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République socialiste soviétique autonome de Tchétchénie-Ingouchie

République socialiste soviétique autonome de Tchétchénie-Ingouchie
Чечено-Ингушская Автономная Советская Социалистическая Республика (ru)
Нохч-ГІалгІайн Автономни Совецки Социалистически Республика (che)
Нохч-ГІалгІай Автономни Советски Социалистически Республика (inh)

1936 – 1944
1957 – 1991

Drapeau
Drapeau de la RSSA tchétchéno-ingouche (1978-1991).
Blason
Emblème de la RSSA tchétchéno-ingouche.
Devise en russe : Пролетарии всех стран, соединяйтесь! (« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »)
Hymne Чечено-Ингушетия моя
Description de l'image Soviet Caucasus map.svg.
Informations générales
Statut République socialiste soviétique autonome
Capitale Grozny
Langue Russe
Tchétchène
Ingouche
Monnaie Rouble soviétique
Histoire et événements
1936 Création.
1944 Dissolution.
1957 Restauration.
Proclamation d'indépendance de la Tchétchénie.

La république socialiste soviétique autonome de Tchétchénie-Ingouchie, ou RSSA tchétchéno-ingouche, RSSA de Tchétchéno-Ingouchie (russe : Чечено-Ингушская АССР), était une république autonome au sein de la république socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR). Sa capitale était Grozny.

Au recensement de 1979, son territoire s'étend sur 19 300 km2 et on dénombre 1 277 000 habitants, dont 611 000 Tchétchènes, 135 000 Ingouches, le reste étant des Russes et d'autres groupes ethniques.

HistoriqueModifier

En 1810, l'Ingouchie rejoint la Russie impériale et en 1859 la Tchétchénie est annexée à la Russie, au cours de la longue guerre caucasienne de 1817-1864.

Après la révolution russe de 1917, les Tchétchènes et les Ingouches, séduits sinon par la promesse d'autodétermination faite par le bolchevisme[1], du moins par celle d'une large autonomie les laissant s'administrer conformément à la charia sans intervention du gouvernement central dans leurs affaires[2], rejoignent la République soviétique des montagnes le . Le , l'oblast autonome tchétchène en est séparé. Le , l'oblast autonome ingouche en est séparée. Ils sont ensuite réunis dans l'oblast autonome tchétchène-ingouche, qui est réorganisé en RSSA de Tchétchénie-Ingouchie le .

Désillusionnés par le régime soviétique, les Tchétchènes et les Ingouches s'opposent à la soviétisation par une série de guérillas tant et si bien qu'en 1938, une note envoyée de Grozny à Beria, chef de la police politique et bras droit de Staline, constate : « La république de Tchétchénie-Ingouchie est le seul endroit dans l'URSS où se maintient le banditisme, qui plus est sous des formes si ostensibles et ouvertement contre-révolutionnaires. »[3]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1942-1943, la Tchétchénie-Ingouchie échappe à l'occupation allemande, sauf la petite ville de Malgobek située à sa frontière occidentale et peuplée à l'époque de Russes[4], et de 17 000 à 40 000[5] Tchétchènes et Ingouches combattent dans l'Armée rouge.

En 1944, Staline dissout la république, en déportant toute la population tchétchène et ingouche en Asie centrale et en Sibérie sous l'accusation de collaboration avec les Allemands. Pas moins[6] d'un tiers de la population (environ 170 000 personnes) périt dans les convois ou en déportation[7]. Puis la Tchétchénie-Ingouchie est restaurée par Khrouchtchev en 1957.

En novembre 1990, la république a publié la déclaration de sa souveraineté et en 1991, elle est divisée en Tchétchénie de facto indépendante et en république d'Ingouchie demeurant dans le giron russe.

Notes et référencesModifier

  1. Voir Mir-Yacoub, Le problème du Caucase, Paris : Librairie orientale et américaine, 1933, p. 149–151 et 153–156.
  2. (ru) А[бдурахман] Авторханов, Народоубийство в СССР : Убийство чеченского народа, Мюнхен, Свободный Кавказ,‎ (lire en ligne), p. 20.
  3. (ru) Павел Полян, « Коса и камень: конфликтный этнос в крепчающих объятиях Советской власти », Звезда, no 12,‎ (lire en ligne, consulté le 27 juin 2016): « Чечено-Ингушская Республика является единственным местом в СССР, где сохранился бандитизм, тем более в таких открытых, явно контрреволюционных формах. »
  4. Boris Souvarine, « L'URSS et l'islam », Le Contrat social, Paris, Institut d'Histoire sociale, vol. III, no 3,‎ , p. 146–147 (lire en ligne).
  5. Dmitrievsky et al. 2009, p. 74.
  6. Dmitrievsky et al. 2009, p. 78.
  7. Milana Terloeva, Danser sur les ruines : Une jeunesse tchétchène, Paris, Hachette Littératures, 2006, p. 205.

BibliographieModifier

  • (ru) С. М. Дмитриевский, Б. И. Гварели et О. А. Челышева, Международный трибунал для Чечни : Правовые перспективы привлечения к индивидуальной уголовной ответственности лиц, подозреваемых в совершении военных преступлений и преступлений против человечности в ходе вооруженного конфликта в Чеченской Республике, vol. 1, t. I-V, Нижний Новгород,‎ , 530 p. (lire en ligne [PDF]).