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La russification de la Finlande (1899-1905, 1908-1917, (finnois : sortokaudet/sortovuodet (temps/années d'oppression en finnois) fut une politique gouvernementale de l'Empire russe visant à la suppression de l'autonomie de la Finlande[z 1]. Il s'agissait d'une partie d'un plus vaste programme de russification, menée par les gouvernements russes successifs entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, qui avait pour but l'abolition des différences culturelles et de l'autonomie administrative des minorités non russes de l'Empire.

Sommaire

L'annexion de la Finlande par la Russie tsaristeModifier

En 1808, la Russie conquiert la Finlande. Le 17 septembre 1809, par le traité d'Hamina la Suède doit donner la Finlande qui est annexée par la Russie. Le tsar Alexandre Ier donne l'assurance que la religion, les lois et les droits des Finlandais resteront en vigueur[k 1],[c 1],[p 1],[w 1]. La Diète de Finlande reconnait le Tsar Alexandre Ier de Russie comme Grand Duc. Le Grand-duché de Finlande est un pays indépendant organiquement relié à la Russie, sa forme de gouvernement assurant la liberté du peuple[p 2],[k 2],[t 1],[d 1],[k 3],[c 2]. Ainsi en particulier la constitution suédoise de 1772 (fi) demeure la constitution de la Finlande, même si elle est abrogée en Suède la même année. À la diète de 1816, Alexandre Ier, assure que l'engagement pris devant la diète de Porvoo engage aussi ses successeurs[p 3].

Première vague de russification (1899-1905)Modifier

Cette politique comprit différents actes et mesures tels :

Seconde vague de russification (1908-1917)Modifier

La résistance finlandaiseModifier

La politique de russification vit se constituer une forte résistance finlandaise, débutant par des pétitions et allant jusqu'à des grèves, un mouvement de résistance non violente (y compris le refus d'enrôlement dans les forces militaires), et parfois même jusqu'à des actes de résistance active, avec pour point d'orgue l'assassinat du gouverneur général Nikolai Ivanovich Bobrikov en juin 1904. Durant la guerre russo-japonaise, le soutien financier apporté par le Japon aux rebelles leur permit de s'armer, acquérant des milliers de fusils en vue d'une insurrection et à la constitution d'un État indépendant. Cependant, le bateau transportant la cargaison s'échoua sur les côtes et les armes, ainsi que le plan, tombèrent à l'eau. Par contre, lors de la Première Guerre mondiale, alors que la Russie et le Japon étaient alliés contre l'Allemagne, le gouvernement japonais fournit une liste des principaux leaders du mouvement indépendantiste, lesquels travaillaient désormais en collaboration avec l'Allemagne impériale.

Le gouvernement impérial procéda alors à une purge dans les instances de l'administration finlandaise, durcit la politique de censure et, d'avril 1903 à la révolution russe de 1905, donna des pouvoirs d'ordre dictatorial au gouverneur général. La campagne de résistance rencontra un certain succès, avec notamment l'annulation de facto de la loi de conscription. Rétrospectivement, la résistance finlandaise à la politique de russianisation constitue un des principaux éléments qui menèrent la Finlande à déclarer son indépendance en 1917.

La politique de russification fut suspendue, et pratiquement inversée, entre 1905 et 1907, pendant la période de troubles ayant suivi la révolution de 1905 et la défaite russe face aux Japonais. La russification fut relancée en 1908, réduisant à nouveau drastiquement l'autonomie de la Finlande et relançant les pratiques de résistance des populations, avec notamment la constitution des troupes de Jäger finlandais. Certaines des mesures furent à nouveau levées entre 1914 et 1917, mais des documents officiels secrets, publiés par la presse finlandaise en novembre 1914, montraient que le gouvernement russe prévoyait la russification totale de la Finlande.

Liens externesModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

  • Cederberg, A. R.: Suomen uusinta historiaa 1898-1942. WSOY, Porvoo, 1943.
  1. Cederberg, Suomen uusinta historiaa, p. 9
  2. Cederberg, p. 9
  1. Johan Richard Danielson-Kalmari, Suomen yhdistäminen Venäjän valtakuntaan, p. 2
  • Klinge, Matti: Keisarin Suomi. Schildts Miktor, 1997. (ISBN 951-50-0682-1)
  • Korhonen, Arvi (toim.): Suomen historian käsikirja II. Wsoy, 1949
  1. Klinge, Keisarin Suomi, p. 17
  2. Korhonen, Suomen historian käsikirja 2, p. 49-52, 63-65
  3. Klinge, Keisarin Suomi, p. 16-17
  • Parmanen, Eino I.: Taistelujen kirja I-II. Wsoy 1936, 1937
  • Puntila, L. A.: Suomi ja Venäjä. Johan Richard Danielson-Kalmari ja hänen aikalaisensa Suomen aseman puolustajina. Sanoma Oy, Keuruu, 1953.
  • Puntila, L. A.: Suomen poliittinen historia 1809–1955. Otava, Keuruu, 1963.
  1. Puntila, p. 24
  2. Parmanen,Taistelujen kirja I, p. 32
  3. Puntila, p. 25
  1. Tommila,Venäläinen sortokausi Suomessa, p. 19
  • Wegelius K. A.: Routaa ja rautaa 1. WSOY, Helsinki, 1926
  1. Wegelius 1, p. 15
  1. Suomen historian pikkujättiläinen, p. 549–552