault : « Casse-toi riche con ! » », Actualité, sur lesoir.be, Le Soir, (consulté le 10 septembre 2012)
  33. J.C., B.D., « La naturalisation d'Arnault ne sert à rien », sur Le Soir,
  34. a b et c « Bernard Arnault pacifie sa succession », Challenges, no 330,‎ , p. 30 (ISSN 0751-4417)
  35. « Bernard Arnault a créé une fondation en Belgique », sur Le Parisien,
  36. « La majeure partie de la fortune d'Arnault transférée en Belgique, selon Libération » , sur Le Point avec l'AFP, 23 janvier 2013
  37. « Les secrets belges de Bernard Arnault » , sur Libération, 23 janvier 2013
  38. « Lourdes pertes publicitaires pour "Libération" après sa Une sur Bernard Arnault », lemonde.fr, 13 septembre 2012
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Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

DocumentairesModifier

Articles connexesModifier

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