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Charles-Jean-Marie Alquier

avocat, magistrat, homme politique et diplomate français des XVIIIe et XIXe siècles, député du tiers état aux États généraux de 1789
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Charles-Jean-Marie Alquier
Charles Jean Marie Alquier.jpg
Fonctions
Ambassadeur de France en Espagne
-
Député de la Convention nationale
Seine-et-Oise
-
Député
La Rochelle
-
Maire de La Rochelle
-
Membre du Conseil des Anciens
Titre de noblesse
Baron
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinction
Père-Lachaise - Division 39 - Alquier 01.jpg
Vue de la sépulture.

Charles-Jean-Marie Alquier, né à Talmont (aujourd'hui Talmont-Saint-Hilaire, dans le département de la Vendée) le , mort à Paris (hôtel de la Réunion 8 rue du faubourg Montmartre) le , est un avocat, magistrat, homme politique et diplomate français des XVIIIe et XIXe siècles.

Sommaire

BiographieModifier

Charles-Jean-Marie Alquier venait de terminer ses études chez les Oratoriens, lorsqu'il résolut de se destiner à la carrière du barreau.

Franc-maçon, Alquier signe à l'installation de la loge l'Harmonie à La Rochelle (1779) .

Quelque temps avant que la Révolution ne vint changer l'ordre politique de la France, le jeune Alquier remplissait à La Rochelle les fonctions conseiller du roi au présidial, en même temps que procureur du roi au bureau des finances (1785).

Mgr de Crussol d'Uzès, évêque de La Rochelle, ayant vivement attaqué l'édit royal de novembre 1787 qui rendait aux protestants un moyen légal de constater leur état civil, Alquier incrimina le mandement au nom du respect dû à la loi et au roi, et parvint à le faire supprimer par arrêt du parlement.

Ce succès, la libéralité de ses principes, la distinction de son esprit et la solidité de son instruction, le firent choisir pour maire de La Rochelle le 25 avril 1788. Le 29 décembre suivant, à propos de la prochaine convocation des États généraux, il prononça devant le corps de ville, un discours remarquable : « La dignité des deux premiers ordres, dit-il, ne peut-elle donc subsister que par l'asservissement du tiers ? » Il rappela, qu'aux États de 1614, La Rochelle avait eu 4 députés, 1 pour l'ordre de la noblesse et 3 pour le tiers état. Cette attitude lui valut, aux élections du 26 mars 1789, d'être élu par le tiers, le 1er sur 2 ; on fit alors courir le quatrain suivant :

« Quand des citoyens pour t'élire
Tu vis les suffrages flatteurs,
Alquier, alors tu pouvais dire
Autant de voix, autant de cœurs.
 »

Révolution françaiseModifier

États généraux de 1789Modifier

Aux États généraux de 1789, Alquier se montra le champion des idées nouvelles, et se signala à l'assemblée par son anticléricalisme. Il fit condamner le mandement réactionnaire de l'évêque de Tréguier et obtint l'impression et l'envoi aux départements du mandement de l'évêque d'Angers.

M. Alquier fut chargé, le 22 octobre 1789, par le comité des rapports, de faire l'exposé de la conduite de l'évêque de Tréguier, qui, dans son mandement, était prévenu d'avoir provoqué l'insurrection de la Bretagne contre les décrets de l'assemblée ; aussi cette affaire fut elle instruite devant un tribunal compétent.

L'Assemblée constituante (1789-1791)Modifier

Le 23 mars 1790, il s'éleva avec énergie contre l'abus que l'on avait fait du contre-seing de l'assemblée en envoyant aux municipalités des ouvrages qui attaquaient les principes et les décrets des représentants de la France.

Il devint membre du comité des colonies, fut chargé de plusieurs missions dans les départements, et passa secrétaire de l'Assemblée constituante le .

Dans la séance du 8 janvier 1791, Mirabeau ayant proposé un projet de décret relatif au prompt remplacement des évêques et des curés destitués de leurs offices par leur refus de prêter serment à la constitution civile du clergé, Alquier appuya le projet du grand orateur, et s'exprima en ces termes : « Nous savons qu'on cherche à alarmer le peuple sur le sort de la religion ; qu'après avoir essayé de le soulever pour des opinions politiques, on veut l'armer pour les opinions religieuses. C'est à nous à l'éclairer, c'est à nous à lui apprendre à démêler des complots longtemps réfléchis, à lui faire connaître la constitution qu'il a juré de maintenir et qu'il maintiendra. Je demande à cet effet que l'assemblée charge 4 membres de son comité ecclésiastique de lui présenter une instruction sur la constitution civile du clergé pour être envoyée dans les départemens. »

Le 17 février de cette année, Alquier fit un rapport sur les troubles survenus dans l'île de Tabago, qu'il attribua principalement au commandant Jobal, et défendit avec véhémence Gléfier, Guys et Rosgne, qui avaient fondé un comité patriotique pour faire triompher les principes de la Révolution dans la colonie. Il demanda ensuite et obtint le rappel de Jobal, chef de cette colonie.

Dans la séance du 19, il prononça un nouveau rapport sur la collision sanglante que les premiers décrets de l'Assemblée nationale avaient fait éclater à Nîmes entre les catholiques et les protestants, détermina la formation d'une nouvelle municipalité, provoqua la poursuite des agitateurs qui s'étaient opposés à la proclamation de la loi nationale, et fit annuler les procédures commencées sur les autres événements du mois de . À peu près à la même époque, la cherté des grains occasions une révolte à Douai. Alquier, convaincu que les désordres survenus dans cette ville avaient été suscités par des fanatiques ennemis de la constitution, demanda d'abord que la municipalité qui s'était refusée à publier la loi martiale dans ces graves conjonctures, fut appelée à la barre de l'Assemblée pour rendre compte de sa conduite, et que les ecclésiastiques qui, soit par leurs discours, soit par leurs écrits exciteraient le peuple à la rébellion, fussent livrés à la vengeance des lois.

Le 4 avril 1791, il fit décréter qu'on n'exercerait aucune poursuite contre les chefs des assemblées dites catholiques d'Uzès, qui avaient cru devoir se rétracter, mais qu'on renverrait devant la Haute Cour d'Orléans ceux qui persisteraient dans leur esprit de sédition.

À l'époque de l'évasion du roi, on parut craindre que les troupes qui occupaient les départements du Nord et du Pas-de-Calais, sous les ordres de Rochambeau, ne se servissent du prétexte de cet événement pour se mettre en état d'insurrection. Alquier fut alors envoyé dans ces départements avec deux autres membres de l'Assemblée, le duc de Biron et Boulé, pour réprimer les mouvements séditieux qui pourraient s'y manifester. Au retour de sa mission, il annonça à la Constituante que la plus grande insubordination régnait dans le régiment de Beauce, et demanda l'emploi et les moyens les plus expéditifs pour châtier les fauteurs de ce désordre.

Il termina ses travaux dans cette législature par un rapport sur les émeutes de la ville d'Arles, par lequel il proposa d'annuler les arrêtés du département, de blâmer la conduite de l'assemblée électorale, et d'ordonner aux gardes nationales qui étaient en marche de rentrer dans leurs municipalités respectives.

Lors des élections des juges au tribunal de district de La Rochelle, le 22 novembre 1790, Alquier fut choisi, le 2e sur 5, et, à la dissolution de l'Assemblée nationale, fut nommé président du tribunal criminel de Seine-et-Oise. En cette qualité, lorsque les prisonniers d'Orléans furent dirigés sur Versailles, Alquier vint demander à Danton, alors ministre de la Justice, s'il devait les interroger dans les 24 heures :

« >— Monsieur, lui dit-il, on m'assure que les prisonniers de la Haute Cour vont être transférés ce matin à Versailles. La loi exige qu'ils soient interrogés dans les vingt-quatre heures. Je viens vous demander si c'est moi que cette obligation regarde, et si je dois les interroger.
Monsieur, répondit Danton, il y a, parmi ces gens-là, de grands coupables ; on ne sait pas encore de quel œil le peuple les verra, et jusqu'où peut aller son indignation !
Monsieur, reprit le président, ce n'est pas des sentiments du peuple à leur égard que je viens vous entretenir ; je m'en rapporte au zèle de la municipalité de Versailles pour faire respecter l'ordre et la loi ; mais je viens vous demander si je dois les interroger.
M. Alquier, croyez-moi, ne vous mêlez pas de ces gens-là ; il pourrait en résulter pour vous de grands désagréments.
Monsieur, ce n'est pas M. Alquier qui vous parle, c'est le président d'un tribunal criminel qui vient consulter le ministre de la Justice, et qui lui demande s'il doit ou non interroger.
Eh bien ! Monsieur, si vous l'aviez dû, le Ministre vous en aurait donné l'ordre ; puisque vous ne l'avez pas reçu, vous devez vous épargner tant de questions et d'inquiétudes. »

À ces mots, Danton tourna le dos au président, et celui-ci sortit de l'audience, persuadé que les prisonniers étaient perdus. Ils furent égorgés[1] au moment où ils passaient la grille de l'Orangerie.

Convention nationaleModifier

Le , le département de Seine-et-Oise élut[2], le quatrième sur quatorze, Alquier à la Convention nationale, où il fait partie de la Plaine[3]. Il devient membre du Comité de législation, du Comité des secours publics et du Comité de sûreté générale. Dès le 22 septembre 1792, il est envoyé en mission à Lyon avec Boissy-D'Anglas et Vitet pour apaiser les troubles occasionnés par la nomination du nouveau maire de cette ville. Enquêtant sur les fraudes dans les fournitures à l'armée, il étend ses investigations jusqu'à Montpellier.

Dans le procès de Louis XVI, au 3e appel nominal, Alquier répondit : « Je vote pour la mort ; mais je demande que l'exécution soit différée jusqu'après la signature de la paix, et qu'elle ait lieu au cas d'une invasion des puissances étrangères. » Son rôle fut volontairement assez effacé à la Convention. « À 2 heures, dit un contemporain, il siégeait au Marais et riait avec Vergniaud ; à 3, il était sur la Montagne, donnant la main à Danton, causant avec Saint-Just, et n'applaudissant jamais que du pied. »

Le , il est à nouveau élu membre du Comité de sûreté générale, et en avril, il est nommé commissaire à l'armée des côtes de Brest, mais fut remplacé par Cavaignac en mai. On le vit reparaître à la Convention au moment où s'établit le régime de la Terreur. Pendant la durée de cette crise terrible, un sentiment de crainte lui fit adopter alternativement la bannière des diverses factions qui divisaient alors la France. Mais aussitôt que Robespierre eût disparu de la scène politique, Alquier s'éleva contre les crimes commis dans la Vendée, et en accusa le général Turreau. D'avril à , il fait partie du comité de sûreté générale. Le , il s'abstient lors du scrutin sur la demande du rapport du décret qui avait cassé la Commission des Douze la veille.

Un réputation de lâcheté[4], semble-t-il justifiée, s'attache à lui depuis son refus de se rendre en Bretagne et en Franche-Comté, régions en insurrection. Il fut également soupçonné de relations avec le baron de Batz, suspect aux yeux de Robespierre.

En octobre et , il est envoyé dans les départements de l'Ouest pour la levée de chevaux, puis immédiatement à l'armée des côtes de Brest pour organiser les troupes à cheval, et il ne rentre à Paris qu'un mois après le coup d'État du 9 thermidor an II.

Il repart, en nivôse an III (), à l'armée du Nord, où il sut se concilier l'estime et la bienveillance des chefs et des soldats. pour l'organisation administrative de la Hollande nouvellement conquise et ne rentre à Paris qu'après messidor an III ().

Dès que cette armée se fut emparée de la Hollande, il organisa avec activité les nouvelles administrations, offrit aux représentants bataves, comme gage de l'amitié du peuple français, différents objets d'histoire naturelle et d'arts qui avaient appartenu au stathouder, et prit un arrêté pour assurer la libre navigation de tous les bâtiments de transport dans les canaux et rivières de l'intérieur des Provinces-Unies.

DirectoireModifier

Le 25 vendémiaire an IV, lors de la mise en activité de la constitution directoriale, le département de Seine-et-Oise l'envoya par 173 voix au conseil des Anciens (et non le Conseil des Cinq-cents comme l'indiquent Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, 1889), dont il fut nommé bientôt secrétaire (21 mars 1795). Le 1er septembre 1796, il demanda la suppression du clergé régulier de la Belgique, et proposa qu'il fût donné à ses membres un traitement suffisant pour subsister. La décision fut conforme à ses désirs.

Il en sortit en , comme consul à Tanger, poste qu'il échangea de suite contre celui de chargé d'affaires à Munich auprès de l'électeur de Bavière. Pendant son séjour à Munich, il réclama 14 millions de contributions arriérées qui étaient dues à la République française, demanda que les troupes impériales qui étaient dans les États de l'électeur en sortissent immédiatement, exigea l'exécution la plus prompte de l'armistice, et démentit énergiquement, dans une lettre adressée au baron de Hompesch, le projet de « révolutionner » le duché de Wurtemberg, attribué au Directoire par le gouvernement anglais. Le prince Charles, que l'assassinat des ministres français aux portes de Rastadt avait douloureusement affecté, l'invita à se retirer de Munich, et donna des ordres pour qu'il pût, sous la protection de deux officiers, traverser les lignes autrichiennes jusqu'aux avant-postes de l'armée française, où il arriva en 1799.

Après le congrès de Rastadt, nommé receveur général de Seine-et-Oise, le 9 vendémiaire an VIII, mais il ne tarda pas à se démettre d'un emploi qui ne convenait ni à son goût, ni à la nature de ses connaissances.

Consulat et Premier EmpireModifier

Alquier fut alors désigné pour succéder à son ancien confrère de la Convention, Guillemardet, dans ses fonctions d'ambassadeur auprès de la cour de Madrid, où il fut envoyé le 9 frimaire (30 novembre 1799). Il est favorable au maintien de Mariano Luis de Urquijo au pouvoir alors que le premier Consul compte davantage sur Manuel Godoy pour le soutenir dans sa politique extérieure[5]. Alquier fut chargé de négocier avec cette cour la rétrocession de la Louisiane, en échange de la Toscane érigée quelque temps après en royaume d'Étrurie ; mais un autre eut l'honneur de terminer plus tard cette importante négociation.

Charles IV d'Espagne, par l’intermédiaire de l’ambassadeur Alquier, fit appel au peintre Jacques-Louis David le 7 août 1800, pour réaliser un portrait équestre de Bonaparte, représenté dans le moment où il passe les Alpes au mont Saint-Bernard le 30 floréal an VIII, afin qu’il soit installé dans le salon des « Grands Capitaines » du palais royal de Madrid.

Alquier ne quitta la résidence de Madrid que vers la fin de l'an IX, époque à laquelle Lucien Bonaparte le remplaça.

Il se rendit de là à Florence avec le titre de ministre plénipotentiaire pour traiter de la paix avec la cour de Naples. L'habileté qu'il déploya dans cette conjoncture lui valut les félicitations du gouvernement. Il obtint du royaume de Naples, qui possédait alors l'île d'Elbe, la cession de cette île à la République (Traité de Florence[6]) et le paiement d'une somme de 500 000 francs pour indemniser les Français qui avaient été victimes à Rome des excès de la populace. Le succès de cette négociation le fit revêtir du titre d'ambassadeur à Naples. Il résidait depuis trois ans dans cette cour, lorsqu'on 1804 le ministre Acton, qui dirigeait exclusivement les affaires du cabinet, se permit, dans un entretien diplomatique, de parler de la France en termes peu mesurés. Alquier rompit la conférence, se plaignit à Ferdinand IV, et fit envoyer Acton dans une sorte d'exil. Il continua de résider auprès du roi jusqu'à la fin de 1805. Mais, aussitôt que le souverain eut ouvert les ports de son royaume aux Russes et aux Anglais, au mépris du traité de neutralité qu'il avait conclu un mois auparavant avec la France, l'ambassadeur Alquier se retira sans prendre congé avec tous les fonctionnaires de la légation et du consulat général.

Il alla de là à Rome, où il succéda bientôt au cardinal Fesch en qualité d'ambassadeur auprès du Saint-Siège, le 10 avril 1806. Ses instructions avaient pour objet de continuer la négociation d'une alliance qui avait été commencée par son prédécesseur. L'ambassadeur français ne fut pas longtemps sans s'apercevoir que les prétentions exagérées de Napoléon seraient un obstacle insurmontable à toute conciliation. Dans les rapports qu'il fit parvenir à son gouvernement, il crut devoir développer les motifs de son opinion sur cette affaire. L'Empereur ordonna à son ambassadeur de se rendre immédiatement à Paris.

« Vous êtes un dévot, M. Alquier, lui dit Napoléon, vous avez voulu gagner des indulgences à Rome.
- Sire, répondit le spirituel diplomate, je n'ai jamais eu besoin que de la vôtre.[7] »

Faute d'avoir au gré de l'empereur auprès du Saint-Père, il fut rappelé. Dans une lettre à un ami, datée de Paris du 7 juin 1806, Alquier ne dissimule pas « le chagrin qui l'accable ; je ne me console pas de ce que l'empereur a paru croire que j'avais négligé mes devoirs... Après 10 ans de service, je suis obligé de vendre mes meubles pour vivre. »

La disgrâce prit fin, car Alquier fut créé, le 21 ou 28 mai 1809, chevalier de l'Empire, et nommé ministre plénipotentiaire à Stockholm (royaume de Suède) en 1810. Sa mission avait pour but d'exiger l'observation la plus rigoureuse du blocus continental, et d'empêcher la Suède d'avoir aucune espèce de relations commerciales avec l'Angleterre. Mais les conditions que l'Empereur voulait imposer au cabinet de Stockholm compromettaient trop ostensiblement les intérêts de la nation suédoise pour que l'ambassadeur français pût se promettre un succès complet. Cependant, au mois de novembre de cette année, il effraya le roi Charles XIII au point de lui faire déclarer la guerre à la Grande-Bretagne. Toutefois, cette déclaration n'eut aucun résultat. Bernadotte, devenu prince royal de Suède, donna l'exemple de la résistance aux volontés de Napoléon, et communiqua son énergie au souverain dont il était devenu le fils adoptif. Aussitôt que des signes de mésintelligence commencèrent à se déclarer entre les cours de Paris et de Stockholm, Alquier s'éloigna de celle résidence et se rendit au royaume de Danemark comme ministre plénipotentiaire (1811).

Arrivé en 1811 à Copenhague, il y conclut en 1813 un traité d'alliance offensive et défensive qui fut le dernier acte de sa carrière politique.

Restauration françaiseModifier

Lorsque Louis XVIII le rappela à la première Restauration (), il revint à Paris comblé des bontés de Frédéric VI, mais rentra dans la vie privée.

La loi du 12 janvier 1816, qui bannissait les régicides, lui fut appliquée, bien que son vote n'eût pas été compté parmi ceux qui conduisirent Louis XVI à l'échafaud.

Il se réfugia à Bruxelles et y vécut paisiblement, jusqu'en 1818, époque à laquelle il apprit inopinément qu'un de ses anciens collègues à la Convention, Boissy d'Anglas, alors pair de France, lui avait fait obtenir, à son insu, l'autorisation de rentrer dans sa patrie. Cette autorisation porte la date du 14 janvier.

Il mourut à Paris (hôtel de la Réunion, 8 rue du faubourg Montmartre), le , à l'âge de soixante-quatorze ans, des suites d'une attaque de paralysie et fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise (39e division).

Alquier avait de l'esprit, de l'instruction, de la perspicacité ; il avait une grande connaissance des hommes et des choses de la Révolution ; mais sa place n'était point à la Convention nationale. L'aménité de ses mœurs, la souplesse de son esprit, le rendaient plus spécialement propre aux fonctions diplomatiques, qu'il exerça presque toujours avec habileté ; il en donna particulièrement des preuves lors de sa résidence au Danemark : il parvint à maintenir ce royaume dans l'alliance de la France jusqu'à la chute de Napoléon.[réf. nécessaire]

TitresModifier

DécorationsModifier

ArmoiriesModifier

Figure Blasonnement
 
 
Armes du chevalier Alquier et de l'Empire

Tiercé en pal d'or à deux étoiles superposées d'azur, de gueules au signe des chevaliers légionnaires ; et d'azur à deux étoiles superposées d'argent.[8],[9]

Armes du baron Alquier et de l'Empire

Parti : au 1er, d'or, à deux étoiles d'azur posées en pal ; au 2e, d'azur à deux étoiles d'argent posées en pal ; au franc-quartier, des barons ministres employés à l'extérieur (de gueules, à la tête de lion arrachée d'argent).[9],[8]

Vie familialeModifier

Unique fils de Jean René Alquier (1707 - La Flocellière1758), avocat, sénéchal de la principauté et ville de Talmont, issu de son second mariage (11 janvier 1752 à Maillezais), avec Marie Thérèse Bonnamy de Bellefontaine (née le 1er novembre 1731 - Maillezais), Charles-Jean-Marie Alquier était le cousin germain du général Bonamy.

Alquier épousa, le 30 janvier 1781 à La Rochelle (mariage religieux le 31 en l'église Saint-Barthélémy de La Rochelle), Françoise Émilie Gilbert (14 avril 1762 - La Rochelle ✝ 22 avril 1824 - La Rochelle), fille de Jean Gilbert (17331804), seigneur des Borderies, négociant armateur, juge-garde de la monnaie et conseiller du roi au bureau des finances et de Jeanne Pelletan (1736-1818). Au fil de sa carrière diplomatique, Alquier abandonnera sa vie conjugale et entretiendra une correspondance avec sa femme demeurée à La Rochelle. Vers 1802, il fait la connaissance à Naples d'Antoinette de Nittis, épouse de Charles-Louis Duvaucey qui, devenue veuve deviendra sa compagne puis son épouse en 1825, après le décès d'Emilie Gilbert. En 1807, Alquier commande à Ingres, alors pensionnaire de la villa Médicis, le portrait de Madame Duvaucey qui est conservée dans les collections du musée Condé au château de Chantilly. Alquier avait l'année précédente commandé son portrait à Jean-Baptiste Wicar.

De son mariage avec Emilie Gilbert sont nés :

De sa relation avec Antoinette de Nittis, est né :

  • Charles Duvaucey (1804 - Naples ✝ 1848 - Paris), négociant, (vécut en Afrique puis en France où il occupa un poste de secrétaire de la reine Marie-Amélie, née princesse de Bourbon-Siciles avant de tenir un commerce de houille à la Villette), épouse Catherine Blumendhal (1816 - Bruxelles ✝ 1886 Paris 17e) ; d'où postérité

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • François-Xavier Pagès, Histoire du Consulat de Bonaparte : contenant tous les évènemens politiques et militaires de l'an VIII jusqu'en l'an XI, et particulièrement la revolution du 18 brumaire; les changements politiques et géographiques qu'ont opérés, dans les quatre parties du monde, les différens traités de paix conclus avant et pendant le consulat; l'histoire des troubles de Saint-Domingue, et notamment de la guerre avec Toussaint-Louverture; le tableau détaillé de la guerre de la Vendée jusqu'à la pacification générale; le concordat conclu avec le Pape; le résultat des opérations de la diéte de Ratisbonne; enfin la pacification de l'Helvétie et sa nouvelle constitution et la déclaration de guerre par l'Angleterre, t. 1, Chez Testu, (lire en ligne) ;
  • Alphonse Rabbe, Claude Augustin Vieilh de Boisjolin et Francis Georges Binet de Boisgiroult, baron de Sainte Preuve, Biographie universelle et portative des contemporains : ou, Dictionnaire historique des hommes célèbres de toutes les nations, morts ou vivants, qui, depuis la Révolution française, ont acquis de la célébrité ...: Ouvrage entièrement neuf, contenant plus de trois mille notices nouvelles ..., Au Bureau de la biographie, (lire en ligne) ;
  • Auguste Imbert et Benjamin Louis Bellet, Biographie des condamnés pour délits politiques : depuis la restauration des Bourbons en France jusqu'en 1827, A. Imbert, (lire en ligne) ;
  • A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Fastes de la Légion d'honneur : biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, vol. 1, Bureau de l'administration, (lire en ligne) ;
  • Biographie universelle ou dictionnaire de tous les hommes : qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, depuis le commencement du monde jusqu'à ce jour d'aprèes la biographie universelle ancienne et moderne de Michaud, vol. 1 : AA - Azzolini, Ode, (lire en ligne) ;
  • « Charles-Jean-Marie Alquier », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • Joseph-Adrien Le Roi, Histoire des rues de Versailles et de ses places et avenues, depuis l'origine de cette ville jusqu'à nos jours, Impr. d'A. Montalant, , 2e éd., 636 p. (lire en ligne) ;
  • « Alquier (Charles-Jean-Marie) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore] ;
  • Archives parlementaires de 1787 à 1860 : recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises. Première série, 1787 à 1799. Tomes LII, LIII, LX, LXII, LXIII, LXIV, LXV et LXXI
  • Henri Perrin de Boussac, Charles Jean-Marie Alquier (1752-1826) : un témoin de la Révolution et de l'Empire, La Rochelle, Rumeur des âges, , 301 p. (ISBN 9782738453464, lire en ligne) ;
  • Richard Ayoun, Les juifs de France, de l'émancipation à l'intégration (1787-1812) : documents, bibliographie et annotations, Éditions L'Harmattan, , 319 p. (lire en ligne) ;

Notes et référencesModifier

  1. Le 9 septembre 1792, la foule exécute quarante-quatre de ces prisonniers dont Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac, commandant en chef de la Garde constitutionnelle du Roi Louis XVI, Claude Antoine de Valdec de Lessart, ancien ministre de l'Intérieur puis des Affaires étrangères en 1791, Charles-Xavier Franqueville d'Abancourt, ministre de la Guerre en 1792, Jean-Arnaud de Castellane, comte-évêque du Gévaudan. Seuls huit d'entre les prisonniers parviendront à s'enfuir pendant que les têtes des massacrés seront tranchées et empalées sur les grilles du château.
    Source 
    Jean Tulard, Jean-François Fayard, Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française 1789-1799, Paris : R. Laffont, 1987, p. 515-6
  2. Par 335 voix sur 668 votants.
  3. Dubois de Crancé publia à cette époque une brochure intitulée : Le véritable portrait de nos législateurs, 1792, in-8°, dans laquelle il le recommanda en ces termes : « Ce député est un des plus vigoureux athlètes que le patriotisme ait eu à opposer à l'aristocratie. Il a beaucoup de sens, d'esprit, et même un caractère très prononcé... Alquier a perdu toute sa fortune à la Révolution... Il est aujourd'hui sans état et sans fortune... Le seul moyen qu'ait le peuple de se conserver des amis, des défenseurs zélés, est de les récompenser quand il le peut : on ne vit pas de bénédictions... »
  4. Richard Ayoun, Les juifs de France, de l'émancipation à l'intégration (1787-1812) : documents, bibliographie et annotations, Éditions L'Harmattan, , 319 p. (ISBN 9782738453464, lire en ligne)
  5. Emilio La Parra Lôpez, Les changements politiques en Espagne après Brumaire, Annales historiques de la Révolution française, Année 1999, 318, pp. 695-712
  6. Le traité de Saint-Ildefonse (1er octobre 1800) entre la France et l'Espagne prévoyait le transfert de l'île d'Elbe, alors toscane, sous souveraineté française en échange de la principauté de Piombino. Cet accord fut confirmé par la paix de Lunéville (9 février 1801) et par le traité d'Aranjuez (25 mars 1801) et fut accepté par le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande lors du traité d'Amiens (25 mars 1802). Le roi de Naples Ferdinand IV renonça à toutes les propriétés et droits qu'il y possédait encore par le traité de Florence (29 mars 1801). L'île fut donc officiellement annexée par la France en 1802 (senatus-consulte du 26 août 1802) et intégrée au département de Méditerranée en 1811. Elle fut donnée en toute souveraineté à Napoléon Ier en 1814 (suivant le Traité de Fontainebleau du 11 avril 1814) et il y fut exilé pendant trois cents jours.
  7. Les pièces de la correspondance d'Alquier avec le souverain pontife se trouvent dans le Recueil des actes émanés de Rome dans la contestation du pape avec Napoléon, imprimé à Londres et à Paris. Voyez aussi les Quatre Concordats, par M. de Pradt
  8. a et b Johannes Baptist Rietstap, Armorial général : contenant la description des armoiries des familles nobles et patriciennes de l'Europe : précédé d'un dictionnaire des termes du blason, G.B. van Goor, , 1171 p. (lire en ligne), et ses Compléments sur www.euraldic.com
  9. a et b Tout sur l'héraldique : dessin de blasons et d'armoiries sur toutsurlheraldique.blogspot.com

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier