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Entête d'un article du Times de 1903 sur les pogroms de Kichinev.

Le mot pogrom (d'origine russe : погром) signifie détruire, piller. Il est utilisé spécifiquement dans plusieurs langues pour décrire les attaques accompagnées de pillages et d'effusion de sang contre les Juifs en Russie, perpétrées par la majorité Chrétienne, sans réaction des autorités ou avec leur assentiment, entre 1881 et 1921[1]. Il désigne aussi, de façon générale, des violences et des émeutes sanglantes dirigées par une partie de la population contre des minorités ethniques, religieuses ou d'origine différente de cette population.

Concernant les pogroms menés contre les Juifs, des violences similaires, mais d'ampleur plus limitée, surviennent à la même époque en Allemagne, en Autriche, en Roumanie et dans les Balkans[1]. Raul Hilberg définit le pogrom comme « une brève explosion de violence d'une communauté contre un groupe juif qui vit au milieu d'elle-même »[2].

En Europe, l'antisémitisme à l'origine des pogroms peut se nourrir du vieil antijudaïsme chrétien[3], de la séparation religieuse, de l'intolérance.

Certains mouvements nationalistes extrémistes peuvent se doubler de fanatisme religieux et sont toujours attisés par les guerres et les crises économiques durant lesquelles les populations sont plus faciles à entraîner dans le syndrome du « bouc émissaire »[4].

Sommaire

Violences et massacres dans le bassin méditerranéen et en Europe avant 1880Modifier

 
Juifs brûlés vifs à Deggendorf en Bavière et à Sternberg et Mecklenburg (Allemagne) en 1492, Chroniques de Nuremberg, 1493.

Pour Léon Poliakov[5] ou Gérald Messadié[6], le premier pogrom eut lieu en 38 lors des Émeutes antijuives d'Alexandrie.

Le Dictionnaire de la Shoah affirme que les premiers pogroms sont dus aux chevaliers de la première croisade en 1096[7],[8]. Il s'agit en fait du début d'une longue série de massacres qui émaille l'Europe pendant tout le Moyen Âge. Mais des pogroms sur le continent européen ont eu aussi lieu en Espagne musulmane, en 1013 à Cordoue[9], en 1066 et 1090 à Grenade ou en 1506 à Lisbonne au Portugal[10] qui a causé 2 000 morts.

Dans l'Est de l'EuropeModifier

Les Juifs ashkénazes sont présents en grand nombre dans l'Est de l'Europe depuis les XIIIe et XIVe siècles. Ils y ont joui d'un statut relativement favorable jusqu'en 1646, date du soulèvement des Cosaques zaporogues et de la population ruthène conduit par Bohdan Khmelnytsky. De nombreux massacres secouent l'Ukraine pendant deux ans, touchant les populations catholiques et, plus encore, les Juifs. Près de 100 000 Juifs périssent[11]. Les Juifs subissent de nouveaux massacres lors de l'invasion de la Pologne-Lituanie entre 1654 et 1656 par les armées tsaristes. Après l'annexion d'une grande partie de la Pologne par la Russie, celle-ci abrite cinq millions de Juifs.

Des violences antisémites se déroulent encore à Odessa en 1821, 1859 et 1871 mais on ne parle pas encore de pogroms.

Le , débutent les émeutes Hep-Hep à Wurtzbourg en Bavière. Ces émeutes antijuives se propagent en Allemagne durant l’été 1819, pendant lequel la foule pille les maisons et les magasins des Juifs.

 
Le massacre des Juifs de Sélestat (Bas-Rhin) en 1349. Illustration de 1628.
 
Le Pogrom juif de Strasbourg en 1349, peinture de E. Schweitzer, 1894.

En FranceModifier

L’appel à la Croisade d’Urbain II en 1095[12] déclenche une série de persécutions - qu'on n'appelle pas encore pogroms - de la part de milliers de paysans et de barons croisés envers les communautés juives de France et de Rhénanie. Malgré des oppositions de l’Église, ces croisades populaires massacrent et pillent en 1096 en Saxe, Bohême, Prague, Lorraine, Hongrie, Allemagne, puis en 1146 à Worms, Mayence, Strasbourg et encore en 1194[13] en Angleterre, en France en 1251[14], ou en Aragon (Espagne) en 1320[15]. Ces événements[16] ayant fait des milliers de victimes ont laissé des traces dans les chroniques juives[17] du Moyen Âge,

D'autres attaques de communautés juives auront lieu sporadiquement en France jusqu'au climax de la Shoah : Lors de la Grande peste de 1348, contre les juifs de Paris en 1380 et 1382[18], durant la période de l'Inquisition au XV°-XVII° siècles avec ses auto da fés[19], sous la Terreur où des synagogues d'Alsace sont mises à sac[20] .

Le dernier pogrom antisémite en France a eu lieu le à Durmenach[21],[22] et sa région dans le Haut-Rhin. Il est également appelé Juden Rumpel ou Judenrumpell[23]. Un odonyme (Rue du 29-Février) rappelle cet événement.

Les pogroms en RussieModifier

Dans l'Empire russeModifier

Article détaillé : Pogroms en Russie.
 
Cinq des 49 victimes du pogrom de Chisinau (Moldavie) en 1903.

La première vague de massacres désignés comme « pogroms » eut lieu entre 1881 et 1884. Alexandre III, qui succède à son père Alexandre II assassiné, met fin à la politique libérale de ce dernier. Conseillé par son ancien précepteur, Constantin Pobiedonostsev, devenu procureur du Saint-Synode, il mène dès son avènement une politique réactionnaire et antisémite. Les Juifs sont rendus responsables de l'assassinat de l'empereur précédent. La politique du gouvernement au sujet des Juifs tient dans ce programme : « Un tiers des Juifs sera converti, un tiers émigrera, un tiers périra[11] ». En 1881 éclatent plus de cent pogroms : les principaux sont ceux d'Elisabethgrad le , de Kiev le 26 avril, d'Odessa du 3 au [24], de Varsovie, alors possession russe entre décembre 1881 et janvier 1882 et de Balta le [25]. Les populations locales chrétiennes, soutenues et souvent incitées par la police du tsar, attaquent les communautés juives de la ville ou du village avec l'approbation des autorités civiles et religieuses. Aux destructions et pillages des biens des Juifs s'ajoutaient les viols et les assassinats. La troupe n'arrive souvent que trois jours après le début du pogrom et il arrive qu'elle y participe. Le gouvernement russe utilise les pogroms pour limiter les droits économiques des Juifs et les expulser des villages.

 
Les cadavres des victimes du pogrom de 1906 dans la cour de l'hôpital juif de Bialystok (Pologne).

Entre 1903 et 1906, la sécheresse provoque de mauvaises récoltes qui font monter le prix des denrées, et la Russie traverse une grave crise révolutionnaire. Dans ce contexte, une deuxième vague de pogroms frappe les populations juives entre 1903 et 1906. Les plus importants sont ceux de Kichinev le , de Jytomyr en mai 1905 et de Białystok le . À Kichinev, où la presse et les autorités alimentent des rumeurs antisémites depuis plusieurs mois, c'est le meurtre d’un jeune chrétien, Mikhail Rybalenko, qui met le feu aux poudres. Accusés de crime rituel, les Juifs subissent un pogrom de trois jours - le gouverneur ayant donné l'ordre à la police de ne pas intervenir. Après le pogrom d'avril 1903, les Juifs de Kichinev organisent des comités d'autodéfense. C'est l’une des premières tentatives d’autodéfense dans l’histoire moderne des Juifs, mais cela n'empêche pas 19 d’entre eux de périr lors de nouvelles attaques les 19 et [26]. Isaac Babel a décrit le pogrom survenu en 1905 à Moldoveanca (en russe Moldavanka, faubourg d’Odessa peuplé de Juifs, de Moldaves, d'Arméniens, de Pontiques, et qui sera à nouveau le théâtre de massacres en 1941)[27].

Dans la Russie révolutionnaireModifier

 
L'après-pogrom de Fastiv (Ukraine) en 1919.

Dans cette situation tendue, de nombreux jeunes Juifs rejoignent ce qu’Alain Brossat et Sylvia Klingberg ont appelé le « Yiddishland révolutionnaire »[28], c’est-à-dire des mouvements socialistes comme le « Bund » ou radicaux comme le Parti bolchevik. Ces derniers, en particulier en Pologne orientale, Ukraine, Bessarabie et dans les pays baltes, s’engagent après la Révolution russe de février 1917, du côté communiste, soutiennent la prise du pouvoir par les bolcheviks, combattent dans l’Armée rouge durant la guerre civile russe et certains rejoignent la Tchéka pour défendre la Révolution. Pour leurs adversaires, tous les Juifs de ces régions sans exception sont des ennemis à abattre (on les accuse alors de « judéo-bolchevisme »), et continuent à être persécutés par les anti-bolcheviks de toute obédience : on compte des milliers de victimes de pogroms pendant la guerre civile russe de 1918 à 1921. Des bandes de paysans en lutte contre l’Armée rouge et ses réquisitions, massacrent les familles juives avec l’appui de quelques troupes ukrainiennes. En Russie même, l’Armée blanche de Dénikine est à l’origine de plusieurs pogroms dont celui de Fastiv le [25]. Pour l'année 1919, les historiens ont recensé 6 000 morts dans les pogroms anti-juifs en Russie[29]. En tout, la Russie a été pendant cette période le lieu d’une vingtaine de pogroms majeurs et de 349 mineurs, qui auraient fait plus de 60 000 morts[25].

Les pogroms ont une double conséquence : l’émigration de 600 000 Juifs au cours des vingt dernières années du XIXe siècle, vers les États-Unis majoritairement, vers la Palestine ottomane, et la création du mouvement sioniste.

Entre les deux guerres mondialesModifier

Article détaillé : Nuit de Cristal.
 
La synagogue de la Herzog Rudolf Strasse à Munich après son incendie lors de la nuit de Cristal en novembre 1938.
 
Cérémonie de « funérailles » de rouleaux de Torah profanés durant les pogroms de Kichinev.

La montée des idées nationalistes et racistes entre les deux guerres mondiales, en particulier en Allemagne dans les années 1930, attise les tensions envers les communautés juives. Le Parti nazi au pouvoir, conduit par Adolf Hitler, va institutionnaliser les pogroms et autres actes de violences antisémites désordonnés et mettre en œuvre des actes de plus grande envergure. Les lois de Nuremberg promulguées le déclarent les Juifs déchus de la nationalité allemande, mais ceci n'est qu'un prélude à des violences systématiques ; ce sera le cas lors du pogrom de la nuit de Cristal le [Note 1]. C'est l'agression le 7 novembre d'un conseiller de l'ambassade d'Allemagne à Paris, Ernst vom Rath, par un jeune juif polonais qui va donner le prétexte à ce pogrom. Joseph Goebbels, fort du soutien du Führer, qu’il avait rallié à son idée, mobilise dans la nuit du 9 novembre les militants nazis, avec le concours des gouverneurs de régions réunis à Munich. Il jette les militants nazis dans les rues pour un pogrom de très grande ampleur où les sections d'assaut nazies, les SA, fortes de plus d'un million de membres, et les Jeunesses hitlériennes s'en prennent aux synagogues et aux locaux des organisations israélites, ainsi qu'aux magasins et aux biens des particuliers. Les agresseurs sont pour la plupart en tenue de ville pour laisser croire à un mouvement populaire spontané. Près d'une centaine de personnes seront tuées à l'occasion de ce gigantesque pogrom. Une centaine de synagogues sont brûlées et 7 500 magasins sont pillés.

L'Allemagne n'est pas le seul pays à connaître des pogroms après la Première Guerre mondiale. En 1929, 67 Juifs sont assassinés par les Arabes de Palestine à Hébron[30]. Un autre pogrom a lieu du 3 au à Constantine, alors en Algérie française. Près de 1 800 personnes sont touchées par les pillages. La police française laisse faire[31].

Les pogroms pendant la Seconde Guerre mondialeModifier

Le Dictionnaire de la Shoah précise : « La Shoah n'est pas à proprement parler un pogrom. Il y a bien lieu des pogroms pendant la Shoah, c'est-à dire des mouvements populaires et des massacres collectifs de Juifs par les populations locales[31] ».

En Europe de l'OuestModifier

Le , un pogrom a eu lieu à Anvers, en Belgique. Il est le fait d’organisations flamandes pro-allemandes de la Zwarte brigade, de la SS Vlaanderen et de la ligue anti-juive[31]. Des commerces juifs sont saccagés et deux synagogues sont brûlées.

Dans l'Est de l'EuropeModifier

 
Lviv, Ukraine, 1941.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, pendant la période d'application du pacte germano-soviétique, l'engagement de certains membres du « Yiddischland révolutionnaire » (communistes juifs) aux côtés du NKVD stalinien qui procède alors à la déportation d'ex-fonctionnaires ou de notables baltes, polonais, ouest-ukrainiens ou roumains dans les territoires annexés par l'URSS en 1939-40, a décuplé l'antisémitisme dans ces régions envers tous les Juifs sans distinction, de sorte que lors de l'invasion allemande, certains chrétiens locaux ont secondé les nazis dans leur politique d'extermination en Union soviétiqueref name="Brossat&Klingberg" />,[32], coordonnée par les Einsatzgruppen. Ceux-ci reçoivent l'ordre de massacrer les populations juives d'Union soviétique dans le cadre des opérations mobiles de tuerie accompagnant l'invasion de l'URSS. Pour eux, tout Juif est un bolchevik en puissance et chaque Juif tué dans un pogrom, est un Juif en moins à exécuter par leurs soins. Les Einsatzgruppen engagent ainsi leur responsabilité[33], l'armée allemande étant défavorable aux massacres. De plus, les Einsatzgruppen souhaitent que les populations locales prennent part aux pogroms pour des raisons de maintien de l'ordre, les pogroms sont perpétrés dans les zones où l'armée allemande n'avait pas encore établi son autorité.

Les premiers pogroms ont lieu en Lituanie. Dès les premiers jours de l'attaque allemande, des groupes armés anti-communistes lituaniens, dirigés par Algirdas Klimaitis (en), entrent en action contre l'arrière-garde communiste en pleine déroute[34]. La police de sécurité allemande (Sicherheitsdienst ou SD) persuade alors Klimaitis de retourner ses troupes contre les Juifs. Le pogrom de Kaunas, alors capitale de la Lituanie, fait 3 800 victimes. 1 200 autres sont tués dans des localités environnantes. En Lettonie, le pogrom de Riga fait 400 victimes. L'Einsatzgruppe filme les pogroms à des fins de propagande. Après la dispersion des anti-communistes, les pays baltes ne connaissent plus d'autres pogroms[35]. Le , à Jedwabne, au nord-est de la Pologne, 1 600 Juifs sont massacrés par la population locale devant les caméras allemandes qui filment la tuerie. Le pogrom ne laisse que 7 survivants parmi les Juifs[36].

En Galicie, à Lwow, en représailles à la déportation d'Ukrainiens par les Soviétiques, plus de 1 000 Juifs sont livrés à la SD. À Tarnopol, après la découverte de trois cadavres allemands dans les prisons, 70 Juifs sont tués à la dynamite par les Ukrainiens. Un peu plus à l'est à Kremenets, en représailles à l'exécution de 150 Ukrainiens par les Soviétiques, 130 Juifs sont battus à mort par la population locale. Raul Hilberg précise que malgré leurs violences, les pogroms de Galicie n'ont pas fait autant de victimes que les Allemands le souhaitaient[37].

La violence est à chaque fois inspirée voire organisée par les Einsatzgruppen, sauf à Jedwabne, où l'initiative a directement été prise par les chrétiens locaux. Elle intervient toujours peu après leur arrivée. Elle ne s'étale pas dans la durée[32].

Dans le monde arabeModifier

 
Rue principale du Mellah (quartier juif) après le pogrom de 1912 à Fez (Maroc).
 
Après le pogrom des juifs d'Hébron (Palestine mandataire) en 1929.
  • En 1805, un pogrom a lieu contre les juifs d'Alger après une famine[38].
  • En 1828, a lieu un pogrom de juifs à Bagdad en Irak[39].
  • À partir du 15 juin 1834, la communauté juive de la ville de Safed en Galilée (Palestine ottomane) est massacrée (battue à mort, torturée, mutilée, énuclée, violée) et les synagogues pillées et détruites, lors de la révolte arabe contre Ibrahim Pacha d'Égypte. Ce pogrom dure 33 jours et fait plus de 500 victimes[40],[41]. Un autre lui succédera en 1838, lors de la révolte de Hauran des Druzes contre Ibrahim Pacha, s'en prenant à nouveau à la population juive de Safed[42].
  • En 1840, un pogrom tuant 40 juifs à Damas en Syrie a lieu sous l'accusation de "meurtre rituel"[43].
  • En 1847, a lieu un pogrom sur la population juive de Dir-el-Kamar au Liban[44].
  • En 1867, a lieu un massacre de juifs à Barfurush en Iran.
  • En 1869, le quartier juif de Tunis est attaqué et compte 18 victimes[39].
  • En 1875, a lieu un pogrom à Debdou au Maroc où 20 juifs périssent.
  • Du 17 au , les habitants du mellah (quartier juif) de Fès (Maroc) sont victimes d'un pogrom, le Tritel, faisant des dizaines de morts et des milliers de blessés[45],[46].
  • En 1929, la population juive de la ville d'Hebron (Palestine sous mandat britannique) est attaquée, causant 70 morts, des centaines de blessés et de nombreuses destructions de synagogues et pillages d'habitations.
  • Le , a lieu un violent pogrom à Constantine en Algérie, faisant une trentaine de morts et de nombreux juifs mutilés ou blessés.
  • Le , a lieu un pogrom à Gabès en Tunisie. Plusieurs dizaines d'hommes saccagent les maisons et pillent les magasins. La police n'intervient que quelques heures plus tard[31].
  • Le , a lieu le Farhoud, pogrom contre les Juifs de Bagdad en Irak, qui entraîne 200 morts et 2 000 blessés et lors duquel 900 maisons juives sont pillées puis détruites. Des femmes et jeunes filles sont violées ou kidnappées[31].
  • Du 5 au 7 novembre 1945, plus de 140 Juifs sont tués et plusieurs autres blessés dans des émeutes à Tripoli (Libye) et dans les localités environnantes[47].
  • En 1947, a lieu le pogrom d'Alep en Syrie, pogrom où 75 Juifs sont tués et plusieurs centaines blessés[48].
  • Les 7 et 8 juin 1948 (l'État d'Israël est alors indépendant depuis quelques semaines) éclatent plusieurs pogroms à Oujda puis Jerada au Maroc, faisant une quarantaine de morts[49] ; peu après à Aden au Yémen faisant 82 victimes juives et 76 blessés outre les pillages, et aussi à Tripoli en Libye où quatorze Juifs sont tués et 240 maisons juives détruites[50], et dans d'autres localités du monde arabe.

Depuis 1945 en OccidentModifier

Article détaillé : Pogrom de Kielce.
 
Monument sur la tombe des victimes du pogrom de Kielce (Pologne) de 1946, Y. Lieberman.

En 1945-1946, dans les zones contrôlées par l'Armée rouge, de nombreuses attaques ont lieu contre les rescapés juifs[51]. En Pologne, les estimations varient entre 500 et 1 200 victimes. Trois pogroms ont comme cause l'accusation de meurtre rituel contre des enfants chrétiens : à Rzeszow le 12 juin 1945, à Cracovie le 11 août 1945 et à Kielce, le 4 juillet 1946. Lors du pogrom de Kielce, quarante-deux Juifs furent tués et environ cinquante blessés. Participent à ce pogrom des nationalistes polonais et quelques communistes[3].

Le pogrom de Kielce est l'un des facteurs qui provoquèrent l'émigration des survivants de la Shoah. Connu sous le nom de Berih'ah, ce mouvement conduit les Juifs de Pologne et d'autres pays d'Europe de l'Est vers les camps pour personnes déplacées en Allemagne, en Autriche et en Italie.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Les Berlinois donneront à ces premières violences antisémites planifiées en Allemagne le nom poétique de « nuit de Cristal », en référence aux vitrines et à la vaisselle brisées cette nuit-là.

RéférencesModifier

  1. a et b (en) Yehuda Slutsky, « Pogroms », dans Encyclopædia Judaica, vol. 16, MacMillan, , p. 279.
  2. Hilberg 2006, t. 1, p. 553.
  3. a et b Esther Benbassa, « Antisémitisme », Encyclopædia Universalis, DVD 2007.
  4. Antoine Germa, André Lemaire (dir.), Les Juifs dans l’histoire : de la naissance du judaïsme au monde contemporain, Champ Vallon, 2011, 918 p. (ISBN 2-87673-555-5). Boris Cyrulnik, Autobiographie d'un épouvantail, éd. Odile Jacob, 2008 (ISBN 978-2-7381-2398-5) et Je me souviens…, éd. L'Esprit du temps, coll. « Textes essentiels », 2009 et éd. Odile Jacob poches, 2010 (ISBN 978-2-7381-2471-5).
  5. Léon Poliakov, Histoire de l'antisémitisme, tome 1, p. 16 (collect Pluriel), utilise le terme de pogrom.
  6. Gérald Messadié, Histoire générale de l'antisémitisme, JC Lattès, 1999) (lire en ligne)
  7. Georges Bensoussan (dir.), Jean-Marc Dreyfus (dir.), Édouard Husson (dir.) et al., Dictionnaire de la Shoah, Paris, Larousse, coll. « À présent », , 638 p. (ISBN 978-2-035-83781-3), p. 406.
  8. Robert Delort, La Vie au Moyen Âge, Éditions du Seuil, « Points Histoire », 1982, p. 226.
  9. Benny Morris évoque un massacre d'approximativement deux mille Juifs. Voir (en) Benny Morris, Righteous victims: a history of the Zionist-Arab conflict, 1881-2001, Random House, Inc., (ISBN 978-0-679-42120-7, lire en ligne), page 184.
  10. Consulter la page de la BNF en ligne.
  11. a et b Gérard Nahon, « Histoire du peuple Juif », Encyclopædia Universalis, DVD 2007.
  12. Appel lors du concile de Clermont.
  13. Lors de la Deuxième Croisade.
  14. Dites Croisades des Pastoureaux.
  15. Henriette Benveniste, « Fierté, désespoir et mémoire : les récits juifs de la Première croisade », Médiévales, n°35,‎ , p. 125-140 (lire en ligne)
  16. C'est Bernard de Clairvaux qui pourra y mettre fin.
  17. Sous le nom de Gezerot Tatnou, c'est-à-dire « Décrets de l'année [hébraïque] (4)856 »
  18. Sous la direction de J.-P. Azéma, Vivre et survivre dans le Marais, ouvrage collectif : "Le Moyen Âge" ; "Paris de l’époque médiévale (du XIIe au XVe siècle)" ; "Les Juifs à Paris". Édité par la Mairie de Paris.
  19. Les juifs dans l'Espagne chrétienne, Béatrice Leroy, Albin Michel, 1993.
  20. Être juif dans la société française, Béatrice Philippe, Montalba, 1979.
  21. Durmenach - Inauguration de la stèle de la synagogue, voir sur genami.org.
  22. Le cimetière juif de Durmenach, voir sur hopla.net.
  23. Ma vie jusqu'à 15 ans racontée à mes enfants.
  24. Hanhart J. Lausanne University, 2013. Haffkine, une esquisse : biographie intellectuelle et analytique de Waldemar Mordekhaï Haffkine.
  25. a, b et c Gérard Nahon, « Pogrom », Encyclopædia Universalis, DVD 2007.
  26. Le pogrom de Kishinev, consulté le 27 août 2008.
  27. Isaac Babel, le poète juif assassiné.
  28. Alain Brossat et Sylvia Klingberg, Le Yiddishland révolutionnaire éditeur=Syllepse, coll. « Yiddishland  », , 294 p. (ISBN 978-2-84950-217-4).
  29. Bruno Cabanes, « Pourquoi les hommes font-ils la guerre ? », dans L'Histoire, no  331, mai 2008, p. 69.
  30. Dictionnaire de la Shoah, p. 406.
  31. a, b, c, d et e Dictionnaire de la Shoah, p. 407.
  32. a et b Hilberg 2006, t. 1, p. 558.
  33. Hilberg 2006, t. 1, p. 554.
  34. Hilberg 2006, t. 1, p. 555.
  35. Hilberg 2006, t. 1, p. 556.
  36. Marc Epstein, « Le pogrom « oublié » », un article sur le pogrom de Jedwabne en 1941, L'Express, 12 avril 2001.
  37. Hilberg 2006, t. 1, p. 557.
  38. Article « Juifs d'Algérie : 2000 ans d'histoire », Edith Ochs, Huffpost du 24/11/2012, en ligne.
  39. a et b (en) Steven K. Baum, Antisemitism explained, University Press of America, (ISBN 978-0-7618-5578-1, lire en ligne), p. 27
  40. (he): Nathan Schur, History of Safed (Toldot Tzefat), éd. Ariel, 1983, pp. 189-193 ; (ISBN 9650100970), 9789650100971; Numérisé le 23 mai 2006 par Google Books [archive]
  41. Lire article : Pogrom de Safed de 1834.
  42. (en): Abraham P Bloch, One a day : an anthology of Jewish historical anniversaries, éd. Ktav Pub Inc, 1987, p. 168; (ISBN 0881251089); (ISBN 978-0881251081); Numérisé par Google Books en ligne.
  43. S. K. Baum, op. cit. p. 27.
  44. (en) Comprendre le Moyen Orient instable et dangereux : une analyse exhaustive, Steven Carol, 2015.
  45. « Israel infos : Le massacre de Fès dit Le Pogrom de Fès, 17 - 19 avril 1912 », sur www.israel-infos.net (consulté le 15 mars 2017).
  46. « Forum ADAFES :: Divers :: On a mis des Juifs en cage, à Fès, en 1912 », sur adafes.com (consulté le 15 mars 2017).
  47. Lire article détaillé : Pogrom de Tripoli de 1945.
  48. Eugénie Bastié, « Quand Alep était une cité pacifique et prospère, carrefour de civilisations », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne).
  49. « Pogrome d'Oujda et Jérada », sur www.sephardicgen.com (consulté le 15 mars 2017).
  50. Lire articles : Pogrom de Tripoli de 1948 et http://archive.frontpagemag.com/readArticle.aspx?ARTID=27409
  51. Dictionnaire de la Shoah, p. 409.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Nicolas Werth, « 1918-1921. Les Pogroms des guerres civiles russes », L'Histoire, no 398,‎ , p. 66-73
  • (de) Collectif, Die Judenpogrome en Russland — rapport de la Commission d'enquête de l'Organisation sioniste de Londres, Cologne-Leipzig, 1909-1910.
  • (en) S. W. Baron, The Russian Jews under Tsars and Soviets, New York-Londres, Mac Millan, .
  • Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d'Europe, t. 1, Folio, coll. « histoire », .
  • Bernard Lecache, Au pays des pogromes, quand Israël meurt, Paris, .
  • Renée Neher-Bernheim, Histoire du peuple juif de la Renaissance à nos jours, Klincksieck, .
  • Léon Poliakov, Histoire de l'antisémitisme, Seuil, coll. « Points », .
  • Lydia Miliakova et Nicolas Werth (dir.), Le Livre des pogroms, antichambre d'un génocide ; Ukraine, Russie, Biélorussie, 1917-1922, Paris, Calmann-Levy, .
  • (en) Steven K. Baum, Antisemitism explained, University Press of America, .

Articles connexesModifier

Liens externesModifier