Bataille de Dol

Bataille de Dol
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Vue d'Antrain, gravure de Thomas Drake, vers 1850.
Informations générales
Date -
Lieu Dol-de-Bretagne et Antrain
Issue Victoire vendéenne
Belligérants
Flag of France (1794–1815, 1830–1958).svg RépublicainsDrapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Commandants
Jean-Antoine Rossignol
Jean-Baptiste Kléber
François Séverin Marceau
François-Joseph Westermann
François Muller
Jean Fortuné Boüin de Marigny
Jean-Pierre Boucret
François Pierre Amey
Henri de La Rochejaquelein
Jean-Nicolas Stofflet
Antoine-Philippe de La Trémoille de Talmont
Henri Forestier
Gaspard de Marigny
Jacques-Nicolas de Fleuriot de La Freulière
François Lyrot
Charles de Royrand
Forces en présence
20 000 hommes[1]30 000 hommes[2]
50 canons[2]
Pertes
Plusieurs milliers de morts ou de blessés900 morts[3]

Guerre de Vendée

Coordonnées 48° 32′ 59″ nord, 1° 45′ 03″ ouest
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(Voir situation sur carte : Ille-et-Vilaine)
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Bataille de Dol

La bataille de Dol se déroule du au lors de la guerre de Vendée. Les Vendéens repoussent une offensive des républicains contre la ville de Dol-de-Bretagne, puis contre-attaquent et prennent d'assaut Antrain, où siège l'état-major des patriotes. Les forces républicaines subissent une de leurs plus lourdes défaites du conflit et se replient sur Rennes.

PréludeModifier

Après sa déroute à la bataille d'Entrammes le , l'armée de l'Ouest passe plusieurs jours à Angers pour se réorganiser. Le général en chef Jean Léchelle est remplacé par le général Jean Antoine Rossignol après un bref intérim assuré par Alexis Chalbos. Sur ordre du Comité de salut public, l'armée de Mayence est supprimée et ses troupes sont amalgamées à d'autres corps[1]. Après plusieurs jours de réorganisation effectuée essentiellement par Kléber, l'armée peut compter sur 16 000 hommes[1].

Le 15 novembre, l'armée de l'Ouest fait sa jonction avec l'armée des côtes de Brest à Rennes[4]. Pendant ce temps, une colonne de 4 000 hommes venue de Brest et commandée par le général Tribout arrive à Dinan le 14 novembre, puis se porte à Pontorson[5]. Une autre colonne 6 000 hommes de l'Armée des côtes de Cherbourg, dirigée par Charles Guillaume Sepher, sort de Caen et se porte en direction d'Avranches.

De leur côté, les Vendéens échouent à prendre le port de Granville les 14 et 15 novembre et ils se replient en désordre sur Avranches[6].

Le 17 novembre, les Républicains prennent position : les troupes de Kléber, Muller, Boucret et Amey tiennent Antrain, celles de Bouin de Marigny occupent Saint-Ouen-la-Rouërie et Montanel et celles de Marceau occupent Tremblay.

Le 18 novembre, les troupes Canuel et Amey sont envoyés occuper Fougères. Elles n'y rencontrent aucune résistance mais massacrent les blessés et malades vendéens laissés dans les hôpitaux de la ville[7],[8]. Le même jour, une partie de l'armée vendéenne sort d'Avranches et écrase les troupes de Tribout à Pontorson[9]. Les républicains rescapés se replient sur Dinan[10]. Le lendemain, les forces vendéennes restées à Avranches rejoignent l'avant-garde de l'armée à Pontorson[11]. Le 20, les Vendéens se mettent en marche pour Dol-de-Bretagne[12].

Kléber expose ensuite son plan qui est approuvé par les représentants en mission Pierre Bourbotte, Prieur de la Marne et Louis Turreau[13]. Il prévoie une attaque sur Dol-de-Bretagne avec quatre colonnes depuis Antrain, tandis que Westermann et Bouin de Marigny, chacun à la tête d'un corps de 3 000 hommes de cavalerie et d'infanterie légère, doivent attaquer les Vendéens sur leurs flancs, le premier depuis Pontorson et le second depuis Dinan[13].

DéroulementModifier

Le 20 novembre, Westermann reprend Pontorson et y massacre les blessés vendéens restés dans la ville, puis il se lance à la poursuite des traînards sur la route de Dol[14]. Le 21 novembre, vers 1 ou 2 heures du matin, Westermann et Bouin de Marigny lancent prématurément l'attaque sur Dol-de-Bretagne, sans respecter le plan de Kléber[15],[13]. De son côté, Marceau marche sur Dol depuis Antrain avec l'avant-garde de l'armée[13]. Rossignol reste en réserve derrière lui avec 10 000 hommes.

L'armée vendéenne se divise alors en deux : La Rochejaquelein mène la contre-attaque contre Westermann sur la route de Pontorson, au nord-est, tandis que Stofflet se porte à la rencontre de Marceau sur la route d'Antrain, au sud-est[15].

La rencontre entre Stofflet et Marceau se produit à 4 heures du matin[15]. Les républicains ont d'abord l'avantage et une partie des forces vendéennes s'enfuient sur Dol[15]. Cependant les femmes et les prêtres restés à l'intérieur de la ville rallient les fuyards[15],[13],[A 1].

Marceau ne profite pas du désordre dans les rangs vendéens à cause de la nuit et d'un épais brouillard qui lui masque leur déroute[15],[13]. Il reçoit en renfort la division du général François Muller, mais ce dernier est ivre et est incapable d'assurer son commandement[15],[13]. À la pointe du jour, Kléber et Rossignol arrivent à leur tour avec le gros de l'armée, mais ils trouvent les bataillons déjà engagés dans un complet désordre[15].

De son côté, La Rochejaquelein repousse Westermann sur Pontorson, puis il se porte en direction de la route d'Antrain pour venir en aide à Stofflet[15]. Quelques heures plus tard, il attaque les républicains sur leur flanc droit[15]. Kléber et Rossignol donnent alors l'ordre de la retraite et l'armée se replie sur Antrain[15]. Les combats s'arrêtent pendant quelques heures et certains combattants épuisés s'endorment dans les champs[15].

Stofflet rassemble cependant ses troupes et se lance à l'assaut d'Antrain dans la soirée[15]. Le bourg est emporté et les républicains s'enfuient sur Rennes[15].

Les Vendéens font plusieurs prisonniers, mais ils en fusillent sommairement une partie après avoir appris le massacre de leurs blessés à Fougères[15],[17]. La Rochejaquelein parvient cependant à empêcher le massacre de 150 blessés républicains soignés dans l'église d'Antrain[17].

PertesModifier

Les pertes ne sont pas connues avec exactitude. Au début du XIXe siècle, l'auteur Pierre-Victor Berthre de Bourniseaux porte le nombre de républicains tués ou blessés à 12 000[18],[3] et l'abbé Félix Deniau à près de 10 000 à 12 000[19]. Ces deux auteurs royalistes portent également les pertes vendéennes à 900[18],[19].

NotoriétéModifier

Ces évènements historiques sont rappelés, notamment dans des odonymes tels que la Rue Novembre-1793 à Dol-de-Bretagne[20].

NotesModifier

  1. « Les prêtres exercèrent une bien plus grande influence encore. C'est la seule fois que je les ai vus fanatiser les soldats, comme le disaient les républicains, en employant tous les moyens de la religion pour les animer. Et je ne concevrais pas qu'on pût leur en faire un reproche puisque le massacre était certain, et que l'humanité exigeait leur zèle. Pendant un instant où l'on faisait un peu de silence pour écouter le canon, le curé de Ste Marie de Rhé monta sur un tertre auprès de moi; il éleva un grand crucifix, et d'une voix de Stentor, se mit à prêcher les Vendéens. Il était hors de lui- même, et parlait à la fois en prêtre et en militaire: il demanda aux soldats s'ils auraient bien l'infamie de livrer leurs femmes et leurs enfants au couteau des Bleus : il leur dit que le seul moyen de les sauver était de retourner au combat « Mes enfans, disait-il, je marcherai à votre tête, le crucifix à la main; que ceux qui veulent me suivre se mettent à genoux, je leur donnerai l'absolution: s'ils meurent, ils iront en paradis ; mais les poltrons qui trahissent Dieu et qui abandonnent leurs familles, les bleus les égorgeront, et ils iront en enfer[16] »

    — Mémoires de Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein.

RéférencesModifier

BibliographieModifier

  indique les principales sources de cet article.

  • Pierre Victor Jean Berthre de Bourniseaux, Histoire des guerres de la Vendée et des Chouans : depuis l'année 1792 jusqu'en 1815, vol. II, Bruno-Labbé, Imprimeur de l'Université, , 433 p. (lire en ligne).
  • Charles-Louis Chassin, La Vendée Patriote (1793-1800), Tome III, édition Paul Dupont, 1893-1895, p. 317-327. 
  • Hervé Coutau-Bégarie et Charles Doré-Graslin (dir.), Histoire militaire des guerres de Vendée, Economica, , 656 p.  
  • Félix Deniau, Histoire de la Vendée d'après des documents nouveaux et inédits, t. III, Angers, Imprimerie La Chèse et Dolbau, , 656 p. (lire en ligne).  
  • Emile Gabory et Xavier Du Boisrouvray (édition), Les Guerres de Vendée, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1476 p. (ISBN 978-2-221-11309-7), p. 302-305. 
  • Yves Gras, La guerre de Vendée : 1793-1796, Paris, Economica, coll. « Campagnes et stratégies », , 184 p. (ISBN 978-2-717-82600-5).  
  • Félix Jourdan, La Chouannerie dans l'Avranchin, Imprimerie de L'Avranchin, (lire en ligne).  .
  • Mémoires de la Société académique du Cotentin (archéologie, belles-lettres, sciences et beaux-arts), t. XV, Avranches, Imprimerie Alfred Perrin, , 264 p. (lire en ligne).  
  • Émile Pautrel, Notions d'Histoire et d'Archéologie pour la région de Fougères, Imprimerie typographique et lithographique H. Riou-Reuzé, , 803 p.  .
  • Jean Julien Michel Savary, Guerres des Vendéens et des Chouans contre la République française, t. II, , 515 p. (lire en ligne).  

Liens externesModifier