Wikipédia:Pastiches/Crise belge pour les nuls

Une affirmation qui semble sujette à caution pour certains.

La crise belge pour les nuls répond aux interrogations légitimes que se posent les gens sensés quand ils s’aperçoivent que la Belgique est un pays capable de se passer de la formation d’un nouveau gouvernement pendant 589 jours[1] (ou 541 au moins - la façon de compter peut différer de l'un à l'autre[2]), battant ainsi le record du monde établi par l’Irak. Jean Quatremer, auteur de « Belgique, 291 jours sans gouvernement » dans le quotidien Libération du 10 février 2011, semble être l’un des rares commentateurs qui sache compter correctement : la démission[3] du gouvernement Leterme ayant été acceptée par le roi le 26 avril 2010, il y avait effectivement, au 10 février 2011, deux-cent-nonante-et-un (deux-cent-quatre-vingt-onze pour nos lecteurs français) jours que la Belgique vivait avec un gouvernement d’affaires courantes, et certains comptes à rebours se sont révélés totalement faux. Une crise de panique l'explique surement.

Pour permettre à nos lecteurs de comprendre la situation politique belge vue par Lambda/Égo, les rassurer quant à l’accueil qu’ils peuvent recevoir dans cette contrée et leur donner les informations minimales nécessaires pour leur installation éventuelle au pays du surréalisme, le présent article tente une synthèse de la crise politique belge 2010-2011.

PréalableModifier

 
Une façon de voir les choses…
 
Un tampon en forme de cale.

Sur ce territoire habité par l’homme dès le paléolithique comme le prouvent notamment les découvertes de Philippe-Charles Schmerling dans les grottes qui portent son nom, les populations ont été soumises pendant des siècles aux invasions et à la domination de peuples étrangers qui ont progressivement transformé ces régions en carrefour d’influences latines (au sud) et germaniques (au nord).

En un temps où la Belgique n’existe pas, des Belges y vivent et sont bien connus - comme en atteste le célèbre Horum omnium fortissimi sunt Belgae de Jules César[4]. Cette allusion à leur bravoure liée à leur caractère non dégrossi deviendra, sortie de son contexte, l’un des mythes fondateurs du pays au XIXe siècle[5]. Vaillantes ou bestiales, sauvages ou courageuses, ces populations ont donné au Haut Moyen Âge des maires du palais comme Pépin de Herstal dont le fils Charles Martel arrêta la conquête musulmane de l’Europe et dont l’arrière petit-fils va devenir le premier empereur d’Occident.

Les premières réelles velléités d’indépendance des Belges remontent au XVIIIe siècle avec la création des États belgiques unis mais la Belgique, en tant que nation, ne date que de sa révolte contre la situation décidée par les grandes puissances européennes au Congrès de Vienne. La Révolution belge a légendairement été déclenchée en 1830 par un opéra français relatant le soulèvement du peuple napolitain contre un occupant espagnol. Les avant-Belges, ayant connu l’occupation espagnole et souffert parfois des Malcontenten, ont dû se sentir en harmonie avec le peuple d’une cité qui n’avait pas été directement été mise en évidence, chez eux, dans le cadre d’une occupation antérieure.

Le nouvel État est reconnu par les grandes puissances européennes qui le considèrent comme un tampon neutre au sein des puissances européennes.

Elles se trompent quelque peu : la bonde n’empêchera pas l’Allemagne de déverser à deux reprises le trop plein de son énergie vers l’Occident. Mais bien que la cale de bois que figure effectivement le territoire belge ne soit donc devenue, deux fois de plus, le champ de buvard qui absorbe le sang de ses envahisseurs, elle va se transformer en levier pour forcer la création d’un territoire économique européen plus vaste que n’avait pu le réaliser un de ses célèbres natifs.

Reste que Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord avait prédit : « Les Belges ? Ne dureront pas. Tenez, ce n’est pas une nation, deux cents protocoles n’en feront jamais une nation ; cette Belgique ne sera jamais un pays, cela ne peut tenir[6]. »

Quelques faits importantsModifier

Le nouvel État a très rapidement adopté les couleurs rouge, jaune et noir pour son drapeau - mais il va en changer trois fois en six mois le sens de disposition des rayures.

Il a choisi une devise « L’union fait la force » - qui sera ultérieurement démentie par les faits.

Il a adopté les paroles vigoureuses d’un hymne national composé par un artiste bruxellois et un martyr lyonnais ; elles vont, après divers changements qui leur fait perdre « l’invincible unité », être transformées en :

La Belgique s’offre aussi un roi d’origine allemande parlant français, langue pratiquée par les politiques, intellectuels, artistes [réf. nécessaire] et grands bourgeois, partout dans le monde, à cette époque.

 
Pierre tombale où fut ajouté le nom d’Amé Fievez.

La neutralité lui accordant le droit de se défendre par les armes qui font sa réputation depuis le XVIIe siècle, la Belgique crée sa propre armée dont les officiers parlent un français que la troupe, pratiquant le patois de sa région, comprend peu ou mal. De là vont naitre des ressentiments qui, bien que battus en brèche par des historiens francophones soulignant que les Wallons ne comprenaient pas mieux le français que les Flamands[11], servent toujours d’arguments à certains nationalistes flamands au XXIe siècle. Ceux-ci préfèrent généralement passer sous silence que le haut lieu de leur pèlerinage annuel, la Tour de l’Yser destinée, à l’origine, à être le plus grand monument de la paix en Europe, abrite dans sa crypte un couple enlacé de soldats morts au combat - le Flamand Frans Van Raemdonck et le Wallon Amé Fievez[12].

De sa création à la Première Guerre mondiale, c’est la partie wallonne du pays qui connait le plus fort développement, ce qui induit que les élites belges sont principalement wallonnes. Du fait de cette domination économique, politique et intellectuelle, même les élites flamandes sont aussi souvent francophones (il est intéressant de noter qu’une part non négligeable des poètes et romanciers belges d’expression française les plus connus du XIXe siècle et du début du XXe proviennent de la bourgeoisie flamande). Il s’établit donc une très vieille rancune des Flamands, celle du dominé envers le dominant.

Il arrive ensuite à la Wallonie ce qui arrive à nombre d’autres régions à la pointe de la (première) révolution industrielle : elle subit de plein fouet les diverses crises qui ont lieu à partir des années 1930 et, dans les années 1960 et 1970 notamment, connait le même déclin industriel que les régions voisines similaires, le Nord-Pas-de-Calais, la Lorraine, la Ruhr (cette dernière ayant su depuis se rétablir). De son côté, la partie flamande connait un essor économique parallèle, et les velléités séparatistes, déjà anciennes, acquièrent une apparence de crédibilité nouvelle.

La Belgique souffre considérablement de la Deuxième Guerre mondiale du fait des déportations, camp de concentration, batailles et destructions - qui ne l’empêchent pas de récolter une célèbre nuts (noix) -, et de la résistance qui s’oppose à une collaboration tous azimuts.

La libération du pays réactive les conséquences du Flamenpolitik, pose le problème de l’amnistie revendiqué par le mouvement flamand mais aussi celui de la question royale. Le résultat de la consultation populaire (l’unique à avoir été organisée au niveau national) qui découle de celle-ci indique une profonde modification de la société belge qui connait deux lectures : selon les uns, les Flamands, généralement catholiques et royalistes, souhaitent le retour d’un roi qui, veuf d’une reine adorée par la population, a osé se remarier, qui a osé « capituler », qui est resté (prisonnier) en Belgique avant d’être déporté dans le Reich et qui s’est installé en Suisse après la Libération - tandis que les Wallons, minoritaires, s’y opposent dans l’ensemble ; selon les autres, Flamands comme Wallons des zones rurales votent pour le retour - tandis que les industriels, les citadins wallons et les Bruxellois votent contre[13]. Les passions et les morts de la fusillade de Grâce-Berleur provoquent l’abdication du roi au profit de son fils ainé Baudouin, mais un clivage s’est bien installé.

Un autre clivage retient l'attention : celui des partisans de l'enseignement libre (majoritairement catholique) et de l'enseignement public. Après deux guerres politiques internes portant sur la scolarité, l'une à la fin du XIXe siècle et l’autre juste après le règlement de la question royale, le compromis du pacte scolaire ne peut masquer le fait que « les deux régions du pays, une fois de plus, ne sont pas au même diapason[14] » : l’enseignement libre avait trouvé ses plus ardents défenseurs en Flandre, l’enseignement officiel en Wallonie.

Un troisième clivage se produit lors de la préparation de la grève générale de l'hiver 1960-1961 contre la Loi unique : les régionales flamandes et wallonnes de la Fédération générale du travail de Belgique (FGTB, syndicat professionnel) divergent quant à la décision d’une grève générale illimitée ; la grève a bien lieu, mais surtout en Wallonie où elle est violente et connait des morts, et lorsque malgré tout la loi unique est votée, la FGTB en sort fractionnée en fédérations régionales. Son créateur, André Renard, qui avait déjà fait partie du Gouvernement wallon séparatiste, fonde alors le Mouvement populaire wallon qui vise le fédéralisme et s’inscrit dans l’Histoire du mouvement wallon.

Baudouin, le nouveau roi très profondément catholique, va s’affirmer jusqu’à refuser de sanctionner une loi pour la dépénalisation de l’avortement et devoir être mis par ses ministres « dans l’impossibilité de régner » pendant quelques jours ; il ne peut rien faire pourtant contre l’établissement d’une frontière linguistique qui n’améliore que temporairement les problèmes communautaires, même si sa popularité lui vaut, après sa mort, d’être proposé en vain comme saint[15]. Le miracle nécessaire n’a pas eu lieu et les militants flamands du VMO ont même été jusqu’à tuer un homme.

Le compromis à la belgeModifier

 
Bye, remember me….

De gouvernements en gouvernements, la Belgique devient la championne du compromis, un mode de fonctionnement connu depuis belle lurette, qui peut s’exporter, mais qui constitue parfois une fuite en avant dont certains osent affirmer, dès 2006, qu’elle pourrait déboucher sur la scission du pays – ce qui crée une émotion sans précédent lorsque c’est affirmé sur la principale chaine de télévision francophone. Les dernières péripéties de la politique belge semblent le prouver.

On ne peut en effet que constater la multitude et la brièveté des gouvernements instaurés depuis la crise politique de 2007 où 194 jours (record désormais battu) avaient été nécessaires pour former un gouvernement intérimaire, chargé d'expédier les affaires courantes en attendant que puisse être formé un gouvernement issu des élections législatives, ce qui avait pris 90 jours supplémentaires :

À la décharge de la Belgique, il faut reconnaître que si l’Europe avait pu se trouver un 1er président qui n’avait pas le « charisme d’une serpillière humide et l’apparence d’un petit employé de banque [venant] d’un non-pays »[16], la situation politique belge aurait pu, peut-être, se stabiliser…

Toujours est-il que cet État semble être aussi détenteur du plus grand nombre de démissions remises au roi, en moins de trois ans, par un même homme politique (né d’une mère néerlandophone et d’un père francophone) qui avait, au départ obtenu 796 521 voix de préférence de la population flamande.

Parmi les raisons qui provoquent les chutes et démissions, il y a un beau bazar…

BHVModifier

Bruxelles, Hal, Vilvoorde, trois villes ? Oui, mais lorsqu’elles sont reliées par un trait d’union, elles deviennent un problème de désunion tel que leurs initiales font trembler le pays.

 
Part de la population francophone dans les communes de l’arrondissement de BHV. L’auteur présume que toute personne ne parlant pas le néerlandais est automatiquement francophone.

Qu’ont-elles en commun, ces villes ?

  • Trois églises Notre-Dame où la Vierge reste depuis longtemps sourde aux prières de paix, laissant aux hommes le soin de se dépatouiller par eux-mêmes ;
  • une rivière apparente ou cachée ;
  • une histoire ancestrale ;
  • une proximité géographique telle qu’il sembla logique de les regrouper dans un même arrondissement judiciaire et dans une même circonscription électorale, celle de « Bruxelles-Hal-Vilvoorde » qui est bilingue.

Or ces villes appartiennent à deux régions linguistiques distinctes depuis les années 1960, Hal et Vilvoorde étant unilingues néerlandophones tandis que Bruxelles-Capitale, enclavée dans le Brabant flamand, est bilingue. Cela signifie que les lois linguistiques ne sont pas les mêmes dans toutes les communes de l’arrondissement mais que, par le caractère bilingue de cette circonscription électorale particulière, les électeurs habitant dans les 18 communes de sa partie flamande peuvent élire des représentants francophones.

En quoi cela pose-t-il problème ?

En rien. Sauf que 6 des 18 communes bénéficient d’un régime spécial : on ne peut y parler et écrire que le flamand pour tout ce qui concerne les services et démarches administratifs internes, mais les services publics doivent communiquer avec la population en néerlandais et en français - comme à Bruxelles-Capitale. Certaines de ces 6 communes ont une population très majoritairement francophone ; dans trois d’entre elles, les bourgmestres ont envoyé des convocations électorales en français aux électeurs francophones ; le gouvernement flamand, n’ayant pas apprécié la démarche, a refusé de nommer à leur fonction les bourgmestres réélus et ceux-ci, comme leurs administrés francophones et comme les politiques francophones, contestent depuis des années cette décision.

En rien. Sauf que les communes périphériques à ces communes à facilité se sont fortement francisées, ce qui ne plait pas aux hommes politiques flamands ; ils ont donc durci les conditions d’accès à l’installation sur ces territoires avec le wooncode (code du logement), créant une inégalité de fait : certains peuvent y acheter un logement, d’autres non.

En rien. Sauf qu’en 2003, la Cour constitutionnelle a jugé anticonstitutionnelle la loi de réforme électorale de 2002 qui a établit les limites des circonscriptions électorales selon celles des provinces sauf pour Bruxelles et le Brabant flamand ; sans annuler la loi, la Cour a demandé de trouver une solution avant 2007 mais la solution n’a pas encore été trouvée…

En rien. Sauf que la scission de BHV en une partie au seul régime néerlandais et une autre (la région de Bruxelles-Capitale) au régime bilingue, établirait une frontière administrative nette qui, en cas de scission du pays, aurait valeur de frontière internationale. La Flandre conserverait alors l’intégrité de son territoire.

En rien. Sauf que certains veulent, outre la scission de la circonscription électorale, celle de l’arrondissement judiciaire tout aussi bilingue, ce qui pose malgré tout des problèmes[17].

En rien. Sauf que les francophones veulent continuer à protéger ceux des leurs qui sont installés dans les 6 communes pour leur permettre de ne plus être en butte à des tracasseries administrativement linguistiques et de bénéficier d’une vie sociale et culturelle dans leur langue.

En rien. Sauf que si la scission de la Belgique se réalise, Bruxelles-capitale, bilingue mais très majoritairement francophone, sera territorialement totalement coupée du reste de la région francophone. Les francophones souhaitent donc obtenir un « couloir » qui relie la capitale à la Région wallonne.

En rien. Sauf que les Flamands reproposent régulièrement la scission de BHV au parlement où les francophones, minoritaires, répondent par un blocage que leur permet la constitution.

En rien. Sauf que BHV est devenu l’objet d’un marchandage entre les Flamands et les autres, marchandage sur les conditions duquel ni les uns ni les autres ne trouvent d’équilibre.

Le problème de BHV a commencé lors de la fixation de la frontière linguistique en 1962 mais une première scission n'est évoquée qu'en 1978 ; la Cour d’arbitrage, saisie par les nationalistes flamands, valide le maintien de BHV en 1994 ; saisie à nouveau par les nationalistes flamands en 2003, elle rend un arrêt différent notant, au fond, que BHV est une singularité par rapport aux arrondissements de taille provinciale - ce que les Flamands considèrent comme un appel à la scission. Cette scission devient la priorité flamande en 2007 et offre à Yves Leterme une de ses plus belles perles : « Il suffira de cinq minutes de courage politique pour résoudre le problème de BHV[18] ». Las, il faut admettre que le temps des politiques ne s’écoule pas à la même vitesse que celui des scientifiques ou que le courage des politiques n’est pas le même que celui des moralistes, ou encore que les politiques sont des pleutres finis. BHV n’est toujours pas scindée en 2011 et constitue une éternelle Baguenauderie pour Hableurs Vachards.

2010, ça casseModifier

 
Résultats des élections 2010 dans une langue non contestable.

Le nombre de voix de préférence, ça pose un homme politique ! Mais ça s’acquiert aussi par la communication, où la télévision joue une rôle de premier plan surtout quand elle ne parle pas de politique. Un presque inconnu des francophones devient la coqueluche de nombre de Flamands en remportant, le 5 février 2009 devant 2 126 461 téléspectateurs[19], un jeu télévisé de la VRT qui désigne « l’homme le plus intelligent du monde ». Nil Volentibus Arduum (à cœur vaillant, rien d’impossible) affirme le champion[20].

Aux élections du 13 juin 2010, Bart-le-plus-intelligent devient l’homme le plus fort (et pas seulement au figuré) de Belgique en recueillant 785 771 voix de préférence et offre à son parti, la NVA (Alliance Néo-Flamande), une victoire éclatante. Et écrasante. Car il devient impossible d’écarter de toute négociation sur l’avenir du pays un parti de droite dont le but affirmé est l’indépendance de la Flandre. Comme il est impossible d’écarter le premier parti francophone, de gauche, emmené par un rusé papillon rouge déjà ministre d’État.

Le ballet des négociations impossibles commence.

Ballet-comique de l'impossible royaumeModifier

PrologueModifier

 
Au lever du rideau.

Avant le lever du rideau, l’orchestre joue en sourdine le thème des négociations parallèles à l’exercice du pouvoir gouvernemental : le démineur traditionnel Jean-Luc, danseur puissant comme un bulldozer, souvent costumé en plombier[21], est devenu le chargé de mission-médiateur-Commissaire Royal aux affaires institutionnelles du roi pour trouver des solutions quant à la réforme de l’État, déchargeant ainsi de cette tâche un gouvernement qui se consacre à d’autres emplois dont, par exemple, terminer de gérer les conséquences de la crise des subprimes. Le volume sonore s’accroit avec la difficulté de trouver un accord avec les partis francophones ; le tambour marque la sortie volontaire, par démission accomplie, du médiateur[22].

Le rideau se lève sur une scène vidée par un puissant roulement de timbales : le tout jeune, tout nouveau et encore inexpérimenté président de Open VLD qui vient d’annoncer la fin de la récréation, devient tombeur de gouvernement le 22 avril 2010, claquant la porte sur un coup de grosse caisse : Alea jacta est[23],[24]. Des indépendantistes en profitent pour investir la Chambre des députés, pour afficher une banderole[25] et entonner le Vlaamse Leeuw[26] dans l’impunité la plus totale. Les députés dépités n’y peuvent rien : ils n’étaient pas présents. L’intermède qui suit laisse entendre le frémissement d’inquiétude des cordes frottées, ponctué de quelques chants de ténors depuis les coulisses[27] ; il se termine en une cacophonie aiguë de clairon qui déchire les oreilles : le score de la N-VA du 13 juin suivant[28].

Acte I - Le grand jeté d’éponge de l’informateurModifier

 
Un homme fort avec casse-tête.

Le roi Bébert, chef d’orchestre obligé s’ébranle et monte sur scène pour accueillir, le 17 juin, le vainqueur du tournoi Bart le Fort, qui a rompu l’harmonie musicale par un jeu de tuba et même de soubassophone. Suit une tresque menée par Bart nommé informateur[29] et à laquelle participent les présidents de partis à l’exclusion de ceux de la famille des percussions, le roulement de timbale de l’Open Vld n’ayant pas été digéré et obligeant ses frères bleus à rester en coulisses pour plusieurs actes. La danse se déroule presque normalement et ne se termine que parce que Bart le Fort jette l’éponge[30].

Acte II - La variation du pré-formateurModifier

 
La Première étoile.

Bien installé sur son trône côté cour, le roi fait entrer le 8 juillet l’un des premiers danseurs nationaux, Elio, comme pré-formateur[31] ce qui laisse à penser à beaucoup qu’il pourrait être prochainement nommé première étoile, un fait sans précédent sur la scène francophone depuis son dernier premier ministre Edmond[32] qui avait trébuché sur le pas malheureux de l’affaire Imbramco[33] après seulement 14 mois de gouvernement. Elio lance une sarabande rassemblant à nouveaux les premiers danseurs de chaque parti tandis que côté jardin, à l’arrière-plan, l’ancienne première étoile, Yves, préside avec un certain culot[34] mais sans problème[35] l’allemande sur la scène européenne, tout en continuant de tenir la barre des affaires courantes. La sarabande dure très longtemps, avec de multiples reprises[36], et s’épuise enfin, laissant la scène vide, sans étoile, le 4 septembre.

Acte III (et entracte) - La danse « des pas de nains de jardin »Modifier

 
Costumes des nains de jardin.

Le public se pose plein de questions, sans toutefois s’agiter encore dans la salle, et le roi reprend la main du spectacle en appelant deux membres du corps de ballet, André (PS) et Danny (N-VA) comme nouveaux médiateurs[37]. L’âge et la pondération de ces danseurs, bien connus mais redevenus sujets au fil du temps, impose un rythme lent pour les consultations qui se déroulent en basse danse du 4 septembre au 5 octobre[38]. Cet acte constitue en réalité un entracte, chacun en profitant pour bavarder en sous-main, encore et toujours. Il se termine par la danse « des pas de nains de jardin »[39], ainsi décrite par le soliste Bart dont l’amour des gaufres commence à alourdir la chorégraphie[40].

 
J’ai cru voir un WikiSchtroumpf ! …

Acte IV - La gigue du clarificateurModifier

Ne sachant plus trop à quel saint se vouer, le chef d’orchestre qui est devenu maitre de ballet attribue, le 8 octobre 2010, un nouveau rôle, celui de clarificateur en 10 jours, au toujours célèbre Bart qui ne réussit aucun porté[41] dans les divers pas de deux, de trois, de quatre, etc. qu’il tente d’initier, bien qu’il soit officiellement voué au pas de sept[42]. Fabula acta est[43].

Acte V - Le solo du conciliateurModifier

 
Mieux vaut parler d’autre chose…

Le maître de ballet redescend dans la fosse pour reprendre la baguette magique qui fait jaillir sur scène, le 21 octobre, le soliste-conciliateur Johan[44] ; celui-ci porte à bout de bras, avec obstination, tout le poids d’un corps de ballet rétif, dans un style de danse tout en discrétion, aussi éloigné de la danse baroque que du coupé-décalé, tentant de restaurer la confiance entre les différentes composantes. Il tient le coup malgré de graves problèmes personnels qui vont le conduire au deuil, propose une note[45] agrémentée d’un point d’orgue, et finit par se rendre à l’évidence : style, rythme, attitudes ne conviennent pas à tous et les propositions chorégraphiques s’opposent sur une partition pourtant unique, celle de l’urgence économique et sociale ; le 5 janvier devient une figure inédite en danse, celle de la « date-charnière »[46]. Le 6 janvier 2011, Johan rend[47] la canne traditionnelle des maitres de ballet et des professeurs de danse qui sert à la fois à rythmer, à corriger et à sanctionner (tous pouvoirs qu’il ne possède pas) tandis que devant la liquéfaction du décor blanc neigeux installé depuis le 1er décembre[48], le public se désintéresse de l’action.

Le chef d’orchestre, ne trouvant pas d’autre solution, prolonge la mission du conciliateur en lui adjoignant deux assistants : le Bart et l’Elio[49], mais le tempo passe de l’andante à un tel largo que, presto, ce pseudo triumvirat quitte ses demi-pointes le 26 du mois, trois jours après la gentille balade dominicale de quelque 35 000 personnes volontairement rassemblées pour ne rien dire[50] sauf shame (honte). Bart, lui, y trouve à redire[51]. Shame, disaient-ils…

Acte VI - L’informateur en si bémol mineurModifier

 
En avant-scène.

Dans la grisaille d’un décor brumeux, l’ancienne première étoile, Yves, revient à l’avant-scène, chargé le 2 février suivant de régler un allegro de fortune qui puisse soulager la tension palpable du public[52]. Didier, l’étoile descendante d’une des branches du corps de ballet, jusque-là écartée de la valse à x temps, profite de la situation le même jour et se voit enfin nommé informateur en si bémol mineur (pour 15 jours)[53], car la réduction d’intervalle semble rester seule possible à moins d’attaquer la danse de mort. Il aborde donc, une fois de plus dans sa carrière, le contact improvisation.

Acte VII - La danse funèbre de la princesse des fraisesModifier

Hors du théâtre, et à son nord, une carole court, depuis 2004, les rues et les médias, entrainée par une princesse des fraises[54] devenue Mata Hari et Eva Braun en même temps[55]. Cette vierge qui cumule les rôles (comme souvent en Belgique) a embouché les trompettes de la renommée avec la bombarde que fut le VL, un bloc tellement lourd à gérer qu’on le cerna d’un cordon sanitaire qui tint moins longtemps au nord qu’au sud du pays. Passée en chamade par la médiatisation de son cancer, elle achève sa danse dans la cathédrale Notre-Dame d’Anvers, trop petite pour accueillir les milliers de personnes qui la pleurent[56], dont les principaux premiers danseurs et solistes flamands et les journalistes des télévisions nationales. Une francophone ayant davantage souligné que les néerlandophones les rôles scéniques de la danseuse, le spectacle reprend sur scène avec une moresque vigoureuse[57].

EntracteModifier

Le chef d’orchestre et Didier se sont concertés : le contact improvisation se poursuivra jusqu’au 1er mars, probablement dans diverses salles de répétition, celle de la rue du Marais ayant sombré depuis longtemps. Johan en profite pour oser une proposition devant une assemblée d’étudiants gantois « lors d’un cours sur l’avenir de la Belgique » : la Belgique pourrait être transformée en « Union belge » composée de 4 entités fédérées : Flandre, Wallonie, Bruxelles et communauté germanophone[58], tandis qu’un ténor du CD&V ose critiquer Bart le fort en l’appelant « roi de Flandre »[59],[60]. Tout ça alors que les trompettes de la renommée mondiale célèbrent le record du monde de la Belgique quant à absentéisme gouvernemental et que, pour la première fois, l'Institut des États-Unis pour la paix s’intéresse à la Belgique dans une lettre d’information rédigée par deux chercheurs belges (un Flamand et une Wallonne)[61].

Acte VIII - Les fouettés du négociateur de réformeModifier

 
Fouettés en tournant.

Tandis que les petites mains annoncent une grève monstre[62] pour montrer leur ras-le-bol, tandis que Paris se prépare à accueillir une université née du redoutable slogan Walen buiten ! (les Wallons, dehors !)[63], le ballet reprend avec Wouter, une nouvelle étoile nommée négociateur de réforme[64], sur une musique de Tchaïkovski mise au gout du jour par Clint Mansell. La finalité de cet acte pose des questions aux spectateurs : l’étoile réussira-t-elle les célèbres trente-deux fouettés ? Pourra-t-elle échapper à un noir destin ? Terminera-t-elle sa danse en Nina avec un Oscar ou, sur un autre thème musical, en Anna ou Maïa restant au tapis (de scène) ? Bart-le-fort reprendra-t-il le rôle de Von Rothbart ? Et surtout qui, à terme, seront Odette et Siegfried ?

Acte IX - La guindaille des fritesModifier

 
Une ampoule prête à griller...

Le 12 mars, au lendemain d’une catastrophe japonaise sans précédent qui va faire dériver l’attention du public et faire trembler le monde entier, le plombier accorde une interview au foyer de la danse et affirme que le ballet pourrait durer 500 jours encore ni nécessaire[65]. Le public s’en moque d’autant plus qu’un nouveau théâtre d’opération s’ouvre et oblige le corps de ballet, dans une unanimité quasi totale[66] et étonnante, à faire une pause et à reconnaître l'existence du Fantôme de l'Opéra[67]. En coulisse, Yves a fini par tricoter son allegro, un collant qui tient à la route[68] et s’offre le luxe, après d’autres[69], de torpiller Bart-le-fort par un croc-en-jambe[70] - ce qui ne peut que révolter l’étoile récemment accueillie sur le tapis rouge de Covent Garden[71], réélue avec 99,35 pc des voix de son clan[72] et toujours soutenue par le public flamand[73]. À la place de colophane, on jette ainsi un peu d’huile sur le feu du foyer mais le public s’en moque de plus en plus[74] : lassé[75], il a quitté le théâtre. N'y restent que quelques étudiants faisant la fête en quelques lieux symboliques rebaptisés « Place des frites-Frietplein »[76] ; la presse le signale mais s'intéresse davantage au fils du chef d'orchestre qui vient de faire un voyage au Congo. Cette petite excursion scientifique, ayant été formellement déconseillée par le chef et par Yves[77], offre à un soliste flamand l'occasion de contester à nouveau les émoluments de la famille royale[78].

Acte X - La danse du scalpModifier

 
Le Bal des ardents.

Le 2 avril, le ténor du CD&V Kris ré-enfourche, en danseuse comme il y est obligé[79], le vélo favori de certains Flamands portant l'étendard qui refuse à Bruxelles le statut de « Région à part entière »[80] que lui accorde la constitution. Malgré un ciel assez clément, l'orage s'abat sur le pays et le tonnerre ne se fait pas attendre : dans l'après-midi du 4, les étoiles bruxelloises et wallonne de la Communauté française de Belgique annoncent par voie de presse que celle-ci va changer de nom et devenir la Fédération Wallonie-Bruxelles[81] - le public francophone ne manque pas de se souvenir à cette occasion qu'il ne savait déjà plus, depuis longtemps, comment appeler cette communauté qui n'a jamais été française que de nom et qui avait été évoquée sous un nom « digne du théâtre de Ionesco[82] », Wallobrux, dès 1987[83].... Reste que les « parlements concernés » (la presse ne dit pas lesquels) doivent voter une résolution pour que le changement de nom devienne officiel ; les joueurs de salpinx ont le temps de forger leur instrument et le public d'acheter des boules quies pour se protéger d'une cacophonie probable, la salpinx ayant une sonorité perçante et haut perchée, comparable au barrissement ou au braiement. Mais peut-être cela permettra-t-il au chef d'orchestre d'échapper au bal des ardents ? Ou devra-t-il trouver un régent à nommer, son propre fils étant déjà maudit[84] ? Orchestique, en Belgique, reste antonyme de danse de salon mais commence à ressembler furieusement à la danse du scalp menée par Wa-Pi-Ti, l'enfant-roi[85], et ses copains qui apprécient peu les « très lourdes provocations »[86].

EntracteModifier

Une mort…

Le public ne sait franchement plus sur quel pied danser ! Après avoir lu régulièrement la presse et constaté que la Stomme van Portici, l’opéra fondateur de la Belgique, ne pourra être rejoué au Théâtre de la Monnaie pour raison politique[87], il se dit qu’à défaut Les sept péchés capitaux de Maurice Béjart pourrait être repris, mais avec un danseur unique pour les rôles de

  • la Paresse – Bart n’étant pas capable d’être un meneur de parti[88] ;
  • l’Orgueil – Bart ne pouvant que le connaitre comme enfant-roi ;
  • la Colère – Bart ayant taxé la RTBF « d’une bassesse inhumaine » parce qu’elle a attaqué « dans sa tombe » « une jeune femme qui n'a pas encore été inhumée »[89] ;
  • la Gourmandise – Bart mangeant des gaufres de Bruxelles, dites bien entendu gaufres belges ;
  • la Luxure – Bart étant l’antonyme du play-boy[90] ;
  • l’Avarice – Bart offrant comme cadeau ce qu’on lui a offert par ailleurs[90] ;

l’Envie étant assurée par son corps de ballet privé avec, pour coryphée, l’« intrigant capable d’amener deux pierres à se battre entre elles »[91].
Comme l’ose le dire le Flamand Louis Tobback : « hoe lang dulden wij nog dat die kerel ons allemaal met onze kl*** rammelt? »[88] ce qui se traduit pudiquement par Quo usque tandem abutere patientia nostra? Jusqu'à la mort ?
Dans les coulisses (côté jardin flamand), en tous cas, des commentaires déplaisants sifflent aux oreilles de Bart : c’est quelqu’un qui fuit[92], c’est un démagogue que le CD&V a suivi trop servilement[93], la N-VA a posé une bombe à retardement sous la table. Deux étoiles retraitées osent faire les comptes et les publier : il n’est nul besoin de la N-VA, en terme de sièges, pour créer un gouvernement[94]. « Il faut donc enlever la bombe, et donc la N-VA[95]. » Mais cette vision ne convient pas à ceux qui craignent ne plus être élus, en 2012, dans les écoles de danse communales.

Acte XI - Le blues d’AlétheiaModifier

 
Derviches cherchant la Vérité.

Un non-acte, un acte manqué, un acte-mort. On n'avance même plus au pas d’Echternach mais on ne fait pas non plus de moonwalk ; à peine sautille-t-on sur place en comptant les sursauts d’autres p’tits bonhommes qui ne rient pas[96], et on s’essouffle.
Bien que le cours du ballet n’ait pas évolué depuis l’acte VIII (où - pour mémoire - Wouter devait trouver les conditions pour déterminer qui seraient Odette et Siegfried), ce neuvième acte commence, le 26 avril 2011, par la non-fête d’un anniversaire public qui aurait pu figurer dans le Livre Guinness des records si un huissier avait été demandé pour constater en bonne et due forme qu’un pays démocratique peut se passer d’un système de sanction du gouvernement pendant 365 jours au moins. On se trouve effectivement dans le cas où un gouvernement « démissionné »[97] règle les affaires courantes depuis un an et dépasse même le cadre de ses pouvoirs de gestion sans que le parlement, qui traditionnellement peut le sanctionner, ne puisse le désavouer - puisqu’il est démissionné.[98]
Mais cela a peu d’importance face à d’autres évènements dramatiques ou médiatiques de ce weekend pascal soulignés par la presse belge :

Car de la poursuite du ballet-comique, on parle peu ; on attend on ne sait trop quoi. La situation est extrêmement pitoyable et pathétique selon l'un[100], « la Belgique accélère son évaporation » selon un autre[101]. Et sur les plateaux de la RTBF, les étoiles et solistes francophones et flamands, prudemment invités séparément par groupes linguistiques, font le grand écart entre la répétition poncive de leurs souhaits et le constat étonnant qu’une N-VA qui possèderait une solution miracle attend d’être invitée à reprendre la main pour en faire part à tous[102]. La première danseuse Joëlle a beau affirmer que « l’heure de vérité arrive dans doute avant la fin du mois[103] », le puits où Alétheia se cache parait sans fond et il faudrait un Samā‘ d’enfer pour la faire émerger.

Acte XII - Le pas des glissades et notesModifier

 
Le plein exercice.

La Vérité est traditionnellement connue de quelques-uns : ceux qui discutent avec le chef Bébert lors de colloques singuliers qui, depuis 170 ans, se jouent à guichets fermés, tellement bien clos qu'aucune information ne peut en sortir. Le respect de la tradition est brutalement rompu le 5 mai 2011 par la publication, chez Plon, de Belgique, un roi sans pays[104]. Co-écrit par les journalistes Martin Buxant (chroniqueur francophone à La Libre Belgique) et Steven Samyn (néerlandophone, chef de la section politique de De Morgen), l'ouvrage révèle le contenu de discussions royales qui auraient dû rester secrètes au risque de fragiliser encore davantage la monarchie belge[105] et déboule au propre et au figuré sur le plateau pentu du théâtre, annonçant un prochain enchainement de glissades dont on ne peut prévoir si elles se feront « dessus-dessus », « dessous-dessus », « dessous-dessous » ou « dessus-dessous » puisque le terrain est glissant. Le coup de pub médiatique en faveur du livre sert les intérêts des auteurs et des libraires au détriment du portefeuille des Belges qui doivent débourser 2,40 € de plus que les Français pour acheter un ouvrage qui constitue en très grande partie une compilation - non sourcée - d'informations largement publiées auparavant dans la presse ; il offre cependant à celle-ci l'occasion de publier quelques coups de gueule[106].

Les citoyens qui s'attachent à suivre le libretto du ballet, pour leur part, constatent que qu'une nouvelle note a été remise à Bébert, le 12 mai, par un Wouter qui désire être déchargé de sa mission[107]. Une note de plus qui devrait permettre au chef de rédiger une nouvelle partition dont chacun pense qu'il serait souhaitable qu'elle soit définitive, qu'elle permette d'attribuer à quelqu’un un nouveau rôle en -eur ou en -trice[108], à Yves d'achever sa courante, et à un gouvernement de plein exercice d'être enfin formé. Il reste à peine dix semaines avant les vacances et à la rentrée, tout le monde se préoccupera des prochaines élections dans les écoles de danse communales[109].

Acte XIII - La Longue Marche du papillonModifier

 
Un papillon suranné.

Treize, chiffre fatidique, dit-on. Mais ce qu’on en dit peut servir ou desservir la première étoile en devenir : Elio, « formateur » le 16 mai 2011, d’un nouveau gouvernement belge[110] - ce qui passe quasiment inaperçu étant donné le retentissement médiatique donné aux problèmes judiciaires du numéro 2 mondial, le président général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn, considéré de plus comme un potentiel candidat aux futures élections à la présidence française. Elio ne peut être comparé à Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges sauf en ce qui concerne le gout d’un accessoire assez surranné et sa prédilection pour les coups de théâtre[111]. Certains espèrent en lui[112] mais il faut se souvenir que 13 est un entier naturel dont la liste est infinie. Et les moyens modernes de communication permettent, le jour même de la nomination du papillon, de connaitre l’avis des chefs de corps - dont celui du Vlaams Belang : Vlaanderen wil geen Di Rupo als premier! (le VB ne veut pas de Di Rupo comme premier ministre !)[113]. L’acte XIII ne devrait donc pas être, en toute logique, le dernier de cette crise, et Yves court toujours malgré de nouvelles oppositions entre Flamands et francophones quant à l’amnistie, sujet délicat entre tous, dont certains souhaitent la révision[114], [115].

Le 24 mai, La Libre Belgique ose titrer sans rire que « les choses sérieuses commencent ce mardi »[116] : pendant une semaine Elio va rencontrer les présidents de parti, les uns à la suite des autres en une série de petits pas de deux, pour connaitre leur opinion quant à l’assainissement budgétaire nécessaire ; la semaine suivante on dansera les pas de deux avec les mêmes partenaires mais sur l’air du socio-économique, puis viendra celui des thèmes institutionnels (Bruxelles, BHV, etc.), de telle sorte qu’on atteindra sans forcer et toujours sans gouvernement la date anniversaire des élections 2010. La révolution des frites s’est arrêtée : les petits rats sont en période de bloque[117] et le public a trouvé d’autres sujets d’intérêt que le ballet-comique : pour la majorité, ce fut l’affrontement non linguistique des Flamands et des Wallons en finale des play-offs 1 (les Flamands gagnent) et de la coupe de Belgique de football (les Wallons gagnent), pour d’autres la sélection de candidats belges en finale du Concours Reine Elisabeth (un Flamand, classé in fine 2e, et un Wallon) et les prix remportés par Bouli Lanners et les frères Dardenne qui réalisent des performances wallonnes « de niveau mondial[118]. »

EntracteModifier

 
Le proverbe dit : La parole est d'argent, le silence est d'or.

Le ballet-comique pourrait se transformer en théâtre total mais le papillon étant forcé au silence par un angiome sur les cordes vocales, un report de huit jours s'impose. Des solistes en profitent pour donner de la voix ou se la faire couper[119]. Parmi ceux qui manifestent leur coffre, on trouve notamment le ténor-avocat d’assises-Flamand, Vic Van Aelst, qui clame d’abord qu’il veut bien être solidaire des Turcs mais plus des Wallons[120], et - pas pince-sans-rire pour un sou - que les Flamands sont prostitués depuis 180 ans[121], puis que Di Rupo, Onkelinx et Milquet violent le flamand et que les francophones font preuve d’un incroyable sentiment de supériorité[122]. Ce simple membre de la N-VA (mais qui sera sur la liste de ce parti à Anvers[123]) n’est pas désavoué par les responsables de la N-VA comme le demandent des francophones[124] mais au contraire appuyé par Bart-Wa-Pi-Ti qui en remet une couche estimant que la Belgique n’existe que par la grâce des Flamands bilingues[125]. Des mots qui devraient fâcher mais qui ne servent qu’à constater qu’en chaque période où la tension retombe, le même parti flamand la fait remonter par des opérations médiatiques[126] parce que, fondamentalement, Bart ne veut pas d’un accord gouvernemental : « Hij wil verkiezingen. Hij aast op zijn bonus.[127] » (Il veut des élections. Il convoite son bonus.) juge Louis Tobback.

Acte XIV - Un anniversaire en chansonModifier

13 juin 2011 : voila un an pile que les dernières élections ont eu lieu, et le public ne voit pas la fin du ballet-comique devenu ballet-tragique. Les médias qui suivent attentivement le déroulement du spectacle n’innovent pas vraiment dans leur façon de traiter l’information, hormis le quotidien flamand De Standaard : il a eu l’idée d’interroger des enfants pour savoir ce qu’ils pensent de la crise[128] mais aussi d’inviter diverses personnalités, dont des artistes, à s’exprimer. Le chanteur bruxellois Daan a répondu à l’appel direct du journal avec un protest song, en flamand[129], à l’intention d’un Bart qu’il attaque violemment (Met je kutgevoel voor humor/Avec ton sens d’humour à la con - President van doodgeboren/président des morts-nés - Corpulente vlaamse koren/ céréale flamande corpulente - Pathetische pedante/ pédant pathétique - Abulante ambetante/embêteur ambulant, etc.) tout en traitant les nationalistes flamands d’imbéciles et en faisant allusion au massacre de 1302.

Acte XV - La reconnaissance de la belgitudeModifier

La mère chérie, jouée allegro (ma non realmente) fieramente.

Le pays n’en finit pas d’attendre la fin du ballet et s’occupe comme il peut, jouant Les Uns et les Autres sans oser espérer l’apothéose d’un final dansé en plein air. La famille politique s’étripe sur fond de négationnisme[130], se prend quelques coups au passage[131] ; la famille royale, en la personne de son princier rejeton accompagné de son épouse et de 282 personnes[132], se balade en mission économique, mange des gaufres belges[133] (mais liégeoises), et va participer à l’une des plus prestigieuses noces de l’année[134] ; la famille des usagers râle[135], sans se rebeller[136], contre ceux qui l’empêchent de circuler, de passer des examens, de travailler ; et la famille des désabusés rigole doucement : Larousse reconnait enfin la belgitude[137], au moment même où elle se dissout. Car peu de gens oseraient encore écrire, en ce mois de juillet 2011, comme Jacques Sojcher, en 1998, « Sire, me murmurai-je, je le jure, elle vivra, grande et belle. Le mot grand me semblait à vrai dire étrange pour un si petit pays, mais l’exaltation n’a pas plus de limite que le serment. Aussi me sentais-je encore une fois Belge illimité, fils exclamatif de la mère patrie, prêt au don hyperbolique de mon corps (à toi nos coeurs, à toi nos bras, à toi notre sang...), chanteur d’un hymne qui, je devais bien l’admettre, frisait le ridicule, l’idiotie pure et simple, et pourtant, oui, malgré tout, emporté, comme un homme ivre, par ces paroles de piètre poète et cette musique de fanfare patriotique, jusqu’à l’extravagance. C’était peut-être cela, pour moi, être Belge : vivre la kitchitude de ce pays et de son roi (tra la la).[138] »

Acte XVI - Le pas de l’oieModifier

 
Le pas de l’oie pris sur le vif, 1940.

Le papillon-formateur a enfin remis une note au roi-chef d’orchestre et aux étoiles des différents partis ; il attend leur décision : la note sera-t-elle acceptée comme base de négociation ou sera-t-elle rejetée ?
Le 7 juillet, tous les partis acceptent la base de discussion sauf deux petits (la LDD — Lijst Dedecker —et le Vlaams Belang) et deux grands partis flamands : la N-VA nationaliste dont Bart-l’étoile, faisant mine de respecter le travail d’Elio, le descend publiquement et mensongèrement[139] en flammes, et le CD&V - en cartel avec la N-VA au gouvernement flamand - qui suspend sa réponse à celle de ce partenaire[140]. Le pas de l'oie résonne et réactive la crise. Des spectateurs, dans l’incertitude d’une évolution possible, se sentent devenir schizophrènes, partagés entre des envies de meurtre impossibles, la peur des agences de notation, le désir utopique de mettre à la porte l’ensemble de la classe politique et de ne plus payer des impôts qui servent à rémunérer des hommes politiques perçus comme impuissants ou incapables, la colère et le désabusement aggravés. Nombreux sont ceux, même parmi les danseurs, qui en ont assez de danser sur la corde raide et de devoir se plier au rythme de la marche cadencée nationaliste. Parmi ceux qu’on entend le moins, sauf en privé, il y a des francophones d’une certaine institution fédérale flamandisée, obligés par leur direction (flamande) de fêter « dix années de marais communautaires dans lesquels s’est englué un des dix conservatoires de la diversité végétale les plus réputés au monde[141] ». Et ils doivent penser, rejoignant ainsi ironiquement Bart-le fort : Numquam minus solus quam cum solus sum ((Jamais je ne suis moins seul que lorsque je suis seul). Le pas de l’oie se dissimule parfois dans la marche en crabe[142].
En disant non, en critiquant la note d’Elio sur le plan économique, en annonçant un « tsunami de nouveaux impôts »[143], De Wever a créé une nouvelle peur à destination des Flamands aisés ; la N-VA devient donc trompeusement[144] le rempart qui protègera leur portefeuille, et ils pourraient augmenter son score[145] lors de nouvelles élections, rendant la situation encore plus ingérable — si cela était possible.[146], [147] Certains observateurs en arrivent donc à souhaiter l’électrochoc que constituerait l’attaque de la Belgique par les marchés boursiers.
Les autres options relevées dans la presse sont

  • la poursuite des négociations pendant qu’Yves continuerait à gouverner avec plus ou moins de pouvoirs,
  • l’appel au secours près d’un chorégraphe étranger[148], neutre par définition ; mais l’expérience d’un envoyé de l’Europe n’ayant pas donné de résultat positif (voir infra : Autres données), on peut douter de l’efficacité du moyen.

À moins de demander directement aux Belges s’ils veulent encore une Belgique ; mais le référendum n’est pas prévu dans la constitution et la négociation des conditions du divorce serait aussi épouvantable à réaliser que la formation d’un prochain gouvernement. L’option de la séparation convainc pourtant davantage de citoyens, de jour en jour, par ras-le-bol, car ils soupçonnent que la prochaine danse qu’il devront subir sera celle de Saint-Guy.
Le 8 juillet, Elio a remis sa démission au roi Bébert qui considère que l’heure est grave[149] et tient sa décision en suspens.

Acte XVII - La danse de l’idolâtrieModifier

 
La danse du veau d’or.

Le 11 juillet, date de la fête de la Communauté flamande, produit chaque année des discours politiques plus ou moins corsés qui peuvent compliquer la situation. Le héros 2011 de la fête qui commence généralement à Courtrai en souvenir de la bataille des éperons d’or, Bart-Monsieur Neen, éclipse quasiment ses collègues et devient l’objet d’une idolâtrie telle que les éditorialistes flamands en viennent à dénoncer dans leurs colonnes la concentration du pouvoir dans les seules mains d’« une pop star entourée de ses groupies », quasiment considérée « comme un saint » derrière lequel des milliers de personnes. Luc Van der Kelen, du journal Het Laatste Nieuws lu quotidiennement par un million de personnes[150], reconnait : « Nous avions été assez indulgents jusqu’ici à l’égard de De Wever » ; il ajoute que la patience a des limites et que Bart a pour finalité « de monter les gens les uns contre les autres. Flamands contre Wallons, gauche contre droite.[151] ».

Acte XVIII - Le retour de l’expression corporelleModifier

 
Expression corporelle faciale.

Avec le traditionnel discours royal télévisé du 20 juillet, le public redécouvre l’expression corporelle, qui fut fort à la mode dans les années 1970 et qui se distingue de la majorité des danses par l'absence de modèles et de techniques apprises et contraignantes.[152] Il le fait avec d’autant plus de surprise que Bébert apparait généralement compassé et guindé lorsqu’il s’adresse à la nation. Cette fois, une gestuelle inédite et un langage corporel net apportent à chacun la conviction que le roi exprime des sentiments personnels forts et qu’il est réellement bien décidé à sonner la fin de la récréation en usant du droit de mise en garde accordé aux monarques constitutionnels par Walter Bagehot. Sourcils froncés, poings serrés ou doigt pointé, Bébert se lâche, martèle, rappelle à leur devoir les simples citoyens mais surtout les politiques responsables de « la plus longue durée, de mémoire d’homme, de formation d’un gouvernement »[153], dénonçant au passage le populisme et le risque de poujadisme. Du jamais vu qui lui vaut une ovation populaire dès le lendemain[154].

Ce message sans ambages a été enregistré le 19 alors que l’incertitude totale régnait : le CD&V allait-il accepter d’entrer dans le club des 7 et apporter aux partisans des négociations les voix manquantes pour faire passer la réforme de l’état proposée par Elio, ou resterait-il « scotché » à son cher et tendre Bart ? Une nouvelle réunion de travail à 8 était prévue le matin du discours télévisé : Wouter n’y a pas assisté ; il a préféré n’affronter qu’Elio pour annoncer que son parti ne négociera qu’après acceptation par les 7 autres des propositions de loi sur BHV telles que rédigées par Wouter et à la condition que soient rejetées aux calendes grecques les propositions du formateur royal pour une circonscription fédérale, des listes bilingues à Bruxelles, la ratification de la Convention-cadre sur les minorités et l’assouplissement de la législation linguistique à Bruxelles. La valse-hésitation ainsi créée va se poursuivre pendant 2 jours, jusqu’au 22 juillet 0 h 45, sur fond sonore de Te Deum, de bruits de moteurs et de bottes, de vraie drache nationale, de pétillement de feux d’artifice et de sonneries de SMS[155].

EntracteModifier

 
Résultat d’extrémisme.

Le 22 juillet, Elio rencontre Bébert à 1 h du matin pour l’informer de la fin théorique de la valse-hésitation : huit partis acceptent officiellement de négocier mais leurs négociateurs, fatigués, ont besoin de repos. Le chef d’orchestre veut bien le croire et accorde un entracte. Le ballet-comique ne reprendra donc officiellement que le 15 aout mais, déjà, la N-VA fait crisser son crincrin dans la fosse où elle est reléguée.[156]
Du 22 juillet au 15 aout, c’est long ; cela laisse le temps d’instiller le doute (comme lorsque Wouter évoque la possibilité pour son parti de participer aux négociations mais sans pour autant entrer dans un futur gouvernement) et de faire travailler un atelier d’imprimerie : dès le 26 juillet, une sorte de protocole des Sages de Sion est diffusée dans la partie flamande du pays et épinglée par la presse francophone[157], histoire de rallumer probablement un extrémisme de droite qui, en certains lieux, conduit au(x) meurtre(s)[158].

Acte XIX - Chanter ou couler ?Modifier

 
Singing or sinking ?

L'entracte se prolonge pour le public : si les négociateurs se sont bien remis au travail dans les délais prévus, une discrétion efficace donne l'impression que le temps a suspendu son vol. En réalité, le temps a été pourri et les vacances de certains se sont passées à racler et éponger les dégâts d’orages[159], pour d’autres à pleurer leurs blessés et leurs morts. La proposition de remplacement d’un coq de clocher flamand[160] qui semblait trop hardi à quelques-uns par un lion plus « nationaliste » n’a même fait que peu sourire ; la mise en garde de guerre maritime entre Flamands et Wallons du procureur général près la Cour de cassation, Jean-François Leclercq[161], n’a pas mieux réussi. Le critique du Morgen, Yves Desmet, compare le 7 septembre 2011 la politique nationale à l'Orchestre du Titanic[162], image usée s'il en est, mais la meilleure selon lui.[163] De fait, hors les moments pénibles de l'été, le public a dansé au son des festivals comme l'avaient fait les passagers du Titanic sur les ragtimes de son orchestre tandis que les responsables du navire étaient incapables de situer les vraies priorités. Ici la fièvre anti-électorale fait passer au premier plan la résolution du problème BHV alors que celle des mesures socio-économiques est encore et toujours à la traine malgré les coups de semonce des agences de notation et la différence entre les taux d'intérêt belges et allemands qui a culminé à 232 points de base le 6 septembre 2011. Reste à se souvenir que seules les vagues ont dansé furieusement sur le dernier air joué sur le Titanic : Plus près de toi mon Dieu[164] et que non, la mort d’Elio di Rupo ne posera pas de problèmes pour la suite des négociations gouvernementales, comme annoncé en direct par un journaliste sur RTL-Tvi, puisque c’est le frère du formateur qui est décédé et non le papillon lui-même.[165].

Acte XX - La danse des motsModifier

 
Danse des mots

Le monde est en feu, une tempête balaie le monde et nous nous promenons tranquillement sur la plage, disait Johan le 13 septembre[166]. Las ! ce temps des balades est passé et celui des coliques est bien là qui se manifeste par des frémissements, des coups de hanche qui pourraient faire penser à la danse du ventre mais sans en être, et par des sorties de scène :

  • Inge Vervotte, ministre fédérale dirigeant le réseau des transports, est en partance vers le privé, fuyant un état qui convient peu à ses préoccupations profondes[167] ;
  • le ministre des Affaires étrangères Steven Van Ackere est sortant (il espère encore, semble-t-il dans la stabilité d’un poste de gouverneur de province) ;
  • le premier magistrat du pays, Ghislain Londers, quitte son poste à la Cour de Cassation deux ans avant la fin de son bail de carrière, mais volontairement, juste à la veille d’un jugement crucial dans une affaire où il est intervenu et qui a fait tomber un gouvernement[168] ;
  • le patron, Didier Bellens, d’une des plus importantes entreprises belges, Belgacom, pour avoir voulu faire revenir une collaboratrice que les cadres de la firme avaient envoyée balader, risque, le pauvre, de devoir utiliser son parachute doré[169] et
  • Yves, premier ministre démissionnaire, annonce qu’il va aller se balader à l’étranger s’étant trouvé un job moins stressant à l’OCDE, ce qui implique qu’il se rendra prochainement au Palais pour une démission de plus (ce n’est que la 6e en 4 ans, les 5 autres ayant été faites au titre de formateur ou de dirigeant de gouvernements, mais c’est une première historique d’un démissionnaire re-démissionnant et, qui plus est, d’un flamingant actif privilégiant la bien francophone Paris comme lieu de vie)[170].

À part Bébert, qui espérait se reposer un peu à Nice mais qui revient en urgence, par vol militaire, à Bruxelles parce que les négociations sur le Bordel-Habituellement-Vampirique sont en train de capoter, à part le public qui pour s’informer saute d’un twitt (belgicisme) à l’autre, passe d’une dernière minute à l’autre, d’un chat à l’autre, râlant sur les forums, et les journalistes qui font le pied de grue au 16 rue de la Loi, vissés à leur appareil photo, leur caméra, leur gsm, leur micro, tout semble se déliter - sauf Elio qui fait des allers-retours au pas de charge, entre les groupes linguistiques des négociateurs en chambre (lieu dit). Mais vers 17 h, le 14 septembre, une lueur pointe dans le chaos : il semblerait que l’effet de dramatisation ait porté ses fruits, et que ceux-ci vont nourrir le grand corps malade que constitue le pays. C’est au cours de la soirée que se dessine peu à peu l’importance du verbe - pardon, du mot - qui illustre le génie belge du compromis quand les Belges veulent bien en convenir : pour ce qui concerne l’épineux problème des bourgmestres « non nommés » faisant actuellement fonction de bourgmestres, par exemple, pour lesquels on avait émis l’hypothèse qu’ils pourraient porter le titre de bourgmestres « réputés »[171], il semble décidé qu’ils seront finalement appelés bourgmestres « désignés »[172] - faisant fonction de bourgmestres tout court. Ce choix hautement politique explique pourquoi d’humbles citoyens belges, comme Christian Pierre ou Éric Vennin, arrivent parfois à battre les champions du monde de scrabble : ils sont empreints d’une culture où certains mots comptent double ou triple par rapport à d’autres tout en étant synonymes. Le 14 septembre 2011 devient donc une journée historique[173] pour les Francophones et les Flamands - cette convergence d’avis constituant en elle-même une sorte de record - bien que la N-VA (qui parle de cauchemar[174]) et le FDF (qui lance un défi à son partenaire MR[175]) ne soient pas d’accord avec les huit négociateurs. Le bastion BHV n’est peut-être pas encore tombé, d’autant que la poursuite des négociations doit aborder d’autres domaines, comme le socio-économique avec une nouvelle loi de financement, où les sensibilités peuvent varier du tout au tout, et que par essence, en Belgique, « tant qu'il n'y a pas d'accord sur tout, il n'y a d'accord sur rien[176] ».

Acte XXI - Plateau videModifier

 
Entrée d'un artiste

Entre le 14 septembre et le 21 novembre, toute l'action se passe en coulisses. De temps à autre, les étoiles de la danse traversent le plateau d'une allègre menée, se piétinant à moitié les uns les autres, et avec un étincelant sourire que la presse célèbre aussitôt, applaudissant les petits pas toujours péniblement engrangés et souvent dans une grande tension :

  • Le problème BHV est résolu ! (14 septembre)
  • Le refinancement de Bruxelles est résolu ! (20 septembre)
  • Le problème BHV judiciaire est résolu ! (4 octobre)
  • On va avoir un gouvernement ! (13 octobre) Mais sans les Verts parce que les Bleus n'en veulent pas, et ces derniers perdent au passage leurs alliés amarantes, ce qu'il comptent faire payer cher ;
  • On a trouvé des sous avec une rente nucléaire de 550 millions d'euros !
  • Elio est un chef !

Reste qu'Elio parle plus mal le néerlandais qu'une femme de ménage nigériane immigrée depuis deux ans selon Bart[177] et que Bart parle le français sans doute avec plus d'assurance mais aussi mal[178]. Reste aussi que l'Europe est à la dérive financière, qu'il faut établir un budget belge pour 2012, que l'Union européenne exige ce budget sous peine d'amende de 708 millions qui s'ajouteraient aux 11 milliards et quelques qu'il faut économiser et que la fin de l'année 2011 approche à grands sauts. Saint-Nicolas a déjà fait le tour des Delhaize mais il n'avait de cadeaux pour aucun contribuable. Les traiteurs planchent sur les repas de réveillons depuis pas mal de temps mais l'élaboration du menu des discussions théâtrales reste bloqué au choix du plat principal car on ne trouve personne qui veuille le payer : les petites gens et les socialistes acceptent mal de devoir ouvrir leur bourse à cause des inepties imaginées par les banques tandis que les classes moyennes et les libéraux hurlent qu'il y a déjà trop de taxes. Comme d'habitude, en cas de blocage important, certains proposent une solution car l'imagination est toujours vive au plat pays. En l'occurrence, c'est Bart le champion qui se dévoue : il affirme être capable de former un gouvernement d'urgence socio-économique avec les familles libérale et social-chrétienne[179] - exit les socialistes, dans ce cas, et plus particulièrement ce cher Elio que Bart respecte fort[180] mais qu'il ne pourrait embrasser même pour une campagne Benetton[181]. Un peu partout dans le monde, des indignés manifestent ; en Belgique qui bat tous les records d'absence de gouvernement en pleins pouvoirs, on ne s'indigne pas (ou si peu) : on laisse faire les politiques qui ne créent qu'une nouvelle remise de démission à Bébert. L'entrée des artistes reste close ; il n'y a toujours personne pour occuper le 16 rue de la loi.

Acte XXII - La parade de la honteModifier

 
Réduction (pour piano à 4 mains)

« On aura donc ajouté l’infamie à l’irresponsabilité. La Belgique a finalement accouché en une nuit d’un budget et quasi d’un gouvernement. Avec la peur au ventre et les marchés aux trousses. Le gouvernement Di Rupo, à peine né, est déjà marqué au fer rouge de cette note du déshonneur, ce « AA avec perspective négative ». Assorti de cette explication à rougir de honte mais qu’on n’aura pas volée : « L’échec de la formation du gouvernement par le biais duquel aucune réforme fiscale et structurelle importante ne peut voir le jour. » »

— Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef du journal Le Soir[182]

Oui, c'est de l'extérieur qu'est venu le salut : il a suffi qu'une agence de notation financière, Standard & Poor's, se décide à réduire d'un A la note belge pour qu'une sorte de miracle se produise. Après 579 jours de crise, les négociateurs ont réussi en seulement 17 petites heures d'affilée à se mettre d'accord non sur un budget (2012) mais sur trois (2012, 2013, 2014) et le public a pu admirer dans la soirée du 26 novembre, sur les plateaux de télévision, la parade de sourires des 6 étoiles responsables.

Acte XXIII - Dansons la CarmagnoleModifier

En quelques jours, les étoiles s'accordent sur tout ce qui cloche encore. On passe donc à la danse suivante, la Carmagnole :

Dansons la Carmagnole (bis)
vive le son vive le son (bis)
Dansons la Carmagnole
vive le son du pognon[183]

Bart-Monsieur neen avait promis (bis)
d'entuber tous ses ennemis (bis)
Mais s'il en a menti
est quand mêm' bien loti[184].

Ce qu'il n'a pas encor' détruit (bis)
aujourd'hui toujours se poursuit (bis)
même si c'est vrai fortuit
et que c'est pas gratuit[185].

Yves Leterme avait promis (bis)
de garder la barre emmi (bis)
et il a réussi
malgré tous ses soucis[186].

Les syndicats ont rebondi (bis)
vendredi contre les bandits (bis)
mais gagnant leur pari[187]
ils rest' pourtant marris…

Le bel Elio avait promis (bis)
de ne rien faire à demi (bis)
et il a bien construit
son travail près d'autrui[188],[189].

Acte XXIV - FinalModifier

 
Baisser de rideau.
 
Papillon Ier

Après 589 jours (depuis la chute du dernier gouvernement) ou 541 jours (depuis les dernières élections) sans gouvernement, après moult accords difficilement élaborés, les négociateurs ont encore eu besoin de 19 heures d'affilée pour se mettre d'accord sur le nombre de personnes qui composeront le gouvernement Papillon Ier car là aussi l'équilibre linguistique s'est joué sur la corde raide.

Mais enfin la nouvelle tombe le 5 décembre 2012 : Elio Di Rupo, formateur qui comprend parfaitement le néerlandais mais le parle mal, sera un Premier linguistiquement asexué[190] entouré de 6 vice-premiers ministres (3 francophones et 3 néerlandophones), de 6 ministres (3 néerlandophones et 3 francophones) et de 6 secrétaires d'état (2 francophones et 4 néerlandophones), issus sans vices de forme des principales familles politiques de Belgique - hormis la N-VA et les Verts néerlandophones et francophones.

Le Ballet-comique prend donc fin. Après la visite du papillon-superstar chez Bébert qui va pouvoir souffler un peu, les artistes vont tirer leur révérence avant de rejoindre leurs loges, juste à temps pour pouvoir fêter, après celle des étudiants, la Saint-Nicolas traditionnelle du 6 décembre. Ensuite vont reprendre le cours normal des leçons et la préparation d'autres spectacles car de nouvelles crises se profilent[191].

Des mots qui fâchentModifier

Certains politiciens ont utilisé des mots qui peuvent laisser des traces et durcir le ton des opposants politiques ou de l’opinion publique car ces « bons mots » sortent du cadre du mode de communication consensuel habituel en Belgique.

On relève ainsi pour Yves Leterme (avant d’être premier ministre) :

  • la comparaison entre la RTBF et la « radio mille collines »
  • l’affirmation que les francophones « ne sont apparemment pas en état intellectuel d’apprendre le néerlandais »[192]
 
Papier toilette imprimé utilisable.

Bart De Wever se montre également champion dans ce domaine :

  • « Je pense qu’il n’y a pas de minorité francophone en Flandre. Il y a des immigrants qui doivent s’adapter[193]. » ;
  • [les Wallons sont-ils disposés à] « abandonner le fédéralisme de l’argent de poche[194] » ;
  • « l’amnésie wallonne concernant ses collabos[195],[196] » ;
  • « [La Belgique est] l’homme malade de l’Europe (…) [l’argent que la Flandre transfère aux Wallons ne peut être] une perfusion, comme de la drogue pour un junkie[197] » ;
  • « [les Wallons ont] une nature criminogène[198] » ;
  • « Le Soir est honnêtement dit un journal qui n’est même pas bon à utiliser comme du papier toilette[199]. »

Les premières pointures de la politique ne sont pas les seuls à proférer des mots qui fâchent. Serge Van Damme, échevin des finances de La Panne en est un exemple : parlant des Wallons du Borinage, il dénonce un « flux massif » de « touristes de l’aide sociale » qui « ne parlent que le français, ce qui ne fait qu’aggraver la francisation de La Panne », envers lesquels les Flamands ne doivent « faire preuve d’aucune solidarité », et qui sont « des parasites de la démocratie. » Des propos que les Francophones jugent inacceptables et qui sont relayés par la presse étrangère[200].

 
Cabillaud au large d’Ostende, langage non déterminé.

Il arrive que certains mots flamands, cependant, fâchent même les Flamands. Par exemple les propos d’une nouvelle figure de la N-VA, l’avocat d’assises Vic Van Aelst, pour qui le français est devenu « een onbeduidende taal » (une langue insignifiante)[201]. : « De Vlamingen moeten ophouden met de Franse lessen op school, de Vlamingen moeten ophouden met de zweep te weven die hen al 180 jaar slaat. Waarom zouden we in Vlaanderen niet doen wat in Wallonië al 180 jaar gebeurt? Daar onderwijzen ze toch ook Engels als tweede taal? Dat wij Frans geven, wordt door de Franstaligen als excuus gebruikt om hier Frans te spreken. De Franstaligen zullen hun strijd pas staken als de kabeljauw voor de kust van Oostende Frans spreekt. » (Les Flamands doivent arrêter les cours de français à l'école, les Flamands doivent arrêter de tendre le bâton qui les bat depuis 180 ans. Pourquoi ne ferions-nous pas en Flandre ce qui est fait en Wallonie depuis 180 ans? N’y enseignent-ils pourtant pas aussi l'anglais comme deuxième langue ? Le fait que nous enseignions le français est utilisé par les francophones comme excuse pour parler le français ici. Les francophones n'arrêteront leur lutte que lorsque le cabillaud au large de la côte d'Ostende parlera français.) Ces propos, relevés dans la presse française[202], ont aussitôt subi les critiques parfois fort acérées d’hommes politiques de tous les partis flamands comme de simples citoyens[203].

Des mots qui font rire (jaune)Modifier

  Chère visiteuse, cher visiteur, nous regrettons, mais nous n'avons pas compris votre question. Sachez tout de même que la réponse ultime est 42. Si cela ne répond pas à votre question, nous vous invitons à reformuler celle-ci de manière claire et néanmoins courtoise, afin que nous puissions tenter d'y répondre.
 
Pendant l’accouplement.

Prononcés par Bart de Wever :

  • « Un attentat sur tout le monde qui travaille », « une réforme de bric à brac », « la note n'est pas au niveau zéro mais sous zéro »[204] ;
  • « En Belgique, je suis à la recherche de socialistes qui auraient la même vision et le même courage »[205] (que Gerhard Schröder) - sous-entendu : Elio Di Rupo compte pour des prunes alors que, dans leur ensemble, les commentateurs viennent de le féliciter pour son audace.
  • « Di Rupo est perfide ou incompétent[206] »
  • « Dans ce cas, je courrais certainement vers l'échec » - le cas de figure étant que le roi lui confie une nouvelle mission[207]

Prononcés par la presse :

  • « Il [Bart De Wever] matraque[208] »
  • Le CD&V est le « caniche servile des nationalistes flamands » ou un « parti croupion incapable de prendre des décisions.[209] »
  • [À propos du CD&V :] « Le deuxième, pathétique, ressent le terrible pressentiment du mâle de la mante religieuse après l’accouplement, mais veut se persuader qu’il est encore vivant et puissant.[210] »
  • « CD&V, ce parti de girouettes, de pleutres et de mollassons (...) CD&V, un parti désormais aux mains d’apprentis sorciers. Ces Voldemort qui rôdent rue de la Loi.[211] »
  • « De Wever n’est pas un Européen ! Il se sert de l’Europe comme d’un cache-sexe pour faire avancer son projet identitaire. Et il n’est pas démocrate. Il rêve d’une démocratie dirigée.[212] »

Prononcés par Eric Van Rompuy :

  • [Bart De Wever]« a quitté le Tour et se prépare pour le Tour de Flandre et le Grand Prix de l'Escaut (...) Il n'a plus rien à gagner, vu qu'il n'a pas pu ou voulu dominer les grands cols du Tour. Qu'il quitte le Tour ne changera rien à sa prime de départ ni à son salaire annuel. (...) [Elio Di Rupo] a passé des accords avec les autres chefs d'équipe pour que Beke ne remporte ni étapes ni maillot. Il n'a pas la classe pour remporter le Tour. [Il] n'a pas l'équipe pour contrôler les baroudeurs. (...) Chacun veut-il réellement voir les Champs-Élysées ou une partie du peloton mettra-t-elle pied à terre parce que ce Tour est trop dur et qu'il n'y a plus d'honneur à en tirer ?[213] »

L'impossible tuyauterie institutionnelle belgeModifier

 
Là on devrait s’y retrouver.

Vue de l’étranger, la Belgique présente une « impossible tuyauterie institutionnelle belge »[214]. Vue de l’intérieur, étant donné que la tuyauterie institutionnelle est tellement complexe que la majeure partie de la population n’en a pas de connaissance précise et se trouve dans l’impossibilité d’en citer tous les rouages, l’adjectif « impossible » est tout aussi parfaitement adéquat.

Voici le résumé de la situation belge : actuellement, en 2011, il y a, outre le problème de langue, dissension et opposition forte entre le nord (flamand, riche, majoritairement à droite) et le sud (wallon, pauvre, majoritairement à gauche), les deux voulant Bruxelles (bilingue à population majoritairement francophone, riche mais pauvre, majoritairement au centre-écolo, mais territorialement située dans le nord tout près de la « frontière » nord-sud) qui, elle, veut rester une région à part entière.

Bruxelles n’est pas une capitale, Bruxelles est des capitales : capitale de la Belgique, capitale du nord (de la Flandre), capitale de la Communauté française de Belgique (dite officieusement Communauté Wallonie-Bruxelles et Fédération Wallonie-Bruxelles) et capitale européenne. Bruxelles n’est pas la capitale du sud : c’est Namur qui est la capitale de la Wallonie, mais la Wallonie a plusieurs capitales : Namur capitale politique, Mons capitale culturelle, Liège capitale économique.

Si le nord (flamand) constitue une région linguistique unie par la langue des Pays-Bas (néerlandais), le sud est composé de deux régions linguistiques :

  • à l’ouest/sud/sud-est/est la Wallonie où l’on ne parle pas officiellement le wallon mais la langue de la France (français)
  • à l’est les Cantons de l’Est où l’on parle la langue de l’Allemagne (allemand).
 
Parlement fédéral belge.
 
Parlement flamand.
 
Parlement wallon, au pied de la citadelle de Namur.
 
Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale.

Pour gérer tout ça, il y a (toujours actuellement) plusieurs parlements, de multiples gouvernements et même des commissions :

  1. à Bruxelles/Brussel, le Parlement fédéral belge composé de la Chambre des représentants de Belgique et du Sénat pour toute la Belgique ;
  2. à Brussel, le Parlement flamand pour les néerlandophones du nord (Région flamande), de Brussel (mais attention : voir COCOM ci-dessous), des communes à facilités mais pas pour les néerlandophones de la Région wallonne ;
  3. à Bruxelles/Brussel, le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale ;
  4. à Namur, le Parlement wallon pour le sud (Région wallonne) ;
  5. à Bruxelles, le Parlement de la Communauté française de Belgique dite aussi Communauté Wallonie-Bruxelles ou Fédération Wallonie-Bruxelles ;
  6. à Eupen, le parlement de la communauté germanophone ;
  7. à Bruxelles/Brussel, le gouvernement fédéral (gouvernement en affaires courantes depuis le 22 avril 2010, mais aux pouvoirs renforcés anticonstitutionnellement selon certains) ;
  8. à Brussel, le Gouvernement flamand pour le nord et pour certaines personnes de Brussel qui ont choisi la communauté flamande ;
  9. à Bruxelles/Brussel, le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale ;
  10. à Namur, le Gouvernement wallon pour le sud et l’est (Région wallonne) ;
  11. à Bruxelles, le gouvernement de la Communauté française pour les francophones de la Région wallonne, de la Région de Bruxelles-capitale (mais attention : voir COCF et COCON ci-dessous), des communes à facilités mais pas pour les francophones de la Région flamande ;
  12. à Bruxelles, la Commission communautaire française de la Région de Bruxelles-Capitale ou COCOF ;
  13. à Brussel, la Commission communautaire flamande ou COCON (en néerlandais Vlaamse Gemeenschapscommissie ou VGC) ;
  14. à Brussel, la Commission communautaire commune ou COCOM (en néerlandais Gemeenschappelijke Gemeenschapscommissie)[215] ;
  15. à Eupen, le Gouvernement de la Communauté germanophone de Belgique.

Á noter qu’il n’y a pas de gouvernement de la région flamande même si la Région flamande existe. Ses compétences sont reprises par la Communauté flamande.

À part ça, il y a encore et aussi les partis politiques bien entendu - trop pour qu’on s’amuse à les comptabiliser.

Il faut plutôt parler des « familles » ; jadis c’était simple, mais chaque famille a été scindée linguistiquement et « a pu évoluer indépendamment » :

  • les chrétiens (qui sont devenus le CD&V flamand et le CdH francophone) ;
  • les libéraux (qui sont devenus l’OpenVLD flamand et le MR francophone, celui-ci étant composé lui-même de plusieurs partis dont le FDF issu de Bruxelles) ;
  • les socialistes (qui sont devenus le SP.A flamand et le PS francophone).

Sont apparus au fil de temps :

  • la famille écologique également répartie en deux sections linguistiques (Groen! flamand et Ecolo francophone) qui gardent entre elles des rapports de réflexion étroits — ce qui n’est plus le cas dans les autres familles ;
  • des partis nationalistes ou indépendantistes et même rattachistes (flamands comme wallons). Dans ce groupe-là, la N-VA qui, depuis les élections de juin 2010 où elle est devenue le plus important parti nationaliste flamand, constitue un sérieux grain qui empêche la roue de tourner au niveau fédéral. Son homme politique le plus en vue est « monsieur NON » (selon les francophones et certains flamands), Bart De Wever.

La fixation de la frontière linguistique (résultat de l'évolution des situations fixées par des lois de 1878, 1921, 1932, 1962 et 1963) suivie de la fédéralisation du pays dans les années 1970 et la dualisation des partis politiques ont créé une situation unique au monde : il n'existe plus, en Belgique, de parti politique national ni de circonscription électorale nationale (fédérale), ce qui rend impossible la responsabilité d'élus flamands devant des électeurs francophones et vice versa. « Cette confiscation de la démocratie par les partis va très loin : même si les Flamands voulaient voter pour des partis défendant la fédération belge et l’unité du pays, ils ne pourraient tout simplement pas le faire, car ils n’ont plus le choix qu’entre des partis indépendantistes ou confédéralistes, plus aucune force politique flamande ne défendant un renforcement du niveau fédéral… Et comme les partis flamands refusent d’organiser un référendum sur l’indépendance de la Flandre ou sur toute autre forme de souveraineté-association, c’est l’ensemble du débat démocratique qui est confisqué par les forces politiques[216]. »

Le pouvoir du roiModifier

Il y a toujours aussi un roi (Albert II de Belgique, dit Bébert) qui n’a pas de pouvoirs sauf lorsque le gouvernement fédéral tombe en panne et c’est pour ça qu’il n’a pas uniquement de rôle représentatif comme dans d’autres pays. Il lui appartient de nommer un (ou des, si nécessaire) informateur, pré-formateur, formateur, explorateur, démineur, médiateur, conciliateur ou clarificateur pour tenter de trouver la formule qui permet aux familles politiques de constituer un gouvernement et à sa propre personne de prendre les vacances que son âge justifierait aisément.

La Belgique étant un État fédéral constitutionnellement monarchique, le roi des Belges peut y régner mais non la gouverner. Chef théorique du pouvoir exécutif, son rôle se limite officiellement à la co-signature des lois votées par le Parlement. Symbole du pays, il se doit d’être neutre, trilingue, présent souriant aux manifestations heureuses, ou digne et attristé aux malheureuses qui requièrent sa présence. Il s’adresse traditionnellement à la nation, par l’intermédiaire de la télévision et de la radio, deux fois l’an, dans ses discours de Noël et du 21 juillet où chaque mot - en dehors des formules de vœux -, bien décortiqué, est pesé tant avant sa diffusion qu’après.

Le roi est donc tenu de se tenir au courant de la situation du pays : il s’informe informellement auprès de divers relais[217] et il reçoit, chaque lundi, le premier ministre pour des colloques singuliers où il est somme toute difficile de déterminer qui est le médecin et qui est le patient.

La crise 2010-2011 le fait sortir de ce rôle constitutionnel à tel point qu’un des pontes de la N-VA, dès décembre 2010, pointe le fait - en français dans le texte - : « Albert II, il règne et il gouverne »[218].

Lorsqu’il prie le premier ministre démissionnaire, le 2 février 2011, de prendre « les dispositions nécessaires pour répondre dans un proche avenir aux exigences européennes en matière de politique budgétaire et de réformes structurelles pour les prochaines années », Bébert opère un « coup d’État constitutionnel en Belgique[219] » que relève immédiatement le professeur de droit constitutionnel Christian Behrendt, mais que tout le monde accepte, tant au niveau des politiques qu’à celui du public, car la Belgique en est arrivée au point d’admettre que la fin justifie les moyens[220].

À se demander pourquoi, l’Union faisant la force, le roi ne va pas plus loin en s’accordant avec son fils, le prince héritier des bobos belges, pour deux abdications successives : la sienne au profit de Philippe et celle de Philippe au profit de sa fille qui devrait être la première femme autorisée à régner en Belgique – pour autant que la Belgique soit encore un royaume lorsque l’enfant atteindra sa majorité en 2019. Ces deux abdications successives impliqueraient que jusqu’à cette date, il faudrait une régence. Or l’article 197 de la constitution belge prévoit que pendant une régence, on ne peut modifier les pouvoirs constitutionnels du roi ni les articles 85 à 88, 91 à 95, 106 et 197 de la constitution. « La famille royale dispose donc virtuellement d’un moyen constitutionnel pour cadenasser pendant plusieurs années la scission du pays[221]. » Elle n’emploiera toutefois pas ce moyen car la bisbrouille (belgicisme pour bisbille) règne là aussi[222].

Autres donnéesModifier

 
Solidarité - droit du sol.

Un « ciment » existe en Belgique par la très importante sécurité sociale (pensions, soins de santé, allocations familiales, etc.) que certains remettent en cause pour le moment et qui pourrait servir de monnaie d’échange dans le cadre d’un nouveau compromis.

Une hypothétique solution à la crise doit aussi tenir compte du « problème des transferts d’argent » : la partie la plus riche du pays donne de l’argent à la partie la plus pauvre, par soldarité. Au XIXe siècle, c’était la Wallonie qui a aussi accueilli beaucoup de travailleurs flamands ; certains sont restés et parlent français. Au XXe siècle, c’est la Flandre qui s’est mise à donner des fonds ; si la Wallonie se porte mieux actuellement, le rééquilibrage n’est pas encore atteint et certains Flamands voudraient directement payer moins.

Un nouvel élément s’est greffé aux anciens : les francophones qui se sont installés en Flandre, au XXe siècle, l’ont fait soit à la côte (traditionnel lieu de vacances de la bourgeoisie d’abord, des ouvriers ensuite) soit dans les communes périphériques flamandes de Bruxelles et là cela donne des endroits « en Flandre » où l’on parle plus français que flamand ce que ne plait pas à bien des Flamands. Il existe donc des réglementations flamandes qui interdisent de parler français dans les conseils communaux, dans les administrations communales, dans les commerces, etc.[223], et en certains endroits, si on n’est pas d’origine flamande ou parlant flamand, on ne peut pas acheter un terrain ou un logement[224]. Ce phénomène-là, récent, est propre à la Flandre ; on ne le rencontre nulle part ailleurs en Belgique ; et il déplait à l’Europe qui s’est déjà vue dans l’obligation d’envoyer en Belgique une mission d’enquête dont le chef de délégation, Michel Guégan, n’a pas vraiment mâché ses mots. Cela n’a pourtant donné aucun résultat concret sur un territoire à géométrie variable[225]

La Belgique a signé le 31 juillet 2001 la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales du Conseil de l’Europe, sans pour autant la ratifier[226], ce qui ne permet pas de classifier les francophones de Flandre comme « minorité » ni a fortiori de leur donner des droits ; l’existence de cette minorité est cependant reconnue dans l’Encyclopedie van de Vlaamse Beweging (Encyclopédie du mouvement flamand) : « Qu'il y ait en Flandre, depuis de nombreux siècles, une petite minorité francophone, est un fait établi[227] » et confirmée dans la Nieuwe Encyclopedie van de Vlaamse Beweging (Nouvelle encyclopédie du Mouvement flamand)[228]. D’autre part, la Belgique doit présenter pour mai 2011 un rapport pour son examen devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies ; ce texte, élaboré par le ministre fédéral des Affaires étrangères, Steven Vanackere, élude un certain nombre de problèmes communautaires selon des francophones. L’Association pour la promotion de la francophonie en Flandre, après avoir annoncé début avril 2011 qu’elle demanderait l’aide des Nations unies[229], a donc déposé le 21 du même mois, contre la Flandre, une plainte portant sur des « violations des droits de l’homme flagrantes et systématiques » en matière de droits culturels[230].

ConclusionModifier

Il est difficile de séparer les questions sociale, politique, économique et linguistique dans ce contexte. On ne peut pas séparer nettement les diverses composantes à l’origine de la « crise belge » actuelle où l’élément linguistique, certes mis en avant car facile à agiter, n’est pas nécessairement prépondérant, ce qui implique de parler de « divergences idéologiques et politiques entre le nord et le sud du pays ». On peut dire que le séparatisme flamand a les mêmes ressorts que celui de la Ligue du Nord, avec cet avantage qu’il peut « rationaliser » ces pulsions séparatistes en invoquant une incompatibilité « ethnique » entre les deux parties du pays.

Comme solution à la crise, certains avancent la proposition d’une nouvelle consultation populaire mais cela est difficilement envisageable étant donné le résultat de celle de 1950. Et de nouvelles élections, auxquelles chacun se prépare en catimini[231], risqueraient de renforcer l’antagonisme entre le nord et le sud.

La population belge commence à trouver saumâtre l’attente d’un gouvernement opérationnel légitime ; même si elle a mis de temps à réagir, elle s’y est mise : « la révolution moules-frites est en route »[232],[233], et même celle des frites tout court[234]. Et, après avoir campé devant le siège du gouvernement, après avoir pensé à se laisser pousser la barbe ou avoir ironisé sur l’appel le 8 février 2011 de Marleen Temmerman à faire la grève du sexe, la société civile a commencé à faire preuve d’une imagination plus territoriale, gentiment utopique[235] ou carrément délirante[236].

La traditionnelle auto-dérision belge - celle que Marc Uyttendaele définit comme le « sport très national d’auto-flagellation »[237] - s’est manifestée à nouveau à l’occasion du 1er avril 2011 : jouant sur les mots et les faits, elle a annoncé, du côté francophone, une dénomination potentielle (« déboucheur »)[238] pour un nouveau délégué royal d’autant plus improbable qu’il vient de perdre son fief[239] malgré sa célébrité devenue légendaire[240] et, parodiant à la fois la venue réelle d’émissaires européens pour examiner la situation belge[241] et les relations toujours ambigües de la Belgique vis-à-vis de son ancienne colonie, elle s’est offert le luxe d’un émissaire de l’ONU proposant une palabre au pied d’un baobab du Jardin botanique de Meise[242] - institution fédérale depuis longtemps revendiquée et colonisée par la Flandre[243].

Fin avril, pour célébrer une année de crise, le quotidien Le Soir a demandé à ses lecteurs de résumer la situation en une phrase ; ils ont sélectionné la meilleure sentence : « S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problèmes », suivie par « Ne leur pardonnez pas, car ils savent ce qu’ils font » et par « Nous étions au bord du gouffre, on a fait un grand pas en avant »[244]. L’humour belge est constant. Il doit aider les citoyens à relativiser cette crise politique puisque « les Belges sont de plus en plus heureux[245]. » L'humour n'exclut pas la foi ; et même si, selon le proverbe « la foi déplaçe les montagnes », peu de gens pourraient imaginer que le signal de Botrange puisse glisser jusqu'à une « Vlaamse Kust » qui existait déjà à l'époque romaine[246] ; certains pensent cependant qu'il est souhaitable d'invoquer une entité immatérielle pour résoudre la crise belge et appellent à une prière nationale[247].

 
David Van Reybrouck, l’un des 3 porte-paroles des organisateurs du G1000.

Pour le 13 juin 2011, date anniversaire des dernières élections, un groupe de 27 citoyens belges (dont les langues maternelles sont le néerlandais, le français, l’allemand, le turc et le lingala), universitaires, artistes, activistes, animateurs dans les médias et le secteur culturel, lancent sur internet le « G1000 » pour proposer la première expérience politique de démocratie délibérative en Belgique et trouver en un an, à partir des idées émises et discutées par 1000 citoyens, une solution à l’avenir démocratique du pays, estimant que « la démocratie délibérative pourrait bien être la démocratie de l’avenir. (...) Elle est la Wikipedia de la politique[248] ».

« Sauver la Belgique » reste le slogan qui a la cote chez certains : même Spirou, le journal des enfants, s’y met en annonçant la sortie d’un numéro spécial sur ce thème pour la veille du 21 juillet, fête (encore) nationale[249].

Notes et référencesModifier

  1. depuis la chute de Leterme II, le 26 avril 2010
  2. depuis les élections législatives fédérales du 13 juin 2010
  3. Le roi accepte la démission du gouvernement sortant, mais celui-ci reste de plein droit en exercice jusqu’à la prestation de serment du gouvernement suivant. La tradition veut que seules les affaires courantes soient expédiées et qu’aucun texte de loi ne soit pris qui engagerait ou déterminerait l’action du gouvernement suivant. Christian Behrendt, professeur de droit constitutionnel à l’ULg, dans Le Soir du 28 janvier 2011 : « … à ce jour, M. Leterme a certes démissionné officieusement – le Roi a accepté cette demande le 26 avril dernier – mais officiellement, aucun acte de démission n’a encore été posé : la meilleure preuve en est qu’il est toujours en poste. Contrairement à la démission officieuse, qui se fait par simple communiqué du Palais, la démission officielle nécessite par ailleurs l’adoption d’un arrêté royal publié au Moniteur – et pour M. Leterme, un tel arrêté n’existe pas. La seconde chose qu’il faut savoir – et elle est encore plus fondamentale que la première – c’est que le Roi a parfaitement le droit de refuser officiellement une démission qu’il a pourtant préalablement acceptée d’une manière officieuse ; en d’autres termes, la démission officieuse du Premier ministre ne conduit pas nécessairement à sa démission officielle. »
  4. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, livre premier, 1.
  5. Baudouin Decharneux, « De tous les peuples de la Gaule les Belges sont les plus braves », dans Anne Morelli (dir.), Les Grands Mythes de l’histoire de Belgique, de Flandre et de Wallonie, éditions Vie Ouvrière, Bruxelles, 1995 (ISBN 2-87003-301-X), p. 2.
  6. (nl) Dr. C. Smit, De conferentie van London. Het Vredesverdrag tussen Nederland en België van 19 april 1839, E.J. Brill, Leiden, p. 212.
  7. Le chant estudiantin La Brabançonne d’une Putain (texte en ligne) a été repris par Pierre Perret dans discographie en ligne consulté le 4 mars 2011.
  8. Sujet du journal télévisé de la RTBF de 19 h 30 diffusé le 4 mars 2011.
  9. Ce texte est celui de l’hymne national français, la Marseillaise.
  10. « Yves Leterme chante la Marseillaise au lieu de la Brabançonne » dans La libre Belgique, quotidien belge, 22 juillet 2007.
  11. Christian Laporte, « Un nœud gordien belge qui remonte à 14-18 » dans La Libre Belgique, quotidien belge, 11 novembre 2008.
  12. (nl) Enquête à partir de documents d’époque et photos en ligne.
  13. Nathalie Schiffino, Crises politiques et démocratie en Belgique, L’Harmattan, 2003, 302 p. (ISBN 2747547558), p. 126.
  14. François Perin, La Belgique au défi. Flamands et Wallons à la recherche d’un état, imprimerie coopérative, Huy, 1962 cité dans Jules Gheude, L’incurable mal belge sous le scalpel de François Perin, Mols, 2007, p. 25.
  15. « Baudouin canonisé ? » dans Vers l’Avenir, quotidien belge, 28 juillet 2008.
  16. « Parlement européen : première apparition et premier couac pour Van Rompuy » dans Vers l’Avenir, quotidien belge, 24 février 2010.
  17. Une femme, qui vient de perdre son mari et un enfant dans la catastrophe de Buizingen du 15 février 2010 explique au journal parlé de la RTBF, le 17 février 2011, que sa demande de constitution de partie civile a été rejetée parce que sa procédure a été initiée en français ; le procès doit se dérouler en flamand à Hal même si plus des trois quarts des victimes étaient francophones et si leurs familles ne connaissent pas cette langue. Obligée de recommencer la procédure en flamand (langue dont elle n’a qu’une connaissance scolaire), elle compare cette disposition à celle qui a été mise en place pour le procès de la catastrophe de Ghislenghien qui s’est déroulé en territoire francophone et où des dispositions ont été prises pour l’accès à la procédure par les néerlandophones. L’interview diffusée à la radio par la RTBF le 17 février 2011 est relayée dès l’après-midi par les sites de divers quotidiens francophones dans l’après-midi - par exemple : 7sur7.be, lesoir.be, lalibre.be, dhnet.be consultés le 17 février 2011 - mais n’est pas reprise au journal télévisé de la chaine, le soir. Le résumé publié sur le site de la RTBF (consulté le 17 février 2011) modère cette interview sans donner pour autant de références légales.
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  96. « 1 p’tit bonhomme sans rire » est, en Belgique, le nom d’un jeu enfantin qui consiste à chantonner « 1 p’tit bonhomme sans rire, 2 p’tit bonhomme sans rire, 3 p’tit bonhomme sans rire », etc. tout en sautillant sur place, bras et mains repliés mais index levés, jusqu’à ce que quelqu’un éclate de rire, ce qui donne le perdant
  97. Entrée démissionner du CNRTL
  98. Olivier mouton et William Bourton, « La justification d’un gouvernement disparaît » dans lesoir.be, 4 février 2011, consulté le 26 avril 2011.
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  107. « Consultations : les inconnues sont nombreuses » dans lesoir.be, 13 mai 2011, consulté le 13 mai 2011.
  108. M. Dum., « Sire, nommez une femme ! » dans lavenir.net, 12 mai 2011, consulté le 13 mai 2011.
  109. « Après l'été, aucun accord ne sera plus possible » dans levif.rnews.be, 13 mai 2011, consulté le 13 mai 2011.
  110. « Elio Di Rupo est formateur » dans lavenir.net, 16 mai, consulté le 17 mai 2011
  111. Pascal Belpaire, « Coup de théâtre » dans lalibre.be, 8 juin 2009, consulté le 17 mai 2011.
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  116. Les choses sérieuses commencent ce mardi dans lalibre.be, 24 mai 2011, consulté le 24 mai 2011.
  117. Bloque : belgicisme désignant la période de préparation intensive des examens.
  118. Yves Leterme: "Les performances wallonnes sont d'un niveau mondial dans lameuse.be, 24 mai 2011, consulté le 24 mai 2011.
  119. « Une députée N-VA provoque l'hilarité malgré elle à la chambre » dans lalibre.be, 1er juin 2011, consulté le 2 juin 2011.
  120. « Je veux bien être solidaire des Turcs, je ne veux plus l’être des Wallons. » - lire Pierre Havaux, « Vic Van Aelst (N-VA) mange du francophone à tous les repas » dans levif.rnews.be, 26 mai 2011, consulté le 2 juin 2011.
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  223. Dirk Vanoverbeke, « Tout ce qu’il faut savoir avant de s’établir au Nord du pays » dans Le Soir, quotidien belge, 18 mars 2010.
  224. « Vilvorde contrôle à nouveau la connaissance du flamand pour la vente de maisons » dans Le Soir, quotidien belge, 8 décembre 2010.
  225. « Une carte montre la Flandre indépendante » dans Le Figaro, quotidien français, 17 aout 2010 ; autre présentation à volonté humoristique.
  226. La ratification devrait être faite par chacun des 6 parlements régionaux puis transmise au parlement fédéral qui a aussi son mot à dire, et enfin à la Direction générale des Relations multinationales (M3) qui traite des relations avec le Conseil de l’Europe. Mais il faut d'abord que la définition même de la notion de minorité nationale soit identique dans toutes les régions, ce qui n'est pas le cas en Belgique, jusqu'à présent. Lire « Rudy Demotte appelle à une concertation belge sur les minorités nationales » dans lalibre.be, 2 mai 2011, consulté le 3 mai 2011.
  227. (nl) Encyclopedie van de Vlaamse Beweging, Lannoo, 1973, 2117 p.
  228. (nl) Nieuwe Encyclopedie van de Vlaamse Beweging, Lannoo, 1998, 3799 p., p. 2964.
  229. (nl) « Franstaligen vragen VN-hulp voor bescherming culturele rechten in Vlaanderen » dans demorgen.be, 6 avril 2011, consulté le 28 avril 2011.
  230. « Des francophones de Flandre déposent plainte à l’ONU » dans lesoir.be, 28 avril 2011, consulté le 28 avril 2011.
  231. David Coppi et Véronique Lamquin, « Que faites-vous le dimanche 22 mai ? » dans Le Soir, quotidien belge, 11 février 2011.
  232. Philippe Geluck, « La révolution moules-frites est en cours » dans RTL Info, 22 janvier 2011.
  233. Raphaël Meulders, « La révolution "moules-frites" » dans La Libre Belgique, 24 janvier 2011.
  234. Distribution gratuites de frites, et danses, ont été les moyens utilisés par plus de 5 000 étudiants, tant néerlandophones que francophones, pour manifester leur ras-le-bol le 17 février. Leur action a été signalée dans les médias néerlandophones (exemple : (nl) dans standaard.be, consulté le 17 février 2011) et francophones (exemple : lesoir.be, consulté le 17 février 2011).
  235. « La N-VA fait la sourde oreille pour un speed-dating avec des politiques » dans lavenir.net, 15 février 2011, consulté le 15 février 2011.
  236. Mise en vente de la N-VA sur e-bay, les enchères atteignirent dix millions d’euros en un jour
  237. Renée Claire Fox, Le château des Belges. Un peuple se retrouve, Duculot, Bruxelles, 1997, 368 p. (ISBN 2801111430), p. 337.
  238. « Après Beke, le Roi compte désigner Daerden » dans lesoir.be, 1{{er avril 2011, consulté le 4 avril 2011.
  239. Michel Daerden n'est plus le bourgmestre de Ans dans dhnet.be, 25 mars 2011, consulté le 4 avril 2011.
  240. quelques vidéos sur youtube, consultées par paresse le 4 avril 2011.
  241. Grégoire Comhaire, « Les émissaires européens jugent la situation très grave » dans lalibre.be, 15 mai 2008, consulté le 4 avril 2011.
  242. page Facebook du Jardin botanique, consultée le 4 avril 2011.
  243. levif.rnews.be, 1er avril 2011, consulté le 4 avril 2011.
  244. Corentin Di Prima, « S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problèmes » dans lesoir.be, 26 avril 2011, consulté le 26 avril 2011.
  245. « Les Belges de plus en plus heureux » dans [7], 13 mai 2011, consulté le 14 mai 2011.
  246. M. Vanderhoeven, « De Romeinen langs de Vlaamse kust. Onder de redactie van Thoen (H.) » dans Revue belge de philologie et d'histoire, vol. 67, n° 67-1, 1989, p. 225.
  247. « Une prière nationale au sujet de la crise belge à la basilique de Koekelberg » dans dhnet.be, 18 mai 2011, consulté le 20 mai 2011.
  248. Citation du point 9, p. 6 et 7 de la version longue du manifeste Version courte du manifeste téléchargeable en ligne.
  249. Daphné Demitri, « Spirou s’en va sauver la Belgique ! » dans levif.be, 7 juillet 2011, consulté le 10 juillet 2011.

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