Ouvrir le menu principal

Fouine

espèce d'animaux

Martes foina • Martre furet boréal, Fouine d'Europe

Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'animal. Pour le filet de pêche, voir Fouine (pêche). Pour le chanteur, voir La Fouine.

La Fouine (Martes foina) est une espèce de mammifères carnivores d'Europe et d'Asie, au pelage gris-brun, courte sur patte et de mœurs nocturnes. C'est une martre (ou marte) faisant partie de la famille des Mustélidés, au même titre que la belette, le blaireau, la loutre, le putois ou le furet, petits mammifères carnivores se caractérisant souvent par leur odeur forte.

HistoireModifier

Dans l'Antiquité, les fouines étaient domestiquées pour la chasse aux animaux considérés comme nuisibles tels par exemple les autres mustélidés ou les serpents.

DénominationsModifier

  • Nom scientifique valide : Martes foina (Erxleben, 1777) [1].
  • Nom recommandé ou typique en français : Fouine[2],[3],[4],[5],[6],[7].
  • Autres noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Fouine d'Europe[5] ou encore Martre fouine[5],[7](ou Marte fouine[5]).
  • Noms vernaculaires (langage courant), pouvant désigner éventuellement d'autres espèces : dans certaines régions du centre et de l'Ouest de la France (comme la Charente ou la Vendée par exemple), on l'appelle un fouin ou un chafouin (chat fouin)[8]. En anglais, on nomme cet animal « Beech marten ».

DescriptionModifier

Sa longueur va de 40 à 54 centimètres et son poids se situe entre 1,1 et 2,3 kilogrammes. La fouine a une espérance de vie de 3 à 12 ans, l'âge maximal en liberté étant de 10 ans. En captivité ou en élevage, elle peut toutefois atteindre l'âge de 18 ans.

Même si elles ne sont pas interfécondes, la Fouine (Martes foina) et la Martre des pins (Martes martes) sont très proches, à tel point que lors d'une observation la confusion est possible . Le critère le plus direct pour déterminer l'animal observé consiste à observer la couleur du pelage située sous la gorge, sur le poitrail et le haut des pattes. Chez la martre une tache claire de couleur jaunâtre est observable sur le poitrail, alors que chez la fouine cette tache est franchement blanche, couvrant la gorge, le haut des pattes antérieures et le poitrail (voir l'article sur la martre des pins pour d'autres critères d'identification).

Une autre méthode généralement admise pour différencier une Fouine et une Martre des pins : le dessous des pattes de martres est poilu au contraire de celui des fouines. Cette spécificité peut aussi être détectée à la lecture des empreintes dans un sol meuble.

Écologie et comportementModifier

Comportement socialModifier

Les fouines sont des animaux solitaires, comme la plupart des autres espèces de martres. Elles évitent leurs congénères en dehors des périodes de reproduction. Il s'agit d'animaux territoriaux qui marquent leur territoire avec des sécrétions et le défendent au moins contre d'autres fouines de même sexe. La grandeur du territoire est variable, mais reste inférieure à celui de la Martre des pins. Leur grandeur va de 0,5 à 4 km2 et varie en fonction du sexe (les territoires des mâles sont plus grands que ceux des femelles), de la saison (ils sont plus petits en hiver), de l'habitat (ils sont plus grands en campagne qu'en ville) et de la nourriture disponible. Leur activité est surtout nocturne. L’espérance de vie de la fouine est d’approximativement douze ans[9].

AlimentationModifier

La fouine est opportuniste et se nourrit, selon les saisons, de petits mammifères, de fruits, d'oiseaux, d'œufs, de déchets trouvés près des habitations.

ReproductionModifier

 
Portée de trois petits, dans la remise d'une ferme, en Bulgarie.

La femelle met bas une fois par an, en mars ou avril, bien que l'accouplement ait eu lieu durant l'été précédent (juin à août). Cette période de huit mois est due à la dormance, mais le temps effectif où la femelle porte ses petits est d'un mois. La portée de la fouine compte de deux à cinq petits qui naissent aveugles et nus. Ils ouvrent les yeux après un mois, sont sevrés après deux mois et sont indépendants à l'automne. La maturité sexuelle est atteinte entre quinze et vingt-sept mois.

Répartition et habitatModifier

 
Aire de répartition de la fouine dans le monde.

On trouve des fouines dans une grande partie de l'Eurasie. Son aire de répartition va de l'Espagne à la Mongolie, en passant par l'Europe du Sud et l'Europe centrale et l'Asie centrale. La fouine est absente des îles Britanniques. Une population de fouines a également été introduite dans l'État américain du Wisconsin dans le but de commercialiser leurs fourrures.

La fouine est capable d'occuper des milieux très variés. Elle vit spécialement dans la campagne (bois et vergers) mais aussi à proximité des habitations et jusque dans les villes, gîtant dans les granges et les greniers. Elle grimpe bien mais ne se risque pas aussi haut que la Martre des pins, plus liée à la forêt. Il s'agit d'ailleurs de la seule espèce de martre à ne pas vivre exclusivement dans la forêt.

SystématiqueModifier

SynonymeModifier

  • Mustela fouina Erxleben, 1777 (basionyme).
  • Martes domestica Pinel 1792.

TaxinomieModifier

Liste des sous-espèces

Selon Mammal Species of the World (version 3, 2005) (9 juin 2013)[13] et Catalogue of Life (9 juin 2013)[14] :

  • sous-espèce Martes foina bosniaca (Brass, 1911).
  • sous-espèce Martes foina bunites (Bate, 1906).
  • sous-espèce Martes foina foina (Erxleben, 1777).
  • sous-espèce Martes foina intermedia (Severtzov, 1873).
  • sous-espèce Martes foina kozlovi (Ognev, 1931).
  • sous-espèce Martes foina mediterranea (Barrett-Hamilton, 1898).
  • sous-espèce Martes foina milleri (Festa, 1914).
  • sous-espèce Martes foina nehringi (Satunin, 1906).
  • sous-espèce Martes foina rosanowi (Martino & Martino, 1917).
  • sous-espèce Martes foina syriaca (Nehring, 1902).
  • sous-espèce Martes foina toufoeus (Hodgson, 1842).

La fouine et l'HommeModifier

Menaces pour l'espèceModifier

Les anticoagulants utilisés contre les rongeurs ont pour effet d'empoisonner toute la chaîne alimentaire qui s'en nourrit. En effet, l'empoisonnement par anticoagulants n'est pas radical. Les victimes agonisent pendant de longues heures et ce, plusieurs jours après la consommation du poison. Or, le propre des prédateurs étant de s'attaquer prioritairement aux animaux les plus faibles, les fouines notamment s'empoisonnent donc à leur tour en consommant des rats, mulots, souris et autres rongeurs agonisants et donc faciles à chasser. De plus, bien souvent, les luttes contre les rongeurs ont lieu généralement au printemps, période de forte augmentation des populations. C'est également la période où les fouines mettent bas. Ainsi, lorsqu'une fouine meurt d'empoisonnement en avril-mai, la probabilité de survie de sa progéniture est très faible.

Dégâts causésModifier

Il lui arrive de dévaster un poulailler lorsqu'elle est à la recherche d'œufs. Excitée par la panique créée chez les poules, elle tue tout ce qui bouge. Bien qu'elle soit essentiellement carnivore, les produits végétaux (baies et fruits) constituent une part importante de son alimentation.

Elle s'attaque aux circuits électriques des voitures et à l'isolation des maisons, et elle ronge également le caoutchouc. Elle est pour cela souvent considérée comme « nuisible ». À l'inverse, à l’époque de la Rome antique, elle était adoptée pour capturer les souris et dératiser les habitations. Elle joue encore aujourd'hui un rôle de police sanitaire aux abords des habitations humaines.

La fouine aime vivre à proximité des habitations humaines ou sous le toit des maisons. Par sa présence et son activité nocturne, elle peut déranger les habitants soit en rongeant ou en déchiquetant des matériaux isolants (gaines de câbles, isolation thermique...), soit par les cris ou cavalcades en période de rut, soit par les odeurs des déjections ou des charognes qu'elle laisse derrière elle[15],[16]. Elle peut aussi s'attaquer aux petits animaux d'élevage, notamment aux poulaillers, et les chasseurs lui reprochent également de tuer les mêmes proies qu'eux, ils cherchent donc à en limiter le nombre[17].

LutteModifier

Le premier moyen de lutte consiste à empêcher au maximum les fouines d'entrer dans les habitations ou les poulaillers, par la pose de grillages ou de cônes et colliers anti-prédateurs sur les chemins d'accès aux combles. Il est possible aussi de les dissuader de rester en utilisant des répulsifs (bruits aléatoires, éclairage, odeurs, ultrasons...). En cas de nuisance importante, le recours au piégeage ou à l'élimination radicale des individus est régi par les législations locales[15].

Statut de protectionModifier

La fouine n'est pas une espèce menacée à l'échelle mondiale. Elle est classée comme préoccupation mineure (LC = Least Concern) par l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

L'espèce est inscrite à l'annexe III de la CITES.

En France, la fouine était encore inscrite en 2009 sur la liste d'espèces susceptibles d'être classées nuisibles, ponctuellement et localement. Cet arrêté a été abrogé en 2012[18].

Le Conseil d'Etat a annulé dans une décision du 30 juillet 2014 (applicable immédiatement) le classement en espèce nuisible pour la fouine en Dordogne, dans le Rhône, l’Isère, la Seine-Maritime et l’Eure-et-Loir.

Notes et référencesModifier

  1. ITIS, consulté le 9 juin 2013
  2. Nom vernaculaire français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen.at
  3. Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  4. Voir définition donnée par le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française.
  5. a b c et d (en) Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. (ISBN 0444518770), 9780444518774. 857 page Rechercher dans le document numérisé
  6. Voir cette espèce sur le site Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN)
  7. a et b (en) Nom en français d’après Animal Word List, Liste d’animaux du monde (français, latin, anglais, suédois).
  8. chafouin dans le Dictionnaire de patois vendéen de Troospeanet, consulté le 15 janvier 2015.
  9. http://animal.cheloniophilie.com/Fiches/Fouine.php.
  10. Erxleben, J. C. P. 1777. Systema regni animalis per classes, ordines, genera, species, varietates, cum synonymia et historia animalium. Classis I. Mammalia. Weygandianis, Lipsiae, 1:458
  11. « Fouine », sur Le trésor de la langue française informatisé, site de l'ATILF CNRS (consulté le 19 mai 2015)
  12. Pinel, 1792, Actes Soc. Hist. Nat. Paris, 1: 55.
  13. Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le 9 juin 2013
  14. Catalogue of Life, consulté le 9 juin 2013
  15. a et b Léon Bourdouxhe, la fouine, édition Claude Delbeuck, DGARNE, janvier 2012, sur le Portail environnement de Wallonie
  16. François Leger, La fouine, collection approche, éditions Lavoisier, 2006
  17. Philippe Lustrat, La fouine (Martes foina Erxleben, 1777) en milieu urbain dans le sud seine et marnais (Contribution à l’étude de la répartition de la fouine en Ile de France)
  18. Arrêté du 3 avril 2012 pris pour l'application de l'article R. 427-6 du code de l'environnement et fixant la liste, les périodes et les modalités de destruction des animaux d'espèces susceptibles d'être classées nuisibles par arrêté du préfet JORF n°0098 du 25 avril 2012 page 7350, texte n° 7, sur le site de Légifrance. Consulté le 29 septembre 2013.

AnnexesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Article connexeModifier

BibliographieModifier

  • Vivre avec la fouine, bulletin mensuel de l’Office National de la Chasse, no 105.
  • Eco-éthologie de la fouine dans le Jura suisse, thèse de doctorat de Nicole Lachat Feller, Université de Neuchâtel, Suisse.
  • Mermod C. & P. Marchesi (1988). Les petits carnivores. Atlas visuel, éd. Payot, Lausanne, 64 p.
  • La fouine, R. Libois & A. Waechter, SFEPM, Encyclopédie des carnivores de France, 1990.
  • Fiche informative sur la fouine : http://animal.cheloniophilie.com/Fiches/Fouine.php.
  • Jan Herr et Laurent Schley, La fouine au Luxembourg, Luxembourg, Administration des Eaux et Forêts et Musée National d’Histoire Naturelle, , 1re éd., 44 p. (ISBN 978-2-9599675-3-5, lire en ligne). Cette brochure décrit notamment la cohabitation entre fouines et humains au Grand-Duché de Luxembourg, synthétisant pour un large public les résultats d'une thèse de doctorat réalisée sur ce sujet.

Références taxinomiquesModifier

Liens externesModifier