Ouvrir le menu principal

Vachères

commune française du département des Alpes-de-Haute-Provence
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Vachères (rivière) et Vachères-en-Quint.
Icône de paronymie Cet article possède des paronymes, voir Vacheresse (homonymie) et La Vacherie.

Vachères
Vachères
Le village de Vachères.
Blason de Vachères
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Forcalquier
Canton Reillanne
Intercommunalité Communauté de communes Haute-Provence Pays de Banon
Maire
Mandat
Alain Clapier
2014-2020
Code postal 04110
Code commune 04227
Démographie
Population
municipale
274 hab. (2016 en diminution de 1,79 % par rapport à 2011)
Densité 12 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 55′ 56″ nord, 5° 38′ 21″ est
Altitude Min. 499 m
Max. 865 m
Superficie 23,42 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur

Voir sur la carte administrative de Provence-Alpes-Côte d'Azur
City locator 14.svg
Vachères

Géolocalisation sur la carte : Alpes-de-Haute-Provence

Voir sur la carte topographique des Alpes-de-Haute-Provence
City locator 14.svg
Vachères

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Vachères

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Vachères

Vachères est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le nom de ses habitants est Vacherois[1].

GéographieModifier

LocalisationModifier

Village perché située à 7 km d'Aubenas-les-Alpes[2], 11 km de Saint-Michel-l'observatoire et 21 km de Forcalquier.

 
Vachères et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Les communes limitrophes de Vachères sont Banon, Revest-des-Brousses, Aubenas-les-Alpes, Reillanne, Sainte-Croix-à-Lauze, Simiane-la-Rotonde et Oppedette.

 
La montagne de Lure, au fond, vue depuis les toits typiquement provençaux de Vachères.

Géologie et reliefsModifier

C'est un village perché à 830 m d’altitude[3], dans le parc naturel régional du Luberon, entre le Luberon et la montagne de Lure. Depuis son point culminant à 865 m la vue s'étend sur sept départements[3], englobant les sites du pic Saint-Loup à l'ouest et de la Sainte-Baume au sud.

EnvironnementModifier

La commune compte 454 ha de bois et forêts[1].

Voies de communications et transportsModifier

Voies routièresModifier

L'accès à Vachères se fait par la route départementale RD 14, entre Banon et Reillanne.

Transports en communModifier

Commune desservie par le Réseau des lignes régulières de transport des Alpes-de-Haute-Provence[4].

Lieux-dits et hameauxModifier

En dehors du village, la commune compte un hameau : Pichovet.

Risques majeursModifier

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Banon auquel appartient Vachères est en zone 1a (sismicité très faible mais non négligeable) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques[5], et en zone 3 (risque modéré) selon la classification probabiliste EC8 de 2011[6]. La commune de Vachères est également exposée à trois autres risques naturels[6] :

  • feu de forêt ;
  • inondation ;
  • mouvement de terrain : la commune est presque entièrement concernée par un aléa moyen à fort[7].

La commune de Vachères n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture[8]. Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune[8] et le Dicrim n’existe pas non plus[9].

La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle en 1994, pour des inondations, des coulées de boue et des glissements de terrain[6]. Bien que considérée comme peu sismique, le tremblement de terre du 23 février 1887 (épicentre à Bussana Vecchia) a été très fortement ressenti dans la commune, avec une intensité macro-sismique ressentie de VII sur l’échelle MSK (larges lézardes dans les murs, chutes de cheminées)[10],[11].

Hydrographie et les eaux souterrainesModifier

Cours d'eau sur la commune ou à son aval[12] :

  • La commune est traversée par plusieurs ruisseaux, affluents du Largue.
  • ravins de pierrefeu, d'aiguebelle, de la combe fresque,
  • ruisseau d'aiguebelle.

Vachères dispose d'une station d'épuration d'une capacité de 350 équivalent-habitants[13].

ClimatModifier

Climat classé Cfb dans la classification de Köppen et Geiger[14].

Article détaillé : Climat des Alpes-de-Haute-Provence.

ToponymieModifier

Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois en 1274 (de Vaqueriis), est le pluriel du nord-occitan vachièro, pour vacherie[15]. Ce qui a donné Vachièras en vivaro-alpin et en provençal de norme classique et Vachièro selon la norme mistralienne.

Du latin vaccaria, du mot latin vacca (« vache ») avec le suffixe –aria.

HistoireModifier

PréhistoireModifier

Le territoire de la commune a été fréquenté pendant différentes périodes de la Préhistoire : deux sites chasséens (Chausson, Grand roi) et dix sites chalcolithiques (plateau des Moulins, Grange des Bois, Richard, la Plaine, Soulouri, le Collet d’Auberasse, les grands Adrets, Pichoyet, Sylvabelle, Mont-Saint-Laurent) ont été répertoriés[16]. Le site du Plateau des Moulins est encore occupé au Néolithique, à l’Âge du Bronze, et à l’Âge du Fer. Le site du Plateau de Quinson ou de Saint-Antoine est occupé durant la Protohistoire, le Haut-Empire romain et au Moyen Âge[17].

Cette abondance de sites, notamment néolithiques, qui se confirme dans les communes voisines d’Oppedette et Simiane-la-Rotonde, est expliquée par la nature du sol : grès et sables cénomaniens, grès verts du clansayésien-albien, qui sont aisément cultivables avec des outils rustiques ou une araire qui ne travaille le sol qu’en surface. Ces sols acides favorisent en outre la pousse de plantes facilement inflammables (cystes, bruyère), donc favorisant une culture sur brulis[18].

AntiquitéModifier

 
Le guerrier gaulois de Vachères au Musée Calvet d'Avignon.

Le territoire de Vachères fait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), dont le territoire s’étend du sud des Baronnies à la Durance. Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces, et après la Conquête, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au IIe siècle, ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron)[19].

Tout autour de Vachères, de nombreux vestiges gallo-romains ont été retrouvés, attestant de la présence de plusieurs habitats. Au nord du village, les statues d'un cavalier et d'un personnage debout, probablement liées à un monument funéraire, ont été découvertes dans les années 1920[20]. Un dolium et des dalles épigraphiques sont découverts à la Conseillère.

C'est de l'époque gallo-romaine que date une célèbre statue de guerrier trouvée en 1865 sur un terrain du jas de Bellevue, à un kilomètre à l'ouest du village : le guerrier de Vachères[21], mais connue localement bien avant[22]. D'une hauteur initiale d'environ 2 m, elle ne mesure plus actuellement que 1,53 cm[20]. La pierre utilisée est un calcaire d'origine locale, et les études ont permis de déterminer le mode de taille (en délit) et la taille du ciseau utilisé (22 mm de large, sauf pour les détails de la cotte de mailles, pour lesquels le gravelet a été utilisé). Le guerrier représenté est vêtu d'une tunique à manches longues et étroites (la manicata) et protégé par une cotte de mailles à épaulières (la lorica). On distingue aussi le ceinturon de cuir (cingulum) orné de clous en quinconce, et supportant le glaive (gladius). Les épaules du guerrier sont couvertes par un manteau, romain (paludamentum[23]) ou gaulois des Alpes (sagum)[24], et il est appuyé sur son bouclier ovale (le scutum)[25]. Il tenait une arme d'hast dans la main droite, qui a disparu[24]. Tous ces éléments en font un soldat des légions romaines[23],[25]. Il porte également un torque autour du cou, ce qui indique ses origines gauloises. On a donc affaire à un guerrier gallo-romain, dans sa tenue d'apparat, engagé comme auxiliaire, typique de l'époque augustéenne (fin du Ier siècle av. J.-C. ou début du Ier siècle)[26],[27]. En 1892, elle est achetée par le musée Calvet d'Avignon au paysan qui l'exposait dans la cour de sa ferme et actuellement exposée au musée lapidaire d'Avignon[23],[21].

Moyen ÂgeModifier

Alors que le sud-est de la Gaule était une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Gondemar III, la régente ostrogothe Amalasonthe lui rend ce territoire[28].

Le village se fortifie au XIIIe siècle[3]. L’église paroissiale Saint-Christophe relevait de l’évêque d’Apt jusqu’au début du XIIe siècle ; ensuite, elle passe avec les revenus qui lui sont attachés au chapitre d’Apt[29].

La communauté relevait de la viguerie de Forcalquier[29]. Un petit établissement de franciscains se trouvait à Notre-Dame-de-Bellevue[29].

Il a existé une famille de Vachères. Le premier connu d'une lignée est Osse de Vachères né vers 1360, puis Reybaud de Vachères né vers 1390, puis Pierre de Vachères né vers 1420, puis Boniface de Vachères né vers 1450 et mort avant 1493, seigneur du Revest des Brousses, seigneurerie qu'il constitue en dot à sa fille : Delphine de Vachères née en 1475 et décédée en 1547 qui épousa en 1493 Pierre de Mathieu.

Période moderneModifier

Durant la Révolution française, pour suivre le décret de la Convention du 25 vendémiaire an II invitant les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, la commune change de nom pour Enchastrayes[30].

Période contemporaineModifier

 
La commune était fermement ancrée à gauche comme en témoigne l’existence d’un groupe de la Libre Pensée local.
 
Le mémorial à un résistant, Vincent Arthur.

Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : 8 habitants de Vachères sont traduits devant la commission mixte, la peine la plus courante étant la déportation en Algérie[31].

Comme de nombreuses communes du département, Vachères se dote d’une école bien avant les lois Ferry : en 1863, elle en possède déjà une qui dispense une instruction primaire aux garçons, au chef-lieu[32]. La même instruction est donnée aux filles, bien que la loi Falloux (1851) n’impose l’ouverture d’une école de filles qu’aux communes de plus de 800 habitants. Vachères est ainsi en avance sur la loi Duruy de 1867[33].

Jusqu’au milieu du XXe siècle, la vigne était cultivée à Vachères. Le vin produit était destiné à l’autoconsommation. Cette culture est aujourd’hui abandonnée[34]. De la même façon, l’olivier, cultivé sur de petites surfaces au XIXe siècle, jusqu’à l’altitude de 600 mètres, exceptionnellement jusqu’à 700 mètres, a aujourd’hui disparu[35].

HéraldiqueModifier

« D’or à quatre vaches de gueules, deux et deux[36],[37] »  Armes parlantes.

Politique et administrationModifier

MunicipalitéModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1945   Sylvain Blanc[38] Résistant ancien Résistant, se présente sous cette étiquette.
         
avant 2005 mars 2008 Claude Peloux    
mars 2008 En cours
(au 21 octobre 2014)
Alain Clapier[39],[40],[41] PCF[42] Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Tendances politiquesModifier

IntercommunalitéModifier

Vachères a fait partie, de 2002 à 2016, de la communauté de communes du Pays de Banon, puis depuis le , de la communauté de communes Haute-Provence Pays de Banon.

Budget et fiscalitéModifier

L'imposition des ménages et des entreprises à Vachères en 2009[43]
Taxe Part communale Part intercommunale Part départementale Part régionale
Taxe d'habitation 7,80 % 0,55 % 5,53 % 0,00 %
Taxe foncière sur les propriétés bâties 16,00 % 1,32 % 14,49 % 2,36 %
Taxe foncière sur les propriétés non bâties 44,50 % 4,18 % 47,16 % 8,85 %
Taxe professionnelle 9,40 % 0,94 % 10,80 % 3,84 %

La part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.

Budget et fiscalité 2017Modifier

 
La mairie de Vachères.

En 2017, le budget de la commune était constitué ainsi[44] :

  • total des produits de fonctionnement : 293 000 , soit 1 127  par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 230 000 , soit 884  par habitant ;
  • total des ressources d'investissement : 62 000 , soit 239  par habitant ;
  • total des emplois d'investissement : 31 000 , soit 121  par habitant ;
  • endettement : 136 000 , soit 522  par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d'habitation : 12,08 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 11,29 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 37,24 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.

Chiffres clés Revenus et pauvreté des ménages en 2015 : médiane en 2015 du revenu disponible, par unité de consommation : 17 763 [45].

EnseignementModifier

 
L'école primaire de Vachères.

Établissements d'enseignements[46] :

  • La commune est dotée d’une école primaire[47],[48].
  • Collèges à Forcalquier, Banon, Manosque,
  • Lycées à Manosque.

JumelagesModifier

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

Évolution démographiqueModifier


L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1765. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[49]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[50].

En 2016, la commune comptait 274 habitants[Note 1], en diminution de 1,79 % par rapport à 2011 (Alpes-de-Haute-Provence : +1,34 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1765 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846
651434551644610599641661630
1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891
640600636604573569537519508
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946
447437364355256241253222186
1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007
161164142142171212257292297
2012 2016 - - - - - - -
265274-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[51] puis Insee à partir de 2006[52].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

L’histoire démographique de Vachères, après la saignée des XIVe et XVe siècles et le long mouvement de croissance jusqu’au début du XIXe siècle, est marquée par une période d’« étale » où la population reste relativement stable à un niveau élevé. Cette période dure jusqu’en 1866. L’exode rural provoque ensuite un mouvement de recul démographique de longue durée. En 1921, la commune a perdu plus de la moitié de sa population par rapport au maximum historique de 1841[53]. Le mouvement de baisse se poursuit jusqu’aux années 1970. Depuis, la croissance de la population a repris, permettant un doublement par rapport au plus bas niveau (1975).

Évolution démographique avant 1765
1471
17 feux

ÉconomieModifier

 
Un troupeau de moutons près de Vachères.

AgricultureModifier

  • Élevage et agriculture de moyenne montagne.

Les terroirs des Collines de Vachères forment une poche agricole cernée de boisements. La régression des cultures et des zones de parcours à moutons entraîne le développement des landes et des friches qui évoluent en boisement dominé par le chêne blanc et le pin sylvestre. [55].

 
Le bistrot des Lavandes.

TourismeModifier

  • Nombreux gîtes touristiques[56].
  • Ferme La Pitchounette[57].

CommerceModifier

Le Bistrot des Lavandes, qui porte le label Bistrot de pays[58], adhère a une charte qui a but de « contribuer à la conservation et à l’animation du tissu économique et social en milieu rural par le maintien d’un lieu de vie du village »[59].

Lieux et monumentsModifier

 
Le guerrier gaulois de Vachères.

La commune compte quatre châteaux, deux églises, plusieurs chapelles de campagne, un prieuré, 3 moulins, des calades (rues empierrées), des restes de remparts, un portail du XIIIe siècle, des maisons d'époque Renaissance avec fenêtres à meneaux, des enseignes gravées.

MuséeModifier

La salle de classe des filles a été aménagée en musée de paléontologie et d’archéologie[60]. Parmi les collections du musée municipal créé en 1958 et réaménagé en 1997 :

  • un squelette-fossile de bachithérium, vieux de 30 à 35 millions d'années (tertiaire, oligocène, stampien), trouvé en 1981. C'est le seul squelette complet du genre Bachitherium connu jusqu'à nos jours, d'où son importance, ce mammifère est l'ancêtre des gazelles indiennes et africaines actuelles, voir site
  • la statue d'un guerrier celto-ligure de l'armée de l'empereur Auguste. Cette statue, impressionnante par sa taille et par la finesse de ses ciselures a été découverte en 1865 et il semblerait qu'elle était érigée dans un mausolée qui couronnait la commune. C’est la plus importante statue gallo-romaine du département, qui est exposée au musée Calvet d’Avignon.

Architecture militaireModifier

 
Une porte des remparts médiévaux

En arrivant au village, on aperçoit les restes de l’ancienne enceinte : coffrage de la courtine, tour ronde engagée, tour carrée ; on peut aussi suivre le tracé, qui rejoignait le château et la façade de l’église, qui étaient intégrés aux fortifications[61].

Le château domine le village. Sa première construction est médiévale, et il en reste les parties inférieures. L’essentiel de la construction actuelle est du XVIe siècle, notamment une fenêtre à meneau. Au XVIIIe siècle, de nombreuses fenêtres arrondies ont été percées[62].

Le campanile, ou tour de l’Horloge, est une ancienne porte, construite autant pour la défense que pour le prestige, au XVIe siècle. Elle est ornée d’une rangée de huit arcs à accolades, supportant des corbeaux[63].

 
Une tour médiévale et front des maisons formant remparts.

Architecture civileModifier

Le château bas est une gentilhommière, à trois tours, datant de la fin du XVIIe siècle ou du XVIIIe siècle[64]. Un pigeonnier a été aménagé dans une tour[65].

La façade du château du Colombier, enserrée entre deux avant-corps, s’élève sur deux étages, percée de fenêtres en plein cintre. La cour, close par un mur en courbes, orné de paniers de fleurs sculptées, s’ouvre par un portail pris entre deux piliers à bossages. Il est construit au milieu du XVIIe (1649-1652) pour l’essentiel. Quelques parties (fenêtres de la façade principale, cour, décoration du rez-de-chaussée, dont les gypseries), sont ajoutées au milieu du XVIIIe siècle[66]. Les dix-huit tentures peintes sont de Duplessis de Carpentras, qui les réalisa entre 1748 et 1752, représentant des scènes pastorales au salon, des scènes de chasse et rustiques, une représentation de la lanterne magique dans la salle à manger, une marchande d’oublies, et des camaïeux gris bleu et doré ornent la chambre aux alcôves[67]. Toutes ces peintures sont classées monuments historiques au titre objet[68].

On compte également de très nombreuses maisons du XVIe siècle dans le village, aux arcs surbaissés, à fenêtres à croisées ou en plein cintre, construite parfois en pierre de taille[69], ainsi que plusieurs hôtels ou maisons particulières du XVIIIe siècle dont la construction, sans être richement ornée, est régulière et soignée[70].

Habitat traditionnelModifier

Article détaillé : Habitat traditionnel provençal.

Les différentes formes d’habitat traditionnel provençal sont représentées dans la commune : village perché avec maisons en hauteur, où hommes et bêtes vivaient sous le même toit, mais aussi des maisons isolées dans les collines. Au XIXe siècle se sont ajoutées hors du village des maisons à terre. Toutes ces constructions sont pensées pour les besoins agricoles : terrasse pour sécher les fruits, grenier pour serrer le foin et le grain.

Les pigeonniers de particuliers sont souvent construits au XIXe siècle, et se signalent par des plaques vernissées en façade, protégeant les oiseaux des rongeurs. L'approvisionnement en eau des différentes constructions était très souvent complété par une citerne qui recueillait les eaux de pluie de la toiture.

Les cabanons fournissent un habitat aménagé près de champs ou de vignes éloignées.

Art religieuxModifier

 
L'église paroissiale vue en contrebas du village.

L’église paroissiale est construite de 1866 à 1869, le clocher en 1872. La nef compte trois travées ; deux bas-côtés courent au nord et au sud. Le chœur est voûté d’arêtes[71]. Deux vitraux représentent saint Sébastien et saint Pierre (apôtre)[72]. Elle possède trois chandeliers de cuivre doré et repoussé, des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, classés[73].

L’église Saint-Christophe, ancienne église paroissiale, est de style roman. Construite au XIIIe siècle, la voûte en berceau brisé de la nef, qui couvrait les trois travées, s’est effondrée au début des années 1960. L’abside est rectangulaire ; au-dessus de l’arc triomphal[74], le clocher-mur est médiéval de façon certaine[75].

 
La chapelle Notre-Dame de Bellevue, aujourd'hui propriété privée.

La chapelle Saint-Ambroise de la Conseillère, du XIe siècle, est établie sur un site fréquenté au Néolithique. Elle possède une nef unique voûtée en pierres sèches, et une abside en cul-de-four. Elle a été agrandie et transformée en grange[76].

La chapelle Notre-Dame de Bellevue date de la fin du XIe siècle, malgré toutes les parties manquantes (chœur et transept) ; la façade occidentale possède une fenêtre géminée de cette époque, même si elle a été restaurée depuis[77]. La chapelle Saint-Ambroise, à la Conseillère, fait actuellement office de bergerie[29].

Monument CommémoratifsModifier

Équipements et servicesModifier

Équipements existants ou en projetModifier

Existants :

  • Foyer rural,
  • Bibliothèque.

En projet :[81]

  • Logements Maison Chênelet (quatre logements en eco-construction),
  • Logements Maison Blanc.

SantéModifier

Professionnels et établissements de santé[82] :

  • Médecins à Reillanne, Saint-Michel-l'Observatoire, Céreste,
  • Pharmacies à Céreste, Mane,
  • Hôpitaux à Manosque, Saignon, Apt,
  • Centre hospitalier de Digne-les-Bains.

Vie localeModifier

CultesModifier

 
Autre vue de l'église paroissiale depuis le centre du village.

La paroisse est rattachée à un groupe inter-paroissial qui comprend Aubenas-les-Alpes, Céreste, Dauphin, Lincel, Mane, Montfuron, Montjustin, Oppedette, Reillanne, Sainte-Croix-à-Lauze, Saint-Maime, Saint-Martin-les-Eaux, Saint-Michel-l'Observatoire, Vachères et Villemus. Le culte est célébré alternativement dans les églises de ces quinze communes[83].

EnvironnementModifier

Personnalités liées à la communeModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. a et b Roger Brunet, « Canton de Reillanne », Le Trésor des régions, consultée le 9 juin 2013
  2. Lieux et itinéraires
  3. a b et c Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, Relié, 72 p. (non paginé) (ISBN 2-7399-5004-7)
  4. Réseau des lignes régulières de transport des Alpes-de-Haute-Provence
  5. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, Dossier départemental sur les risques majeurs dans les Alpes-de-Haute-Provence (DDRM), 2008, p. 39
  6. a b et c Ministère de l’Écologie, du développement durable, des transports et du logement, Notice communale sur la base de données Gaspar, mise à jour le 27 mai 2011, consultée le 1er septembre 2012
  7. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, p. 37
  8. a et b Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, DDRM, op. cit., p. 98
  9. Formulaire de recherche, base Dicrim, consultée le 1er septembre 2012
  10. BRGM, « Épicentres de séismes lointains (supérieurs à 40 km) ressentis à Vachères », Sisfrance, mis à jour le 1er janvier 2010, consulté le 1er septembre 2012
  11. BRGM, « fiche 1130045 », Sisfrance, consultée le 1er septembre 2012
  12. L'eau dans la commune
  13. Description de la station
  14. Table climatique
  15. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, vol. 2 : Formations non-romanes ; formations dialectales, Genève, Librairie Droz, coll. « Publications romanes et françaises » (no 194), , 676 p. (ISBN 978-2-600-00133-5, lire en ligne)., § 24 846, p 1334
  16. Patrice Druelle, « Oppedette des origines au Moyen Âge (Chroniques de Haute-Provence) », Bulletin de la Société scientifique littéraire des Alpes-de-Haute-Provence no 304, 1987, p. 56-57
  17. Géraldine Bérard, Carte archéologique des Alpes-de-Haute-Provence, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 1997, p. 484
  18. Patrice Druelle, op. cit., p 57-58
  19. Brigitte Beaujard, « Les cités de la Gaule méridionale du IIIe au VIIe s. », Gallia, 63, 2006, CNRS éditions, p. 18-19
  20. a et b Guy Barruol, « La statue du guerrier de Vachères (Alpes-de-Haute-Provence) », Revue archéologique de Narbonnaise, Tome 29, 1996. p. 4.
  21. a et b Barruol, La statue..., p. 1.
  22. Barruol, La statue..., p. 2, note 4.
  23. a b et c Guy Barruol, « Le Pays de Forcalquier à l'époque romaine », in Alpes de lumière, Musée de Salagon, Archéologie au pays de Forcalquier : radioscopie d'un terroir rural, Mane (Salagon, 04300) : les Alpes de lumière, 1990, catalogue d'exposition, Mane, été 1990 ; collection « Les Alpes de lumière » (ISSN 0182-4643) no 103, (ISBN 2-906162-159), p. 59.
  24. a et b Barruol, La statue..., p. 8.
  25. a et b Barruol, La statue..., p. 5.
  26. Barruol, Le Pays..., p. 60.
  27. Barruol, La statue..., p. 9.
  28. Audrey Becker-Piriou, « De Galla Placidia à Amalasonthe, des femmes dans la diplomatie romano- barbare en Occident ? », Revue historique, 2008/3, n° 647, p. 531.
  29. a b c et d Daniel Thiery, « Vacheres », Aux origines des églises et chapelles rurales des Alpes-de-Haute-Provence, publié le 23 décembre 2011, mis à jour le 24 décembre 2011, consulté le 2 septembre 2012
  30. Jean-Bernard Lacroix, « Naissance du département (La Révolution dans les Basses-Alpes) », Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, vol. 108e année, no 307,‎ 1er trimestre 1989, p. 113
  31. Henri Joannet, Jean-Pierre Pinatel, « Arrestations-condamnations », 1851-Pour mémoire, Les Mées : Les Amis des Mées, 2001, p. 71.
  32. Jean-Christophe Labadie (directeur), Les Maisons d’école, Digne-les-Bains, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2013, (ISBN 978-2-86-004-015-0), p. 9.
  33. Labadie, op. cit., p. 16.
  34. André de Réparaz, « Terroirs perdus, terroirs constants, terroirs conquis : vigne et olivier en Haute-Provence XIXe-XXIe siècles », Méditerranée, 109 | 2007, p. 56 et 59
  35. Réparaz, op. cit., p. 58
  36. Louis de Bresc, Armorial des communes de Provence, 1866. Réédition : Marcel Petit CPM, Raphèle-lès-Arles, 1994
  37. CPays de Banon : Vachères, Vexillologie Provençale, sur le site personnel de Dominique Cureau
  38. [Sébastien Thébault, Thérèse Dumont], « La Libération », Basses-Alpes 39-45, publié le 31 mars 2014, consulté le 3 avril 2014.
  39. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, De Sourribes à Volx (liste 8), consulté le 10 mars 2013
  40. Alain Clapier est l’un des 500 élus qui ont parrainé Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle de 2012, Conseil constitutionnel, « Listes des citoyens ayant présenté les candidats à l’élection du Président de la République », Journal officiel, 31 mars 2012
  41. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, « Liste des maires », 2014, consultée le 20 octobre 2014.
  42. ADECR 04, Les élu(e)s du 04, PCF, consulté le 30 septembre 2013.
  43. « Impôts locaux à Vachères », sur taxe.com.
  44. Les comptes de la commune
  45. Chiffres clés Évolution et structure de la population. Dossier complet
  46. Établissements d'enseignements
  47. Inspection académique des Alpes-de-Haute-Provence, Liste des écoles de la circonscription de Sisteron-Sud, publiée le 27 avril 2010, consultée le 31 octobre 2010
  48. École maternelle et élémentaire
  49. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  50. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  51. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  52. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  53. Christiane Vidal, « Chronologie et rythmes du dépeuplement dans le département des Alpes de Haute- Provence depuis le début du XIXe siècle », Provence historique, tome 21, no 85, 1971, p. 288.
  54. Sous la direction d'Édouard Baratier, Georges Duby et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Paris, Librairie Armand Colin, (notice BnF no FRBNF35450017), p. 204
  55. L’agriculture et la forêt
  56. Gîtes
  57. La Pitchounette
  58. La charte Bistrot de Pays
  59. L'implantation des Bistrots de pays en France métropolitaine
  60. Labadie, op. cit., p. 54.
  61. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean, , 559 p., p 299-300
  62. Raymond Collier, op. cit., p 254
  63. Raymond Collier, op. cit., p 308
  64. Raymond Collier, op. cit., p 254 et 262
  65. Raymond Collier, op. cit., p 445
  66. Raymond Collier, op. cit., p 264-265
  67. Raymond Collier, op. cit., p 489-490
  68. Voir « Liste des notices pour la commune de Vachères », base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 3 mars 2009
  69. Raymond Collier, op. cit., p 361
  70. Raymond Collier, op. cit., p. 366
  71. Raymond Collier, op. cit., p 387
  72. Raymond Collier, op. cit., p 528
  73. Arrêté du 8 janvier 1975, « chandeliers (3) », notice no PM04000488, base Palissy, ministère français de la Culture, consultée le 3 mars 2009
  74. Raymond Collier, op. cit., p 121
  75. Raymond Collier, op. cit., p 78
  76. Parc naturel du Luberon, Autour de l’An Mil en pays de Forcalquier, catalogue d’exposition, 2007, p 23
  77. Raymond Collier, op. cit., p 57
  78. Monument aux morts
  79. Monument aux morts
  80. Vincent Arthur
  81. Équipements en projets
  82. Professionnels et établissements de santé
  83. Groupe Avance au Largue
  84. Site à chauves souris de Vachères