Alexis Carrel

chirurgien et biologiste français, prix Nobel de médecine

Alexis Carrel, né le à Sainte-Foy-lès-Lyon et mort le à Paris, est un chirurgien, biologiste, écrivain scientifique et eugéniste français.

Alexis Carrel
Fonction
Régent
Fondation française pour l'étude des problèmes humains
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 71 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Marie-Joseph-Auguste Carrel-BillardVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Alexis Carrel-Billiard (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Anne Gourlez de La Motte (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Membre de
Distinctions
Œuvres principales
L'Homme, cet inconnu (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature d'Alexis Carrel
Signature

Pionnier de la chirurgie vasculaire, lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine en 1912, il fut renommé pour son expérience du cœur de poulet battant in vitro pendant un temps très supérieur à la vie d'un poulet. Il effectua la plupart des recherches après 1917 au sein de l'Institut Rockefeller, à New York. S'étant fait mondialement connaître par la publication de L'Homme, cet inconnu en 1935, il prédit le déclin de la civilisation, et dans l'espoir d'éviter ce destin, préconisa l'eugénisme volontaire.

Malgré ses compromissions avec le régime vichyste, il reste le meilleur chercheur de son temps pour la chirurgie vasculaire et la chirurgie cardiaque[note 1],[1],[uft 1].

Biographie

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Famille

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Il naît à Sainte-Foy-lès-Lyon, commune natale de sa mère, le 28 juin 1873[nl 1], en tant qu'aîné de trois enfants. À sa naissance, il reçoit le prénom de Marie-Joseph-Auguste[dh 1]. Puis sa mère donne naissance à son frère Joseph et à sa sœur cadette Marguerite[dh 1].

Fils d'Alexis Carrel-Billiard[2], fabricant de textile, il devient orphelin à l'âge de cinq ans[2]. Sa mère, Anne-Marie Ricard[2] († 1905[dh 2]), l'éleva. À la suite du décès de son père, le garçon adopte le prénom de celui-ci, et s'appelle désormais Alexis Carrel-Billiard, tout comme son père jusqu'en 1904[dh 3],[3].

La famille est issue de la bourgeoisie catholique. Parmi les membres de sa famille, Alexis compte plusieurs religieux et religieuses y compris Pierre-Marie Belmont, évêque de Clermont[dh 1],[note 2]. Il s'agissait de grandes maisons de la soierie à Lyon et c'est la raison pour laquelle la famille habitait près de la Croix-Rousse, quartier prospère[dh 1]. Or, la mort du père obligea cette famille à vivre plus modestement[dh 4].

Après avoir reçu le prix Nobel, il épouse, le 26 décembre 1913 à Paris, Anne Gourlez de La Motte (1877-1967)[4], veuve du marquis Henri Jarret de La Mairie et petite-fille du général Auguste-Étienne-Marc Gourlez de La Motte[anm 1]. Elle est infirmière et capable de seconder ses recherches à New York[anm 2],[uft 2]. De cette union, il n'aura aucune descendance, sa femme ayant un fils d'une première union[nl 1].

Formation et diplôme

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Il est élève du collège jésuite Saint-Joseph de Lyon[dh 2]. Sa formation auprès des Jésuites, représentée par le mot eloquentia perfecta (en), aura une influence sur sa pensée et ses écritures[dh 2]. Aussi Alexis Carrel-Billiard s'intéresse-t-il aux sciences naturelles[nl 1].

Le jeune Alexis songe d'abord au service médical des armées, comme son oncle Joseph Ricard[dh 5]. Or, après avoir obtenu le baccalauréat littéraire en 1889, il commence à étudier la médecine à l'université de Lyon en octobre 1891 et obtient en 1893 son diplôme de médecine[nl 1], qui lui ouvre l’externat[anm 3]. Il a comme professeurs Joseph Teissier, Mathieu Jaboulay, Antonin Poncet et Léon Bérard[anm 3]. Par autorisation spéciale[5], il peut se rendre à toute heure au laboratoire du docteur Marcel Soulier pour ses expériences[uft 3].

 
Pour entretenir son habileté manuelle, Alex Carrel n'hésite pas à apprendre la broderie chez Marie-Anne Leroudier, une des meilleures brodeuses de Lyon.

Puis, il travaille entre 1893 et 1898, tant dans plusieurs hôpitaux de Lyon que pour les chasseurs alpins[nl 1]. En ce qui concerne ces derniers, il participe, dès novembre 1894 pour une année, au service militaire obligatoire en qualité de médecin auxiliaire[dh 5],[anm 4] au col du Fréjus[anm 5]. En 1896, il est nommé interne, après un premier échec[anm 6],[dh 6]. Pendant ces années, il s'oriente de plus en plus vers la recherche en chirurgie, sur la compatibilité des tissus et les sutures. Notamment, l'assassinat du président Sadi Carnot en 1894 à Lyon lui donne cette motivation[nl 1],[uft 4].

Devenu interne, Carrel commence à écrire régulièrement les articles, à partir de 1896. Le bulletin Lyon Médical en compte quatre en 1897 et cinq en 1898. Dès 1899, ce jeune docteur envoie ses écrits à Paris aussi. Cette année même, il publie neuf articles au total. D'après Ugo Filippo Tesler[6] (2020), en chirurgie cardiaque, les études de Carrel qui furent effectuées à cette période possédaient déjà un niveau supérieur à celles d'autres chercheurs[uft 5]. Il réussit à maîtriser des sujets difficiles à traiter, sur lesquels les autres avaient échoué. Il se distingue par son attention méticuleuse et ses facultés d'apprentissage. Chaque soir, chez Marie-Anne Leroudier à Lyon, il effectue son exercice pour améliorer et raffiner sa technique[7],[8]. Puis il invente lui-même des instruments plus sophistiqués. Enfin, sa technique aseptique est effectuée le plus strictement possible. C'est pourquoi il peut mettre au point, par exemple, une méthode adéquate pour relier deux vaisseaux sanguins déchirés[uft 5],[9].

Premier poste et doctorat

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En février 1899, Alexis Carrel est accueilli, d'abord adjoint puis prosecteur (anatomique), auprès du laboratoire de Jean-Léo Testut à Lyon[dh 7]. Sous la direction de ce grand médecin-anatomiste, Carrel obtient en 1900 son doctorat[nl 1]. Cette thèse en 303 pages sur l'opération du cancer de la thyroïde, dont on apprécie l'expérience, est finalement publiée à Lyon en 1900 et à Paris en 1901 (Alexis Carrel-Billard, Le goitre cancéreux)[dh 8].

Par ailleurs, dans cette année 1900, il obtient une part d'héritage du grand-père maternel, ce qui lui permit d'étudier, en toute liberté[dh 9].

Puis, il publie son premier article sur les sutures vasculaires en 1902 ; les méthodes qui y sont développées (comme la triangulation qui est l'anastomose de vaisseaux de calibres différents en plaçant au préalable trois fils d'appui sur la circonférence vasculaire) sont encore en usage un siècle plus tard. L'article est publié dans le bulletin Lyon Médical[nl 2].

Tout en opérant aux Hospices civils de Lyon, il donne des cours d'anatomie et de chirurgie aux internes de l'Université de Lyon (Faculté de Médecine). Parmi ses étudiants, il compte René Leriche[dh 10].

Manque de promotion

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Si Alexis Carrel parvient à établir sa réputation à Lyon, il lui faut trouver un poste en qualité de chirurgien dans un hôpital. Le 9 décembre 1901, la ville de Lyon ouvre un concours pour un poste vacant. Parmi douze candidats y compris Carrel, Léon Bérard, qui avait été exclu en 1898 et 1900, est sélectionné. Or, à cette époque-là, il était rare que l'on puisse obtenir un tel poste du premier coup[dh 11]. Cet échec et l'affaire de Lourdes (v. infra) causent finalement son départ.

En mai 1902, en remplaçant un de ses collègues qui n'était plus capable d'effectuer sa mission, il part vers le sanctuaire de Lourdes. Une jeune fille qu'il avait examinée dans son train de pèlerinage, atteinte de méningite tuberculeuse, obtient sa guérison totale le 28 mai. En tant que médecin d'accompagnement, il note en détail son état grave, puis cet événement inattendu et inexplicable. S'il n'informe personne de ce pèlerinage[10], la publication du rétablissement de cette patiente, du nom de Marie Bailly, qu'il rapporte dans un bulletin paroissial, provoque des réactions très hostiles de la part des médecins lyonnais[anm 3],[note 3],[note 4]. Ainsi tous les concours disponibles à Lyon refusent-ils Carrel. En outre, les communautés chrétiennes aussi le critiquent, le considérant par trop sceptique[uft 6],[10].

De Lyon aux États-Unis

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Déçu, il part en décembre 1903 vers Paris où il progresse encore dans ses études[nl 3]. Puis, dans l'optique de devenir paysan au Canada, il traverse l'océan Atlantique en mai 1904[uft 6]. Or, deux chirurgiens de l'Hôtel-Dieu de Montréal, Adelstan et François de Martigny, l'invitent au congrès de l'Association des médecins de la langue française de l'Amérique du Nord, tenu en juin. Parmi les membres passionnés par la présentation de Carrel, le professeur-chirurgien de l'université de l'Illinois à Chicago Carl Beck décide immédiatement de lui proposer un poste chez lui. Les frères de Martigny, quant à eux, écrivent leur lettre de recommandation au professeur George Neil Stewart, spécialiste de physiologie auprès de l'université de Chicago. Lorsque Carrel arrive à Chicago en septembre, il choisit, entre ces deux propositions, le laboratoire de Stewart, ce qui ne suscite aucune opposition de Beck[uft 7].

Ses études à Chicago, commencées en novembre 1904, sont tellement brillantes qu'Alexis Carrel acquiert une renommée considérable aux États-Unis. L'arrivée de Charles Claude Guthrie, un autre jeune médecin talentueux, lui fournit un excellent collaborateur et coauteur[nl 3]. Ainsi, avec lui, il présente les perfectionnements successifs de ses techniques d'anastomoses vasculaires, démontrant pour la première fois qu'une veine pouvait être substituée à une artère, rapportant la première transplantation d'organe expérimentale en 1905. En vingt-deux mois, ils écrivent vingt-et-un articles[9]. Grâce aux techniques inventées par Carrel, leur équipe réalise, en 1905 et 1906, une remarquable série de transplantations sur des animaux[nl 3]. Leur article est accepté en 1906 par le Journal of the American Medical Association[nl 2].

Institut Rockefeller

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Institut Rockefeller où Carrel passa sa vie, de septembre 1906 à juin 1939. En sachant que Carrel avait une capacité extraordinaire, Simon Flexner lui donnait une liberté et une autonomie exceptionnelles. Ainsi, tous les murs de son laboratoire étaient peints en noir, pour réduire l'éclair. Ceux qui voulaient y entrer devaient mettre la blouse médicale particulière, conçue par Carrel. Cette blouse longue aussi était en noir et avait pour but d'éviter tous les germes microbiens. Sous la protection absolue du directeur Flexner qui soutenait tous ceux que Carrel lui demandèrent, il était épargné de toutes les interférences indésirables sur ses études. D'où un grand nombre d'achèvements et de distinctions, y compris le prix Nobel[11].

En avril 1905, invité par Harvey Cushing, il participe à un congrès tenu à l'université Johns-Hopkins. C'est à cette conférence qu'il rencontre Simon Flexner, récemment nommé directeur du Rockefeller Institute for Medical Research, actuellement université Rockefeller. Flexner apprécie si profondément le personnage de Carrel et ses études qu'une proposition exceptionnelle lui est offerte, car il avait besoin d'un laboratoire pour la chirurgie expérimentale[uft 8],[dh 12]. Carrel accepte cette proposition, en renonçant à celle de Johns-Hopkins, la meilleure école de médecine de l'époque[dh 13].

Il arrive à New York en septembre 1906, au sein de Rockefeller[uft 9].

S'il n'y détient la première année que le grade de chercheur associé, on le rémunère 1 000 dollars de salaire plus 500 dollars de prime par an, ce qui est exceptionnel. Il est dégagé des obligations d'enseignement et de consultation clinique[dh 14]. Une telle offre favorise l'avancement de ses études. Les premiers résultats sont obtenus dans le domaine de la chirurgie vasculaire et celui de la greffe[uft 9]. Notamment en 1908, inspiré par la recherche de Ross Granville Harrison[uft 10], Carrel réalise la première auto-transplantation rénale parfaitement fonctionnelle sur une chienne[12]. Focalisant ses travaux sur la chirurgie cardiaque à partir de 1909, il remarque le rôle potentiel de la revascularisation myocardique[uft 11].

Le laboratoire de Carrel au sein de l'Institut Rockefeller fait l'objet d'une cérémonie particulière : chaque année, le 17 janvier, les médecins, les infirmières et les visiteurs y chantaient, avec Carrel, Joyeux Anniversaire. En effet, il réussit, à partir du 17 janvier 1912, à garder le tissu du muscle cardiaque, prélevé du cœur d'un embryon de poulet. Placé dans un bain nutritif, ce fragment continua à vivre jusqu'en 1946[uft 10].

À cette époque-là, de nombreux chercheurs tentent de l'imiter, toujours en vain. D'une part, Carrel, qui limite le nombre de personnels auprès de son laboratoire, effectue lui-même ses expérimentations dans les conditions les plus strictes[11]. D'autre part, après que Flexner a contribué, par ses études, à maîtriser l'épidémie de New York, apparue en 1905, John D. Rockefeller et John D. Rockefeller Jr. renforcent leur soutien financier pour l'institut[dh 15]. Carrel profite donc ainsi d'abondantes ressources comme nul autre[13].

Prix Nobel

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En 1912, il obtient le prix Nobel de physiologie ou médecine « en reconnaissance de ses travaux sur la suture vasculaire et la transplantation de cellules sanguines et d'organes[14] ». À l'âge de trente-neuf ans, il devient le plus jeune lauréat de prix Nobel[uft 11].

Bien qu'Alexis Carrel soit toujours français, il procure aux États-Unis leur premier prix Nobel de physiologie ou médecine, au nom de l'Institut Rockefeller[14],[nl 3]. Dans ce domaine, les États-Unis ne connaîtront le deuxième lauréat qu'en 1933 (Thomas Hunt Morgan). Il gagne tout de suite son immense popularité dans ce pays. En 1915, il est sélectionné, par The Technical World Magazine qui fait choisir, par vote, les douze scientifiques américains les plus distingués (The greatest American scientists), avec son directeur de l'institut Simon Flexner. La liste de candidats comptait mille scientifiques[15].

Ce prix favorise la réconciliation entre Carrel et Lyon. Ses anciens collègues et la ville l'invitent, en organisant une présentation particulière, à l'auditorium de la faculté de médecine de l'université de Lyon[uft 11]. Il trouve à Paris, parmi les chirurgiens français, un collaborateur pour la chirurgie thoracique en la personne de Théodore Tuffier[16].

Première Guerre mondiale

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Le couple Alexis et Anne Carrel en janvier 1914, juste après leur mariage ; photo dans la collection George Grantham Bain auprès de la bibliothèque du Congrès.
 
Le Docteur Carrel en mission pour l'armée américaine.

En juin 1914, le couple prend ses vacances en France, en attendant une naissance, grâce à une villa de la famille de La Motte[uft 2]. Toutefois, Madame Carrel fait une fausse couche[anm 7]. Quand la Première Guerre mondiale éclate, Carrel décide de rester. D'abord, il soutient son ami Léon Bérard qui aide les hospices civils de Lyon, et collabore avec Auguste Lumière pour la radiographie[anm 2]. Après avoir constaté un grand nombre d'infections sérieuses, il signale aux autorités qu'il faut établir une méthode normalisée, dans l'optique de soigner sans délai les soldats blessés. Ainsi naît l'idée de l'hôpital expérimental près du front[uft 2]. À la suite de la promotion par le ministre de la guerre, il est nommé le 11 décembre médecin aide major de 1re classe[anm 8] et réussit à obtenir l'autorisation de la création d'un hôpital expérimental[uft 2].

Sa mission est établie en mars 1915 à Compiègne. Il s'agit de l’hôpital temporaire n° 21 du Rond Royal, qui est situé à seulement 20 km du front militaire[uft 2]. Sitôt, Carrel y accueille le président Raymond Poincaré et le ministre de la Guerre Alexandre Millerand[anm 9]. En s'apercevant des difficultés rencontrées par les chirurgiens français, Carrel fait évoluer l'équipement de l'hôpital, grâce aux soutiens de l'Institut Rockefeller[anm 10] ainsi que du Comité central des secours américains (The American Relief Clearing House, créé le 26 novembre 1914[17])[anm 11]. Le projet est très respecté. Lors de la fondation, une noble britannique, Lady Margaret Rose Westmacott, mit à disposition de Carrel son microscope à haute résolution jusqu'à ce que la guerre se termine et fait une donation pour les blessés de l'hôpital[anm 12].

L'équipe se compose de plusieurs scientifiques distingués, tel Pierre Lecomte du Noüy, tandis qu'Anne Carrel est chargée de diriger celle des infirmières[anm 2]. Georges Clemenceau exprime, par lettre datée du 3 novembre 1916, que sa fille Madeleine Jacquemaire, alors infirmière, souhaiterait faire un stage d'observation dans cet hôpital[anm 13]. Or, Alexis Carrel ne veut que des infirmières de haut niveau. Avant l'inauguration, il avait accueilli trente-cinq infirmières, toutes formées à la Haute école de La Source à Lausanne, qui lui donnent entière satisfaction[18],[anm 14].

Il soutient, à la suite de l'entrée des États-Unis dans la guerre en avril 1917, la mission diplomatique d'André Tardieu. Par lettre datée du 3 mai, il recommande à François Monod, qui était chargé par Tardieu de s'en aller aux États-Unis, de rencontrer Frederic René Coudert[19], avocat international et ami de Carrel à New York[anm 15].

La méthode Carrel - Dakin

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Avec cet hôpital expérimental, ils obtiennent des résultats très favorables. En collaboration avec le chimiste britannique Henry Drysdale Dakin, Carrel y essaye plus de deux cents solutions dans l'optique d'éviter l'infection. Finalement, ils adoptent 0,5% d'hypochlorite de sodium en solution, dite solution de Dakin. Non seulement elle est capable de protéger les souffrants de l'infection mais elle a également l'avantage de présenter peu d'effets indésirables[uft 2]. (Il est très important que cette solution fonctionne bien, à condition que ce taux de 0,5% soit strictement respecté. S'il est inférieur, il n'y a pas d'effet. Au contraire, si les ingrédients utilisés sont excessifs, cette solution provoque l'irritation[20].)

Il va plus loin, en développant la méthode dite de Carrel qui profite des appareils évolués dont la fermeture chirurgicale ainsi que le système de drainage[uft 2],[21]. Il s'agit de sa réponse aux plaies plus graves, apparues à la suite de l'usage de la mitrailleuse[20]. Elle s'avérera indispensable, afin de résister aux microbes, très nombreux dans le sol fertile en Flandre française, qui provoquent l'aggravation de symptômes[22],[20].

Cette méthode est adoptée d'abord par l'armée française et régularisée par un film de cette armée, tourné en 1915 à l'hôpital de Compiègne (voir Liens externes en vidéo). Cependant, en raison de sa manœuvre difficile à exécuter, de nombreux chirurgiens militaires français préférent la méthode classique, dite de Joseph Lister[23].

Or, de plus en plus, cette méthode gagne en réputation si bien que l'hôpital de Compiègne est très fréquenté par les médecins. Par lettre datée du 29 novembre 1916, l'ancien président des États-Unis, Theodore Roosevelt, félicite son accomplissement[anm 16]. Tant la Compagnie des mines de Béthune que l'entreprise U.S. Steel envoient leurs chirurgiens, pour le stage à Compiègne, dans le cadre des accidents du travail[anm 17]. Surtout Fred Kilmer, auprès de l'entreprise pharmaceutique Johnson & Johnson, comprend l'importance de cette méthode et fait fabriquer les matériaux réservés à cette méthode. Pendant la guerre, son usine au Nouveau-Brunswick produit, 24 heures sur 24, la trousse contenant tout ce qui est requis pour faciliter le traitement, dont deux ampoules d'ingrédients à mélanger, qui sont inventées par cette entreprise. En effet, son atelier d'étude veut limiter les erreurs humaines, en considérant que certains hôpitaux ne seraient pas capables de fournir correctement la solution et les appareils[21]. Le « bémol » de la méthode est résolu. Comme elle distribue gratuitement le mode d'emploi aux chirurgiens, le nom de Carrel est bien diffusé : La méthode Carrel-Dakin pour la désinfection de plaie[20].

Résultats obtenus par la méthode

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Selon le directeur d'étude Fred Kilmer, auparavant, 80% de soldats français qui avaient subi l'amputation de jambe étaient des victimes de l'infection, car les chirurgiens n'avaient pas de choix pour ces dernières, afin d'éviter la mort présumée. En 1917, il soulignait qu'ils n'auraient dorénavant aucun souci d'amputation. Aussi Carrel sauva-t-il tant la vie de soldats blessés que leurs jambes, avec lesquelles ils pouvaient retourner à leur vie civile normale plus facilement[20]. Encore l'entreprise présenta-t-elle en 1918 son avis (article La technique de Carrel dont toute l'humanité bénéficie) : « il est plausible que la méthode Carrel ouvre un nouveau domaine, inconnu jusqu'ici, de la chirurgie ». De nos jours, Perrin Selcer (2008)[24] confirme : cette méthode fit, d'une part, réaliser la standardisation de la pratique chirurgicale, en tant que réponse à l'incapacité des chirurgiens militaires aux champs qui manquaient aussi d'expérience ; d'autre part, il s'agissait d'un essai, de sorte que la profession médicale soit restructurée dans l'organisation hiérarchique qui soit dirigée par les meilleurs médecins scientifiques[22]. Par le fait, les trousses industrielles de Johnson & Johnson, envoyées en Europe durant la guerre, avaient sauvé de nombreuses vies[20].

De nos jours, en raison de ses avantages, la méthode Carrel est encore en usage[9],[uft 10].

Décorations françaises et belge

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Sitôt le prix Nobel obtenu, Alexis Carrel-Billard est, en février 1913, nommé Chevalier de la Légion d'honneur, dont il est promu Officier en août 1915, en qualité de médecin aide-major de 1re classe territorial, fonction principale de Carrel en France pendant la guerre. Le grade de Commandeur lui est décerné en juillet 1917. Il est à noter que les décrets d'attribution mentionnent le prénom de naissance Marie-Joseph-Auguste[25].

Il est par ailleurs décoré de l'ordre de Léopold en 1916[anm 18].

Hôpital militaire modèle à New York

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Pendant la guerre, il effectue deux fois le voyage aux États-Unis, en y passant la majeure partie de l'année 1917. En effet, à cause de mauvaises pratiques de sa méthode qui ne respectent pas la procédure stricte, de nombreux résultats tragiques provoquent l'opposition des soignants en France[26],[anm 19]. Déçu, Carrel expédie finalement une lettre à un colonel américain[23]. Étant donné que la guerre n'est pas encore terminée, l'Institut Rockefeller décide de transformer son jardin en plusieurs bâtiments d'hôpital provisoire, avec pour but de former des chirurgiens (et des infirmières) auprès de l'armée américaine et de la marine[anm 20]. Carrel est rappelé aux États-Unis par Simon Flexner et chargé d'enseigner lui-même sa méthode[anm 21]. À la différence de son hôpital à Compiègne, celui de New York est mobile (la construction ne dura que six semaines)[27]. Le cours durant deux semaines est offert tant aux chirurgiens de l'American Expeditionary Force sous le colonel-chirurgien Bailey Ashford qu'aux soignants de la Croix-Rouge américaine[26]. Jugée mission importante, à partir du 24 août 1918, l'hôpital devient celui de l'armée, qui est dorénavant réservé aux soldats blessés, jusqu'à la fermeture survenue en avril 1919[28]. La méthode Carrel y est pleinement en usage[29].

Après la première guerre mondiale

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Une fois les questions de l'infection et de la plaie résolues par sa méthode, Carrel désire se concentrer sur le sujet du choc opératoire, qui préoccupe les hôpitaux militaires[anm 8]. Il commence à y travailler avec Antoine Depage à La Panne, mais doit s'interrompre faute de temps[anm 22].

À la fin de la guerre, tous les établissements qu'il a organisés en France sont démobilisés fin 1918. Le célèbre hôpital de Compiègne est détruit, au soir du 22 mars, par un bombardement aérien[uft 10]. Au début de janvier 1919, Carrel retourne définitivement à l'Institut Rockefeller[anm 21].

Avec son épouse, il devient, en 1922, le propriétaire de l'île Saint-Gildas située en Bretagne, à la faveur de leurs vacances d'été[uft 12],[th 1]. La chapelle, l'oratoire Saint-Roch et l'enceinte attenante, en mauvais état, sont vendus par la municipalité de Penvénan, à condition que la famille Carrel les restaurent et les entretiennent, avec quelques règles strictes[th 1]. Acquisition officialisée en 1928, Carrel fait effectuer les travaux importants que la commune attendait[th 2]. Chaque année, le couple visite l'école communale pour marquer la fin de l'année scolaire[th 2].

Alexis Carrel concentre désormais ses études sur le cancer, essentiellement les effets de l'environnement sur l'organisme. L'université de Georgetown lui octroie, à la suite de ces études, le prix Nordhoff Jung en 1931[anm 21].

Il demeure toujours le meilleur chercheur de la culture tissulaire. Le 22 juillet 1924, Carrel est invité au 92ème congrès annuel de la British Medical Association, tenu à Bradford. Ce jour-là, il a l'honneur d'inaugurer ce congrès, avec sa présentation sur ce sujet[13],[30]. En 1926, il devient le premier chercheur qui ait réussi à isoler et à propager un virus en culture, connu comme virus du sarcome de Rous[31].

Dorénavant, les scientifiques comprennent que la culture tissulaire est une technique très importante. Dans les années 1930, les chercheurs en profitent pour les études des virus desquels la nature est encore méconnue, étant donné que ces derniers ne se multiplient que dans les cellules vivantes. La technique de Carrel et la virologie vont désormais de pair : les virologistes s'y emploient, car, pour se multiplier, la plupart des virus exigent une culture plus élaborée que celle de Carrel[32],[33].

Collaboration avec Lindbergh

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Dans les années 1930, son épouse Anne Carrel devient aussi une collaboratrice importante dans ses études sur la parapsychologie[anm 21].

 
Tableau de Samuel Johnson Woolf, Charles Lindbergh et Alexis Carrel, qui fut utilisé comme couverture du Time sorti le 13 juin 1938, et est actuellement préservé à la National Portrait Gallery (États-Unis)[34]. Carrel avait soutenu l'invention de cette pompe de Lindbergh.

Mais ces années sont surtout marquées par la collaboration avec le jeune Charles Lindbergh. Ce dernier est présenté en novembre 1930 à Carrel[anm 21], en raison de l'opération du cœur de sa belle-sœur Elisabeth[9]. Les études du docteur intéressent si profondément Lindbergh qu'il va considérer Carrel comme son beau-père. Ces deux hommes partagent outre l’amitié, de nombreux domaines intellectuels, tant scientifiques que spirituels[35]. En 1938, la famille Lindbergh acquiert l'île Illiec, juste à côté de l'île Saint-Gildas propriété du couple Carrel[dh 16]. La même année, ils sortent ensemble un livre intitulé The Culture of Organs (La Culture des organes) sur l'utilisation de la pompe à perfusion, qui était un échec[anm 21],[dh 17]. Au contraire, la pompe en verre, développée en 1935, connaît un bon succès, grâce à l'exposition universelle de New York 1939-1940. Il s'agit du fruit de l'inspiration et de l'étude de Lindbergh, à la suite de sa profonde sympathie pour sa belle-sœur, qui subissait une grave maladie de cœur. L'appareil est acheté par de nombreux laboratoires dans le monde entier[uft 13]. Avant son succès, déjà, la couverture du Time Magazine, parue en juin 1938, se consacrait à ces deux personnages[36].

Encore profite-t-il de l'amitié des membres de l'association Century (Century Association) à New York. S'il peut obtenir un grand succès par la publication de L'Homme, cet inconnu en 1935, c'est grâce aux membres de cette association qui lui donnent des conseils[anm 23]. La publication de l'ouvrage change sa vie. En 1936, il est nommé professeur invité de l'université de Californie à Berkeley, pour un semestre de cours scientifique[37].

Il s'intéresse aux instituts consacrés aux études sur l'homme, notamment à l'X-Crise qui est dirigé par le polytechnicien Jean Coutrot[anm 23],[ad 1]. S'il participe en 1936, avec Pierre Teilhard de Chardin, à la fondation de son Centre d'études des problèmes humains à l'abbatiale Notre-Dame-et-Saint-Edme de Pontigny, il garde ses distances d’avec ce centre[dh 18],[38].

Académie pontificale des sciences

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Le 28 octobre 1936, Alexis Carrel est nommé membre par la commission de nouvelle Académie pontificale des sciences, selon le motu proprio In multis solaciis du pape Pie XI[39]. Avec son épouse, il se rend à Rome, pour assister à la séance inaugurale de l'association, tenue le 1er juin 1937[anm 24]. D'après l'intention du Saint-Père, un quorum de soixante-dix académiciens choisis, dits « Sénats scientifiques », se composant de spécialistes internationaux de toutes disciplines, dont onze lauréats du prix Nobel fut réuni. Alors que le savant Pierre Teilhard de Chardin avait été exclu par Pie XI en raison de son domaine qui n'était autre que la science catholique, l'agnosticisme de Carrel ne l’empêche pas d’être sélectionné d'après la doctrine de l'académie[40].

Lors de ce séjour à Rome, il effectue une visite officielle aux malades, en tant que représentant[anm 25]. Après avoir quitté la ville éternelle, il est promu commandeur de l'ordre de Léopold, le 19 juin 1937 par le roi Léopold III des Belges[41].

 
Son discours sur la civilisation fut tenu à la Halle Webster du Dartmouth College.

Souvent invité à prononcer des discours depuis 1935, le 11 octobre 1937, il effectue une visité au Dartmouth College, à l'occasion du 150e anniversaire de la fondation du Phi Beta Kappa auprès de cette université. Le discours est intitulé The Making of Civilized Men (Former les hommes civilisés) soulignant que ni les hommes ni ses institutions n'étaient capables de suivre une immense évolution de vie, obtenue pendant ces 150 ans, fruit des sciences, de la prospérité et de la démocratie. Il conclut : « L'humanité doit maintenant savoir que l'avenir dépend de lui-même. » Ce jour-là, il dévoile aux auditeurs qu'il se consacrerait dorénavant aux études sur le sujet du développement des dynamismes, trouvés dans l'individu humain, tant physique que spirituel[38]. Le lendemain, le journal The New York Times interpréte ce discours : pour rétablir la civilisation, il faut que les leaders du monde soient formés par une nouvelle science synthétique[42],[note 6].

Départ de New York

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Sachant le départ d'Alexis Carrel prochain, le Rotary Club de New York lui octroie, en avril 1939, sa Service Medal (médaille de service), « en reconnaissance d'une vie consacrée à l'amélioration de la souffrance humaine »[anm 18]. Cette médaille, par laquelle Lillian Wald avait été récompensée en 1923 pour la première fois, est uniquement réservée à ceux qui contribuent à toute l'humanité. Carrel en est le huitième lauréat, seize ans après sa création[43].

En effet, en 1938, l'Institut Rockefeller avait édicté une règle stricte pour la retraite à l'âge de soixante-cinq ans, laquelle était plus souple auparavant. Carrel fut l'un des cinq chercheurs que touchait ce changement de règle[44]. La décision avait été prise sous le nouveau directeur depuis 1935, Herbert Gasser. La date de retraite fut fixée au 1er juillet[45]. Sans doute la publication de L'Homme, cet inconnu a-t-elle affecté cette décision. Car, le laboratoire de Carrel est démobilisé, sans nomination de successeur[uft 14].

En revanche, sa popularité, appréciée par le peuple américain, demeure au plus haut. En qualifiant Carrel French, Roman Catholic Dr. (médecin français et catholique romain), le magazine Time conclut, dans un tome de 1938, que Carrel et Lindberg sont ceux qui travaillent ensemble tant pour prolonger la vie que pour terminer les maladies des hommes[46].

Retour en France

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Après avoir définitivement quitté l'Institut Rockefeller, il rentre en France en juillet 1939[anm 23],[9]. Le couple s'installe dans sa propriété en Bretagne, à Saint-Gildas[th 3].

Lorsque éclate la Deuxième guerre mondiale en automne, il décide de rester en France[anm 23],[47], et arriva à Paris le 19 septembre[th 4]. Par le sénateur Pierre Even, avec qui Carrel avait fait créer le ministère de la Santé publique, il prend contact avec le ministre de l'armement Raoul Dautry[47],[anm 26]. Carrel est nommé haut conseiller technique, en vue d'étudier les difficultés de la transfusion sanguine. Le projet d'un laboratoire de recherche est lancé, dont l'inauguration est prévue le 10 mai 1940 à Garches[47]. Il travaille également, avec Antonin Gosset, Henri Rouvillois et Louis Pasteur Vallery-Radot, à la création d'un centre de recherche de guerre auprès de l'Institut Pasteur[anm 23].

Pour lui, il s'agit, malgré la drôle de guerre, d'un sujet sérieux. Le 7 décembre 1939, le journal The New York Times présente le discours radiophonique de Carrel, effectué la veille à Paris : « Chaque citoyen français doit, d'abord, respecter son propre travail, et participer à faire un effort pour obtenir la victoire ». Il redoute déjà une situation critique[48].

Second séjour aux États-Unis

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Il est vraisemblable que Carrel ait gardé un contact étroit avec ses amis américains, qui craignent pour sa vie. Il repart aux États-Unis au printemps 1940, sans attendre l'inauguration du laboratoire, possiblement chargé par le gouvernement de Paul Reynaud de chercher les soutiens des États-Unis[anm 26],[th 5]. Dans la lettre datée du 6 mai, il écrit : « Quel calme à la veille du chaos... »[49].

Après avoir travaillé en tant qu'infirmière en 1939, Anne Carrel, restant sur l'île, subit l'arrivée de l'armée allemande le 5 août et écrit qu'elle a perdu toute son essence. Cette année, elle ne reçoit aucun message d'Alexis et passe ses jours dans l'angoisse[th 6].

Ce voyage méconnu de Carrel, qui dure un an environ, est son dernier séjour à l'étranger[anm 26].

Durant cette période, il engage des activités humanitaires. Ainsi, il fait envoyer, en faveur des enfants français sous l'occupation, une grande quantité de vitamines. En sachant qu'il fallait beaucoup de plasma sanguin pour soigner les soldats blessés aux champs de bataille, il sollicite les autorités afin d'inaugurer un programme, baptisé Blood for Britain (Sang pour la Grande-Bretagne). Le sang collecté aux hôpitaux de New York est transporté au Royaume-Uni par avion. Dans cette optique, de nombreux citoyens participent au don de sang. Le programme prend effet le 15 août 1940[uft 12].

Missions américaines

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Après être parti des États-Unis, Carrel arrive à Lisbonne puis traverse le Portugal et l'Espagne avec grande difficulté[uft 12]. En janvier 1941, il rentre en France[47]. D'une part, sa visite est officielle, plus précisément dans le cadre d'une enquête américaine pour rechercher les effets de la guerre sur les populations civiles françaises, notamment sur le sujet de l'amélioration de la nutrition des enfants français[47]. Cette mission était donc provisoire, et, une fois la mission accomplie, il lui fallait retourner aux États-Unis[anm 26],[47]. D'autre part, il est accompagné de James Wood Johnson, qui est le président de l'American Volunteer Ambulance Corps[49]. À la suite de cette nouvelle guerre mondiale, l'organisation qui était déjà en fonction pendant la première guerre pour l'armée française[50], avait été rétablie en 1940 à New York, sous la direction de Johnson. Carrel participe à réaliser ce projet de l'hôpital militaire mobile, dans l'optique de sauver les victimes de la nouvelle guerre[51]. Celui qui les envoie n'est autre que le président Franklin Roosevelt[47],[th 7].

Carrel travaille toujours, dans le cadre de l'organisation américaine, en zone non occupée, sans visiter son épouse demeurée à Saint-Gildas[note 7].

Finalement, il arrive à Vichy afin de rencontrer l'amiral William Leahy, nouvel ambassadeur des États-Unis auprès du gouvernement de Vichy[47]. Plus tard, le 16 mars 1941, Carrel y est reçu par Philippe Pétain. Pourtant, ces jours-là, en poursuivant sa mission d'observation, il prépare son départ avec James Wood Johnson[47].

Intervention des savants

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Contrairement à une idée reçue, l'entretien avec Pétain ne change rien. Ce sont André Missenard[52], André Gros et Jacques Ménétrier qui le font fléchir. À Vichy, le militant anti-avortement A. Missenard (1901-1989) lui avait demandé, en vain, de rester en France et d'étudier les causes de la décadence française[47]. Finalement, Carrel arrive à la gare de Guingamp, le dimanche des Pâques 13 avril 1941, pour rejoindre sa femme[th 7]. Le couple accueille Missenard et Dom Alexis Presse sur leur domaine de l'île Saint-Gildas. Ces visiteurs prolongent leur séjour jusqu'à ce que Carrel soit convaincu[47] ; car, le 23 avril encore, Carrel déclare À mon retour en Amérique ... au correspondant du journal régional Ouest-Eclair[th 8].

Dans ces circonstances qui lui laissent peu de choix, Carrel accepte, à Saint-Gildas, de rester en France et de participer au projet proposé, mais à condition que le gouvernement lui assure les moyens d'y travailler efficacement. Aussitôt, Missenard, Gros et Ménétier se mettent à l’œuvre[47],[anm 26].

Création de la Fondation française pour l'étude des problèmes humains

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À la suite de l'accord de Carrel, un petit groupe, qui se compose de jeunes médecins et polytechniciens, travaille, afin de créer une organisation d'inspiration eugéniste et collaborationniste. Il s'agit de la Fondation française pour l'étude des problèmes humains qui est soutenue par une loi du 17 novembre 1941[ad 2],[anm 26]. Ce que Carrel a demandé est respecté. De surcroît, la fondation dont le siège est fixé à Paris bénéficie tant d'une autonomie financière que d'une large liberté de programme[anm 26]. Carrel refuse les avantages matériels, proposés par l'État et toutes les associations politiques[uft 15]. Au début, en gardant ses distances d’avec Vichy sous ces conditions, la fondation accueille Pierre Naville, Robert Gessain, Jean Stoetzel, Françoise Dolto, Charles Bettelheim tandis qu'une banque privée est chargée de financer la fondation[anm 26].

L'arrivée de François Perroux modifie la caractéristique de la fondation. En considérant qu'elle gaspillait les crédits (un montant initial de 40 millions de francs de budget[47],[53]) en dépit des difficultés de la guerre, cet économiste veut réaliser, en qualité de secrétaire général, une gestion et un contrôle plus stricts basés sur une organisation hiérarchique et une sélection des objectifs rigoureuses[anm 26],[ad 3]. Cette réforme prend fin avec le départ de nombreux chercheurs puis la démission de Perroux lui-même en décembre 1943[anm 26],[ad 4].

Quant à Alexis Carrel, pendant plusieurs mois en 1943, il n'est pas capable, pour cause de maladie, d'assurer sa fonction comme Régent[ad 5]. Il subit un premier infarctus du myocarde, survenu en été[uft 15],[th 9]. Malgré cela, il garde encore ce titre, qu’il préfére toujours à celui de Directeur[ad 6]. La fonction de Régent était, à l'origine, simplement définie comme administration de l'établissement, gestion des biens et animation d'un comité, selon les premiers Statuts[ad 7] approuvés par la loi du 14 janvier 1942[ad 8]. Il est certain qu'elle était devenue plus compliquée avec l’Organisation intèrieure datée du [ad 9]. Ainsi, « indépendamment de la réunion du printemps, le Régent convoque le haut conseil technique de la Fondation, ou consulte individuellement l'un ou l'autre de ses membres, toutes les fois qu'il le juge nécessaire » (article 10)[ad 10].

L'année 1944

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En admettant que la Fondation ait souffert, dès 1943, de ces rigidités, l'orientation initiale de Carrel y est conservée par André Gros et son équipe[ad 4] : Carrel voudrait, avec cet organe, donner naissance à la « science de l'homme » qu'il a esquissée dans L'Homme, cet inconnu ; mais il faut arbitrer entre les disciplines scientifiques prioritaires[ad 11]. Or au début de 1944, des mois avant la Libération, Carrel voit péricliter sa fondation, avec la suppression de l'organisation en départements[ad 5].

Les fonctions d'Alexis Carrel sont suspendues, le 21 août 1944, par Louis-Pasteur Vallery-Radot, secrétaire d'État à la santé du gouvernement de la Libération, présidé par le général de Gaulle[54]. L'objectif est de transformer cet établissement en institution adaptée aux besoins du nouveau gouvernement et de la société française après la guerre[55]. Quelques chercheurs (Alfred Sauvy, Jean Bourgeois-Pichat, Robert Gessain, Alain Girard, Jean Stoetzel[56]) sont maintenus, pour former l'Institut national d'études démographiques[anm 26].

De sa collaboration directe avec les Allemands, on n'a jusqu'ici retrouvé aucun indice concluant[9],[anm 27],[th 10]. Les accusations se multipliant à ce propos[anm 26] à cause des soutiens de Vichy qu'il avait acceptés en 1941[9],[57], Carrel déclare officiellement, le 31 août 1944, qu'il n'a « jamais soutenu l'armée allemande[58]. » À vrai dire, un jour Carrel est bien allé à l'ambassade d'Allemagne, explique A. Scott Berg (2013), non qu'il ait approuvé la Collaboration, mais parce qu'à la suite du Hungerplan, les enfants français manquaient sérieusement de nourriture sous l'Occupation. Or, sa visite coïncidait avec un banquet allemand : ainsi, non seulement Carrel ne put solliciter l'autorité chargée de l'exécution du Hungerplan, mais une rumeur l’accabla de collaboration, aux dires d'Anne Carrel[59].

Sa santé se détériore rapidement tandis qu'aucun procès ne lui est encore intenté[anm 27].

Contrairement à l'opinion dans la France libérée, Carrel est pour lors toujours apprécié aux États-Unis : Dale Carnegie cite, dans son livre Triomphez de vos soucis : vivez que diable ! (1944), un de ses articles publié dans le Reader's Digest sur l'importance de la prière[note 8].

Décès

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À partir du mois d'août, les crises cardiaques devinrent plus fréquentes. Toutefois, c'étaient les propagandes accumulées et les rumeurs sur son arrestation prochaine qui affaiblissaient son moral et sa santé[uft 15].

Lorsqu'approcha la fin de Carrel, en novembre, un message fut expédié à Dom Alexis Presse en Bretagne. Cet abbé de Boquen se précipita à la gare et prit un train de fret réservé à l'armée américaine. Arrivé à Paris, il administra à Carrel les derniers sacrements[10]. Ce jour-là, le 5 novembre 1944, Alexis Carrel décédait.

Les obsèques furent tenues, le 9 novembre, à la chapelle de la Vierge, dans l'église Saint-François-Xavier de Paris. Dom Presse était le célébrant. Non seulement ses proches et amis mais aussi la plupart des membres de la fondation assistèrent à cette messe. En ce qui concerne les étrangers, c'étaient quelques représentants d'ambassades y compris ceux du Vatican, des États-Unis et de l'Angleterre[60]. Au contraire, aucun représentant français n'assista à la célébration. Selon la volonté du défunt, il s'agissait d'une messe basse sans ostentation[61].

Alexis Carrel fut d'abord inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Puis, sa dépouille fut transportée, en dépit d'une situation difficile, à l'île Saint-Gildas. Une messe d'enterrement fut célébrée, de nouveau par Dom Presse, et le docteur fut enterré dans l'oratoire de Saint-Roch, qu'il avait fait restaurer en 1928[th 11].

Postérité

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À l'annonce de la mort de Carrel, Charles Lindbergh, considérant que les accusations contre lui s'expliquaient par une situation politique particulière et une myopie intellectuelle, entreprit de rétablir la réputation de son parrain spirituel, avec l'appui de sa veuve, Anne Carrel. Il y travailla sans relâche jusqu'à la fin de sa vie, au mépris des dépenses. Les documents récupérés furent finalement donnés à l'université de Georgetown, dirigée par les Jésuites. L'objectif était, et demeure, tout à la fois de conserver les études sur ce chercheur, et de faire connaître ses travaux, aussi bien sur les sciences que la religion et l'humanité. En 1953, la collection devint fondation Alexis Carrel[62],[63].

En France, l'Académie nationale de médecine créa en 2002 le fonds Alexis Carrel au sein de sa bibliothèque. Cette création fait suite aux études d'Alain Drouard, membre du Centre national de la recherche scientifique[anm 28].

Succès de L'Homme, cet inconnu et eugénisme

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En 1935, il publia L'Homme, cet inconnu, qui fut l'objet de multiples traductions et rééditions, et dont le succès mondial dura jusqu'aux années 1970[anm 23]. La publication fut simultanément effectuée tant à Paris qu'à New York, en septembre[anm 23].

Le motif pour lequel Carrel sortit ce livre était son idée d’un déclin de la civilisation. En outre, l'homme devint incapable de la[Quoi ?][pas clair] suivre. « Avec sa dégénérescence, la beauté de notre civilisation et même la grandeur de l'univers s'évanouiraient. C'est pour ces raisons que ce livre a été écrit. »[ac 1]. Ainsi, Carrel constatait une maladie de la société contemporaine : « La possession de la richesse est tout, et justifie tout. Un homme riche, quoi qu'il fasse, qu'il jette sa femme vieillie au rebut, qu'il abandonne sa mère sans secours, qu'il vole ceux qui lui ont confié leur argent, garde toujours la considération de ses amis. »[ac 2] Au contraire de sa confiance en la science[note 9] (ceux[Qui ?] que de grandes fondations Carnegie et Rockefeller faisaient : augmenter l'instruction du public, promouvoir la paix parmi les nations, améliorer la santé et le bien-être de tous « grâce aux méthodes scientifiques »[ac 3]), il doutait autant du fonctionnement de la société moderne que de la mentalité des citoyens[note 10]. Selon Carel, un niveau de vie élevé suscite paradoxalement chez l'homme faiblesse d'esprit et criminalité[ad 12]. Dans la société contemporaine, « [les criminels] appartiennent à une classe supérieure »[ac 4],[ac 5].

Dans ce livre, jusqu'au chapitre VII (soit 85% des pages), il s'agit des analyses scientifiques des phénomènes. Or, non content de diagnostiquer les maladies sociales, il cherche, à la fin de cet ouvrage, son traitement. Contre les dérives du matérialisme, il faut une restauration de l'homme, pour son unité et sa personnalité, selon les règles de sa nature, surtout en lui donnant la santé[ac 6]. Il n'était pas optimiste. Devant une société industrielle, l'homme est si faible qu'il faudra « s'associer avec d'autres individus ayant le même idéal »[ac 7]. Ses références étaient quelques groupements médiévaux, tels les ordres monastiques, ceux de chevalier et les corporations d'artisans, qui avaient contribué à développer la civilisation avec une stricte discipline physiologique et mentale[ac 8]. Donc, Carrel imaginait un groupe de savants, qui pourraient sauver la société malade, et qui « devront vivre comme les moines des grands ordres contemplatifs ». Il s'agirait d’hommes à l'âge de la cinquantaine, qui soient capables d'approfondir leur connaissance des sciences, telles l'anatomie, la physiologie, la chimie, la psychologie, la médecine, la pédagogie, la religion, l'économie politique et sociale[ac 9].

Or, ces savants n'existaient pas encore. D'où, Carrel et ses amis pensaient qu'« il est nécessaire de faire un choix parmi la foule des hommes civilisés », en estimant que « la sélection naturelle n'a pas joué son rôle depuis longtemps » et que « beaucoup d'individus inférieurs ont été conservés grâce aux efforts de l'hygiène et de la médecine »[ac 10]. Cette considération les conduisit à l'eugénisme volontaire[ac 11], qui était, à cette époque-là, en train d'évoluer. Selon lui, « l'eugénisme volontaire n'est pas irréalisable »[ac 12]. Il l'attendait, car « la complexité de notre civilisation est immense ». Seuls ces individus seraient capables de résoudre ce problème[ac 13].

Certes, de nos jours, cette idée est condamnée et jugée, en tant qu’eugéniste, comme étant une des sources du nazisme. Mais, Carrel ne l'écrivit pas seul. Avant qu'il ne le publie, il discutait les sujets dans ce livre avec ses amis du Century Club, dont Frederic René Coudert (en)[19],[ac 14], avocat international[anm 23], Cornelius Clifford, prêtre et chercheur de philosophie médiévale[anm 23], Boris Bakhmeteff, ambassadeur du gouvernement provisoire de la Russie aux États-Unis[anm 23]. Ce qui fit la dédicace de son livre à ces trois amis[anm 29],[note 11]. Le père Clifford et Bakhmeteff étaient enseignants de l'université Columbia tandis que ce cercle étroit était, à New York, surnommé les philosophes[64]. En résumé, dans les années 1930 outre-Atlantique, le sujet n'était pas encore un tabou[65]. Aussi les Américains accueillirent-ils ce livre avec enthousiasme. En 1936, le Man, the Unknown fut le livre le plus vendu aux États-Unis, dans la catégorie de non-fiction[66].

Pourtant, l'objectif de Carrel était, avant tout, la reconstruction de l'homme, qui était perdu dans « la technologie aveugle »[ac 15]. Il s'agissait d'une recommandation des sciences correctes, afin de retrouver la nature propre de l'homme, qui existe dans l'univers de notre corps[ac 16].

Carrel avait achevé son livre dans le cadre d'une vaste science de l'homme[anm 23],[note 12],[note 13]. En 1936, l'Académie française octroya son prix Bordin à l’œuvre[67]. En 1950 en France, surtout appréciée par de jeunes médecins, il y eut quatre cent trois mille exemplaires vendus[68].

Dérive fasciste et eugéniste

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Alexis Carrel se convertit au catholicisme vers 1938, après avoir assisté à Lourdes, en 1902, à ce qu’il lui semblait être un miracle.Il était adepte d'un eugénisme raciste[69] et, dans les années trente, membre du P.P.F., le parti fasciste puis collaborationniste de Jacques Doriot[1]. Dans la préface allemande de son livre : L’Homme, cet inconnu, il salue en 1936 les « mesures énergiques » prises par le Troisième Reich. Il adhère à l’idéologie de Vichy dès juillet 1940 et se voit confier, en 1941, par le maréchal Pétain la création et la direction de la Fondation française pour l'étude des problèmes humains à Paris, dans laquelle il diffuse ses idées sur l'eugénisme, la natalité, la biotypologie, le développement des différences individuelles[70]. Carrel veut ainsi prolonger la science de l'homme par une « anthropotechnie », une « biocratie » qui aurait fait « pour l'homme ce que la technologie a fait pour les avions ». Suspendu de ses fonctions dès août 1944, sa fondation dissoute, il n'est pas inquiété (et meurt en novembre)[1]. Son implication dans le fascisme et son admiration du nazisme sont éludées pendant des années, il reçoit même des honneurs à titre posthume. Au début des années 1990 : le Front national réutilise les arguments eugénistes dans son idéologie anti-immigration. Le nom d'Alexis Carrel réapparait, dans les médias, et s'amorce alors une campagne de débaptisation de rues à son nom et du fronton de la faculté de Médecine de Lyon, tandis que sa technique de suture vasculaire est encore enseignée[71].

Le voyage de Lourdes : témoignage posthume

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Après son succès aux États-Unis, Carrel retourna au sanctuaire de Lourdes, en profitant de ses vacances, à partir de 1909[uft 2]. En dépit du cauchemar subi à Lyon en 1902, il continuait à y étudier d’un point de vue médical l'effet du sanctuaire sur les malades[note 4], en visitant le bureau des constatations médicales sous la direction du docteur Gustave Boissarie. En 1910, il fut à nouveau témoin d'une guérison immédiate d'un enfant de dix-huit mois, aveugle-né[10],[72]. Carrel fut impressionné par le zèle de son infirmière, qui était catholique pratiquante. Ils se marièrent en 1913[72].

Parmi les œuvres d'Alexis Carrel, Le voyage de Lourdes reste une publication particulière. Ce livre ne fut publié qu'en 1949, après le décès de l'auteur[73] et que sa veuve en a découvert le manuscrit dans ses cahiers[74].

Il est évident qu'Alexis l'écrivit pour une publication ; dans l'œuvre, le nom du personnage était inversé, comme Louis Lerrac, à partir de Carrel, tandis que celui de Marie Bailly avait été modifié en Marie Ferrand. D'autres personnages n’étaient mentionnés que par leurs fonctions ou par leurs initiales. Carrel voulait, certainement, protéger leur vie. Malgré cela, il avait hésité à publier ce témoignage[62].

Il s'agit d'un témoignage d'une vie intérieure. Alexis Carrel n'avait jamais perdu sa confiance en la science, mais il admettait pareillement l'existence de phénomènes surnaturels ou inexplicables. Contrairement à ce que ses adversaires diffusaient, il ne parlait pas de miracle[anm 3],[75],[10] : « Nous voulons seulement faire remarquer que les phénomènes surnaturels sont bien souvent des faits naturels dont nous ignorons la cause. Si nous trouvons la cause scientifiquement, si nous établissons le fait, chacun est libre de l'interpréter comme il lui plaît. L'analyse ne doit pas être considérée par les catholiques comme une œuvre sacrilège ou comme une attaque. C'est simplement une étude scientifique. La science n'a ni patrie ni religion. »[75],[73].

Ce qui était présenté dans L'Homme, cet inconnu, c'est l'observation de Carrel que l'existence de la prière est indispensable pour cette guérison instantanée[note 14],[note 8]. Ce qu'il voulait savoir était, donc, comment cette action spirituelle créait un effet médical si extraordinaire. Pour lui, ce mystère restait profond : « En général, ce n'est pas celui qui prie pour lui-même qui est guéri. C'est celui qui prie pour les autres. Ce type de prière exige, comme condition préalable, le renoncement à soi-même, c'est-à-dire une forme très élevée de l'ascèse. »[ac 17]. Sujet assez théologique, mais il le présentait dans le contexte de la science de l'homme[note 15].

Dissociations

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Emil Ludwig, anti-fasciste, était un des amis juifs de Carrel.
 
Simon Flexner, médecin juif distingué.

Depuis la publication de L'Homme, cet inconnu jusqu'ici, le jugement porté sur Alexis Carrel reste toujours ambigu. Quoiqu'il fût loin d'être politique (« Celui qui a écrit ce livre n'est pas un philosophe. Il n'est qu'un homme de science »[ac 18]), ses écrits sont souvent cités dans un contexte politique et isolé[da 1],[68]. Il est symbolique que, le 7 août 1940, Emil Ludwig, ami et célèbre écrivain anti-nazi, lui ait écrit une lettre : « J'ai eu une grosse déception… Un de mes amis m'avait prévenu à New York, me disant que vous étiez un fasciste. Je lui ai répondu que cela n'avait aucune importance pour moi. Je fais le portrait d'un éminent scientifique »[49].

Certes, il était membre, depuis 1937, du PPF de Jacques Doriot. À la suite de pétitions[note 16] lancées pour certaines par des mouvements divers[76] et antiracistes[77], la faculté de médecine de l'université Lyon I Alexis-Carrel — faisant partie de l'université Claude-Bernard — fut rebaptisée[da 2] en 1996 R. T. H. Laennec.

Les hommages avec son toponyme suscitent la polémique. À Paris, la rue Alexis-Carrel du 15e arrondissement fut rebaptisée de façon emblématique rue Jean-Pierre-Bloch[note 17], par décision du conseil municipal[78],[79]. Les noms de rue en hommage à Alexis Carrel existent en France mais sont débaptisés ou sont contestés : Rennes, Nantes (jusqu'en 1993)[80], Marseille (jusqu'en 2023)[81], Limoges[82], Saint-Étienne[83]… Au Canada aussi, au Québec en 2015, à Gatineau la rue Alexis-Carrel devint rue Marie-Curie[84]. À Montréal, en 2017, l'avenue et le parc Alexis-Carrel devinrent avenue Rita Levi-Montalcini et parc Don-Bosco[85].

Entre les deux guerres, en 1935, il résumait toutefois sa vie : « Il vit à la fois dans le Nouveau Monde et dans l'Ancien. Il passe la plus grande partie de son temps au Rockefeller Institute for Medical Research, car il est un des hommes de science rassemblés dans cet Institut par Simon Flexner. Grâce au génie de Flexner, l'étude des êtres vivants a été abordée dans ces laboratoires, avec une ampleur inégalée jusqu'à présent »[ac 19]. Il s'agissait de sa vraie adhésion[64]. Encore faut-il remarquer que son supérieur et défenseur Flexner aussi était juif[86], dont le frère, Bernard Flexner, fut le premier président de la Société économique palestinienne (Palestine Economic Corporation) dans le cadre du sionisme[87].

Un témoin de cette confession fut le docteur Richard John Bing (décédé en 2010), un des cardiologues les plus importants du XXe siècle. Originaire de Nuremberg en Allemagne, ce jeune chercheur juif, qui travaillait à l'institut Carlsberg de Copenhague, était menacé par le nazisme. En visitant ce laboratoire, Carrel et Lindbergh décidèrent de lui recommander de s'en aller aux États-Unis, puis soutinrent son installation au sein de l'institut Rockefeller et sa naturalisation. Aussi Bing arriva-t-il à New York en 1936[88],[89].

Publications

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  • Anastomose bout à bout de la jugulaire et de la carotide primitive. Lyon Med 1902;99:114.
  • Présentation d’un chien porteur d’une anastomose artérioveineuse. Lyon Med 1902;99:152.
  • avec CC. Guthrie, Functions of a transplanted kidney. Science 1905;22:473.
  • The transplantation of organs: a preliminary communication. JAMA 1905;45:1645–6.
  • avec CC. Guthrie, Extirpation and replantation of the thyroid gland with reversal of the circulation. Science 1905;22:535.
  • The surgery of blood vessels. Johns Hopkins Hosp Bull 1907;18:18.
  • On the experimental surgery of the thoracic aorta and heart. Ann Surg 1910 ; 52:83–95.
  • Suture of blood-vessels and transplantation of organs. In: Nobel Lectures, Physiology or Medicine 1901-1921. Amsterdam: Elsevier Publishing Company, 1967, disponible en-ligne.
  • Les Principes de la technique de la stérilisation des plaies, 1916
  • L'Homme, cet inconnu
  1. préface, p. vi
  2. p. 181
  3. p. 349
  4. p. 164
  5. p. xii
  6. p. 355
  7. p. 356
  8. p. 357
  9. p. 346
  10. p. 359
  11. p. 363
  12. p. 364
  13. p. 367
  14. p. vi - vii
  15. p. 392
  16. p. 368 - 393
  17. p. 174
  18. préface, p. i
  19. préface, p. ii
  • La Prière, Plon,
  • Voyage à Lourdes suivi de Fragments de Journal et Méditations, Plon (1949, posthume), préface de Dom Alexis Presse [lire en ligne]
  • Réflexions sur la conduite de la vie, 1950 (posthume)

Distinctions

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Réception d'Alexis Carrel (au centre) en tant que docteur honoris causa de l'université Columbia, à New York, le 4 juin 1913[90],[91].

Hommages

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Plaque du boulevard Alexis Carrel à Rennes.

En 1950, les Expéditions polaires françaises donnèrent, à une île des Terres australes et antarctiques françaises, le nom d'île Alexis-Carrel[100].

En 1979, l'Union astronomique internationale affecta le nom d'Alexis Carrel à un cratère lunaire dont la latitude et la longitude sont 10°7N et 026°7E[101]

Le centre médical de Bolbec, inauguré dans les années 1970, porte le nom de Centre médical Alexis Carrel[102].

En 2000, l'équipe britannique, qui avait donné naissance à Dolly en clonage, choisit les noms d'Alexis et de Carrel, pour deux des cinq porcelets femelles clonés[103].

Alexis Carrel est mis à l'honneur dans plusieurs toponymes en France, plusieurs d'entre elles furent renommées depuis les années 1990 suite aux controverses[104],[105].

Le Front national (FN) entreprend au début des années 1990 une campagne destinée à promouvoir la figure d'Alexis Carrel, le présentant comme un savant humaniste et un « père de l’écologie ». Le Front national de la jeunesse (FNJ) choisit en 2005 de placer son université d'été « sous le patronage » d'Alexis Carrel[106].

Un timbre à son effigie a été émis en Suède en 1972 (série Lauréats de Prix Nobel)[107].

Notes et références

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  1. De nos jours, l'université Rockefeller qualifie Carrel comme personnage indispensable : « Although the last 100 years have seen tremendous avancements in the field of surgery, few would have been possible without the contributions of Alexis Carrel. (Si ces derniers 100 ans connaissaient un immense avancement dans le domaine de la chirurgie, quasiment rien n'aurait été possible sans contributions de Carrel.) » (en)[1]
  2. Le père de l'évêque Pierre-Marie-Octave Belmont, Jean-François Belmont, était le grand-père maternel de la mère d'Alexis Carrel (généalogie par Henri Paturel [2] Jean-François Belmont)
  3. Dans le bulletin Église à Lyon, publié en 1902 où l'événement était arrivé, on trouve une phrase (p. 64) : « Entre les guérisons obtenues, il en est une qui a fait tant de bruit à Lyon que nous croyons devoir la mentionner maintenant, nous réservant d'y revenir plus tard. » Sans doute l'étude de Patrick Theillier Lourdes, Terre de guérisons (2019) explique-t-elle bien la cause : un journal de Lyon Le Nouvelliste aurait présenté un faux interview avec Alexis Carrel, ce que réfuta, le lendemain, Carrel, lui-même. Ainsi, selon le journal, Carrel aurait dit : « J'ai craint qu'elle ne puisse supporter le voyage. » Or, dans Le Voyage de Lourdes de Carrel : [abbé P.] « Elle est si faible que je crains un malheur. » [3].
  4. a et b En 1935, dans L'Homme, cet inconnu, il résumait cet événement (Carrel, 1935, p. 174 - 175, note n° 1) : « Les guérisons miraculeuses se produisent rarement. Malgré leur petit nombre, elles prouvent l'existence de processus organiques et mentaux que nous ne connaissons pas. ... Il [Alexis Carrel] a commencé cette étude en 1902, à une époque où les documents étaient rares, où il était difficile pour un jeune docteur, et dangereux pour sa future carrière, de s'occuper d'un tel sujet. Aujourd'hui, tout médecin peut observer les malades amenés à Lourdes, et examiner les observations contenues dans les archives du Bureau Médical. »
  5. Le texte, qui est omis dans cette image, précisait : « The greatest war surgeon, Dr. Alexis Carrel, is to take charge of a military hospital unit in New York and teach United States Army and Navy surgeons his methods. The Rockefeller Fondation has given $200.000 for the work (Le plus grand chirurgien engagé de la guerre, docteur Alexis Carrel, est en train d'être chargé, auprès de l'hôpital militaire à New York, d'enseigner son méthode aux chirurgiens de l'armée et de la marine de guerre américaines. La fondation Rockefeller donna 200.000 dollars au projet.) » [lire en ligne]
  6. Le mot du journal comme titre ne se trouve pas dans le texte de Carrel. Mais, le discours était destiné aux élites américaines et à de futures élites. D'ailleurs, à la fin, Carrel dit : « Modern society needs supersouls (La société contemporaine a besoin de grandes âmes). »
  7. Un article du journal Ouest-Eclair prononçait : « Nos lecteurs savent que le docteur Alexis Carrel effectue, en zone non occupée, une enquête sur les conséquences de la sous-alimentation chez les enfants. Il regagnera ensuite l'Amérique pour y chercher des rèmedes. Le grand savant français ne deviendra donc pas de sitôt à sa propriété de l'île de Saint-Gildas, en Bretagne. »
  8. a et b Un article de Carrel sur la prière, publié dans le Reader's Digest, fut cité par Dale Carnegie, dans son livre qui fut sorti en 1944 (en)[lire en ligne].
  9. Étant dans la société contemporaine sans moral, Carrel ne pouvait faire confiance ni aux économistes ni aux pasteurs ni aux politiciens (Carrel, 1935, p. 180 - 181)
  10. « Aujourd'hui, quelques doutes entrent dans les têtes les plus intelligents du troupeau. Les causes de la crise sont-elles uniquement économiques et financières ? Ne doit-on pas incriminer aussi la corruption et la stupidité des politiciens et financiers, l'ignorance et les illusions des économistes ? La vie moderne n'a-t-elle pas diminué l'intelligence et la moralité de toute la nation ? Pourquoi devons-nous payer chaque année plusieurs billions de dollars pour combattre les criminels ? Pourquoi, en dépit de ces sommes gigantesques, les gangsters continuent-ils à attaquer victorieusement les banques, à tuer les agents de police, à enlever, rançonner, et assassiner les enfants ? ... Il y a lieu d'espérer que les spectacles de notre civilisation, à ce début de son déclin, nous obligera à nous demander si la cause de mal ne se trouve pas en nous-mêmes aussi bien que dans nos institutions » (Carrel, 1935, p. 334).
  11. « Il a été écrit, non dans la paix de la campagne, mais dans la confusion, le bruit et la fatigue de New York. Son auteur a été entraîné à cet effort par ses amis, philosophes, savants, juristes, économistes, hommes de grandes affaires, avec lesquels il cause depuis des années des graves problèmes de notre temps » (Carrel, 1935, préface p. vi).
  12. Ainsi, il analysait, avec des chiffres précis, une conséquence grave aux États-Unis : évolution des malades âgés, à la suite du prolongement de la durée moyenne de la vie, quarante-neuf ans en 1900 et soixante ans en 1935, qui reste jusqu'aujourd'hui une nouvelle souffrance (Carrel, 1935, p. 134 - 135) : « La médecine est loin d'avoir diminué, autant qu'on le croit généralement, la somme des souffrances humaines. » [lire en ligne]
  13. Il est également à remarquer la diversité des personnages cités dans ce livre, mais principalement des scientifiques. Pour les seules premières 25 pages : Jacques Loeb, Hans Driesch, Galilée, Henri Bergson, Claude Bernard, Louis XIV, Frédéric le Grand, Francis Bacon, Louis Pasteur, Albert Einstein, Arthur Eddington, James Jeans, Harlow Shapley et Robert Andrews Millikan.
  14. « La seule condition indispensable au phénomène est la prière. Mais il n'est pas besoin que le malade lui-même prie ou qu'il possède la foi religieuse. Il suffit que quelqu'un près de lui soit en état de prière. » (Carrel, 1935, p. 176)
  15. Homme de science, Alexis Carrel savait que la médecine aussi a sa limite. Dans un article du Reader's Digest, publié aux États-Unis et cité par Dale Carnegie, il témoignait : « La prière est une force aussi réelle que la gravité terrestre. En tant que chirurgien, j'ai vu des hommes qui, après que toutes les autres formes de traitement avaient échoué, se débarrassaient de leur maladie et de leur déprime par l'effort serein de la prière. Ce n'est que par la prière que l'on peut atteindre cet ensemble parfait et harmonieux du corps, de l'esprit et de l'âme, qui donne au frêle roseau qu'est l'humain une force inébranlable. » (Traduction par ou citée par Joe Vitale, La prière secrète, p. 102, 2018 [4])
  16. Notamment par la Ligue des droits de l'homme
    Parmi les signataires d'une des pétitions, on trouve entre autres Georges Charpak, Serge Klarsfeld, Pierre Bourdieu, Françoise Héritier, Maurice Rajsfus, Serge Ravanel, etc.
  17. Jean Pierre-Bloch (1905-1999), résistant, membre depuis 1934 de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), qu'il préside de 1968 à 1993.

Références

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  107. Catalogue mondial Yvert & Tellier de cotation. Timbres d'Europe.

Annexes

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Bibliographie

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  • Collectif, Alexis Carrel cet inconnu, quand la science prétend justifier le racisme, Golias, (ISBN 2-911453-09-3)
  • [Collectif, ALEXIS CARREL CET INCONNU : Quand la science prétend justifier le racisme, Wesmael, (ISBN 2-911453-09-3)
  • Jean-Jacques Antier, Carrel, cet inconnu, sos, (ISBN 2718507799)
  • Jean-Jacques Antier, Alexis Carrel, la tentation de l'absolu, Rocher, (ISBN 2-268-01743-5)
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  • Mottier G, L'ambulance du docteur Alexis Carrel telle que l'ont connue celles qui soignèrent les blessés 1914-1919, La source Lausanne, 1977
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  • Robert Soupault (préfacier de L'Homme cet inconnu), Vie d'Alexis Carrel, Plon (Paris), 1952
  • Robert Soupault (préfacier de L'Homme cet inconnu), « Carrel et la chirurgie cardio-vasculaire », Histoire des sciences médicales, 1974, 8 (3), p. 417-424 ; texte intégral
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  1. a et b p. 23
  2. a et b p. 24
  3. p. 26
  4. p. 27
  5. p. 27 ; voir note n° 100
  6. p. 27 - 28
  7. a et b p. 28
  8. p. 30
  9. p. 31, note n° 110
  10. p. 27, note de Carrel datée du 25 août 1939, hostile à Hitler, à Staline et à Mussolini
  11. p. 31 - 32
  1. p. 455
  2. a b et c p. 5
  3. a b c et d p. 4
  4. p. 19 - 20
  5. p. 19
  6. p. 4 et 20
  7. p. 215
  8. a et b p. 28
  9. p. 347
  10. p. 5 et 277
  11. p. 84 - 85 et 90 - 96
  12. p. 447
  13. p. 157
  14. p. 399
  15. p. 339
  16. p. 386
  17. p. 5, 48, 334 et 359
  18. a b c et d p. 60
  19. p. 218 - 219
  20. p. 7 et 42
  21. a b c d e f et g p. 7
  22. p. 6 - 7
  23. a b c d e f g h i j et k p. 8
  24. p. 56 - 59
  25. p. 59
  26. a b c d e f g h i j k et l p. 9
  27. a et b p. 9 - 10
  28. p. 10 - 12
  29. dédicace au début
  • Bernard Kanovitch, L’Éthique biomédicale : posture ou imposture ?, Odile Jacob, , p. 87-88.
  • David Hamilton, The First Transplant Surgeon, The Flawed Genius of Nobel Prize Winner, Alexis Carrel, World Scientific, 2017 (ISBN 978-9814699365) [extrait en ligne]
  1. a b c et d p. 1
  2. a b et c p. 3
  3. p. 2, note n° 2
  4. p. 2
  5. a et b p. 4
  6. p. 8
  7. p. 14
  8. p. 14, note n° 24
  9. p. 2 - 3
  10. p. 16
  11. p. 15 - 16
  12. p. 84
  13. p. 60 - 62
  14. p. 83 - 84
  15. p. 87
  16. p. 422
  17. p. 426
  18. p. 399 - 401
  19. a et b p. 255
  1. p. 53 - 54
  2. a b c d e f g et h p. 47
  3. p. 41
  4. p. 40 - 41
  5. a et b p. 42
  6. a et b p. 43
  7. p. 44
  8. p. 44 - 45
  9. a et b p. 45
  10. a b c et d p. 48
  11. a b et c p. 46
  12. a b et c p. 52
  13. p. 50
  14. p. 51
  15. a b et c p. 53

Articles connexes

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Liens externes

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Liens externes en vidéo

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  • Section cinématographique de l'armée française (Service de santé des armées), La méthode Carrel appliquée à l'hôpital du Rond Royal à Compiègne : installation de matériel et démonstration sur une plaie du mollet (noir et blanc, film muet, 1915), présentée par le docteur Carrel. N. B. : au début du film, parmi les membres du groupe de l'équipe médicale, figure son épouse Anne Carrel en tant qu'infirmière.
    [vidéo en ligne] (site du ministère des Armées)