Marquis

titre de noblesse

Marquis est un titre de noblesse dont l'importance a varié au cours de l'histoire.

Représentation héraldique de la couronne marquisale.

Le marquis est avant tout un comte, mais le fief terrien qu'il administre, le marquisat, est proche d'une frontière avec un autre État (comme les Marquisats de Saluces et de Montferrat, à la frontière italienne). Ainsi, afin de parer à toute invasion, le marquis (en allemand : Markgraf, d'où en français « margrave » et « margraviat ») est doté de pouvoirs militaires qui lui permettent de lever lui-même une armée, sans attendre l'ordre du souverain. Il peut de ce fait réagir rapidement lorsque la frontière de son comté ou marquisat se trouve menacée.

HistoriqueModifier

Époque carolingienne et Moyen ÂgeModifier

À l'époque carolingienne et pendant le haut Moyen Âge, le titre de marquis correspond à un commandement militaire, sur une région frontalière (dite « marche » ou « marquisat »). Le marquis — « marchensis » en bas latin, « Markgraf » en ancien allemand, de « Mark », la frontière, et « Graf », le comte, francisé en « Margrave » — est un comte doté de pouvoirs militaires lui permettant de lever le contingent de l’armée sans en avoir reçu l’ordre du souverain. Cette extension de l’autorité comtale se justifie par le fait qu’il s’agit d’un comté situé à la frontière du royaume et donc particulièrement exposé, et qu’en cas d’invasion, une réaction militaire rapide doit être possible. C’est également cette autorité accrue qui permettra au marquis de prétendre avoir un rang hiérarchique supérieur à celui de comte, mais inférieur à celui de duc, puisque celui-ci exerce, au nom du souverain, une autorité militaire et judiciaire sur plusieurs comtés.

On peut ainsi signaler pour la France :

Ces "marches" disparaissent au Xe et XIe siècles.

Ancien RégimeModifier

Ce n'est qu'au XVIe siècle que marquis devient un titre de noblesse français associé à un fief d'une certaine importance et octroyé par des lettres patentes du roi. Le premier d'entre eux fut, en février 1506[1], le marquisat de Trans en Provence, décerné par Louis XII à Louis de Villeneuve. Ils ne jouent plus, sauf rares exceptions[2], aucun rôle de défense, mais ils sont d'abord attribués.de préférence à des militaires "ayant l'aspérience des armes", puis ils se généralisèrent à toute la société, et même, au XVIIIe siècle, à des fermiers généraux ou de simples financiers . Sous l'Ancien Régime, il n'y a, dans les faits, pas de hiérarchie entre les titres nobiliaires, sauf pour ceux de duc et de prince du sang.

Le titre de marquis a pu, exceptionnellement, être attribué à des femmes. C'étaient, soit des princesses, soit des héritières d'un titre tombé en déshérence masculine, soit encore des favorites. Henri IV, Louis XIV et Louis XV notamment, eurent pour habitude de distinguer leurs maîtresses en leur décernant le titre de marquise. Vivant à Versailles, les marquises étaient les dames de cour par excellence, et jouirent d'une grande influence. On peut citer les plus célèbres d'entre elles, la marquise de Montespan, la marquise de Maintenon ainsi que la marquise de Pompadour.

Époque contemporaineModifier

Au XIXe siècle, sous la Restauration, le titre de marquis est très prisé, car il est gage de « vraie noblesse » (noblesse d'Ancien Régime, par rapport à celle d'Empire, considérée comme moins légitime). En effet, Napoléon Ier, lorsqu'il institue la noblesse d'Empire, ne crée pas de marquis ni de vicomte. Il est classé à partir du XIXe siècle, dans la hiérarchie, avant le titre de comte et après celui de duc.

Autres paysModifier

Notes et référencesModifier

  1. Les lettres portent 1505, ancien style (le changement d'année n'avait lieu qu'à Pâques).
  2. Les Iles d'Hyères (ou Iles d'Or), Belle-Ile en Mer et Brégançon furent érigés pour trois Généraux des Galères, tenus de s'y fortifier et d'y tenir garnison.

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier