Irrédentisme

L’irrédentisme qualifie le nationalisme défendant le rattachement à un État de certains territoires devant, à ses yeux, légitimement l'être, par exemple parce qu'ils en ont autrefois fait partie ou parce que leur population est considérée par ces nationalistes comme historiquement, ethniquement ou linguistiquement apparentée. Il trouve son origine dans une doctrine politique, énoncée en 1877 en Italie, revendiquant l'unification politique de l'ensemble des territoires de langue italienne ou ayant fait partie des anciens États italiens.

Carte de l'Italie dans les années 1930 :
  • Territoires du royaume d'Italie (1918-1940)
  • Territoires ayant fait partie des anciens États italiens, revendiqués par les nationalistes italiens (terres irrédentes)
  • Autres territoires à population italique ayant fait partie des anciens États italiens
Les aspirations irrédentistes dans les Balkans en 1912.

ÉtymologieModifier

Le terme vient de l'italien irredentismo, de irredento, « non libéré », « non délivré », « non racheté ».

Le terme italien renferme la racine latine emere, « acheter », d'où « rédempteur », « celui qui rachète », et « préemption », « droit d'acheter avant les autres ».

OriginesModifier

L'irrédentisme est une doctrine politique énoncée en 1870 en Italie, qui revendiquait l'annexion de l'ensemble des territoires de langue italienne. L'irrédentisme fut très actif dans la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

L'irrédentisme conduisit à la prise à l'Autriche-Hongrie de Trieste, de l'Istrie et du Trentin-Tyrol du Sud après la Première Guerre mondiale, mais également à la libération de Fiume (Rijeka), à l'instigation du poète Gabriele D'Annunzio, entre 1918 et 1920. La ville fut finalement intégrée au royaume d'Italie en 1924.

L'irrédentisme fut récupéré, manipulé et dénaturé par le régime fasciste avec ses projets d'annexion de Malte, du Tessin, de Nice, de la Corse, mais aussi de la Savoie, des îles de la Grèce ou de la Slovénie. Ces derniers territoires furent d'ailleurs occupés par les troupes de Benito Mussolini entre 1941 et 1943.

L'irrédentisme n'est toujours pas abouti, la Corse étant toujours française.

Exemples de revendications dites irrédentistesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Angelo Vivante, L'Irrédentisme adriatique, Genève, Imprimerie commerciale, 1917 (éd. italienne en 1912, Irredentismo adriatico - Contributo alla discussione sui rapporti austro-italiani).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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