Bénédiction

rite religeux invoquant la bienveillance divine

La bénédiction (du latin benedictio de bene dicere, bénir), est l'action de bénir, par la parole ou par le geste. Le sens étymologique du mot, « le fait de dire du bien », indique déjà les deux sens qui lui sont habituellement connus :

  1. synonyme de louange
  2. synonyme d'un bienfait accordé

Une prière de bénédiction est une courte prière destinée à remercier Dieu pour son aide et à le louer.

Dans la BibleModifier

 
Père bénissant son fils (fin XIXe - début XXe)

Dans la Bible, le mot bénédiction est utilisé soixante-sept fois : 53 fois dans la Bible hébraïque (dite Ancien Testament par les chrétiens) et 14 fois dans le Nouveau Testament. Ainsi les patriarches, Abraham, Isaac et Jacob, bénissent leurs fils afin de leur transmettre la bénédiction qu'ils ont eux-mêmes reçue de Dieu.

Dans la TorahModifier

Dans la Bible hébraïque, le terme Berakhahבְּרָכָה indique :

  • une habitude religieuse
  • selon le savoir-vivre, la courtoisie (נימוס).

BeRaKHaH (בְּרָכָה) peut signifier trois choses :

  1. une grâce accordée par Dieu,
  2. un souhait humain que Dieu agisse favorablement envers quelqu'un d'autre,
  3. une joie de celui qui voit la réussite ou le bonheur d'autrui.

Dans le Nouveau TestamentModifier

Dans le Nouveau Testament, nous retrouvons trois termes grecs qui ont été traduits par 'bénédiction'.

  1. le terme eulogia (qui a donné en français le mot éloge), désigne les grâces spirituelles et matérielles procurées par Jésus-Christ à l'homme.
  2. Un second terme grec est traduit par bénédiction. Il s'agit du mot 'Makarios' qui revêt une signification spirituelle. C'est ce terme qui a été utilisé par Elisabeth pour bénir Marie enceinte de Jésus.
  3. Le dernier terme, 'Eulogetos', s'applique exclusivement à Dieu et à Jésus-Christ. On le retrouve dans l'expression 'Dieu béni éternellement' (Epître de l'Apôtre Paul aux Romains, chapitre 9, verset 5).

Dans le christianismeModifier

Dans la religion chrétienne, le terme désigne également le geste effectué par les célébrants lors de certaines cérémonies ou encore à la fin d'un office et qui consiste à invoquer la bienveillance divine sur une personne ou sur l'assemblée. Dans le catholicisme et les Églises orthodoxes, la bénédiction peut être prononcée au moment de la consécration d'un monument (mémorial, autel, église), d'un objet servant au culte (cloche) ou d'autres objets (champ, maison, drapeau).

C'est de la place Saint-Pierre que le Pape donne ses bénédictions, notamment la bénédiction urbi et orbi.

On utilise le terme bénédicité (orthographié aussi benedicite), pour la prière qui se récite avant un repas pour rendre grâce de la nourriture et appeler sur elle la bénédiction divine.

Le terme eut, lors du développement du christianisme, une telle force symbolique qu'il est à l'origine du prénom féminin Bénédicte et du prénom masculin Benoît signifiant « béni/bénie (par Dieu) ».

Bénédiction d'armes par l'Église orthodoxe russeModifier

En Russie, la bénédiction d'armes par l'Église est une pratique courante. Il arrive souvent aux prêtres orthodoxes d'asperger d'eau bénite du matériel de guerre, comme des kalachnikovs, des missiles balistiques, des bombardiers, des sous-marins ou des systèmes antiaériens[1],[2],[3],[4].

En février 2020, la Commission interconciliaire de l'Église orthodoxe russe a préparé un projet de document proposant de renoncer à la bénédiction des armes de nature à frapper sans discrimination et des armes de destruction massive, dont les armes nucléaires. « Il convient cependant de bénir les moyens de transport utilisés par les militaires sur terre, sur l'eau ou dans les airs, car ce n'est pas la "bénédiction" des canons, des roquettes ou des moyens de bombardement qui est demandée au Seigneur, mais la protection des soldats », ont souligné les auteurs du document[5],[4].

Cette initiative n'a pas rencontré de soutien au sein de l'Église. L'interdiction de bénir certains types d'armes portera « un coup indirect à la confiance du peuple dans l'armée et la souveraineté du pays », considère Alexandre Chtchipkov, premier vice-président du Département synodal des relations entre l'Église, la société et les médias. Les concurrents de la Russie sur la scène internationale verront cette interdiction comme une faiblesse interne de l'État, alors que « nos armes sont les garantes de notre souveraineté et représentent un choix historique », a-t-il ajouté[6].

« Nous bénissons tous les objets que l'homme utilise : la maison, les vêtements, les voitures… L'arme nucléaire est une invention formidable. Grâce à elle, la Russie existe encore », estime quant à lui l'archiprêtre Dmitri Smirnov, chef de la Commission patriarcale pour les affaires familiales[4].

L'archiprêtre Mikhaïl Vassiliev, prieur de la résidence patriarcale du Quartier général des forces des fusées stratégiques, situé dans la commune de Vlasikha, près de Moscou, a exprimé son indignation face à ce document « novateur » et « cynique », qui, selon lui, « cherche en réalité un prétexte » pour renoncer à « la bénédiction de toutes les armes à l'exception des armes blanches ». Il a rappelé que les prêtres orthodoxes ont toujours béni une grande variété d'armes, allant des navires de guerre armés de canons ou de feu grégeois mortel ayant une portée de destruction jusqu'à 200 mètres, aux pièces d'artillerie, en passant par les premiers avions de combat. « Alors, ça veut dire que pendant des années, [ils ont fait] n'importe quoi ? […] Ils ont été à côté de la plaque pendant 350 ans ? »[7]

AutresModifier

Plus généralement, dans la vie quotidienne, le terme est synonyme de « vœu », voire d'« accord ».

Exemple : « Après son baccalauréat, ma sœur voulut prendre une chambre en ville. Nos parents lui accordèrent leur bénédiction. »

Bénédiction en littératureModifier

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier