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Ne doit pas être confondu avec la ville de Viborg au Danemark

Vyborg
(ru) Выборг
Blason de Vyborg
Héraldique
Drapeau de Vyborg
Drapeau
Vyborg
Vyborg depuis la tour Saint-Olaf du château de Vyborg.
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
Région économique Nord-Ouest
District fédéral Nord-Ouest
Sujet fédéral Drapeau de l'oblast de Léningrad Oblast de Léningrad
Maire Vassili Ossipov
Code OKATO 41 417
Indicatif +7 81378
Démographie
Population 80 896 hab. (2013)
Densité 793 hab./km2
Géographie
Coordonnées 60° 42′ nord, 28° 46′ est
Altitude 10 m
Superficie 10 200 ha = 102 km2
Fuseau horaire UTC+04:00
Divers
Fondation 1293
Statut Ville depuis 1403
Localisation

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Vyborg
Liens
Site web www.city.vbg.ru
Sources

Vyborg (en russe : Выборг, en finnois : Viipuri, en suédois : Viborg) est une ville de l'oblast de Léningrad, en Russie, et le chef-lieu administratif du raïon de Vyborg. Sa population s'élevait à 80 896 habitants en 2013.

La ville hanséatique est à la frontière entre les mondes slavo-russe et finno-scandinaves. Elle a changé plusieurs fois de domination, devenant soviétique à la fin de la Seconde Guerre mondiale, puis russe.

GéographieModifier

Vyborg est située sur l'isthme de Carélie, au fond de la baie de Vyborg, à 130 km au nord-ouest de Saint-Pétersbourg et à 38 km au sud de la frontière russo-finlandaise, à l'endroit où le canal de Saimaa entre dans le golfe de Finlande. Viipuri était sur une des branches de la Vuoksi qui s'est asséchée progressivement du XVIIe au XIXe siècle, à la suite du rebond post-glaciaire[1],[2],[3]. Au XVIIe siècle on disait encore que Viipuri était située au bord de la Vuoksi[4].

HistoireModifier

La CarélieModifier

La région était habitée par des Caréliens qui seront progressivement dominés par la République de Novgorod et la Suède. L'histoire de Vyborg liée à celle du fief de Viipuri et de son château de Vyborg bâti en 1293 par le maréchal suédois Torkel Knutsson pendant la troisième croisade de Finlande une période cruciale des conflits entre Suède et la République de Novgorod sur la domination de la Finlande[5]. Durant la guerre russo-suédoise de 1495-1497, le tzar Ivan III fit mettre le siège devant la ville à partir du 13 octobre 1495, mais la ville, alors suédoise, résista aux assauts moscovites avec une ténacité que l’historiographie s’est plu à célébrer. L'année suivante, les armées russes envahissent la Finlande jusqu'à Hämeenlinna et dévastent les régions traversées. En 1497, une trêve est conclue entre la Suède et la Russie.

Au traité de Nystad en 1721, la Suède finit par perdre la forteresse et la ville au profit de la Russie qui fait de Vyborg le chef-lieu du gouvernement de Vyborg jusqu'en 1812. Au XIXe siècle, alors qu'elle fait partie du Grand-Duché de Finlande, lui-même partie de l'Empire russe, la ville se développe comme le centre administratif, portuaire et commercial. En 1856, l'inauguration du canal de Saimaa est bénéfique pour l’économie locale et ouvre les espaces lacustres de la Finlande vers la mer.

La Finlande indépendanteModifier

La ville de Vyborg a donné son nom à la route qui la relie à Saint-Pétersbourg et de cette route, au faubourg pétersbourgeois industriel de Vyborgskaïa où, en février 1917, pendant la révolution russe, des dizaines de milliers d'ouvrières et d'ouvriers manifestent contre les rationnements puis se mettent en grève générale : la répression fait une centaine de morts et provoque des mutineries[6].

Profitant de la chute du tsarisme et de l'instauration de la république russe en février 1917, la Finlande déclare son indépendance. La guerre civile russe se traduit en Finlande par une guerre civile finlandaise : Viipuri (nom finnois de Vyborg) est d'abord tenue par les Gardes rouges finlandais qui y font régner la terreur rouge contre les bourgeois et les militaires de la ville, puis est reprise par la Garde blanche le 29 avril 1918 qui, à son tour, fait régner la terreur blanche, assassinant de 360 à 420 civils accusés d'être des bolcheviks : c'est le massacre de Vyborg (en) qui s'accompagne d'un nettoyage ethnique contre une partie des Suédois, des Russes, des Allemands, des Juifs finlandais, des Tatars de Carélie (en) et des Roms[7].

Dans la période d'entre-deux-guerres, Viipuri est la seconde ville de Finlande et le siège de la province de Viipuri. En 1939, elle compte 75 000 habitants.

La guerre d'hiverModifier

En 1939, l'Union soviétique alors liée à l'Allemagne nazie par le pacte germano-soviétique, attaque la Finlande : c'est la guerre d'hiver. Viipuri étant à portée de l'artillerie soviétique, plus de 70 000 habitants sont évacués de la ville vers la Finlande occidentale. La guerre d'hiver se conclut en 1940 par le traité de Moscou qui stipule que la Finlande doit céder à l'URSS Viipuri et l'isthme de Carélie après l'avoir vidé de ses habitants. Le 31 mars 1940, ces territoires sont intégrés dans la République socialiste soviétique carélo-finnoise. Comme la ville de Viipuri était encore gérée par les Finlandais, le reste de la population finlandaise soit 10 000 habitants doit être évacué hâtivement avant son absorption par l'URSS. Ainsi, pratiquement toute la population finlandaise de Viipuri a été évacuée et réinstallée dans d'autres lieux en Finlande. Viipuri est renommée Vyborg et devient le chef-lieu administratif du raïon de Vyborg.

Les réfugiés de la Carélie deviennent une force politique bruyante et leur désir de réintégrer leurs foyers est l'un des motifs qui pousseront la Finlande, comme la Roumanie à deux mille kilomètres plus au sud, à participer à l'attaque allemande contre l'URSS en juin 1941 : c'est la guerre de Continuation.

La guerre de continuationModifier

Le 29 août 1941, Viipuri est libérée par les troupes finlandaises et aussitôt le gouvernement finlandais la réintègre officiellement avec les autres régions cédées lors du traité de Moscou. Au début, l'armée finlandaise ne permet pas aux civils de revenir à Viipuri, car 3807 bâtiments sur 6287 avaient été détruits. Les premiers civils reviennent à partir de septembre 1941 et à la fin de l'année Viipuri a une population de 9700 habitants et en 1942, elle est de 16 000 habitants.

Environ 70 % des personnes évacuées de la Carélie finlandaise y retournent pour reconstruire leurs habitations détruites.

La période soviétiqueModifier

Les habitants seront à nouveau évacués en 1944, après l'offensive de Carélie de l'Armée rouge, qui se déroule en même temps que la bataille de Normandie. Au moment de cette offensive soviétique, Viipuri compte environ 28 000 habitants, qui sont évacués le 19 juin 1944 tandis que la défense de Viipuri est assurée par la 20e brigade. Le lendemain, la ville passe sous le contrôle de l'armée rouge, mais l'armée finlandaise stoppe l'avance soviétique à la bataille de Tali-Ihantala, la plus grande bataille menée par l'un des pays nordiques, qui se déroule au nord de Viipuri. La ville est très endommagée et de nombreux édifices historiques, telle la cathédrale luthérienne de Viipuri (fi), sont détruits. Le 19 septembre 1944, l'armistice de Moscou oblige la Finlande à céder davantage de territoires qu'elle ne l'avait fait par le traité de 1940 : outre la Carélie occidentale avec Viipuri, elle doit aussi céder les régions de Petsamo et de Salla, renonçant à son accès à l'océan Glacial Arctique.

Après la guerre, l'oblast de Léningrad englobe la partie méridionale de la région de Vyborg, transférée en novembre 1944 par la République socialiste soviétique carélo-finnoise[8]. En 1947, par le traité de paix de Paris, la Finlande renonce à toute prétention sur les territoires cédés par l'armistice de Moscou, s'oblige à payer une indemnité de 300 millions de dollars à l'URSS, et lui laisse pour 50 ans l'usage de la presqu'île de Porkkala pour y établir une base militaire.

Pendant la période soviétique, Vyborg est repeuplée par des personnes venant de toute l'URSS, dont beaucoup de familles de militaires et de garde-frontières, vue sa position proche de la frontière finlandaise. Les bases aéronavales de Pribilovo (en) et de Vechtchevo (en) sont situées à proximité.

GalerieModifier

ÉconomieModifier

Les principales entreprises de la ville sont :

  • OAO Kverner-Vyborg Verf (ОАО Квернер-Выборг Верфь) : construction navale. Chantier ouvert en 1947 ; 1 500 salariés[9].
  • ZAO Vyborgski TsBK (ЗАО Выборгский ЦБК) : films polymères, papier, etc.

Ville portuaire sur le golfe de Finlande, Vyborg est spécialisée dans le trafic de vrac avec un trafic de 2 millions de tonnes par an (2005)[10].

Vyborg est à l’extrémité du gazoduc Nord Stream qui relie Vyborg en Russie à Greifswald en Allemagne via la mer Baltique. Le gazoduc de 1 222 km de long, posé en 2011, est géré par Gazprom[11].

TransportsModifier

Transport ferroviaireModifier

La ligne menant d'Helsinki à Saint-Pétersbourg emprunte le chemin de fer Riihimäki – Saint-Pétersbourg qui passe par Vyborg. La liaison rapide de l'Allegro (Saint-PétersbourgHelsinki) et le train de nuit Tolstoï de la RZD (MoscouSaint-PétersbourgHelsinki) utilise tous les jours cette ligne.

Transport maritimeModifier

Le port de Vyborg traite 1,66 million de tonnes en 2014[12]. Le canal de Saimaa accueille un trafic de bateaux de plaisance entre Lappeenranta et Vyborg.

Transport routierModifier

La ville est traversée de plusieurs grandes autoroutes: l'autoroute fédérale M10 (partie de la route européenne E 18), les routes régionales A123 (Zelenogorsk - Primorsk - Vyborg), A124 et A125 , ainsi que les routes locales H52 et N53 .

PopulationModifier

Évolution démographiqueModifier

L'évolution démographie de Vyborg est indiquée par les recensements (*) ou estimations de la population[13] :

Évolution démographique
1815 1840 1850 1860 1870
2 7464 7378 6185 42110 619
1880 1890 1900 1910 1920
14 05520 76332 31227 50830 071
1930 1939 1959 1970 1979
55 75074 40351 08865 18875 573
1989 2002 2010 2012 2013
80 92479 22479 96280 65380 896
2014 - - - -
80 265----
 

Composition ethniqueModifier

Les groupes ethniques les plus nombreux tels que relevés par le recensement de 2009 sont[14]:

Année nombre
Taux
Russes Ukrainiens Biélorusses Tatars Azeris Juifs Tchouvaches autres Total
1959 nombre 47063 1602 943 165 ... 587 ... 728 51088
1959 % 92,1 3,1 1,8 0,3 ... 1,1 ... 1,4 100
1989 nombre 73607 2883 1664 378 128 304 139 1671 80774
1989 % 91,1 3,6 2,1 0,5 0,2 0,4 0,2 2,1 100
2002 nombre 71476 1879 1055 408 155 125 101 4025 79224
2002 % 90,2 2,4 1,3 0,5 0,2 0,2 0,1 5,1 100

Lieux et monumentsModifier

CultureModifier

ÉducationModifier

L'enseignement supérieur dans la ville est représentée par huit établissements universitaires dont:

ÉvénementsModifier

Fondé en 1993, le festival de film « Fenêtre sur l'Europe » est organisé chaque été dans la ville de Vyborg[15].

JumelagesModifier

Viipuri est jumelée avec les villes suivantes:


PersonnalitésModifier

GalerieModifier

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. (fi) Matti Saarnisto, Karjalan geologia – Karjalan luonnonmaiseman synty, p. 64-78 in Viipurin läänin historia I, Karjalan synty, Lappeenranta, Karjalan kirjapaino, (ISBN 952-5200-37-X)
  2. (fi) H. Parland, Viipurin ja sen ympäristön vesiväylien muutokset geologian ja historian valossa, p. 91-100, Helsinki, Association finlandaise des antiquités, (ISBN 951-9057-18-8)
  3. (Seppovaara 1984, p. 13-18)
  4. (Seppovaara 1984, p. 15)
  5. (en) Энциклопедия Города России, Moscow, Большая Российская Энциклопедия,‎ , 95 p. (ISBN 5-7107-7399-9)
  6. « 1917, le grand basculement », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le 21 avril 2018)
  7. Robert Schweitzer, Saksalainen Viipuri p. 22.
  8. (ru) « Histoire du quartier de Vyborg, l'histoire du territoire de Vyborg. (История Выборгского района, история Выборгской земли) », Municipalité de Vyborg de la région de Leningrad (consulté le 14 mars 2015)
  9. (en) vyborgshipyard.ru
  10. (fr) Mission économique du consulat de France.
  11. Site officiel
  12. (ru) « Архив данных по грузообороту », Direction des ports russes de la mer Baltique (consulté le 14 mars 2015)
  13. De 1815 à 1920 : (fi) « Suomen tilastollinen vuosikirja 1925, p. 9, tableau 11 », Kansalliskirjaston julkaisuarkisto Doria, Tilastollinen päätoimisto (consulté le 15 janvier 2014) — Pour 1930 et 1939 : (fi) Suomen tilastollinen vuosikirja 1940, p. 14, tableau 13. Kaupunkien, kauppalain ja taajaväkisten yhdyskuntain väkiluku vuosina 1815–1940 (Kirkonkirjoihin ja siviilirekisteriin merkitty väestö) — « Recensements et estimations de la population depuis 1959 », sur pop-stat.mashke.org(ru) « Office fédéral de statistiques, Recensement de la population russe de 2010 », sur www.ru(ru) « Population résidente par municipalité de la Fédération de Russie au 1er janvier 2012 » [rar], sur gks.ru(ru) « Population résidente par municipalité de la Fédération de Russie au 1er janvier 2013 » [rar], sur gks.ru.
  14. Итоги Всероссийской переписи населения 2002 года. Вып. 7. Национальный состав и владение языками, гражданство населения Ленинградской области: Статистический сборник. — СПб., 2007, с. 51—52.
  15. (ru) site officiel du festival Окно в Европу.

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier