Charles-Théodore de Bavière (électeur)

prince électeur du Palatinat et de la Bavière (1724-1799)

Charles-Théodore de Bavière
Illustration.
Portrait de Karl Theodor von der Pfalz par Johann Georg Ziesenis.
Titre
Électeur palatin puis comte palatin du Rhin

(56 ans, 1 mois et 16 jours)
Prédécesseur Charles III Philippe
Successeur Maximilien II
Électeur de Bavière

(21 ans, 1 mois et 17 jours)
Prédécesseur Maximilien III
Successeur Maximilien IV
Marquis de Berg-op-Zoom

(61 ans, 5 mois et 30 jours)
Prédécesseur Marie-Henriette de La Tour d'Auvergne
Successeur Annexé par la République batave
Biographie
Dynastie Maison de Wittelsbach
Nom de naissance Karl Theodor
Date de naissance
Lieu de naissance Drogenbos (Brabant)
Date de décès (à 74 ans)
Lieu de décès Résidence de Munich (Bavière)
Sépulture Église des Théatins
Père Jean-Christian de Palatinat-Soulzbach
Mère Marie-Henriette de La Tour d'Auvergne
Conjoint Élisabeth-Auguste de Palatinat-Soulzbach
Marie-Léopoldine de Modène

Charles-Théodore de Bavière, né le à Drogenbos et mort le à Munich, membre de la maison de Palatinat-Soulzbach, est marquis de Berg-op-Zoom de 1728 à 1795 (annexion par la République batave proclamée le 19 janvier 1795), comte palatin du Rhin de 1742 à 1799 et électeur de Bavière de 1777 à 1799.

BiographieModifier

Fils de Jean-Christian de Palatinat-Soulzbach et de Marie-Henriette de La Tour d'Auvergne, marquise de Berg-op-Zoom, une descendante des ducs de Bouillon, petite-fille de Frédéric-Maurice de La Tour d'Auvergne, comte d'Auvergne.

Le 28 juillet 1728, sa mère meurt en mettant au monde une fille décédée dès sa naissance et il hérite alors du marquisat de Berg-op-Zoom. La mort prématurée de son oncle Joseph Charles de Palatinat-Soulzbach en 1729, de son grand-père Théodore-Eustache de Palatinat-Soulzbach en 1732, puis de son père Jean-Christian le 20 juillet 1733, le font comte palatin de Soulzbach à l'âge de huit ans et demi.

Le 31 décembre 1742, Charles-Théodore succède à son lointain parent, grand-père maternel de son épouse Charles III Philippe du Palatinat devenant électeur palatin. Le 30 décembre 1777, il succède à l’Électeur de Bavière Maximilien III Joseph, réunissant sous son nom la quasi-totalité des possessions de la Maison de Wittelsbach à l'exception du Duché de Deux-Ponts.

Mariage et descendanceModifier

Le 17 janvier 1742, il épousa Élisabeth-Auguste de Palatinat-Soulzbach[1] (1721-1794), petite-fille et seule héritière de l'électeur Charles III Philippe dont il n'eut qu'un fils, né et mort en 1761. Les deux époux vécurent séparément dans l'adultère. L'électeur eut durant cette période un certain nombre d'enfants illégitimes.

Veuf, il se remaria en 1795, malgré l'opposition de l'intéressée et de sa mère, à l'archiduchesse Marie-Léopoldine de Modène (1776 – 1848), de 52 ans sa cadette. La jeune épouse refusa tout contact physique avec lui et prit ouvertement des amants, notamment Maximilien, duc de Deux-Ponts, lointain cousin et successeur de son mari, ainsi que le comte de Montgelas, son principal ministre, en faveur desquels elle prit ouvertement parti contre son mari.

Un monarque bienfaisant et un prince catholiqueModifier

 
L'électeur de Palatinat en 1744.

Avant de devenir électeur palatin, il aurait soutenu l'électeur Charles-Albert de Bavière, pendant la guerre de Succession d'Autriche[2].

Au rétablissement de la paix en 1748, il ne s'occupa que du bien-être de ses sujets. Il fonda en 1757 à Mannheim une académie de dessin et de sculpture, puis en 1763 une académie des sciences et un cabinet d'antiquités, institutions qui attirent à elles de nombreux artistes, dont Joseph Fratrel[3].

Charles-Théodore a longtemps appartenu à la maçonnerie, avant de s'en éloigner sur les injonctions de son confesseur[4]. Le , il approuva l'édit ordonnant la dissolution des Illuminés de Bavière[5].

La guerre de Succession de BavièreModifier

Fin 1777, à la mort de l'électeur de Bavière Maximilien III Joseph, sans héritier, Charles-Théodore fut appelé comme chef de la branche cadette de la maison palatine à régner sur les États de Bavière, et fut accueilli à Munich en 1777.

Désirant échanger avec l'empereur Joseph II la Bavière contre les Pays-Bas autrichiens, plus proches de ses États patrimoniaux, il en fut empêché par ses héritiers de la branche de Deux-Ponts, soutenus par le roi de Prusse Frédéric II qui en prit prétexte pour s'opposer à la maison d'Autriche, et qui déclencha la guerre de Succession de Bavière dite « guerre des pommes de terre » (Kartoffelnkrieg, 1778 – 1779). La guerre finie et pour dédommager son allié, Charles-Théodore céda une minuscule partie de la Bavière à l'Autriche en vertu du traité de Teschen signé le 13 mai 1779.

Une seconde tentative d'échange en 1785 ne réussit pas davantage.

Une mort sans descendanceModifier

Veuf sans enfants légitimes en 1794, malgré son remariage avec l'archiduchesse Marie-Léopoldine de Modène (1776 – 1848), l'électeur Charles-Théodore mourut sans postérité en 1799, et ses États échurent à la maison de Deux-Ponts.

Notes et référencesModifier

  1. Elle est la fille aînée de Joseph Charles de Palatinat-Soulzbach et d'Élisabeth-Auguste de Palatinat-Neubourg (unique enfant survivante de Charles III Philippe et de sa première épouse Louise-Caroline Radziwiłł)
  2. En revanche, Charles III Philippe a voté au détriment de François-Étienne de Lorraine en faveur de l'électeur de Bavière Charles-Albert lors de l'élection impériale consécutive au décès de l'empereur Charles VI.
  3. Dictionnaire de biographie française, publié sous la direction de M. Prévot, Roman d'Amat, H. Tribout de Morambert, Paris, Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome XIV, pp. 1128-1129reproduit sur Art lorrain.
  4. Arnaud de la Croix, Les Illuminati. La réalité derrière le mythe, Éd. Racine, Bruxelles, 2014, p. 68-69.
  5. Encyclopédie de la franc-maçonnerie, Le Livre de poche, article « Illuminaten », p. 417-419.

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