Histoire du Caucase

L'histoire de la région du Caucase concerne deux entités :

À l'époque moderne, le sud Caucase ainsi qu'une partie du nord (Daghestan) a appartenu à l'empire perse. La Russie a conquis et annexé la totalité de la région au XIXe siècle.

PaléolithiqueModifier

Épipaléolithique et MésolithiqueModifier

Au Pléistocène supérieur, les populations qui peuplent la régions, nommés chasseurs-cueilleurs du Caucase (CHG), forment un groupe génétique différent des deux autres pôles de populations constituées par les populations anatolienne et levantine d'une part et de l'autre, celles vivant sur le territoire de l'Iran actuel[1].

NéolithiqueModifier

La néolithisation du Caucase a commencé dans les plaines inondables du Caucase du Sud au 6ème millénaire avant notre ère et se répand dans l'ouest/nord-ouest au cours du millénaire suivant. Cette néolithisation s'accompagne de migrations de populations venant tant du plateau iranien que de l'Anatolie qui s'intègrent aux populations locales[1].

Ces communautés préhistoriques pratiquaient l'agriculture et l'élevage et étaient au moins en partie sédentaires. Différentes variétés de céréales étaient cultivées (blé, orge, froment, millet). Le stockage de ces dernières dans des silos a été formellement démontré à Göytepe en Azerbaïdjan[2] et est probable dans d'autres sites. Les communautés préhistoriques produisaient également des lentilles et des pois.

La poterie est quasiment absente dans certains des plus anciens sites de cette culture. Même dans les phases de développement ultérieures, elle demeure rare. Il s'agit pour l'essentiel de vases assez grossiers. Certains présentent des décors géométriques et anthropomorphes en relief.

ChalcolithiqueModifier

Âge de bronzeModifier

La culture Kouro-Araxe (environ 3 400 et 2 000 ans AEC, s'est développée essentiellement dans le sud du Caucase, dans l'est de l'Anatolie et dans le nord-ouest de l'Iran. Elle se serait formée localement à partir des traditions des communautés locales tout en incorporant des traditions et des influences culturelles d'autres régions. Cependant, selon Giulio Palumbi, la céramique rouge et noire typique de cette culture serait originaire d'Anatolie orientale, puis se serait diffusée vers le Caucase où elle se serait mélangée aux traditions locales[3].

La population est avant tout constituée d'agriculteurs-éleveurs. L'élevage des bovins et des moutons et, dans une moindre mesure, des chèvres, constitue une des principales activités. L'élevage des chevaux se développe durant une phase tardive mais était sans doute présent dès le départ[4]. L'importance des cultures témoigne d'un mode de vie sédentaire dans la plupart, sinon toutes, les régions sur lesquelles s'étend cette culture. La viticulture en lien avec la production de vin est attestée dès cette période. La céramique caractéristique de la culture kouro-araxe, de très bonne qualité, est de couleur rouge et noire. La forme des pots se distingue de celle des pots des cultures chalcolithiques précédentes. Ces nouvelles formes suggèrent des usages différents et des traditions culinaires distinctes, par exemple l'importance des aliments bouillis de type ragout.

Au nord du Caucase, la culture de Maïkop s'étend en Ciscaucasie à partir de la péninsule de Taman, jusqu'aux contreforts du Grand Caucase et du littoral de la mer Noire (anciennement Pont-Euxin), jusque vers l'actuelle Tchétchénie à l'est. Elle subit l'influence de la culture Kouro-Araxe. Elle est surtout connue pour ses pratiques d'inhumation : sépultures bordées de pierres et surmontées d'un kourgane. Dans cette culture apparaissent les premiers kourganes. Maïkop est remarquable par l'abondance des objets de bronze finement décorés, ainsi que des objets d'or et d'argent.

L'économie de ces tribus est basée sur l'agriculture par la houe (en pierre ou en bronze) et l'élevage de troupeaux bovins ou ovins, ainsi que de chevaux et de porcs. La cueillette joue aussi manifestement un certain rôle. Les établissements humains sont de peu de durée et sont constitués de huttes de planches jointes par de l'argile, de forme carrée ou ovale, d'environ 5 m2. Ils utilisent la roue et se déplacent en chariots. Un chariot a notamment été découvert dans le kourgane de Starokorsunskaya dans le Kouban au nord du Caucase[5]. L'agriculture est souvent faite en terrasses, ce qui constitue un des exemples les plus anciens du monde.

La commune de Martkopi (Martqopi) est réputée pour la découverte, dans la vallée d'Ulaveri, de plusieurs riches kourganes funéraires, marquant le début de la culture des kourganes de la Transcaucasie centrale. La culture de Martkopi peut être datée d'environ 2550 AEC.

Âge de ferModifier

AntiquitéModifier

Moyen ÂgeModifier

Époque moderneModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b (en) Chuan-Chao Wang et al., Ancient human genome-wide data from a 3000-year interval in the Caucasus corresponds with eco-geographic regions, Nature Communications, volume 10, Article numéro: 590, février 2019
  2. Kadowaki S., Maher L., Portillo M., Albert R. M., Akashi C., Guliyev F., Nishiaki Y., 2015, Geoarchaeological and palaeobotanical evidence for prehistoric cereal storage in the southern Caucasus: the Neolithic settlement of Göytepe (mid 8th millennium BP), Journal of Archaeological Science, vol. 53, p. 408-425
  3. (en) Potts D. T., 2012, A Companion to the Archaeology of the Ancient Near East, p. 677
  4. (en) D. W. Anthony, The Horse, the Wheel, and Language: How Bronze-Age Riders from the Eurasian Steppes Shaped the Modern World, Princeton University Press, (ISBN 1400831105), 2010, p.298
  5. (en) Christoph Baumer, The History of Central Asia: The Age of the Steppe Warriors, I.B.Tauris, 2012 (ISBN 1-7807-6060-4) p. 90