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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jaboulay.
Mathieu Jaboulay
Mathieu Jaboulay.jpg
Le Prof. Jaboulay (œuvre du graveur F. Vally).
Biographie
Naissance
Décès
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MelunVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Mathieu Jaboulay, né le à Saint-Genis-Laval et mort le à Melun, est un chirurgien français qui a apporté une importante contribution à la chirurgie digestive. Il a été le dernier des chirurgiens-majors de l'Hôtel-Dieu de Lyon.

Sommaire

BiographieModifier

Mathieu Jaboulay voit le jour dans la banlieue de Lyon en 1860, où son père était menuisier.

Après des études au petit séminaire de Lyon, il s’oriente vers la médecine et, en 1879, il est nommé externe des Hôpitaux, puis interne deux ans après ; en 1884, il concourt pour le prosectorat et il obtient en 1885, le poste de chef de travaux d’anatomie. Après avoir passé sa thèse en 1886, il est reçu au concours d’agrégation d’anatomie puis finit par obtenir le titre envié de chirurgien-major de l’Hôtel-Dieu de Lyon[1], le 25 novembre 1892. (Il fut le dernier nommé des chirurgiens-majors).

 
Dessin de Briau du Dr Jaboulay opérant un ganglion de Gasser.

Entre 1895 et 1903, son service à l’Hôtel-Dieu lui permet de déployer son talent opératoire ; c’est de cette époque que ses élèves gardent l’admiration la plus vive ; le professeur Maurice Patel, (1875-1967)[2] dans la notice qu’il donna au Lyon Chirurgical peu de temps après le décès de son maître, a bien caractérisé Jaboulay comme opérateur. « Avec lui, l’opération paraissait facile, trop facile même. On aimait à le voir aux prises avec des situations périlleuses, avec une opération hardie qu’il venait ce concevoir ; chez lui, la rapidité et l’élégance étaient fonction de sa méthode et de sa précision… »

Sa réputation grandit rapidement et on vient le voir opérer de Paris et de l’étranger ; il est le premier à décrire l'opération de la désarticulation intérilio-abdominale[3] ainsi que l’amputation ostéoplastique de pied. Avec ses internes, dont Alexis Carrel, il s’essaie aux transplantations d’organes : il tente, en 1906, la xénogreffe d’un rein de porc puis un rein de chèvre au pli du coude de deux femmes atteintes d'insuffisance rénale : c'est un échec, mais il montre la faisabilité de la technique[4].

Après le décès de Louis Léopold Ollier, en 1900, la chaire de clinique chirurgicale lui est attribuée.

Les dix dernières années de sa vie sont consacrées à ses travaux sur l’origine du cancer ; il délaisse quelque peu les blocs opératoires, trop passionné par ses recherches.

 
Monument hommage à Mathieu Jaboulay par Jean-Baptiste Larrivé.

Il meurt prématurément dans un accident ferroviaire, le 4 novembre 1913, à Melun, alors qu’il se rendait à Paris pour un jury d’agrégation. Les wagons en bois ayant pris feu, le médecin Alexandre Lacassagne réalise rapidement l’identification de son corps, ce qui permet de rédiger le certificat de décès et d'attribuer dans les délais la chaire de clinique chirurgicale de la faculté de médecine de Lyon à son successeur. Les obsèques sont d’une solennité impressionnante. Un comité se forme pour recueillir les souscriptions, qui affluent, en vue d’ériger un monument à la gloire du disparu. Le monument est confié à Jean-Baptiste Larrivé (Grand prix de Rome en 1904) : la statue est d’abord placée dans le jardin de la faculté de médecine, puis déplacée dans les jardins de la faculté, dans le Quartier de Grange-Blanche.

PublicationsModifier

Jaboulay fait de nombreuses communications aux deux sociétés savantes qu’il fréquente, la Société nationale de médecine et des sciences médicales de Lyon (dont il fut président) et la Société de chirurgie de Lyon ainsi que de courtes notes pour le Lyon Médical.

Il met au point un procédé original de suture: la suture circulaire éversante, qu'il décrit dans Lyon Médical en 1896[5].

Ces notes et ses communications ont été réunies par lui-même dans Chirurgie du grand sympathique et du corps thyroïde et Chirurgie des Centres nerveux, des viscères et des membres. Ces deux livres parurent à l’occasion de sa candidature à la chaire de clinique chirurgicale, à la suite du décès d’Ollier.

Ce qui reste de lui, c’est en anatomie ses travaux sur les malformations des membres, c’est en physiologie ses études sur la maladie de Basedow ; il a pris une part importante au développement de la chirurgie cranio-cérébrale, mais surtout, il a donné un grand essor à la chirurgie viscérale, dans les suites du développement des méthodes antiseptiques puis aseptiques[6].

BibliographieModifier

  • Gayet G. « Mathieu Jaboulay » Biographies médicales no 2, 1936, J-B Baillère, Paris
  • Leriche R. Histoire de la Médecine, 1951, p. 35-40
  • Aleksic I. Mathieu Jaboulay ou la recherche d'absolu à l'aube de la chirurgie moderne, Th. médecine, Lyon, 1999
  • Mathieu Jaboulay http://www.whonamedit.com/doctor.cfm/3096.html

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Notes et référencesModifier

  1. Un seul chirurgien-major, suppléé par un aide-major, s'occupe de quatre cents lits de chirurgie ; il est chargé de la surveillance des 17 élèves-internes, y compris ceux de médecine. Celui-ci doit rester célibataire le temps de sa fonction (jusqu'en 1879), et doit loger à l'hôpital (logement libre en ville à partir de 1885).
  2. Professeur à la faculté de Lyon, chirurgien des Hôpitaux
  3. La désarticulation intérilio-abdominale consiste à enlever avec le membre inférieur, la totalité de l’os iliaque ; elle était préconisée dans le traitement de certaines formes d’ostéoarthrites de la hanche.
  4. René Küss, Pierre Bourget, Une histoire illustrée de la greffe d'organes: la grande aventure du siècle, Frison-Roche, , p. 32
  5. Alain Boucher, Histoire des sciences Médicales. Tome XLIV- n°1. Jaboulay,chirurgien vasculaire à Lyon,
  6. Il a été le précurseur de nombreuses techniques en chirurgie digestive : la gastro-entérostomie au bouton (qu’il a inventé), la cholécystoentérostomie, la cholédocotomie,

Liens externesModifier