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Engie

entreprise du secteur de l'énergie
(Redirigé depuis GDF Suez)

Engie
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Image illustrative de l’article Engie
Siège social d'Engie

Création [1] (fusion de Gaz de France et de Suez sous le nom de « GDF Suez »)
Dates clés (rachat d'International Power)

(GDF Suez devient Engie)

Fondateurs Gaz de FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique Société anonyme
Action Euronext : ENGI
Siège social Tour T1, La Défense à Courbevoie
Drapeau de France France
Direction Jean-Pierre Clamadieu, président du conseil d'administration
Isabelle Kocher, directrice générale
Actionnaires Au [1] :
État français : 23,64 %
Actionnariat salarié : 3,97 %
Blackrock : 5,02%
CDC : 1,83 %
CNP Assurances : 0,99 %
Auto-détention : 0,98 %
Public : 63,57 %
Activité Fourniture d'énergie et services
Produits Gaz naturel, électricité, services à l'énergie
Filiales GRDF.
GRTgaz
Elengy
Storengy
Altiservice Engie
Endel Engie
Engie Axima
Engie Cofely
Engie Ecova
Engie Electrabel
Engie Fabricom
Engie Global Markets
Engie Home Services
Engie Ineo
Engie IT (Information et Technologies)
SHEM
Engie Lab
Engie M2M
Engie Réseaux
Solairedirect
Tractebel
Culturespaces
Engie Green
La Compagnie du vent
Électricité de Tahiti
Effectif 158 505 (2018)
SIREN 542 107 651
Site web engie.com

Capitalisation 35,551 Md d' (2017)
Dette 21,1 Md d' (2018)
Chiffre d'affaires en augmentation 60,6 Md d' (2018)
+1,7%
Résultat net 2,5 Md d' (2018)
+10,1%

Engie est un groupe industriel énergétique français. C'est le troisième plus grand groupe mondial dans le secteur de l'énergie (hors pétrole) en 2015. Son principal actionnaire est l'État français, qui détient un quart du capital (23,64 % du capital et 33,84 % des droits de vote d'Engie).

Le groupe naît le d'une fusion entre Gaz de France (GDF) et Suez. En 2010, GDF Suez devient « la plus grande société de services au public au monde en termes de chiffre d’affaires » par son rapprochement avec l'électricien britannique International Power. En , le groupe annonce le changement de son nom commercial, « GDF Suez » devenant « Engie », dénomination sociale du groupe à partir du .

En 2018, Engie compte 158 505 salariés et le chiffre d’affaires s'élève à 60,6 milliards d’euros.

Coté à Bruxelles, Luxembourg et Paris, le groupe est présent dans les indices boursiers : CAC 40, BEL20 et Euronext 100.

Sommaire

HistoireModifier

Le groupe Engie est né de la fusion en 2008 entre Gaz de France, groupe énergétique français spécialisé dans le transport et la distribution de gaz naturel, créé en 1946, et Suez, un des leaders mondiaux dans les domaines de l'énergie (gaz et électricité) et de l'environnement (eau et propreté), créé en 1858.

Fusion Gaz de France - SuezModifier

Le projet de fusion entre les groupes Gaz de France et Suez a été annoncé officiellement pour la première fois au public le .

Ce projet visait officiellement à contrer une menace d'OPA hostile sur Suez par l'Italien Enel. Dans le cadre de son discours sur le « patriotisme économique », le Premier ministre Dominique de Villepin annonçait alors la fusion du groupe public Gaz de France avec le groupe privé Suez : « Avec cette fusion, nous avons l'ambition de créer un des tout premiers groupes mondiaux de l'énergie, en particulier dans le secteur du gaz : cette entreprise serait en effet le premier acteur mondial du gaz naturel liquéfié. Elle donnerait à la France un deuxième grand acteur énergétique à côté d'EDF et renforcerait la vocation industrielle mondiale de notre pays »[2].

Pour permettre cette fusion, la loi relative au secteur de l'énergie[3] prévoit, dans son article 39, la privatisation de Gaz de France. La participation de l'État devait ainsi baisser de 70 % (son niveau minimal prévu par la loi du relative au service public de l'électricité et du gaz et aux entreprises électriques et gazières) à 34 % environ. Elle prévoyait une parité d’échange de 21 actions Gaz de France pour 22 actions Suez.

Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Économie et des Finances, s'est d'abord opposé pendant plusieurs mois au projet du gouvernement Villepin de fusionner les deux entreprises avant de l'accepter[4]. Ce projet de fusion a été longtemps critiqué[5], non seulement par l'ensemble de la gauche, qui craignait une hausse des prix de la consommation, mais aussi par les gaullistes sociaux. Ainsi, Marc-Philippe Daubresse, député UMP du Nord et ancien ministre délégué au Logement, déclarait que « tout cela manque de souffle et d'ambition européenne », tandis que Claude Gaillard, député UMP de Meurthe-et-Moselle, affirmait que « le rôle de Premier ministre n'est pas d'être le porte-parole d'une simple fusion industrielle, mais d'avoir une vraie vision »[6].

Selon Le Canard enchaîné, « on a rapidement appris » que la menace d'Enel, agitée par Breton et Villepin, n'était qu'un prétexte, et que la fusion était en réalité « en projet depuis des mois, voire des années »[7].

Cette fusion est finalement retardée en par la cour d'appel de Paris[8], pour défaut d'information au Comité d'entreprise de Gaz de France, et repoussée à nouveau par le Conseil Constitutionnel jusqu'après le [9], soit après l'élection présidentielle. Les représentants du personnel de Gaz de France (Comité central d'entreprise, Comité central européen…) se sont à plusieurs reprises prononcés contre le projet de fusion. Selon eux, ce projet était avant tout politique et financier et ne contenait pas de projet industriel optimisé.

Juridiquement, il s'agit d'une absorption de Suez par Gaz de France. Politiquement, on parle de fusion entre égaux. Pratiquement, la taille et la puissance réelle des groupes, les schémas managériaux post fusion ainsi que les profils des dirigeants dessinaient une prédominance industrielle de Suez sur Gaz de France.

Plus d'un an et demi après l'annonce de leur rapprochement, Suez et Gaz de France officialisent le leur fusion, qui donne naissance à un nouveau géant énergétique européen, en même temps que Suez Environnement acquiert une existence distincte. Dans le contexte de scission EDF-GDF, les dossiers des 11 millions de clients de Gaz de France sont transférés vers GDF Suez.

Post-fusion et acquisition d'International PowerModifier

Le , la Commission de régulation de l'énergie (CRE) rend publique la formule de calcul de l'évolution des coûts d'approvisionnement de GDF Suez[10].

À la suite de la polémique des années 2000 sur les stock-options, GDF Suez est en 2011 l'un des premiers grands groupes français à renoncer à ce type de rémunération.

GDF Suez annonce le son rapprochement avec l'électricien britannique International Power. Elle doit apporter une partie de ses activités, dont celles regroupées sous le nom de GDF Suez Energy International (Amérique latine, Amérique du Nord, Moyen-Orient, Asie, Afrique) et celles au Royaume-Uni et en Turquie, à International Power[11]. L'opération donne naissance à « New International Power »[12]. Le groupe français reçoit en échange 70 % du capital de la société britannique[13],[14].

Le rapprochement entre « International Power plc » et « GDF Suez Énergie International » est approuvé le à plus de 99 % par l’assemblée générale des actionnaires d’International Power[15]. Elle renforce également la production d’électricité et le leadership mondial de GDF Suez dans le secteur des services aux collectivités (« utilities »). Le groupe devient ainsi le numéro 1 mondial du secteur en termes de chiffre d’affaires avec plus de 84 milliards d’euros en 2009, ainsi que la 1re entreprise de type « utility » en Europe en termes de volumes de gaz gérés (plus de 1 300 TWh)[16].

En , GDF Suez annonce le rachat de « Balfour Beatty Workplace », une filiale de services énergétiques du groupe Balfour Beatty, pour un montant inconnu[17]. En , GDF Suez via sa filiale Cofely, acquiert pour 335 millions de dollars l'entreprise américaine Ecova, présente dans l'optimisation énergétique et qui emploie 1 450 personnes[18].

Changement de nom : GDF Suez devient EngieModifier

Le , le groupe GDF Suez annonce qu'il prend pour nom la marque « Engie »[19],[20],[21]. Pour Gérard Mestrallet, le nouveau nom incarne la dynamique de changement face aux enjeux de transition énergétique, et le mot « Engie » évoque l'énergie dans toutes les cultures[22]. La dénomination sociale, quant à elle, prend aussi ce même nom à la suite de l'assemblée extraordinaire des actionnaires le .

En , Engie acquiert 95 % de Solairedirect pour un montant indéterminé permettant de faire passer sa production d'énergie photovoltaïque de 125 à 486 MW[23].

En , Engie acquiert TSC, une entreprise australienne présente dans les services énergétiques (climatisation, chauffage) et employant 600 personnes[24].

Engie conclut, en , un accord avec la société russe Gazprom afin d'adapter le prix de leurs contrats d’approvisionnement de gaz à long terme[25].

En mai 2016, Engie acquiert 80 % de l'entreprise californienne Green Charge Networks (en), spécialisée dans le stockage d'énergie[26] sur batteries.

Le , Engie annonce avoir remporté un contrat en Arabie saoudite pour la construction d'une centrale de cogénération d’électricité pour une valeur de 1,2 milliard de dollars. Ce contrat couvre la construction, l'exploitation et la maintenance de la centrale « la plus efficace du pays » selon la direction[27]. En février 2017, Engie annonce la vente de sa participation dans une coentreprise en Asie et aux États-Unis pour 3,3 milliards d'euros à Dynegy[28]. En avril 2017, Engie vend sa participation de 40 % dans NuGeneration (en), filiale spécialisée dans la construction de centrales nucléaires au Royaume-Uni, à Toshiba pour 139 millions d'euros[29]. Le même mois, Engie monte sa participation de 59 % à 100 % dans la Compagnie du Vent[30].

En janvier et en septembre 2017, l'État français procède à des ventes de participations dans le capital d'Engie (un bloc de 4,1 % de capital en janvier 2017 puis un bloc de 4,56 % du capital début septembre 2017). Le 15 septembre 2017, l'État, au travers de l'Agence des participations de l'état, ne détient plus que 24,1 % du capital et 27,6 % des droits de vote d’Engie[31],[32].

Adhésion au Comité Français du Butane et du Propane (CFBP)Modifier

En 2018, ENGIE adhère au CFBP[33] en tant que fournisseur de propane par réseaux canalisés, alors qu'à la suite de l’ouverture du marché du gaz (2001) les délégations de service public et surtout les réseaux canalisés augmentent (en 2018, plus de 3 225 réseaux maillent la France des 27 000 communes non reliées à un réseau de gaz naturel[34].

Selon le CFBP, cette adhésion montre que le propane garde une place importante dans le mix énergétique français en parallèlement au gaz naturel (21 millions de clients consomment ces 2 types de gaz, à parts égales, principalement comme alternative (moins polluante) au fioul et (moins chère) au tout-électrique[34]. Cette offre complète le gaz en citerne ou en bouteille et le développement du biométhane injecté dans le réseau (qui a comme équivalent le développement du biopropane[35] et du biobutane, les versions « vertes » du propane et du butane, c'est-à-dire produite à partir de ressources renouvelables)[34].

Achèvement de la privatisationModifier

Le projet de loi PACTE autorise l'État à céder l'intégralité de sa participation dans Engie, soit 24,1 % des actions et 34,8 % des droits de vote. L'État conservera une action spécifique lui donnant le droit de s'opposer aux décisions les plus stratégiques. La loi autorisera également GRTgaz à ouvrir son capital à des investisseurs privés ; elle imposera désormais seulement une « détention majoritaire » du capital par Engie ou des entités publiques, alors que cette obligation concernait auparavant l'intégralité du capital (Engie 75 %, Caisse des dépôts et CNP Assurances 25 %)[36].

2016-2022 : transformation du groupeModifier

À son arrivée à la direction générale d’Engie en 2016, Isabelle Kocher entame une transformation profonde et rapide des métiers de l’entreprise[37]. Celle-ci se traduit par une volonté de favoriser la transition énergétique en développant des énergies « décarbonées ». Pour cela, Engie cède tous ses actifs dans le charbon et se désengage de l’amont pétrolier et gazier (exploration-production et transport), au profit d’investissements dans les services et les énergies renouvelables.

De 2016 à 2019, 15 milliards d’euros sont investis dans les nouvelles activités[38]. Pour la période 2019 à 2022, Engie annonce 11 à 12 milliards d’investissements[39] répartis entre les services et solutions clients (4 à 5 milliards), les énergies renouvelables (2,3 à 2,8 milliards) et les infrastructures gazières (3 à 3,3 milliards)[40].

Engie définit son effort sur les services comme « la transition énergétique as a service »[41]. Elle concentre ses services sur les entreprises privées et les collectivités locales, qui sont les acteurs les plus demandeurs de transition énergétique[42], afin de les aider à réduire leur impact CO2. Isabelle Kocher qualifie cette tendance de « deuxième vague de la transition énergétique »[38] (la première vague étant la transition énergétique poussée par les États, la deuxième par les entreprises et les collectivités mises sous pression par leurs parties prenantes — clients, citoyens, collaborateurs — pour réduire leur impact carbone[43]).

La période 2016-2022 est ainsi marquée par une série très rapide de transformations, avec 27 milliards d’euros d’investissements et 21 milliards d’euros de cessions, que certains observateurs qualifient de « mue radicale »[38].

Rachat de TAGModifier

En avril 2019, Engie annonce l’acquisition de 90 % de Transportadora Associada de Gás (TAG), le plus grand propriétaire de réseau de transport de gaz naturel du Brésil (4 500 kilomètres de gazoduc, soit 47 % des infrastructures gazières du pays), pour 8,6 milliards de dollars (7,7 milliards d'euros environ)[44],[45].

Il s’agit de sa plus grosse acquisition depuis celle d’International Power en 2010. L’opération permet à Engie de se développer sur son axe stratégique des infrastructures énergétiques ainsi qu’au Brésil, qui compte parmi les pays prioritaires[46].

Logos de l'entrepriseModifier

StratégieModifier

La stratégie d’Engie connaît deux périodes distinctes depuis l’arrivée d’Isabelle Kocher à la tête de l’entreprise en 2016.

De 2016 à 2019, elle est caractérise par trois axes prioritaires (dite stratégie des « 3D ») : une énergie décarbonée (pétrole et charbon remplacés par les énergies renouvelables et le gaz naturel), décentralisée (l'énergie est produite et stockée au plus près de son lieu de consommation) et numérisée ("digitalisée") (capteurs, big data et outils numériques au service de l'efficacité énergétique et de la gestion des réseaux)[47],[48],[49],[50],[51].

Au cours de cette phase, Engie a engagé 15 milliards d'euros d'investissements, financés par la vente d’actifs dans le charbon et l’amont pétrolier et gazier (exploration-production et transport)[38]. Isabelle Kocher déclare que l’entreprise a diminué ses émissions carbone de 56% et que sa croissance organise est passée de -9% en 2015 à +5% en 2018[52].

En mars 2019, l’entreprise présente sa stratégie pour les années 2019-2020-2021, qui consiste à spécialiser Engie dans les "services à haute valeur ajoutée" et les énergies renouvelables[38] afin d'accélérer une transformation de ses activités généralement qualifiée de rapide et profonde[53].

Engie annonce que cette phase sera caractérisée par 11 à 12 milliards d’euros d’investissements supplémentaires[39].

De 2016 à 2022, l’entreprise doit donc avoir investi 27 milliards d’euros dans de nouvelles activités « vertes » et de services, et cédé 21 milliards d’euros d’actifs dans des activités comme le charbon, le pétrole et l’amont gazier, transformant l’entreprise et ses activités de façon radicale, de producteur d’énergie à fournisseur de services énergétiques[38].

2016-2019 : décarbonation, décentralisation et numérisationModifier

DécarbonationModifier

Depuis 2014, Engie renforce ses investissements dans les énergies peu émettrices de CO2[54] (les énergies renouvelables telles que l'éolien, le solaire, la géothermie, la biomasse et l'hydroélectrique), et le gaz naturel), ainsi que dans les services à l’énergie pour les collectivités, les entreprises et les particuliers[55],[56].

En 2015, Engie annonce sa décision d’arrêter ses investissements dans le charbon. 

Le groupe a déjà annoncé son intention de devenir le leader de la transition énergétique en 2013 et a notamment émis une obligation verte d’un montant de 2,5 milliards d’euros, en 2014[57],[58].

Le groupe cible également de nouveaux marchés sur le plan international : en Europe, en Afrique, au Chili, aux États-Unis et au Mexique.

Avec la cession de sa part de 70 % dans la centrale électrique au charbon de Loy Yang B, en Australie, d'une capacité de 1 000 mégawatts, au chinois Alinta Energy, annoncée en novembre 2017, Engie boucle 88 % de son programme de cessions d'actifs de 15 milliards d'euros et ramené la part du charbon dans sa production d'électricité à 6 % contre 13 % en 2015[59].

En 2015, lorsque Engie s'est engagé à ne plus construire de nouvelles centrales à charbon, il a explicitement exclu les contrats déjà signés pour des projets au Chili, au Brésil et au Maroc. Engie doit les revendre après leur mise en service pour tenir ses engagements. Au Maroc, la centrale de Safi (1 250 MW) doit entrer en service en 2018 ; c'est un investissement de 2 milliards d'euros qu'Engie partage avec le japonais Mitsui et le marocain Nareva. Au Brésil, la nouvelle usine est mise en vente avant d'être inaugurée. Le charbon représente 31 % des nouvelles capacités en construction d'Engie, devant les centrales au gaz (25 %), l'éolien (22 %) et le solaire (20 %). Le groupe cherche aussi à céder ses centrales à charbon en Allemagne et aux Pays-Bas, mais les négociations n'ont pas encore abouti[60].

En février 2019, Engie annonce sa sortie définitive du charbon[53],[40].

DécentralisationModifier

Pour favoriser la production d'énergie décentralisée, Engie développe des offres d'autoconsommation pour les particuliers, les entreprises ou les collectivités (panneaux solaires, transformation des surfaces solarisables). Cet axe de la stratégie d'Engie implique des cessions d'actifs dans le domaine de la production d'électricité à partir de grosses centrales, au profit des solutions décentralisées[61].

NumérisationModifier

Engie a pris de nombreuses initiatives de numérisation de ses métiers, services et de son organisation, notamment à travers plusieurs partenariats dans les domaines de la relation client, de la cybersécurité, de l'analyse des données du big data, et en lançant l'entité Engie Digital pour la production de logiciels et l'anticipation des besoins numériques. Engie reçoit en 2016 le prix eCac40 de la transformation numérique, remis par Les Echos Business[62],[63],[64].

Engie mise également sur l’innovation ouverte, via un fonds qui finance des start-up innovantes et des appels à projets internes et externes[65],[66],[67].

2019-2021 : recentrage sur les services et les énergies « vertes »Modifier

En février 2019, Isabelle Kocher annonce vouloir accélérer dans les énergies renouvelables et les services (« solutions clients ») et devenir le « leader mondial des solutions intégrées zéro carbone »[68].

Plan d'investissementsModifier

Le nouveau plan prévoit d'investir 11 à 12 milliards d'euros dans les services énergétiques et les énergies "vertes", financés en partie par la cession de 6 milliards d'euros d'actifs, dont les dernières centrales à charbon, notamment la filiale thaïlandaise Glow et les dernières centrales à charbon en Allemagne et aux Pays-Bas[39].

La répartition prévue pour ces investissements est la suivante : infrastructures gazières (3 à 3.3 milliards), les services et solutions clients (4 à 5 milliards) et les énergies renouvelables (2.3 à 2.8 milliards)[40]. Les zones ciblées par les investissements sont l’Europe de l’ouest, l’Amérique du Nord, l'Australie et Singapour, mais aussi des pays comme la Roumanie, le Mexique, le Brésil, le Chili, le Pérou ou la Colombie. Engie veut également augmenter sa présence en Afrique et en Asie du Sud-Est, en se concentrant sur des métropoles[69].

Energies renouvelablesModifier

Dans les énergies renouvelables, Engie annonce ajouter 9 GW de capacités de production à l’existant[39] et estime pouvoir atteindre une capacité installée renouvelable comprise entre 52 et 64 GW à l’horizon 2026[70].

Services de transition énergétiqueModifier

Dans les solutions clients, Engie souhaite répondre aux besoins des entreprises privées et des collectivités locales qui souhaitent réduire leurs émissions carbone[71]. Engie qualifie ces services de « transition énergétique as a service »[52].

Il s’agit pour Engie de fournir des services de transition énergétique aux entreprises privées et aux collectivités locales. L’entreprise explique cette direction à la fois par la demande émanant de ces acteurs, qui souhaitent tendre vers le « zéro carbone » mais ne savent pas comment le faire, et par sa capacité à les accompagner en combinant la conception d’infrastructures, leur financement et leur gestion[69]. Isabelle Kocher dit qu’il s’agit « peut-être de l’invention d’un nouveau secteur » d’une valeur potentielle d’un billion de dollars[43],[72].

Pour cela, Engie investit dans des infrastructures, des projets d’énergies renouvelables, des équipements industriels qu’il opère pour proposer à ses clients des contrats à long terme de fourniture et stockage d’énergie, réduction de consommation, services bas carbone, réseaux de chaleur et de froid, panneaux solaires sur toiture, stations de rechargement des véhicules électriques[38] L’entreprise le fait en investissant puis en cédant 50 à 80 % du projet à un partenaire financier, tout en restant opérateur des infrastructures[53],[41].

Engie souhaite plus particulièrement développer ces services auprès de 500 grandes entreprises internationales et dans une vingtaine de pays et une trentaine de métropoles[37], principalement en Asie du sud-est et en Afrique, sans que la liste en soit arrêtée[40]. Pour se développer auprès de ces grands clients, Engie annonce monter une force commerciale « de haut niveau » avec Accenture, Engie Impact[53].

Services aux particuliersModifier

Dans la fourniture d’énergie aux particuliers, Engie annonce ne pas vouloir se développer au-delà des vingt pays dans lesquels il est déjà présent, en raison de la faiblesse des marges[43].

Impact sur l'organisationModifier

Pour faciliter la mise en œuvre de ce plan, Engie se réorganise autour de quatre « lignes de métiers » : les solutions clients, les infrastructures, les énergies renouvelables et le thermique[43].

ActivitésModifier

Engie est présent sur trois grandes activités : l'électricité, le gaz et les services à l'énergie.

ÉlectricitéModifier

Engie dispose en 2015 d’une capacité de production d’électricité de 112,7 GW ; son parc de production électrique est l’un des plus diversifiés du monde. Au 31 décembre 2017, la capacité de production d’électricité d'Engie n'est plus que de 102,7 GW, répartie entre les centrales au gaz naturel (56 %), au charbon (7 %), nucléaires (6 %) et celles utilisant les énergies renouvelables : 31 % (hydroélectricité : 19 %, éolien : 5 %, solaire : 2 %, autres renouvelables : 5 %)[60].

Les centralesModifier

Centrales hydroélectriquesModifier

La filiale Tractebel Engie est l’un des premiers bureaux d’ingénierie européens et leader mondial dans le domaine des barrages ; sa filiale Coyne et Bellier est un cabinet d’ingénierie qui possède le plus grand nombre de références en grands barrages hydrauliques et hydroélectriques à l’échelle mondiale.

En France, 17 % des capacités installées d'Engie produisent 25 % de l’hydroélectricité de la France à travers la Compagnie nationale du Rhône (CNR), deuxième producteur français d’électricité[73] et la SHEM, ancienne filiale de la SNCF (barrages dans le Sud-ouest de la France, production annuelle moyenne de 1 836 GWh).

Au Brésil, Engie est le premier producteur indépendant d’électricité du pays, par l’exploitation de 21 centrales, dont 13 hydroélectriques.

Aux États-Unis, sa filiale FirstLight Power Resources exploite des centrales hydroélectriques sur les rivières Shetucket et Housatonic dans le Connecticut et au Massachusetts, et une autre filiale exploite une station de pompage-turbinage de 1 080 MW à Northfield, au Massachusetts.

En Belgique, Engie Electrabel exploite la station de pompage-turbinage de Coo-Trois-Ponts, d’une puissance installée de 1 164 MW, dans les Ardennes

Au Royaume-Uni, First Hydro Company, filiale de IPR-GDF-Suez, a une capacité installée de 2 088 MW et assure la gestion et l'exploitation des centrales de pompage-turbinage de Dinorwig et Festiniog, au Pays de Galles.

Centrales à cycle combiné gaz (CCCG)Modifier

Les centrales à cycle combiné gaz (CCCG) constituent la majorité du parc de centrales électriques du groupe : en 2015, le gaz naturel représentait 56 % des capacités et 58 % de la production électrique du groupe[74], en fort développement comme chez la plupart de ses concurrents.

En France, GDF Suez a construit CyCoFos (490 MW) mis en service début 2010 à Fos-sur-Mer, CombiGolfe d'Engie Ectrabel (, 435 MW) à Fos-sur-Mer et la centrale Spem de Montoir-de-Bretagne de 435 MW.

Un coup d'arrêt à ce développement des centrales à gaz semble avoir été donné : GDF Suez a annoncé le la fermeture provisoire de trois de ses quatre centrales à gaz en France : CyCoFos (Fos-sur-Mer) sera mise sous cocon pour une période indéterminée, Combigolfe (Fos-sur-Mer) et Spem à Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique) seront mises sous cocon pendant l'été et continueront à fonctionner l'hiver. Comme tous les énergéticiens en Europe, le groupe français subit la concurrence du charbon américain bon marché et la baisse de la demande d'électricité sur le Vieux Continent. Ne tournant plus assez, ses centrales à gaz ne sont plus rentables. En moyenne, leur taux d'utilisation est tombé de 42 % en 2011 à 33 % en 2012[75]. En , redémarrage de la centrale CCGT de CyCoFos après une période de deux ans de mise en conservation[76].

Tirant les conséquences de cette baisse de rentabilité de ses centrales à gaz, GDF Suez a annoncé le des dépréciations d'actifs d'un total de 14,9 milliards d'euros, essentiellement sur des centrales électriques thermiques et des capacités de stockage de gaz en Europe, qui l'ont fait plonger dans le rouge avec une perte nette de 9,7 milliards au titre de 2013 ; le groupe est affecté par le bas niveau des prix de marché de l'électricité en Europe, dû à une combinaison de surcapacités et de faible demande et son PDG, Gérard Mestrallet, a souligné que ces dépréciations reflétaient sa conviction d'une crise « durable et profonde » ; mais elles n'impactent ni la trésorerie ni la solidité financière du groupe, et le résultat net récurrent (hors exceptionnels) est ressorti à 3,4 milliards d'euros[77].

En 2017, Engie annonce la construction à l'horizon 2019 de la centrale de Fadhili en Arabie saoudite. Elle devrait atteindre une capacité supérieure à 1500 mégawatts[78].

Centrales charbonModifier
ActuellementModifier

En février 2019, Engie annonce sa sortie définitive de ses activités dans le charbon, entamée en 2016 avec la cession progressive de nombreux actifs[53],[79]. Dans ce cadre, le 26 avril 2019, Engie annonce la vente de ses centrales à charbon en Allemagne et aux Pays-Bas au fonds Riverstone Holdings LLC[80],[81].

PrécédemmentModifier

Engie exploitait le charbon comme combustible pour produire de l’électricité dans des centrales thermiques aux Pays-Bas (Rotterdam : 731 MW), en Allemagne (1 924 MW de capacités gaz et charbon dont 1 619 MW pour les centrales de Farge, Zolling et Wilhelmshaven), en Australie (deux centrales dont la centrale à charbon d'Hazelwood) et en Thaïlande[79].

En 2014, selon une étude de l'université d'Oxford pour les ONG Oxfam et les Amis de la Terre, Engie, avec ses trente centrales à charbon dans le monde, émet 81 millions de tonnes de CO2 par an. De plus, avec son partenaire Exxaro, la société venait de remporter un appel à projets pour une nouvelle centrale à charbon à Thabametsi, en Afrique du Sud. Alors que la France organise la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques et s’est engagé à réduire ses émissions domestiques, «la France pollue allègrement à l’étranger via ses entreprises à capital public», selon le rapport[82].

En octobre 2015, Engie confirme une déclaration de la Ministre de l'Environnement Ségolène Royal selon laquelle l'entreprise n'investira plus dans le charbon. Concrètement, les projets en cours sont abandonnés, sauf ceux qui avaient déjà fait l'objet d'un engagement ferme. Sont donc abandonnés les projets de centrale à charbon à Ada Yumurtalik (Turquie) et à Thabametsi (Afrique du Sud). Engie poursuit deux projets en cours dans lesquels il s'était fermement engagé (Mongolie et Brésil) ainsi que la construction de 4 centrales à charbon (Brésil, Chili, Inde, Maroc)[83].

En février 2016, Engie signe un accord pour la vente de ses participations dans Paiton et Meenakshi, deux centrales à charbon situées en Indonésie et en Inde. Cette opération réduit de 16 % les capacités de production d’électricité d’Engie à partir de charbon[84]. Engie annonce également la fermeture de la centrale charbon de Rugeley au Royaume-Uni pour l'été[85]. Fin décembre 2016, Engie annonce avoir cédé sa centrale de production d'électricité de Polaniec en Pologne[86],[87].

En 2016, Engie a procédé à des fermetures ou ventes d'actifs dans le domaine du charbon portant sur plus de 5 GW. À fin 2016, le charbon représente 9 % de la production électrique nette du groupe.

En mars 2017, Engie annonce la fermeture de la centrale à charbon d'Hazelwood en Australie[88].

En 2017, Engie indique que les émissions directes de CO2 se sont élevées à 89 millions de tonnes, en réduction de 26 % par rapport à 2016[89],[90].

Centrales nucléairesModifier

Engie exploite sept réacteurs en Belgique avec Electrabel, plus des participations dans les centrales de Chooz et Tricastin en France (1 208 MW, équivalent à un réacteur nucléaire) et des droits de tirage en Allemagne ; au Royaume-Uni, le groupe a créé une joint venture avec Iberdrola et acquis un terrain en 2010 pour développer 3 600 MW de capacité nucléaire d’ici 2020 ; au Brésil, un Memorandum of Understanding (MOU) a été signé avec Eletronuclear/Eletrobras en 2009 ; des projets sont en cours de développement en Arabie saoudite, en Pologne et en Turquie

Engie s’est désengagé du projet NuGen de construction d’une centrale nucléaire au Royaume-Uni en vendant l’intégralité de sa participation à Toshiba en avril 2017[91],[92].   

La société Endel, filiale d'Engie, a été condamnée en 2016 pour « faute inexcusable » par le Tribunal des affaires de sécurité sociale, après le décès par cancer d'un de ses salariés[93],[94].

Début 2019, via sa filiale Endel, Engie achète l'activité de maintenance nucléaire de Suez (dont le chiffre d'affaires 2017 était de 28 millions d'euros, dont 4 hors de France). Endel (chiffre d'affaires de 750 millions d'euros/an) est à l'occasion rebaptisée Endel SRA (basée à Vaux-en-Velin (Rhône-Alpes) avec 180 employés) et devrait renforcer ses capactiés de services pour les gros composants tels que générateur de vapeur, cuve, etc.[95].

En mars 2019, Isabelle Kocher annonce qu'en Belgique, les réacteurs Doel 3 et Tihange 2 doivent fermer en 2022 et 2023[96].

Énergies renouvelablesModifier

En , GDF Suez annonce la vente de sa participation de 50 % dans sa filiale d'énergie éolienne au Crédit agricole, pour 400 millions d'euros[97].

En , GDF Suez prévoit de doubler sa capacité installée en Europe dans l’hydraulique, l’éolien, le solaire, la biomasse et le biogaz, passant de 8 000 MW à 16 000 MW d’ici à 2025. Le groupe a pour cela créé une nouvelle entité dédiée aux énergies vertes en Europe. GDF Suez compte notamment sur les deux projets remportés dans l’éolien en mer en France, qui à eux seuls pèsent 1 GW. Avec 21,5 GW de capacité installée dans le monde en 2015, les renouvelables représentent aujourd’hui 18,3 % du portefeuille du groupe, essentiellement dans l’hydroélectrique (16 %). Les pays émergents sont aussi concernés, avec 27 GW en construction ou en développement dans des projets comme le barrage de Jirau, au Brésil[98]. Ce dernier est cependant contesté en raison de la corruption qu'il a suscité, ainsi que pour les atteintes à l'environnement qu'il entraîne, enfin pour l'utilisation de crédits carbone accordés par l'ONU[99].

Cette stratégie passe notamment par des prises de participation dans des entreprises spécialisées dans les énergies renouvelables. En , Engie acquiert 95 % de Solairedirect, permettant de faire passer sa production d'énergie photovoltaïque de 125 à 486 MW[23]. En , c'est Maïa Eolis, exploitant de 21 parcs éoliens (246 MW), dont Engie prend le contrôle, portant sa capacité totale installée en éolien à 1 533 MW, devant EDF[100].

À fin 2016, les capacités de production électrique renouvelable installées d'Engie s'élèvent à 19,5 % de son mix énergétique.

En février 2019, Engie annonce prévoir d'ajouter 9 gigawatts (GW) à son portefeuille de capacités de production dans les énergies renouvelables à l’horizon 2021[91], dans le cadre de son projet stratégique visant à accélérer ses activités renouvelables et « bas carbone ».

ÉolienModifier

Engie est le premier opérateur en énergie éolienne en France avec plus de 1 550 MW en 2015, à travers plusieurs filiales : Compagnie du vent, Éole Generation, Erelia Groupe, etc., et a des parcs éoliens au Canada (560 MW), au Portugal (963 MW), en Australie (46 MW), en Amérique Latine (142 MW), au Maroc (301 MW) et en Afrique du Sud[réf. nécessaire]. Engie est par ailleurs actionnaire principal du consortium du Parc éolien en mer de Dieppe Le Tréport[101].

SolaireModifier

Dans le monde, Engie dispose d’une capacité de production photovoltaïque de 201 MW dans 15 pays (notamment au Canada et au Portugal, en Italie et en Belgique, aux Pays-Bas, au Chili et aux États-Unis).

En France, avec l’acquisition en de 95 % de la société Solairedirect[102], Engie est le numéro un du secteur avec une capacité installée totale brute de 383 MW. Avec ce rapprochement, le groupe exploite 22 centrales photovoltaïques au sol pour une puissance totale de 158,5 MW installés, soit les deux tiers de la production photovoltaïque. Engie exploite notamment la centrale de Curbans (Alpes-de-Haute-Provence), dotée de 105 000 panneaux photovoltaïques, implantés à 1 000 m d’altitude. Il s’agit de la plus importante centrale photovoltaïque du groupe en France[103] avec une puissance installée de 26,1 MW permettant de produire l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 10 500 foyers.

En 2016, Engie remporte plusieurs projets solaires en Inde (140 MW et 75 MW), au Mexique (180 MW), au Pérou (40 MW) et en France (78 MW). Le groupe lance également les travaux de construction du parc solaire de Kathu en Afrique du Sud (100 MW) et investit dans la société allemande Heliatek (en), spécialiste du photovoltaïque, en septembre 2016. En avril 2017, Engie prend une participation de 30 % dans le capital d'Unisun (entreprise chinoise spécialisée dans le solaire photovoltaïque). En octobre 2017, Engie annonce le rachat de la société Fenix International, fournisseur d'installations solaires pour particuliers en Afrique[104].

BiomasseModifier

Avec plus de 50 sites en Europe, aux États-Unis et au Brésil, Engie consomme chaque année plus de 2 000 000 tonnes de biomasse : « Green Unit » du site de Polaniec en Pologne (190 MW) ; projet Andrade (centrale à bagasse) au Brésil (33 MW) ; une nouvelle centrale charbon-biomasse de 736 MW est en cours de construction à Rotterdam et doit avoir été mise en service en 2013.

L'entreprise est aussi présente sur le marché du biogaz en France, avec des projets de grande taille (23 GWh par an pour le projet du Gâtinais inauguré en 2018)[105]. Elle achète l'activité biométhane de Vol-V début 2019 et s'engage en parallèle à baisser fortement les coûts de la filière en France, soulevant les craintes du reste de la profession[106].

GéothermieModifier

En Indonésie, des forages réalisés en 2012 et 2013 par PT Supreme Energy Muara Laboh (SEML), co-entreprise détenue par Engie et Sumitomo Corporation à Muaralaboh, à l’ouest de Sumatra, ont confirmé l’existence d’un réservoir à haute température (supérieure à 200 °C). Une première phase voit l'exploitation des ressources géothermiques[107]. Avec un objectif de capacité de 240 MW, le projet devrait assurer, à partir de 2016, une production d’électricité d’origine géothermique pendant plus de trente ans, permettant d’alimenter 500 000 foyers et de réduire les émissions de dioxyde de carbone de près d’un million de tonnes par an.

En France, Engie a mise en service en le réseau de chaleur de Villepinte, reconverti à la géothermie à 60 %. D’une puissance totale de 40 MW, dont 11 MW de géothermie, il fournit le chauffage et l’eau chaude sur 7 km de réseaux. Il « permettra à 5 200 équivalents-logements de bénéficier d’une chaleur de faible empreinte environnementale : le réseau évitera le rejet dans l’atmosphère de 17 000 tonnes de CO2 par an, équivalents aux émissions annuelles de 6 600 véhicules »[108].

En octobre 2016, Engie inaugure sur le grand port de Marseille la centrale de géothermie marine Thassalia, qui utilise l'énergie thermique marine pour alimenter en chaud et en froid l'ensemble des bâtiments qui lui sont raccordés. Il s'agit d'une première en Europe[109].

En mai 2017, Engie obtient trois permis d'exploration de ressources géothermiques au Mexique[110].

Éolien marinModifier

Engie participe au développement de l'éolien en mer à travers plusieurs projets en Europe. En France, Engie fait partie du groupement retenu par l'État pour installer deux parcs d'une puissance de 1 000 MW sur les zones de Dieppe et du Tréport, et des îles d'Yeu et de Noirmoutier. En Mer du Nord (Belgique), Engie est engagé à hauteur de 35 % dans le projet Mermaid, un parc éolien d'une puissance de 250 MW qui devrait voir le jour d'ici 2020[111],[112]. Le groupe participe également au projet WindFloat Atlantic au large du Portugal (mise en service pour 2018 d'un parc pilote d'une capacité de 25 MW) et au projet de ferme pilote de Leucate (mise en service en 2020, capacité prévue 24 MW)[113].

GazModifier

Le groupe Engie est présent sur toute la chaîne gazière, de l'exploration-production à la distribution.

Les infrastructures de gaz naturel en Europe[114] :

  • 1er réseau européen de transport de gaz naturel : 32 456 km d’infrastructures françaises gérées par GRTgaz, filiale du groupe à 75 %, plus des réseaux en Espagne (Medgaz), en Allemagne (Megal), en Autriche (BOG) et en Slovaquie (Eustream), à travers les participations du groupe ;
  • 1er réseau européen de distribution de gaz naturel : en France, le groupe gère 196 886 km de réseau par sa filiale GrDF, plus des parts dans près de 100 000 km de réseaux d’autres opérateurs gaziers (Hongrie, Roumanie, Italie, Mexique, etc) ;
  • 1re capacité européenne de stockage de gaz naturel : plus de 12,2 Gm3 (14 stockages souterrains en France et des capacités supplémentaires au Royaume-Uni et en Allemagne), gérés par sa filiale Storengy[115] ;
  • 2e capacité européenne de réception dans les terminaux GNL : trois terminaux en France (21,25 Gm3 au ), gérés par la filiale Elengy.

Engie est autorisé à exploiter du gaz de schiste aux États-Unis et prévoit d'en produire au Royaume-Uni dans les années 2020[116],[117]. En mars 2017, Engie cède ses licences d'exploitation de gaz de schiste en Grande-Bretagne au suisse Ineos[118]. En mai 2017, Engie annonce son entrée en négociation exclusive avec le britannique Neptune Energy pour la cession de sa participation de 70 % dans l'entité Exploration & Production International[119],[120],[121],[122],[123].

L'entreprise est aussi présente sur le marché du biométhane en France, avec des projets de grande taille (23 GWh/an injectés pour le projet du Gâtinais inauguré en 2018)[124].

Services à l'énergieModifier

Engie conçoit et met en œuvre des solutions d’efficacité énergétique et environnementale. Dans ce domaine, le groupe est présent dans quarante pays et compte 90 000 employés. En 2017, Engie est le premier fournisseur de services d’efficacité énergétique dans le monde ; il opère plus de 250 réseaux de chaleur et de froid dans le monde[125].

Les services à l’énergie incluent les prestations suivantes :

  1. Conception : études de faisabilité, ingénierie de base, gestion de projets, assistance à maîtrise d’ouvrage, démantèlement ;
  2. Installations et maintenance : solutions d’installation électrique, climatisation et réfrigération, systèmes d’information et de communication, maintenance industrielle ;
  3. Services énergétiques : amélioration de la performance énergétique des bâtiments; production, exploitation et distribution d’énergies locales et renouvelables (cogénération, utilités industrielles, réseaux de chaleur et de froid) ; services généraux ; gestion de réseaux urbains (mobilité, éclairage public) ;
  4. Services à l’habitat : solutions de maîtrise de la consommation autour des énergies renouvelables et de la rénovation thermique des logements, services de financement de travaux d’isolation de logements ;
  5. « Ville intelligente » : développement de réseaux interconnectés avec capteurs « intelligents » et compteurs communicants, technologies numériques de suivi des consommations, outils de pilotage à distance des installations énergétiques, solutions de réduction de l’empreinte carbone des bâtiments.
  6. Microréseaux (microgrids) et énergie décentralisée : systèmes de production et de consommation d'énergie à échelle locale, fourniture d'énergie dans les zones isolées, autoconsommation résidentielle ou en secteurs industriels et commercial, éco-quartiers[126]
  7. Mobilité verte : carburants alternatifs (GNV, bio GNV, hydrogène, etc.), installations de bornes de recharges électriques, infrastructures de transport, conception et planification en amont, fluidification de trafic, optimisation des réseaux de transport

Les filiales d'Engie qui interviennent dans ces domaines d'activité sont Engie Axima, Endel Engie, Engie Fabricom, Engie Ineo, Engie Réseaux, Engie Cofely et Tractebel Engie.

Engie développe des initiatives dites de « mobilité verte »[127]. En mars 2017, Engie acquiert le néerlandais EV-Box, un des plus gros fournisseurs en recharge de véhicules électriques. Cela constitue une opportunité de développement dans l’énergie verte pour Engie[128]. En juin 2017, Engie remporte un contrat de cinq ans avec Transports Of London pour la fourniture de services de maintenance pour le métro londonien[129].

En juin 2017, Engie annonce vouloir développer ses activités de services à l'énergie en Australie, Nouvelle-Zélande, États-Unis, Brésil et Mexique et d'envisager de réaliser 2 milliards d'euros d'acquisitions pour cela[130],[131]. En juillet 2017, Engie acquiert 40 % de la société Tabreed, spécialiste de solutions de climatisation dans la région du Golfe[132].

Engie et Axium Infrastructure ont remporté une concession de cinquante ans pour assurer la gestion durable de l'énergie de l'université d'État de l'Ohio à Colombus (un des plus grands campus universitaires américains avec 485 bâtiments)[133].

Chiffres clésModifier

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Chiffres générauxModifier

Engie dispose d'une capacité de production de 115,3 GW d'électricité en 2016 (102,7 GW en décembre 2017[60]). Il est le premier opérateur d'infrastructures de gaz naturel en Europe et le troisième plus grand groupe mondial dans le secteur de l'énergie (hors pétrole)[134]. Le chiffre d'affaires 2016 d'Engie est de 66,6 milliards d'euros, en baisse de 31 % sur 4 ans (97 milliards d'euros en 2012)[135]. Ce chiffre d'affaires est réalisé à 37 % en France, 42 % dans le reste de l'Europe, 11 % aux Amériques et 10 % dans le reste du monde. Le groupe a un effectif de 242 000 salariés, en hausse de 3 % depuis 2012. Parmi ces salariés, on compte 900 chercheurs et experts dans 11 centres de recherche et développement. Le résultat net 2016 du groupe est de +0,2 milliards d'euros (-5,1 milliards en 2015). Engie est en 2016 la quatrième entreprise du secteur de l'énergie (hors pétrole) derrière Gazprom, Glencore et E.on. Son capital est détenu à 24 % par l'État français, 3 % par les salariés, 2 % par le Groupe Bruxelles Lambert, 2 % par la Caisse des dépôts et consignations, 2 % en autocontrôle et 67 % par d'autres actionnaires[136].

Le document de référence 2017 d'Engie[1] donne quant à lui les chiffres suivants :

  • 158 505 collaborateurs dans 70 pays
  • 22 milliards d’euros d’investissements sur la période 2016-2018
  • 1 100 chercheurs et experts dans onze centres de recherche et développement en 2016
  • 1er groupe mondial dans le secteur des services au public (Forbes Global 2000)
  • 1re marque mondiale du secteur des services au public (Brand Finance Global 500)
  • 6e entreprise mondiale (A.T. Kearney – World’s Best Companies 2009)[137]

Chiffres par activitéModifier

Selon Engie[138] :

  • Électricité
    • 1er producteur indépendant dans le monde au
    • 1er producteur indépendant dans les pays du golfe Persique, au Brésil et en Thaïlande au
    • 7e fournisseur en Europe en 2015
    • 5,2 GW de capacités de production électrique en construction à fin 2016
    • 112,7 GW de capacités de production électrique installées à fin 2016
    • 50 % d’augmentation des capacités en énergie renouvelable entre 2009 et 2015[139]
    • En 2012, la filiale Electrabel exploite sept réacteurs nucléaires en Belgique, et dispose de participations dans les centrales nucléaires françaises de Chooz et du Tricastin[140]
    • Objectif[Quand ?] de 150 GW de capacités en 2016 dont 90 GW hors d’Europe
  • Gaz naturel
    • Un portefeuille d’approvisionnement de 1 082 TWh à fin 2016
    • 3e vendeur en Europe
    • 1er réseau de distribution en Europe à fin 2016
    • 2e réseau de transport en Europe à fin 2016
    • 1er vendeur de capacités de stockage en Europe à fin 2016
    • 319 licences d’exploration et/ou de production dans 12 pays au
    • 672 millions de barils-équivalents-pétrole de réserves prouvées et probables à fin 2016
    • 51,2 millions de barils-équivalents-pétrole de gaz naturel et d’hydrocarbures liquides produits en 2010
  • Gaz naturel liquéfié (GNL)
    • 1er importateur en Europe en 2016
    • 5e portefeuille dans le monde en 2016
    • Un portefeuille d’approvisionnement en GNL de 245 TWh (16,4 mtpa)[Quoi ?] en provenance de six pays
    • Une flotte de 12 méthaniers dont deux navires « regazéifieurs » à fin 2016
  • Services à l’énergie
    • 1er fournisseur de services d’efficacité énergétique dans le monde en 2016
    • 1 300 implantations en Europe [Quand ?]
    • 250 réseaux urbains de chaleur et de froid gérés dans 13 pays à fin 2016
    • 48 partenariats public-privé à travers l’Europe [Quand ?]

Répartition des effectifsModifier

Le groupe Engie emploie 153 090 collaborateurs en 2016, dont 97 154 dans les services et 54 383 dans l'électricité et le gaz naturel[141] :

  • Europe : 133 770 collaborateurs à fin 2016 (dont 73 951 en France et 16 950 en Belgique) ;
  • Amérique du Nord : 4 350 collaborateurs à fin 2016 ;
  • Amérique du Sud : 6 235 collaborateurs à fin 2016 ;
  • Afrique : 400 collaborateurs à fin 2016 ;
  • Asie et Pacifique : 8 335 collaborateurs à fin 2016.

Répartition du capitalModifier

Au 31 décembre 2017, le capital social d'ENGIE s'élève à 2,435 285 011 milliards d'euros et est composé du même nombre d'actions, totalement libérées, de valeur nominale 1 euro, dont 46 858 019 actions autodétenues [142].

Variation significative de l'actionnariat d'Engie (en % du capital social)
31 décembre 2015
31 décembre 2016
31 décembre 2017
31 décembre 2018
Total : 100 % Total : 100 % Total : 100 % Total : 100 %

Entre 2009 et 2016, selon Oxfam, le taux de distribution des bénéfices atteint 333 % (pour 100 euros de bénéfices, l’actionnaire d’Engie a gagné 333 euros de dividende)[143]. Le rapport d'Oxfam est dénoncé comme biaisé par certains commentateurs[144],[145],[146]. Un article du Parisien donne le détail des bénéfices et des dividendes de 2009 à 2016 : on constate que sur cette période, Engie a subi des pertes importantes en 2013 et 2015 ; les dividendes ont été réduits (2,3 milliards d'euros en 2015 contre 4,8 en 2009), mais l'entreprise a maintenu une continuité de la distribution de dividendes en puisant dans les réserves ; hors de ces deux années, les dividendes sont en moyenne inférieurs aux bénéfices[147]. Selon Pierre Mongin, directeur général adjoint, « la rémunération du capital des fonds propres de l’entreprise est un élément clé pour celle-ci. C’est ce qui donne envie à un actionnaire d’investir sur ses fonds propres, en prenant des risques »[147].

OrganisationModifier

EntitésModifier

En avril 2019, dans le cadre de son projet stratégique visant à développer la transition énergétique as a service, Engie annonce l'organisation de ses métiers autour de quatre lignes d'activités : Thermique, Infrastructures, Solutions clients et Renouvelables. Engie annonce aussi la création d'Engie Impact, une structure interne chargée de la stratégie pour les plus grands clients[148].

Le groupe est par ailleurs organisé autour d'entités géographiques et transversales[149] :

  • 11 entités géographiques : Afrique, Amérique du Nord, Amérique Latine, Asie Pacifique, Benelux, Brésil, Chine, Europe du Nord, du Sud et de l'Est, « Génération Europe » (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni), Moyen-Orient, Asie du Sud et centrale, Turquie, Royaume-Uni ;
  • 8 entités implantées en France : « France BtoB », « France BtoC », « France Renouvelables », « France Réseaux », « Transport de gaz naturel » (GRT Gaz), « Distribution de gaz naturel » (GRDF), « Terminaux gaz naturel liquéfié - GNL » (Elengy), « Stockage de gaz naturel » (Storengy) ;
  • 4 entités « transversales » : « Exploration et production international », « Global Energy Management », « Tractebel Engineering », « GTT » (Gaz Transport et Technigaz).

Le siège social et quartier général de la zone Asie Pacifique (4000 employés) se déplace de Bangkok à Singapour en 2019[150].

Entreprises du groupeModifier

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Filiales à 100 % :

Participations :

Principales filiales du groupe EngieModifier

GrDFModifier

GrDF est une société de distribution de gaz, principal distributeur de gaz naturel en France et en Europe. Elle construit, exploite et entretient le réseau de distribution de gaz naturel, dans le cadre d’un contrat de service public signé avec l’État français. Elle achemine le gaz naturel jusqu’aux clients, pour 30 fournisseurs de gaz. Elle emploie près de 12 000 collaborateurs et est dirigée par Edouard sauvage.[réf. nécessaire]

Engie CofelyModifier

Engie Cofely est une société de services en efficacité énergétique et environnementale. Elle s’adresse à des collectivités, des entreprises du tertiaire, de l’industrie et de la santé. Elle travaille sur la performance énergétique des bâtiments, produit des énergies renouvelables et s’occupe de la maintenance multitechnique et du facility management. Elle emploie 12 000 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de 2.5 milliards d’euros. Elle est dirigée par Jean-Pierre Monéger.[réf. nécessaire]

Engie ElectrabelModifier

Engie Electrabel est une société de fourniture d’énergie (électricité, gaz naturel) et de services. Elle est le plus grand producteur et fournisseur d’électricité au Benelux.

Engie IneoModifier

Engie Ineo est une société spécialisée en génie électrique, systèmes d’informations et de télécommunications. Elle réalise des infrastructures de transport, de télécommunications et d’énergie (par exemple, la rénovation du POPB ou le chantier du Forum des Halles). Elle compte 15 600 collaborateurs et est dirigée par Yann Rolland. [réf. nécessaire]

Engie ITModifier

Engie IT (pour Engie Information et Technologies) est la filiale chargée des systèmes d’information du groupe Engie. La filiale IT conçoit, met en œuvre et exploite des solutions informatiques pour les 150 000 employés du groupe et propose des services applicatifs et d’infrastructure. À la suite de la fusion de Gaz de France et Suez en 2008, Jean-Michel Carboni démarre la mutualisation des systèmes d'informations du groupe puis fonde la filiale Engie IT (GDF Suez IT à l'époque) et en devient le directeur général jusqu'en 2015[153]. Engie IT est lancée avec un capital de 45 millions d'euros[154] et réalise un chiffre d'affaires de 600 millions d'euros en 2013[155]. L'actuel directeur général est Matthieu Pestel (2018-), successeur d'Olivier Sala (2015-2018)[154],[156]. Le revenu annuel réalisé en 2016 était de 400 millions d'euros[157].

GouvernanceModifier

La gouvernance d'Engie est organisée autour d'un comité exécutif et d'un conseil d'administration.

  • Le comité exécutif réunit (au 1er mai 2019[148]) :
    • Isabelle Kocher, directrice générale,
    • Paulo Almirante, directeur général adjoint et directeur général des opérations. Il supervise également les entités Brésil, Europe du Nord, du Sud et de l'Est, Moyen-Orient, Asie du Sud et Centrale et Turquie,
    • Olivier Biancarelli, directeur général adjoint. En juillet 2019, il sera responsable de la ligne d'activité solutions clients et supervisera Engie Impact,
    • Franck Bruel, directeur général adjoint, qui supervise les entités Royaume-Uni, Amérique latine et Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada),
    • Ana Busto, directrice générale adjointe chargée de la communication et de la marque,
    • Pierre Chareyre, directeur général adjoint, qui supervise les entités GEM (Global Energy Management), Generation Europe, B2C France et Benelux. En juillet 2019, il prendra aussi la direction de la ligne d'activité Thermique dans la nouvelle organisation du groupe,
    • Pierre Deheunynck, directeur général adjoint des ressources humaines, de la transformation, du corporate, du global business support (le centre de services partagés du groupe), du global care et de l'immobilier,
    • Judith Hartmann, directrice générale adjointe et directrice financière. Elle est aussi responsable du suivi des entités cotées, supervise GTT et est responsable de la coordination avec Suez. Elle est également responsable de la responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE),
    • Didier Holleaux, directeur général adjoint, qui supervise les entités Elengy, GRDF, GRTgaz, Storengy, Chine et APAC (Asie Pacifique). En juillet 2019, il deviendra également responsable de la ligne d'activités Infrastructures dans la nouvelle organisation du groupe,
    • Gwenaëlle Huet, directrice générale adjointe, responsable des entités France Renouvelables et Hydrogène. En juillet 2019, elle sera responsable de la ligne d'activités Renouvelables,
    • Shankar Krishnamoorty, directeur général adjoint de la stratégie et de l'innovation, du développement industriel, de la recherche et de la technologie et des achats. Il supervise également l'entité Afrique,
    • Yves Le Gelard, directeur général adjoint et directeur digital, responsable des systèmes d'information du groupe,
    • Wilfrid Petrie, directeur général adjoint, directeur général France B2B. Il supervise l'entité France Réseaux.
  • Le conseil d’administration :
    • 19 membres (administrateurs) : 10 désignés par l'assemblée générale des actionnaires, 5 administrateurs représentant l’État français, 3 administrateurs représentant les salariés et 1 administrateur représentant les salariés actionnaires,
    • 4 comités, chacun présidé par un administrateur indépendant :
      1. un comité d’audit,
      2. un comité des nominations et des rémunérations,
      3. un comité pour l'éthique, l’environnement et le développement durable,
      4. un comité de la stratégie, des investissements et des technologies.

Critiques et polémiquesModifier

Émissions de CO2 à l'étranger et fin des investissements dans le charbonModifier

En 2014, selon une étude de l'université d'Oxford pour les ONG Oxfam et Les Amis de la Terre, Engie, avec ses trente centrales à charbon dans le monde, émet 81 millions de tonnes de CO2 par an. L'agence de presse canadienne Thomson Reuters indique également en 2014 que l'entreprise est le sixième plus grand émetteur mondial de CO2 au monde[158]. Le Guardian estime en 2015 que les centrales à charbon de ce géant de l'énergie constituent le troisième parc de centrales le plus polluant au monde[159]. De plus, avec son partenaire Exxaro, la société vient[Quand ?] de remporter un appel à projets pour une nouvelle centrale à charbon à Thabametsi, en Afrique du Sud. Alors que la France organise la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques et s’est engagée à réduire ses émissions domestiques, « la France pollue allègrement à l’étranger via ses entreprises à capital public »[82].

Le 9 février 2014, un feu de brousse atteint la mine de charbon de Hazelwood[160] (appartenant depuis 2010 à GDF Suez), située dans la vallée Latrobe, dans l'État du Victoria , en Australie, à 150 km de Melbourne. Le charbon brûle à ciel ouvert pendant plusieurs semaines[160], la fumée chargée de particules fines est poussée par le vent vers la ville de Morwell, dont une partie est évacuée. Plus de 7 000 pompiers australiens interviennent au cours des 45 jours de lutte contre l'incendie. Une commission d'enquête parlementaire est ouverte en Australie, qui conclut que les risques d'incendie étaient prévisibles par l'exploitant, mais que les mesures de sécurité nécessaires n'ont pas été prises, et critique le sous-financement par GDF Suez du programme de nettoyage du site[161]. Après cet événement, GDF Suez fait l'objet de plaintes de la part de l'organisation de défense des travailleurs WorkSafe Victoria[162] et de l'agence de protection de l'environnement (Environment Protection Authority)[163]. L'entreprise fait également face aux tentatives des pompiers de la Country Fire Authority (pompiers de l'état de Victoria) de récupérer 18 millions d'euros pour alléger le poids de l'incident sur les finances des collectivités australiennes[164],[165]. La position officielle de GDF Suez est qu'ils ont déjà participé financièrement à cette intervention, en payant les taxes associées à ces activités[164],[165].

La ministre de l’Énergie, Ségolène Royal, annonce le qu'Engie n’investira plus dans le charbon. Les projets en cours sont abandonnés, sauf s’ils ont déjà fait l’objet d’un engagement ferme. Engie affirme de son côté qu’il s’agit d’une décision soigneusement mûrie, prise lors du séminaire stratégique des administrateurs du groupe qui s’est tenu les 12 et 13 octobre. Le groupe abandonnera ainsi un gros projet de centrale au charbon en Turquie, à Ada Yumurtalik (1 320 MW) ; il avait déjà annoncé en juin qu’il renonçait à un projet de 600 MW en Afrique du Sud, à Thabametsi[166]. Il poursuivra deux projets en cours, sur lesquels il est fermement engagé, en Mongolie et au Brésil ; il a par ailleurs déjà engagé la construction de quatre autres centrales au charbon, au Brésil (324 MW), au Chili (338 MW), en Inde (638 MW) et au Maroc (1 386 MW). Elles s’ajouteront aux 28 centrales que le groupe exploite déjà dans le monde, en Europe (Allemagne, Pays-Bas, Italie, Pologne, Royaume-Uni) et ailleurs. Dans l'ensemble, le charbon représente 13 % de sa production électrique nette à fin 2015[167].

Engie signe en 2016 un accord pour la vente de ses participations dans Paiton et Meenakshi, deux centrales à charbon situées en Indonésie et en Inde, représentant une capacité de production électrique de 3 GW. Cette opération réduit de 16 % les capacités de production d’électricité d’Engie à partir de charbon[84]. En , Engie annonce la fermeture de la centrale charbon de Rugeley, au Royaume-Uni, pour l'été[85].

En octobre 2016, Engie décide la fermeture de la centrale à charbon d'Hazelwood (1 550 MW)en Australie, considérée comme la plus polluante du monde avec 1,6 tonnes de CO2 émis par MWh produit. Depuis sa décision de se désengager du charbon, Engie a vendu ses centrales américaines, indienne et indonésienne (3 700 MW) et fermé celles de Rugeley au Royaume-Uni (1 000 MW), de Vado Ligure en Italie (600 MW) et de Gelderland aux Pays-Bas (600 MW)[168],[169],[170]. En octobre 2017, Engie annonce la cession de ses parts (70 %) détenues dans la centrale australienne Loy Yang B au conglomérat chinois Alinta Energy[171].

ÉcoblanchimentModifier

Engie est fréquemment accusée d'écoblanchiment, ou greenwashing, notamment lors de son soutien officiel à la Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques (COP21). Plusieurs ONG[172] critiquent l'achat d'une vertu à bon compte, les possibles conflits d'intérêts et doubles discours[173],[174],[175].

Pollution de la nappe phréatique en Saxe-AnhaltModifier

Selon la chaîne allemande WDR, Engie a entreposé jusqu'en 2012 dans la fosse d'enfouissement de Brüchau, en Saxe-Anhalt, des déchets pétroliers et gaziers toxiques et radioactifs, alors que l'entreprise savait depuis 2000 que la fosse n'était plus étanche et que la nappe phréatique avait été contaminée[176],[177].

Optimisation fiscaleModifier

Via le LuxembourgModifier

Selon une enquête publiée en 2016 par le site d'information en ligne Les Jours, Engie disposerait d'au moins vingt-six filiales au Luxembourg. Leur objectif principal serait d'y faire transiter des masses financières du groupe afin de diminuer son taux d'imposition. Certaines d'entre elles sont des sociétés ayant une réelle activité opérationnelle (mais hors du Luxembourg), d'autres de simples holdings sans salariés. En octobre 2016, la Commission européenne a annoncé avoir ouvert une enquête approfondie sur le traitement fiscal accordé par le Luxembourg à Engie. Plusieurs filiales luxembourgeoise du groupe n'auraient pas payé d'impôts en bénéficiant d'une « décision fiscale anticipative », c'est-à-dire d'un « ruling », objet du scandale LuxLeaks. Quatre filiales sont concernées par l’enquête de la Commission : GDF Suez LNG (Luxembourg), GDF Suez LNG Supply, Electrabel Invest Luxembourg et GDF Suez Treasury Management[178].

Toujours selon Les Jours, Engie a ainsi transféré 27 milliards d'euros au Luxembourg par le biais de la holding Engie Invest International chapeautant les quatre filiales d'Engie sur lesquelles enquête depuis septembre 2016 la Commission européenne[179]. Deux filiales d'Engie auraient pu déduire un milliard d'euros sur leurs bénéfices entre 2009 et 2015 et auraient bénéficié d'un avantage fiscal de la part de Luxembourg à hauteur de 300 millions d'euros environ[180].

Le 20 juin 2018, la Commission européenne oblige Engie à rembourser au Luxembourg 120 millions d'euros d'impôts non payés. Son enquête a conclu que deux séries de décisions fiscales anticipatives émises par le Luxembourg ont artificiellement réduit la charge fiscale de la société dans ce pays pendant une dizaine d'années, sans la moindre justification valable[181].

De l'Australie au Royaume-UniModifier

En 2018, dans le cadre des Paradise Papers, le Consortium international des journalistes d'investigation révèle qu'Engie a usé de méthodes d'optimisation fiscale « agressive » pour transférer vers le siège, au Royaume-Uni, un milliard de dollars issus de deux centrales à charbon et gaz australiennes sans payer d'impôts, économisant au moins 245 millions de dollars[182].

International Power (IP), propriété d'Engie depuis février 2011, utilisait depuis 2004 un schéma d'optimisation fiscal : au lieu de procéder par le biais d'un versement de dividendes au siège — imposés à hauteur de 30 % —, les centrales prêtaient les sommes voulues au siège d'IP via des banques australiennes, évitant ainsi toute imposition, sans jamais que le siège ne procède au remboursement. Le fisc britannique envisage cependant début 2012 de supprimer cette possibilité de prêts (dits « prêts spécialisés »). Sous le nom de « projet Salomon », International Power monte un autre système d'optimisation fiscal, s'aidant d'une faille législative britannique apparue en 2009 : depuis cette date, les dividendes versés par des filiales étrangères à leur siège britannique ne sont plus sujets à l'impôt. Le milliard de dollars de dette est ainsi transformé en dividendes en juin 2012[182]. Au même moment, l'État australien verse une compensation de 500 millions de dollars à International Power pour l'aider à mettre aux normes environnementales ses centrales, les entreprises australiennes du charbon « agitant le chiffon rouge de la faillite », écrit le journal Le Monde[182].

Engie répond avoir « parfaitement respecté la législation fiscale tant en Australie qu’au Royaume-Uni »[183].

Abus de position dominanteModifier

En mars 2017, Engie est condamné à une amende de 100 millions d'euros pour abus de position dominante en France par l'Autorité de la concurrence, qui reproche à l'entreprise d'avoir utilisé les anciens fichiers clients de Gaz de France pour commercialiser ses offres, et d'avoir eu recours à un « argument commercial trompeur » pour influer sur le choix des clients[184]. Les faits ne sont plus contestés par Engie, qui a souhaité recourir à une transaction. Cette sanction fait suite à la saisine de l'Autorité, en 2014, par Direct Énergie et l’association de consommateurs UFC-Que choisir[185].

Concurrence déloyaleModifier

En décembre 2017, Engie est condamné à payer 150 000 euros de dommages et intérêts à EDF pour concurrence déloyale en raison de ses pratiques de démarchage agressif des clients en porte-à-porte et téléphonique, selon un jugement du tribunal de commerce de Nanterre[186]. Ces poursuites interviennent concomitamment au rapport du médiateur national de l'énergie, qui lui aussi remarque des démarchages agressifs de la part d'Engie dont les prestataire vont jusqu'à usurper la marque EDF, utilisent de la tromperie (en jouant sur la méconnaissance du marché de l'énergie) ou de la fraude à la signature des démarchés. Le médiateur national de l'énergie réitère ses critiques en 2017[187] et en 2018[188]. La même année, l’UFC Que Choisir décerne à Engie le « cactus d’or » pour ses méthodes de démarchage[189]. Le jugement est confirmé en appel le 14 mars 2018 et le montant des dommages en intérêts porté à 1 million d'euros[190].

Entente illégaleModifier

Engie, alors GDF-Suez, et son concurrent E.ON ont été condamnés par la Commission européenne en 2009 pour « entente illégale sur le marché du gaz » à une amende de 553 millions d'euros chacun[191].

Activité de lobbyingModifier

En FranceModifier

Pour l'année 2017, Engie et Engie énergie services déclarent à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique exercer des activités de lobbying en France pour un montant global qui n'excède pas 600 000 euros[192],[193].

Auprès des institutions de l'Union européenneModifier

Engie est inscrit depuis 2011 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Il déclare en 2015 pour cette activité 13 collaborateurs à temps plein et des dépenses d'un montant compris entre 2 250 000 et 2 500 000 euros[194]. Sur le même exercice, Engie a reçu 113 millions d'euros de subventions des institutions de l'Union européenne[194] et figure en troisième position des groupes du CAC 40 en dépenses de lobbying, au cours de l'année 2015[195].

Culture et responsabilité d'entrepriseModifier

MécénatModifier

Engie a lancé en 2011 un fonds d’investissement dont l’objectif est de favoriser l’accès de populations défavorisées à l’énergie. Doté de 50 millions d’euros, le fonds (intitulé « Rassembleurs d’énergie ») apporte un soutien technique ou financier à une vingtaine d’entreprises sociales, d’ONG ou de fondations dans une quinzaine de pays[196].

MixitéModifier

Engie a été classé 3e au palmarès de la féminisation des instances dirigeantes du SBF 120 du Global Women’s Leadership Award 2015[197]. Le conseil d’administration du groupe compte 56,2 % de femmes en 2018[198]. Engie est la seule entreprise du CAC 40 dont le directeur général est une femme, Isabelle Kocher.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Pourcentage au 30 novembre 2018, issu de la déclaration de franchissement de seuil délivrée à l'AMF par BlackRock.

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