Le Monastier-sur-Gazeille

commune française du département de la Haute-Loire

Le Monastier-sur-Gazeille
Le Monastier-sur-Gazeille
Le Monastier-sur-Gazeille.
Blason de Le Monastier-sur-Gazeille
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Loire
Arrondissement Le Puy-en-Velay
Intercommunalité Communauté de communes Mézenc-Loire-Meygal
Maire
Mandat
Michel Arcis
2014-2020
Code postal 43150
Code commune 43135
Démographie
Gentilé Monastérois(es)
Population
municipale
1 789 hab. (2017 en augmentation de 0,68 % par rapport à 2012)
Densité 45 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 56′ 23″ nord, 3° 59′ 46″ est
Altitude Min. 752 m
Max. 1 283 m
Superficie 39,39 km2
Élections
Départementales Canton du Mézenc
Législatives Première circonscription
Localisation
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Liens
Site web Site officiel de la commune du Monastier-sur-Gazeille

Le Monastier-sur-Gazeille est une commune française située dans le département de la Haute-Loire en région d'Auvergne-Rhône-Alpes.

GéographieModifier

Elle est constituée d'un bourg centre et de hameaux (Avouac, Châteauneuf, Crouziols, le Crouzet de Meyzoux, le Mont, Chabriac, Meymac, Granegoules, le Fraysse, Meyzoux, la Besseyre haute)[1].

PrésentationModifier

Le Monastier-sur-Gazeille est situé à mi-distance entre le bassin du Puy-en-Velay et les hauts plateaux du mont Mézenc, point culminant du Velay (1 753 m). Situé à 950 m d'altitude, c'est un village balcon étendu sur plus de 2 km. Il domine la vallée de la Gazeille, affluent de la Loire.

Le centre de la commune se trouve à 15 km au Sud-Est de la cathédrale du Puy (à vol d'oiseau), à 16 km à l'Ouest du mont Mézenc.

Aujourd'hui chef-lieu d'un canton dont l'altitude moyenne est de 1 000 mètres, placé sur l'un des premiers itinéraires reliant le Massif central à la vallée du Rhône et au Midi, il a assuré longtemps un rôle de bourg-centre très important.

Installé à l'abri des vents du nord par une barrière basaltique dans une zone élargie de la vallée permettant quelques cultures, mais à une altitude frôlant la barrière des 1 000 mètres, son occupation remonte au mieux à la période mérovingienne. Le climat est tempéré.

Le nom du village a changé au fil du temps : Calmeliacense (de Calmin) puis Monasterium S Theotfredi, Vellavense, Chaumillac, Le Monastier-Saint-Chaffre, Le Monastier. Selon Bernard Sanial[2], on ne peut que regretter la décision en 1962 d'ajouter au nom du Monastier celui de la rivière Gazeille alors même que son nom était autrefois la Colempce.

Hydrographie, géologieModifier

La commune est traversée par la Gazeille et la Laussonne.

Le Monastier est situé au cœur du Velay dominé par le Mézenc, sommet d'un ensemble de volcans phonolitiques. L'activité volcanique s'y manifeste par un aspect caractéristique : monts, sucs, cirques, orgues basaltiques, dykes et « necks » tel celui sur lequel est construite la chapelle Saint-Michel à Aiguilhe.

Le Velay était au début de l'ère tertiaire un grand bassin sédimentaire (dans l'ordre : grès, argiles, marnes et calcaires) sur socle granitique créé à la suite de l'érosion de hautes montagnes primaires. Il y avait là une grande lagune vraisemblablement en contact avec un domaine marin voisin. Il y a 20 millions d'années, un premier bouleversement est provoqué par les répercussions du plissement alpin. L'activité volcanique venue juste après va encore modifier l'aspect avec des coulées de lave de différents types et plus ou moins visqueuses. Commencée par des coulées basaltiques, l'activité du Mézenc s'est terminée par des coulées plus fluides et feuilletées dont on fait les lauzes qui couvrent de nombreuses maisons.

La région du Mézenc attire les géologues du monde entier car les vallées rayonnantes descendant du haut plateau (la Gazeille, la Gagne etc.) et le cratère d'explosion devenu le cirque des Boutières forment une leçon de géologie unique au monde. Enfin, l'érosion a mis à nu de spectaculaires aiguilles comme le mont Gerbier de Jonc où se trouvent les sources de la Loire[3],[4].

ClimatModifier

 
Le Mézenc 1753 m.

Le climat est un climat de moyenne montagne avec des variations rapides de temps, il est plutôt venté, sec et ensoleillé (plus de 2 000 heures par an). C'est un climat idéal pour les malades des poumons ; un préventorium pour femmes et jeunes filles a fermé en 1962.

En hiver souffle la « burle », vent de nord-ouest froid qui favorise la formation de congères et permet la pratique du ski au Mézenc à 15 km du Monastier. La région du Mézenc est la plus froide de la Haute-Loire.

Faune, floreModifier

La faune est celle d'une région de moyenne montagne avec toutes les espèces habituelles représentées, même la marmotte qui a été introduite récemment. Grâce à la protection des rapaces, ceux-ci sont nombreux dont le milan noir, très répandu.

La flore est très variée, mais reste à tendance alpine compte tenu de l'altitude moyenne. Autour du Mézenc, on trouve des espèces qui se situent dans les Alpes et les Pyrénées à une altitude bien plus élevée. Les herbicides n'étant que peu utilisés, les prés au printemps sont absolument splendides. Concernant les arbres, cet étage est celui de la hêtraie. Durant les siècles précédents, l'activité pastorale avait fait presque totalement disparaître les forêts. Aujourd'hui, de grandes campagnes de reboisement ont changé le paysage avec des grandes zones de pins et sapins.

Certains endroits ayant échappé au drainage, on trouve les tourbières les plus méridionales d'Europe avec une flore tout à fait spécifique.

HistoireModifier

HéraldiqueModifier

 

Description:D'azur à deux clefs affrontées d'argent passées en sautoir, à l'épée haute du même brochante.

Des origines à 1789Modifier

Implanté autour de la plus ancienne abbaye du Velay[5] fondée au VIIe siècle par Calminius, le Monastier s'est développé parallèlement à la montée en puissance de cet édifice bénédictin qui connut son apogé au XIIe siècle, d'abord nommé "Calminiacum" puis plus tard Saint-Chaffre[6].

Au IXe siècle est bâtie l'église paroissiale dédiée à saint Jean le Baptiste. Plusieurs fois remaniée, elle sert aujourd'hui de lieu d'expositions et de concerts.

Le bourg subit le pillage de « routiers » en 1361[7] lors de la guerre de Cent Ans, suite à quoi un château fut construit, qui fut ravagé en 1525 par un incendie lors des Guerres de Religion, puis reconstruit par la volonté de l'abbé Charles de Sennecterre. Le , "le roi accorde à la ville du Monastier le bâtiment connu sous le nom de Château de l'abbaye pour y établir des casernes, y continuer les prisons et le local propre à la justice seigneuriale et à son greffe et de fournir un logement au service du seigneur"[8]. Le bâtiment sera confisqué comme bien national lors des événements révolutionnaires, et la municipalité devra faire face à de nombreuses difficultés pour qu'il reste bien communal, ce qui sera obtenu en juin 1814 suite à une ordonnance royale et un arrêté du préfet[8].

Placé sur une voie de circulation importante entre le Sud-Est (Aubenas) et le Nord-Ouest (Le Puy-en-Velay), Le Monastier fut prospère, le commerce florissant , ainsi que la fabrication de dentelle au fuseau. Au XVIIe siècle y fut créée une antenne de l'institution des Béates, qui permit au village d'avoir une proportion importante de personnes sachant lire et écrire. La fermeture de l'abbaye à la fin du XVIIIe siècle porta un rude coup à cette école.

Lors de sa "cinquième campagne" (de vente forcée de tabac de contrebande, du 4 au ), et après avoir pris d'assaut l'entrepôt des tabacs situé Rue du Consulat en la ville du Puy, Louis Mandrin et ses compères traversent Le Monastier le 20 au soir. Un de ceux-ci, Michel Le Blondin, succombe à ses blessures sur la paroisse Saint-Pierre.[9].

De 1789 à aujourd'huiModifier

Avant la Révolution française, le village s'appela Le Monastier, puis Monastier-Saint-Chaffre en Velay sur les cahiers de doléances en mars 1789[8], puis Montbreysse lors des événements.

Existent sur le territoire de la commune plusieurs grottes et souterrains, dont certains servirent de refuge à des prêtres réfractaires, dont Maillet de Vachères, futur évêque de Tulle, qui attribua ensuite ses pénibles rhumatismes à leur humidité[10].

La commune comptait 3 340 habitants en 1806 lors du premier recensement officiel, 3 264 en 1861, 3650 en 1911, 3395 en 1921[8].

Fin 1839-début 1840, le village subit une épidémie de fièvre typhoïde qui fait une soixantaine de morts, ce qui décide le déplacement du cimetière à l'extérieur du bourg, car considéré comme responsable de la maladie, et pour enfin appliquer une loi datant de 1804.

En septembre 1878 et pendant quinze jours, accompagné de son ânesse Modestine, Robert Louis Stevenson parti du Monastier pour son périple à travers les Cévennes.

1893 : Le Monastier est le premier village du département à bénéficier de l'éclairage public, grâce à Louis Arcis qui installa une petite usine hydro-électrique sur la Gazeille.

Cent-trente-trois enfants de la commune tombèrent aux Champs-d'Honneurs lors de la Première Guerre mondiale.

La construction de la Ligne transcévenole, projet finalement abandonné en 1937, permit de conserver une activité forte avant le déclin amorcé dans les années 1950. Aujourd'hui, ce déclin semble stoppé, les habitants reviennent, ainsi que les commerces.

L'abbaye bénédictineModifier

 
Façade ouest de l'abbatiale.

Au VIe siècle, un seigneur gallo-romain nommé Calminius (d'où le nom de Calminiacum / Calmel donné à l'origine au Monastier) vint vivre en ermite au lieu-dit « le Villars », selon les principes inspirés par saint Martin de Tours de « rechercher la solitude ». Il se constitua vraisemblablement autour de lui une petite communauté qui a peut-être vécu quelque temps dans des grottes situées au-dessus du bourg actuel. Au VIIe siècle, sous l'influence de saint Eudes puis de son neveu[11] Théofrède qui devient saint Chaffre, la communauté se tourne vers le monachisme provençal des îles de Lérins en Méditerranée. Le monastère n'adopte la règle bénédictine qu'en 817.

En deux siècles trois églises sont construites, qui s'effondrent à cause de l'instabilité du terrain, dont la « grande église » de l'abbé Vulfade dont il ne reste que quelques vestiges. L'église actuelle est construite à partir de 1074 sous l'abbé Guillaume III. Les travaux sont continués par Guillaume IV qui fait aussi écrire le cartulaire de l'abbaye, source de bon nombre des connaissances à ce jour. À partir de cette date, le monastère prend une ampleur considérable possédant jusqu'à 235 dépendances à l'ouest et à l'est du Rhône jusqu'en Italie. Au XVe siècle, le chœur de l'église s'effondre et est reconstruit dans le mode gothique par les abbés Vital Hérailh puis François d'Estaing conseiller du roi Charles VIII. À la fin du XVIe siècle, l'abbaye perd son autonomie par son rattachement à l'abbaye de Cluny. Elle est définitivement fermée en 1787.

Aujourd'hui, l'église abbatiale reste un des plus beaux exemples de l'art roman en Auvergne par sa façade polychrome et sa frise sommitale unique. Son orgue de 1518 commandé par Gaspard de Tournon et restauré en 1985 par l'atelier de facture d'orgues Giroud (Bernin, Isère)[12] est l'un des plus vieux d'Europe.

Le châteauModifier

 
Façade sud du château.

Le Monastier étant une ville fortifiée, un donjon a dû exister très tôt. Après l'occupation du Monastier par les Anglais au XIVe siècle, un premier château abbatial fut construit puis incendié pendant les guerres de religion. Le château actuel fut reconstruit au XVIe siècle et servit de demeure pendant 130 ans à la puissante famille des Sennecterre (Saint Nectaire) qui fournit plusieurs abbés. Il abrite aujourd'hui un musée et l'école de musique intercommunale.

Les béatesModifier

 
Maison d'assemblée du Mont près du Monastier-sur-Gazeille.

La région du Puy et en particulier au Monastier, la population était plus instruite qu'ailleurs grâce à une institution spécifique datant du XVIIe siècle, les « Demoiselles de l'instruction » encore appelées Béates. Cette institution due à l'initiative d'Anne-Marie Martel a consisté à placer dans chaque village une femme célibataire, non religieuse mais placée sous la responsabilité du curé, chargée d'enseigner le catéchisme, mais aussi d'apprendre à lire et écrire aux garçons et la dentelle aux jeunes filles. Cette pratique se répandit dans tous les hameaux, à charge aux habitants de fournir à la béate le logis et le couvert. Souvent, une construction spécifique, généralement petite avec un étage, a été construite. On en voit encore et on les reconnaît à la cloche située au-dessus de la porte. Ces maisons s'appellent des « assemblées ». Les béates ont eu un impact considérable par leur présence permanente et l'élargissement de leur action. Elles ont notamment servi d'intermédiaire entre les dentellières et les patrons du Puy. Lors de l'instauration de l'école publique à la fin du XIXe siècle, des conflits très importants ont eu lieu. Les dernières béates œuvraient encore dans les années 1930.

La TranscévenoleModifier

 
Construit en 1925, le viaduc de la Recoumène n'a jamais vu passer de train.

Un événement considérable a marqué le début du XXe siècle au Monastier : la construction de la ligne de chemin de fer Le Puy - Niègles - Prades, dite « la Transcévenole », qui devait désenclaver le Monastier en lui fournissant un accès vers l'Ardèche, fut commencée en 1908 sous la responsabilité de l'ingénieur Paul Séjourné. Elle devait être « unique en Europe », rassembler une quantité rare d'ouvrages d'art : 12 viaducs et 35 tunnels pour 89 kilomètres, et la fameuse « spirale de Montpezat » autour du Suc de Gravenne, permettant de descendre du tunnel du Roux (altitude 994 mètres) à Thueyts (420 m).

Ayant subie de nombreux retards de construction (dont un arrêt total lors de la Première Guerre mondiale), cette ligne ne sera jamais achevée ni mise en service, malgré les efforts de Laurent Eynac, enfant du pays, député, sénateur et plusieurs fois ministre. Le déclassement en 1941 de la portion Le Puy - Le Monastier - Vachères, pourtant terminée, fut un crève-cœur pour tous ceux qui y avaient cru, et est regrettable aujourd'hui où les trains touristiques trouvent une nouvelle jeunesse. Néanmoins, les travaux liés à la construction de cette ligne avaient fortement aidé au développement du Monastier.

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
avant 1981 1983 Aimé Ollier    
1983 ? Marcel Bocquin    
Mars 2001 Janvier 2004 Gérard Pradier    
Janvier 2004 Mars 2008 Renée Vaggiani PS  
Mars 2008 En cours
(au 25 novembre 2019)
Michel Arcis DVD Enseignant
Vice-président de la Communauté de communes Mézenc-Loire-Meygal,
délégué à la petite enfance

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[14].

En 2017, la commune comptait 1 789 habitants[Note 1], en augmentation de 0,68 % par rapport à 2012 (Haute-Loire : +0,71 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 5151 7664 3553 1053 4203 5283 4613 5403 464
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 3413 5893 8313 7563 6983 7493 8003 7593 739
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 7433 7823 6503 5543 2033 1042 7022 2552 065
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
2 0852 0851 9661 9111 8281 7341 7381 7381 777
2017 - - - - - - - -
1 789--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

ÉconomieModifier

En 1495, Charles VIII autorisa la création d'un marché le mardi de chaque semaine. A la demande des habitants du Monastier, Louis XIII rétablit par lettres patentes le deuxième marché hebdomadaire en 1614, celui du vendredi, disparu à cause des guerres de religions, puis des guerres de la ligue[17].

Vie localeModifier

Les habitantsModifier

Les habitants du Monastier s'appellent les Monastérois. À l'époque florissante de l'abbaye, les moines élevaient de nombreuses chèvres pour récupérer leur peau pour leurs parchemins ce qui a valu aux Monastérois le surnom de « Mange-chèvre ». Le nom du hameau de Chabreyres situé à proximité du Monastier mais se trouvant sur la commune de Chadron provient de cet élevage.

Par suite des mariages au sein du village, les familles étant généralement nombreuses, on trouve facilement plusieurs personnes portant les mêmes nom et prénom, d'où l'utilisation des surnoms ou « noms d'escaïne » liés à la personnalité de la personne, son travail, son lieu de naissance, etc.

Dans la Description statistique de la Haute-Loire par Déribier de Cheissac en 1824, on lit : « Les habitants du Mézenc [...] sont jaloux, susceptibles et vindicatifs à l'excès ! » Robert Louis Stevenson qui a séjourné un mois au Monastier en 1878 dit : « Le Monastier est réputé pour la fabrication de la dentelle, l'ivrognerie, la liberté des propos et la discorde politique sans pareille ailleurs ». Il en garde pourtant un souvenir ému car ces montagnards un peu rustres lui rappellent son Écosse natale.

La vie en famille a donné lieu à la constitution de communautés de parsonniers, les parsonneries, dont certaines ont fonctionné plusieurs siècles. il s'agissait de communautés agricoles avec un fonctionnement très particulier [réf. souhaitée].

Le logementModifier

Le logement présente quelques particularités. Le logement principal est plus fort (74 %) que la moyenne de la Haute Loire (79,5 %), mais plus faible que la France (83 %). Le logement vacant (6,8 %) est du niveau national, mais plus faible que le département et la région (8,8 %). On y trouve beaucoup de résidences secondaires (17,5 %), mais moins que la moyenne du département (20,8 %). La caractéristique principale du logement est son ancienneté : 40 % de logements construits avant 1915 pour 33 % en Haute-Loire, 32 % en Auvergne et 22 % en France métropolitaine. Une autre caractéristique réside dans le rythme de construction : faible durant tout le début du XXe siècle (4 logements par an en moyenne), il monte à 15 logement/an entre 1968 et 1981 pour redescendre à 13 puis à 6. La municipalité actuelle en a fait sa priorité pour le mandat qui commence[18].

La langueModifier

Le Velay constitue une zone de transition entre l'occitan, le français et le francoprovençal. Situé au sud, dans la région du Puy, Le Monastier parle le vellave qui est un dialecte de l'auvergnat appelé par les habitants le « patois ». C'est une langue romane semblable à l'occitan par sa grammaire mais avec un vocabulaire et une façon de parler spécifiques. La plupart des anciens parlent couramment cette langue ; il suffit d'aller au marché le mardi pour s'en rendre compte. Et une proportion notable de personnes plus jeunes (40/60 ans) la comprennent.

C'est une langue accordant une place importante aux accents toniques. Le français lui-même, qui a eu beaucoup de mal à s'implanter, se trouve parfois modifié sous l'influence du patois. Une association « la Cluchade » s'est donné pour but de préserver cette langue. Elle donne chaque année un spectacle en patois au succès considérable. À la fin du XIXe siècle, la Société d'agriculture, sciences, arts et commerce du Puy s'est intéressée à ce dialecte dit « vellavo-vivarois ». Sa commission de glossologie a tenté d'écrire cette langue jusqu'alors exclusivement orale, et réalisé un « vocabulaire » aujourd'hui réédité grâce à Victor Souche.

Plan de la villeModifier

 

HébergementModifier

Le Monastier propose actuellement, pour l'hébergement des touristes, trois hôtels-restaurants de 4 à 10 chambres, 13 chambres d'hôtes et gîtes de 2 à 19 personnes ainsi qu'un terrain de Camping et Gîtes de 51 emplacements et 11 chalets situés sur le chemin de Stevenson au bord de la Gazeille.

Autres lieux et monumentsModifier

 
Église Saint-Jean-Baptiste côté sud-est.
  • Église préromane de Saint-Jean-Baptiste du IXe siècle (M.H.). L'église abbatiale était réservée aux moines. Les paroissiens n'y avaient accès que lors de manifestations particulières. Il y a eu, dès le IXe siècle une église réservée au culte des habitants et dédiée à saint Jean-Baptiste. L'édifice a été remanié plusieurs fois et l'église actuelle date probablement du XVe siècle. Son clocher-mur en peigne est encore plus récent. Elle a fait l'objet d'une importante campagne de restauration dans les années 1980 et notamment de très jolies fresques. Elle sert aujourd'hui de salle d'exposition et pour des concerts.
  • Musée municipal : le château accueille un musée présentant des collections lapidaires, des salles consacrées à la vie rurale et à l'art populaire, ainsi qu'une salle réservée à Robert Louis Stevenson.
  • La collection « Issartel » : deux frères proposent une collection d'objets et d'outils, recueillis depuis des dizaines d'années, qui illustrent l'évolution technologique du XXe siècle. Outils agricoles et artisanaux bien sûr, mais aussi balances, appareils-photo et surtout une collection de phonographes en parfait état de marche.
  • Musée de l'école : visite animée d'une ancienne école : écriture à la plume, calcul mental, utilisation du boulier, problèmes du certificat d'études… Présentation du mobilier, matériel scolaire et pédagogique,collection d'objets (plumes et porte-plumes, buvards, livres scolaires, cahiers d'élèves depuis le XIXe siècle, projecteurs de films fixes, affiches, cartes… Histoire de l'éducation et de l'école rurale. Projection de films pédagogiques anciens sous forme d'images fixes, vidéos de séquences de films tournés dans les écoles des années 1960.
  • Musée des croyances populaires[19] : visite animée du patrimoine immatériel rural du pays du Velay : les médecines paysannes, sorcelleries, contes, légendes, superstitions, etc. Ces anciennes croyances sauvegardées par des recherches ethnographiques sont présentées au public sous forme de figurines, dioramas et tableaux dans des décors typiques du pays. Ce musée est situé au château du Monastier-sur-Gazeille en Haute-Loire.

CultureModifier

La commune organise chaque été, début août, le Festival du Monastier : la Musique des cuivres[20].

Personnalités liées à la communeModifier

  • Laurent Eynac (1886-1970), homme politique né au Monastier. Conseiller général en 1913 puis député en 1914, il fait la guerre dans l'aviation. Secrétaire d'État à l'Aéronautique, on lui doit la création du ministère de l'Air où il restera deux ans. Il sera aussi ministre des PTT, du Commerce, des Travaux publics. Il se battit pour la ligne de chemin de fer « Transcévenole » malheureusement sans succès.
  • C'est au départ de ce village, où il voulait s'isoler à la suite d'une peine de cœur, que le , l'écrivain Robert Louis Stevenson, entreprend la traversée des Cévennes. Il relate son périple dans son livre Voyage avec un âne dans les Cévennes (1879).

Voir aussiModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

  1. Plus sur les hameaux du Monastier
  2. Bernard Sanial dans Le FIL, n°29, février 2003
  3. Le FIL, février 2003, éditeur : Centre d'études de la vallée de la Borne-Fay 43370 Bains.
  4. Le Velay : son volcanisme et les formations associées. Géologie de France n°3 par J. Mergoil et P. Boivin
  5. Site internet le.monastier43.free.fr __"Le Monastier-sur-Gazeille".
  6. L'abbatiale connaît en ce XXIe siècle de gros problèmes : pierres fragilisées, problèmes d'humidité, la façade bouge... ce qui justifie un ambitieux programme de restauration, pour un coût probable de plus de quatre millions d'euros. Source : journal "L'éveil de la Haute-Loire" du 04 février 2020, page 3.
  7. Site internet https://monumentum.fr __"Ancien château abbatial à Le Monastier-sur-Gazeille".
  8. a b c et d « Archives déposées de la commune du Monastier-sur-Gazeille », sur francearchives.fr.
  9. Livre "Les mystères de Haute-Loire", de Roger Briand, année 2011, pages 153 à 160.
  10. Livre "Le monde souterrain de Haute-Loire", de Jean-Paul Béal, année 2018, pages 156 à 160.
  11. Malègue, Guide de l'étranger dans la Haute-Loire, p. 460, éd. Marchessou, 1866
  12. Site internet des Orgues Giroud
  13. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  17. Adrien Lascombe, Lettres patentes de Louis XIII établissant un marché au Monastier (1614) : in Tablettes historiques du Velay 1871-1872, Le Puy-en-Velay, Tablettes historiques du Velay, (lire en ligne)
  18. Voir Le site de l'INSEE
  19. « Musée des Croyances Populaires | Bienvenue sur le site du Musée des Croyances Populaires », sur Musée des Croyances Populaires (consulté le 19 août 2018)
  20. Site du Festival.

BibliographieModifier

Liens externesModifier