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Jeux olympiques de 1900

compétition sportive

Jeux olympiques de 1900
Logo
Localisation
Pays hôte Drapeau de la France France
Ville hôte Paris
Date Du 14 mai au
Ouverture officielle par Pas d'ouverture officielle
Participants
Pays 24
Athlètes 997
(975 masc. et 22 fém.)
Compétition
Nombre de sports 20
Épreuves 85
Symboles
Serment olympique pas de serment
Flamme olympique pas de flamme
Mascotte pas de mascotte
Photo en portrait d'un homme en costume de ville.
Daniel Mérillon, délégué général aux sports pour les concours sportifs de l'exposition universelle de 1900 (qui présida à la composition du programme des épreuves de chaque sport).
La Plaquette des Sports de Frédéric Vernon, en or, remise aux gagnants des différents concours.
Cérémonie d'ouverture du concours de gymnastique des JO 1900, à Vincennes.

Les Jeux olympiques de 1900, Jeux de la IIe Olympiade de l'ère moderne, se tiennent à Paris en 1900 à la suite de la prise de décision dans ce sens à l'occasion du premier Congrès olympique (1894). Aucune cérémonie d'ouverture ou de fermeture au programme, mais le , un défilé des gymnastes a lieu dans le vélodrome de Vincennes lors de la fête fédérale de l'Union des sociétés de gymnastique de France. Ces Jeux se déroulent dans le cadre de l'organisation des « concours Internationaux d'exercices physiques et de sports » de l'Exposition universelle de Paris 1900, sur une période de cinq mois Dans ce cadre également, et malgré les efforts puis la désapprobation de Pierre de Coubertin, les symboles olympiques sont inexistants[1]. Ainsi, beaucoup d'athlètes ayant participé à ces « concours » ignorent, pour certains jusqu'à leurs décès, qu'ils ont participé aux Jeux olympiques.

Sommaire

OrganisationModifier

Rénovation des JeuxModifier

À l'initiative du baron Pierre de Coubertin, le Ier Congrès olympique est organisé du 16 au 24 juin 1894 dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris, par l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques. Les deux principaux objets sont l'étude des principes de l'amateurisme et le rétablissement des Jeux olympiques. Coubertin a prévu que les premiers Jeux olympiques modernes soient organisés à Paris en 1900 mais les délégués estiment que six ans seraient une trop longue attente ; des Jeux sont donc organisés en 1896. Sur la proposition du représentant de la Grèce Dimítrios Vikélas, la compétition est organisée à Athènes[2],[3]. Cela figure au point XIII de la déclaration sur la réglementation de l'amateurisme et le rétablissement des Jeux olympiques selon lequel le congrès décide « que les Jeux Olympiques aient lieu la première fois à Athènes, en 1896, et pour la seconde fois à Paris, en 1900, et ensuite de quatre ans en quatre ans, dans d'autres villes du monde[N 1]. »[3].

À la fin des Jeux de 1896, en tant que nation à l'origine des Jeux, la Grèce revendique le droit d'organiser les épreuves olympiques tous les quatre ans. Notamment soutenu par les athlètes américains et l'athlète et écrivain britannique George Stuart Robertson, le roi Georges Ier demande à Pierre de Coubertin et au Comité international olympique qu'Athènes soit la ville hôte permanente des Jeux[4]. Pierre de Coubertin réussit à convaincre ses collègues du CIO de ne pas suivre cette proposition[5]. Dans une lettre ouverte adressée au roi, Pierre de Coubertin remercie les Grecs pour l'énergie et l'enthousiasme avec lesquels ils ont organisé la compétition mais confirme que les Jeux suivants auront lieu à Paris en 1900. Les Grecs considèrent ensuite que le baron est « un voleur qui essaie de priver la Grèce de l'un de ses joyaux historiques ». Cependant, la famille royale réalise ensuite que son projet serait impossible à réaliser pour des raisons financières. La défaite face à l'Empire ottoman en 1897 réduit encore la possibilité de Jeux à Athènes en 1900[4].

Deux projets concurrentsModifier

Une concurrence s'est développée après les Jeux d'Athènes entre d'un côté Pierre de Coubertin, qui veut organiser les Jeux de la IIe Olympiade à Paris mais qui ne réussit pas à mettre en route son projet, et de l'autre Alfred Picard, commissaire général de l'Exposition universelle, qui veut, dans le cadre de l'Exposition, organiser aussi des « concours internationaux d'exercices physiques et de sports »[6]. L'instance dirigeant alors le sport en France, l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques, penche finalement en pour les concours de l'Exposition plutôt que pour les Jeux de Coubertin. Ce dernier, qui est président du Comité international olympique, est alors obligé au printemps 1899 d'accepter le compromis que suggère l'USFSA : « les concours de l'Exposition tiennent lieu de Jeux olympiques pour 1900 et comptent comme équivalent de la deuxième olympiade[N 2]. ». De même, le concept de « Jeux olympiques » est alors peu connu, à la différence de la situation contemporaine. Aussi, nombre de concours sont seulement appelés « championnats du monde », terme plus populaire. C'est donc a postetiori qu'ils sont devenus « olympiques »[7].

Concours internationaux d'exercices physiques et de sportsModifier

Les organisateurs de l’Exposition universelle de 1900 répartissent les compétitions sur cinq mois dans le cadre des Concours internationaux d'exercices physiques et de sports. Ni les affiches, ni le programme, ni les médailles de l'exposition ne présentent les Concours internationaux comme olympiques. Les Concours internationaux se sont si peu souciés de leur adoubement olympique que de nombreux athlètes moururent sans même savoir qu'ils avaient participé à des Jeux olympiques.

  • « S'il y avait un endroit au monde où l'on se montrait indifférent aux Jeux olympiques, c'était avant tout Paris. » Pierre de Coubertin, Mémoires Olympiques, Comité international olympique, Lausanne 1931.
  • Le succès des Concours internationaux, reconnus par Coubertin comme deuxième olympiade, a été considérable. « Le sport en 1900 a gravité autour de cet unique foyer, Paris » (Le Vélo), « Jamais le sport n'a été plus en honneur que cette année, jamais il n'a autant préoccupé la foule » (L'Auto-Vélo). Les Concours internationaux sont à la démesure de l'exposition : tous les pays sportifs sont représentés ainsi que la quasi-totalité des disciplines sportives pratiquées. Avec 58 731 participants, cette édition des Jeux constitue un record.
  • Avec la volonté de développer l'Est parisien, les concours sportifs de l'exposition devaient initialement se tenir au bois de Vincennes, desservi par la première ligne de métro parisien et des lignes de tramway électriques installées pour l'occasion. Mais, pour éviter des dépenses excessives et pour faire face au nombre important des épreuves, un tiers des épreuves seront finalement disputées sur d'autres sites.
  • Construction en 1896 à Charenton-le-Pont dans le bois de Vincennes d'un vélodrome d'une capacité de 40 000 places (aujourd'hui vélodrome Jacques-Anquetil).

ParticipantsModifier

SportifsModifier

 
Pays Participants aux Jeux de 1900.
  •      Pays participant pour la première fois.
  •      Pays ayant déjà participé.

Les Jeux olympiques de Paris en 1900 font partie des festivités proposées par l'Exposition universelle. De très nombreuses compétitions sportives impliquant 71 230 athlètes (dont 1 960 étrangers) se tiennent sous l'autorité des organisateurs de l'Expo. Certaines d'entre elles sont scolaires, purement franco-françaises où mettent au programme des disciplines assez inattendues comme certaines courses avec obstacles divers. Effectuer un tri cohérent parmi cet ensemble hétérogène relève du défi. Nombre d'auteurs se sont penchés sur la question, mais la fourchette de leurs estimations qui va de 1000 à 60 000 athlètes participants montre bien la difficulté de la tâche. Le Comité international olympique s'est très officiellement également penché sur cette question afin d'établir un palmarès cohérent pour cette olympiade. Selon les travaux du CIO, 997 athlètes de 24 nations se sont affrontés dans 90 épreuves dans 19 sports.

Participation des femmesModifier

Les femmes participent pour la première fois aux Jeux olympiques en 1900. Selon les chiffres du Comité international olympique, on en compte 22 parmi les 997 athlètes. Des épreuves féminines de golf et de tennis sont organisées et quelques femmes participent à des épreuves mixtes en voile, en croquet et en équitation[8].

La comtesse Hélène de Pourtalès, qui a les nationalités suisse et américaine, remporte une course de voile avec son mari Hermann le 22 mai 1900. Le Comité international olympique ainsi que plusieurs historiens la considèrent comme la première participante aux Jeux et la première championne olympique de l'histoire[9],[10],[11]. Bill Mallon, en s'appuyant sur les recherches de Ian Buchanan, relève cependant que sa participation n'est pas bien documentée et qu'elle n'est peut-être que propriétaire du bateau sans prendre part à la course du 22 mai. Il considère que Jeanne Filleul-Brohy et Marie Ohier, qui participent aux épreuves de croquet à partir du 28 juin, sont les premières participantes olympiques[10],[12]. C'est donc Charlotte Cooper, vainqueur du tournoi féminin de tennis en juillet, qui serait la première championne olympique[10],[13]. Cooper est dans tous les cas la première championne olympique d'une épreuve individuelle[14].

Pierre de Coubertin n'est pas favorable à l'arrivée des femmes aux Jeux olympiques[15],[16]. En 1928, il écrit : « Quant à la participation des femmes aux Jeux, j'y demeure hostile. C'est contre mon gré qu'elles ont été admises à un nombre grandissant d'épreuves[17] ». Le développement du sport féminin fait également réagir d'autres personnalités : le poète Sully Prudhomme écrit qu'il a « horreur de tout ce qui tend à substituer la force à la grâce, l'énergie à la douceur, l'adresse à la spontanéité chez la jeune fille et, en général, tout ce que la femme emprunte à l'homme de qualités viriles, la dénature et nuit à son charme » et l'écrivain Émile Zola se dit « très partisan de tous les exercices physiques qui peuvent contribuer au développement de la femme, à la condition bien entendu qu'elle n'en abuse pas[13] ».

DélégationsModifier

Si le CIO donne un nombre de 24 nations, il n’en fournit pas pour autant la liste. Vingt pays ont reçu officiellement une médaille, à ces 20 pays sont régulièrement cités les quatre pays que sont l’Argentine, la Grèce, la Roumanie et la Russie pour former la liste suivante des 24 nations qui auraient participé aux Jeux.

Les probables 24 délégations participantes
Afrique Amériques Asie Europe Océanie
0 pays 5 pays 1 pays 17 pays 1 pays

Toutefois, au contraire de la Grèce, de la Roumanie et de la Russie qui ont chacun au moins un sportif dans la base de données des athlètes tenue par le Mouvement olympique, le seul sportif argentin qui aurait fait le déplacement, Eduardo Camet, est noté comme Français dans cette base. Il y avait également des participants péruvien (Carlos de Candamo), perse (Freydoun Malkom) et haïtiens (Léon Thiércelin et André Corvington) en escrime, luxembourgeois (Michel Théato) et brésilien (Adolphe Klingelhoeffer) en athlétisme, haïtien en rugby dans l’équipe française (Constantin Henriquez) et colombien en tir à la corde aussi dans l’équipe française (Francisco Henríquez de Zubiría). Mais venant de pays sans comité olympique, ils ont alors probablement tous représentés la France, le Royaume-Uni ou un autre pays européen et leurs pays non comptabilisés. Dans la base de données du Mouvement olympique, ils sont d’ailleurs notés comme Français pour Corvington, Théato et Klingelhoeffer et les deux « Henriquez » sont confondus en un seul, aussi Français ; seuls Candamo, Malkom et Thiércelin sont effectivement notés comme venant respectivement du Pérou, de l’Iran et d’Haïti. Il est possible que le Néo-Zélandais Victor Lindberg ait été membre de l’équipe britannique en water-polo. Lindberg aurait alors représenté la Grande-Bretagne mais il est absent de la base de données du Mouvement olympique.

SitesModifier

L'Exposition universelle a lieu à Paris mais le centre-ville ne suffit pas pour accueillir la totalité de la manifestation. Un deuxième ensemble est donc prévu dans le bois de Vincennes, avec notamment les pavillons de l'Automobile et du Cycle et les sites des épreuves sportives. Il est desservi par la première ligne du métro de Paris qui ouvre en juillet 1900[18]. La seule installation sportive déjà présente à cet endroit est un vieux vélodrome qui est utilisé pour le tir à l'arc. L'aménagement des sites nécessaires pour y accueillir tous les concours sportifs « entraînerait des frais de construction élevés et ne répondrait pas au but que l'on poursuit : la création de grands concours passagers sans dédoublement de l'Exposition elle-même. » Le projet est donc modifié est les compétitions sont réparties dans la région parisienne, et ailleurs en France pour le golf et la voile[19],[20],[21].

De nombreuses épreuves ont tout de même lieu dans le bois de Vincennes. Le cyclisme étant un des sports les plus populaires à l'époque, un nouveau stade vélodrome d'une capacité de 40 000 places y est construit pour un coût de 300 000 francs répartis à parts égales entre l'Exposition et la ville de Paris qui cherchait à construire une piste municipale[19],[22]. Il accueille les compétitions de cyclisme, de gymnastique, de cricket, de football et de rugby. Les concours d'automobilisme, de motocyclisme, de tir au canon, de colombophilie et de sauvetage et les courses de ballon sont également disputés au bois de Vincennes, notamment autour du lac Daumesnil[23].

Les épreuves d'athlétisme ont lieu à la Croix-Catelan dans le bois de Boulogne, sur les terrains du Racing Club de France. Deux tribunes de 600 places sont installées autour des couloirs tracés à la chaux sur la pelouse. Pendant les épreuves de lancer, les athlètes sont gênés par les arbres[20]. Les matchs de tir à la corde, de polo et de croquet et le tir au pigeon ont également lieu au bois de Boulogne[23]. Quelques concours sont organisés au centre-ville de Paris : les concours hippiques ont lieu sur la Place de Breteuil où un hippodrome provisoire est construit[24], les concours d'escrime sont répartis entre la salle des fêtes de l'Exposition au Champ-de-Mars et le jardin des Tuileries[25], la longue paume est disputée au jardin du Luxembourg et les concours militaires sur la place du Carrousel[23].

Les sports nautiques sont répartis le long de la Seine : la pêche à la ligne sur l'Île aux Cygnes, l'aviron, la natation, le water-polo et le sauvetage entre Asnières et Courbevoie, la course de bateaux à moteur à Argenteuil et la voile à Meulan[23]. Pour les bateaux de plus de 10 tonneaux, les régates ont lieu en mer au large du Havre[26]. Le tournoi de tennis a lieu sur les terrains de la Société de sports de l'île de Puteaux[27], et celui de pelote basque sur le terrain de la Société du Jeu de pelote à Neuilly-sur-Seine[28]. Les concours de tir ont lieu au camp de Satory, à Versailles, sur un terrain mis à disposition par l'armée[29]. Enfin, les tournois de golf sont organisés sur le terrain de Compiègne, dans l'Oise, car il n'y en a aucun plus proche de Paris[30].

La carte suivante montre les sites des compétitions qui se sont déroulées à Paris et dans sa proche banlieue. Cinq sites se trouvent en dehors de la carte : Argenteuil (courses de bateaux à moteur), Satory (tir), le golf de Compiègne, Meulan et Le Havre (voile)[23].

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

DéroulementModifier

Faits marquantsModifier

  • Les femmes font leur première apparition aux Jeux modernes. Elles participent aux épreuves de tennis et de golf et de manière limitée ou marginale aux épreuves de tir, voile, équitation, croquet, pêche, ballons, sauvetage, aviron ainsi qu'aux épreuves scolaires.
  • La première femme à obtenir un titre de championne olympique dans une épreuve individuelle le 11 juillet 1900 est la joueuse de tennis britannique Charlotte Cooper qui s’impose dans le simple dames.
  • Le Franco-Haïtien Constantin Henriquez, est le premier athlète noir à participer aux Jeux olympiques et à devenir champion olympique (médaillé d’or avec l’équipe de rugby).
  • Margaret Abbott remporte le concours de golf féminin disputé à Compiègne sur un parcours de 9 trous. Elle est la première championne olympique américaine, et la seule dans son sport pour les 116 années à venir, mais elle ne le saura jamais jusqu'à son décès en 1955[31]
  • Ces Jeux ont leur « champion inconnu », un jeune barreur âgé de « 7 à 12 ans », appelé en renfort dans le deux avec barreur néerlandais qui l'emporte. On n'a jamais retrouvé le nom du garçon qui serait le plus jeune champion olympique de l'histoire[32].

ProgrammeModifier

Les compétitions sont réparties pendant la durée de l'Exposition, sur la période allant du 14 mai au 28 octobre. Le programme suivant, qualifié de « complet et remarquablement intéressant », est adopté par la commission supérieure des exercices physiques et des sports lors de sa séance du 10 mars 1900[33],[34] :

  • Section I — Jeux athlétiques : Courses à pied et concours athlétiques, football rugby, football association, hockey, cricket, lawn-tennis, croquet, jeux de boules, baseball, crosse canadienne, longue paume, balle au tamis, courte paume, jeux de golf, pelote basque.
  • Section II — Gymnastique : XXVIe fête fédérale de l'Union des Sociétés de gymnastique de France, concours-fête de l’Association des Sociétés de gymnastique de la Seine, championnat international de gymnastique.
  • Section III — Escrime : Concours de fleuret, concours d'épée, concours de sabre.
  • Section IV — Tir : Tir à la cible, tir au fusil de chasse, tir aux pigeons, tir à l'arc et à l'arbalète, tir au canon.
  • Section V — Sport hippique : Concours hippique, polo hippique.
  • Section VI — Vélocipédie : Courses vélocipédiques.
  • Section VII — Automobilisme : Concours de tourisme, concours de motocycles, courses de vitesse, concours de voitures de place et de livraison, concours de poids légers, concours de poids lourds.
  • Section VIII — Sport nautique : Régates à l'aviron, concours de yachting à la voile, concours de bateaux à moteurs mécaniques, concours de natation, concours de pêche à la ligne.
  • Section IX — Sauvetage : Concours de manœuvres de pompes à incendie, concours de sauvetage sur l'eau, concours de premiers secours aux blessés civils et militaires.
  • Section X — Aérostation : Concours de ballons (vingt-quatre concours de natures diverses : durée, altitude, distance), concours de colombophilie.
  • Section XI — Exercices militaires préparatoires : Fête et concours d’exercices militaires préparatoires
  • Section XII — Concours scolaires : Jeux athlétiques scolaires, aviron scolaire, gymnastique scolaire, fête des écoles communales de la ville de Paris, concours de fleuret inter-scolaire, championnat de tir des écoles supérieures, championnat de tir des lycées et collèges, championnat de tir des écoles primaires.

Plusieurs compétitions proposées dans la section I sont écartées : le patinage peu pratiqué à Paris, l'haltérophilie « accaparée par les professionnels », la marche qui « ne présente pas les caractères d'un concours de jeux athlétiques » et la boxe, la canne et la lutte à cause de leur dangerosité ou leur « caractère trop théâtral[35] ». Quatre des 54 concours retenus ne sont pas organisés faute de participants : le hockey, la crosse, la balle au tamis et la courte paume[34]. Le tournoi de baseball n'a pas lieu non plus mais un match est joué entre deux équipes américaines le 20 septembre. Il est mentionné dans le rapport de la délégation américaine mais pas dans le rapport des concours sportifs de l'Exposition[36].

ÉpreuvesModifier

AthlétismeModifier

 
Barrières en bois de la course du 110 mètres haies.

Les épreuves d'athlétisme sont les seules qui sont promues en tant qu'épreuves olympiques dans de nombreux pays[37]. Appelées « Championnats du monde » dans le rapport officiel, elles ont lieu le 1er juillet, le 5 juillet et le 5 août pour les professionnels et sur cinq journées entre le 14 et le 22 juillet pour les amateurs. Elles sont disputées à la Croix-Catelan dans le bois de Boulogne, sur les terrains du Racing Club de France. Des courses avec handicap sont également organisées. Le comité d'organisation estime que jusqu'à 2 000 à 3 000 spectateurs, dont beaucoup d'Américains, assistent aux épreuves. Au total, plus de 700 athlètes dont environ 200 étrangers (la moitié sont américains) participent aux compétitions[38]. En recensant les participants aux épreuves considérées comme olympiques, Bill Mallon en compte 115 venant de 16 pays[39]. Les courses ont lieu sur une piste en herbe de 500 mètres parsemée de trous et de bosses[37].

 
Alvin Kraenzlein, vainqueur de quatre épreuves, lors du saut en longueur.

Les compétitions amateurs sont largement dominées par les Américains. Alvin Kraenzlein, champion amateur des États-Unis dans trois épreuves en 1899 et détenteur du record du monde du saut en longueur, participe à huit épreuves en trois jours. Il remporte le 60 mètres en 7 secondes, avec un dixième d'avance sur son compatriote Walter Tewksbury. Lors des séries du 110 mètres haies, il bat le record du monde avec un temps de 15,6 secondes puis gagne la finale en 15,4 secondes devant ses compatriotes John McLean et Frederick Moloney. Il remporte également le 200 mètres haies devant Norman Pritchard (Inde britannique) et Walter Tewksbury[40]. Kraenzlein est le seul à franchir facilement les haies ; il est considéré comme l'inventeur de la technique de franchissement moderne[41]. Le 14 juillet, les qualifications du saut en longueur sont remportées par l'Américain Meyer Prinstein grâce à un saut de 7,17 mètres. La finale est prévue le dimanche 15 juillet et plusieurs universités américaines affiliées au méthodisme qui interdisent à leurs athlètes de concourir le dimanche demandent aux organisateurs de la déplacer. Après le refus des Français, les athlètes américains se mettent d'accord pour ne pas se présenter à la finale. Prinstein, qui est de confession juive, accepte également. Alvin Kraenzlein participe cependant à la finale et bat d'un centimètre le saut de Prinstein ; il obtient donc une quatrième victoire. Bien qu'il n'ait pas participé à la finale, les organisateurs attribuent la deuxième place à Prinstein qui se sent trahi par son compatriote. Le lendemain, Prinstein gagne l'épreuve du triple saut devant le champion en titre James Connolly[42]. Après les Jeux de 2016, Alvin Kraenzlein est toujours le seul sportif ayant remporté quatre titres individuels en athlétisme en une édition des Jeux[43].

Le grand favori du 100 mètres est l'Américain Arthur Duffey qui a battu ses principaux rivaux Frank Jarvis et Walter Tewksbury une semaine plus tôt. Bien qu'ils n'aient jamais couru sur une piste en herbe auparavant, Jarvis et Tewksbury égalent le record du monde 10,8 secondes pendant les séries alors que Duffey semble s'être économisé jusque-là. Lors de la finale, Duffey a déjà une forte avance à mi-parcours mais, probablement victime d'un entorse, il s'effondre peu après et laisse Jarvis gagner devant Tewksbury alors que l'Australien Stan Rowley obtient la troisième place[44]. Bien que les Américains ne soient pas habitués à participer à cette épreuve, Tewksbury remporte le 400 mètres haies devant le Français Henri Tauzin qui était invaincu jusque-là[45]. Également deuxième du 60 mètres et troisième du 200 mètres haies, Tewksbury obtient sa cinquième médaille en gagnant le 200 mètres devant Norman Pritchard[46]. Encouragé par les spectateurs français qui confondent son uniforme bleu et blanc de l'Université Columbia avec celui du Racing Club de France, l'Américain Maxie Long remporte le 400 mètres alors que trois de ses compatriotes ne participent pas à la finale, qui a lieu un dimanche, pour des raisons religieuses[47].

 
L'Américain Ray Ewry, vainqueur de trois épreuves, lors du saut en hauteur sans élan.

L'Américain Ray Ewry, victime de la poliomyélite, a perdu l'usage de ses jambes entre 12 et 17 ans. À Paris, alors qu'il a 27 ans, il remporte pourtant les trois premiers des huit titres olympiques de sa carrière. Il gagne d'abord l'épreuve du saut en hauteur sans élan en battant le record du monde grâce à un saut de 1,65 mètre devant son compatriote Irving Baxter qui est d'origine sioux. Il remporte ensuite le saut en longueur sans élan en franchissant 3,21 mètres, également devant Baxter. Enfin, il atteint 10,58 mètres lors du triple saut sans élan, toujours devant Baxter. Après cette performance, le public parisien le surnomme « l'homme caoutchouc[48] ». Avec les premières places du saut en hauteur et du saut à la perche, Irving Baxter remporte au total cinq médailles[37]. Le concours du saut à la perche a lieu dans la confusion : trois des meilleurs sauteurs américains ne veulent pas que l'épreuve ait lieu un dimanche. Deux d'entre eux, Charles Dvorak et Bascom Johnson, se présentent tout de même au concours mais ils repartent car on leur dit qu'il est reporté. Les officiels changent ensuite d'avis et l'épreuve a lieu sans eux mais en présence de Baxter, encore présent après le saut en hauteur. Après les protestations des Américains, deux autres concours sont organisés mais les résultats ne sont pas modifiés[49].

Les Britanniques dominent les courses de demi-fond et de fond : Alfred Tysoe remporte le 800 mètres en min 1 s 2 alors que l'Américain David Hall, qui a couru en min 59 s 0 lors des qualifications, termine au troisième rang[50] et Charles Bennett bat le record du monde en terminant le 1 500 mètres en min 6 s 2 devant le Français Henri Deloge et l'Américain John Bray[51]. George Orton, paralysé jusqu'à l'âge de 12 ans après être tombé d'un arbre, remporte le 2 500 mètres steeple 45 minutes après avoir terminé au troisième rang du 400 mètres haies. Il est le premier médaillé olympique canadien. Le Britannique Sidney Robinson et le Français Jean Chastanié qui ont mené la plupart de la course terminent deuxième et troisième[52]. Le Britannique John Rimmer gagne le 4 000 mètres steeple devant ses compatriotes Charles Bennett et Sidney Robinson après avoir mené du début à la fin. Le 5 000 mètres par équipes, auquel les Américains ne participent pas car la course a lieu un dimanche, est remporté par les Britanniques devant les Français. L'Australien Stan Rowley, trois fois médaillé de bronze en sprint, participe avec les Britanniques à qui il manquait un athlète mais son temps n'est pas pris en compte car seuls les quatre meilleurs temps de chaque équipe sont comptabilisés[53].

Le Hongrois Rudolf Bauer remporte le lancer du disque devant le Bohémien František Janda-Suk et l'Américain Richard Sheldon. La zone d’atterrissage des disques se trouve entre deux rangées d'arbres, ce qui augmente la difficulté de l'épreuve[54]. Lors du lancer du marteau, c'est un chêne situé dans la zone de lancement qui perturbe les athlètes. Détenteur du record du monde, l'Américain John Flanagan doit attendre son quatrième essai pour se placer au premier rang devant deux compatriotes[55]. Les Américains réalisent également un triplé lors du lancer du poids[37].

 
Départ du Marathon.

Le départ et l'arrivée du marathon se situent à la Croix-Catelan et le parcours, d'une longueur de 40,260 kilomètres, suit les fortifications de Paris. Les concurrents prennent le départ en milieu d'après-midi par une température de 39 degrés. À certains endroits, ils doivent trouver leur chemin parmi les automobiles, les cyclistes, les tramways, les carrioles des artisans, les passants et les troupeaux de moutons et de vaches conduits vers les abattoirs de la Villette. Les cinq concurrents français ont reconnu le parcours mais le Suédois Ernst Fast, qui fait partie des favoris, est mal aiguillé par un policier à la porte de Passy alors qu'il est en tête et prend du retard. Un des favoris, le Français Georges Touquet-Daunis, s'arrête dans un café après 12 kilomètres et annonce après quelques bières qu'il ne repartira pas à cause de la chaleur. Seuls sept des treize concurrents terminent la course. Le marathon est remporté en h 59 min 45 s par le Luxembourgeois courant pour la France Michel Théato, devant le Français Émile Champion et Ernst Fast. Théato ne sait pas que la course qu'il a remportée est le marathon olympique avant la publication d'une liste de résultats en 1912[56],[57]. Les Britanniques et les Américains accusent Théato d'avoir pris des raccourcis et d'avoir été escorté[58].

AvironModifier

Article détaillé : Aviron aux Jeux olympiques de 1900.
 
François Brandt, Roelof Klein et un garçon parisien remportent l'épreuve du deux avec barreur.

Une journée de régates populaires sur la Marne est d'abord organisée le 19 août pour les rameurs dits « de promenade ou indépendants ». Elle compte 270 participants et réunit 10 000 spectateurs. Les compétitions ont ensuite lieu les samedi 25 et dimanche 26 août sur la Seine, dans le bassin d'Asnières-Courbevoie. Neuf épreuves sont au programme : une course à un rameur senior, les courses à deux, quatre et huit rameurs juniors et seniors, une course à quatre rameurs seniors secondaire et une course à quatre rameurs pour débutants[59]. Les épreuves éliminatoires ont lieu le samedi et le dimanche matin et les finales, pour lesquelles la navigation est interrompue, le dimanche après-midi[60]. La longueur du parcours est de 1 750 mètres[61]. Pour les quatre épreuves seniors qui seront considérées comme des épreuves olympiques, Bill Mallon recense 107 participants venant de huit pays[39]. Les épreuves attirent de nombreux spectateurs[62].

Le Français Hermann Barrelet remporte facilement la finale individuelle devant son compatriote André Gaudin et le Britannique Saint-George Ashe[63]. Lors des séries de l'épreuve à deux avec barreur, les favoris néerlandais François Brandt et Roelof Klein sont surpris de terminer avec huit secondes de retard sur les Français Lucien Martinet et René Waleff. Cela s'explique par le fait que le barreur des Néerlandais, Hermanus Brockmann, est un adulte de 60 kg alors que ceux des équipages français sont des enfants plus légers. Ils décident de faire de même et, lors de la finale, leur barreur est un enfant de 33 kg qui n'a pas été engagé par les équipes françaises à cause de son poids trop élevé. Son âge est estimé entre 7 et 12 ans. Les Néerlandais partent rapidement et, bien qu'ils se fassent rattraper vers la fin, ils remportent l'épreuve avec une avance de 0,2 seconde sur Martinet et Waleff. Le nom du garçon parisien n'a jamais été retrouvé mais il est vraisemblablement le plus jeune champion olympique de l'histoire[64],[14]. La finale de l'épreuve à quatre avec barreur doit réunir les vainqueurs des trois séries éliminatoires et le deuxième de la série 3 mais quand les officiels remarquent que les perdants des séries 2 et 3 ont des meilleurs temps que les premiers de la série 1, ils décident d'organiser une série supplémentaire. Elle est cependant annulée car les organisateurs n'arrivent pas à contacter tous les équipages et ils décident que la finale réunirait les trois vainqueurs et les trois perdants les plus rapides. Les vainqueurs des séries refusent d'y participer car le parcours est préparé pour seulement quatre bateaux. La finale est remportée par le Cercle de l'Aviron Roubaix devant l'Union Nautique de Lyon et l'équipage allemand Favorite Hammonia. Comme le résultat n'est pas satisfaisant, une deuxième finale est organisée pour les vainqueurs des séries. Le Germania Ruder Club la gagne devant Minerva Amsterdam et le club allemand Ludwigshafener Ruder Verein. Les deux finales sont considérées comme des finales olympiques[65]. Le huit du Vesper Boat Club de Philadelphie, champion des États-Unis en 1900, est le seul équipage non-européen des compétitions d'aviron. Il remporte facilement sa course devant le Royal Club Nautique de Gand et Minerva Amsterdam[62],[66].

CricketModifier

 
L'équipe de cricket qui représente la France.

Le cricket fait partie du programme des Jeux olympiques de 1896 mais l'épreuve est annulée à cause du manque de participants[67]. En 1900, trois matchs sont prévus : France-Belgique, France-Pays-Bas et France-Grande-Bretagne. Seul le troisième a lieu car les Néerlandais ne trouvent pas suffisamment de joueurs et les Belges n'envoient pas d'équipe. Ce match, le seul de l'histoire du cricket aux Jeux olympiques, a lieu les 19 et 20 août au vélodrome de Vincennes. La Grande-Bretagne est représentée par les Devon & Somerset Wanderers et la France par douze joueurs sélectionnés parmi deux clubs de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques qui sont pour la plupart des Britanniques expatriés en France[68]. Ce sport peu populaire en France et décrit par La Vie au grand air comme « sans couleurs au non-initié » attire très peu de spectateurs[67]. Les scores sont les suivants : 117 et 145/5 pour la Grande-Bretagne ; 78 et 26 pour la France. Les Britanniques gagnent donc très largement avec une avance de 158 courses[69].

CroquetModifier

 
Un joueur pendant le tournoi de croquet.
Article détaillé : Croquet aux Jeux olympiques.

Les compétitions de croquet ont lieu les week-ends entre le 24 juin et le 15 août sur la pelouse de Madrid dans le bois de Boulogne. Ce programme dissuade les joueurs provinciaux et étrangers de participer au concours ; seuls une douzaines de Parisiens (dont trois femmes) y prennent part. Un amateur anglais, probablement le seul spectateur payant, fait le déplacement depuis Nice pour assister à la première journée[70],[71]. C'est la seule apparition de ce sport aux Jeux olympiques mais le roque, une variante du croquet, fait partie du programme en 1904[72].

Quatre épreuves sont disputées : le championnat simple à une boule par point, le championnat simple par camps (deux boules contre deux boules), le championnat double et le handicap simple à deux boules[70]. Les trois premières sont considérées comme olympiques[73]. L'épreuve à une boule se joue sur plusieurs tours à élimination ; elle est remportée par Gaston Aumoitte devant Georges Johin et Chrétien Waydelich[74]. Chrétien Waydelich gagne le concours à deux boules devant Maurice Vignerot, vainqueur de l'épreuve avec handicap, et Jacques Sautereau[75]. Seuls les noms des vainqueurs du championnat double sont connus : il s'agit des deux premiers de l'épreuve à une boule, Gaston Aumoitte et Georges Johin[76].

CyclismeModifier

 
La finale de l'épreuve de vitesse.

Les épreuves cyclistes, appelées « courses vélocipédiques », ont lieu dans le vélodrome de Vincennes entre le 9 et le 16 septembre[77]. Les courses professionnelles de ce sport très populaire à l'époque comprennent le 1 000 mètres, le 2 000 mètres, le 100 kilomètres, le 100 milles (160 kilomètres) et le Bol d'or couru sur 24 heures. Maurice Garin, futur vainqueur du premier Tour de France en 1903, termine troisième du Bol d'or[78],[5]. Trois courses sont réservées aux amateurs et donc considérées comme olympiques : la vitesse individuelle, la course aux points et les 25 kilomètres[79],[80]. Selon Bill Mallon, 72 cyclistes (dont 59 Français) venant de six pays y prennent part[39].

La vitesse se court en quatre tours de compétition sur une distance de 1 000 mètres. Le Français Albert Taillandier gagne la finale avec un temps de min 52 s devant son compatriote Fernand Sanz et l'Américain John Henry Lake, deuxième lors des Championnats du monde de cyclisme sur piste 1900 qui a eu lieu à Paris en août[81]. La course aux points a une longueur de 5 kilomètres ; des points sont attribués aux trois premiers à chaque tour. L'Italien Enrico Brusoni gagne cinq des dix sprints et remporte la course en min 9 s avec 21 points, devant l'Allemand Karl Duill et le Français Louis Trousselier (9 points chacun). Trousselier est notamment le futur vainqueur du Tour de France 1905[82]. Louis Bastien, champion du monde sur 100 kilomètres et grand favori du 25 kilomètres, remporte facilement la course en 25 min 36 s 2. Il devance le Britannique Lloyd Hildebrand et Auguste Daumain[83].

EscrimeModifier

 
Le combat entre Italo Santelli (à gauche) et Jean-Baptiste Mimiague pendant l'épreuve des maîtres au fleuret.

Selon les règles décidées lors du Ier Congrès olympique en 1894, l'escrime est la seule discipline olympique à laquelle les professionnels peuvent participer[84]. Les sept épreuves organisées à Paris sont donc considérées comme olympiques : une épreuve amateur et une pour les professeurs dans chaque arme (fleuret, épée et sabre), et une finale à l'épée entre les meilleurs professeurs et amateurs. L'escrime est un des sports les plus populaires en France à l'époque et c'est la discipline olympique qui réunit le plus d'athlètes en 1900 : 258 dont 47 étrangers venant de 18 pays différents[85],[39].

Les concours de fleuret ouvrent le programme des concours sportifs le 14 mai. Ils sont disputés dans la salle des fêtes de l'exposition, sur le Champ-de-Mars[86]. Lors du tournoi amateur, plusieurs séries permettent de qualifier 8 des 54 escrimeurs pour la finale lors de laquelle chacun d'entre eux affronte les sept autres. Le capitaine Émile Coste remporte la compétition avec six victoires, devant Henri Masson (cinq) et Marcel Boulenger (quatre)[87]. Pendant le tour final du tournoi des maîtres, Lucien Mérignac et Alphonse Kirchhoffer ont chacun six victoires ; ils disputent donc un match de barrage remporté par Mérignac. Jean-Baptiste Mimiague termine au troisième rang[88].

Les concours d'épée ont lieu en plein air, sur la terrasse du Jeu de paume au jardin des Tuileries, ou dans des tentes les jours de pluie. Après plusieurs séries éliminatoires, les trois meilleurs de chacune des trois demi-finales disputent une poule finale. Ramón Fonst, un Cubain de 16 ans qui a grandi en France, la termine à égalité avec Louis Perrée (deux touches chacun). Après une touche invalidée par le jury de chaque côté, Fonst contre une attaque de Perrée et remporte le barrage. La troisième place revient à Léon Sée[25],[89]. Albert Ayat, le professeur de Fonst, remporte le concours des maîtres devant Gilbert Bougnol et Henri Laurent. Les quatre meilleurs amateurs et les quatre meilleurs maîtres s'affrontent ensuite dans une poule finale. Albert Ayat obtient la première place devant son élève Ramón Fonst et Léon Sée[25].

Finalement, les concours au sabre ont lieu dans la salle des fêtes de l'exposition. Vingt-trois escrimeurs dont treize étrangers prennent part au concours amateur. Le comte Georges de La Falaise remporte la compétition en gagnant six de ses sept matchs du tour final, devant Léon Thiébaut qui en gagne cinq. L'Autrichien Siegfried Flesch termine au troisième rang[90]. Deux Italiens obtiennent les deux premières places du tournoi des maîtres : Antonio Conte, professeur à Paris, et Italo Santelli qui enseigne à Budapest. L'Autrichien Milan Neralić est troisième[5].

ÉquitationModifier

 
Un attelage à quatre chevaux lors de la présentation.

Les concours hippiques sont organisés du 29 mai au 2 juin par la Société hippique française, sur la place de Breteuil à Paris[5],[91]. Cinq épreuves sont organisées : le saut d'obstacles, le saut en hauteur et le saut en longueur reconnus par le CIO ainsi que l'attelage à quatre chevaux et le prix international de selle, non reconnus par le CIO[91] mais considérés comme olympiques par Bill Mallon et David Wallechinsky[92],[93]. Selon Mallon, 48 athlètes (dont une femme) venant de huit pays participent aux épreuves[39]. La Grande-Bretagne n'est pas représentée car ses cavaliers sont impliqués dans la Seconde guerre des Boers[94].

L'épreuve de sauts d'obstacles a lieu sur un parcours de 850 mètres composé de 22 obstacles dont un double saut, un triple saut et une rivière large de 4 mètres[95]. Trois cavaliers effectuent un parcours sans faute et sont départagés au temps : l'officier de lanciers belge Aimé Haegeman et son cheval Benton II remportent le concours, alors que le Belge Georges van der Poele et son cheval Windsor Squire sont deuxièmes et le lieutenant instructeur de cavalerie français Louis de Champsavin sa jument Terpsichore troisièmes[96]. Les épreuves du saut en longueur et du saut en hauteur apparaissent pour la première et la dernière fois aux Jeux olympiques. Le saut en longueur (ou saut en largeur) se fait par-dessus une rivière. L'officier belge Constant van Langhendonck et sa jument Extra Dry remportent le premier prix grâce à un saut de 6,10 m. Le comte italien Gian Giorgio Trissino et son cheval Oreste atteignent 6,10 m et le Français Camille de La Forgue de Bellegarde sur Tolla franchit 5,30 m tandis que les autres cavaliers ne dépassent pas 4,90 m. Lors du saut en hauteur, deux cavaliers franchissent la barre de 1,85 m et se partagent la première place : le Français Dominique Gardères et son cheval Canella et le comte italien Gian Giorgio Trissino sur Oreste. Le Belge Georges van der Poele, qui franchit 1,70 m avec son cheval Ludlow, obtient la troisième place[91],[93]. Le prix international de selle, où les chevaux passent devant le jury à différentes allures et sont jugés sur leur apparence et leur démarche, est remporté par le prince Louis-Napoléon Murat et son pur-sang anglais Général. Le deuxième prix est attribué au comte Henry de Robien et à sa jument Ritournelle, alors que le marquis Robert de Montesquiou et son poney Grey Leg obtiennent le troisième prix[96],[97]. Le concours d'attelage consiste en une présentation de voitures attelées à quatre chevaux. Les premiers prix sont remis à trois équipages ayant un niveau très proche : dans l'ordre ceux du Belge Georges Nagelmackers et des Français Léon Thome et Jean de Neuflize[98].

FootballModifier

 
Le match entre les équipes française et britannique.

Quatre matchs de football, sport appelé à l'époque « football association », sont prévus sur la pelouse du vélodrome de Vincennes : une équipe française doit affronter successivement une équipe suisse, une équipe belge, une équipe allemande et une équipe anglaise. Seuls deux matchs ont finalement lieu car les Suisses et les Allemands n'envoient pas d'équipe à Paris. L'Union des sociétés françaises de sports athlétiques choisit le Club français, champion de Paris, pour représenter la France. Elle affronte devant 500 spectateurs l'Upton Park Football Club qui représente la Grande-Bretagne[99]. Les Britanniques remportent la partie par quatre buts à zéro, dont deux marqués par J. Nicholas avant sa sortie pour une entorse à la cheville[100]. La Belgique est représentée par une sélection d'étudiants venant de différentes universités du pays et la plupart d'entre eux se rencontrent pour la première fois. Le Club français bat la sélection belge sur le score de 6-2 devant 1 500 spectateurs. Aucun classement concernant les matchs de football n'apparaît dans le rapport des concours sportifs de l'exposition[99]. Un podium olympique est cependant établi plus tard : l'équipe britannique est considérée comme championne devant le Club français et la sélection belge (qui compte également un joueur britannique)[100],[101].

GolfModifier

Article détaillé : Golf aux Jeux olympiques de 1900.
 
L'Américaine Margaret Abbott qui remporte le tournoi féminin.

Les épreuves de golf sont organisées au golf de Compiègne dans l'Oise car il n'y a pas de terrain plus proche de Paris. Les spectateurs viennent pour la plupart de l'étranger[30]. Trois épreuves sont au programme : le tournoi masculin d'amateurs (appelé « Grand prix de l'Exposition de 1900 »), le tournoi féminin (« Prix de la ville de Compiègne ») et le « Handicap d'amateurs » pour les hommes[102], non reconnu comme olympique[103].

Le tournoi masculin a lieu le 2 octobre et réunit douze golfeurs. L'Américain Charles Sands, du club de Saint Andrews à Yonkers (New York), termine les deux manches en 167 coups et remporte la compétition. Il participe également à l'épreuve olympique de tennis. L'Écossais Walter Rutherford, du club de Jedburgh est deuxième avec 168 coups et l'Anglais David Robertson qui vient du club de Troon prend la troisième place avec 175 coups[102],[104].

Le lendemain, le tournoi féminin réunit dix participantes. L'Américaine Margaret Abbott du club de Chicago gagne le concours en terminant le parcours de neuf trous en 47 coups. Elle est venue à Paris en 1899 avec sa mère Mary Abbott, qui termine septième du tournoi, pour étudier l'art. Plus tard, elle explique sa victoire par le fait que « toutes les Françaises avaient apparemment mal compris la nature du jeu prévu ce jour-là et sont venues en hauts talons et jupes serrées ». Elle meurt en 1955 sans savoir qu'elle a remporté le tournoi olympique[105]. Pauline Whittier, une Américaine de Boston qui étudie vit à Saint-Moritz, est deuxième avec un score de 49 coups. La troisième place revient à Daria Pratt (53 coups), une Américaine membre du club de Dinard en Bretagne[106].

GymnastiqueModifier

 
Gustave Sandras, champion olympique de gymnastique, avec son prix.

Au cœur de l'éducation sportive de la Troisième République, la gymnastique est, selon Jules Ferry, « l'avant-garde pacifique de la patrie en arme ». Les concours sont disputés au vélodrome de Vincennes[5],[107]. La vingt-sixième fête fédérale de l'Union des sociétés de gymnastique de France réunit 8 050 participants les 3 et 4 juin[108],[94]. Le Championnat international a lieu les 29 et 30 juillet et le concours de l'Association des sociétés de gymnastique de la Seine est organisé le 2 septembre[5].

Le Championnat international compte 135 participants dont 108 Français[39]. Il se dispute sur 16 épreuves : la barre horizontale, les barres parallèles, les anneaux, le cheval d'arçon et l'exercice au sol (à chaque fois un exercice imposé et un exercice libre) ainsi que le saut de cheval, le saut en hauteur, le saut en longueur, le saut à la perche, la montée à la corde et le lever de pierre. Chaque épreuve peut rapporter 20 points, ce qui donne un maximum de 320 points[109]. Le Français Gustave Sandras remporte le concours avec 302 points devant ses compatriotes Noël Bas (295) et Lucien Démanet (293)[110]. Après les Jeux de 2016, Sandras est toujours le seul Français champion olympique de gymnastique dans le concours général individuel[94],[111].

NatationModifier

Les épreuves de natation sont organisées sur la Seine entre Courbevoie et le pont d'Asnières-sur-Seine, elles rassemblent 183 nageurs dont 66 étrangers et jusqu'à 5 000 spectateurs. Les Français qui découvrent la natation sportive sont très largement dominés. Selon le rapport officiel, le Hongrois Zoltán von Halmay aurait utilisé une technique alors inédite proche du crawl qui venait d'être introduite en Hongrie par les Australiens. Le crawl aurait alors été nagé pour la première fois aux Jeux.

Pelote basqueModifier

 
Le concours professionnel de pelote basque.

Les concours de pelote basque, un réservé aux amateurs et un pour les professionnels, sont prévus sur le terrain de la Société du Jeu de pelote à Neuilly-sur-Seine[28]. Une équipe française venant de Cambo (Basses-Pyrénées) et deux équipes madrilènes s'affrontent dans le tournoi professionnel qui attire jusqu'à mille spectateurs[112]. Une équipe française et une équipe espagnole s'inscrivent au tournoi amateur, mais les Français se retirent avant la compétition. Le premier prix est tout de même remis à Francisco Villota, de Madrid, et José de Amézola, de Bilbao[113],[114]. Ils sont reconnus 104 ans plus tard comme les premiers champions olympiques espagnols[115]. Les Français, Maurice Durquetty et Etchegaray, sont considérés comme les médaillés d'argent[116],[117].

PoloModifier

 
Le Bagatelle Polo Club de Paris, médaillé de bronze.
Article détaillé : Polo aux Jeux olympiques de 1900.

Les épreuves de polo sont disputées sur le terrain du Bagatelle Polo Club de Paris entre le 28 mai et le 11 juin. Plusieurs compétitions internationales sont organisées, les participants étant regroupés selon leur niveau[118]. Cinq équipes participent au grand prix international de l'Exposition reconnu comme le tournoi olympique. Les Foxhunters Hurlingham battent le Compiègne Polo Club en quart de finale (10-0), le Bagatelle Polo Club de Paris en demi-finale (6-4) et le Polo Club Rugby en finale (3-1). L'équipe vainqueur est composée de joueurs britanniques et américains. Les joueurs du Polo Club Rugby, qui perd la finale après une victoire sur le score de 8-0 contre une équipe mexicaine en demi-finale, sont britanniques, américains et français. La troisième place est partagée entre le Bagatelle Polo Club de Paris (France et Grande-Bretagne) et l'équipe mexicaine[39],[116],[119].

RugbyModifier

Article détaillé : Rugby aux Jeux olympiques de 1900.
 
Le match entre la France et l'Allemagne.

Trois matchs de rugby à XV, appelé à l'époque « football rugby », sont prévus au vélodrome de Vincennes : France-Allemagne, Grande-Bretagne-Allemagne et France-Grande-Bretagne. La partie entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne n'a cependant pas lieu car les équipes ne peuvent pas rester à Paris pendant les quinze jours nécessaires[120]. L'équipe de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques, composée de joueurs venant de différents clubs du pays, représente la France. L'équipe allemande est celle du Fußballclub Frankfurt et les Moseley Wanderers représentent la Grande-Bretagne[121],[122].

Devant 2 519 spectateurs payants, la France bat l'Allemagne le 14 octobre sur le score de 27–17[5]. Le journaliste Frantz Reichel joue notamment avec l'équipe française[123]. Le match entre les Français et les Anglais, qui a lieu le 28 octobre, est la dernière compétition des Jeux olympiques de 1900[5]. Il est joué devant 6 000 spectateurs dont 4 389 payants, ce qui constitue le record d'affluence de ces Jeux. Les Anglais, qui arrivent à Paris le matin même après avoir joué à Birmingham la veille, perdent sur le score de 27-8[5],[124]. Selon le palmarès olympique, la France est médaillée d'or et les Anglais et les Allemands médaillés d'argent[124],[125]. Un joueur français d'origine haïtienne, Constantin Henriquez, est le premier participant noir connu aux Jeux olympiques[126].

TennisModifier

 
La Française Kate Gillou qui participe au double mixte.
Article détaillé : Tennis aux Jeux olympiques de 1900.

Les tournois de tennis, appelé à l'époque « lawn-tennis », sont organisés sur les terrains de la société de sports de l'Île de Puteaux fondée en 1886[27]. Le lieu est défini cinq jours avant le début des compétitions quand les terrains du Cercle du bois de Boulogne choisis initialement sont jugés insuffisants. Quatre tournois amateurs, un tournoi professionnel et six tournois de handicap ont lieu à partir du 6 juillet. Les joueurs britanniques remportent les quatre tournois amateurs qui réunissent 26 participants venant de quatre pays[127],[128].

Les frères Doherty sont les favoris du simple messieurs : Reginald a gagné Wimbledon de 1897 à 1900 alors que Lawrence fera de même de 1902 à 1906. Ils se retrouvent en demi-finale. Comme ils ne veulent s'affronter que lors des tournois majeurs, Reginald déclare forfait et laisse Lawrence accéder à la finale. Ce dernier y bat l'Irlandais Harold Mahony, qui avait battu en demi-finale le Britannique Arthur Norris, sur le score de 6-4, 6-2, 6-3[129],[128]. Les frères Doherty disputent ensemble le double messieurs. Après avoir éliminé Harold Mahony et Arthur Norris en demi-finale, ils gagnent facilement la finale contre l'Américain Basil de Garmendia et le Français Max Decugis sur le score de 6-1, 6-1, 6-0. Ces derniers avaient éliminé les Français André Prévost et Georges de la Chapelle au tour précédent[130]. Lors des demi-finales du simple dames, la Britannique Charlotte Cooper qui a déjà remporté trois fois Wimbledon élimine la championne des États-Unis 1899 Marion Jones alors que Hélène Prévost, considérée comme la meilleure joueuse de France, bat la Bohémienne Hedwig Rosenbaum[131]. Cooper remporte la finale contre Prévost sur le score de 6-1, 6-4[132]. La paire formée par Reginald Doherty et Charlotte Cooper domine le double mixte : après avoir battu Lawrence Doherty et Marion Jones en demi-finale, ils gagnent la finale contre Harold Mahony et Hélène Prévost[133].

TirModifier

Article détaillé : Tir aux Jeux olympiques de 1900.
 
Stand de tir semi-couvert (à Satory)

Les épreuves de tir aux armes de guerre (pistolet et carabine) se disputent au camp militaire de Satory, à Versailles. L'Union des sociétés de tir de France y construit les infrastructures nécessaires sur un terrain prêté par l'armée[134]. Le « concours international de tir et 7e concours national » compte 38 épreuves réparties en 24 catégories numérotées (dont 19 ouvertes aux étrangers) et deux catégories supplémentaires. Le nombre de participants atteint 6 351, dont 869 militaires français et 251 tireurs étrangers. Beaucoup participent à la cible populaire, une épreuve gratuite et ouverte à tous. L'objectif des concours est notamment de juger le niveau moyen des tireurs français[135],[136]. Le concours de ball-trap (tir au fusil de chasse sur pigeons d'argile ou fosse olympique) a lieu au stand de la Société du fusil de chasse de l'île Seguin à Billancourt ; il réunit 36 participants pour le concours national et 51 pour le concours international[137]. Le concours de tir aux pigeons vivants est organisé au bois de Boulogne par le Cercle du tir aux pigeons. Les 198 participants inscrits abattent plus de 300 pigeons[138],[139]. Neuf épreuves (dont le ball-trap mais pas le tir aux pigeons vivants) sont reconnues par le Comité international olympique ; les Suisses en remportent cinq et les Français trois[140]. Bill Mallon compte 72 participants olympiques venant de neuf pays différents[141]. C'est la seule fois que certaines des épreuves olympiques de tir comptent également comme Championnats du monde[136].

Trois épreuves de tir au pistolet apparaissent au palmarès olympique. Le tir à 25 mètres feu rapide (60 coups) est dominé par les Français : Maurice Larrouy, Léon Moreaux et Eugène Balme obtiennent les trois premières places[140]. Au tir à 50 mètres (60 coups), le Suisse Karl Conrad Röderer gagne le premier prix grâce à ses 503 points sur 600 possibles. Il devance le Français Achille Paroche (466 points) et le Suisse Konrad Stäheli (453 points)[142]. La Suisse remporte également le tir à 50 mètres par équipe : ses cinq tireurs obtiennent un total de 2 271 points sur 3 000 possibles. La France est deuxième avec 2 203 points et les Pays-Bas troisièmes avec 1 876 points[140]. Cinq épreuves de tir à la carabine sont considérées comme olympiques. Lors de l'épreuve par équipes du tir à 300 mètres trois positions, les cinq participants de chaque équipe tirent 40 fois couché, 40 fois à genoux et 40 fois à genoux ce qui donne un total de 6 000 points possibles. La Suisse est première avec 4 399 points, devant la Norvège (4 290 points) et la France (4 278 points)[143]. Le Suisse Emil Kellenberger remporte le tir trois positions devant le Danois Anders Peter Nielsen, qui a battu Kellenberger au tir couché mais moins bien réussi le tir debout. Le Norvégien Ole Østmo et le Belge Paul van Asbroeck obtiennent le troisième prix[144]. Ensuite, des classements pour chaque position sont établis à partir des mêmes résultats. Les scores du tir couché sont serrés : le Français Achille Paroche est premier avec 332 points sur 400 possibles alors qu'Anders Peter Nielsen est deuxième avec 330 points et le Norvégien Ole Østmo troisième avec 329 points[145]. Déjà vainqueur des deux épreuves par équipe et troisième au tir du pistolet à 50 mètres, Konrad Stäheli remporte l'épreuve de tir à la carabine à genoux avec un total de 324 points. Emil Kellenberger et le Anders Peter Nielsen, qui obtiennent 314 points, se partagent la deuxième place. Le Danois Lars Jørgen Madsen remporte le tir debout devant Ole Østmo et le Belge Charles Paumier du Verger (en)[140]. Lors du ball-trap, le Français Roger de Barbarin et le Belge René Guyot atteignent chacun 17 cibles sur 20. Ils disputent donc un barrage qui est remporté par Roger de Barbarin. Le Français Justinien Clary est troisième bien qu'il ait également obtenu 17 points[146].

Tir à l'arcModifier

 
Épreuve du tir à l'arc.

Après une parade officielle qui permet à 1 723 délégués représentant les compagnies d'arc et d'arbalète de défiler dans Paris le 27 mai, les épreuves ont lieu du 28 mai au 20 août dans l'ancien vélodrome de Vincennes, situé à proximité du nouveau. Cet emplacement a le désavantage d'être exposé au vent. Les concours réunissent 5 254 tireurs dont 200 étrangers venus de Belgique et des Pays-Bas[147]. Cependant, seuls 17 d'entre eux sont connus (treize Français et quatre Belges)[39]. À l'exception du Championnat du monde qui n'oppose que deux tireurs, le Comité international olympique reconnaît les six épreuves auxquelles des étrangers ont participé, ce qui exclut le Championnat de France, le Championnat des sociétés et le tir à l'arbalète[148],[149],[150].

Les médaillés du tir au chapelet et du tir au cordon doré à 33 mètres sont identiques : le Belge Hubert Van Innis devance les Français Victor Thibaud et Frédéric Petit. Le podium du tir au chapelet à 50 mètres dominé par Eugène Mougin est entièrement français, alors que lors du tir au cordon à 50 mètres le Français Henri Hérouin devance Hubert Van Innis et le Français Émile Fisseux[148]. Le concours du tir à la perche, épreuve populaire dans le Nord de la France et en Belgique, consiste à viser des cibles situées au sommet d'un mat[147]. Deux épreuves de ce type sont disputées : le Belge Emmanuel Foulon remporte le concours à la herse et le Français Émile Grumiaux le concours à la pyramide. Finalement, le Championnat du monde oppose les deux meilleurs archers du tir au chapelet et au cordon doré : au tir au berceau (à la cible), Henri Hérouin domine Hubert Van Innis. Cette épreuve considérée comme olympique par Bill Mallon n'est pas reconnue par le CIO[150],[148].

Tir à la cordeModifier

 
L'équipe scandinave vainqueur du Racing Club de France, au tir à la corde.

L'épreuve de tir à la corde (ou lutte à la corde) est organisée avec les compétitions d'athlétisme à la Croix-Catelan. Deux équipes s'inscrivent : la France, représentée par le Racing Club de France, et les États-Unis. Cependant, les Américains déclarent forfait car trois membres de leur équipe participent au même moment au lancer du marteau. Ils sont remplacés par des athlètes suédois et danois qui décident de former une équipe commune. Les Scandinaves remportent assez facilement les deux manches. À la fin de la journée, les Américains affrontent les Scandinaves hors compétition. Après avoir remporté la première manche, les Américains sont en train de perdre la deuxième quand certains de leurs compatriotes se trouvant dans le public commencent à tirer la corde pour les aider. Les officiels interviennent ensuite pour éviter une bagarre entre les deux équipes[151],[152].

VoileModifier

Article détaillé : Voile aux Jeux olympiques de 1900.
 
Les compétitions des bateaux légers ont lieu sur la Seine, à Meulan.
 
Le voilier Estérel, vainqueur de la catégorie des 10 à 20 tonneaux au Havre.

Deux sites différents sont utilisés pour les compétitions de voile. Les courses pour les bateaux de moins de 10 tonneaux, répartis en cinq catégories, ont lieu sur le plan d'eau du Cercle de la voile de Paris sur la Seine à Meulan. Les courses pour les voiliers plus gros, répartis en deux catégories, sont organisées par la Société des régates du Havre et ont lieu en mer au large de la ville[153]. Les bateaux sont classés selon la jauge Godinet qui est en vigueur depuis 1892[154]. Selon le décompte de Bill Mallon, 97 compétiteurs (dont une femme) sont connus : 75 Français et 22 étrangers venant d'Allemagne, des États-Unis, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et de Suisse[39]. Pour établir le classement des courses de chaque catégorie, le temps des équipages est ajusté selon le poids de leur bateau. Ce sont donc des courses avec handicap ; l'auteur David Wallechinsky ne les considère pas comme olympiques pour cette raison[155].

Les régates de Meulan commencent le 20 mai par la course ouverte, à laquelle tous les bateaux de moins de 10 tonneaux doivent participer pour pouvoir concourir dans leur catégorie respective les jours suivants. Soixante-cinq voiliers prennent le départ de cette course de 11 kilomètres. Le vent est si faible qu'aucun bateau n'arrive avant le délai prévu, qui est donc prolongé. Sept bateaux sont classés dont deux sont ensuite disqualifiés pour avoir utilisé un autre moyen de propulsion que leurs voiles[156],[157]. La course est remportée par Scotia du Britannique Lorne Currie devant l'Aschenbrödel de l'Allemand Paul Wiesner et le Turquoise du Français Émile Michelet[158]. Le vent est suffisant lors des courses suivantes mais les conditions sont tout de même difficiles à cause du grand nombre de bateaux présents dans la Seine au même moment. Deux courses sont organisées pour chacune des cinq catégories. Dans quelques cas le Comité international olympique les reconnaît les deux[159],[160]. Les courses pour les bateaux de moins de 0,5 tonneau se font sur huit kilomètres. Tous les participants sont français. La première course est remportée par Baby de Pierre Gervais et la seconde par Fantlet d'Émile Sacré[161]. La première course des bateaux de 0,5 à 1 tonneau, courue sur 15 kilomètres, est remportée par Aschenbrödel qui devance Scotia de 17 secondes. Le bateau allemand est cependant disqualifié pour sa jauge trop élevée (1,04 tonneau) et la première place revient aux Britanniques tandis que l'équipage français de Crabe II, arrivé avec dix minutes de retard, prend la deuxième place[156]. Les équipages français dominent la deuxième course puisque Carabinier termine au premier rang devant Scamasaxe et Crabe II[159]. Les courses des bateaux de un à deux tonneaux se font sur un parcours de 19 kilomètres. Le bateau suisse Lerina, sur lequel se trouve la comtesse Hélène de Pourtalès, remporte la première course dont il est le seul participant étranger. Après avoir changé de catégorie, Aschenbrodel gagne la deuxième course devant Lerina[162]. Sur Olle, le Britannique William Exshaw (en) et ses coéquipiers français remportent les deux courses de deux à trois tonneaux d'une distance de 19 kilomètres devant le bateau français Favorite. Ce dernier a remporté la course 1 au temps mais a été classé deuxième selon son temps ajusté[163]. Dans la catégorie des trois à dix tonneaux, le bateau français Fémur devance le Néerlandais Mascotte et le Français Gitana. Le bateau britannique Bona Fide, arrivé trop tard pour la première course après son transport par chemin de fer depuis Cannes, remporte facilement la deuxième course devant Favorite[164].

Au Havre, les courses ont lieu dès le sur une mer agitée[156]. Le classement de la catégorie de 10 à 20 tonneaux est établi après trois courses de 22 milles marins. La deuxième manche est reportée deux fois au lendemain à cause des conditions trop mauvaises. Le bateau français Estérel remporte deux des trois manches et termine premier devant Quand-Même et le Britannique Laurea[165],[166]. À cause du mauvais temps, seuls quatre des 14 équipages inscrits prennent le départ de la course des plus de 20 tonneaux. Elle se joue sur une seule manche de 40 milles marins. Les bateaux britanniques Cicely, de 96 tonneaux, et Brynhild, de 153 tonneaux, obtiennent les deux premières places. Le bateau américain Formosa dont le spinnaker a été emporté par le vent termine troisième[167]. Le bateau Souvenance, quatrième, reçoit un prix spécial d'encouragement en tant que premier yacht français[166].

Water-poloModifier

 
Le tournoi de water-polo dans le bassin de la Seine.

Le tournoi de water-polo, qui figure au programme des concours de natation, a lieu dans la Seine au bassin d'Asnières les 11 et 12 août. Quatre équipes de sept pays y participent, soit au total 58 nageurs[39],[168],[169]. Au premier tour, le Osborne SC de Manchester bat largement les Tritons Lillois sur le score de 12-0. La deuxième équipe des Pupilles de Neptune de Lille gagne quant à elle contre le Berliner Swimming Club (3-2) tandis que le Brussels Swimming and Water-Polo Club bat la première équipe des Pupilles de Neptune de Lille (2-0). En demi-finale, le Osborne SC élimine les Pupilles de Neptune de Lille sur le score de 10-1 alors que le Brussels SWC bat la Libellule de Paris par 5 buts à 1. La finale oppose donc le Osborne SC au Brussels SWC. Les Britanniques sont à nouveau très supérieurs à leurs adversaires et remportent le match sur le score de 7-2 tout en se permettant des passes acrobatiques et des tirs depuis le milieu du terrain[169],[170].

Autres disciplinesModifier

 
Le belge Léon de Lunden, vainqueur du concours de tir aux pigeons (21 sur 21).
 
Le tir au canon (de 90 à 60 mètres), au polygone de Vincennes.

Les autres disciplines inscrites aux concours d'exercices physiques et de sports de l'Exposition universelle de 1900 ne sont pas considérées par le CIO comme des concours olympiques : l'automobilisme, la colombophilie, les concours de ballons, le jeu de boules, la longue paume, le motonautisme, la pêche à la ligne, le sauvetage et le tir au canon.

résultats : résultats détaillés

Les concours se divisent en deux catégories :

Les épreuves d'endurance (cinq) permettent de tester les véhicules, la qualité des moteurs, la consommation, la facilité de la conduite. Ces épreuves sont disputées à Vincennes.

La course Paris-Toulouse-Paris. 1 448 km. Sur les 55 véhicules présents au départ seuls 18 franchissent la ligne d'arrivée (8 voitures, 3 voiturettes, 7 motocycles). Alfred Velghe, le grand pilote du moment et vainqueur de la première catégorie (+ 400 kg) a réalisé une moyenne de 65 km/h au volant d'une Mors munie de pneumatiques Michelin. Renault domine la catégorie des voiturettes (-400 kg), et impose le concept nouveau de petite voiture. Louis et Marcel Renault (vainqueur en voiturettes) participent à la course au volant de leurs voitures.

En Courte-Paume, le concours prévu, au Jeu de Paume des Tuileries, n'eut pas lieu faute de participants. Mais l'exposition attribua tout de même un prix qui fut joué en 1901.

En Longue-Paume, le concours eut lieu au Jardin du Luxembourg, il n'attira que des équipes française. On a joué des parties à terrer et des parties à enlever et séparé les participants en deux catégories de niveaux.

 
Épreuve de courses de ballon.

Alors que les pionniers de l'aéronautique réalisent leur premiers exploits, les courses de ballons sont alors le sport à la mode et constituent l'événement des Jeux olympiques et de l'exposition elle-même. Le comité d'organisation souhaite donner une grande importance à ces épreuves en souvenir du rôle joué par les ballons lors du siège de Paris en 1871 et construit un immense hangar métallique. Une foule nombreuse se presse à Vincennes à proximité du nouveau vélodrome, le long de l'avenue de Charenton, pour assister aux 15 épreuves organisées du 17 juin au 9 octobre auxquelles participent 46 ballons pour 156 vols au total.

Parmi les faits marquants durant les épreuves, une tempête le 17 juin au soir, faillit coûter la vie à plusieurs aéronautes. Le 23 septembre, dans le concours d'altitude sans handicap, Jacques Balsan réussit l'exploit d'atteindre 8 558 mètres d'altitude. Parti le 30 septembre dans la course de distance sans handicap, porté par les vents d'ouest Henry de La Vaulx se pose en Pologne, près de Varsovie. Mais, au terme d'une troisième course de distance, Henry de La Vaulx parvient à poser son ballon le 10 octobre près de Kiev. Il a parcouru, en deux jours, en ballon, 1 925 km.

Tableau des médaillesModifier

Ce classement est officialisé par le Comité international olympique et ne prend pas en compte certaines épreuves scolaires et ouvertes aux seuls Français, professionnelles ou purement festives (course en sac, notamment). La France, pays organisateur, remporte 94 médailles dont 25 en or.

Les médailles d’or ne sont pas distribuées en 1900. Le Mouvement olympique a rétrospectivement et virtuellement attribué or, argent et bronze aux compétiteurs qui ont fini respectivement aux trois premières places[171]. Dans quelques compétitions, des sportifs ont reçu une plaquette (42×60mm) en vermeil, en argent ou en bronze gravée par Frédéric de Vernon ; un côté de la plaquette représentant un athlète sur un podium et brandissant une branche de laurier avec à l’arrière-plan l’acropole d’Athènes et de l’autre côté une déesse ailée tenant des branches de laurier avec à l’arrière-plan des monuments de l’Exposition universelle de Paris de 1900. Mais la plupart des vainqueurs reçoivent des coupes ou des trophées au lieu de médailles ou de la plaquette[172].

Tableau des médailles officiel[173]
Rang Pays       Total
1   France 25 39 30 94
2   États-Unis 19 14 14 47
3   Royaume-Uni 15 6 9 30
4   Équipe mixte 6 3 3 12
5   Suisse 6 2 1 9
6   Belgique 5 5 5 15
7   Empire allemand 4 2 2 8
8   Italie 2 2 0 4
9   Australie 2 0 3 5
10   Danemark 1 3 2 6
11   Hongrie 1 2 2 5
12   Cuba 1 1 0 2
13   Canada 1 0 1 2
14   Espagne 1 0 0 1
15   Autriche 0 3 3 6
16   Norvège 0 2 3 5
17   Raj britannique 0 2 0 2
18   Pays-Bas 0 1 3 4
19   Bohême 0 1 1 2
20   Mexique 0 0 1 1
  Suède 0 0 1 1
Total 89 88 84 261

Sportifs les plus médaillésModifier

  • L'Américain Alvin Kraenzlein remporte quatre épreuves d'athlétisme en trois jours.
  • L'Américain Raymond Clarence Ewry (« Ray Ewry ») remporte trois médailles d'or : saut en longueur sans élan, saut en hauteur sans élan, triple saut sans élan.
Sportifs les plus médaillés aux Jeux olympiques de 1900
Athlète Pays Sport       Total
Alvin Kraenzlein   États-Unis Athlétisme 4 0 0 4
Konrad Stäheli   Suisse Tir 3 0 1 4
Ray Ewry   États-Unis Athlétisme 3 0 0 3
Irving Baxter   États-Unis Athlétisme 2 3 0 5
John Tewksbury   États-Unis Athlétisme 2 2 1 5
Emil Kellenberger   Suisse Tir 2 1 0 3
Charles Bennett   Royaume-Uni Athlétisme 2 1 0 3
Hubert Van Innis   Belgique Tir à l'arc 2 1 0 3
Hugh Lawrence Doherty   Royaume-Uni Tennis 2 0 1 3
Reginald Frank Doherty   Royaume-Uni Tennis 2 0 1 3

Notes et référencesModifier

NotesModifier

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RéférencesModifier

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AnnexesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier

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