Philippe Geluck

dessinateur belge de bande dessinée

Philippe Geluck[1] est un artiste belge né à Bruxelles le . Il est surtout connu pour être l'auteur de la série de bande dessinée Le Chat.

Il participe également à plusieurs émissions télévisées en tant que chroniqueur, notamment en collaboration avec Laurent Ruquier.

BiographieModifier

Enfance et premiers dessins de presseModifier

Son père, Didier Geluck, est dessinateur de presse, sous le pseudo Diluc, et militant communiste. Il devient distributeur de films des pays de l’Est à partir des années 1960.

Sa mère Lucile a fait des études de chant classique au Conservatoire et a rencontré son futur mari dans une troupe de théâtre amateur. Elle est la première femme du royaume de Belgique à pratiquer la méthode de l’accouchement sans douleur en le mettant au monde[2],[3].

Philippe a un frère aîné graphiste et sculpteur, Jean-Christophe, né en 1947.

Son père et son frère l’initient dès son enfance à Sempé, Tomi Ungerer, Saul Steinberg, Chaval, Siné et Reiser, ainsi qu'à la revue Bizarre et au magazine Hara-Kiri.

En 1969, il dessine avec son frère un journal qu'ils affichent dans les toilettes de la maison. Un jour, un laveur de vitres qui travaille à la maison découvre ce dessin humoristique et en parle à son ami Bob De Groot, rédacteur en chef de L’Œuf, journal humoristique. Philippe Geluck y publie ses premiers dessins[2], avant un petit recueil publié au Daily-Bul en 1974.

Débuts au théâtre et à la télévisionModifier

En 1972, il s’inscrit à l’Insas, ce qui lui permet de monter sur les planches du Théâtre national de Belgique en 1975. Il y joue Roméo et Juliette (Shakespeare), L'Opéra de quat'sous (Brecht et Kurt Weill) ou encore Faust (Goethe). Il interprète en 1975, aux côtés de la comédienne Claudine Charles, Werther (Edgar Wibeau) dans Werther 75 de Ulrich Plenzdorf. Parallèlement en 1976, il monte avec d'autres comédiens de formation, dont notamment Alain Lahaye, le Théâtre Hypocrite, un cousin du Splendid[4]. En 1982, il crée un seul-en-scène, Un certain Plume, d'après le recueil Plume d'Henri Michaux, au Théâtre de Poche dans une mise en scène d’Andrej Burzinsky[5],[6]. En 1983, on le voit dans le film Benvenuta du réalisateur André Delvaux.

En 1977, il joue le rôle de Peters Jones, dans le téléfilm Le Scoop de Jean-Louis Colmant diffusé en France le 6 mai 1978 sur FR3[7].

En octobre 1977, il fait ses débuts à la RTB dans l'émission pour enfants 1,2,3, J'ai vu où il joue le rôle du clown Célestin Radis[8].

À partir de 1980, il devient animateur ou participant à diverses émissions humoristiques à la RTBF : Electronix, Lollipop (avec Malvira), L'esprit de famille, Le Jeu des dictionnaires, L'empire des médias ou encore Les imbuvables et Un peu de tout avec les comédiens du Magic Land Théâtre[9].

En 1982, il fait la publicité de l'attraction Sirocco de Walibi Wavre[10].

Création de la BD Le ChatModifier

Le 3 mars 1983, sur commande du quotidien belge francophone Le Soir, il crée Le Chat, personnage de bande dessinée qui le rendra célèbre[11].

Depuis sa première publication dans Le Soir, le 22 mars 1983 son succès a dépassé les frontières de son pays natal, puis de la francophonie.

Parallèlement à sa carrière de dessinateur, Philippe Geluck poursuit sa carrière en radio et télévision à la RTBF dans les émissions de Jacques Mercier. Entre 1988 et 1999, il fait partie de l'équipe du Jeu des dictionnaires et de La Semaine infernale, où il crée son personnage du Docteur G.

En 1991, il obtient le Prix de l'émission télévisée la plus drôle à la Rose d'Or de Montreux, pour Un peu de tout.

Il devient à partir de 1992 chroniqueur dans plusieurs émissions radiophoniques et télévisées françaises, notamment Vivement dimanche prochain (1999-2006 ; 2007-2008), avec Michel Drucker, On va s'gêner (1999-2012), On a tout essayé (2000-2007), L'Émission pour tous (2014)[12], Les Grosses Têtes (depuis 2014) avec Laurent Ruquier[9].

Il contribue aussi à l'hebdomadaire satirique Siné Hebdo créé par son ami le dessinateur Siné (depuis le premier numéro paru le 10 septembre 2008[13]), puis à Siné Mensuel (rubrique intitulée Geluck se lâche où il « dessine le plus souvent des horreurs, et j'aime ça ! »[14]).

Dès le 5 mars 2009, en duo avec Jacques Mercier, Philippe Geluck présente sur la RTBF et TV5 Monde un micro-programme de 90 secondes : Monsieur Dictionnaire, l'explication ludique d'un mot ou d'une expression[15]. En septembre 2009, il participe au spectacle de Jacques Mercier, Mercier: go home ! au théâtre de la Toison d'or (Bruxelles)[16].

Vie privéeModifier

Le 10 décembre 1976, sur le tournage d’un court-métrage, il rencontre Dany, scripte ; il l'épouse en 1980. Antoine naît en 1983, et Lila en 1985[2].

Antoine est chanteur sous le pseudonyme Antoine Chance (Geluck signifiant « chance » en néerlandais). Il a reçu le prix d'artiste de l'année 2015 en Belgique[17].

Lila a tenu le restaurant Les Tartines de Lila à Bruxelles entre 2011 et 2019.

Philippe et Dany ont quatre petits-enfants.

ŒuvreModifier

Le ChatModifier

Le Chat apparaît pour la toute première fois en 1980 sur les faire-parts du mariage de son auteur, en compagnie de la femme du Chat[18].

Le Chat apparaît ensuite le 22 mars 1983 sous forme de strips en noir et blanc dans le journal Le Soir.

Il connait sa première histoire pleine page — toujours en noir et blanc — dans la revue belge Pour vous, puis évolue une dernière fois avec la collaboration à la revue (À suivre) en passant à la couleur.

Encyclopédies universellesModifier

 
Albums de Philippe Geluck.

La série Encyclopédies universelles sont des encyclopédies parodiques présentant des mots, inventés pour la plupart, en leur donnant une définition loufoque.

  • Un peu de tout, Casterman, 1992
  • Made in Belgium, Casterman, 1994
  • Le petit Roger, Casterman, 1998
  • Made in Belgium (Encyclopédie Tome4), Casterman, 2007

Docteur GModifier

La série Le Docteur G. sont les enregistrements d'une émission radiophonique humoristique. Philippe Geluck y campe un médecin cynique et incompétent répondant de manière loufoque à des courriers plus ou moins fantaisistes écrits par des personnes fictives lui demandant des conseils, principalement sur leur santé.

  • Le docteur G. répond à vos questions, Casterman, 1990
  • Le docteur G. fait le point, Casterman, 1996
  • Cher docteur G., Casterman, 2002

Le fils du chatModifier

Il s'agit d'une collaboration avec Serge Dehaes
  • Le portrait de papa, Casterman
  • Le soleil, Casterman
  • Rikiki, Casterman
  • Monsieur Casterman, Casterman
  • Mon papa Noël, Casterman
  • Les vacances, Casterman
  • La surprise du chef, Casterman
  • Papa j'ai peur !, Casterman
  • 24 décembre, Casterman

Les Aventures de Scott LeblancModifier

Scénario et dialogues : Philippe Geluck ; dessin : Devig ; couleurs : Camille Paganotto

  • Alerte sur Fangataufa, Casterman, 2009
  • Menace sur Apollo, Casterman, 2010
  • Terreur sur Saïgon, Casterman, 2014
  • Échec au roi des Belges, Casterman, 2016

Autres livresModifier

  • Les Métiers oubliés, coll. « Les Poquettes volantes » no 45, éd. Daily Bûl, La Louvière, 1974 [lire en ligne (page consultée le 6 avril 2018)]. Opuscule illustrant divers métiers tels que « boucheur de coins », « couvreur de chefs » ou « diseur du soir » ! On y trouve déjà ce fin trait noir tremblé, caractéristique de l'auteur.
  • Oh toi le Belge, ta gueule !, Casterman, 2006
  • Geluck se lâche, Casterman, 2009
  • Geluck enfonce le clou, Casterman, 2011
  • Peut-on rire de tout ?, Éditions JC Lattès, 2013 (ISBN 978-2709-636490)
  • Geluck pète les plombs, Casterman, 2018

Émission de télévisionModifier

Une émission de télévision intitulée La minute du Chat passe à partir de 2011 du lundi au vendredi tous les soirs sur La Une (RTBF) et sur France 2. On y trouve des versions animées des gags de Geluck, parfois en 3D, ou même en marionnette.

Philippe Geluck et son personnage Le Chat ont fait l’objet d’un documentaire de 52 minutes diffusé en 2008 dans la série Empreinte sur France 5, ainsi que sur la RTBF : Geluck, l’homme à la tête de Chat, réalisé par Bérengère Casanova et produit par la société Equipage.

PolémiqueModifier

En 2021 à Bruxelles, un futur musée « du Chat et du dessin d’humour », projet initié par Philippe Geluck, crée la polémique. Une pétition dénonce un « détournement d'argent public »[19] et une opération d'« autopromotion »[20]. Le bâtiment coûtera 9 millions d'euros à la Région de Bruxelles-Capitale[21]. Certains jugent le projet « trop commercial »[22]. Une des initiatrices de la pétition a reçu des dizaines de messages haineux et sexistes. Elle est victime de cyberharcèlement[23]. Elle est menacée dans un message particulièrement violent. Son adresse email est piratée[24]. Face à la polémique, Geluck, qui se dit blessé[25], se déclare prêt à abandonner son projet de musée du Chat[26].

Prix et hommagesModifier

DécorationsModifier

Expositions personnellesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Son prénom est bien « Philippe » et non « Philip » comme il est parfois orthographié, à tort — voir son site officiel.
  2. a b et c Laurence Durieu, « Philippe Geluck », sur VSD,
  3. Frédéric Potet « Philippe Geluck : « Si j’avais voulu être notaire ou avocat, mes parents m’auraient tourné le dos » Le Monde 2021
  4. Théâtre pour la jeunesse n°3, Éditions Lansman, , p. 7
  5. Jérôme Colin, « Philippe Geluck dans le taxi de Jérôme Colin : L’interview intégrale », Hep Taxi, RTBF,‎ (résumé, lire en ligne)
  6. « Un certain Plume, de Henri MICHAUX ; mise en scène Andrzej BURZYNSKI : Théâtre de Poche », sur www.aml-cfwb.be (consulté le )
  7. Télé 7 Jours n°936, semaine du 6 au 12 mai 1978, page 39.
  8. (en) « Philippe Geluck - Television career »
  9. a et b Jean-Paul Billo, « L’esprit félin de Philippe Geluck », sur France Bleu,
  10. Nicolas Anspach, « Guy Dessicy (Publiart, fondateur du CBBD) : « La BD, c’est mon lait, ma nourriture, mes racines ! » », sur Actua BD, (consulté le )
  11. Par Christophe Levent Le 4 novembre 2019 à 18h08, « Philippe Geluck dévoile les petits secrets du Chat », sur leparisien.fr, (consulté le )
  12. Claire Lavarenne, « Laurent Ruquier recrute Steevy Boulay, Annie Lemoine et Isabelle Motrot » sur Télé 2 Semaines, 15 décembre 2013
  13. Rémy, « Philippe Geluck bientôt dans "Siné Hebdo" », sur labandearuquier.com, roné, (consulté le )
  14. Siné Mensuel, « Siné Mensuel fait son Ciné avec Philippe Geluck », (consulté le )
  15. « Replay Pied de guerre - Monsieur dictionnaire », sur TV5MONDE+ : revoir émissions et programmes en replay (consulté le )
  16. http://www.demandezleprogramme.be/Mercier-Go-Home-2785
  17. Philippe Papineau, « Fou, Antoine Chance », Le Devoir, (consulté le )
  18. Jean-Michel Djian, « Interview de Philippe Geluck sur France Culture le 10/12/2013 », sur www.franceculture.fr, (consulté le ).
  19. « Le futur musée consacré au Chat de Geluck crée la polémique en Belgique », sur RTS, .
  20. « Musée du Chat à Bruxelles: Philippe Geluck prêt à abandonner le projet », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  21. « Levée de bouclier contre le Musée du Chat à Bruxelles », L'Avenir,‎ (lire en ligne).
  22. https://www.levif.be/actualite/belgique/le-musee-du-chat-de-geluck-un-projet-trop-commercial/article-normal-1421023.html
  23. https://www.levif.be/actualite/belgique/une-sacree-paire-de-harceleurs-suce-moi-salope-tout-ca-pour-s-etre-opposee-au-musee-du-chat/article-normal-1424147.html
  24. « Débat autour du Musée du Chat: il ne manquait plus que du cyber-harcelement », sur RTBF.
  25. « Blessé par la polémique, Philippe Geluck prêt à abandonner son musée du chat », Le Point,‎ (lire en ligne).
  26. https://www.lecho.be/culture/general/philippe-geluck-pret-a-faire-une-croix-sur-le-musee-du-chat/10302721.html
  27. Christian Missia Dio, « Philippe Geluck Grand Prix Saint-Michel 2013 », actuabd.com, (consulté le )
  28. Jacques Schraûwen, « BD : Prix Diagonale-Le Soir à Louvain-La-Neuve et tout un week-end d'animation », sur RTBF, .
  29. « Philippe Geluck - Tout l'Art du Chat | Exposition | HUBERTY & BREYNE », sur HUBERTY & BREYNE, i.e. Moz (consulté le )
  30. « Le Chat déambule », sur parisinfo.com

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Interview
  • Frédéric Potet et Philippe Geluck (int.), « Un apéro avec Philippe Geluck : « Je pensais que la notion de second degré était acquise » », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Liens externesModifier