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Jean-Baptiste Kléber

général français
(Redirigé depuis Kléber)

BiographieModifier

Jeunesse et engagements précédant la RévolutionModifier

Né au 8, Fossé-des-tanneurs à Strasbourg, baptisé en l'église Saint-Pierre-le-Vieux, Kléber est fils de Jean-Nicolas Kléber, « einspanniger » (sergent des portes de la ville) de Strasbourg et de confession catholique, qui meurt trois ans après sa naissance, et de Reine Bogart. Il est élevé par son beau-père, le maître-charpentier Jean-Martin Burger, entrepreneur et bourgeois de la ville, et fait des études au gymnase Jean-Sturm de Strasbourg.

Kléber s'engage une première fois dans l'armée à l'âge de 16 ans en 1769, dans le 1er régiment de hussards. Engagement de courte durée car il est très vite rappelé à Strasbourg par sa mère, pour reprendre ses études. De 1770 à 1771, il est étudiant à l'école de dessin pour les arts et métiers, installée au Poêle de la Tribu, tout près du logement de Goethe qui y habitait à la même époque. Kléber intègre ensuite l'atelier de l'architecte Chalgrin à Paris, de 1772 à 1774. Kléber, dont la nomination est conservée aux archives de Colmar, a été architecte des bâtiments publics dans le Haut-Rhin jusqu'à 39 ans.

En 1777 Kléber s'engage à nouveau, cette fois comme cadet à l'académie militaire de Munich (armée bavaroise) où il reste environ huit mois, avant de rejoindre le fameux régiment d'infanterie de Kaunitz (de) (armée autrichienne), le 1er octobre 1777 avec le grade de privat-cadet. Il est nommé porte-enseigne le 19 novembre suivant. Le 1er avril 1779, il est nommé sous-lieutenant : c'est sa dernière promotion dans l'armée autrichienne. Il quitte le régiment de Kaunitz en 1783, n'y espérant plus aucune promotion et renonçant pour un temps à la carrière militaire. Trois raisons ont été avancées pour expliquer cet échec : d'une part Kléber n'est pas noble, à une époque où cette qualité est indispensable pour avancer rapidement dans le métier des armes, d'autre part il avait mauvais caractère et s'emportait facilement, et enfin il a joué de malchance pendant son temps de service : il n'a participé à aucun véritable conflit, à l'exception de la guerre des pommes de terre, suite de petites opérations contre la Prusse. Sa vie est partagée entre les garnisons de Mons, Malines et Luxembourg.

En 1787 Jean-Baptiste Kléber fournit les plans du nouvel hôpital Saint-Erhard de Thann, l'ancien étant jugé vétuste. La construction commence en 1788. Avant la fin de la construction, on décide d'en faire l'hôtel de ville de Thann. Son gros œuvre est terminé en 1793. Son aménagement est confié à G.I. Ritter en 1795. De 1788 à 1792, Jean-Baptiste Kléber est l'architecte officiel de la ville de Belfort. Ses premiers signes d'engagement révolutionnaire naissent dans cette ville notamment quand il disperse les royalistes lors de l'Affaire de Belfort le 21 octobre 1790[1].

Gloire militaire durant la RévolutionModifier

 
Kléber, par Paulin Guérin.

Lors de la déclaration de guerre de 1792, Kléber s'engage dans l'armée du Rhin et s'illustre dans la défense de la forteresse de Mayence assiégée en 1793. Il est promu adjudant-général chef de brigade le 1er avril 1793 ; puis général de brigade le 17 août 1793.

Il est envoyé en Vendée à la tête de la provisoire armée de Mayence pour y écraser le soulèvement sous la direction du général en chef Léchelle[2]. Battu à la Bataille de Tiffauges[3], il remporte la victoire à Montaigu. Il participe à la deuxième bataille de Cholet qui repousse les vendéens au nord de la Loire. La déroute d'Entrammes où l'armée républicaine perd 4 000 hommes et toute son artillerie marque le sommet de son conflit avec le général Léchelle. Kléber n'était pas irréprochable, mais c'est le général Léchelle qui est déclaré responsable de la défaite. Il est destitué.

Réorganisée, l'armée républicaine est placée quelque temps plus tard sous l'autorité du général Rossignol, sans culotte comme Léchelle. Le 17 octobre 1793, il est promu général de division.

L'incompétence du général Rossignol et l'inertie de Kléber provoquent deux nouvelles déroutes à Dol les 20, 21 et 22 novembre et Antrain le 21 novembre. Les Vendéens peuvent poursuivre leur route en direction d'Angers où ils échouent et perdent beaucoup de leurs meilleurs combattants. Refoulés vers le nord, ils s'emparent du Mans. Entretemps, l'armée républicaine a été reformée et placée sous l'autorité officieuse de Kléber et Marceau. À la bataille du Mans, ils délogent l'armée rebelle et la mettent en déroute. Ils terminent la besogne quelques jours plus tard à la bataille de Savenay[4] () mettant ainsi un terme à la « grande guerre » vendéenne.

Au Mans et à Savenay, Marceau et Kléber auront tenté sans succès de s'opposer à la folie meurtrière des Bleus, et en resteront outrés.

Kléber écrira, dans ses Mémoires :

« On traverse Savenay, chaque colonne prend une direction différente à la poursuite des rebelles. Le carnage devient horrible. On ne voit partout que des piles de cadavres. Une grande partie va se noyer dans le marais de Montoir, le reste se jette dans les bois où bientôt, ils sont découverts, tués ou faits prisonniers. Équipages, canons, ornements d'églises, papiers relatifs à leur administration, tout tombe en notre pouvoir et, pour cette fois, la défaite de l'ennemi rend sa destruction certaine. On envoie alors des patrouilles d’infanterie ou de cavalerie dans tous les villages des environs. Quelques-uns sont occupés par des brigands, on veut parlementer avec eux, mais ils répondent par des coups de fusil, et un adjoint de l'état-major, en leur portant des paroles de paix, en fut blessé. Aussitôt on fait un feu roulant sur eux et tous y périrent. Des milliers de prisonniers de tout âge et de tout sexe sont successivement arrêtés et conduits sur les derrières. Les représentants du peuple les firent juger par des tribunaux révolutionnaires, et la France, l’Europe entière, connaissent toutes les atrocités qu’on a exercées sur ces misérables. La ville de Nantes a particulièrement servi de théâtre à ces scènes sanglantes et inouïes, que ma plume se refuse de décrire… »

(pages 341-342)

« On ne saurait se figurer l'horrible carnage qui se fit ce jour-là, sans parler du grand nombre de prisonniers de tout sexe, de tout âge et de tout état qui tombèrent en notre pouvoir. »

(page 330)

Il déclare : « Les rebelles combattaient comme des tigres et nos soldats comme des lions. »

Après Savenay, et le départ de Marceau, Kléber devient général en chef par intérim jusqu'à son remplacement, début janvier par Louis-Marie Turreau. Kléber tente de s'opposer aux colonnes infernales en préconisant un plan d'occupation militaire stricte de la Vendée qui est rejeté. Cependant, Kléber reste dans l'Armée de l'Ouest et combat les chouans de Bretagne jusqu'en mai 1794, date à laquelle il quitte définitivement l'Ouest et passe dans l'armée du Nord.

Rôle durant les batailles de FleurusModifier

  • Bataille du  : Kléber a la charge de l'aile gauche de la future armée de Sambre-et-Meuse dont le commandant en chef est Jean-Baptiste Jourdan. Cette première bataille de Fleurus est une défaite pour les Français face au maréchal Frédéric de Saxe-Cobourg, un remarquable tacticien. Malgré tout, les dispositions de Kléber pour l'aile gauche ont permis, dans un premier temps, de repousser et de défaire la colonne de Wartensleben (de) ce qui aurait pu lui permettre d'arriver en renfort au centre ou sur la droite en difficulté, trop tard cependant. Kleber est chargé de couvrir la retraite ce qui permet à l'armée française de repasser la Sambre en bon ordre et de reprendre l'offensive qui conduit à la victoire de Fleurus le 26 juin suivant.
  • Bataille du  : Cette fois-ci, Kléber a le commandement de la réserve. Malgré cela, il peut influencer le cours de la bataille. Voyant le général Montaigu forcé à la retraite par le général Latour, Kléber envoie immédiatement une division en renfort. Mais celle-ci, arrivant trop tard, se trouve obligée de battre en retraite également. Kléber réagit alors en faisant placer des batteries sur des hauteurs pour soutenir Montaigu et envoie la division Bernadotte en diversion, de manière à sauver un poste important : Marchiennes. Devant cette réaction de la part des Républicains (et la retraite d'une autre des colonnes autrichiennes, commandée par le Prince d'Orange), les Autrichiens hésitent, ce dont profite immédiatement Kléber en se mettant à la tête d'une colonne et en attaquant la gauche de la colonne Latour. Enfin, il envoie la brigade Duhesme pour contourner les Autrichiens et les attaquer par derrière. Cette manœuvre réussit. Latour, apprenant la perte de Charleroi, donne l'ordre de battre en retraite.

Tombé dans la disgrâce du Directoire malgré son succès devant Mayence, Kléber vivait obscurément à Chaillot quand Napoléon, en , arrive de Rastadt, après avoir conquis l'Italie, dicté la paix sous Vienne et rattaché définitivement Mayence à la France. Kléber s'attache à Bonaparte et le suit pour préparer la campagne d'Égypte.

La campagne d'ÉgypteModifier

Kléber commande l'une des colonnes d'assaut lors de la prise d'Alexandrie le et y est blessé au front par une balle. Convalescent, il se voit confier le commandement de la garnison laissée sur place par Bonaparte. Le , il rejoint le Caire et y reste trois mois avant de partir pour l'expédition en Syrie. La division Kléber est au centre des combats de la bataille d'El-Arich puis de la bataille du Mont-Thabor, avant de procéder au dernier assaut infructueux sur la forteresse de Saint-Jean-d'Acre.

Napoléon Bonaparte qui s'apprête à regagner la France, confie le à Kléber le commandement suprême de l'armée d'Égypte. Kléber conclut alors avec l'amiral britannique Sidney Smith la convention d'El Arich le 24 janvier 1800 pour une évacuation honorable de l'Égypte par l'armée française.

 
Assassinat de Kléber (huile sur toile, atelier d'Antoine-Jean Gros, vers 1820, Musée historique de Strasbourg)

Mais l'amiral Keith ne respecte pas ces clauses et demande aux Français de mettre bas les armes et de se constituer prisonniers[5]. Kléber déclare à ses soldats : « On ne répond à une telle insolence que par des victoires ; soldats, préparez-vous à combattre » (déclaration inscrite au bas de son monument Place Kléber à Strasbourg). Kléber reprend alors les hostilités et remporte une ultime victoire à Héliopolis contre les 60 000 Turcs que les Britanniques ont disposés en face des troupes françaises le 20 mars 1800[6]. Il reconquiert alors la Haute-Égypte et mate avec l'artillerie française une révolte au Caire qui a pris pour cible les Coptes.

Kléber semble enfin en mesure de tenir le pays, malgré les exactions commises à l'égard de la population, l'exécution des prisonniers turcs -eux-mêmes bourreaux d'innombrables victimes coptes, quand il est assassiné par un étudiant syrien, nommé Soleyman el-Halaby, d'un coup de poignard dans le cœur le [7]. Celui-ci est condamné au supplice du pal.

« L'homme est condamné, par le conseil de guerre français, à avoir les poings brûlés puis à être empalé vif. Le bourreau Barthélemy couche sur le ventre Soliman, tire un couteau de sa poche, lui fait au fondement une large incision, en approche le bout de son pal et l'enfonce à coups de maillet. Puis il lie les bras et les jambes du patient, l'élève en l'air et fixe le pal dans un trou préparé. Soliman vécut encore durant quatre heures, et il eut vécu plus, si durant l'absence de Barthélemy un soldat ne lui eut donné à boire : à l'instant même il expire. »

Le commandement est alors repris par le général Menou, rival de Kléber. Converti à l'islam et marié à une Égyptienne, il se fait appeler Abdallah-Jacques. Il lui appartient de liquider l'expédition d'Égypte, au bord de l'épuisement.

DépouilleModifier

La mort de Kléber embarrasse Bonaparte[8]. Pas question de lui célébrer des obsèques nationales, ni même de lui donner une sépulture en France qui risquerait de devenir un lieu de pèlerinage républicain. Au Caire, Larrey embaume le corps qui est déposé dans un cercueil de plomb, disposé lui-même dans un cercueil de chêne, et on l’enterre dans le carré militaire du fort Ibrahim-Bey non loin de la cité égyptienne[9]. Ses restes seront plus tard rapportés au château d'If, au large de Marseille, lorsque les troupes françaises quittent l'Égypte et où ils restent jusqu'en 1814, dans une quasi-clandestinité[8]. Lors de la Première Restauration, le général Dupont de l'Étang, ministre de la Guerre de Louis XVIII, propose qu'il soit inhumé à Marseille avec les honneurs militaires[9]. Au vu des circonstances politiques du moment, sa proposition reste sans suite, et en 1818, le général Damas, alors Pair de France, propose le transfert des cendres dans sa ville natale, Strasbourg, ce que Louis XVIII accepte[9]. Elles reposent alors dans la cathédrale de Strasbourg[8], avant d'être transférées dans un caveau construit au milieu de la place d'armes, au centre de la ville, en 1838, qui prend alors le nom de place Kléber, et au-dessus duquel fut érigée une statue en bronze le représentant, inaugurée le 14 juin 1840, quarante ans, jour pour jour, après sa mort. La dépouille sera encore déplacée par les Allemands lors de l'occupation de la ville pendant la Seconde Guerre mondiale et inhumée au cimetière militaire de Cronenbourg[10],[11] (la statue sera enlevée et la place débaptisée). Après la Libération, la dépouille se remise dans le caveau de la place Kléber[8] et la statue réinstallée.

Conservation de ses papiers personnelsModifier

Les papiers personnels du général Jean-Baptiste Kléber sont conservés aux Archives nationales, sur le site de Pierrefitte-sur-Seine en banlieue parisienne, sous la cote 196AP (Inventaire du fonds 196AP).

Franc-maçonnerieModifier

Il n'y avait pas de franc-maçonnerie en Égypte avant l'invasion française. Après le retour en France de Bonaparte, la loge Isis fut fondée à Alexandrie, avec Kléber comme vénérable maître mais les membres étaient des officiers et savants français. La loge disparut avec Kléber[12].

HommagesModifier

 
Statue du général Kléber surplombant son tombeau sur la place Kléber à Strasbourg.

Plusieurs villes de France lui ont nommé donné le nom d'une voie publique dont :

  • La place Kléber, principale place de Strasbourg, célèbre sa mémoire depuis le 24 juin 1840, sur laquelle trône son mausolée composé de son caveau contenant son cercueil surmonté de sa statue en pied.
  • Le quai Kléber, à Strasbourg, nommé ainsi sous l'annexion allemande après 1870 (Kleberstaden, nom francisé en 1918)
  • Une rue Kléber puis une avenue de Paris porte son nom depuis le 13 août 1854.
  • Parmi les rues Kléber  , on peut citer une rue à Colmar, une à Nantes, une autre à Nancy, à Bordeaux, à Clermont-Ferrand, à Grenoble, etc. On trouve également l'odonyme Général-Kléber (Belfort, Lunéville...) ou Jean-Baptiste-Kléber (Cholet, Poitiers...).

Le principal lycée de Strasbourg porte le nom de lycée Kléber et en France, plusieurs écoles primaires et deux collèges portent également son nom.

Son nom est également devenu un prénom sous la forme Kléber, Kleber ou Cleber, fêté le jour de sa mort, le 14 juin.

MonumentsModifier

 
Statue de Kléber au lycée Kléber.
 
Bas relief en bronze du monument de la place Kléber, représentant la bataille d'Altenkirchen (1796) remportée par le général Kléber.
 
Statue du général Kléber par Nicolas-Victor Vilain (1855), façade du Louvre (rue de Rivoli).

Il existe plusieurs statues représentant le général Kleber :

  • À Strasbourg, une statue en bronze fut érigée au-dessus de son caveau au centre de la place Kléber, l'ancienne place d'Armes au cœur de Strasbourg. La statue, œuvre de Philippe Grass de 1840, représente le général en pieds, tenant la lettre de l'amiral Keith qui demandait la capitulation des troupes françaises. Kléber s'adressa alors à ses troupes : « « Soldats, on ne répond à une telle insolence que par des victoires. Préparez-vous à combattre » ». L'armée turque acheminée par les Britanniques fut écrasée par les troupes de Kléber. L'inauguration de cette statue fut faite avec une certaine gêne par les autorités de l'époque. C'était en effet le temps de la Monarchie de Juillet et de la réconciliation et l'oubli des conflits passés. La ville organisa donc une grande fête pour l'inauguration de la statue de Gutenberg, sujet consensuel et rassembleur, alors que l'inauguration de la statue de Kléber se fit beaucoup plus discrètement 10 jours plus tôt en . En 1940, les autorités nazies font enlever la statue de Kléber de la place (renommée place Karl Roos) et ses restes. Après la victoire de 1945 la statue, qui avait été conservée, est remise en place, ainsi que les restes du général[11].
  • Une statue de bronze se dresse aux abords du lycée Kléber à Strasbourg.
  • Une statue de pierre sur la façade nord du Louvre, rue de Rivoli à Paris
  • Un autre monument élevé en son honneur à Strasbourg au Polygone, a été détruit pendant l'occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale.

Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile de la place de l’Étoile à Paris (pilier Sud) en tant que figure militaire de la Révolution, et bien que certains massacres de civils lors de la guerre de Vendée et de la campagne d'Égypte aient eu lieu sous son commandement. Malgré son assassinat, il n'est pas considéré comme mort au combat, pour cette raison son nom n'est pas souligné sur ce pilier.

Regard des contemporainsModifier

  • Napoléon Bonaparte, sur l'île Sainte-Hélène : « Courage, conception, il avait tout (...). Sa mort fut une perte irréparable pour la France et pour moi. C'était Mars, le dieu de la guerre en personne. »
  • Honoré de Balzac dans La Duchesse de Langeais, 1834, en fait la description à travers le général de Montriveau : « Sa tête, grosse et carrée, avait pour principal trait caractéristique une énorme et abondante chevelure noire qui lui enveloppait la figure de manière à rappeler parfaitement le général Kléber auquel il ressemblait par la vigueur de son front, par la coupe de son visage, par l'audace tranquille des yeux, et par l'espèce de fougue qu'exprimaient ses traits saillants[13]. »
  • Victor Hugo lui-même a entretenu le culte klébérien dans Les Châtiments (1853) avec ces vers : « Le fer heurtant le fer ; La Marseillaise ailée et volant dans les balles ; Les tambours, les obus, les bombes, les cymbales ; Et ton rire, ô Kléber. »
  • Antoine de Jomini (général) : « Le général Kléber peut être mis au rang des meilleurs généraux de la Révolution ; et nous ne balançons pas à le placer immédiatement après Bonaparte et Moreau. Il était le plus bel homme de l'armée; une taille colossale, une figure noble, une force égale à son courage, jointe au génie de la guerre, lui donnait un grand ascendant sur ses camarades.{...} On le retrouvera constamment sur les champs de la gloire, jusqu'à sa mort tragique sur les rives du Nil. »
  • Caffarelli, qui pouvait porter sur Kléber un jugement désintéressé, disait de lui : « Voyez-vous cet Hercule, son génie le dévore ! »

Notes et référencesModifier

  1. Georges Bischoff et Yves Pagnot, Belfort 1307-2007 : Sept siècles de courage et de liberté, Strasbourg, Coprur, , 304 p. (ISBN 978-2-84208-169-0, présentation en ligne) p. 184, p. 197-198
  2. Le général Jean Léchelle, était un sans culotte irréprochable mais un officier médiocre . Kléber le méprise et n'exécute ses ordres qu'avec mauvaise grâce ce qui n'est pas sans conséquence sur le résultat de quelques batailles
  3. A Torfou le 19 septembre 1793 il a en tête 20 000 Vendéens contre les 4 000 hommes qu'il commande. Il dit au capitaine Schwardin : « Prends une compagnie de grenadiers, arrête l'ennemi, devant ce ravin ; tu te feras tuer, mais tu sauveras tes camarades. — Oui, mon général, répond l'officier. » Il part. Ses grenadiers et lui périssent tous à leur poste ; mais l'armée est sauvée
  4. . À la bataille de Savenay, les commissaires de la Convention veulent le contraindre d'attaquer pendant la nuit. « Non, dit Kléber, les braves gens n'ont rien à gagner en combattant dans les ténèbres ; il est bon de voir clair dans une affaire sérieuse, et celle-ci doit se passer au grand jour. » La bataille du est un massacre de 10 000 Vendéens ; il s'en échappe environ 2 500. Les Nantais offrent à Kléber une couronne de laurier. « C'est aux soldats plutôt qu'aux généraux, dit un commissaire, que sont dus les lauriers. — Nous avons tous vaincu, s'écrie Kléber avec fierté, je prends cette couronne pour la suspendre aux drapeaux de l'armée. »
  5. Le , il signe avec l'amiral Sidney Smith, une convention honorable pour l'évacuation de l'Égypte. L'amiral Keith n'accepte de la ratifier qu'à condition que l'armée française mette bas les armes et se rende. Kléber, indigné s'écrie, en montrant le manifeste à l'armée : « Soldats ! on ne répond à cette lettre que par des victoires, préparez-vous à combattre », dit-il et il gagne la bataille d'Héliopolis
  6. Tchoudinov, "La bataille d’Héliopolis, ou la victoire oubliée", Napoleonica. La Revue, 2015, n 3 (24). [1]
  7. Le poignard qui servit pour son assassinat est exposé de nos jours au Musée des Beaux-arts de Carcassonne. Il est rapporté par son secrétaire, le carcassonnais André Peyrusse.
  8. a b c et d Notice biographique de Kléber dans le Dictionnaire Napoléon (Fayard) citée sur le site de la fondation Napoléon.
  9. a b et c Philippe Bourdin, Mathias Bernard et Jean-Claude Caron, La voix & le geste : une approche culturelle de la violence socio-politique, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, coll. « Histoires croisées », , 385 p. (lire en ligne), p. 111.
  10. « Strasbourg sous l'occupation ».
  11. a et b « Kléber après Kléber ».
  12. « Les premières loges de Palestine et leurs relations avec la Franc-maçonnerie égyptienne », Léon Zeldis (http://cdlm.revues.org/index1173.html#ftn1).
  13. Édition Charles Furne, 1843 vol.9, p.149

BibliographieModifier

  • Jean-Baptiste Kléber, Mémoires politiques et militaires : Vendée, 1793-1794, Paris, Éd. Tallandier, coll. « In-texte », , 346 p., in-8° — Éd. par Roger Nougaret. Contient une bibliogr. et un index.
  • Jean-Baptiste Kléber, Kléber en Égypte : documents inédits, Paris, Éd. E. Dubois, , 48 p., in-8° (lire en ligne). — Publ. par Rodolphe Vagnair et J. Venture. Réunion de lettres écrites par Kléber ou reçues par lui lors de la Campagne d’Égypte. Extrait de La Curiosité historique et militaire.
  • Jean-Baptiste Kléber, Kléber en Égypte : 1798-1800, Le Caire, Éd. IFAO, coll. « Collection des voyageurs occidentaux en Égypte », , 2 vol. dont 1 de plans et de cartes (ISBN 2-7247-0064-3). — Correspondance et papiers personnels de Kléber éd. et annotés par Henry Laurens. Rééd. en 1995 (même éditeur).
  • Jean-Baptiste Kléber et François-Étienne Damas, Rapport fait au Gouvernement français des événemens [sic] qui se sont passés en Égypte…, Au Kaire [sic], Impr. nationale, , 65 p., in-8° (lire en ligne). — Les p. 62-65 contiennent : Capitulation accordée par le général en chef Kléber à Nassyf pacha, Othman-Effendy et Ibrahyn-Bey
  • Jean-Baptiste Kléber et Jacques de Menou de Boussay, Kléber et Menou en Égypte depuis le départ de Bonaparte : (août 1799-septembre 1801), Paris, Éd. A. Picard et fils, coll. « Publications de la Société d’histoire contemporaine », , LIX-455 p., in-8° (lire en ligne). — Réunit des lettres de Kléber et de Menou.
  • Jean-Pierre Klein, Kléber, Strasbourg, Éd. Hirlé, (ISBN 2-910048-06-3).
  • Jean-Joël Brégeon, Kléber « Le dieu Mars en personne », éditions Perrin, (ISBN 2-262-01674-7).
  • Pierre Gréau, La bataille d'Entrammes, Nantes/Laval, éditions Siloë, (ISBN 9782842314132).
  • Pierre Gréau, La Virée de Galerne, Cholet, éditions Pays & Terroirs, (ISBN 9782751602863).
  • Alexandre Tchoudinov, "La bataille d’Héliopolis, ou la victoire oubliée", Napoleonica. La Revue, 2015, n 3 (24), p. 5-47.

Voir aussiModifier

Source partielleModifier

« Jean-Baptiste Kléber », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, [détail de l’édition]

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