Grand Trianon

résidence royale et impériale française

Grand Trianon
Trianon de marbre
Image illustrative de l’article Grand Trianon
Le Grand Trianon en 2009.
Période ou style Architecture classique
Type Palais
Architecte Jules Hardouin-Mansart
Louis Le Vau
Début construction 1687
Propriétaire initial Couronne de France
Destination initiale Résidence royale
Propriétaire actuel État français
Destination actuelle Musée, réception de personnalités et chefs d'État
Protection Logo monument historique Classé MH (1862)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial (1979)
Site web http://www.chateauversailles.fr/grand-trianon
Coordonnées 48° 48′ 52,43″ nord, 2° 06′ 17,3″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Île-de-France
Département français Yvelines
Localité Versailles
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Grand Trianon Trianon de marbre
Géolocalisation sur la carte : Yvelines
(Voir situation sur carte : Yvelines)
Grand Trianon Trianon de marbre
Géolocalisation sur la carte : parc du château de Versailles
(Voir situation sur carte : parc du château de Versailles)
Grand Trianon Trianon de marbre

Le Grand Trianon, anciennement Trianon de marbre est un château situé dans le domaine de Versailles, dans le département français des Yvelines, en région Île-de-France.

Il est construit à la demande du roi Louis XIV, à partir de 1687, par l'architecte Jules Hardouin-Mansart à proximité du château de Versailles, à l'extrémité du bras est du Grand Canal[1]. L’extérieur du bâtiment est construit en marbre rose qui lui confère le nom de « Trianon de marbre », par opposition au Trianon de porcelaine qui le précède au même emplacement, ce dernier étant lui-même construit sur l'ancien village de Trianon[1].

Au fil du temps et des différents régimes, il est le lieu de résidence ou de séjour de plusieurs figures royales françaises ou étrangères, dont Louis XIV, Pierre Ier de Russie ou encore Marie Leszczyńska, épouse de Louis XV. Plus récemment y ont séjourné le général de Gaulle, ou des chefs d'État étrangers en visite officielle en France, comme le président américain Richard Nixon en 1969, ou la reine du Royaume-Uni Élisabeth II en 1972.

Aujourd'hui ouvert au public dans le cadre du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, il sert encore de lieu de réception à l'État, qui y accueille ses invités de marque.

HistoireModifier

Le Trianon de porcelaineModifier

En 1663 et 1665, Louis XIV achète aux moines de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris les terres et le village de Trianon (nommé Triarnum dans une bulle de 1163), que les agrandissements progressifs du domaine, au nord-ouest du parc de Versailles, finissent par annexer[2],[3],[4]. L’église et les bâtiments sont rasés et un premier jardin est rapidement dessiné. Deux ans plus tard, en 1670, le roi demande à Louis Le Vau les plans d’un petit château destiné à son usage exclusif. Le Vau, qui meurt le de la même année, laisse un projet qui est mené à bien par son gendre et successeur François II d'Orbay.

Achevé en 1672, moins d'un an plus tard, le premier château de Trianon, dit « Trianon de porcelaine », va demeurer quinze ans. En faïence[Note 1] très fragile, il subit rapidement l’usure du temps et cesse de plaire au roi qui ordonne sa démolition en 1686, peu après la visite des ambassadeurs du roi de Siam, pour faire édifier à sa place une demeure plus vaste et d’un style résolument différent[n 1].

ConstructionModifier

 
Le Grand Trianon en 1724.

« J'ai fait Versailles pour ma Cour, Marly pour mes amis et Trianon pour moi. »

— Louis XIV, Errances et parcours parisiens de Rutebeuf à Crevel (P39) - Par Jeannine Guichardet

Le bâtiment est reconstruit sur les gravats de l'ancien Trianon de porcelaine[5], par Jules Hardouin-Mansart, premier architecte du Roi, chargé de sa construction. Le projet est établi en juin-juillet 1687. Louis XIV est de facto l'auteur de tous les choix architecturaux[5], c'est lui qui refuse les grands toits à la française que lui proposait Mansart et opte pour les toitures basses qui disparaissent derrière le couronnement, à l'italienne, où même les souches de cheminées n'en dépassent pas[5]. Il est également l'auteur du péristyle, si le dessin de l'arcade est de Robert de Cotte, l'idée de la percée centrale qui permet de voir le jardin est de Louis XIV, les arcades sont prévues pour être fermées par des menuiseries, mais la décision de ne pas les poser a été prise alors que Mansart était allé prendre les eaux[5]. La tradition veut alors, qu'on adaptât la qualité de la pierre à la nature de la partie traitée, Louis XIV impose l'emploi d'une seule qualité de pierre pour l'unité de couleur[5].

Le roi se rend régulièrement sur le chantier, où il gère ses affaires d'État, installé sous une tente[6] tout en inspectant l'avancement des travaux[5]. Attentif au moindre détail et ayant une idée précise en tête, il fait abattre des murs déjà montés, car les plans ne lui conviennent pas[n 2]. Saint-Simon rapporte que le roi est le seul à avoir vu le défaut d'une fenêtre, plus petite que les autres. Louvois nie qu'une erreur si grossière se soit produite, alors le roi demande à André Le Nôtre de vérifier ces impressions par des mesures précises de géomètre. Ces dernières lui donnent raison, obligeant Louvois à s'excuser[6], Saint-Simon rapporte alors que ce dernier, en tant que secrétaire d'État de la Guerre, planifie alors, un conflit afin de détourner le roi de ses préoccupations architecturales, afin de remonter dans son estime.

Le chantier progressant rapidement, Louis XIV y prend son premier dîner le [6], le gros œuvre et quelques aménagements intérieurs sont en place[5]. L'édifice est inauguré à l’été 1688 par Louis XIV et Madame de Maintenon, qui en font leur résidence privée. Le roi aime Trianon, comme le rapporte Madame de Maintenon : « Le Roi a toujours Trianon en tête »[n 3].

Vie à Trianon sous Louis XIVModifier

 
Le Grand Trianon vu des parterres par Jean Cotelle.

Les premières années, le roi ne s'y rend que durant la journée. Il faut attendre le pour qu'il puisse y dormir, la résidence étant enfin meublée[6]. Si l'extérieur est de marbre, en raison des difficultés financières, le royaume étant alors en pleine guerre de la Ligue d'Augsbourg, les aménagements intérieurs sont moins luxueux[6].

En revanche, plusieurs milliers de fleurs en pot sont disposées, ces dernières pouvant être changées jusqu'à deux fois par jour, au bon vouloir des occupants et pour maintenir une floraison constante[5] ; « jamais on ne voit de feuilles mortes ni arbrisseaux qui ne soient en fleur » (Le Nôtre)[6]. Pour compléter la décoration intérieure, une commande de 24 tableaux est faite en 1687 dont 21 au seul Cotelle[6] ; ils sont disposés dans la galerie des Cotelle[j 1].

De 1691 à 1705, l'aménagement intérieur est continuellement modifié[6]. Si initialement le roi occupe la partie sud du Trianon, avec vue sur le Grand Canal, il l'abandonne en 1703 au profit de son fils et s'installe dans l'aile nord, attiré par sa fraîcheur[6]. Cette installation se fait en lieu et place du théâtre.

Aller à Trianon ne se fait que sur invitation royale[n 3], souvent pour la journée. Le roi y organise régulièrement des dîners dont la finalité est de contrôler la Cour[6]. Peu d'invités y couchent, cela en raison du nombre limité de logements[6]. À la fin de son règne, Louis XIV ouvre plus largement Trianon[n 3].

Les lambris des salons accueillent de nombreux princes de la maison royale : le Grand Dauphin, la duchesse de Bourgogne, le duc de Berry et duchesse de Berry, le duc de Chartres, la duchesse de Bourbon et la duchesse d'Orléans, Madame Palatine.

Le palais après Louis XIVModifier

 
Façade.

Louis XV se désintéresse totalement du lieu, mais y vient pour chasser. Il y éloigne donc la reine Marie Leszczyńska, qui y réside dès . D'après Jérémie Benoît, l'idée a pu venir au roi quand les parents de la reine y ont logé en 1740[a 1]. La reine, bien qu'y habitant, ne peut entretenir convenablement ces lieux. En , Charles Lenormant de Tournehem et Ange-Jacques Gabriel y font des constatations qui aboutissent à une modernisation des toitures et un remplacement de certains éléments architecturaux délabrés[a 2].

Ne possédant plus de lieu de retraite, et poussé par sa favorite, la marquise de Pompadour, Louis XV décide de reprendre possession du palais de Trianon en 1749[a 2]. Il y fait bâtir le Pavillon français, doté d'une basse-cour, et le jardin français, ordonné par Bernard de Jussieu. Le pavillon frais complète l’ensemble en 1753. Enfin, la construction du Petit Trianon, entre 1761 et 1768, donne son nouveau nom au Trianon de marbre, le Grand Trianon[a 3].

Marie-Antoinette préfère de loin le Petit Trianon au Grand ; elle y donne malgré tout quelques représentations dans la galerie des Cotelles. Pendant la Révolution, les deux Trianons (particulièrement le Petit) sont occupés et dégradés par une succession de bals et fêtes[3].

 
Le Grand Trianon côté cour.

Il faut attendre le Premier Empire pour que le domaine reprenne de l’importance. En 1805, Napoléon Ier ordonne la restauration des deux domaines. On commence par ravaler les façades et boucher les lézardes[7]. Dès 1808, on réalise de plus gros travaux. Un projet de doubler l'aile à droite de la Cour d'Honneur n'aboutit pas, pas plus que la réunion des deux Trianons[7]. En revanche, le péristyle est fermé de vitres, afin d'éviter à l'impératrice les courants d'air, et tout l'intérieur est remis en état, des cheminées aux carrelages et des parquets aux lambris. De 1809 à 1810, le château est remeublé. L’empereur fait de nombreux séjours à Trianon entre 1809 et 1813. Afin de garantir sa sécurité et de faciliter un accès direct à Trianon sans passer par le grand château, il fait ériger la grille d’entrée de l’avant-cour et les deux pavillons réservés à sa garde personnelle d'une cinquantaine d'hommes.

Sous Louis XVIII, aucun changement n’est effectué au château, seuls les symboles impériaux sont enlevés. Le , Charles X s’y arrête quelques heures sur la route de son exil. De 1830 à 1848, Marie-Amélie de Bourbon-Siciles confie à Frédéric Nepveu[3] le soin de mettre le château au goût du jour pour y résider, et y marie sa fille, Marie d'Orléans, avec Alexandre de Wurtemberg, le [3]. Comme son prédécesseur, Louis-Philippe Ier fait halte à Trianon sur la route de l'exil, le [3].

Le palais des RépubliquesModifier

En 1873, le procès de François Achille Bazaine, devant le conseil de guerre présidé par Henri d'Orléans, se tient au sein de la galerie. Le maréchal est accusé d'avoir manqué aux devoirs et d'avoir livré à l'armée allemande près de 150 000 soldats et une place de guerre de premier ordre[8].

Après le Traité de Versailles et le traité de Saint-Germain-en-Laye, signés en 1919, et avant le Traité de Sèvres signé en , le traité de Trianon, qui redécoupe les Balkans, est signé au Grand Trianon par les puissances belligérantes de la Première Guerre mondiale le .

Dès 1959, le général de Gaulle pense à faire du Grand Trianon une résidence présidentielle[9]. Seulement, les frais à engager pour cela sont très importants : l’estimation de 1961 fait état d'un montant nécessaire de 20 millions de francs français pour restaurer le bâtiment et le mobilier[a 4],[Note 2]. Le président souhaite toutefois le restaurer pour redonner son lustre à Trianon pour recevoir des hôtes de prestige[10]. Une loi-programme de restauration est votée le [a 4] et, à partir de 1963, le bâtiment est restauré par Marc Saltet[11] et remeublé par Gérald Van der Kemp[12] (sont notamment installés la climatisation, l’électricité et des cuisines modernes). Il sert de cadre aux réceptions officielles de la République, dont le sommet du G7 de 1982, les invités présidentiels résidant dans l’aile du Trianon-sous-bois ; parmi les chefs d'État accueillis, on note également le couple présidentiel américain John et Jackie Kennedy, la reine Élisabeth II et le prince Philip, le dernier étant le président russe Boris Eltsine, en 1992. La chambre occupée par le général de Gaulle est restée en l'état, avec deux lits séparés, très longs (en raison de sa taille)[13]. En 1976, le président Valéry Giscard d'Estaing y fête son cinquantième anniversaire[14].

 
Le Grand Trianon en 2009.

Plan et architectureModifier

 
Plan détaillé annoté du Grand Trianon à la fin du règne de Louis XIV.

Dessiné par Jules Hardouin-Mansart suivant les ordres de Louis XIV, et construit sous la supervision de Robert de Cotte et du roi lui-même[n 4], le Grand Trianon est de style classique français mêlé d’italianisme[Note 3], à dominante rose.

Dès le XVIIIe siècle, le Grand Trianon est qualifié d'élégant et considéré comme un modèle de composition[Note 4].

L’ensemble est couvert d’un toit plat masqué par une balustrade. Les murs sont en pierre de Saint-Leu. Les pilastres, les piliers et les quatorze colonnes porteuses principales du péristyle du côté jardin, ainsi que le décor de marbre des arcades de ce péristyle, sont en marbre incarnat de Caunes-Minervois. Contre les arcades du péristyle du côté de la cour, huit colonnes non porteuses de marbre de Campan, groupés deux par deux, viennent compléter cet ensemble très harmonieux[17],[18].

On entre dans le Grand Trianon par une grille basse ouvrant sur une Cour desservant :

  • à gauche : le bâtiment du midi (intégrant aujourd'hui la Cour des Offices, les appartements de l'Impératrice, ceux de Louis-Philippe, de son secrétaire particulier et enfin ceux de Madame Adélaïde et les appartements d'accueil des Chefs d'Etat étrangers),
  • à droite : le bâtiment du nord (intégrant aujourd'hui les appartements Officiels, les appartements de la Reine des Belges, ceux de Madame de Maintenon, les appartements de l'Empereur, la galerie des Cotelles et Trianon sous Bois),
  • en face : le péristyle, une galerie ouverte dégageant la perspective sur les jardins et reliant les deux bâtiments entre eux.

Aile SudModifier

Appartement de l’ImpératriceModifier

Cet appartement est situé dans l'aile sud, il constitue l'enfilade gauche du péristyle lorsque l'on regarde les jardins.

Cet appartement est d'abord occupé par Louis XIV de 1691 à 1703, puis par son fils le Grand Dauphin, de 1703 à sa mort en 1711.

Sous le règne de Louis XV, la reine Marie Leszczynska s'y installe en 1740.

Sous l'Empire, Napoléon Ier fait aménager les lieux pour sa mère en 1805, puis pour sa seconde épouse, l'impératrice Marie-Louise, qui y réside de 1810 à 1814 et lui confère son nom actuel.

Sous la monarchie de Juillet, c'est la reine Marie-Amélie qui occupe les lieux.

Pour des raisons pratiques, dans le circuit de visite actuel il se visite en visites libres « à l'envers » de son organisation, son entrée « naturelle » étant depuis le péristyle.

Premier Salon (Salon des Aides de Camps)Modifier

Ce salon est aménagé le long de la Cour d'Honneur à l’emplacement d’anciennes pièces de service d’un appartement dans lequel séjourneront successivement Louis XIV, de 1691 à 1703, son fils le Dauphin (Monseigneur), de 1703 à 1711, la reine Marie Leszczinska, en 1740, Madame Mère, en 1805, l’impératrice Marie-Louise, de 1810 à 1814, et la reine Marie-Amélie, de 1830 à 1848.

Sa décoration actuelle se compose de tableaux et meubles provenant des châteaux de Saint-Cloud et de Meudon, exécutés par Noël Coypel ils évoquent l'histoire d'Hercule[19] :

Pièce non ouverte à la visite libre ni au programme normal des visites guidées.

Salon des SeigneursModifier

Dallé de marbre, ce salon était à l'origine destiné à l'accueil des invités et visiteurs de Louis XIV qui pénétraient dans son appartement depuis le péristyle. Il devient par la suite l'antichambre de l'appartement du grand Dauphin puis de l'impératrice Marie-Louise et enfin de la reine Marie-Amélie.

Cette pièce brille par sa cheminée au-dessus de laquelle se trouve un tableau représentant Le Grand Dauphin et sa famille. Copie d'une œuvre de Pierre Mignard, peinte en 1693 par Jérémie Delutel à la demande du duc d'Orléans, elle représente le fils de Louis XIV, entouré de sa femme, Marie-Anne de Bavière, et de leurs trois enfants : Louis, duc de Bourgogne, Philippe, duc d'Anjou et Charles, duc de Berry[21].

De part et d'autre de la cheminée, sont accrochés deux petits tableaux de René-Antoine Houasse : Minerve et Arachné, peint en 1706, à droite[22], et Minerve et Tirésias, peint en 1698, à gauche[23]. Sur les murs latéraux, sont exposés deux autres grands tableaux de François Verdier : Vénus prenant congé d'Adonis[24], sur le mur droit, et La Naissance d'Adonis[25] au mur gauche, peints respectivement en 1696 et 1698 pour l'aile de Trianon-sous-Bois.

Les dessus-de-porte sont des natures mortes de Jean-Baptiste Monnoyer : Vase de fleurs et cassolettes[26], Vase et fleurs[27] et Corbeille de fleurs[28].

La grande table installée au centre de la pièce a été réalisée en 1823 par Félix Rémond pour le palais des Tuileries avant d'être envoyée au Grand Trianon en 1851. Elle est composée d'un plateau en bois de teck, de 2m77 de diamètre, supporté par un socle en orme[29].

Sur cette table sont posés plusieurs petits groupes en terre cuite, sculptés par Bartolomeo Pinelli en 1828 et 1834 : Danseuses de tarentelle[30], Joueurs de mora[31], Joueurs de cartes[32] et Jeu de boules[33].

Les deux consoles, réalisées vers 1802 par Adam Weisweller, proviennent du château de Saint-Cloud[34] tandis que les sièges, réalisés en 1809 par l'ébéniste Marcion, sont ceux installés par Napoléon Ier dans le salon du billard[35].

Salon de la ChapelleModifier

Cette chapelle consacrée le était à l'origine orientée vers le sud, c'est-à-dire que l'autel se situait à la place de l'actuelle cheminée et n'offrait pas de circulation vers les pièces suivantes.

Cependant, en 1691, la pièce est réaménagée en antichambre de l'appartement de Louis XIV pour donner accès à la chambre du Roi alors située juste derrière. La destination primitive est toutefois conservée ainsi, l'autel est installé dans une niche au fond du mur, protégée par des portes. Une fois la messe dite, les portes sont refermées et la pièce reprend sa fonction de salon.

Aux mur, la corniche représentant des grappes de raisin et des épis de blé, renvoyant au vin et au pain de l'eucharistie rappelle la fonction première de la pièce, de même que les deux tableaux Charles de la Fosse représentant les évangélistes Saint Luc[36] et Saint Marc[37].

Sous l'Empire, la pièce devient le premier salon de l'impératrice et c'est alors qu'est installée la table à thé, réalisée en 1809 par l'ébéniste Marcion dont le plateau tournant est orné d'une marqueterie représentant les signes du zodiaque[38].

Sa décoration actuelle comprend :

Chambre de l'ImpératriceModifier

Cette pièce est aujourd'hui restituée dans ses dimensions d'origine de 1700, qui comprend notamment un décor de colonnes et de boiseries sculptées sur le thème d'Apollon en référence au soleil. Elle constituait en effet la chambre d'apparat du premier appartement du Roi Soleil.

Pour des raisons de commodité et de chauffage notamment, la pièce est divisée en 1805 sous le Premier Empire : les colonnes sont masquées par une cloison pour former dans le tiers nord de la pièce un petit salon et dans les deux tiers restant une chambre destinée à madame Mère puis à l'impératrice Marie-Louise et enfin Marie-Amélie et Louis-Philippe (qui font chambre commune, chose rare chez les souverains).

Cet état perdurera jusqu'à la fin des années 1950 où les conservateurs, tout en conservant meubles et aménagements de Marie-Louise et Marie-Amélie, dégageront les colonnes du Roi Soleil en abattant la cloison et harmoniseront la décoration du Petit Salon avec celle de la Chambre.

L'ameublement actuel correspond à celui prévu pour Marie-Louise enrichi par Marie-Amélie ; on retrouve par conséquent la balustrade du lit, les coffres à linge et les sièges exécutés par Marcion pour l'Impératrice et des meubles en bois clair qui, bien que d'époque Empire, sont amenés ici par la reine Marie-Amélie.

Le vase en porcelaine de Sèvres, placé sur la commode, montre Napoléon dans les jardins du château de Sans-Souci à Potsdam. La pendule, La Liseuse, est celle de Marie-Louise.

Un tableau de Charles Le Brun, peint pour le duc de Richelieu et acquis par Louis XIV vers 1662, représente Saint Jean l'évangéliste[41].

Les dessus-de-portes sont des natures mortes peintes par Jean-Baptiste Monnoyer (Vase et fleurs[42]) et Jean-Baptiste Blin de Fontenay (Aiguière d'or, fleurs et fruits[43] et Aiguière d'or entourée de fruits en guirlande[44]) qui remplacent les tableaux du Lorrain qui s'y trouvent sous Louis XIV.

Le litModifier

Exécuté par Jacob-Desmalter sur un dessin de Percier et Fontaine, le lit était celui de Napoléon Ier au palais des Tuileries. Il présentait à l'origine un écusson aux armes de l'Empire soutenu par deux aigles.

Durant la Restauration, Louis XVIII souhaite conserver le lit mais en 1819 il demande à Jacob-Desmalter de modifier la décoration du meuble en sculptant les armes royales entourés de deux cornes d'abondance à la place de l'écusson impérial. La soierie rouge de l'Empire est remplacée par un velours de soie bleu couleur de la Maison de Bourbon.

C'est dans ce lit que Louis XVIII s'éteint en 1824 aux Tuileries. À la suite de la mort du monarque, le lit est retourné au Garde Meuble avant d'être envoyé dans la chambre de la reine Marie-Amélie au Grand Trianon en 1837.

À la demande du roi Louis-Philippe, le lit est élargi pour accueillir deux personnes ; il fait en effet, cas pratiquement inédit dans les usages d'alors, chambre commune avec son épouse. Le lit reçoit ses soieries actuelles couleur crème restituées dans les années 1950-1960.

Salon des Glaces ou Salon d'Etudes de l'ImpératriceModifier

Situé à l'angle de l'aile gauche, cette pièce « Belvédère » offre une vue sur la branche transversale du Grand Canal du parc du château[4] et n'était initialement accessible que depuis l'extérieur avec 1700[pas clair].

Louis XIV s'en sert comme salle du Conseil et la fait décorer de miroirs enchâssées dans des boiseries sculptées de guirlandes[45] de fleurs réalisées en 1687-1688 et modifiées en 1706. A priori, les moulures et boiseries auraient du recevoir des dorures mais les guerres de la fin du règne du Roi Soleil ont empêché la réalisation de ce projet.

En 1806, la pièce sert de Grand cabinet à Madame Mère puis à l'impératrice Marie-Louise, qui l'utilise comme son salon d'étude. C'est pour elle que sont livrés le piano-forte (réalisé en 1810 par les frères Erard[46]), le chevalet et les différentes petites tables (une table à dessiner[47], une table à jeux[48] et une table boîte-aux-lettres réalisées par Jacob-Desmalter en 1810[49]) encore présentes dans cette pièce aujourd'hui.

Arrivé au pouvoir en 1830, le roi Louis-Philippe s'en sert à son tour de Cabinet du Conseil.

L'ensemble des sièges composé de chaises, de fauteuils[50] et de bergères[51] est livré en 1805 par Jacob-Desmalter. Ils sont recouverts d'un lampas bleu, gris et blanc, retissage moderne (réalisé en 2006 par la Maison lyonnaise Tassinari et Chatel) de la soierie d'origine intitulée les Quatre parties du monde.

Sur les consoles (réalisées en 1805 par Jacob-Desmalter[52]), sont posés deux petits temples, réalisés à la manufacture du Buen-Retiro par le bronzier Giovanni-Battista Ferroni, qui font partie d'un surtout de table offert à Napoléon par le roi Charles IV d'Espagne en 1808[53].

Sur un guéridon au centre de la pièce est posée une horloge en bronze dorée, réalisée en 1823 par l'horloger Jean-Paul Chapuy-Lépine, et représentant une corbeille de fleurs soutenue par une coupe reposant sur quatre cariatides ailées tenant dans leurs mains fruits et guirlandes de fleurs. Acquise en 1827 par le Garde Meuble, elle est envoyée à Trianon en 1851. Le temps y est marqué par un cadran tournant inclus dans le bord de la corbeille pour les minutes et la couronne de fleurs juste au-dessus pour les heures[54].

Le lustre fleurdelisé (réalisé par le bronzier Jean-François Chaumont et le lustrier Charles-Clément Baucacour à la Manufacture de Cristaux de Montcenis[55]) date de 1817 tandis que les torchères en bronze doré sont des copies modernes, réalisées en 1965 par la Maison Baguès à l'occasion de la restauration du Grand Trianon ordonnée par le général de Gaulle, fabriqué sur le modèle de celles réalisées par Thomire pour le grand cabinet de l'Empereur aux Tuileries[56].

BoudoirModifier

Le boudoir est aménagé à l'emplacement d'une pièce de service. Il est meublé d'un bureau en forme d'arc de triomphe, réalisé en 1796 par les frères Jacob pour l'hôtel particulier parisien de Joséphine de Beauharnais, future impératrice, qui l'apporte à Trianon en 1809.

Les sièges, recouvert d'un gourgouran, proviennent du boudoir de l'impératrice Marie-Louise au Petit Trianon[57]. Un métier à broder, livré pour cette pièce en 1810 par l'ébéniste Alexandre Maigret et le bronzier Louis-François Feuchère, est également présenté[58].

Sur la cheminée, est posé un vase de porcelaine commandé en 1805 par Napoléon Ier à la Manufacture de Sèvres pour cette pièce[59].

Deux tableaux de Michel Corneille sont accrochés aux murs : Le Midi, peint en 1688[60], et Le Jugement de Midas, peint en 1706[61], tous deux commandés par Louis XIV pour Trianon.

Appartement des chefs d'État en visite officielle (appartements de Louis-Philippe et du baron Fain)Modifier

Les ailes entourant la Cour des Offices étaient comme leur nom l'indique destinées à accueillir les cuisines, les officiers, valets et personnels de Trianon.

Louis-Philippe les fait rénover pour y accueillir notamment son bureau ainsi que les appartements de son secrétaire particulier, le baron Fain.

Les deux ailes entourant la Cour d'Honneur ont été rénovées adaptées en résidence pour les chefs d'État étrangers en visite dans le courant des années 1960 à l'initiative du ministre de la Culture André Malraux et sous le patronage du président de la République Charles de Gaulle (à ne pas confondre avec les appartements du président de la République aménagés à la même époque dans l'aile de Trianon sous Bois).

Utilisés jusque dans les années 1980, ces espaces ont été restitués aux musées de Versailles et Trianon par le ministère des Affaires étrangères et sont désormais visitables par le biais de rares visites guidées.

Bureau de Louis-Philippe (chambre des chefs d'État étrangers)Modifier

On y trouve selon les expositions le bureau du roi des Français (qui fut également celui de Napoléon Ier, parfois exposé également dans la bibliothèque de l'Empereur dans l'aile Nord) ainsi qu'un lit coffre servant au roi lors de séance de travail nocturnes pour ne pas éveiller la reine Marie-Amélie avec laquelle il faisait chambre commune.

Les chaises et fauteuils d'acajou ajouré rembourrés de cuir dans un style pratique et bourgeois sont particulièrement élégants.

La décoration est notamment constitué de tentures florales restituées dans les années 1960 et le choix d'accrochage de tableaux des collections de Versailles évoque la monarchie de Juillet et les différentes résidences ou membres de la famille d'Orléans à des âges différents.

La pièce a accueilli la chambre des chefs d'État étrangers en visite en France entre 1960 et 1990 :

Pièce non-ouverte à la visite libre mais accessible avec les visites guidées relatives à Louis-Philippe et De Gaulle à Trianon.

Salle de bain de Louis-Philippe (ex-salle de bain de Marie-Antoinette à Versailles)Modifier

Cette pièce quasiment vide possède néanmoins la particularité d'être garnie des boiseries d'une des salles de bain de Marie-Antoinette à Versailles démontée et remontée à Trianon lors de l'aménagement du musée de l'Histoire de France à Versailles et permet de présenter différents services de Sèvres (Service des Officiers, Service des Princes et Service du Roi).

Pièce non-ouverte à la visite libre mais accessible avec les visites guidées relatives à Louis-Philippe et De Gaulle à Trianon.

Bibliothèque de Louis-Philippe et bureau du secrétaire particulier (salle de bain des chefs d'État)Modifier

Transformée en salle de bains des chefs d'État en 1960, elle est aujourd'hui tendue de velours rouge soulignés de brocards noirs et ors. Les meubles de bain sont en bois clair et marqueterie, la robinetterie, moderne, est plaquée or dans un style Empire, au centre du mur nord trône la baignoire protégée par des portes en verre et encadrée d'un bidet et d'une cuvette de toilettes dont les abattants sont également réalisés en marqueterie de bois clair.

Pièce non-ouverte à la visite libre mais accessible avec les visites guidées relatives à Louis-Philippe et De Gaulle à Trianon.

Chambre du baron FainModifier

La chambre du baron Fain était celle du secrétaire particulier du roi Louis-Philippe, le baron Fain. Elle a servi de chambre aux épouses des chefs d'État (ou époux dans le cas du duc d'Edimbourg).

Pièce non-ouverte à la visite libre mais accessible avec les visites guidées relatives à Louis-Philippe et De Gaulle à Trianon.

Sous-solModifier

Ayant remplacé les cuisines et offices par ces appartements, Louis-Philippe fait aménager les sous-sols avec notamment une imposante rôtissoire et cuisinière en fonte toujours présente, au sous-sol de laquelle part un souterrain traversant la Cour des Offices et la Cour d'Honneur vers l'Aile Nord afin de pouvoir desservir les appartements de réception et Trianon sous Bois.

Pièce non-ouverte à la visite libre ni aux visites guidées prévues au programme normal.

Appartements de Madame Adélaïde, des filles d'Orléans et étageModifier

Les appartement dédiées à Madame Adelaïde et aux filles de Louis-Philippe se situent dans le bâtiment entre la Cour d'Honneur et la Cour des Offices. S'ils ont conservé leurs volumes, le ministère des Affaires étrangères les a fait aménager en hôtel et chambres avec salle de bain, téléphone et électricité, destinées aux suites des chefs d'État étrangers en visite entre 1960 et 1989.

Le premier étage reçoit le même traitement.

Pièce non-ouverte à la visite libre mais accessible avec les visites guidées relatives à Louis-Philippe et De Gaulle à Trianon.

PéristyleModifier

 
Le Grand Trianon avec le péristyle dans sa partie centrale.

Le péristyle[Note 5] est la galerie à colonnades reliant l'aile droite et l'aile gauche, mais aussi la cour aux jardins. Elle est formée d'arcades ouvertes sur la cour et d'une colonnade sur le jardin.

Originellement, le projet de Jules Hardouin-Mansart prévoit de menuiser les arcades sur la cour, ne laissant alors, pas deviner le jardin depuis la cour, mais Louis XIV décide en cours de chantier[Note 6] de les laisser libres, mettant en relation visuelle la cour et les jardins[5]. Le péristyle est vitré par Napoléon Ier en 1810, ajouts supprimés un siècle plus tard, en 1910[64]. Les arcades portent encore les traces de cet ajout impérial.

Le maréchal François Achille Bazaine y est jugé par un tribunal militaire à la fin 1873[64].

Espace ouvert à la visite libre.

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Aile NordModifier

Grand AppartementModifier

Cet appartement intègre l'ensemble des pièces officielles et de réception de ses différents occupants. Bien que résidence privée ou de campagne, Trianon disposait néanmoins de pièces de réceptions permettant de maintenir l'étiquette et le protocole de la Cour mais de façon allégée.

Salon Rond ou Salon des ColonnesModifier

Nommé « Salon Rond » en raison de sa forme ou encore « Salon des Colonnes » à cause des huit colonnes corinthiennes qui l'entourent dès l'origine, il ouvre l'accès à l'aile droite ou aile du Nord depuis le péristyle.

Le Salon constituait le vestibule du premier appartement que Louis XIV occupa de 1688 à 1691. À droite de la cheminée, se dissimule un escalier menant à une tribune qui donnait sur le salon de musique attenant où, lors de son souper, le roi pouvait entendre ses musiciens.

En 1750, Ange-Jacques Gabriel le réaménage avant qu'il ne serve de chapelle sous Louis XVI[3].

Sous l'Empire, il devient une salle de garde, avant d'être utilisé en tant que salon des huissiers sous Louis-Philippe[65].

Les deux tableaux de François Verdier accrochés aux murs, commandés en 1688 pour cet emplacement, représentent Borée enlevant Orythie ainsi que Junon allant trouver Thétys. Les deux autres toiles, de François Desportes, sont des natures mortes représentant des fleurs et des fruits d’Afrique, et des fleurs et des fruits d’Amérique.

Le mobilier comprend :

  • Une console en bois doré à dessus de marbre blanc, livrée par Pierre-Benoit Marcion pour les appartements de l’impératrice Marie-Louise au palais de Monte-Cavallo (palais du Quirinal) à Rome,
  • Deux candélabres à sept lumières en bronze doré, du début du XIXe siècle,
  • Un lustre à vingt-quatre lumières livré en 1809 par Valentin pour le Salon des Princes, situé dans la partie gauche de l’actuel salon de famille de Louis-Philippe,
  • Deux candélabres aux tireurs d’arcs achetés en 1809 chez le marchand Baudouin pour l'hôtel du roi d’Espagne, transférés en 1810 à Bagatelle puis en 1837 au Trianon,
  • Des copies modernes (années 1960) des torchères en bronze doré exécutées par Thomire en 1811 pour le Grand Cabinet de l’Empereur Napoléon Ier aux Tuileries, semblables à celles du Salon des Glaces.

Pièce ouverte à la visite libre.

Salon de musiqueModifier

Antichambre du premier appartement de Louis XIV, c'est la pièce dans laquelle le Roi Soleil prend son dîner et son souper, en musique.

En effet, des musiciens installés dans un entresol au-dessus des portes, peuvent être, suivant le bon vouloir du roi, visibles ou non grâce à des jeux de volets[j 2] et ainsi divertir son repas. Cette vocation musicale reste visible dans les moulures et boiseries présentant des instruments de musique.

Pendant le règne de Napoléon Ier, la pièce est utilisée comme salon par les officiers.

Louis-Philippe le transforme en salle de billard. On y trouve des remarquables boiseries ainsi que des chaises parsemées de tapisserie de Beauvais[66].

Pièce ouverte à la visite libre.

Salon de familleModifier
 
Salon de famille de Louis-Philippe.

À l'origine, la pièce était séparée en deux pièces : le salon des Grands Officiers suivi au Nord du salon des Princes de l'Empereur (première antichambre de Louis XIV).

En 1838, Louis-Philippe fait fusionner les deux pièces et les consacre à un usage exclusivement familial. Le roi, qui est à la tête d'une famille très unie et a eu avec son épouse de nombreux enfants, éprouve le besoin de créer une sorte de salle de réunion commune.

On y trouve des tables de jeux, des tables de cartes, des tables à ouvrage, des canapés et des fauteuils confortables dans lesquels pouvaient se tenir « le Club ».

Le Club était la réunion quotidienne de la fin d'après-midi du couple royal et de leur enfants autour d'un goûter pour débattre politique, leur grande passion, affaires militaires, financières, prendre connaissance de nouveautés ou classiques littéraires, lire la presse internationale, travailler aux ouvrages de couture et broderie, jouer aux cartes, etc.

Les soieries jaunes caractéristique de leur temps ont été partiellement restaurées ou remplacées à l'identique dans les années 1950-1960. Elles représentent des fleurs de lys au naturel. Ce symbole propre à la maison de Bourbon peut laisser à penser que Louis-Philippe, à la tête de la Maison d'Orléans a plutôt utilisé à son bénéfice une commande passée au préalable que choisi ce motif lui-même.

Les peintures sont de Bon de Boulogne et de François Verdier. Le mobilier annonce par son éclectisme le Second Empire et provient de collections existantes harmonisées ou de nouveautés, œuvres de Pierre-Gaston Brion. Les tables sont de Jacob-Desmalter et présentent des tiroirs individuels dont chaque membre de la famille avait une clé pour y ranger ouvrage, cartes, livres ou papier, etc.

Pièce ouverte à la visite libre.

Salon des Malachites ou Salon de l'EmpereurModifier

Chambre de la duchesse de Bourgogne à l'origine, la pièce devient le Salon de l'Empereur sous Napoléon Ier.

Trianon n'est pas une résidence impériale officielle et ne possède pas à ce titre de salle du trône comme pouvait en avoir les Tuileries, Fontainebleau ou Compiègne ; cependant, ce salon constituait la pièce d'apparat et de réception officielle de l'Empereur.

C'est à ce titre qu'y sont déposés les objets d'art fabriqués avec les blocs de malachite de Sibérie, offerts par le tsar Alexandre Ier de Russie à Napoléon Ier en 1808, après la signature du traité de Tilsitt de [67]. Les deux serre-papiers ont également été déposés aux Tuileries avant de revenir définitivement à Trianon.

On remarque aux murs trois chefs-d'œuvre de Charles de La Fosse : Apollon et Thétis, Diane et ses nymphes et Clytie changée en tournesol

Pièce ouverte à la visite libre.

Salon fraisModifier

Ce salon constitue à l'origine le Grand Cabinet de la duchesse de Bourgogne et ferme les Grands Appartements.

Sous le Premier Empire, il prend le nom de Grand Cabinet de l'Empereur et est destiné à accueillir le Conseil des Ministres. Une fonction qui perdure sous la Restauration, puisque c'est là que Charles X tiendra son dernier conseil dans sa fuite de Saint-Cloud à Rambouillet puis vers Cherbourg.

Nommé Salon Frai par son exposition au Nord, il dessert le petit Cabinet (ou Bibliothèque) de l'Empereur à l'Est, la Galerie des Cotelle à l'Ouest et le Grand Appartement au Sud.

Parmi son mobilier remarquable on note : les deux meubles serre-papiers en acajou, exécutés par Jacob-Desmalter en 1810 qui supportent deux candélabres à sept lumières en bronze doré et marbre vert antique réalisés par Cahier en 1828.

La porte de la galerie est encadrée en 1810 par un baromètre et thermomètre de Bailly à gauche et une pendule régulateur de Lepautre qu'exigeait Napoléon dans chacune de ses résidences.

La console en racine d’if à décor de bronze doré a été exécutée en 1806 par Jacob-Desmalter sur la base d'un dessin de Charles Percier pour le palais de l'Élysée alors résidence des Murat. Dessus est posé un vase dit Médicis, qui figure Apollon et les Muses fondu par Inge en 1843.

Le lustre comporte dix-huit points de lumières et a été conçu par Ladouepe du Fougerais et réalisé par la cristallerie du Montcenis.

Les quatre chaises et les six pliants sont tapissés de toiles de Beauvais et datent de 1810 ; ils présentent encore les abeilles impériales et étaient disposés à l'origine dans le Salon des Princes qui constituait la moitié nord de l'actuel Salon de Famille.

Aux murs on trouve des tableaux représentant :

  • Zéphyr et Flore (1688) par Jean Jouvenet
  • L’Hiver (1688) par Jean Jouvenet
  • Le Printemps (1688) par Jean Jouvenet
  • Une Vue du Château de Versailles, de la place d’Armes et des Écuries (1688) par Jean-Baptiste Martin
  • Le Château de Versailles et l’Orangerie, vus des hauteurs de Satory (1688) par Jean-Baptiste Martin
  • Le Château de Versailles vu de la colline de Montbauron (1696) par Jean-Baptiste Martin

Pièce ouverte à la visite libre.

Petit appartement de l’EmpereurModifier

Dans l'aile Nord, Napoléon Ier fait aménager dès 1803 par Charles Percier et Pierre Fontaine une suite de six pièces situées côté cour[j 3] et correspondant à l'emplacement des anciens Appartements de Madame de Maintenon et des Petits Appartements du roi Louis XV.

L'aménagement est supervisé par l'impératrice Joséphine de Beauharnais jusqu'à son divorce en 1809 et seul le cabinet particulier est réaménagé suivant le goût de l’époque, les autres pièces mélangent style Empire et décors floraux chers à Louis XV[j 3].

Après son divorce, l'Empereur envisage l'utilisation de Trianon comme résidence de substitution à la Malmaison qu'il a laissé à Joséphine. C'est là que le , il ordonne le remeublement du château de Versailles afin d'y installer sa cour[j 3].

Cabinet topographique de l’Empereur ou Bibliothèque de l'EmpereurModifier

Cette pièce en angle s'ouvre sur le parc de Trianon au Nord et la Cour du Roy à l'Est.

À l'origine, la Cour du Roy n'existait pas et à son emplacement on trouvait le Bosquet des Sources, une création d'André Le Nôtre qui se composait d'un petit bois parcouru de ruisseaux serpentant à travers les arbres et disparue sous Louis XVI car l'entretien en était particulièrement complexe et coûteux.

Le cabinet constituait alors une antichambre à l’appartement de Madame de Maintenon. Au mur se trouvent des vues des jardins de Versailles en 1713 sur lesquelles le roi Louis XIV, âgé et atteint de goutte, se promène en roulette (chaise roulante).

Napoléon transforme la pièce en cabinet topographique et l’enfilade Est (donc à l'arrière des Grands Appartements) en un Petit Appartement.

Il n'est pas rare d'y voir l'Empereur à genoux avec un ministre, un architecte ou un maréchal d'Empire étudiant d'immenses cartes ou plans étalés au sol.

En termes de mobilier on y trouve des tables simples de travail destinées aux secrétaires de l'Empereur, deux bibliothèques restantes parmi les six que contenaient la pièce et le bureau impérial également utilisé par Louis-Philippe et présenté alternativement entre le cabinet topographique ou le bureau de Louis-Philippe dans l'aile Sud.

Comme toutes les pièces de travail de l'Empereur, la couleur dominante dans la décoration est le vert.

Pièce non-ouverte à la visite libre, néanmoins visible depuis le salon Frais et accessible avec les visites guidées relatives à Napoléon.

Antichambre de l’Empereur ou Cabinet du Secrétaire (ex cabinet du Levant)Modifier

Initialement Cabinet du Levant dans l'appartement de Madame de Maintenon, la pièce a été utilisée plus tard par Madame de Pompadour puis, à quelques reprises par la reine Marie-Antoinette qui va préférer le Petit Trianon.

C'est dans cette pièce que meurt en 1787 la princesse Sophie-Béatrice, âgée de onze mois ; elle était la deuxième fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette.

En 1812, la pièce est diminuée en profondeur afin d'accueillir un escalier conduisant à l’entresol, sa destination change et elle devient un bureau : celui du secrétaire de l'Empereur.

Les soieries sont de couleur « terre d’Égypte » et on remarque au mur :

  • Junon et Flore par Bon de Boulogne,
  • Zéphyr et Flore par Noël Coypel,
  • Zéphyr et Flore par Michel Corneille,
  • Apollon reçoit son carquois et ses flèches de Mercure par Noël Coypel.

Pièce non-ouverte à la visite libre et accessible avec les visites guidées relatives à Napoléon.

Cabinet particulier (ex Cabinet du Repos de Madame de Maintenon)Modifier

Initialement chambre à coucher à Madame de Maintenon et dernière pièce de son appartement, la pièce a été divisée en plusieurs cabinets au long du XVIIIe siècle pour finalement retrouver ses dimensions originelles en 1813 et accueillir le cabinet particulier de l'Empereur.

Pièce de travail de Napoléon servant à accueillir des visiteurs ou de la famille et donc plus appropriée à la discussion que le cabinet topographique, elle est décorée de vert et d'or.

Les meubles « serre-papiers » sont de Jacob-Desmalter et la pendule de Bailly. Les sièges proviennent de Saint-Cloud et le guéridon du palais de l’Élysée.

Au mur on retrouve :

  • Apollon et la Sibylle par Louis de Boulogne,
  • Apollon et Hyacinthe par Louis de Boulogne
  • Apollon chez Thétys par Jean Jouvenet,
  • Apollon couronné par la Victoire par Noël Coypel,
  • Le Repos d’Apollon par Noël Coypel.

Pièce non-ouverte à la visite libre et accessible avec les visites guidées relatives à Napoléon.

Salle de bains de l’Empereur (ex Cabinet de Retraite)Modifier

Aménagée au bout de l'ancien petit Appartement de Louis XV cette pièce était le cabinet de retraite, sorte de boudoir masculin destiné au Roi pour ses lectures, son travail avec son réseau d'espions (le secret du Roi), la discussion ou ses frivolités et son libertinage...

Napoléon en fit une salle de bains tendues de tissus blancs et équipée de sièges gondoles et d'une baignoire dissimulée par une banquette de drap vert.

Les horaires imprévisibles de l'Empereur et ses maux de ventres accompagnés de crises hémorroïdaires le conduisent à passer énormément de temps dans un bain chaud, seul soulagement à ses douleurs. Les serviteurs devaient donc se relayer jour et nuit afin de maintenir l'eau chaude dans les réservoirs situés au dessus de la pièce, eaux chaude et froide que l'Empereur pouvait régler par lui-même au moyen de robinets pendant que son Mamelouk Roustan le frottait avec onguents et eaux de Cologne.

Pièce non-ouverte à la visite libre et accessible avec les visites guidées relatives à Napoléon.

Chambre de l’Empereur (ex Chambre ou Grand Cabinet de Louis XV)Modifier
 
Chambre de l’Empereur.

Cette pièce a été créée par Gabriel en 1750 en partie sur l’emplacement d’un escalier et d’une salle appelée Salle des Buffets, située à l'arrière de l'actuel Salon de Musique et de la Salle des Colonnes.

Destinée à la chambre à coucher de Louis XV, elle en conserve aujourd'hui les boiseries d'origine.

Cette pièce est redécorée pour Napoléon Ier et meublée en conséquence au goût du jour. Cependant, seuls les meubles sont changés et cela se fait à l'économie :

  • Seuls les meubles sont changés et sortis du Mobilier impérial, ce ne sont pas des créations.
  • Les étoffes « bois de citron » à bordure de brocart lilas et argent ont été tissées à Lyon en 1807 pour Joséphine, mais à la suite du divorce et par mesure d'économie, elles furent réutilisées pour Napoléon en 1809, donnant à la pièce un côté féminin inattendu.
  • Les structures, portes et boiseries ne seront pas modifiées.

Sous la monarchie de Juillet, Louis-Philippe attribuera la pièce à sa belle-fille, la princesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin, épouse de son fils ainé, le duc de Chartres.

De nos jours, la pièce est restituée dans l'état qu'a connu Napoléon.

Pièce non-ouverte à la visite libre et accessible avec les visites guidées relatives à Napoléon.

Salon du DéjeunModifier

Situé en partie sur l'ancienne Salle des Buffets (derrière la Salle des Colonnes et de l'actuel Salon de Musique) ce salon correspond à l'ancien Grand Cabinet de Louis XV.

Son décor et son mobilier ont été réalisés pour Napoléon, qui en avait fait son salon du Déjeun, c’est-à-dire la pièce où il prenait son petit-déjeuner.

Sous Louis-Philippe, la pièce est dédiée à la princesse Marie, une destination féminine que l'on retrouve dans la décoration. Là encore Louis-Philippe, fidèle à lui-même, décore avec goût mais à l'économie.

Les tissus muraux sont réalisés en « damas économique » bleu et blanc, encadré d’une bordure aurore. Le damas économique désigne une soierie faite de fils de soie tissés sur un châssis de lin plus solide que les fils de soie tissés sur un châssis de fils de soie beaucoup plus complexe, fragile et donc cher à réaliser.

On retrouve ce tissu sur les sièges de Jacob-Desmalter.

La pendule en forme de temple, en différents marbres, jaspe et lapis-lazuli est réalisée par réemploi d'éléments du surtout de Charles X. Elle est encadrée de deux vases en porcelaine de Sèvres, à décor de paysages. La coupe en albâtre oriental est ornée d’une farandole de muses.

Au mur, on trouve les Nymphes présentant une corne d’abondance à Amalthée par Noël Coypel, originellement prévue pour Trianon sous Bois.

Pièce non-ouverte à la visite libre et accessible avec les visites guidées relatives à Napoléon.

Appartement de la reine des BelgesModifier

Salon de Famille de l'Empereur (ex Salon des Jeux)Modifier

La pièce, située derrière la salle des Colonnes et le long de la Cour d'Honneur est initialement occupée par un opéra pour le roi Louis XIV, puis détruit il fait place aux appartements du Roi à la fin de son règne.

Sous Louis XV et Louis XVI, il devient Salon de jeux, fonction qu'il conserve sous l'Empire.

Réservé à la famille impériale, le désormais Salon de Famille est dédié aux jeux, à la discussion et la rencontre familiale en après-midi et soirées. Il se présente de manière très agréable, ouvrant à la fois au Nord et au Sud.

Sous Louis-Philippe, la pièce est réagencée avec un couloir qui la ferme sur la partie sud et des cabinets entre la Salle des Colonnes et le Salon qui perd les élégants coins arrondis de Gabriel.

La pièce rénovée est affectée à l'appartement du roi des Belges Léopold Ier et de son épouse Louise d'Orléans fille de Louis-Philippe et Marie-Amélie, dont la chambre est attenante.

Dans les années 1960, les conservateurs font le choix de la restituer dans son état impérial en prolongement des appartements de Napoléon. La pièce retrouve son ouverture au Sud et ses arrondis à l'Ouest tandis qu'elle est remeublée en style Empire.

Pièce rarement ouverte à la visite libre et accessible avec les visites guidées relatives à Napoléon.

Chambre Louise ou Chambre de la Reine des BelgesModifier

Ancienne chambre à coucher et ancien cabinet de Louis XIV dans le Trianon de Porcelaine, en 1703, cette pièce sera réunifiée par Louis XV, qui en fera une salle à manger.

Elle fut transformée par Louis-Philippe en chambre pour sa fille Louise-Marie d'Orléans qui avait épousé en 1832 Léopold Ier de Saxe-Cobourg, roi des Belges.

Le lit et bois doré est l'œuvre de Jacob-Desmalter et date de 1809, destiné à l'impératrice Joséphine au Palais des Tuileries il est modifié et élargi pour cette pièce, en 1845. Garni d’un lampras de soie, retissé à l'identique en 1965 il s'accompagne d'un ensemble de sièges, comprenant canapés et fauteuils également réalisé par Jacob-Desmalter pour le grand salon de l’impératrice Joséphine au palais des Tuileries, en 1807.

Les deux guéridons en ébène de 1838, avec incrustations de cuivre et d’étain gravées sont le fruit du travail de Louis-Édouard Lemarchand.

Les deux commodes et la console en marqueterie de Boulle seront exécutées en 1846 par l’ébéniste versaillais Masson pour cette pièce.

Les six bras à cinq lumières en bronze doré, muni d’un plateau central pour une lampe de type carcel, proviennent des ateliers Chaumont et fils.

Jean Blin de Fontenay est l’auteur de trois des six natures mortes accrochées aux murs de cette salle. Elle représentent un vase d’or, cuvette d’argent et vase de porphyre, ainsi que deux vases de lapis couverts. Antoine Monnoyer représentera les trois autres vases.

Pièce rarement ouverte à la visite libre et accessible avec les visites guidées relatives à Louis-Philippe.

Galerie des CotelleModifier

La GalerieModifier

 
Galerie des Cotelle.

La Galerie des Cotelle, est construite en perpendiculaire de l'Aile Nord afin notamment de fermer le jardin floral et d'en protéger les fleurs fragiles et coûteuses du Roi Soleil des vents froids du Nord.

Elle relie le Salon Frais au Salon des Jardins et est ponctuée par onze portes-fenêtres et cinq fenêtres elles-mêmes séparées par vingt-quatre toiles témoignant de l'état des bosquets du jardin, tels qu'ils étaient en 1687.

Certains ayant aujourd'hui disparu, ces toiles constituent une source archéologique parfois unique pour reconstituer les jardins dans leur état original. ,

Vingt et une des vingt-quatre toiles qui y sont accrochées ont été réalisées par le peintre Jean Cotelle le Jeune, portraitiste et miniaturiste de Louis XIV, qui donne son nom actuel à la Galerie.

Napoléon Ier, peu adepte des nymphes et putti, installe des maquettes de la flotte française sur des consoles spécialement dédiées. Toujours présentes, les consoles sont aujourd'hui vides et les maquettes pour la plupart présentes au Musée de la Marine à Paris.

Dans le même esprit, il prévoit un remplacement des toiles par des tableaux à sa gloire mais n'en a pas le temps[j 1] ; le principe sera pourtant repris par Louis-Philippe pour imaginer à très grande échelle la Galerie des Batailles dans l'Aile du Midi.

Le même Louis-Philippe transfère les Cotelle à Versailles. Il ajoute des banquettes dans les niches et fait installer les rafraichissoirs de marbre rose de l'ancienne salle des buffets de Louis XV (devenu Salon de Famille de Napoléon) à l'entrée. Ce n'est qu'en 1913 que les œuvres retrouvent leur galerie d'origine.

La galerie accueille la signature du traité de paix avec le royaume de Hongrie le (équivalent du traité de Versailles avec l'Allemagne).

Cet événement relativement oublié en France créera néanmoins un incident diplomatique avec la Hongrie lorsque Christine Albanel, ministre de la Culture, souhaite y organiser un sommet européen des ministres de la Culture ; le gouvernement hongrois dirigé par un parti nationaliste refuse d'abord d'y assister en raison du lieu rappelant un souvenir douloureux à la mémoire hongroise. Le sommet sera finalement déplacé à Paris.

Pièce ouverte à la visite libre.

Salon des jardinsModifier

Fermant la Galerie des Cotelle, le salon des Jardins donne au Sud sur le parterre de jardin et au-delà le Grand Canal et à l'ouest sur le Parc.

Sous le règne du Roi Soleil, un jeu de portique (croquet) y était installé puis un billard dont le Roi était un grand adepte.

Le , le salon a accueilli un dîner privé servi par le chef Alain Ducasse entre le président François Hollande et le président chinois Xi Jinping et son épouse Peng Liyuan, marquant ainsi le dernier événement diplomatique en date à Trianon.

Très rarement ouvert à la visite faute d'agents disponibles pour en assurer la surveillance, le salon donne au Nord sur l'aile de Trianon sous Bois, dévolue de 1959 à 2009 à la présidence de la République.

Pièce rarement ouverte à la visite libre et non intégrée au programme normal des visites guidées.

Trianon sous BoisModifier

 
Trianon-sous-Bois.

À la fin du règne de Louis XIV, Trianon était devenu trop petit pour loger toute la famille royale. Celui-ci sollicite donc Jules Hardouin-Mansart en 1708 afin de construire cette aile de Trianon-sous-Bois, qui se démarque par un style très épuré qui annonce déjà Louis XV et Louis XVI.

Ce nouveau bâtiment s'inscrit en perpendiculaire de la galerie des Cotelle vers le Nord.

À but fonctionnel, c'est le seul bâtiment du château à intégrer un véritable étage et non un entresol. À l'intérieur, il est constitué, non pas d'une enfilade de pièces comme cela se faisait à l'époque, mais d'un unique couloir desservant l'ensemble des pièces côté jardin.

Les appartements furent d’abord affectés à la famille royale. Madame Palatine, belle-sœur du roi Louis XIV[68], écrivait au sujet de son logement de Trianon : « Je suis très bien logée ; j’ai quatre chambres et un cabinet dans lequel je vous écris. Il a vue sur les sources, comme cela s’appelle. Les sources sont un petit bosquet si touffu qu’en plein midi le soleil n’y pénètre pas. Il y sort de terre plus de cinquante sources qui font de petits ruisselets larges d’un pied à peine, et que, par conséquent, l’on peut tous enjamber ; ils sont bordés de gazons et forment de petites îles suffisamment larges pour y mettre une table et deux chaises, de façon à pouvoir y jouer à l’ombre. Des deux côtés, il y a de larges degrés, car tout est en un peu en pente (je ne saurais pas dire cela en allemand) ; l’eau court aussi sur ces degrés et fait de chaque côté une cascade. C’est, comme vous voyez, un endroit très agréable ».

Entre 1959 et 1963, le général de Gaulle fait remettre en état les lieux par l'architecte Marc Saltet pour en faire une résidence du président de la République[68],[1] et de ses invités. Il y place son bureau, surnommé « bureau du général »[68]. Les cuisines modernes sont du même modèle que celles du France[réf. nécessaire], bien qu'elles servent surtout à faire réchauffer des plats commandés chez un traiteur[10].

L'accueil de personnalités invitées par la présidence ou le ministère des Affaires étrangères a ainsi eu lieu jusqu'en 1992 et, en 2009, ces espaces sont rétrocédés à l'établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles[n 7].

Chapelle de Louis-Philippe (ex Salon du Billard)Modifier

Accessible depuis la galerie des Cotelle et le Salon des Jardins, le salon accueillait le billard de Louis XIV.

Transformée en chapelle sous Louis-Philippe Ier[68], la pièce est la seule de Trianon sous Bois à occuper toute la hauteur du bâtiment du rez-de-chaussée au toit.

Sur le mur Est, on y trouve un autel surmonté d'un vitrail représentant L’Assomption de la Vierge d’après Pierre-Paul Prud'hon. Cette commande réalisée auprès de la Manufacture nationale de Sèvres[68] est encadrée par deux colonnes provenant du bosquet des Dômes[68].

Ce bosquet qui ornait les jardins venait d'être démonté sous la monarchie de Juillet en raison de son mauvais état et ses éléments sont ici remployés par les architectes du roi des Français.

La chapelle sert notamment au double mariage (catholique romain et protestant) de Marie d'Orléans, fille de Louis-Philippe, avec Alexandre de Wurtemberg le [68].

Pièce rarement ouverte à la visite libre et accessible avec les visites guidées relatives à Louis-Philippe ou De Gaulle à Trianon.

Appartements présidentiels officiels (rez-de-chaussée)Modifier

Le rez-de-chaussée de Trianon-sous-Bois se compose dès l'origine d'une enfilade de sept pièces desservies par une longue galerie latérale, relativement inédite à l'époque de Louis XIV, témoignant d'une volonté d'espace pratique, fonctionnel et intime destiné à la famille royale et non à un espace de représentation politique.

Salle des huissiersModifier

Cette pièce est créée lors des travaux de 1963-1965 et sert d'entrée aux appartements présidentiels de Trianon-sous-Bois.

Deux de ses côtés donnent sur les jardins du château. Le sol est dallé de marbre blanc à cabochons noirs, faisant le lien avec le perron du jardin sur lequel cette salle s'ouvre. Le mobilier est composé d'un bureau plat sur lequel est posé un téléphone et une lampe de bureau, de sept fauteuils, d'une console supportant une pendule et d'un paravent.

Pièce fermée à la visite libre et accessible avec les visites guidées relatives à De Gaulle à Trianon.

Salon d'attenteModifier

Cette pièce est créée lors des travaux de 1963-1965 et sert de salle d'attente aux visiteurs du Président.

Pièce fermée à la visite libre et accessible avec les visites guidées relatives à De Gaulle à Trianon.

Salon du deuxième aide de campModifier

Ce salon sert de bureau au deuxième aide de camp assistant le président de Gaulle. Le décor en boiserie du salon date de la fin du règne de Louis XIV.

Pièce fermée à la visite libre et accessible avec les visites guidées relatives à De Gaulle à Trianon.

Salon du premier aide de campModifier

Comme pour la pièce précédente, le décor date de l'époque de Louis XIV. Les fauteuils sont ornés de velours gris clair tandis que le rideaux au fenêtres sont en velours grenat réalisée en 1966 par Serge Royaux.

Pièce fermée à la visite libre et accessible avec les visites guidées relatives à De Gaulle à Trianon.

Bureau du PrésidentModifier

Pièce la plus importante de Trianon-sous-Bois, c'est ainsi la plus vaste de l'aile. Elle est ornée de tapisserie de la Manufacture des Gobelins d'après le peintre Coypel. Les fauteuils, en bois doré, proviennent du château de Saint-Cloud. Les murs sont tendus de velours vert en écho à la couleur des pièces de travail de Napoléon dans les palais impériaux.

Un petit cabinet de toilettes attenant au bureau est également aménagé.

Pièce fermée à la visite libre et accessible avec les visites guidées relatives à De Gaulle à Trianon.

SalonModifier

Pièce consacrée à la détente ou à la réception informelle, dans laquelle ont été reçus les présidents Kennedy et Nixon.

Pièce fermée à la visite libre et accessible avec les visites guidées relatives à De Gaulle à Trianon.

Salle à mangerModifier

Destinée aux repas présidentiels, cette pièce est installée au dessus des cuisines installées en sous-sol auxquelles elle est reliée par un monte-plat.

Pièce fermée à la visite libre et accessible avec les visites guidées relatives à De Gaulle à Trianon.

Appartements présidentiels privés (premier étage)Modifier

Comme au rez-de-chaussée, les pièces sont desservies par une galerie courant tout au long du bâtiment. Cependant, le premier étage est destiné à l'usage privé du président et de sa famille. Les pièces sont ici meublées en style Louis XVI dans un esprit plus intime.

Salon de familleModifier

Grand et vaste, le Salon est notamment utilisé par Valéry Giscard d'Estaing, qui occupe régulièrement Trianon et y fête son cinquantième anniversaire en 1976.

Bureau privéModifier

Destiné au travail du Général, lorsqu'il est en privé pour notamment l'écriture ou la lecture de la presse.

Petit bureauModifier

Pièce très intime, elle est destinée à Madame de Gaulle, qui l'utilise vraisemblablement pour la lecture ou des travaux de couture.

Chambre à coucherModifier

Deux lits individuels séparés par une table de nuit sont récupérés au sein du Mobilier National. Recouverts de toile d’Aix, les lits ont cependant au préalable été adaptés à la grande taille du président.

Salle de bain présidentielleModifier

Luxueux, le mobilier de la salle de bain est réalisé en loupe de frêne et la robinetterie à poignets d’ivoire.

Appartements familiauxModifier

D'autres pièces sont destinées aux familles et amis reçus par le président. Elles comportent l'électricité, le téléphone et salle de bain aveugles entre couloir et chambre.

Sous-solModifier

CuisineModifier

Aménagée et équipée avec l'équipement le plus moderne des années 1960, la cuisine est installée dans le sous-sol de Trianon sous Bois sur 400 m². Son matériel hôtelier industriel est identique à celui du paquebot France et permet la préparation de repas pouvant accueillir jusqu’à deux cents convives.

La conception de la cuisine a été pensée afin de simplifier et rationaliser le travail des équipes qui y travaillent : lieux de stockage, de préparation, de cuisson, de dressage pour le froid et le chaud, garde-manger, lieux dévolus à la pâtisserie, au service de la boisson et du café, à la plonge… tout est à proximité et chaque emplacement a un usage précis. Au centre de la cuisine, un vaste piano surmonté de hottes aspirantes en fonte et acier inoxydable est équipé du matériel de cuisson nécessaire (fours, brûleurs, salamandres…). Deux grandes marmites sont prévues pour les grosses préparations.

Office et réfrigérateursModifier

Espaces de stockage des denrées et préparations, il abrite également un mélangeur-batteur pour la boulangerie et la pâtisserie, de grands réfrigérateurs et congélateurs, ou encore un appareil à fabriquer automatiquement de la glace en cube, capable de produire trente-cinq kilos de glaçons.

Salle à manger du personnelModifier

Destinée aux repas et repos du personnel. La totalité de ces espaces, cuisines comprises, occupe 800 m², offrant des conditions de travail et de confort supérieures à celles de beaucoup de palais de la République à l'époque.

Les peinturesModifier

 
Clytia changée en héliotrope de Charles de La Fosse, 1688.

L'aménagement du Grand Trianon a donné lieu à l'une des plus importantes commandes de peintures de chevalet effectuées par Louis XIV, puisqu'entre 1688 et sa mort, il fait peindre près de 160 tableaux à destination du palais[69].

La moitié de ces œuvres sont des tableaux mythologiques, une cinquantaine sont des paysages, une trentaine des tableaux de fleurs et cinq des tableaux religieux[70]. Parmi les artistes ayant travaillé à l'élaboration de ces tableaux se trouvent François Boucher (La Pêche à la ligne, 1757), François Verdier, René-Antoine Houasse, Antoine Coypel, Jean Jouvenet, Charles de La Fosse et François Marot.

Les jardinsModifier

 
Vue des parterres.
 
Schéma du bosquet des Sources, Grand Trianon.

Dès la construction du Trianon de porcelaine, Louis XIV fait appel au jardinier Michel II Le Bouteux, dont les parterres sont ornés de plantes en pots enterrées afin de pouvoir être changées tous les jours, à volonté, créant un spectacle fleuri et embaumé permanent et totalement unique, parfois gênant pour les visiteurs[n 8]. En 1743, Ange-Jacques Gabriel rappelle au roi Louis XV que plus de 900 000 pots de terre sont utilisés ou en réserve pour l’ornement des parterres[71] ; d'après Le Nôtre, le nombre monte jusqu'à deux millions[72]. 96 000 plantes sont ainsi maintenues pour la variété du spectacle et l’agrément du roi. Ce « jardin de Flore », comme l’appellent les contemporains du Trianon de porcelaine[n 8], introduit notamment le marronnier d'Inde, une essence exceptionnelle pour les jardins de l'époque[12], tandis que les orangers sont cultivés en terre (un exploit pour l'époque[72]), leur mise à l’abri hivernale étant faite par une châsse en verre, démontée quand reviennent les beaux jours[n 8].

Lors de la construction du Trianon de marbre, André Le Nôtre trace dans les jardins des figures géométriques compartimentées en salles de verdure treillagées, préservant partiellement quelques parterres de Michel II Le Bouteux. Les jardins sont achevés après sa mort, en 1700, par Jules Hardouin-Mansart qui, en 1702, les agrémente, entre autres, d’un buffet d’eau et crée des bosquets et des salles de verdure. Seule la fierté de Le Nôtre, le jardin des Sources, situé dans le creux de la galerie des Cotelle et Trianon-sous-Bois est préservé[n 6].

Les jardins du Grand Trianon sont des jardins à la française, ordonnés et géométriques. Ils couvrent actuellement 23 hectares, enclos de 2,2 km de murs et parcourus par 8 km d’allées[73]. Ils sont un jardin en réduction, au dessin délicat, à l’intérieur du parc de Versailles. Contrairement à ce dernier, les jardins de Trianon ne conservent que très peu de jeux hydrauliques, à l’exception notable du buffet d’eau. Ils sont essentiellement, et c’est leur principale caractéristique, un aménagement paysager formé d’allées, de végétation et de sculptures. Entièrement closes de murs, les perspectives ne sont cependant pas coupées : on expérimente les premiers saut-de-loup et ha-ha[n 3].

Comportant peu de structures artificielles, ils souffrent beaucoup plus que les jardins de Versailles de l’abandon progressif et du manque d’entretien. La végétation domestiquée qui les constituent a repris ses droits et la tempête de 1999, achève de jeter à bas les rares vestiges des plantations initiales. Leur récente restauration, qui se déroule depuis 2003, reconstitue, à partir des nombreux documents d’époque, la succession des salles, des chambres et des antichambres de verdure qui forment le plan initial. Une multitude de formes géométriques - triangle, hémicycle, octogone - sont articulées entre elles par des allées bordées de charmilles. La salle triangulaire, qui est l’une des premières à être restaurée, comporte une double haie de charmilles entaillées de « fenêtres », offrant des vues variées sur les orangers en pots qui l’habillaient à la belle saison. La reconstitution, soignée, ne donne cependant qu’une lointaine idée de la variété des paysages originaux. Il faut alors imaginer les multiples plantes fleuries en pots, les structures éphémères de toiles, les meubles et statues, transportés et installés pour la journée, qui habillent les salles de verdure pour se faire une idée de ces pièces naturelles richement ornées.

Lieu de séjourModifier

Le Grand Trianon dans la cultureModifier

 
Pavillon français de l'exposition universelle de 1904, réplique du Grand Trianon.

On parle de « trianon » pour évoquer un pavillon excentré par rapport à une résidence royale.

Le Grand Trianon est le décor de plusieurs films tournés au domaine de Versailles[74],[Note 7] :

ProtectionModifier

Rattaché au domaine de Versailles, il fait l'objet, tout comme ce dernier, d'un classement aux monuments historiques, une première fois, sur la liste de 1862, puis une seconde fois, par arrêté du [75].

Il est également inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979.

NotesModifier

  1. La distinction entre faïence et porcelaine n'était pas faite à l’époque.
  2. Il en coûtera en réalité 50 millions de francs jusqu'en 1966[a 4]
  3. « Nous remarquons que nos Architectes français ont néanmoins beaucoup varié sur la hauteur qu'ils ont donnée à leurs couvertures ; que souvent même ils les ont supprimées tout à fait, et que dans d'autres occasions ils les ont rendues si peu apparentes qu'il semble que leurs bâtiments soient couverts en terrasse, ce qu'on appelle à Paris, bâtir à l'Italienne. […] au château de Versailles du côté des Jardins, au château de Trianon, […] les faîtages sont si peu élevés qu'ils n'ont de hauteur que les deux cinquièmes de leur base. »[15]
  4. « […] la décoration extérieure du Château de Trianon, par exemple, peut être considérée comme une architecture élégante, quoique l'ordre ionique seul y préside ; parce que la disposition générale de ses bâtiments, la colonnade qui les unit, la richesse des matières dont on s'est servi, et la distribution des ornements qu'on y a employés, la caractérisent telle, & qu'il n'y manque peut-être que la substitution de l'ordre composite, pour en faire un modèle parfait en ce genre »[16]
  5. Il s'agit en réalité d'une loggia, mais Louis XIV lui-même employait ce terme[n 5]
  6. Ou, suivant les sources, les laissa monter et les fit retirer quelques années plus tard[n 6].
  7. La date donnée est celle du tournage.

RéférencesModifier

Références bibliographiquesModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  1. p. 133
  2. a et b p. 134
  3. p. 136
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  • Fabien Oppermann, Dans les châteaux de la République, le pouvoir à l'abri des regards, Paris, Tallandier, 2019, 286 p. (ISBN 979-10-210-2272-0)
  • Fabien Oppermann, Le Versailles des présidents, 150 ans de vie républicaine chez le Roi-Soleil, Paris, Fayard-CRCV, 2015, 236 p. (ISBN 978-2-213-68126-9)
  1. p. 99
  2. p. 101
  3. a b c et d p. 105
  4. p. 100
  5. op. cit. p. 102-103
  6. a et b p. 103
  7. op. cit. p. 106.
  8. a b et c p. 98
  • Nicolas Jacquet, Versailles secret et insolite, Parigramme & Château de Versailles, , 206 p. (ISBN 978-2-84096-664-7)  
  1. a et b op. cit. p. 170.
  2. op. cit. p. 167
  3. a b et c op. cit. p. 172

Autres référencesModifier

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  4. a et b Alphonse Joanne, Versailles et les deux Trianons, Hachette, , 125 p. (lire en ligne), « Palais et Jardins des Trianons », p. 114-122.
  5. a b c d e f g h et i Pérouse de Montclos 1989, p. 295-297
  6. a b c d e f g h i j et k François Bluche, Dictionnaire du grand siècle, Paris, Fayard, coll. « Les indispensables de l'histoire », 1990 (édition revue et corrigée 2005), 1640 p. (ISBN 978-2-213-62144-9 et 2-213-62144-6), p. 1536-1537
    notice de Jean-François Solnon
  7. a et b Annick Heitzmann, « Le domaine de Trianon sous le Premier Empire », Versalia, no 7,‎ , p. 112–127 (ISSN 1285-8412)
  8. G. Lebre, Nos grands avocats, A. Chevalier-Marescq, , 353 p. (lire en ligne)
  9. Fabien Oppermann, Le Versailles des présidents, Fayard, , p. 121-140.
  10. a et b Anne-Cécile Beaudoin, « Trianon. Le président reçoit comme un prince », parismatch.com, 22 juin 2016.
  11. http://www.academie-des-beaux-arts.fr/membres/actuel/architecture/saltet/fiche.htm
  12. a et b David Gauthier, Histoire des jardins de Trianon, lire en ligne
  13. Constance Jamet, « Le jardin secret du Roi-Soleil », Le Figaro, encart « Culture », mercredi 23 octobre 2013, page 35.
  14. Fabien Oppermann, « Dans le secret des châteaux de la République », Le Figaro Magazine,‎ , p. 48-54 (lire en ligne).
  15. Jacques-François Blondel, Cours d'architecture, ou Traité de la décoration, distribution et construction des bâtiments, t. 3, Paris, Veuve Desaint, , 460 p. (notice BnF no FRBNF30115156, lire en ligne), p. 252.
  16. Jacques-François Blondel, Cours d'architecture, ou Traité de la décoration, distribution et construction des bâtiments, t. 1, Paris, Desaint, , 478 p. (notice BnF no FRBNF30115156, lire en ligne), p. 415.
  17. Pierre Toussaint de La Boulinière - Itinéraire descriptif et pittoresque des Hautes-Pyrénées françoises : jadis territoires du Béarn, du Bigorre, des Quatre-Vallées, du Comminges, et de la Haute-Garonne, t. 2, Édition Librairie de Gide Fils, 1825 - À lire
  18. [réf. incomplète]Pascal Julien, "Marbres". édition "le bec en l'air", pages 226-227
  19. Pierre Lemoine, Versailles. Château, domaine, collections, Paris, Artlys/Château de Versailles, , 328 p. (ISBN 978-2-85495-651-1), p. 257
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  73. Alain Baraton et Jean-Pierre Coffe, La véritable histoire des jardins de Versailles, Plon, 2007, p. 179.
  74. Liste des films tournés au domaine de Versailles
  75. Notice no PA00087673, base Mérimée, ministère français de la Culture

AnnexesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie complémentaireModifier

  • Robert Danis, La première maison royale de Trianon, Paris,
  • Bertrand Jestaz, « Le Trianon de marbre ou Louis XIV architecte », Gazette des Beaux-Arts, Paris, no d'édition,‎ , p. 259-286...
  • Antoine Schnapper, Tableaux pour le trianon de marbre, Paris, Réunion des musées nationaux, , 239 p. (ISBN 978-2-7118-5537-7), p. 17
  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, Histoire de l'architecture française : De la Renaissance à la Révolution, Paris, Mengès/Éditions du Patrimoine (réimpr. 1995, 2003) (1re éd. 1989), 511 p. (ISBN 978-2-85620-374-3 et 2-85620-374-4), « Versailles et la constellation versaillaise », p. 295-297
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  • Gérald van der Kemp, Versailles, le grand Trianon, Éditions des Musées nationaux, , 156 p....
  • Jacques Moulin, Les jardins du Grand Trianon de Michel Le Bouteux à Richard Mique, dans Bulletin monumental, 2017, no 175-2, p. 129-154 (ISBN 978-2-901837-67-1)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier