François Séverin Marceau

général français
François Séverin Marceau
François Bouchot, Le Général François Séverin Marceau (1840), huile sur toile,
Paris, musée de l'Armée.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Allégeance
Domicile
Activité
Parentèle
Auguste Marceau (neveu)
Antoine Louis François Sergent (beau-frère)
Jérôme Guillard (beau-frère)
Émira Marceau-Desgraviers (demi-sœur consanguine)Voir et modifier les données sur Wikidata
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François Séverin Marceau-Desgraviers, né le à Chartres[2] et mort le en Allemagne à Altenkirchen dans le land de Rhénanie-Palatinat, est un général français de la Révolution.

Biographie modifier

François Séverin Marceau est le fils de François Séverin Marceau-Desgraviers, procureur au bailliage de Chartres (1769) puis greffier en chef du bailliage criminel de Chartres (1778), et de sa seconde épouse, Anne Victoire Gaullier. Il est le frère aîné de Louis Augustin Marceau (1778-1839)[3], le beau-frère de Jérôme Guillard (1763-1808) et de Sergent-Marceau (1751-1847) (par le remariage en 1795 de sa demi-sœur, Marie Louise Françoise Suzanne Marceau (1753-1834) connue comme graveur sous les noms d'Émira Marceau-Desgraviers ou Champion de Cernel).

Enfance modifier

Le jour même de sa naissance, aussitôt après son baptême célébré en l'église Saint-Saturnin de Chartres, il est placé en nourrice à Luisant auprès de Marie-Anne Aubert, épouse de Claude Houdard, vigneron, et passe son enfance comme un petit paysan, ne voyant que très peu sa famille, hormis l'été quand celle-ci vient vivre au Pavillon à Luisant[4].

Un général des armées de la Révolution française modifier

Marceau est destiné par son père au barreau. N'ayant aucune attirance pour le droit, il s’engage à 16 ans dans l’infanterie, le , au régiment d'Angoulême.

En service dans l'armée des Ardennes modifier

À la Révolution il entre dans la Garde nationale parisienne le . En octobre, il est capitaine dans la Garde nationale de Chartres. En 1791, il s’engage au 1er bataillon de volontaires d’Eure-et-Loir où il est élu capitaine de la 2e compagnie le . Il est promu adjudant-major le , puis lieutenant-colonel en second le .

Il passe à l’armée du Nord et demande à entrer dans les cuirassiers légers de la Légion germanique, où il est admis le avec le grade de lieutenant-colonel.

En service dans l'armée de l'Ouest modifier

En 1793, il sert en Vendée dans l’armée de l'Ouest, où il se trouve mis en état d’arrestation avec son chef Westermann, par ordre du représentant Pierre Bourbotte.

Mis en liberté peu de temps après, il est capitaine au 19e chasseurs à cheval le et le sauve la vie à ce même Bourbotte qui, entouré d’ennemis pendant la bataille de Saumur, allait succomber lorsque Marceau survient et le délivre. Cette conduite lui vaut le grade de général de brigade le , soit deux mois avant Bonaparte.

Marceau est promu général de division le à 24 ans. Les représentants en mission restent cependant toujours méfiants à l’égard des généraux Westermann et Kléber.

Devant la nécessité de réunir les deux armées de l’Ouest[Lesquelles ?], ils confient à Marceau, sur la proposition de Kléber, le commandement en chef par intérim de l’armée de l’Ouest le , à la place de Rossignol, et en attendant l’arrivée de Turreau.

Les et , il remporte la bataille du Mans.

En service dans l'armée de Sambre-et-Meuse modifier

Muté en 1794 dans l’armée des Ardennes, puis dans l’armée de Sambre-et-Meuse, comme général de division, il y retrouve son camarade et ami Kléber. Il participe aux batailles victorieuses de Fleurus en juin (aile droite), Sprimont en septembre et Aldenhoven en octobre ; il poursuit jusqu’au Rhin, toujours sous les ordres de Jourdan, s’emparant de Cologne le 6 octobre 1794 puis Bonn deux jours plus tard et enfin Coblence -fief des émigrés- le 23 octobre. Après la Belgique, la Rhénanie est occupée.

En septembre 1795, durant la première campagne d’Allemagne, il est chargé par Jourdan de diriger le siège de la forteresse d'Ehrenbreitstein face à Coblence. Devant les revers de son commandant en chef et l’inaction de Pichegru face aux autrichiens, il lève le siège le 18 octobre 1795 et demeure sur sa rive gauche du Rhin. Il remporte d’ultimes combats le 10 novembre (gorges de Stromberg puis Kreuznach) et le 17 décembre (Sulzbach), limitant les gains autrichiens au triangle Mayence, Mannheim et Kaiserslautern et forçant les autrichiens à proposer le 19 décembre un armistice à Jourdan.

La mort d'un héros modifier

Forcé de lever le blocus de Mayence qu’il commande depuis juin 1796, il est chargé de couvrir la retraite de l’armée. Durant cette deuxième campagne d’Allemagne, il demeure à la tête de l’arrière-garde de l’armée de Sambre et Meuse dirigée par Jourdan, protégeant les défilés et le passage du Rhin. Il repousse provisoirement en septembre la contre-offensive de l’archiduc Charles qui a battu Jourdan le 24 août à Amberg ; tandis que pour donner le temps à l’armée de passer le défilé d’Altenkirchen le , il arrête la marche du corps ennemi commandé par le général Hotze, il reçoit d’un chasseur tyrolien un coup mortel qui le laisse entre les mains de l'ennemi, dans la forêt d’Höchstenbach.

L’archiduc Charles fait en vain prodiguer au jeune général républicain des secours, mais Marceau succombe. Il est inhumé dans le camp retranché de Coblence au son de l’artillerie des deux armées.

Hommages modifier

Hommages de la ville de Chartres modifier

  • Le 1er vendémiaire an X (), cinq ans après sa mort, la colonne Marceau, un obélisque en pierre, est érigée en hommage sur une place de sa ville natale de Chartres, qui est rebaptisée de son nom,   Inscrit MH (2017)[5] ;
  • En 1851, une statue en bronze en sa mémoire de 3,30 m est réalisé par Auguste Préault pour orner la place des Épars à Chartres,   Inscrit MH (2017)[6] ;
  • En 1893, le nouveau lycée de Chartres inauguré rue Saint-Michel en 1887, prend par décret en date du le nom de lycée Marceau,   Inscrit MH (1979, 2000)[7],[8] ;
  • Une des rues rejoignant la place Marceau porte également son nom, Marceau y étant né au no 20 ;

Hommages nationaux modifier

En musique modifier

« Mort immortel, honneur à ta mémoire,
Brave Marceau, magnanime guerrier.
Sur ton front pur l'auréole de gloire,
De ses rayons vient dorer ton laurier (bis).
En vain la mort, aux pages de l'histoire,
Ravit trop tôt la splendeur de ton nom.
Écoute la voix du canon (bis).
Gloire au martyr de la victoire (bis). »[9]

— Chabriel-Parfait

En littérature modifier

  • Il inspira à Victor Hugo, le personnage de Gauvain dans le livre Quatrevingt-treize. Pour preuve, ils possèdent de nombreux traits de caractères communs comme la magnanimité et un début d'histoire similaire. En témoigne, cette citation : "La révolution, à côté des jeunes figures gigantesques, telles que Danton, Saint-Just, et Robespierre, a les jeunes figures idéales, comme Hoche et Marceau. Gauvain était une de ces figures."[10]
  • Marceau eut un hommage de la langue Shakespearienne, écrit par Lord Byron. Le Pèlerinage de Childe Harold dont un extrait concerne Marceau, que voici :
Version originale :

« By Coblentz, on a rise of gentle ground,
There is a small and simple pyramid,
Crowning the summit of the verdant mound;
Beneath its base are heroes’ ashes hid,
Our enemy’s—but let not that forbid
Honour to Marceau!1 o’er whose early tomb
Tears, big tears, gush’d from the rough soldier’s lid,
Lamenting and yet envying such a doom,
Falling for France, whose rights he battled to resume.
Brief, brave, and glorious was his young career,—
His mourners were two hosts, his friends and foes;
And fitly may the stranger lingering here
Pray for his gallant spirit’s bright repose;
For he was Freedom’s champion, one of those,
The few in number, who had not o’erstept
The charter to chastise which she bestows
On such as wield her weapons; he had kept
The whiteness of his soul, and thus men o’er him wept. »[11]

— Lord Byron

Version française :

« Près de Coblentz, sur un coteau en pente douce,
Est une pyramide petite et simple,
Qui couronne le sommet de la colline verdoyante.
À sa base sont les cendres d’un héros,
Notre ennemi ; mais que cela ne nous détourne pas d’honorer Marceau !
Sur sa jeune tombe, plus d’un rude soldat versa des larmes, de grosses larmes,
Déplorant et enviant aussi un semblable trépas ;
Il est tombé pour la France, en combattant pour reconquérir ses droits.
Courte, brave et glorieuse fut sa jeune carrière.
Ses pleureurs furent deux armées, ses amis et ses ennemis ;
Et tout étranger qui, aujourd’hui, s’arrête en ce lieu
Doit prier pour le repos serein de son âme chevaleresque.
C’est qu’il a été le champion de la liberté, et l’un de ceux-là,
Peu nombreux, qui n’ont jamais outre-passé
La mission du châtiment qu’elle impose
À ceux qui portent son glaive,
A préservé la blancheur de son âme, et pour cela les hommes ont pleuré sur lui. »

Autres hommages en France au travers des rues modifier

A Cholet, capitale de la Vendée militaire, le nom de Marceau fut donné pendant le Premier Empire à une partie de la rue Nationale d'aujourd'hui, située entre la rue du Devau et la rue Jean Jaurès (dite alors de l'Echelle). En 1816 elle est prolongée jusqu'à la place de la Grande Casse (devenue Créac'h-Ferrari). Puis, en 1889 on nomme rue Marceau la nouvelle voie ouverte entre les rues Pasteur et de l’Échelle. Pour éviter toute confusion avec le mime Marceau, vers 1970 elle est rebaptisée, rue François Séverin Marceau. À l'origine de cette nouvelle rue, presque à ses deux extrémités, deux corps de bâtiments d'écoles primaires publiques, l'une de garçons, l'autre de filles et maternelle, portent le nom du général sur cette voie[12]. Toujours en Vendée, le musée Logis de la Chabotterie possédait jusqu'en 1993 un automate à l'effigie de Marceau.

Notes et références modifier

Notes modifier

Références modifier

  1. « https://francearchives.fr/fr/file/ad46ac22be9df6a4d1dae40326de46d8a5cbd19d/FRSHD_PUB_00000355.pdf »
  2. Paroisse Saint-Saturnin, cote E45 vue 78/225, Archives départementales d'Eure-et-Loir.
  3. Archives nationales, base Léonore, dossier de Légion d'honneur de Louis Augustin Marceau, Cote LH//1725/8.
  4. Jean-Charles Leloup, Histoires de la Beauce et de l'Eure-et-Loir, de 1739 à 1905, pages 15-33, d'après un texte de Valentin Stanislas Roullier (1802-1899), chez Amazon, 2020
  5. « Monument à Marceau dit « Colonne Marceau » », notice no PA28000044, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  6. « Monument à Marceau », notice no PA28000045, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. « Ancien couvent des Cordeliers, actuellement lycée Marceau », notice no PA00096995, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  8. Association des anciens élèves et enseignants des lycées Marceau et Hélène-Boucher de Chartres.
  9. « Chant de la Promotion Général Marceau (EMIA) » (consulté le ).
  10. [PDF] Victor Hugo, Quatrevingt-treize, (lire en ligne), p. 283
  11. [PDF] (en) Childe Harold's Pilgrimage, , 24 p. (lire en ligne), p. 10.
  12. Cholet à travers les rues de A.Jeanneau et A.Durand (éditeur: Pierre Rabjeau, année: 1988, page 85).

Voir aussi modifier

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Bibliographie modifier

  • Joseph Lavallée, Éloge historique du général Marceau, mort de ses blessures à 27 ans, à Altenkirchen, le cinquième jour complémentaire de l’an IV (Paris, de l’impr. des amis réunis, an VI, in-8°, 52 p.) ;
  • Valentin-Stanislas Roullier (1802-1899), Le Général Marceau (1880) ;
Consacré à la famille, à l'enfance et à la jeunesse de Marceau. Publié en plusieurs parties dans le journal l'Union agricole de février 1874 à février 1880. Cette biographie de 45 pages peut être consultée à la médiathèque de Chartres, sous la cote JUSS R. 377.
  • Alfred Barbou, Les généraux de la République, Paris, Jouvet et Cie, coll. « Bibliothèque instructive », , « Marceau », p. 39-65 ;
  • Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux & amiraux français de la Révolution et de l’Empire (1792-1815), tome 2, Paris, Georges Saffroy éditeur, 1934, p.150 ;
  • Roger Joly, 1969, Marceau, Chartres, chez l'auteur, 134 p. ;
  • Maïté Vallès-Bled, Claude Stéfani et Anne-Marie Joly, Le Général Marceau : figure emblématique du héros révolutionnaire, Chartres, musée de Chartres, , 133 p. (présentation en ligne) ;
  • Thierry Lemoine, Le Général Marceau et la prise de Thuin le 21 floréal an II (), dans Sambre & Heure. Publication trimestrielle du Centre d’histoire et d’art de la Thudinie, no 78, juin 2003, 36 p.

Articles connexes modifier

  • Sergent-Marceau (1751-1847), peintre, graveur et aquatintiste, son beau-frère
  • Auguste Marceau (1806-1851), capitaine de frégate et missionnaire, son neveu

Liens externes modifier