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Intelligence du cheval

L'intelligence du cheval est un sujet étudié depuis le début du XXe siècle. Comprendre son fonctionnement entraîne des applications concrètes dans les relations avec les êtres humains, notamment pour mieux intégrer la capacité d'apprentissage du cheval, ce qui peut améliorer le bien-être du cheval, son entraînement, son élevage et sa gestion quotidienne[1]. Les chevaux répondent bien à l'habituation, à la désensibilisation, au conditionnement pavlovien et au conditionnement opérant.

HistoireModifier

 
Hans le Malin, un cheval longtemps considéré comme « intelligent » car instruit, interprète en réalité les mouvements subtils de son public.

Les chevaux sont historiquement peu étudiés pour leur capacité cognitive, et plusieurs mythes leur attribuent des capacités limitées. Ils ont longtemps été considérés comme des animaux stupides et incapables d'abstraction, soumis à leur seul instinct grégaire. Depuis le début du XXe siècle, des études (et des faits comme l'affaire Hans le Malin) ont mis en évidence leurs facultés cognitives.

DéfinitionModifier

Certains formateurs estiment que l'« intelligence » des chevaux est un reflet de celle de leur formateur, qui utilise efficacement les techniques de conditionnement et de renforcement positif pour former chaque animal à la manière qui correspond le mieux à ses inclinations naturelles. D'autres personnes qui travaillent régulièrement avec des chevaux notent que la personnalité peut aussi jouer un rôle pour déterminer comment un animal donné répond à des expériences diverses[2].

Les chevaux domestiques tendent à savoir résoudre des problèmes plus complexes que les chevaux sauvages, parce qu'ils vivent dans un environnement artificiel qui inhibe leur comportement instinctif tout en apprenant des tâches non-naturelles[3]. Les chevaux sont, de manière générale, très sensibles aux habitudes. Ils répondent et s'adaptent bien mieux lorsque les mêmes routines et techniques sont utilisées de manière cohérente.

DescriptionModifier

Le cerveau du cheval, plus petit que celui de l'être humain, fonctionne différemment. Leur mode de raisonnement diffère aussi. Étant des proies, les chevaux doivent toujours se tenir sur leurs gardes, à l’affût d’un danger. Leur premier réflexe devant un danger est la fuite. Leur perception de ces dangers serait augmentée par leur capacité d’entendre une plus grande plage de son que les humains (dans les ultrasons), et par leur large champ de vision[4].

Les chevaux font preuve d'intelligence dans la résolution d'un certain nombre de tâches quotidiennes, incluant la recherche de nourriture et la gestion de l'organisation sociale. Les chevaux sont également doués de bonnes habilités de visualisation spatiale[3]. Ils sont capables de reconnaître les humains qui les côtoient (et de se reconnaître entre eux) à partir du simple son d'une voix ou des traits d'un visage[5], mais également d'interpréter le langage corporel humain[6].

Ils font preuve d'intelligence dans la résolution de problèmes, sont doués de facultés d'apprentissage et retiennent les connaissances qu'ils ont acquises. Leurs résultats sont excellents en apprentissage simple, les chevaux sont aussi capables de résoudre des problèmes cognitifs avancés qui impliquent la catégorisation et l'apprentissage de concepts. Les chevaux distinguent les couleurs et répondent bien à l'habituation, à la désensibilisation, au conditionnement pavlovien et au conditionnement opérant[7]. Le renforcement peut être positif comme négatif. Une étude suggère même que les chevaux sont capables de compter jusqu'à quatre[8].

Comme les chiens, les chevaux communiquent de manière interspécifique avec l'être humain[9], et sont capables d'attirer l'attention sur un objectif précis, pour avoir par exemple accès à une source de nourriture, notamment en utilisant leur regard[10],[11]. Les chevaux sont également capable d'apprendre à désigner des symboles pour communiquer avec l'être humain[12]. Il a été démontré qu'ils peuvent acquérir de nouvelles compétences par l'observation de l'être humain, ce qui explique que des chevaux domestiques soient capables d'apprendre à ouvrir leur porte de box, voire à manier la poignée d'une clôture électrique[13],[14].

Notes et référencesModifier

  1. Brubaker et Udell 2016, p. 2.
  2. (en) Jim Coarse, « What Big Brown Couldn't Tell You and Mr. Ed Kept to Himself (partie 1) », sur The Blood-Horse, Blood-Horse Publications, (consulté le 16 septembre 2008).
  3. a et b (en) Evelyn B. Hanggi, « Understanding horse intelligence », sur Horsetalk 2007, Horsetalk, (consulté le 16 septembre 2008)
  4. Ontario, Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales, Penser comme un cheval simplifie le dressage, consulté le 4 mars 2007.
  5. Yves Miserey, « Le cheval reconnaît la voix et le visage », Le Figaro, (consulté le 28 juillet 2013)
  6. « Horses Read Human Body Cues, Researchers Say », sur TheHorse.com (consulté le 24 juin 2016)
  7. Hanggi, E. B. (2005). The thinking horse: Cognition and perception reviewed dans AAEP Proceedings du 51e congrès annuel de l'American Association of Equine Practitioners, 51, p. 246-255, Seattle, WA.
  8. (en) Christa Lesté-Lasserre, « Horses Demonstrate Ability to Count in New Study », sur The Horse, Blood-Horse Publications (consulté le 12 juin 2009).
  9. « Study Confirms Horses 'Talk' to Human Handlers », sur TheHorse.com (consulté le 24 juin 2016)
  10. (en-US) « Ability of horses to manipulate the attention of humans shown in study - Horsetalk.co.nz », sur Horsetalk.co.nz, (consulté le 17 juin 2016)
  11. (en) Rachele Malavasi et Ludwig Huber, « Evidence of heterospecific referential communication from domestic horses (Equus caballus) to humans », Animal Cognition,‎ (ISSN 1435-9456, PMID 27098164, DOI 10.1007/s10071-016-0987-0, lire en ligne, consulté le 24 juin 2016)
  12. (en) Cecilie M. Mejdell, Turid Buvik, Grete H.M. Jørgensen et Knut E. Bøe, « Horses can learn to use symbols to communicate their preferences », Applied Animal Behaviour Science,‎ (DOI 10.1016/j.applanim.2016.07.014, lire en ligne)
  13. Amélie Tsaag Valren, « Les chevaux apprennent en nous observant ! », sur www.cheval-savoir.com, (consulté le 12 janvier 2017)
  14. (en) Aurelia Schuetz, Kate Farmer et Konstanze Krueger, « Social learning across species: horses (Equus caballus) learn from humans by observation », Animal Cognition,‎ (ISSN 1435-9456, PMID 27866286, DOI 10.1007/s10071-016-1060-8, lire en ligne, consulté le 12 janvier 2017)

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Articles de rechercheModifier

  • [Franchini 2009] Maria Franchini, De l'intelligence des chevaux : Une exploration de leur vie mentale et émotionnelle, Zulma, , 255 p. (ISBN 2843044952)
    Maria Franchini est journaliste
  • [de Gourmont 1912] Rémy de Gourmont, « Les chevaux qui pensent », La Dépêche de Toulouse,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  • [Brubaker et Udell 2016] (en) Lauren Brubaker et Monique A. R. Udell, « Cognition and learning in horses (Equus caballus): What we know and why we should ask more », Behavioural Processes, vol. 126,‎ , p. 121–131 (DOI 10.1016/j.beproc.2016.03.017, lire en ligne, consulté le 22 mai 2016)