Guerre de Bosnie-Herzégovine

conflit armé international qui a eu lieu en Bosnie-Herzégovine entre le 6 avril 1992 et le 14 décembre 1995
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Guerre de Bosnie-Herzégovine
Description de cette image, également commentée ci-après
À gauche : le parlement de Sarajevo en flammes après avoir été touché par un tir d'artillerie ; en haut, à droite : Ratko Mladić avec des soldats serbes en et en bas, à droite : un soldat norvégien de l'ONU à Sarajevo.
Informations générales
Date -
(3 ans, 8 mois et 8 jours)
Lieu Bosnie-Herzégovine
Issue Accords de Dayton
Belligérants
1992 :
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine République de Bosnie-Herzégovine
Drapeau de la Croatie Croatie
1992-1994 :
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine République de Bosnie-Herzégovine
1994-1995 :
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine République de Bosnie-Herzégovine
Drapeau de la Croatie Croatie
Drapeau de l'OTAN OTAN (en 1995)

Soutiens :
Drapeau des États-Unis États-Unis[5]

Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite[6]

Drapeau de l'Iran Iran[6]

Drapeau de la Turquie Turquie[7]

Drapeau de l'Albanie Albanie[8]

Drapeau du Pakistan Pakistan[9]
1992-1994 :
Flag of the Croatian Republic of Herzeg-Bosnia.svg République d'Herceg-Bosna
Drapeau de la Croatie Croatie
Soutiens :
Drapeau du Vatican Vatican[10],[11]
1992 :
Drapeau de la République serbe de Bosnie République serbe de Bosnie
République serbe de Krajina République serbe de Krajina
Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie République fédérative socialiste de Yougoslavie
1992-1994 :
Drapeau de la République serbe de Bosnie République serbe de Bosnie
République serbe de Krajina République serbe de Krajina
Drapeau de la République fédérale de Yougoslavie RF Yougoslavie
Flag of the Republic of Western Bosnia (1995).svg Province autonome de Bosnie occidentale (à partir de 1993)
1994-1995 :
Drapeau de la République serbe de Bosnie République serbe de Bosnie
République serbe de Krajina République serbe de Krajina
Flag of the Republic of Western Bosnia (1995).svg Province autonome de Bosnie occidentale
Soutien :
Drapeau de la Russie Russie[1],[2]Drapeau de la Grèce Grèce [3],[4]
Commandants
Alija Izetbegović
Haris Silajdžić
Sefer Halilović
Rasim Delić
Leighton Smith
Franjo Tuđman
Gojko Šušak
Janko Bobetko
Mate Boban
Milivoj Petković
Dario Kordić
Slobodan Milošević
Radovan Karadžić
Ratko Mladić
Milan Babić
Goran Hadžić
Milan Martić
Momčilo Perišić
Vojislav Šešelj
Fikret Abdić
Forces en présence
100 chars
200 000 soldats
300 chars
200 pièces d'artillerie
70 000 soldats
650 chars
800 pièces d'artillerie
37avions
120 000 soldats
Pertes
30 906 soldats tués
31 107 civils tués
5 919 soldats tués
2 484 civils tués
20 775 soldats tués
4 178 civils tués
pertes totales 101 040[12]

Notes

101 soldats autres tués
470 civils autres tués, et 5 100 autres tués dont l'origine ethnique et le statut ne sont pas précisés

Guerre de Yougoslavie

La guerre de Bosnie-Herzégovine est un conflit armé international qui débute le avec la proclamation d'indépendance de la Bosnie-Herzégovine et s'achève avec les accords de Dayton le . Cette guerre est liée à l'éclatement de la Yougoslavie.

La guerre oppose des forces serbes, croates et bosniaques. Les Bosniaques se battent pour la république de Bosnie-Herzégovine. Les Serbes de Bosnie sont soutenus par la Serbie (d'abord en tant que république fédérative socialiste de Yougoslavie puis en tant que république fédérale de Yougoslavie). Enfin, les Croates de Bosnie sont soutenus par la Croatie.

Dès , le Conseil de sécurité des Nations unies autorise le déploiement des casques bleus en Bosnie-Herzégovine au sein de la Force de protection des Nations unies. En , l'opération Deliberate Force de l'OTAN contre les Serbes de Bosnie permet la fin du conflit.

La guerre a fait près de 100 000 morts — dont la moitié sont des victimes civiles — et deux millions de réfugiés. Le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie a prononcé quatre-vingt-dix condamnations pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide. Il s'agit du conflit le plus meurtrier en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

ContexteModifier

La guerre en Bosnie a pour cause immédiate la gestion par les pouvoirs politiques en place de la dislocation de la république fédérative socialiste de Yougoslavie, elle-même liée à la chute des régimes communistes en Europe de l'Est en 1989. La renaissance des idées nationalistes en Yougoslavie a fragilisé le rôle central du Parti communiste. Les arrivées au pouvoir de Slobodan Milošević en Serbie en 1986, et de Franjo Tuđman en Croatie en 1990, accentuent la crise[13],[14]. Ils ont vu dans l'éclatement de la Yougoslavie une opportunité d'atteindre les vieux objectifs nationalistes, la Grande Serbie[15] et la Grande Croatie, des États-nations élargis et ethniquement purs. Bien qu'ennemis, ils avaient une chose en commun, ils voulaient partager la Bosnie[16],[13].

Origines historiquesModifier

Avant sa dislocation, la Yougoslavie se composait de six républiques, dont faisait partie la Bosnie-Herzégovine. En raison du grand mélange de la population, aucune république n'était mono-ethnique et il y avait partout des Serbes, des Croates et des Musulmans (Bosniaques).

 
Composition ethnique de la Bosnie-Herzégovine en 1991

Cette multiethnicité était plus prononcée en Bosnie, où selon les statistiques de 1991, la Bosnie-Herzégovine comptait 4,3 millions d’habitants, dont 43,7 % de Bosniaques de religion musulmane, 31,4 % de Serbes orthodoxes, 17,3 % de Croates catholiques, 5,5 % de Yougoslaves (personnes s'identifiant comme tel), et 2,1 % de nationalités diverses[6].

Historiquement, les Balkans ont toujours été un lieu de troubles et de conflits. Ainsi, à partir du XIVe siècle, les États médiévaux de Serbie, de Bosnie et de Croatie ont été occupés par l'Empire ottoman. Au XIXe siècle, la Croatie et la Bosnie font partie de l'Austro-hongrois. Au cours de cette période, les aspirations nationalistes et les prétentions territoriales de la Serbie et de la Croatie voisines envers la Bosnie ont émergé. L'idéologie irrédentiste de la Grande Serbie a été élaborée dans le Nacertanije de Ilija Garašanin 1844 [17], qui a ensuite été repris pendant la Seconde Guerre mondiale par Stevan Moljević et la "Serbie homogène" (le programme du mouvement Tchetniks de Draža Mihailović) [18].

Le à Sarajevo, un jeune nationaliste serbe de Bosnie Gavrilo Princip assassine François-Ferdinand d'Autriche, ce qui provoque la Première Guerre mondiale. Avec la fin de la Première Guerre mondiale, la Bosnie est incluse dans le royaume des Serbes, Croates et Slovènes, puis dans le royaume de Yougoslavie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, toute la Yougoslavie a été occupée par le Troisième Reich et le gouvernement s'est enfui à l'étranger. Une partie de la Bosnie appartenait à l'État indépendant de Croatie, un État fantoche allié à l'Allemagne nazie.

 
Carte ethnique de la Yougoslavie en 1991

Chacune de ces périodes historiques a été marquée par des conséquences sur la population de la Bosnie-Herzégovine. Ainsi, sous la domination ottomane, une partie des habitants se convertit à l'islam; sous la domination austro-hongroise, avec la naissance du nationalisme, la population des chrétiens orthodoxes de Bosnie se sont déclarés Serbes et les catholiques Croates [19]; pendant la seconde guerre mondiale, l'État indépendant de Croatie se livre sur le territoire de la Bosnie-Herzégovine à des atrocités visant en grande majorité la population serbe et juive, et les Tchetniks, forces nationalistes de la monarchie serbe, ont perpétré des massacres de la population musulmane de l'est de la Bosnie et du Sandžak[20],[21].

En raison de son histoire, la Bosnie conserve un profond morcellement ethnique et religieux qui suscite des clivages[22]. Après la seconde guerre mondiale, le régime dirigé par le Maréchal Tito mène une politique basée sur l'étouffement des rivalités nationales, il n'y a pas eu de conflits interethniques et les peuples de Yougoslavie ont vécu dans la tolérance et la paix. La mort de Tito, 1980, et la chute du communisme libère le nationalisme réprimé et des problèmes surgissent entre les communautés. Mais la cause de la guerre en Bosnie n'est pas le produit de forces inscrites dans l'histoire interne de la Bosnie. L'historien Noel Malcolm ditː« C'est le mythe qui a été soigneusement propagé par ceux qui ont provoqué le conflit, qui voulaient que le monde croie que ce qu'eux et leurs hommes armés faisaient n'était pas le fait d'eux, mais de forces historiques impersonnelles et inévitables échappant à tout contrôle. Et le monde les a crus. » [23]

Montée du nationalisme en YougoslavieModifier

 
Grande Serbie envisagée par Stevan Moljević

En 1986, des universitaires serbes dirigés par Dobrica Ćosić, ont soulevé « la question nationale serbe ». Un manifeste a été rédigé par l' Académie serbe des sciences et des arts (SANU), connu sous le nom de « Mémorandum SANU », affirmant que les Serbes étaient dans une position tellement injuste en Yougoslavie que leur existence même était menacée. Ils ont subi une discrimination économique et politique de la part des Croates et des Slovènes, et les Serbes du Kosovo ont été confrontés à un génocide total. Le mémorandum précise que la « question serbe » ne sera résolue qu'après l'établissement de la pleine unité nationale et culturelle de la population serbe, où qu'elle habite en Yougoslavie[24], et appelle à une révision unilatérale de la constitution yougoslave et à l'abolition de l'autonomie de Voïvodine et Kosovo[25]. La seule solution pour assurer l'existence et le développement des Serbes, selon le Mémorandum, était l'unité territoriale du peuple serbe, à réaliser en réunissant "tous les Serbes dans un seul État". Mais, la mise en œuvre de ce plan stratégique national pour la Serbie ne serait possible que par la force[26]. Le message du Mémorandum était un appel à la domination serbe et à la création d'une Grande Serbie[24],[27]. Les principaux points du Mémorandum ont été judicieusement exploités par Slobodan Milošević, qui a utilisé des méthodes populistes éprouvées pour se présenter comme le seul représentant authentique des intérêts de tous les Serbes sur le territoire de la Yougoslavie.

En réponse au nationalisme en Serbie, le nationalisme croate se développe, ce qui place les Serbes de Croatie dans une position difficile.

Alors que l'objectif des nationalistes serbes était la centralisation de la Yougoslavie sous dominations Serbes, d'autres républiques aspiraient à la fédéralisation et à la décentralisation de l'État. Milošević estime que la réalisation du plan "tous les Serbes dans un seul État" représente la Yougoslavie sous domination serbe, ou la création d'un nouvel État qui engloberait tous les territoires de la Yougoslavie que les Serbes considèrent comme les leurs, à savoir la Grande Serbie [28],[29]. Milosevic exige pour les Serbes ce qu'il ne permet pas aux autres nations. Partout où il y a une communauté serbe, elle doit être annexée à la Serbie. Ce plan expansionniste nécessite le nettoyage ethnique et la modification des frontières des républiques, ce qui ne peut se faire pacifiquement[30].

PropagandeModifier

Afin de réaliser ces plans nationalistes, il était nécessaire de diviser le peuple selon l'ethnie, et la propagande jouait ici un rôle important. La frénésie nationale en Serbie initiée par des intellectuels et utilisée par Milošević pour le programme national d'unification serbe a été soutenue par la majorité de l'opposition. Milošević a pris le contrôle des médias, en particulier de la télévision et des journaux, les transformant en instruments de propagande avec lesquels il a préparé la population à la guerre[30]. Des intellectuels, des institutions culturelles et scientifiques et l'Église orthodoxe serbe ont participé à cette manipulation de l'opinion publique, révision de l'histoire et incitation à la haine interethnique, justifiant par avance les crimes qui seront commis dans le cadre des plans politiques nationaux[31],[32]. Des manifestations sont organisées et des discussions sur la menace des Serbes en Yougoslavie et la nécessité de créer un État pour tous les Serbes.Les Croates sont présentés comme des Oustachis qui préparent un génocide contre les Serbes de Croatie, comme pendant la Seconde Guerre mondiale, et les musulmans bosniaques veulent créer un État islamique [31],[33].

Une propagande similaire a été largement utilisée par Franjo Tuđman et les nationalistes croates. Dans cette propagande nationaliste serbe et croate, les musulmans sont présentés comme de dangereux fondamentalistes et les aspirations expansionnistes de la Serbie et de la Croatie comme une légitime protection contre la menace islamique qui pèse sur eux et sur l'Europe [34],[35],[36]. L'historien Noel Malcolm écrit:« Parler d'une menace fondamentaliste en Bosnie était particulièrement inapproprié, car les Musulmans de Bosnie faisaient désormais partie des populations musulmanes les plus sécularisées au monde[37]. » Paul Garde confirme:« que ce mythe n’avait pas la plus petite apparence de réalité : la Bosnie connaît un islam particulièrement tolérant, et la constitution du pays prévoyait expressément la participation des trois peuples au gouvernement. Aucune mesure défavorable aux Serbes n’avait été prise dans aucun domaine. »[33].

Révolution anti-bureaucratiqueModifier

Entre 1988 et 1989, Milošević et ses partisans ont organisé dans tout le pays une campagne de rassemblements et de manifestations de masse appelée la révolution anti-bureaucratique. Les manifestations ont renversé les gouvernements de la république socialiste du Monténégro et des provinces de Voïvodine et du Kosovo et les ont remplacés par les alliés de Milošević.

Le , à l'occasion du 600e anniversaire de la Bataille de Kosovo Polje, Milošević, en tant que président nouvellement élu de la Serbie, s'est adressé aux centaines de milliers de personnes présentes à Gazimestan et a laissé entendre son projet de reconquête: « La Serbie fait face à de nouvelles batailles, non armées, bien qu'elles ne soient pas exclues »[38],[39]. D'autres républiques voient un grand danger dans ce discours et on considère qu'il a grandement contribué à l'initiation du processus d'indépendance de la Slovénie et de la Croatie.

La situation s'aggrave après l'abolition de l'autonomie de la Voïvodine et du Kosovo, qui était une violation de la constitution[40]. Avec le représentant du Monténégro nommé par Milošević, la Serbie dispose désormais de 4 voix sur 8 à la Présidence de la Yougoslavie et peut donc fortement influencer les décisions du gouvernement fédéral. C'était le premier pas vers la dislocation de la Yougoslavie[41],[42].

La décision de Milošević de mettre fin à l'autonomie de la Voïvodine et du Kosovo, et son déploiement de l’armée pour écraser violemment les protestations des Albanais du Kosovo, ont suscité des sentiments sécessionnistes dans d'autres républiques qui voulaient quitter la Yougoslavie avant que Milošević n'impose la domination serbe sur toute la Yougoslavie [43],[42]. Suivant l'exemple de la Serbie, la Slovénie viole la constitution et adopte des amendements qui lui permettent de faire sécession si besoin.

Élections multipartites en 1990Modifier

Au début des années 1990, la Ligue des communistes de Yougoslavie s'est désintégrée et des élections multipartites ont eu lieu dans les républiques. L'élection multipartite en Bosnie-Herzégovine est remportée par les partis nationalistes des différentes communautés, proportionnellement à leur nombre[44]. Les Musulmans ont voté pour la Parti d'action démocratique (SDA) dirigée par Alija Izetbegović, les Serbes pour le Parti démocratique serbe (SDS) avec le président Radovan Karadžić, et les Croates pour l’Union démocratique croate de Bosnie et Herzégovine (HDZ-BiH) mené par Stjepan Kljuić. Le SDA a remporté 86 des 240 sièges du parlement, le SDS 70 sièges et le HDZ BiH 45 sièges. Alija Izetbegović a été élu président de la Présidence de Bosnie-Herzégovine, et il aurait pu gouverner avec une coalition de Musulmans et de Croates, mais il a formé un gouvernement tripartite. Le Serbe, Momčilo Krajišnik est devenu président du Parlement et le Croate, Jure Pelivan Premier ministre[45].

En Serbie, le Parti socialiste de Serbie (SPS) dirigé par Slobodan Milošević a remporté les élections, et en Slovénie et Croatie, des partis séparatistes nationalistes sont arrivés au pouvoir.

Éclatement de la YougoslavieModifier

Encouragés et poussés par Milošević et son projet de création d'un État commun pour tous les Serbes, les Serbes de Croatie ont déclaré le les Régions autonomes serbes SAO Krajina en Croatie, sur des territoires à majorité serbe.Les Serbes de Croatie et de Bosnie-Herzégovine ont reçu des armes et des plans ont été élaborés pour prendre le contrôle des forces de police locales et de l'administration municipale [46]. Le gouvernement croate considère cette auto-proclamation illégale et les premiers affrontements armés entre la police du Ministère de l'Intérieur de Croatie et les forces paramilitaires de SAO Krajina ont lieu. Le , la SAO Krajina a proclamé son union avec la Serbie[47].

En , Milošević laisse entendre son intention de redessiner de force les frontières des républiques, annonce la mobilisation de la milice de réserve en Serbie et la création d'unités d'opérations spéciales pour venir en aide aux Serbes en danger hors de Serbie[30].

Essayant de trouver une issue à la crise, Milošević et le président croate Tuđman se sont rencontrés à plusieurs reprises. Le , à Karađorđevo, ils ont négocié la partition de la Bosnie[13].

La crise a culminé le , lorsque 4 membres du "bloc serbe" de la Présidence de la Yougoslavie ont empêché la nomination du Croate Stipe Mesić comme Président de la Yougoslavie, ce qui était prévu par la loi[19]. Le travail de la Présidence est bloqué, et la JNA reste sans commandant suprême[48], jusqu'à ce que, sous la pression de la communauté internationale, Stipe Mesić soit élu président. Mais la JNA n'a surtout pas écouté ce président et les ordres sont venus du côté serbe.

En , la Slovénie déclare son indépendance, et la Croatie en fait de même. Afin de trouver une solution, la CEE impose un moratoire de 3 mois sur l'indépendance. Le gouvernement fédéral, fortement influencé par la Serbie, envoie la JNA pour défendre l'intégrité territoriale de la Yougoslavie, ce qui a finalement conduit aux guerres yougoslaves. Comme il n'y avait pas beaucoup de Serbes en Slovénie, la JNA dominée par les Serbes a abandonné la Slovénie et l'idée de défendre la Yougoslavie après seulement 10 jours.« Slobodan Milošević avait gagné son pari. Il était parvenu à détourner l’armée de son rôle initial et à la rallier à son projet de Grande Serbie en prétendant qu’il s’agissait d’un nouvel État yougoslave rassemblant tous les peuples qui voulaient continuer à vivre en Yougoslavie. L’armée populaire yougoslave, garante de la Fédération, n’existait plus. Mais Slobodan Milošević allait maintenir son nom pour occulter l’agression qu’il était sur le point de déclencher [49]. »

La JNA s'est retirée en Croatie, où, avec le soutien des formations paramilitaires de Serbie et des Serbes de Croatie, elle a occupé et défendu les territoires serbes et les frontières de la future Yougoslavie[50],[51].

« À la veille de la guerre en Croatie, la Serbie de Milošević répétait de façon incessante aux dirigeants occidentaux qu’elle souhaitait défendre l’intégrité territoriale et politique de la Yougoslavie, menacée par les « sécessionnismes croate et slovène ». En aucun cas Milošević n’a signalé aux négociateurs européens ou américains sa volonté de créer une « Grande Serbie », ce qui était pourtant l’objectif véritable des campagnes militaires[52]. »

Le symbole du début de cette guerre de Croatie est certainement la bataille de Vukovar.

Formation des régions autonomes en Bosnie-HerzégovineModifier

 
Régions autonomes serbes (SAO) en Bosnie-Herzégovine (septembre 1991)

Sous les directives de la Serbie et conformément aux plans de création d'un État pour tous les Serbes, les dirigeants des Serbes de Bosnie ont commencé à préparer la création d'un État serbe séparé en Bosnie-Herzégovine, comme cela s'est fait en Croatie. Les États serbes autoproclamés de Croatie et de Bosnie rejoindraient alors la Serbie le moment venu, sous prétexte de vouloir rester en Yougoslavie. De cette façon,« les territoires croates déjà aux mains des Serbes marqueraient la frontière occidentale d'un État "Serbe" qui engloberait 70 à 75 % du territoire bosniaque »[53].

À partir d'octobre 1990, des milices serbes ont été organisées en Bosnie et les Serbes de Bosnie ont été secrètement armés par le ministère de l'Intérieur de Serbie et l’Armée populaire yougoslave (JNA). Environ 51 900 armes à feu ont été délivrées à des unités paramilitaires et 23 298 à des membres du SDS en mars 1991[46]. Ainsi, déjà au milieu de 1991, les Serbes de Bosnie étaient bien armés.

En avril 1991, dans les régions où les Serbes étaient majoritaires, des communautés serbes ont été créées sous couvert d'unification culturelle. Les Bosniaques ont protesté contre cette régionalisation ethnique, mais cela ne les a pas arrêtés[54]. Ces communautés ont changé leur nom en Régions autonomes serbes (SAO) et en septembre ont été déclarées : SAO Bosanska Krajina, SAO Bosnie du Nord-Est, SAO Romanija et SAO Herzégovine [55].

Les municipalités qui faisaient partie intégrante de ces régions avaient une population majoritairement serbe, mais il y avait de nombreuses municipalités dans lesquelles la majorité était bosniaque, et elles ont néanmoins été déclarées unilatéralement comme faisant partie intégrante de ces zones. Dans ces municipalités à minorité serbe, des institutions distinctes parallèles à l'autorité légale ont été créées, ou des municipalités ont été dissoutes et de nouvelles ont été créées[56].

 
Régions autonomes serbes (SAO) en Bosnie-Herzégovine (novembre 1991)

Immédiatement après, la JNA a été appelée à défendre le peuple serbe dans ces territoires qu'il considère comme les siens et qu'il veut conserver dans la nouvelle Yougoslavie[56],[57].

Jusqu'à la fin de 1991, de nouvelles Régions autonomes serbes (SAO) ont été créées[58]. Ainsi, les Serbes de Bosnie ont pris le contrôle de nombreuses municipalités dans une grande partie de la Bosnie.

Ces régions autonomes serbes (SAO) ont formé la base du nouvel État serbe de Bosnie-Herzégovine, qui a ensuite été autoproclamé le sous le nom "république des Serbes de Bosnie-Herzégovine", [59]. Renommée "Republika Srpska" elle a déclaré son indépendance le .

Au concept de Grande Serbie s'ajoutait celui, défendu par Tuđman et les nationalistes croates, de Grande Croatie[60]. Conformément aux accords entre Milošević et Tuđman sur la partition de la Bosnie[14], les Croates de Bosnie ont créé le la communauté croate d'Herceg-Bosna dans les régions où ils sont majoritaires. Rebaptisée en 1993, la république croate d'Herceg-Bosna n'a jamais déclaré son indépendance et a été intégrée à la Fédération croato-bosniaque[55].

Rôle Armée populaire yougoslave (JNA)Modifier

Crise politique finale et déclenchement de la guerre de BosnieModifier

Les tensions naissantes en Bosnie vont rendre le fonctionnement de gouvernement tripartite difficile. Alors que les députés serbes prônent le maintien de la Bosnie-Herzégovine dans la nouvelle Yougoslavie, les Bosniaques et les Croates ne le veulent pas[61].

La Bosnie ne voulant pas participer à ce conflit contre la Croatie, décide de déclarer sa souveraineté en . Cependant, la commission Badinter précise alors qu'elle ne reconnaîtrait l'indépendance de la Bosnie que si un référendum était organisé à cet effet en Bosnie.

Un référendum d'autodétermination est alors organisé le , malgré les risques mis en évidence par différentes personnes quant à la tenue d'un tel référendum dans un contexte si explosif. Ainsi, le secrétaire général des Nations Unies Javier Perez de Cuellar estime qu'une telle initiative « pourrait mettre le feu aux poudres »[62]. Cyrus Vance, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Bosnie, met aussi à cette époque en garde contre une reconnaissance prématurée de la Bosnie-Herzégovine[63].

Le référendum a lieu et est boycotté par la plupart des Serbes de Bosnie, qui constituent 32 % de la population. Les Croates et les Bosniaques votent, à savoir 68 % de la population. Le résultat du référendum est de 99 % des voix en faveur de la Bosnie indépendante. Toutefois, les Croates de Bosnie votent en faveur de l'indépendance car ils voient cela comme une première étape vers leur intégration à la Croatie, n'éprouvant en réalité aucun intérêt en faveur d'un État indépendant de Bosnie[63].

L'indépendance de la Bosnie est en conséquence proclamée par le Parlement bosniaque le .

Dès le lendemain du référendum, des premières tensions communautaires éclatent avec des barricades qui sont érigées à Sarajevo[64]. Pour tenter de trouver une solution politique et éviter que la guerre n'éclate, le diplomate portugais José Cutileiro et le britannique Peter Carington proposent un projet de cantonalisation de la Bosnie-Herzégovine (sur le modèle suisse des cantons), où chaque canton se verrait attribuer une ethnicité croate, bosniaque ou serbe. En 2013, Cutileiro déclarera lors d'un témoignage devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie que les négociations entre les différentes Parties étaient difficiles car les délégations « bosniaques, croates et serbes mentaient toutes, mais les Serbes mentaient le moins»[65].

Le , à Lisbonne, Alija Izetbegović pour les Bosniaques, Radovan Karadžić pour les Serbes et Mate Boban pour les Croates finissent par se mettre d'accord et signent le document. Cependant, une semaine plus tard, Izetbegovic et Boban renient leur signature de l'accord, dans l'espoir d'en trouver un plus profitable pour eux dans l'avenir[66].

La Communauté européenne reconnaît la Bosnie en tant qu'État indépendant, le . Cette reconnaissance est suivie de celle des États-Unis. La Bosnie adhèrera le à l'Organisation des Nations unies, avec la Croatie et la Slovénie.

En réaction, le 6 avril, la république serbe de Bosnie, l'entité des Serbes dirigée par Radovan Karadžić, déclare à son tour, son indépendance[67]. Le conflit éclate officiellement[67].

La république serbe de Bosnie ne sera jamais reconnue en tant que telle par la communauté internationale. Si, à la suite des accords de Dayton, il existe dans les faits une république serbe de Bosnie, aucune personnalité morale de droit international n'a été reconnue à cette dernière.

Tentatives de paixModifier

Pendant la guerre de Bosnie, le street art à Sarajevo politique et anti-guerre était l'une des principales formes artistiques de la ville assiégée[68].

Le , la Serbie et le Monténégro, c'est-à-dire les deux seules républiques non-sécessionnistes, forment la république fédérale de Yougoslavie, mais celle-ci n'est pas reconnue comme successeur et noyau restant de l'ancienne Yougoslavie (comme ce fut le cas pour la Russie lors de l'implosion de l'URSS), en vertu des conclusions de la commission Badinter. L'ONU tente de pacifier en vain la situation en dépêchant des Casques bleus. La Bosnie-Herzégovine connaît trois ans et demi d'une guerre d'agression et d'extermination des populations bosniaques, croates et serbes.

Le plan de David Owen et de Cyrus Vance connu sous le nom plan de paix Vance-Owen propose en une partition de la Bosnie-Herzégovine en 10 régions semi-autonomes. Le plan est approuvé par Radovan Karadžić avant d'être rejeté par l’assemblée des Serbes de Bosnie le , et marquera la désolidarisation de Slobodan Milošević vis-à-vis du nationalisme serbe en Bosnie-Herzégovine[réf. nécessaire].

Opérations militairesModifier

ProtagonistesModifier

Dès son début, le conflit emploie plusieurs protagonistes : outre l'armée de la république serbe de Bosnie, on trouve le Conseil de défense croate, organe militaire des Croates de Bosnie (HVO), et l'Armée de la république de Bosnie-Herzégovine. Cette dernière, d'abord officiellement présentée comme multi-ethnique, devient peu à peu exclusivement musulmane[64]. À ces protagonistes principaux s'ajoutent une série de milices ou de groupes paramilitaires constitués en marge des armées ou alliés à des partis politiques[64]. Rentrent notamment dans cette catégorie les Tigres du Serbe Arkan ou les Scorpions.

Des milliers de volontaires étrangers ont aussi participé à cette guerre, notamment des Turcs et des Saoudiens venant aider les musulmans, ainsi que des vétérans du djihad mené en Afghanistan contre le communisme[69]. Il y a aussi des Russes, Grecs venus aider les Serbes, mais également des ressortissants de pays comme la France[70].

De nombreux néonazis européens s’enrôlèrent du côté croate. Cela était dû, notamment, à la décision du gouvernement croate de reprendre comme emblèmes les symboles utilisés durant la Seconde Guerre mondiale par l'État indépendant de Croatie, régime fasciste inféodé au Troisième Reich. Des milliers de volontaires étrangers ont également rejoint le côté bosniaque, dont des vétérans du djihad mené en Afghanistan contre le communisme[71].

DéroulementModifier

Les Serbes de Bosnie, qui ont pris pour capitale Pale, à proximité de Sarajevo, entreprennent un long siège de la ville, le plus long que l'Europe moderne ait connu. Les premiers bombardements des forces serbes frappent la ville le . Sarajevo est soumise à un blocus complet. Les convois de nourriture et de médicaments sont bloqués sur les routes, l'eau et l'électricité sont coupés. Le siège de Sarajevo devient une guerre d'usure.

L'armée des Serbes de Bosnie est commandée par Ratko Mladić. Elle s'empare progressivement des principales villes (en dehors de Sarajevo) et des zones peuplées par des Serbes. En juillet 1992, elle se sera emparée de 70% du territoire de la Bosnie[72].

L'armée officielle yougoslave est présente en Bosnie-Herzégovine mais le gouvernement central de Belgrade nie qu'elle participe aux combats menés par les Serbes de Bosnie[73].

Sous la pression internationale, Slobodan Milosevic ordonne dès le mois de mai 1992 que les soldats de l'armée yougoslave encore présents en Bosnie se retirent[64]. Cependant, comme une faible partie seulement des 100 000 soldats de ladite armée sont des citoyens de la république fédérale de Yougoslavie (qui se limite alors à la Serbie et au Monténégro), 50 000 soldats serbes de Bosnie continuent leur participation aux hostilités, mais à travers l'armée de la république serbe de Bosnie[74].

De leur côté, les Croates de Bosnie se battent initialement aux côtés des Bosniaques Musulmans contre les Serbes. Cependant, l'alliance est en réalité très artificielle car les Croates ont comme but le rattachement à leur mère patrie, et n'acceptent de se battre aux côtés des Musulmans qu'en raison de la présence de l'ennemi commun serbe[75].

Après une période de tensions marquées, Les Croates décident de prendre leur propre indépendance, qu'ils donnent le 3 juillet 1992 à la communauté croate d'Herceg-Bosna (devenue ultérieurement la république croate d'Herceg-Bosna), qui vise à unifier tous les Croates dans les régions de Bosnie où ils sont majoritaires[67]. Ce n'est pour eux qu'une suite logique de l'accord secret de Kardjordejvo conclu en 1991 entre les présidents croates et yougoslave Tudman et Milosevic, conclu en 1991, qui prévoyait une partition de la Bosnie-Herzégovine entre Serbes et Croates[76].

Les Croates appuyent de plus largement la création de cet État sur l'idée d'une Grande Croatie[60]. En conséquence, le HVO ouvre en avril 1993 un nouveau front contre les Bosniaques musulmans[67]. Le 16 avril 1993, l'armée croate de Bosnie lance une attaque surprise de grande envergure contre la population musulmane de la région de la Vallée de la Lašva[77]. La Croatie, qui soutient le HVO, accroît alors sa participation au conflit et déploie plus de troupes régulières pour soutenir les Croates de Bosnie contre les Serbes et les Musulmans[78].

Le , dans la déclaration de Petersberg, les ministres des affaires étrangères et de la défense de l'Union de l'Europe occidentale confirment leur volonté de participer dans des opérations de maintien de la paix sous l'autorité politique de la CSCE ou de l'ONU. Les efforts de la communauté internationale pour mettre fin au conflit et protéger les populations civiles sont sans résultats, malgré l'envoi de plus de 38 000 militaires aux couleurs de l'ONU. 167 hommes de la Forpronu sont tués et plus de 700 d'entre eux sont blessés, dont environ la moitié appartenant à l'armée française.

En , un accord est signé entre les dirigeants croates et musulmans de Bosnie, sous la pression de la communauté internationale, surtout celle des États-Unis envers le président croate Tudjman. En contrepartie de l'arrêt des combats entre Croates et Bosniaques Musulmans, il est décidé de créer une Fédération croato-musulmane en Bosnie[79].

OrganisationModifier

L'ex-Yougoslavie, et surtout la Bosnie-Herzégovine, ont alors connu plusieurs années de guerre, marquées par des épisodes particulièrement violents : crimes de guerre, massacres, viols, déplacements forcés de populations, des crimes commis par chaque partie. Ces crimes de guerre ont pris une tournure raciste[réf. nécessaire][80],[81], selon le principe de purification ethnique. Toutefois, les déplacements de populations ont souvent été davantage un enjeu stratégique. En effet, ils désorganisaient notamment le camp adverse en lui imposant de prendre en charge des populations civiles supplémentaires et instauraient un climat de terreur. Dans bien des cas, cela a été suffisant pour faire fuir les populations locales avant l'arrivée des troupes ennemies.

Caractéristiques et atrocitésModifier

Compte tenu de la participation de la Armée populaire yougoslave (JNA) devenue l'armée de Serbie, et de l'armée croate (HV) aux opérations militaires en Bosnie, les Nations unies ont classé cette guerre comme un conflit international[82],[83].

L'historien Renéo Lukic considère que c'était « une guerre de conquête »[52]. L'Organisation des Nations unies dans sa résolution 752 du

« Exige que cessent immédiatement toutes les formes d’ingérence extérieure en Bosnie-Herzégovine, y compris de la part d’unités de l’armée populaire yougoslave, de même que d’éléments de l’armée croate, et que les voisins de la Bosnie-Herzégovine agissent très rapidement pour mettre un terme à toute ingérence et respectent l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine[84]. »

On dit souvent que la Serbie de Milošević est l'agresseur[85],[86],[87],et que c'est une guerre d'agression[5],[88], ou « une agression planifiée » [89],[90]. Les Bosniaques appellent ce conflit une agression contre la Bosnie-Herzégovine internationalement reconnue, et pour les Serbes et les Croates de Bosnie, c'est la guerre de la défense et de la patrie. On l’appelait aussi une « guerre des territoires » à cause de la politique expansionniste de Milošević.

Les expressions "toutes les parties ont commis des crimes" peuvent être entendues dans les débats sur cette guerre[36]. De cette façon la responsabilité est égalisée, et la victime et l'agresseur sont appelés parties belligérantes[91],[92]. Mais il existe de grandes différences dans le nombre de victimes civiles résultant des cibles militaires de la guerre. Ces chiffres montrent qui et où ont commis les crimes et le génocide contre le peuple de Bosnie. Une chose est certaine, la plupart de ces victimes se trouvaient du côté bosniaque.

Ainsi, certains politiciens occidentaux ont affirmé qu'il y avait une « guerre civile » en Bosnie-Herzégovine et ont appelé toutes les parties au conflit, y compris le gouvernement de Bosnie, des « factions belligérantes ». Et seulement « après trois ans de massacres, et surtout après l'humiliation des forces de la communauté internationale (chose finalement intolérable), il semble que l'opinion internationale ait admis à contrecœur et avec de grandes réserves que les Serbes sont les agresseurs. »[93].

En tout cas, cela ne peut pas être considéré comme une guerre classique, surtout en 1992, quand il s'agissait d'un massacre de civils bosniaques désarmés[94],[95]. Ce n'est que lorsque les Bosniaques ont été armés en 1995 et le déséquilibre dans l'armement s'est atténué, cela peut être considéré comme une guerre entre armées, mais c'est à ce moment-là que l'accord de paix a été signé.

Les Serbes ont commis le plus grand nombre de crimes. Un rapport de commission d’experts de Nations unies « conclut que, globalement, 90% des crimes commis en Bosnie-Herzégovine étaient le fait des Serbes extrémistes, 6% celui des Croates, 4 % celui des Musulmans extrémistes. »[96]. Ceci est également confirmé par la CIA [97].Devant la Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, le plus grand nombre de personnes reconnues coupables de crimes commis étaient des Serbes, et parmi les victimes civiles, 81 % étaient des Bosniaques, 11 % des Serbes et 6 % des Croates[12].

Les Serbes sont responsables de massacres systématiques de la population civile[94],[95], d’exécutions sommaires[98],[99],[100], d’extermination[101],[102], de nettoyage ethnique[103],[104],[105], de viols massifs systématiques [106],[107], de traitements inhumains dans les camps de concentration [108],[109],[110], de sièges et de bombardements aveugles de villes et de villages[111],[112], de prises d'otages de soldats de l'ONU[113],et de génocide [114],[115],[98].

D'autres parties au conflit ont commis des crimes.

Ainsi, les Croates de Bosnie ont expulsé les Bosniaques et les Serbes des zones que leurs forces contrôlaient, usant d'épuration ethnique, de massacres, de viols, de blocage d'aide humanitaire, et de conditions inhumaines dans des centres de détention[116],[117].

Dans une moindre mesure, les Bosniaques ont commis des crimes de guerre, des actes de torture, des travaux forcés et des persécutions humiliantes contre les Serbes et les Croates[118],[119].

Des événements dont les Serbes de Bosnie sont responsables, comme le siège de Sarajevo [120],[121],[122] et le génocide de Srebrenica [123],[124],[125] sont devenus emblématiques du conflit.

Jugement du Tribunal pénal international pour l'ex-YougoslavieModifier

Prises de position internationales et soutien étrangerModifier

Suite au début des conflits intérieurs en Yougoslavie, le Conseil de sécurité de l'ONU a passé dès septembre 1991 la résolution 713 décrétant un embargo sur la livraison d'armes à destination des territoires de l'ensemble yougoslave[126]. Cette résolution, en vigueur pendant la guerre de Bosnie, sera violée par de nombreux pays. Ainsi, plusieurs pays musulmans comme l'Arabie saoudite, la Turquie, l'Iran et le Pakistan ont fourni pour plusieurs centaines de millions de dollars d'armes aux Bosniaques durant la guerre, ainsi que, pour certains d'entre eux, des conseillers militaires[127],[6]. De son côté, par haine des Serbes, le président albanais Sali Berisha offre que son pays soit l'un des points de transit pour les armes à destination des Bosniaques, ce qui sera le cas[8].

La Croatie a également fourni une assistance militaire significative et déployé des troupes aux côtés des Croates de Bosnie.

La position des États-Unis a varié au fil du conflit. En juillet 1992, le Président bosnien Izetbegovic demande aux États-Unis d'intervenir militairement contre les Serbes de Bosnie dans le conflit, ce à quoi le Président George Bush rétorque que son pays se limitera à de l'aide humanitaire et à l'application de sanctions économiques décidées par l'ONU[128]. Suite à son arrivée au pouvoir, Bill Clinton change de cap et tente sans succès de persuader les gouvernements français, anglais et russe de participer à des raids aériens contre les Serbes, qu'il considère comme principaux responsables de la guerre[5]. Dans tous les cas, tant l'administration Bush que l'administration Clinton acceptent en secret, dès juin 1992, d'acheminer clandestinement de l'aide militaire aux Bosniaques[5].

Les déclarations d'indépendance de la Slovénie et de la Croatie en , pourtant annoncées six mois avant, prennent la diplomatie française au dépourvu. Cette dernière s'accroche au principe essentiel de la guerre froide : le statu quo, le refus de toute modification de frontières. L'attitude française envers la Bosnie-Herzégovine sera identique : le Quai d'Orsay parle toujours des « belligérants », montrant une volonté claire de les renvoyer dos à dos, de ne pas prendre parti. La France s'illustrera surtout par des discours humanitaires, par une volonté de protéger les populations en faisant abstraction de la guerre en cours. Cette position atteindra son paroxysme avec la visite du Président François Mitterrand aux Casques bleus français à Sarajevo lors de laquelle il prononcera sa célèbre phrase : « Il faut laisser du temps au temps. »

La Bosnie-Herzégovine attire l'attention des pays occidentaux. Cette république multiethnique comptait un grand nombre de mariages mixtes (5,5 % de la population se déclarant « yougoslaves » selon le recensement de 1991, le taux le plus élevé de Yougoslavie). Certains intellectuels (comme Bernard-Henri Lévy) et hommes politiques présentent la Bosnie-Herzégovine comme un succès du multiculturalisme, et un exemple réussi d'intégration d'une population musulmane en Europe[129]. À leurs yeux, soutenir la Bosnie-Herzégovine, c'est avant tout soutenir les musulmans, non pas les « musulmans », fidèles de l'islam, mais les « Musulmans » (ou Bosniaques), nationalité reconnu par Tito en 1971 [130]. Le les intellectuels laïcs Musulmans (Adil Zulfikarpašić, Muhamed Filipović) ont changé le nom de la nation en Bosniaques, comme on appelait autrefois les habitants de la Bosnie. Les Musulmans menacés d'extermination [102]deviennent en ces temps de guerre une nationalité à protéger[131]. Bernard-Henri Lévy reçoit Alija Izetbegović à Paris en et est nommé avec Bernard Kouchner docteur Honoris causa de l'université de Sarajevo.

DénouementModifier

Le dénouement du conflit intervient après un nettoyage ethnique mené par les Serbes de Bosnie et le génocide de Srebrenica en .

Du 13 au , l'armée des Serbes de Bosnie, commandée par Ratko Mladić, s'empare de Srebrenica, une enclave bosniaque encerclée depuis le début du conflit où se sont réfugiés des milliers de personnes. Jusqu'à cette offensive serbe, Srebrenica était sous la protection des Casques bleus. Les forces serbes commettent un massacre (8 000 personnes massacrées). Devant l'inefficacité des Casques bleus, les forces de l'Alliance atlantique (OTAN) sont alors intervenues en 1995 directement contre les milices serbes de Bosnie. En août de cette même année, la Croatie reconquiert la Krajina lors d'une opération-éclair de trois jours, l'opération Tempête, appuyée par des bombardements de l'OTAN. L'opération fait un millier de victimes et 200 000 réfugiés serbes sont alors déplacés. Dans le même temps, les forces bosniaques et croates acculent les Serbes à la défensive et reprennent le contrôle d'importants territoires. Les accords de Dayton signés le par Izetbegovic (bosniaque), Tudjman (croate) et Milosevic (serbe), mettent fin au conflit. La Bosnie-Herzégovine devient une confédération de deux entités, la Fédération croato-bosniaque (51 % du territoire, 65 % de la population) et la république serbe de Bosnie (49 % du territoire, 35 % de la population). Le TPIY créé durant la guerre a arrêté tous les dirigeants serbes incriminés (Ratko Mladić étant le dernier et a été arrêté le ), jugé et condamné des criminels de guerre. Le massacre de Srebrenica est considéré comme le « pire massacre commis en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ». Environ 400 Casques bleus néerlandais étaient sur place au moment du massacre, ceux-ci n'ont pas pu protéger les habitants comme ils le devaient, puisque le général français Bernard Janvier a refusé initialement le soutien aérien crucial pour les Néerlandais. En deuxième instance, quand il fut donné la permission pour les avions d'appui aérien en question, ils auraient déjà regagné leur base en Italie par manque de carburant. Pourtant, le , le tribunal de la Haye estime que l'État néerlandais est civilement responsable de 300 morts à Srebrenica. Aujourd'hui encore, des corps sont retrouvés en état de décomposition avancée sur les terres de Srebrenica. Ils sont examinés puis enterrés, chaque année à la même date, le , en présence de dizaines de milliers de personnes.

Victimes et bilansModifier

À la fin de la guerre, les estimations du nombre de victimes oscillent entre 25 000 et 329 000 morts. Les variations sont en partie le résultat de l'utilisation de définitions incohérentes de qui peut être considéré comme victime de la guerre, car certaines recherches n'ont calculé que les victimes directes de l'activité militaire tandis que d'autres recherches ont inclus ceux qui sont morts de faim, de froid, de maladie ou d'autres conditions de guerre. Ces chiffres ont depuis été revus à la baisse.

Pertes humaines 1991–1995
Chiffres des tués selon TPIY[132]
Total tués
104 732
Bosniaques 68 101
Serbes 22 779
Croates 8 858
Les autres 4 995
Civils tués
36 700
Bosniaques 25 609
Serbes 7 480
Croates 1 675
Les autres 1 935
Soldats tués
68 031
Bosniaques 42 492
Serbes 15 298
Croates 7 182
Les autres 3 058
Chiffres morts et disparus selon Centre de recherche et de documentation à Sarajevo[12]
Total tués
101 040
(au total comprend un statut inconnu de 5 100)
Bosniaques 62 013
Serbes 24 953
Croates 8 403
Les autres 571
Civils tués
38 239
Bosniaques 31 107
Serbes 4 178
Croates 2 484
Les autres 470
Soldats tués
57 701
Bosniaques 30 906
Serbes 20 775
Croates 5 919
Les autres 101

En , le Centre de recherche et de documentation basé à Sarajevo (CDR) a publié des recherches approfondies sur les morts de la guerre en Bosnie, également appelées The Bosnian Book of the Dead, une base de données qui a initialement révélé un minimum de 97 207 victimes de Bosnie-Herzégovine confirmés. Le chef de l'unité démographique du tribunal des crimes de guerre de l'ONU, Ewa Tabeau, l'a qualifiée de la plus grande et la plus fiable base de données existante sur les victimes de la guerre de Bosnie-Herzégovine. Plus de 240 000 données ont été collectées, vérifiées, comparées et évaluées par une équipe internationale d'experts afin de produire la liste de 97 207 noms de victimes[133].

Le bilan du Centre 2007 indiquait qu'il s'agissait de chiffres confirmés et que plusieurs milliers de cas étaient encore en cours d'examen. L'étude n'inclut pas les décès dus à des accidents pendant la guerre, ou dus à une manipulation imprudente des armes, à la famine ou au manque de médicaments[134].

Le CDR a publié des mises à jour périodiques de ses chiffres jusqu'en , date à laquelle elle a publié son rapport final[135].

Les chiffres de 2012 ont enregistré un total de 101 040 morts, dont 61,4 % étaient des Bosniaques, 24,7 % étaient des Serbes de Bosnie, 8,3 % étaient des Croates de Bosnie et moins de 1 % appartenaient à d'autres ethnies, avec 5 % supplémentaires dont l'appartenance ethnique n'était pas précisée. Les décès de civils ont été établis à 38 239, ce qui représente 37,9 % du total des décès. Les Bosniaques représentaient 81,3 % de ces morts parmi les civils, contre 10,9 % pour les Serbes de Bosnie et 6,5 % pour les Croates de Bosnie[12]. La proportion de victimes civiles est d'ailleurs un minimum absolu car le statut de 5 100 victimes n'était pas établi, et parce que les familles avaient inscrit leurs proches décédés comme victimes militaires afin d'obtenir des prestations pécuniaires d'ancien combattant[136].

La validité du bilan des morts présenté par le Centre (CDR) est confirmée par l'étude distincte de Zwierzchowski et Tabeau (2010), basée sur l'estimation de systèmes multiples et réalisée sous les auspices du Bureau du Procureur du TPIY, qui place le nombre estimé de victimes à 104 732[132]. Ewa Tabeau a noté que les chiffres ne doivent pas être confondus avec "qui a tué qui", car, par exemple, de nombreux Serbes de Bosnie ont été tués par l'armée serbe lors du bombardement de Sarajevo, Tuzla et d'autres villes multiethniques. Les auteurs de ce rapport ont déclaré que le nombre réel de morts pourrait être légèrement plus élevé.

En 2012 Amnesty International a estimé que 30 000 personnes ont été portées disparues, et le sort d'environ 10 500 personnes, dont la plupart sont des musulmans bosniaques, reste inconnu[137].

La CIA estimait en 2013, le bilan du conflit en Bosnie-Herzégovine à 97 207 morts recensés, et environ 40 500 personnes disparues, dont 10 496 disparus dont le sort reste inconnu, soit au total, 2,5 % de la population de la Bosnie-Herzégovine en 1995.

La Commission des droits de l’homme des Nations unies a déclaré que le conflit en Bosnie-Herzégovine a forcé plus de 2,2 millions de personnes à fuir leur foyer, ce qui en fait le plus grand déplacement de personnes en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale[138] après la Guerre russo-ukrainienne[139].

Dispositif des forces de paix après 1995Modifier

  • Sous commandement de l'OTAN
    • IFOR : opération « Joint Endeavour » de à (60 000 hommes).
    • SFOR : opérations « Joint Guard » et « Joint Forge » jusqu'en (de 32 000 à 7 000 hommes).
  • Sous commandement de l'Union européenne
    • EUFOR : opération « Althea » (7 000 hommes). 33 nations participent à l'opération Althea, dont onze nations hors Union européenne. La France est le 5e pays contributeur, avec 460 hommes[140]. Cette opération est toujours en cours en 2022[141].

BibliographieModifier

Sources universitairesModifier

Sources journalistiquesModifier

EssaisModifier

Romans et bandes dessinéesModifier

  • Hermann, Sarajevo-Tango, bande dessinée, 1995.
  • Christophe Girard, Pays Kaki 92/08, bande dessinée, édition Les enfants Rouges, 2008
  • Zlata Filipović, Le journal de Zlata (journal intime), Robert Laffont, 1993.

Films et documentairesModifier

Notes et référencesModifier

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Voir aussiModifier

Yougoslavie "Suicide d'une nation européenne" Un film de Brian Lapping, production BBC, sorti en 1995, part: 1, 2, 3, 4, 5, 6,

Articles connexesModifier

Liens externesModifier