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La guerre médiatique est une forme de conflictualité qui considère les médias comme une arme valorisable. La guerre médiatique peut également être définie comme une guerre de l'information utilisant les médias pour unique canal.

Sommaire

Domaines concernésModifier

La notion de guerre de l'information est valable à la fois en temps de guerre et en temps de paix, mais toujours dans un contexte de conflictualité. Tous les médias peuvent être mobilisés : journaux, affiches, tracts, cinéma, photographie, mais également les médias issus des NTIC que sont les réseaux sociaux, la blogosphère, les journaux en ligne et les forums. Les publics visés sont d'une part les combattants, alliés ou ennemis, au front ou à l'arrière (dans un contexte de guerre totale) et d'autre part l'opinion publique, nationale ou mondiale.

HistoriqueModifier

La première occurrence de guerre médiatique identifiée dans l'histoire occidentale fut lors de la Première Guerre mondiale [1] ou pour la première fois tous les médias sont mobilisés : journaux, affiches et tracts, cinéma, photographie, etc. Mais selon l'historien militaire Pierre Razoux, la première utilisation à grande échelle de la guerre médiatique remonterait à la Seconde Guerre mondiale. Dans le Pacifique, des émissions de radio pro-japonaises mais anglophones étaient animée par des jeunes femmes surnommées rose de Tokyo[2]. Depuis, la guerre médiatique s'est considérablement développée et notamment au cours des conflits suivants :

La guerre du Viêt Nam (1968)Modifier

Au cours de la guerre du Viêt Nam, fin janvier 1968, période de trêve et de fête du nouvel an lunaire (le Têt). Dans la nuit du 30 janvier, les Nord-Vietnamiens attaquent par surprise une centaine de villes du Sud-Vietnam dont Hué et Saïgon. Dans la capitale, la première cible est l’ambassade américaine, cible particulièrement médiatique. Les combats sont féroces dans une offensive vietnamienne relevant de l’attaque suicide. Pendant plusieurs semaines les combats durent. Cette offensive totalement inattendue du fait de l’importance de la fête religieuse dans le pays, est déclenchée alors qu’un grand nombre de journalistes est concentré à Saïgon pour le Têt. Quand les Américains réussissent à repousser une armée nord-vietnamienne saignée à blanc par cette opération-suicide, l’opinion publique américaine, qui a suivi les combats quasiment en direct, est épouvantée. L’offensive du Têt a fait basculer l’opinion publique et ainsi le cours de la guerre. Cette première mise en image de la guerre marque un tournant dans les relations entre les médias et les militaires[3].

L’affaire des charniers de Timișoara (1989)Modifier

En décembre 1989, lors de la chute du régime Ceaușescu. Les médias occidentaux, et en particulier français, annoncent quelques centaines de morts, puis jusqu'à 70 000 morts quelques jours plus tard. On parle de « charniers ». Les témoignages, les chiffres et les explications les plus absurdes sont avancés sans aucun contrôle alors qu'en réalité ces morts provenaient d'un cimetière et qu'il n'y a jamais eu de charnier à Timisoara.

La guerre du Golfe (1990 - 1991)Modifier

À la suite de la défaite américaine lors de la guerre du Viêt Nam en partie due aux médias ayant influencé l'opinion publique mondiale, les États-Unis ne souhaitent pas faire la même erreur stratégique. Ainsi, durant la guerre du Golfe, les médias ont fait l'objet d'un contrôle accru de la part des autorités américaines. L’accès des journalistes aux champs de bataille a été particulièrement contrôlé. En contrepartie, les autorités américaines diffusaient aux journalistes des vidéos ne contrevenant pas aux intérêts nationaux[4].

L’opération israélienne Plomb durci (2008)Modifier

Les récentes interventions en Afghanistan (2001) et en Irak (2003)Modifier

La guerre médiatique et le milieu militaireModifier

Historiquement, les relations entre armées et médias sont particulières du fait d'un écart de culture important entre ces deux corps de métier. La culture du métier des armes consiste à faire preuve d'un maximum de discrétion dans des opérations ou des vies humaines sont mises en jeu. Le Journalisme au contraire, prétend, au nom du droit de l'information, tout dire[5]. Par exemple, dans les « Libres réflexions », de la revue Armées d’aujourd’hui, le journaliste est décrit sous les traits de l’ennemi déloyal, s’en prenant à des militaires désarmés par leur devoir de silence[6].

Les militaires savent aujourd’hui que la communication est "un instrument de commandement", selon la formule de l’amiral Lanxade, et que des directives de communication peuvent être aussi importantes que des directives opérationnelles. Des formations sont ainsi mises en place dans l’armée française pour répondre aux journalistes tout en servant les intérêts des missions. Ces formations sont définies dans le «Règlement de manœuvre» de la communication militaire[7].

RéférencesModifier

  1. site de la Bibliothèque nationale de France, [1]
  2. The Legend of Tokyo Rose par Ann Elizabeth Pfau
  3. http://www.grands-reporters.com/Vietnam-la-trahison-des-medias.html
  4. http://www2.cnrs.fr/presse/thema/230.htm
  5. Revue ADA, rubrique « libre réflexion », 01/99
  6. Marie-Anne Paveau, « Les frontières discursives de la militarité », Langage et société 2000/4 (no 94), p. 45-74
  7. Marie-Anne Paveau, « Les frontières discursives de la militarité », Langage et société 2000/4 (no 94), p. 45-74

Articles connexesModifier

Lien externeModifier